Areva malade de la politique socialiste

Publié le 28 juillet 2021 - par - 2 commentaires - 530 vues
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La soviétisation de l’entreprise Areva malade de la politique socialiste explique tous ses échecs. Le pire des années Mitterrand avec l’affaire de la gabegie scandaleuse du Crédit Lyonnais. Ainsi, on a obligé Areva à embaucher nombre d’incompétents notoires incapables de faire une soudure correcte. C’est ce qui a fait que plus de la moitié des pièces ne respectent pas les règles de la sécurité exigée en matière nucléaire et vont au rebut. André Gide a rédigé un petit livre : Retouches à mon Retour de l’U.R.S.S.

Au contraire de la critique interdite de la soviétisation de l’entreprise Areva malade de la politique socialiste, il a fait lui-même un examen critique de l’échec de la soviétisation de l’industrie de l’U.R.S.S.

En regard de certains chiffres que donne la propagande soviétique pour le rendement d’une usine, et que je reconnais pour époustouflants, je propose quelques aveux de la Pravda du 12 novembre 1936 :

“Au cours du deuxième trimestre, sur le nombre total des accessoires d’automobiles fournis par l’usine de Yaroslav (et de ce seul nombre tiennent compte les statistiques officielles, glorieusement brandies), on enregistre 4 000 pièces de rebut, et durant le troisième trimestre : 27 270.”

Dans un numéro du 14 décembre, parlant de l’acier fourni par certaines usines, la Pravda écrit :

“Alors qu’au cours de février-mars on éliminait 4,6 % de métal, en septembre-octobre, on en a éliminé 16,20 %. “Sabotage”, dira-t-on. (Les grands procès staliniens récents viennent faire diversion pour détourner l’attention du public des échecs de la soviétisation de l’industrie de l’U.R.S.S. comme une preuve à l’appui). Il est permis pourtant de voir dans ces déchets la rançon d’une intensification artificielle de la production.

“Le déchet des produits de l’usine d’Ijevsk, pour la période comprise entre avril et août, est de 416 000 roubles. Mais, pour le seul mois de novembre, il s’élève déjà à 176 000 roubles.

“La fréquence des accidents d’automobiles vient de la mauvaise qualité des véhicules produits. Sur 9 992 véhicules examinés en 1936, 1 958 ont été reconnus défectueux. Dans une section de transports, 23 véhicules sur 24 n’ont pu être mis en circulation et dans une autre, 44 sur 52. (Pravda du 8 août 1936.)

“L’usine de Noguinsk devait fournir une grande partie des cinquante millions de disques de phonographes annoncés au programme de 1935, soit 4 000 000 dont elle n’a pu fournir que 1 992 000.

“Mais les disques de rebut sont au nombre de 309 800. (Ces renseignements ont été donnés par la Pravda, 18 novembre 1936.) En 1936, durant le premier trimestre, la production n’a été que de 49,8 % du chiffre prévu par le plan ; durant le deuxième trimestre, de 32,8 % et seulement de 26 % pour le troisième.

“S’il y a fléchissement progressif pour la production, d’autre part les malfaçons vont en augmentant :

1er trimestre      ……………. 156 200 pièces de rebut,

2e trimestre       ……………. 259 400 pièces de rebut,

3e trimestre       ……………. 614 000 pièces de rebut.

“Quant au 4e trimestre, les résultats complets ne sont pas encore donnés mais il y a lieu de s’attendre à bien pire, car le seul mois d’octobre en enregistre déjà 607 600 !

Critique de l’échec de la soviétisation de l’industrie de l’U.R.S.S. : “On juge alors ce que peut devenir le “prix de revient” de chaque pièce acceptable” (comme pour Areva).

“Sur les deux millions de cahiers fournis aux écoliers de Moscou par la fabrique “Héros du Travail”, 99 % sont inutilisables. (Izvestia, 4 nov. 36.) À Rostov, on a dû jeter 8 millions de cahiers. (Pravda, 12 déc. 36.)

“Sur 150 chaises vendues par une coopérative, fournisseur de mobiliers, 46 se brisent dès qu’on veut s’y asseoir. Sur 2 345 chaises fournies, 1 300 sont inutilisables. (Pravda, 23 sept. 36.)

