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Andreas Malm : la nouvelle pépite écolo-léniniste de Mélenchon

Andreas Malm est maître de conférence en écologie humaine en Suède et militant pour le climat.

Ce personnage a retenu l’attention de Mélenchon pour ses actions et ses théories. Il est d’ailleurs invité à tenir deux conférences prochainement à l’Institut la Boétie (créé en septembre 2022), la structure de réflexion – le think tank disent les gens branchés – de la France Insoumise que dirige maintenant le leader maximo.

Cette nouvelle pépite découverte par Mélenchon est très engagée dans le combat pour lutter contre le réchauffement climatique.

On remarquera sur la photo en haut de cet article qu’il semble effectivement souffrir dudit réchauffement climatique.

Plus sérieusement, intéressons-nous à ce que professe cette nouvelle référence du combat climatique. Dans une interview accordée au site « Reporterre », en avril 2021, il expose longuement ses opinions et sa stratégie.

A propos du covid et des réactions des gens il déclare :

«Quand je circule dans une ville comme Berlin et que je vois tous ces habitants masqués, j’ai l’impression qu’ils sont reliés par des millions de fils invisibles à la crise profonde qui frappe la nature : la destruction continue de la nature sauvage cause l’apparition de nouvelles maladies infectieuses. Mais les gens n’en semblent pas conscients.»

Là, ça part assez fort et on voit tout de suite que le gars est pas mal perché.

On ne saura malheureusement pas en quoi la destruction de la nature cause l’apparition de nouvelles maladies infectieuses. Mystère et boule de gomme.

Mais s’il le dit, c’est certainement vrai. Il faut juste y croire.

Un peu plus loin dans l’interview, à propos du livre qu’il a écrit «La chauve-souris et le capital», le journaliste lui demande de développer le lien qu’il voit entre covid et changement climatique. Il répond :

«En Chine, les populations de chauve-souris se déplacent et le réchauffement climatique est une des raisons qui expliquent ces migrations. Plus les températures augmentent, plus les chauves-souris migrent vers le nord pour retrouver les températures auxquelles elles sont habituées et qui leur conviennent. Dans leur migration, il arrive qu’elles s’installent près de villes comme Wuhan, où elles apportent des pathogènes.»

Là, ça se confirme, on a affaire à une lumière.

On nous permettra de poser quelques questions à propos de ce passage de l’interview.

  • Puisqu’avant les chauve-souris étaient au Sud et qu’il n’y avait pas de problème sanitaire, seules deux choses peuvent l’expliquer :

    • il n’y a aucune population au Sud de la Chine… révélation qui serait une grande première

    • autre possibilité, les chauve-souris lorsqu’elles étaient dans le Sud n’étaient pas malades

  • Mais alors, pourquoi deviennent-elles subitement porteurs d’agents pathogènes à l’occasion de leur migration vers le Nord ? On a du mal à suivre.

  • Enfin, pourquoi s’installent-elles à côté de Wuhan (là où débuta la pandémie) et pas ailleurs ?

Aucune explication, aucune argumentation, rien que des affirmations gratuites.

Et le journaliste, pas curieux du tout, ne pose aucune de ces questions pourtant pertinentes.

On rappellera juste que les pauvres chauve-souris, accusées dans un premier temps, ont été mises hors de cause.

Ce qui semble nettement plus crédible, c’est qu’à Wuhan existait un laboratoire ultra sécurisé dans lequel les Chinois tripotaient des virus. Malgré les démentis de la Chine, il semble qu’un virus (covid) se soit « échappé » du fait d’une erreur humaine et se soit ensuite répandu dans la population causant par la suite une pandémie mondiale.

Toujours dans le même article, on apprend qu’Andreas Malm, se réclame d’une nouvelle catégorie politique : le « léninisme écologique ».

Bigre, c’est quoi cette invention ?

Donnons-lui la parole pour en savoir plus :

«Mon raisonnement part du fait que nous sommes en situation de catastrophe écologique. Or Lénine et ses camarades bolcheviques — Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht — faisaient face à une catastrophe, celle de la Première Guerre mondiale, qui présente certaines ressemblances avec la catastrophe écologique.»

En préalable, on notera que ce monsieur parle de choses qu’il ne connaît visiblement pas.

Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht n’étaient pas des bolcheviques, mais des spartakistes.

À l’origine, ils étaient tous deux membres du SPD (Parti Socialiste Allemand) et y animaient un courant.

Karl Liebknecht fut le seul à voter contre les crédits de guerre au Bundestag, ce qui consomma la rupture avec le SPD qui, lui, vota les crédits.

