Annonce du couvre-feu, puis ministres perquisitionnés : hasard ?

Publié le 16 octobre 2020 - par - 4 commentaires - 650 vues


Ce 15 octobre, quatre ministres, et non des moindres, dont le ministre de la Santé en exercice, et le Directeur général de la Santé, ont fait l’objet d’un véritable raid de la Justice : plus de quatre-vingt enquêteurs mandatés par l’Office de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique ont perquisitionné, de bonne heure et en même temps, les bureaux et résidences personnelles d’Édouard Philippe, Agnès Buzyn, Sibeth N’Diaye, mais aussi et surtout d’Olivier Véran et Jérôme Salomon. J’insiste surtout sur les deux derniers, car ils se trouvent en première ligne dans le dispositif de lutte contre la pandémie. L’opération de police, décidée sans même que le garde des Sceaux en soit informé, tombe franchement mal pour le gouvernement au lendemain des décisions de Macron. Au point d’empêcher Salomon de parler au micro de Jean-Jacques Bourdin, où il était invité pour appuyer les décisions de Macron. Le télescopage de l’annonce du couvre-feu décrété la veille et du blitz des enquêteurs contre les responsables politiques visés par des plaintes quant à la politique de prévention des risques sanitaires qu’ils ont eu à conduire, ou qu’ils conduisent encore, a de quoi laisser pantois.

Que cette coïncidence soit un pur hasard, ou programmée par des magistrats, elle plombe encore un peu plus la crédibilité et la légitimité du gouvernement dans sa lutte contre la pandémie. Pensez donc : le mercredi à 21 heures, le Président prend des mesures coercitives et controversées qu’il justifie par son souci de santé publique avant tout ; le lendemain matin à huit heures, les agents de police viennent frapper aux domiciles de ceux à qui il a confié la mission de conduire sa politique sanitaire. On voudrait saper l’action du gouvernement qu’on ne s’y prendrait pas mieux. Si l’on se laissait aller à supputer, on se dirait que les magistrats, convaincus après des mois d’investigations de la responsabilité du gouvernement dans la gestion vaseuse de l’épidémie, on voulu ainsi infliger un camouflet au Président, à l’heure où celui-ci décrète de faire endosser aux professionnels de la restauration et du spectacle les pots cassés de la crise. Car on a beau entendre que l’épidémie se répand, qu’il faut réagir, que les Français se sont trop relâchés durant l’été, on ne comprend pas pourquoi, après avoir essuyé tant de récriminations au printemps, le gouvernement ne s’est pas dépêché de renforcer l’accueil hospitalier, les lits de réanimation en particulier. Plusieurs médecins de renom, comme Dlilalli Annane, se sont étonnés de voir que rien n’avait bougé en six mois. Il est facile dès lors de faire porter le chapeau aux jeunes, aux fêtes privées, au prétendu laxisme des patrons de bars.

L’action des magistrats, à ce moment précis, qu’elle soit préméditée ou non, vient rappeler cruellement au Président et au gouvernement qu’être responsable veut dire quelque chose ; que cela implique des honneurs, du pouvoir, mais aussi des sanctions, quand on se montre défaillants ; qu’on ne peut décréter tout et son contraire, avec légèreté, pour esquiver une question embarrassante d’un journaliste, alors que des vies sont en jeu ; que la parole publique est précieuse, et ne peut être galvaudée impunément comme ce gouvernement l’a trop fait durant cette année tragique que nous vivons.

Olivier Piacentini

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Notifiez de
BOURGOIN

Il n’y a jamais eu de pandémie dans la mesure où il n’y a pas eu d’épidémie au sens médical du terme en raison du nombre de décès Qui ont été du strictement au coronavirus qui a fait 50 morts pour 5000 habitants alors qu’il en faut au moins 150 pour parler d’épidémie ! ! ! !
Mensonge, mensonge, mensonge et il en va ainsi depuis trois prétenduS présidents De la république ! ! ! ! ! ! !

Jérôme

Bel article, mesuré et rappelant les fondamentaux de l’état de droit et de la solennité des responsabilités publiques

patphil

la com, la com, la com, rien de bien nouveau à l’ouest

joseph d arimathie

UN JOLI BOOMERANG dans les dents de la JUNTE DES MACRONIQUEURS !

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