Aquarius : générosité espagnole ou nouvelle traite négrière ?

Publié le 19 juin 2018 - par - 15 commentaires - 1 454 vues
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Certains médias comme Le Figaro ou Boulevard Voltaire voient dans l’opération Aquarius une forme de traite négrière, ce que nous allons démontrer. En effet, l’exploitation par l’Espagne agricole de milliers de travailleurs étrangers dans des conditions dignes de celles des esclaves dans les plantations des colonies européennes et de la Louisiane semble être la motivation profonde  de la « générosité » espagnole.

Officiellement l’esclavage a été aboli. Cependant, il existe encore dans nos sociétés des situations d’esclavage alimentées, générées par le système économique actuel. Les travailleurs migrants, saisonniers ou en situation irrégulière, travaillant dans le secteur agricole dans le sud de l’Europe en sont une illustration

L’Espagne a d’énormes besoins de main d’œuvre agricole à bas coût et nous en profitons tous

Tout le monde a pu voir ces paysages de plastique sur des milliers d’hectares et comprendre que les possibilités de mécanisation y sont réduites entraînant un besoin considérable de main-d’œuvre à un coût défiant toute concurrence pour que nous puissions acheter la production espagnole, y compris le bio, à des prix doux.

Un reportage de France 24 diffusé en juin 2017 dresse un tableau des travailleurs saisonniers en Europe. Ils sont Africains, Polonais ou Bulgares et passent leur été dans les champs du Sud de l’Europe. Pour récolter pas moins de 5 millions de tonnes de fruits et légumes par an, en Espagne ou en Italie, des firmes agroalimentaires n’hésitent pas à employer des travailleurs saisonniers clandestins et à contourner les lois sur le travail. Sous-payés et en contact avec des produits chimiques dangereux, souvent ces travailleurs ont fui la guerre ou la pauvreté pour rejoindre l’Europe. Au cœur des nouveaux champs d’esclaves en Europe.

https://www.youtube.com/watch?v=rHJi2kkiy3A

La décision de Pedro Sanchez, le nouveau Premier ministre, est largement soutenue par les Espagnols qui se sont manifestés à plusieurs reprises ces dernières années en faveur de l’accueil des réfugiés. Le sort des occupants de ce bateau a ému tout le pays. 

Ils ne sont pas fous nos amis espagnols, ni généreux ni timorés. Sachant que des milliers de travailleurs agricoles sont nécessaires au maraîchage intensif des serriculteurs (agriculteurs en serre) de la région d’Almeria, de Huelva, du Sud de l’Espagne en général,  et même de la Catalogne, ils ont donné leur accord pour accueillir les 629 migrants de l’Aquarius que Malte et l’Italie refusaient de recevoir. Soit l’Italie a fait le plein d’ouvriers agricoles, soit elle souhaite choisir ses migrants et les embaucher légalement, soit elle pense comme Goldnadel que bientôt les populistes passeront pour plus intelligents et même plus généreux que les fausses élites aux cœurs artificiels. Officiellement, Mattéo Salvini a affiché de nobles motifs  l’Italie ne veut plus être complice du business de l’immigration clandestine… En ministre et en père, je le fais pour le bien de tous. A suivre.

 Les dirigeants espagnols s’appuient sur la naïveté de leurs compatriotes droitdel’hommistes pour se procurer sans remords des esclaves à vil coût. Ils sont aidés en cela par la France qui se permet de juger l’Italie et propose son soutien à l’Espagne pensant en retirer quelques bénéfices politiques mais aussi économiques et financiers grâce à  la Communauté européenne par le biais de la PAC et autres aides. La saison est idéale pour récolter des migrants pour les récoltes de fruits, légumes et graines qui s’annoncent jusqu’en octobre car bien que les machines aient remplacé bêtes et hommes pour de nombreux travaux, les récoltes manuelles et la manutention subsistent pour les produits fragiles, le tri et la vérification du calibrage.

L’esclavage des travailleurs saisonniers en Espagne (en particulier car toute l’Europe en profite), c’est tout un système établi depuis des décades avec des réseaux officiels et des réseaux mafieux, dans la lumière, dans l’ombre et la semi obscurité. Ce système permet aux Européens de consommer des fraises (l’or rouge de l’Espagne)  dès le mois d’avril et pour une somme modique. Bien que les fraises espagnoles aient mauvaise réputation (variété insipide, pesticides, irradiation,  production non éthique), beaucoup de Français et d’Européens les achètent, contribuant à entretenir une filiale aux lourdes conséquences sociétales, humaines, économiques et politiques.

