Assises remigration : discours de Damien Rieu

Occupation mosquee Poitiers 20-10-2012Autrefois, elle était majestueuse.
Le monde entier l’admirait.
Mais les années avaient passé et elle avait perdu bon nombre de ses atouts.

Elle fit un jour sa connaissance.
Elle ne résista pas à sa fringance, son exotisme et au charme d’une aventure sauvage.
Elle voyait en lui l’espoir d’une nouvelle jeunesse.
Elle était partie avec ses meilleurs éléments à sa conquête, sous le maternel prétexte de lui apprendre les bonnes manières.
Elle parvint à ses fins non sans mal et sans effort et finit même par s’installer chez lui.

La France et son empire colonial ne se quittèrent plus.

Il apprit d’elle. Elle se servit parfois de lui mais lui donna tant.
Il finit par grandir et révéla alors ses velléités d’émancipation.

Dès lors, les relations se compliquèrent.

La France tenta la fermeté et la fusion quand son Empire aspirait lui à plus d’indépendance.
Ils se disputèrent violemment.
Les mots, les coups, les blessures et les larmes. La mort et la douleur des deux côtés.
Déçue par tant d’ingratitude, la France se résolut à retourner chez elle au cours d’une première et violente séparation.
Elle partit humiliée, elle qui s’était jetée à corps perdu dans cette relation allant peut-être jusqu’à s’oublier elle-même.

En se questionnant sur cet échec elle commença à culpabiliser.

Elle décida, défiant le réel, de donner une seconde chance à cette histoire, mais cette fois ci, chez elle.
Elle s’entêtait.
Pourquoi ne pas en profiter ? Pourquoi ne pas abuser de tant de naïve générosité ?
L’Empire colonial accepta.
Elle l’accueillit à bras ouverts en demandant toujours moins. Il s’installa chez elle en exigeant toujours plus.
Quand elle doutait de son amour il évoquait le passé. Plus elle se méfiait de lui, plus il menaçait.
Il devint violent et finit par l’insulter, la battre, elle et ses enfants, un peu plus chaque jour.
Cette fois-ci, elle n’en voulait plus. Elle avait enfin compris qu’ils étaient inconciliables.
L’histoire était belle mais l’amour impossible. Ils étaient trop différents. Antagonistes.
Elle avait tout essayé pourtant. La violence et la force, la corruption et sa soumission.
Elle voulait désormais qu’il s’en aille. Elle avait peur de mourir.

L’histoire en est là.

L’empire colonial devenu l’empire colonisateur est désormais insolent, provocateur, incontrôlable et dangereux.
Il semble temps de mettre en place une mesure d’éloignement urgente avant qu’il ne soit trop tard.
Une séparation à l’amiable maintenant, ou un deuxième drame violent demain.

D’autant plus que nous savons tous qu’il n’y a aucune issue, aucune sortie possible. Au mieux un pourrissement, au pire une tragédie.
A quoi ressemblera la France de demain si nous n’agissons pas ?
Une sorte de Brésil européen, où seuls les plus riches s’en sortiront en hélicoptère ou en ghetto sécurisé ?
Un hexagone libanisé, léopardisé, sous le règne des milices communautaires ?
Un Kosovo français, dont la capitale serait Saint-Denis, berceau et tombeau des rois de France ?
Surement le mélange des trois.
Une chose est sûre, je n’entends aucun homme politique, je ne lis aucune théorie nous annonçant une suite heureuse.
Plus personne n’y croit. Ceux qui me disaient encore il y a 5 ans « tu n’as pas tort, mais tu exagères » me disent aujourd’hui que je suis finalement trop optimiste.
Le pire de tout c’est le regard que les gens portent à l’étranger.

Je me souviens de cette religieuse syrienne qui me racontait avec émotion le changement de visage de Paris entre ses deux derniers voyages avec 20 ans d’écart.
« Mais qu’avez-vous fait de Paris? » me reprochait-elle.
Honteux, j’ai répondu que je donnais beaucoup de mon temps et de mon énergie pour lutter contre ce changement.
Au fond de moi je m’en voulais à mort de ne pas m’être assez sacrifié.

