Ariane Bilheran décode le phénomène totalitaire, ses miliciens et ses moutons

Ariane Bilheran est normalienne (Ulm), psychologue clinicienne, docteur en psychopathologie, conférencière.

Auteur de plus de 25 ouvrages, ses domaines d’expertise sont le harcèlement, la paranoïa et les déviances du pouvoir.

Voici un extrait d’un de ses entretiens.

Pour ceux qui ne regarderaient pas la vidéo, voici ce qu’elle y explique :

Le totalitarisme est un moment de folie, au sens psychiatrique du terme, pendant lequel les fous sont encouragés à prendre le pouvoir.
La paranoïa est la pathologie du phénomène totalitaire. Mais pas seulement : c’est une alliance de différents profils de délinquants, de criminels. Les profils paranoïaques se nourrissent d’idéologie, de croyances, c’est à dire des délires. Le phénomène sectaire va les servir. Parmi eux, les profils psychopathes sont les miliciens du système, chargés des basses œuvres. Les profils pervers, quant à eux, sont ceux qui récoltent et jouissent des bénéfices de la situation, comme tous ceux qui récoltent et jouissent des bénéfices de la guerre, des crises. 
Tout ceci ne fonctionnerait pas s’il n’y avait pas dans la masse une bascule de gens normaux qui vont servir ce système. Ce sont les plus dangereux. Ce ne sont pas des criminels, qui ne sont pas si nombreux, mais ceux qui commettent des crimes sans l’intention de les commettre. C’est de cette banalité du mal que parle Hannah Arendt. A la faveur de l’angoisse, ils vont se dessaisir de leur individu et n’être plus en capacité de répondre de leurs actes. 
Ils deviennent des instruments du système. On en a vu plein émerger qui se sont mis à contrôler et à devenir des petits chefaillons, des petits flics, contrôlant les cartes d’identité dans les restaurants, les salles de sport… Ils se sont mis à servir sans réfléchir. 
Ce sont les profils les plus dangereux. Sans eux, il n’y aurait pas d’efficacité de la dérive totalitaire. 
C’est Hannah Arendt, philosophe, qui pensa le totalitarisme et développa la notion de banalité du mal, celle qui consiste, de la part d’un homme, à obéir à des directives sans jamais remettre en cause leur justification.
Depuis plus de deux ans, on a pu constater que ce concept reste toujours d’actualité.

Les policiers ont été bien aidés dans leur tâche, vu que le pouvoir a transformé quantité de personnes en petits adjudants zélés.

Dans les lieux de culture, les restaurants, les magasins, les établissements scolaires ou de soins, ce sont le plus souvent les responsables et les salariés eux-mêmes qui ont contrôlé notre statut vaccinal.

