Arnaud Montebourg, l'honneur du Parti socialiste ?

Dans le dernier édito de Riposte Laïque, Cyrano s’interroge sur la nécessité de participer ou pas aux primaires socialistes, et évoque le possible vote pour Arnaud Montebourg. Dans le passage suivant, il exprime ses réserves sur le député de Saône-et-Loire, tout en paraissant approuver certaines de ses orientations.
D’autres encore, tels les Identitaires parisiens, expliquent que le programme d’Arnaud Montebourg, sur la démondialisation est le seul qui aborde le fond du problème, et encouragent – peut-être de manière provocatrice – leurs proches à voter pour lui. Pour eux, une victoire du député de Saône-et-Loire serait porteuse de l’éclatement du PS, et d’une nouvelle donne qui remette en cause la mondialisation libérale et la construction européenne. Pourquoi pas, mais pouvons-nous oublier que le sémillant Arnaud n’en a que pour la diversité, la discrimination positive et qu’il a défendu bec et ongles le droit à porter la burqa ?
Je regrette que mon ami Cyrano ait oublié une chose capitale, pour qualifier Arnaud Montebourg : son sens de l’honneur, et son refus absolu de toute corruption. Certains commencent à le découvrir seulement à présent, sur l’affaire Guérini, où il a été le seul à alerter la direction de son parti sur les pratiques « mafieuses » du président du conseil général, par ailleurs responsable de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. (1)
Arnaud Montebourg, par ailleurs avocat de formation, a commencé à faire parler de lui en attaquant les emplois fictifs de la mairie de Paris, sous Jacques Chirac, sujet que la direction du Parti socialiste, et l’ensemble de la gauche, ne souhaitait pas voir mis en avant, profitant de quelques largesses du maire de l’époque de Paris. Il avait également été l’auteur, avec son ami de l’époque, Vincent Peillon, d’un rapport sur les paradis fiscaux, qui restera dans les tiroirs, et ne sera pas davantage repris par sa direction. Son travail remarquable contre les abus des tribunaux de commerce restera également lettre morte, Lionel Jospin ne voulant pas en entendre parler avant les présidentielles de 2002… avec le résultat que l’on sait !
Homme intègre, Arnaud s’est longtemps battu contre le cumul des mandats… avant de craquer devant la pression de ses amis, et d’accepter, outre son titre de député, la présidence du conseil général de Saône-et-Loire. Son côté « chevalier blanc » ne lui a pas toujours valu que des amis au Parti socialiste, notamment quand, suite à l’affaire Urba, il avait réclamé l’exclusion d’un poids lourd comme Henri Emmanuelli, alors trésorier du PS.
Quelques mois après le vote pour le « non » au TCE, il avait été le seul à refuser la synthèse de Dijon, dans laquelle s’étaient vautrés tous les Fabius et Mélenchon, sauvant ainsi la face d’une direction qui, par son vote pour le oui, avait montré son décalage avec la société française. Malgré l’ironie de ceux qui prétendaient que eux faisaient de la politique, alors qu’Arnaud ne serait qu’un amateur, il avait tenu bon.
Je reconnais, dans la pugnacité dont il a fait preuve contre les pratiques de Guerini, un vrai socialiste, qui ne transige pas avec l’honneur, ni avec l’honnêteté que devrait avoir tout élu. Pour moi, il n’est pas du même moule que les Hollande, Aubry ou Royal. Certes, j’ai lu les réserves de Cyrano sur sa fascination pour la diversité, pour l’immigration ou pour l’islam. Et même s’il ne tire pas suffisamment les conclusions de la faillite inévitable de l’euro, il avance des pistes qui ne sont absolument pas celles des autres candidats.
Pour ces raisons, le 9 octobre, je donnerai 1 euro de ma poche, je lèverai la main droite et je dirai que je jure d’être une femme de gauche, et je voterai pour Arnaud Montebourg.
Martine Chapouton
(1) http://www.lexpress.fr/actualite/politique/affaire-guerini-montebourg-cible-aubry_1028150.html
 

image_pdfimage_print