Dans une étude sur le travail saisonnier l’auteur explique pourquoi l’Espagne a un besoin pléthorique d’ouvrier agricoles migrants par rapport à la France I…l le patronat là-bas joue très finement des concurrences entre ceux qui ont des papiers ceux qui n’en ont pas, ceux qui sont blancs ceux qui sont noirs etc. Ils jouent sur la concurrence entre les plus pauvres…

Le deuxième élément de difficulté, c’est ce qu’on sous-entend par les « migrants saisonniers ». Quand on dit « saison » : une saison traditionnelle (dans le Languedoc Roussillon du moins), c’est 2 mois de récolte de fraise, 3 semaines de vendanges : ce sont des périodes qui sont bornées. La à Almeria, c’est le rêve du capitaine d ‘entreprise d’avoir fait une saison du 1er janvier au 31 décembre parce qu’il y a du travail systématiquement via les apports techniques et la science. 

 La route de la fraise, Huelva De jour sous le chaud soleil andalou ou de nuit, ses ouvrières travaillent pour 37€/jour, 7j/7 pendant 4 à 6 mois.

 À ce stade, le coût de la barquette de 500gr qui suit un cours quasi-boursier, revient autour des 0,80€.

Les chabolas, bidonvilles des travailleurs saisonniers en Espagne

L’Espagne ne pourrait sans doute pas fournir fraises et tomates bon marché à l’Europe entière sans le recours massif à la main-d’oeuvre immigrée, légale ou illégale. Sous-payés, ces ouvriers sont logés dans des abris de fortune à quelques mètres des serres. Le photographe Thomas Chassaing a enquêté pendant un an sur ce que de nombreux observateurs qualifient d’ »esclavage moderne. 

Chabolas, abris de fortune, dans la région de Huelva. Ces Sénégalais venus pour la récolte des fraises (février) se sont réfugiés en lisière de la forêt après que leur camp a été détruit cinq fois par la police, les contraignant à « l’invisibilité ». https://www.lemonde.fr/a-la-une/portfolio/2009/02/06/le-monde-2-espagne-les-fruits-amers-de-l-europe-par-thomas-chassaing_1151251_3208.html

En 2009, le journal Le Monde publiait un reportage photo édifiant sur la misère des travailleurs saisonniers en Espagne et il serait intéressant d’actualiser ce reportage : besoin de main d’œuvre immigrée à bas coût, environ €35/jour pour +10 h de travail, aucun avantage social y compris pour la santé, paiement incomplet des heures travaillées, participation financière au « contrat » de travail, organisation de la filière des travailleurs illégaux, mise en concurrence des légaux et des illégaux, logement dans des chabolas insalubres susceptibles de s’enflammer à la moindre étincelle de feux de fortune, pas d’eau potable dans les campements, discrimination et racisme entre les différentes nationalités d’immigrés, participation des patrons au trafic d’esclaves, tout ça sous le regard compréhensif des institutions internationales.

En 2013, 5 années plus tard, le Journal Libération confirmait ce reportage de 2009 Les logements informels, présents marginalement au milieu des années 2000, s’accumulent en périphérie des communes agricoles, ce qui contribue fortement à la dégradation des représentations portées par l’immigration. Dans la province de Huelva, on estime que plus de 2 500 immigrés vivent actuellement dans des chabolas, habitations faites de bois, de plastiques ou de cartons, et dépourvues d’eau courante et d’électricité. Ces conditions dramatiques rendent les immigrés plus vulnérables. Fin janvier, dans la commune de Lepe, un incendie a touché un ensemble de chabolas où vivent près de 300 personnes.

Et en 2018 ? Aujourd’hui, les médias publient moult images de la misère des migrants en mer qu’ils ne photographient plus lorsqu’ils sont « généreusement » accueillis par les nouveaux esclavagistes. Je dois dire que j’ai cherché des images actuelles de chabolas et que je n’en ai pas trouvé.

Doit-on plaindre les migrants de l’Aquarius plus que les femmes, les enfants et les vieillards de leurs pays respectifs qu’ils ont fuis parce que les conditions y étaient terribles ?

image  Les 629 passagers de l’Aquarius, maintenant répartis dans trois navires, sont en route pour le port de Valence, où ils entameront une nouvelle phase de leur odyssée. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1106667/aquarius-sos-mediterranee-medecins-sans-frontiere-aloys-vimard

Sur cette image, on note la présence exclusive de mâles africains qui ont donc abandonné femmes, enfants, mères, grands-mères, sœurs, filles, tantes et cousines au triste sort que leur réserve la société africaine : mariages forcés, polygamie, répudiation, excision, contaminations sexuelles, viols, prostitution, absence de droits et esclavage sexuel et domestique. Des coutumes que ces jeunes mâles dans la force de l’âge sont trop heureux d’importer dans les pays européens. Souvent les seules femmes présentes sur ces bateaux sont des jeunes femmes prostituées de force sous la garde de leurs compatriotes migrants.

