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Armes : Bourdin a voulu jouer au plus malin avec un militaire, et il est tombé sur un os !

C’était la fête à Bourdin, ce 7 mai, sur RMC ! L’ancien militaire Pierre lui a même fait, oralement s’entend, une tête au carré. Il faut dire qu’il l’a bien cherché ! Le sujet deviné de l’interview : pour ou contre les armes à feu, le port d’arme permettrait-il sinon d’éviter, d’empêcher le plus de morts possibles en cas de tueries (islamistes ou non). 

Jean-Jacques Bourdin est un pacifique (un synonyme d’antimilitariste selon l’Internaute), un pacifiste (un partisan de la paix mais… qui a envie de la guerre ? ) Alors, ce n’est pas lui qui s’entraînerait à tirer à l’arme à feu pour tuer « des terroristes, des malfrats, des voleurs, des assassins », comme cela arrive chez les Ricains ! Ah ça non, ce n’est pas lui qui vivrait au milieu de tous ces fous d’Américains armés jusqu’aux dents, se trimbalant dans les rues prêts à dégainer à tout bout de champ sur tout et n’importe qui ! 

Mais… ce n’est pas lui ni aucun membre de sa famille, qui s’est trouvé au Bataclan ou à une terrasse de café ou sur la promenade des Anglais, et qui aurait pu être sauvé grâce à ces furieux de la gâchette… Ce n’est peut-être pas lui non plus qui emprunte le métro, le Thalys ou se trouve à 5 h du matin devant une gare… 

Bref, Bourdin le savant croit qu’aux Etats-Unis, c’est toujours le far-west ! Pierre est « assez effaré du niveau de méconnaissance tant de la loi américaine que de ce qui se passe dans les différents états du pays concernant le port d’arme ». Bourdin ne connaît donc pas le « councealed carry reapon », qui autorise certaines personnes et pas d’autres à porter une arme ? Car il leur faut passer des examens, à ces gens qui veulent sortir armés, et on imagine qu’en dehors des compétences certaines au tir proprement dit, s’ajoutent indubitablement des critères de personnalité passés au crible. Parce que, si ce n’était pas le cas, il y a belle lurette que plus personne n’y poseraient un pied, dans ce satané pays ! 

Mais enfin, Pierre croit-il vraiment que « si des spectateurs avaient été armés au Bataclan, ça aurait changé quelque chose ? », lui demande benoîtement ce bon Bourdin, qui semble avoir complètement oublié les 130 morts dans la salle de concert. Non, mais c’est vrai, à quoi auraient servi un ou deux ou dix types super entraînés, en pareille circonstance, on se le demande ! Peut-être bien que ces dingos des armes seraient restés les bras ballants à regarder les terroristes faire leur carnage…

« Oui, complètement, bien sûr », que bien des morts auraient pu être évités ! Et Pierre d’inviter à consulter « Saving Liberty », qui recense le nombre de ces personnes habilitées au port d’armes. L’occasion de dénoncer son financement par le « lobby des armes » était trop belle, pour Bourdin ! A qui Pierre rabat illico son caquet : « Non, pas forcément…mais vous êtes financés par qui, vous, RMC ? ». Et toc, Bourdin en perd sa langue. 

Bourdin fait le job. Il s’agissait aussi, en l’occurrence, de faire de l’anti trumpisme primaire. A tout prix et surtout au prix de mensonges éhontés, de propos totalement déformés et de calomnie patentée. Trump  – et Pierre – seraient donc pour « la libre circulation des armes »… alors que ce dernier vient pourtant d’expliquer clairement ce qu’il en était !  « Ça vous fait plaisir qu’un individu aux Etats-Unis, après avoir acheté son arme tranquillement aille tuer des enfants dans les écoles ? ». 

C’est sûr, Jean-Jacques Bourdin a « un problème », dit Pierre d’un calme olympien. Le problème de Bourdin, c’est son aveuglement idéologique qui le rend hargneux et insultant face à toute contradiction. Le problème de Bourdin, c’est que face à une argumentation lucide et parfaitement mesurée, il n’a d’autre option, pour disqualifier son auditeur, que de tenter de le salir ou, à tout le moins, de le ridiculiser. Raté ! 

Les bataillons d’écoliers, cela vous dit quelque chose ? Le 20 octobre 1881, Jules Ferry signale aux préfets l’attribution de un million de francs ouverts par le ministère de la Guerre, en vue de la fabrication de fusils destinés à l’enseignement. Les petits Français devaient être entraînés à le manier. Pourquoi ? En vue de reprendre l’Alsace et la Lorraine que la Prusse, en 1870, avait remportées. La France avec ses « hussards noirs » formait les futurs poilus de 1914 ! Alors, en ces temps de terrorisme islamique qui va durer longtemps, nous répète-t-on à l’encan, si le modèle américain d’éduquer les enfants à tirer n’est « pas transposable » chez nous, pourquoi s’interdire d’y réfléchir ? dit, en substance, l’ancien militaire.  

Alors, Bourdin, s’esclaffe, Bourdin jubile, Bourdin ironise, Bourdin fait le malin ! « On peut éduquer les enfants à tirer ou même leur mettre une arme dans les mains à 7/8 ans ». « Moi, je pense que si les enfants allaient à l’école avec une arme, ce serait pas mal ». 

Et en quoi serait-il plus mal d’apprendre à tirer aux petits Français de 2018 en prise avec le « fascisme islamique » quand, il y a 137 ans, l’Etat les entraînait à défendre leur patrie contre les Allemands ? On pourrait, à tout le moins, y réfléchir.

Mais à malin, malin et demi. Pierre n’est pas né de la dernière pluie. Et il est vif ! « Ca vous amuse qu’on tire dans les lycées et tout ? Moi, je pourrai vous dire « ça vous amuse peut-être qu’on se fasse égorger sur le bord des gares ou que n’importe qui puisse prendre un véhicule et écrase n’importe qui ? ». 

Et là, Bourdin… ne répond rien ! Des fêtes à Bourdin comme celle-là, on en redemande encore ! 

Caroline Artus