Anders Breivik n’a pas le discours traditionnel de l’extrême droite

Publié le 29 juillet 2011 - par - 1 182 vues
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L’expression « marxisme culturel » (cultural marxism) revient constamment chez Anders Breivik, l’auteur du manifeste de 1500 pages. Cette expression est très clairement prise dans son sens consacré.

Le marxisme culturel est effectivement une idéologie de gauche se cherchant une sorte de prolétariat de substitution autre que la traditionnelle classe ouvrière. Le marxisme culturel se focalise ainsi sur des « opprimés » réels ou supposés, des « victimes » plus ou moins factices, des « exploités » pas forcément exploités. L’inversion des valeurs n’est pas loin. Le marxisme culturel peut aller jusqu’à l’idéalisation de la racaille et des caïds assimilés à des « pauvres » en révolte contre une société injuste (voire une société raciste, si le marxisme culturel ethnicise le problème). Ce marxisme culturel dégénère donc peu à peu pour produire une hystérie politiquement correcte visant à présenter la différence comme une valeur absolue à protéger (la différence engendrerait forcément, pour eux, le statut de victime) et tendant, entre autres choses, à légitimer de manière péremptoire toutes les formes d’immigration et de xénophilie. Anders Breivik, qui tient à lever les ambiguïtés sémantiques du mot « marxisme », adjoint constamment le qualificatif « culturel » et presque toujours l’explication « multiculturalisme », l’expression qui revient le plus souvent étant « cultural Marxism/multiculturalism ». Cela ne concerne pas le marxisme économique, ou scientifique, qui se définirait, lui, comme l’analyse des mécanismes d’exploitation propres au capitalisme. A cet égard, il est assez inopérant de voir dans Anders Breivik un militant d’extrême-droite, en tout cas si l’on prend le mot « extrême-droite » dans son sens traditionnel, qui se caractérise, outre l’antisémitisme, par la violence constante contre le mouvement ouvrier et la défense inconditionnelle de la bourgeoisie capitaliste.

Outre le fait que l’ouvrage d’Anders Breivik n’a rien apparemment d’antisémite, il faut signaler que le capitalisme transnational oligarchique n’a pas du tout la faveur d’Anders Breivik et que l’expression « marxiste culturel » est très souvent accolée à celle de « capitaliste globaliste » ce qui dénonce, sinon une identité, du moins une collusion totale entre l’idéologie de gauche multiculturaliste et la globalisation économique capitaliste, comme dans la phrase-réquisitoire suivante (page 771) : « Charges brought against cultural Marxist/multiculturalist/suicidal humanist/capitalist, globalist politicians, primarily from the alliance of European political parties known as the MA 100 and EU parliamentarians. »

Jacques Philarchein

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