D’après des sources concordantes, l’Aquarius  comprenait à son arrivée à Valence, 450 hommes, 80 femmes dont au moins sept enceintes, 89 adolescents et onze enfants de moins de 13 ans. Toutefois, Le journal Le Monde et son suppôt Libération se sont empressés de dissimuler la prégnance des mâles en titrant « Il n’y a pas que des hommes à bord de l’Aquarius ». Certes, il n’y a pas QUE des hommes, seulement une écrasante majorité, encore plus si on compte les ados.

l’Espagne n’est pas le seul pays européen à profiter de la manne migratoire

Soyons justes, l’Espagne n’est pas le seul pays européen à profiter de la manne migratoire, d’après un reportage d’Envoyé spécial diffusé le 12 janvier 2017,  le marché du migrant (sic) rapporte des millions (des milliards pour toute l’Europe) en prestations de service comme le logement et sa maintenance, la nourriture, l’hygiène, les soins médicaux et la réparation des dégâts collatéraux. Et je ne parle pas des chaussures de marque ni des téléphones haut de gamme. Qui paye ? Le contribuable à travers la générosité des états et des institutions nationales, européennes et internationales. Qui en profite ? Des opérateurs avisés individuels, industriels, institutionnels  et politiques. Qui perd ?  Vous, moi et le petit peuple en général.

Un tout récent sondage révèle que 56% des français interrogés ne souhaitent pas que l’Aquarius accoste dans un port français.

Que chaque Française, que chaque Français, que chaque habitant en France fasse connaître au président Macron ce que sa politique migratoire lui rapporte. Les réponses devraient être édifiantes.

Alice Braitberg

Sources documentaires

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/06/18/31003-20180618ARTFIG00121-goldnadel-quelques-questions-au-sujet-de-l-aquarius.php

Esclavage des travailleurs marocains en Espagne  https://youtu.be/JsHo1ffwf8I

L’or rouge espagnol, les fraises http://geopolis.francetvinfo.fr/recoltes-des-fraises-l-espagne-va-recruter-entre-13000-et-16000-marocaines-178447

Etude sur le travail saisonnier en Espagne  https://journals.openedition.org/droitcultures/3651

Etude sur l’exploitation des migrants http://www.agricultures-migrations.org/nicolas-duntze-sur-rfi-pour-evoquer-lexploitation-des-migrants-dans-lagriculture/

http://www.europe1.fr/international/lespagne-solidaire-avec-laquarius-il-ny-a-pas-si-longtemps-cetait-nous-les-migrants-3679925

Condition des saisonniers en Espagne en 2009 https://www.lemonde.fr/a-la-une/portfolio/2009/02/06/le-monde-2-espagne-les-fruits-amers-de-l-europe-par-thomas-chassaing_1151251_3208.html 

Condition des saisonniers en Espagne en 2013 http://www.liberation.fr/planete/2014/02/25/espagne-exploitation-de-la-fraise-et-des-immigres_982863

Les migrants de l’Aquarius sont presque exclusivement des hommes dans la force de l’âge Photo : SOS Méditerranée/Kenny Karpov https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1106667/aquarius-sos-mediterranee-medecins-sans-frontiere-aloys-vimard

Les migrants abandonnent les femmes de leurs pays respectifs parce qu’il serait impossible pour eux d’y survivre https://ripostelaique.com/migrants-et-si-on-sapitoyait-sur-les-femmes-de-leurs-pays.html

Envoyé spécial – Qui veut gagner des migrants ? – 12 janvier 2017 (France 2).

https://www.youtube.com/watch?v=IjyaIXFIbv8

Imaginez un monde où les flux de réfugiés représenteraient un vrai marché avec des centaines de millions d’euros à la clé. Imaginez un homme d’affaires italien soupçonné d’activité mafieuse se vanter de gagner plus d’argent avec les migrants qu’avec la drogue ! Ce monde existe, c’est le nôtre. En Europe, des entrepreneurs ont flairé le bon filon. Ils proposent des solutions d’accueil et d’hébergement clé en main aux Etats dépassés par l’arrivée d’un million de personnes en 2015, le flux migratoire le plus important depuis la Deuxième Guerre mondiale. Du vendeur français de containers au fonds d’investissement ultra-sélect, en passant par d’anciens populistes suédois, le grand business des réfugiés enrichit beaucoup de monde, ou comment, en quelques mois, l’afflux de migrants est devenu une gigantesque opportunité commerciale où tous les coups sont permis. Une enquête d’Elise Le Guevel et Elise Menand.

