Après l'audition du CFCM, où est la frontière entre l'islam et l'islamisme ?

La Mission parlementaire Gérin aura eu au moins le mérite de clarifier les positions. Auditionnés le 14 octobre par les députés, les Représentants du CFCM ont refusé de condamner le port du voile intégral. Critique, mais pas condamnation, la nuance est de taille et change tout. La non condamnation équivaut pour les islamistes à un feu vert, à un encouragement pour une escalade et une montée dans l’amplitude de la provocation. Le dialogue avec les pratiquants salafistes ne marchent pas et ils le savent, ces derniers pourront donc, avec cet « accord voilé » continuer en grand nombre à encourager leurs épouses ou les nouvelles converties à porter les vêtements de l’indignité féminine. Ils ne seront jamais condamnés par l’Islam de France que d’aucuns disaient modéré.
Les députés ne semblent pas s’y être laissés prendre puisque M. Jean Glavany du PS et Mme Poletti de l’UMP ont clairement souhaité que les choses soient dites sans tourner autour du pot…! Ils n’ont pas eu la réponse qu’ils attendaient. Que la population française soit blessée ou agressée par cet affichage indigne, rappelant les pires exactions des taliban, importe peu, ce qui a surtout compté dans cet entretien était de ne pas stigmatiser les femmes en burqa. On pouvait attendre de cette audition une réflexion plus républicaine que religieuse, un positionnement d’une plus haute tenue que ce discours du droit de la minorité religieuse d’ennuyer et de provoquer les autres. Qu’une femme en burqa vienne chercher son enfant dans notre école publique n’est pas leur problème. Quel sort réservera-t-on a la fille de cette femme qui deviendra pubère le niqab comme maman ?

N’était-ce pas le moment et le lieu ou le distinguo entre Islam et islamisme devait s’affirmer clairement ? A l’assemblée devant les élus de la nation française le CFCM avait là l’opportunité d’avoir une position ferme et de combattre ainsi réellement les intégristes qu’on dit minoritaires, c’est raté. On a même eu cette phrase extraordinaire de M Fouad Alaoui : « Peut-on trancher un débat sur la lecture de l’islam par une loi ? » Eh bien oui Messieurs, la justice de l’état du Kazakhstan s’apprête à interdire certains versets du Coran et en France, l’état devra trancher, puisque vous-mêmes ne voulez pas condamner ces excès.
L’état doit protéger les jeunes musulmanes des agissements des prédicateurs puisque vous ne le ferez pas. La République laïque par la voix de ses députés devra au nom du peuple français dire la loi du vivre ensemble qui ne peut pas être la règle du « je suis croyant j’ai tous les droits en matière d’affirmation religieuse et de provocation». L’espace public est un lieu à respecter, ouvert aussi aux non-croyants, aux femmes qui ont aussi le droit d’être protégées de cette vision horrible de la burqa et du tchador, cette notion du respect dû aux autres semble être complètement absente du débat.
Les nombreux contributeurs de Riposte laïque ne seront pas étonnés d’une telle posture de la part du CFCM mais quel camouflet pour les tenants du discours de la différence entre Islam et Islamisme. S’il fallait prouver qu’il n’y avait pas de frontière entre l’un et l’autre, les Responsables du CFCM ont excellé dans la démonstration.
Chantal Crabère

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