Article du JDD : Un musulman est-il d’abord français, ou d’abord musulman ?

Publié le 28 mars 2011 - par - 764 vues
Share

Le Journal du Dimanche est parti à la rencontre de la communauté musulmane d’Hénin-Beaumont.
Il en rend compte dans les colonne de son site dans un article en date du 23 mars 2011
http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Le-JDD.fr-est-parti-a-la-rencontre-de-la-communaute-musulmane-d-Henin-Beaumont-288307/?from=cover

Un « papier » dans l’air du temps, très novlangue, sans aucune rugosité. Du pré-digéré pour du prêt à penser. Quelques égratignures au passage pour la droite nationale, mais rien que nous ne connaissions déjà dans la pratique de la langue de bois et la pensée de coton. Pourquoi en parler ? Pour une phrase significative, en fin d’article concernant une boucherie hallal dans le centre ville d’Hénin-Beaumont et qui contient un élément pertinent qui mérite un peu d’attention.

Je cite cette partie de l’article« Il en va d’ailleurs de même, selon lui, avec la boucherie hallal sise place de la République, en pleine centre-ville de la cité. Hilarité générale du côté des musulmans d’Hénin-Beaumont: « Il y a plus de ‘Français’ (*) que de musulmans qui la fréquentent », s’exclame Tayeb, retraité de 63 ans.

Cet élément c’est la différence réalisée par Tayeb entre français et musulmans. Tayeb a une classification particulière pour les individus: soit celle de la nationalité, soit celle de la religion. Pour lui l’évidence est là. Un français n’est pas musulman et le musulman l’est au-dessus de toute chose. Sans faire de la divination, on peut affirmer que cette boucherie a une bonne part de français musulmans parmi ses clients. Pour cet homme de 63 ans et qui doit résider en France depuis de nombreuses années, cette possibilité, pourtant réelle, du français musulman ne tient aucune place dans son raisonnement. Il serait bon de savoir, dans l’esprit de Tayeb, ce qui fait le plus obstacle à cette réunion des deux termes « français musulman ». Est-ce que « français » à de la difficulté à s’accrocher à « musulman » ou est-ce « musulman qui ne peut se joindre à « français » ? En tout cas le résultat est évident.

Attention, je ne ferai pas d’une phrase prononcée par un individu, une généralité. Ce serait une escroquerie intellectuelle. Cependant, nous devons être très attentif à cette sorte d’étiquetage qui place la religion comme critère comparatif à la nationalité. C’est le signe patent d’une pensée de regroupement communautaire religieux. Chacun sait, et l’Histoire peut nous le rappeler; à quel point cela présente un réel danger pour la nature démocratique de nos sociétés.

Pierre Thyde

(*) Je suppose que c’est le journaliste qui à fait l’ajout des guillemets pour le terme « français ».

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.