Ils ont suivi les leaders sans se poser la question de la moralité de leurs actes. Car pour éviter la punition, beaucoup deviennent dépendants de la volonté d’autrui.
Ils font le mal en suivant les ordres, ils font ce que veut un autre, ce qui est commandé. Ils se soumettent aux ordres par conformisme, appliquent les règles en vigueur, des règles inflexibles, sans considération pour la détresse des autres. Ils craignent l’exclusion (ce qui peut se comprendre) et recherchent la protection et le support social du groupe dominant.
Les soignants et pompiers non vaccinés ont été suspendus sans traitement, dans une froideur absolue. Aujourd’hui encore, alors qu’on pourrait les réintégrer, le Conseil d’État se cache derrière la loi et le ministre de la Santé derrière la HAS, évitant ainsi de prendre une décision.
Inutile de rappeler que pratiquement tous nos médias et nos médecins se sont mis à servir la clique au pouvoir.
Je voudrais simplement évoquer ici quelques anecdotes vécues.
Je n’oublierai pas ma stupeur lorsqu’en septembre 2021, j’ai découvert que je n’avais plus accès à la bibliothèque où je me rendais une à deux fois par semaine depuis des lustres. Je ne reconnaissais plus la femme qui était devant moi. Je n’avais pas de passe, je n’entrerais pas. Elle ne voulait même pas reprendre les livres que je rapportais ; j’ai dû les déposer dans un bac, à l’extérieur. Je lui ai dit au revoir sans manifester d’émotion. Elle m’a répondu et, curieusement, m’a souhaité en souriant une bonne fin de journée. Aujourd’hui encore, je ne sais pas si elle faisait preuve de compassion ou d’ironie.
Je n’oublierai pas non plus ce passant qui m’a interpellée un matin de 2020, vers 8 heures, alors que je faisais une marche dans un lieu quasi désert. « Ici, Madame, le masque est obligatoire, par arrêté préfectoral ! » Ce sont les petits chefs qui vous font remarquer que vous ne portez pas le masque ou que vous le portez sous le nez. Leur caractère borné les rend fous furieux face à la contestation.
Je n’oublierai pas cette femme qui vérifiait sournoisement avec une canne que je respectais bien la distance de sécurité alors que je me trouvais derrière elle dans la file d’attente de la boulangerie. Elle s’est tout à coup retournée vers moi pour m’accabler de reproches. Je m’étais, selon ses dires, un peu trop rapprochée d’elle.
Je n’oublierai pas cette proche qui, alors que je l’appelais pour lui souhaiter une bonne année en janvier dernier, m’a affirmé qu’on allait devoir vacciner les jeunes enfants à cause d’adultes irresponsables (comme moi) qui refusaient les injections.
Je n’oublierai pas cet ami qui a perdu sa mère au début du premier confinement. On a refusé l’église à cette femme croyante et pratiquante. Une dizaine de personnes seulement ont été autorisées à venir au cimetière où le prêtre a pu, malgré tout, faire une petite cérémonie. En vingt minutes, tout était terminé. Rentrez chez vous ! Interdire des funérailles dignes de ce nom, c’est empêcher la famille de faire son deuil. Une ignominie.
Je ne m’attarderai pas sur les délateurs. Ceux qui tombent dans la délation n’évoquent pas la loi, ils l’exécutent.
Cette dérive totalitaire n’a donc été possible que grâce à tous ces gens ordinaires qui se sont mis, par peur ou par conformisme, au service de nos gouvernants.
Jeanne Le Vézu
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28 Commentaires

    • Avec tous ceux qui adhèrent au système et qui même y collaborent sans penser au mal qu’ils font, c’est sûr qu’il faudra du temps pour s’en sortir.

      • Avec quelques comprimés contre le mal de tête, les choses devraient vite s’arranger ! Un seul comprimé suffit, et pour quelques personnes seulement, et puis les autres guérissent d’un coup, c’est super efficace !

        Ça s’appelle Manufacture de Chatellerault 9 mm…

    • @Popolle dur

      Ah, mais ils nous remettent ça les ordures…
      Pas plus tard que cet après-midi, sur CNEWS, il y a eu un message de propagande montrant un papy bienveillant avec son petit fils qui se blesse et lui met un pansement. Le second volet montre le gosse qui accompagne son grand-père au centre de « vaccination » et lui pose un petit pansement quand l’aiguille de la shooteuse est retirée… Voilà.

  1. Oui et cela s’est aussi souvent vérifié dans le milieu professionnel . On est surveillé et parfois rappelé au port du masque par ses propres collègues … ou par le cheffaillon qui ne veut pas être réprimandé par ses supérieurs hiérarchiques …
    Heureusement que il reste encore des collègues éveillés, ou qui se sont « réveillés » après la 2e dose ….

    • Oui, les moutons de Panurge sont un peu moins nombreux… mais il y a encore du boulot !

  2. Ariane Bilheran nous aide a comprendre le totalitarisme et la soumission qui en résulte. Heureusement, il reste des éveillés.

    • Dans mon entreprise qui comporte une trentaine de personnes, des éveillés on est 4 ! Les autres sont des moutons effrayés et émasculés. Ça vous donne une idée du ratio dans le pays….

  3. La plupart de ceux qui ont fonctionné comme des fonctionnaires, c’est à dire ceux qui ont bien fait leur travail de contrôle, n’ont fait que ce qu’on leur demandait. Ils ont participé à la montée du totalitarisme sans s’en rendre compte.
    Ils étaient payés pour ça et ne sont pas posé plus de questions.
    C’est ça qui est le plus horrible.