Ils fondèrent ensuite le groupe spartakiste à l’extérieur du SPD.

Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht qui luttaient contre la guerre furent arrêtés et assassinés durant leur captivité.

Mais pourquoi Andreas Malm fait-il référence au « léninisme » à propos de la lutte pour le climat ?

Il l’indique sans ambage dans l’interview :

«Leur position (les bolcheviques) était que lorsque la guerre mondiale éclaterait, il faudrait essayer de retourner la crise contre elle-même en s’attaquant aux moteurs de la crise, à ce qui alimentait la guerre, sous peine de voir se répéter sans cesse les conflits mondiaux. Il s’agissait donc de transformer la Première Guerre mondiale en crise révolutionnaire visant à renverser les élites qui étaient responsables de la catastrophe.»

Quel est ce parallèle avec la crise climatique ?

«Le parallèle avec notre époque est que nous sommes en situation de catastrophe, un état qui devient permanent et voit se succéder une catastrophe après l’autre, événements météorologiques extrêmes ou pandémies. Notre mission stratégique doit être de transformer ces moments de crise des symptômes en crise pour les moteurs.» (…) «Ce que j’ai proposé d’appeler «léninisme écologique» repose simplement sur une comparaison avec la stratégie de Lénine pendant la Première Guerre mondiale : pour mettre fin à la catastrophe – qu’il s’agisse du conflit mondial ou du massacre écologique -, il faut s’en prendre aux classes dominantes, qui ont intérêt à ce que la catastrophe se poursuive.»

Personnellement, je ne partage pas les délires alarmistes des enragés de la crise climatique, notamment parce que le GIEC s’est trouvé, à plusieurs reprises, pris la main dans le sac à trafiquer les chiffres afin de les faire correspondre aux conclusions auxquelles il souhaitait arriver.

Sans parler des nombreux experts qui donnent de multiples raisons de contester cette théorie.

Reste que même si on accepte la théorie du réchauffement climatique, ce qui est frappant dans les écrits et la stratégie d’Andreas Malm, c’est qu’on a l’impression que tout se joue en Europe.

Faut-il rappeler que la France ne produit que 1 % du CO2 mondial et l’Europe 9 % ? Pourtant tout semble se jouer sur ce continent.

Pourquoi donc ce monsieur oublie-t-il que la Chine et les USA sont les deux plus gros producteurs de CO2 avec près de 50 % de la production mondiale à eux deux ?

Et non moins curieusement, il n’indique aucune action spectaculaire à mener en Chine.

Redouterait-il un accueil un peu « frais » ?

À ce sujet, juste pour détendre l’atmosphère, nous informons les lecteurs que Greta Thunberg avait posté en 2018 un tweet annonçant la fin du monde en 2023 si rien de sérieux n’était fait d’ici là contre la production de gaz à effet de serre.

Ce matin, en 2023, je me suis levé et en regardant par la fenêtre j’ai constaté que le monde existait toujours. Le soleil s’était levé, les oiseaux chantaient dans les arbres et les feuilles commencent à apparaître.

Quant à Greta Thunberg, elle vient d’effacer son tweet de 2018 ! Surprenant… non ?

Nous terminerons ce portrait, par un rappel en forme d’avertissement.

Le parti bolchevique se considérait comme une « avant-garde éclairée » qui devait montrer le chemin aux masses. Et dans cette action politique, le recours à la violence était omniprésent.

Omniprésent et « justifié » puisqu’il allait dans le sens du progrès.

Il se trouve qu’Andreas Malm est également un adepte du recours à la violence. Et il ne s’en cache pas.

Dans l’interview à Reporterre, il affirme :

«Ce à quoi je m’oppose, c’est l’idée que ces méthodes (non violentes) sans aucun dégât matériel, ni rien qui puisse être considéré comme de la violence, soient les seuls moyens d’action que nous puissions employer au sein du mouvement climat.»

Pour ceux qui auraient encore des doutes, nous indiquerons qu’en 2020, ce « guerrier du climat » a publié un livre intitulé «Comment saboter un pipe-line».

Voilà donc un allié de plus des khmers verts qui ont frappé ce week-end à Sainte-Soline. Et de LFI.

Oui, vraiment, Jean-Luc Mélenchon nous a dégoté une nouvelle véritable pépite.

Elle ne fera pas tache au sein de la LFI et de son think tank, l’Institut la Boétie.

Gageons que nous en entendrons rapidement parler.

Bernard GERMAIN