Après avoir refusé d’accueillir l’Aquarius le 10 juin, le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini a une nouvelle fois interdit à deux navires transportant des migrants d’accoster en Italie, le 16 juin.https://francais.rt.com/international/51660-italie-apres-aquarius-salvini-refuse-acces-italie-deux-navires-accueillant-migrants-sondage réalisé par OpinionWay pour Public Sénat, Les Echos et Radio Classique, l’opinion publique française se montre très critique vis-à-vis de l’attitude du président de la République à l’égard du gouvernement italien au sujet de l’affaire de l’Aquarius. https://francais.rt.com/france/51726-cynisme-irresponsabilite-61-francais-desapprouvent-macron-italie

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Notifiez de
nomen-omen

Il est important de comprendre que l’Italie s’est vue livrer sur ses cotes 700.000 clandestins en 5 ans. Contre la volonté du peuple. Cela fait l’équivalent d’un Aquarius tous les 2 jours pendant 5 ans, dans l’indifférence de l’UE. Alors forcément quand Macron parle « de cynisme et d’irrésponsabilité de Salvini », les italiens exaspérés n’apprécient pas vraiment…

butterworth
butterworth

a cote de la plaque 15000 EUROS POUR UN REIN epicentre israel https://news.vice.com/fr/article/comment-fonctionne-le-trafic-dorganes-de-migrants cretins es ces humains

Yves ESSYLU

Donc je suppose n’ont pas notre fameux code du travail lequel ne permet pas ce que vous décrivez
En France il ne reste comme argumentation masquée pour importer toujours plus d’arabo-musulmans, que la constitution du lumpen électorat dont rêvent les partis marxistes pour conserver leurs gamelles malgré l’échec systématique de leurs thèses depuis 100 ans

DUFAITREZ

Trop long ! Même pas lu !
Mme la « Féministe historique » (sans rire) aura du mal à trouver des femmes dans ce bourbier humanitaire masculin avide de sexe !!!
Vous viendrez ensuite pleurer sur le triste sort de vos congénères !! MDR !

Parlervrai

Vous plaignez ceux qui travaillent en Espagne, alors que d’autres vont directement en France où ils n’ont pas à travailler.
marcon (ou était-ce hollande) a facilité l’accès au travail pour les roms, il n’a rien fait pour que les « migrants » travaillent.

Marcel

Même si j’ai des origines espagnols de coté de mon pére je suis pour boycotter les produits espagnols , en plus avec ce nouveau gouvernement de Sanchez est pro immigrationsite comme en France

gillic

Chez nous, nous boycottons depuis longtemps les produits espagnols bardés de produits chimiques !! Que tous ceux qui veulent limiter l’ invasion de notre pays en fasse autant tout simplement !! Achetons français quitte à acheter moins ……………

Pélagie

Gillic ,nous boycottons aussi les produits espagnols depuis des années à cause du sort que les galguéros font à leurs chiens ,nous avons trois podencos à la maison sauvés de l’enfer , nous faisons donc d’une pierre ,deux coups et je ne parle pas des pesticides et autres saloperies employés pour les cultures ,c’est quand même étrange que nos écolos ne protestent pas et qu’on trouve autant de ces saletés en France ,vive l’europe !!!!

a.montcalm

Les Africains ont, comme nous, des…neurones! Qu’ils s’en servent….

Anne Lauwaert

Alice, déjà au début des années 90 de tels reportages ont été diffusés sur ARTE – les bidonvilles en plastique pour les fraises – des plantations d’orangers qui mourraient car l’eau était détournée pour les piscines des touristes – des Noirs dans le sud de l’Italie pour la culture des tomates disaient que leur situation était pire que dans leurs pays d’origine, mais clandestins, ils étaient pratiquement prisonniers… – des serres énormes au Kenya qui déversaient leurs produits toxiques dans les cours d’eau et produisaient les magnifiques roses qui nous arrivent avec l’avion du matin…

Allonzenfan

Les espagnols sont des malins qui ont tout compris à l’Europe de Bruxelles qu’ils baisent sans remords dans le sens de leurs intérêts… Et les clandos participent à la crapulerie générale !

Gtony

On nous dit toujours quoi mais jamais qui.
À qui appartient ce bateau, qui paye le carburant et qui paye le personnel navigant ?

Victor Hallidée

Ce bateau appartient à l’Open Society de Georges Soros. Une crapule fils de crapule qui a fait fortune en spoliant de leurs biens les Juifs de Budapest. Une crapule qui entend s’enrichir en réalisant le grand remplacement des populations européennes par des masses d’esclaves.

catel

Et nous nous devenons quoi dans tout cela?