    • Ce sont les mêmes qui, entre 1940 et 1944 et sans se poser de questions, établissaient des listes de résistants à faire fusiller, ou de familles juives à livrer aux boches…

  4. Le système totalitaire s’installe sournoisement mais il avance dangereusement.

  5. J’ai rencontré deux amies et leur ai parlé de mon engagement dans la lutte contre les mensonges du gouvernement et contre le pass sanitaire en particulier.
    Au bout d’un moment, l’une d’elles a dit à l’autre : « Nous, on ne fait pas tout ça. Nous, on est des moutons. »
    Une lueur d’espoir ; si on le sait, on peut s’en sortir. Rien n’est perdu.

    • Parmi les moutons, il y en a beaucoup qui n’ont absolument pas pu faire autrement que de suivre le mouvement… mais avec l’espoir de voir le berger se casser la gueule sur le chemin, pour lui foutre des coups de cornes ou de sabots !

  6. Ariane Bilheran une lumière dans la nuit. phare qui prévient du danger et montre le chemin. À elle comme à d’autres qui osent penser que nous sommes encore capables de penser et de nous sauver , nous sommes indéfiniment redevables.

  7. Tellement vrai tout ça ! on a pu le constater tout au long de ces deux années ; pendant la guerre ça du être terrible car les gens risquaient leur vie avec ces délateurs zélés ! et ça va continuer car, c’est terrible à dire mais les gens sont CONS !

  8. les fous !!! j’ai encore en image macron et « parce que c’est notre projet » ou mélanchon et « la république c’est moi »

  9. Les petits chefs qu’on rencontre dans notre milieu professionnel ou dans la rue accusent l’autre de ne pas respecter les règles émises, cherchant ainsi à culpabiliser et à contrôler.

  10. Malheureusement ainsi sont les gens, ceux qui sont au service d’une autorité quelle qu’elle soit. Obéir aveuglément, là est tout le problème.

  11. Tous ces petits chefaillons de circonstance sont pour la plus part des jaloux, des ombrageux et des qui ont toujours obéis sans devoir faire obéir les autres !
    Tout d’un coup la situation leur donne une chance d’exister quelques instant avant que leur triste existence ne s’achève….

  12. Immense respect pour cette dame de coeur, dont les analyse sont toujours lumineuses. Je regarde toujours ses vidéos que je télécharge à chaque fois.

  13. Dans des familles, au nom des prescriptions sanitaires imposées, des brouilles ont éclaté au sein même des familles. Je connais quelqu’un qui, ayant eu l’intention d’aller voir sa vieille mère de 95 ans, s’était entendu demander par elle-même si il avait bien été « vacciné ». Ce qui l’incita à faire annuler ses billets de train et à renoncer à aller voir sa vieille mère.

    • Diviser les Français, diviser les familles.
      Isoler les gens.
      C’est dans leur plan.

      • C’est l’objectif de toute dictature ! Detruire les familles pour mieux contrôler les individus…

  14. rien n’a changé , c’est les mêmes allemands qui ont dit en 45 , c’est pas ma faute , j’ai obéi.les mêmes flics qui ont fait la rafle du vel-d’hiv. c’est les 95 % qui n’ont pas résisté. Si demain ça recommence il y aura beaucoup de lèche cul fort en gueule et peu de résistants, Tous aiment être en troupeau comme dans les stades de foot , ou les concerts ou tous se lèvent en même temps les bras en l’air. On leur a dit c’est pas bien d’être raciste depuis ils se laissent d’abord cracher dessus et maintenant égorger.

  15. un des derniers exemples en la matière est le sapeur pompier qui réfute la réintégration de ses collègues non vaccinés alors que le feu est omniprésent, et également le résultat des derniers votes en france – enfin attendons nous à ce que l’Etat fasse digression à la rentrée avec une pseudo flambée du virus pour mieux occulter les revendications sociétales qui ne font pas manquer

  16. Les masques sont majoritairement désignés comme étant inutiles et le port en est devenu désuet, MAIS, il y a encore beaucoup de fayots qui se promène masqués avec une certaine fierté. Bien que tous les arrêtés soient abolis les banques obligent le port du masque à ses déposants (pas clients… nuances) ; le paradoxe faisant que l’on ne doit pas porter un couvre chef ni de lunettes à verres colorés dans les agences ou les DAB, il semble tout à fait normal de porter un masque alors que cela est formellement interdit d’être masqué dans les lieux publics. Cherchez l’erreur, ou plutôt l’absence de recherche de ceux qui ont la dorsale souple.

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