“Mêmes malfaçons pour les instruments de chirurgie. Le professeur Bourdenka, chirurgien célèbre en U.R.S.S., se plaint particulièrement de la mauvaise qualité des instruments pour les opérations délicates. Quant aux aiguilles de suture, elles se courbent ou se cassent en cours d’opération (Pravda, 15 nov. 36), etc.

“Ces renseignements entre maints autres devraient rendre les applaudisseurs de la soviétisation de l’industrie de l’U.R.S.S. plus circonspects. Mais la propagande se garde d’en tenir compte.

Remarquons que les retards et les malfaçons font l’objet de réclamations, parfois de procès mais qui n’entraînent jamais de sanctions et si les journaux les cachent, c’est pour la propagande socialiste.

Selon la propagande, “il y a des complots, des sabotages et des tentatives d’espionnage sévèrement réprimés de 1934 à 1938. Des hommes politiques et des généraux, convaincus de trahison, sont jugés, condamnés et exécutés. Dans la presse étrangère, on protestait avec une vertueuse indignation. Aujourd’hui, on ne peut plus douter du service que le Gouvernement soviétique a rendu à son pays et à l’humanité entière, en détruisant la cinquième colonne qui tentait de désorganiser la production et la défense nationale”.

En 1920, on confisquait leur blé aux paysans par la force. Les violences contre les paysans étaient on ne peut plus arbitraires. C’est pourquoi les paysans n’ont plus voulu produire de blé en excédent sachant que de toute façon la spoliation organisée par les communistes leur prendrait le fruit de leur travail. En régime soviétique, en l’absence de production, la faim et le mécontentement dominaient dans la population.

Guido Miglioli a décrit les bienfaits imaginaires de La collectivisation des campagnes soviétiques (1934) On ne peut pas comprendre et l’on ne peut pas évaluer le passage, après 1929, à la collectivisation agricole, si l’on n’a pas compris la politique du Parti. Pour la première fois dans l’humanité, les masses populaires prenaient le pouvoir. On organisait la dictature du prolétariat pour réaliser la collectivisation.

Mais la prise du pouvoir n’aurait pu être réalisée, même dans la Russie nouvelle, et ne pourrait se maintenir jamais nulle part, sans l’application d’un régime de dictature. Si l’État n’avait pas adopté le régime de la dictature, les ennemis de la Révolution d’Octobre survivants aux assassinats et aux massacres, nulle révolution ne pouvant d’un coup anéantir les forces ennemies, en auraient empêché la marche victorieuse.

Les masses paysannes n’en ont ni la préparation, ni la possibilité. Leurs traditions, leur hétérogénéité, et le travail auquel elles furent condamnées, font des masses paysannes l’élément le plus assujetti et le mieux adapté aux manœuvres de la réaction. Le prolétariat de la Russie révolutionnaire devait réaliser sa dictature pour ruiner les masses paysannes et les empêcher de retomber victimes de leurs ennemis.

La Révolution d’Octobre n’a pas donné la terre en propriété aux paysans puisqu’elle établissait que le droit de propriété sur le sol était aboli à jamais. Tout paysan, auquel la tradition et les préjugés bourgeois ont mis dans le sang que, sans le droit de propriété, sait qu’il ne peut posséder la terre qu’il travaille et en avoir la libre jouissance. Le droit de propriété sert au paysan riche à multiplier l’exploitation du travail d’autrui.

Dans le monde soviétique, les moyens de production, la terre, les usines, ont été pris au capitalisme contre l’enrichissement des couches parasitaires. C’est donc dans la nature du régime capitaliste que l’on doit rechercher les causes de la crise de la production. Mais pas dans la collectivisation du régime soviétique.

La presse bourgeoise a critiqué cette révolution industrielle artificielle du monde soviétique, répandant la misère afin de porter le pays à un niveau de prospérité supérieur dans l’intérêt de tous les travailleurs.

Le koulak a été féroce et agressif contre la collectivisation. La propagande rétablit la vérité officielle des faits, prouvant l’acharnement bestial par lequel les koulaks répondirent à la spoliation des campagnes par l’idéologie collectiviste. L’être le plus vil et le plus violent de la lutte anticommuniste a été le paysan enrichi. Ce misérable n’hésita pas à blesser, assassiner et détruire les institutions communistes de la spoliation paysanne et à en frapper les dirigeants communistes. L’élément le plus criminel était cette bourgeoisie rurale, venue de la souche paysanne et grandie en richesse par l’exploitation du travail d’autrui, par la fraude, par l’usure.

