Après l’agression du restaurateur marseillais, les émois de l’imam de Belsunce banalisent la réalité de l’islam

Marseille, quartier Belzunce. Un restaurateur prénommé Jean-Marc est agressé à coups de ceinture pour non-respect du ramadan. Son origine égyptienne est-elle en cause? Est-il après tout musulman, ce qui est son droit? L’enquête le dira. Concernant le fait lui-même, nous sommes dans le routinier, le quotidien banalisé par le sépulcral silence de nos ministres concernés.

Plus intéressante est la réaction de l’imam du quartier du marché aux Puces. Non par l’inaltérable habitude qu’ont ces gens de noyer le poisson dans le fatras de leur logorrhée, mais plutôt par leur incapacité à dissocier l’individu fautif de la masse des croyants. L’oumma est une famille, qu’on le sache, un clan verrouillé par l’impérieuse nécessité de l’appartenance. Ainsi, ce n’est pas la religion qui est en cause mais simplement la mauvaise interprétation qu’en font les têtes chaudes toujours prêtes à bondir pour en faire respecter les termes.

J’entends par là que les bergers de l’Islam n’ont à ce jour aucunement l’intention de lancer, à l’adresse de ces purs et durs, les fatwas dont ils sont si dispendieux à l’endroit des mécréants, des athées et des apostats risquant leur vie dans la contestation du dogme. On tourne en rond dans cette histoire baignée de discours fumeux, de fausses colères, de phrases à double voire triple sens. Ici, l’indignation demeure enclose dans le cadre intangible de la règle. Où l’on attend une remise en cause du tout capable de générer de tels actes, c’est le brouillard des mots qui en maintient l’opaque et pérenne vigueur.

Les tenants d’un système de pensée et d’un mode de vie solubles dans nos démocraties républicaines (ou royales, princières, grand-ducales…) continueront à prétendre que la seule force des libertés premières suffira à régler un jour le problème. À ceux-là, je dis qu’ils se mettent le doigt dans l’oeil et qu’en plus, il appuient fort pour que ça rentre mieux. Les musulmans sont dans l’incapacité de faire la moindre police à l’intérieur de leurs frontières mentales, pour une simple raison : cela leur est formellement interdit par le texte fondateur, la justice et ses décisions étant dans les seules mains du Maître, lequel n’a jamais pris le temps de modifier sa copie originelle.

Les voisins du malheureux commerçant marseillais sont offusqués. Ces choses-là sont-elles vraiment possibles? Rendez vous compte! Agressé pour avoir mangé et bu pendant le Ramadan! Eh oui, braves gens de Belzunce, c’est très possible. Comme devient urgemment nécessaire que vous vous plongiez un tant soit peu dans les paragraphes du Livre encourageant ce genre de défoulement.

Tant et tant de nos compatriotes ignorent ce qui pourtant est écrit noir sur blanc! Les mêmes dont l’opinion, malléable et incertaine, redoute vaguement, espère en murmures réprobateurs et fait encore confiance aux élus censés s’attaquer au problème.
Entre gouvernants dépassés cherchant un havre et dogmatiques maintenant, imperturbables, leur cap, le citoyen est seul face au vent. Comme le restaurateur de Belzunce dans la bourrasque méditerranéenne.

Alain Dubos

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