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Arménie-Azerbaidjan : Moscou s’impose

Après que l’Azerbaidjan (et non l’Arménie comme je l’ai écrit hier par erreur!) a abattu un hélicoptère russe (une erreur sans aucun doute, immédiatement reconnue par Erevan) le Kremlin a tapé du poing sur la table et a imposé aux deux belligérants dans le conflit du Nagorno-Karabak, la fin des combats et une sorte de « partition » du territoire disputé, déclarant que les positions militaires actuelles déterminent les nouvelles frontières et envoyant une force d’interposition de 2 000 soldats pour faire respecter les accords signés.

Or l’Azerbaïdjan a pris la moitié du territoire convoité en quelques jours, avancée essentiellement due au manque de combativité des Arméniens ! En Arménie les « volontaires » pour aller combattre préféraient se défouler sur les réseaux sociaux, tout comme d’ailleurs la diaspora arménienne de Moscou dont certains (très) riches hommes d’affaires (dans l’immobilier en particulier) préféraient pousser des cris d’orfraie et aller parader en ville dans leurs limousines plutôt que de financer une riposte militaire aux attaques des Azéris !

À Erevan aujourd’hui, manifestants et députés protestent violemment contre leur gouvernement, lui reprochant d’avoir signé cet accord. Le siège du gouvernement a été envahi par les manifestants, et la situation peut évoluer dans n’importe quelle direction.

On notera la déclaration du Président arménien qui signale que l’armée arménienne avait noté « des problèmes de mobilisation de réservistes », façon polie de dire que déserteurs et tire-au-flanc se multipliaient ! Sans doute ceux-ci sont-ils aujourd’hui dans la rue en demandant la démission du gouvernement ?!

Certains bien entendu critiquent la position de Moscou qui aurait dû défendre un pays chrétien, oubliant que le gouvernement arménien depuis des années ne manque pas une occasion de critiquer la Russie. Mais vu que Moscou se fiche en fait pas mal de ces lopins de terre convoités par les deux pays, il est bien possible que la réaction de Moscou, en imposant à l’Arménie une partition du territoire qu’elle affirmait être le sien, soit la réponse du berger à la bergère. En tout cas, en Russie, les citoyens majoritairement se contrefichent de ce conflit.

Et il faut bien avouer qu’une fois encore les musulmans défendent leurs positions en allant se battre sur le terrain, tandis que les chrétiens se battent sur les réseaux sociaux. On voit le résultat dans les conditions signées : l’Arménie perd la moitié du territoire. Résultat de la lâcheté des Arméniens. Ça laisse augurer de ce qu’il arrivera en Europe quand les musulmans prendront les armes.

Boris Guenadevitch Karpov
https://boriskarpov.tvs24.ru

Erevan, les manifestants investissent les bureaux du gouvernement

Au Parlement arménien ce matin

Forces d’interposition Russes