La presse capitaliste accusa l’État soviétique d’exagérer la résistance et la lutte antirévolutionnaire des koulaks contre la collectivisation forcée pour imposer des mesures radicales et les liquider à jamais.

L’État soviétique a procédé dans sa lutte contre le koulakisme à sa liquidation comme classe.

Un décret du Comité exécutif central, en mai 1929, fixait les caractéristiques qui devaient distinguer le koulak. Elles ne touchent aucune famille paysanne parce que celle-ci est aisée et solide dans son économie, mais elles frappent le koulakisme pour une raison de nature profondément morale et sociale.

Le koulak veut vivre en exploitant le travail d’autrui. La loi concrétise trois circonstances qui supposent cette exploitation par le paysan enrichi par la possession d’installations outillées, comme moulins, fabrication des conserves, de l’huile, etc., par la possession des machines agricoles, qu’il loue à d’autres paysans moyennant une certaine redevance, par la possession d’une ferme pourvue d’un nombre de locaux supérieur à ses besoins de sorte qu’il puisse en céder une partie en location moyennant le paiement d’un loyer. La loi soviétique dénonce le paysan enrichi qui vise à gagner en dehors de son travail. La presse bourgeoise se scandalisa des dispositions qui confisquaient les biens des koulaks et en déportaient plusieurs milliers dans les terres plus lointaines, où, pour vivre, ils devaient travailler (au Goulag) comme les autres paysans.

Cette conduite légitime et généreuse de l’État soviétique envers des adversaires implacables des masses prolétariennes et paysannes, contre lesquelles ils n’hésitèrent pas à engager une lutte sanglante, fut dépeinte dans la presse capitaliste sous les formes les plus féroces de la tyrannie et de la persécution du fait des millions des paysans morts de faim et de la misère provoquées par l’oppression du régime soviétique qui a fait régner la terreur et la misère par sa lutte la plus fanatique et la plus cruelle contre les paysans.

La spoliation-collectivisation des campagnes s’épurait des paysans que Lénine avait décrits comme les exploiteurs les plus féroces. La liquidation des koulaks en tant que classe coïncidait avec les persécutions et la tyrannie du régime soviétique. Les koulaks devaient donc être éliminé des campagnes soviétiques.

Jean-François Revel dans son livre La grande parade critique la survie de l’utopie socialiste (Plon, 2000). Il cite l’affaire Lyssenko en Union soviétique. Ce charlatan, de 1935 à 1964, anéantit la biologie dans l’U.R.S.S., congédia toute la science, l’accusant de déviation fasciste de la génétique. La biologie scientifique commettait le péché de contredire le matérialisme dialectique, d’être incompatible avec la dialectique.

Fabriqué par les dirigeants soviétiques, Lyssenko devint président de l’Académie des Sciences de l’U.R.S.S. Il en fit exclure les biologistes authentiques, quand il ne les fit pas déporter et fusiller. Les manuels scolaires, les encyclopédies, les cours des universités furent expurgés au profit du lyssenkisme. Ce qui eut des conséquences catastrophiques pour l’agriculture soviétique déjà fort mal en point après la collectivisation des terres. La bureaucratie stalinienne imposa les élucubrations de Lyssenko dans tous les kolkhozes. Ses élucubrations portèrent le coup de grâce à une production stérilisée par l’absurdité du socialisme agraire. Elles rendirent irréversibles la famine chronique qui accompagna l’Union soviétique jusqu’à sa tombe.

Moralité : Voilà pourquoi, malgré les subventions, la soviétisation de l’entreprise Areva malade de la politique socialiste l’accompagnera inéluctablement jusqu’à sa tombe. RIP !

Thierry Michaud-Nérard

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Notifiez de
Chat Bleu

Moi tout ce que je sais c’est que la Anne Lauvergeon, n’a pas fait que, des merveilles. Seulement comme c’est une femme, on ne la critique pas trop.

Vincent Sureau

Quel est cette délirante chose ?

Thierry Michaud-Nérard prétend nous expliquer ce qui ne va pas chez Areva et ne nous parle que la dékoulakisation stalinienne ou des dérives de Lyssenko et termine en disant que c’est ce qui ne va pas chez Areva.

La semaine prochaine prochaine, Thierry Michaud-Nérard nous parlera des accidents de la route en France par le biais d’une analyse de la chute de la production de porcelaine chinoise au XIXe siècle.

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