Je me souviens de Danny, étudiant en médecine et chrétien fuyant son village pris par l’Etat islamique, rire en croyant à une blague, se moquer, douter, puis finir par sangloter lorsque je lui ai dépeint la situation de notre pays. « Mais pas vous, pas la France, pas l’Europe, nous c’est normal mais vous ce n’est pas possible ».
Et si, Danny c’est possible. Nous l’avons fait. Il ne dira plus un mot du reste du voyage.

Je me souviens, il y quelques années déjà, de ce jeune Serbe de Mitrovica qui me disait en souriant « Aujourd’hui vous venez nous aider, mais demain c’est vous qui allez avoir besoin de nous. » Et dire que l’avenir pourrait lui donner raison.

Je me souviens aussi de ces clandestins rencontrés à Lampedusa, qui étaient choqués, déçus et même effrayés de se voir eux-mêmes si nombreux en Europe.

C’est ce que nous disent les regards étrangers. Alors imaginez un instant celui que portent nos ancêtres….
Voilà où nous a menés la prétention de ceux qui ont cru qu’on pouvait créer une unité avec des peuples aux identités et cultures antagonistes par la seule force administrative.
Nous savons tous qu’il n’y a aucun commun accord possible. Nous avons tout essayé.
Plus personne n’y croit en dehors du petit Paris, des rédactions et des politiques déconnectés.
Le réel a enterré depuis longtemps tous les grands principes et le mythe des valeurs universelles.
Des valeurs de plus en plus plates et mielleuses, des valeurs qu’on agite de plus en plus fort à mesure qu’elles disparaissent.
Et pendant ce temps nous, on subit.

Au cœur de cet affrontement, la jeunesse française de souche, les « petits blancs » comme on les appelle, sont en première ligne.
De l’école primaire à la fac, nous sommes en concurrence et en confrontation permanente avec eux.
Pénuries de logements, course à l’emploi, violence dans les transports, j’ai grandi, nous avons grandi au milieu des minorités majoritaires.
Et nous n’avons pas encore pour la plupart d’entre nous les moyens de nous en éloigner.
Là où il y avait encore il y a peu une place pour l’insouciance, nous vivons nous une jeunesse de tension permanente.
En terme de qualité de vie nous sommes probablement la première génération dans l’histoire de notre pays, à vivre moins bien que la précédente.
Une génération totalement oubliée par nos représentants politiques qui ont déjà décidé que les jeunes et l’avenir de ce pays c’était eux, et uniquement eux.
« Pépites de la nation », « chance pour la France ». Et nous ? Que sommes-nous à vos yeux ? Qui sont les vrais oubliés de ce pays ?
A eux, ils offrent tout : des emplois ciblés, des infrastructures derniers cris, des subventions colossales. Une attention de chaque instant.
Mais les jeunes, la vraie jeunesse légitime de ce pays c’est NOUS !
Nous les sales Français à qui on a tout pris. Nos rêves, nos familles, nos ancêtres, notre identité et notre avenir.
Mais attention, nous n’avons pas encore reconnu notre défaite !
Nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus baisser les yeux au quotidien et à relever la tête face aux défis qui nous font face.
Et puisque l’Etat ne réagit qu’au rapport de force alors il est peut-être temps nous aussi de l’utiliser.
Nous avons hérité de cette situation mais pas de la lâcheté de ceux qui l’ont laissée se mettre en place.
Et c’est bien notre génération qui va mettre fin à la politique de ces irresponsables qui veulent importer les ventres et exporter les cerveaux.

Pourtant nous étions tous prévenus. Nous n’inventons rien. Nous ne sommes ici qu’aux Assises de l’évidence.
L’histoire de l’humanité n’a été qu’une succession de leçons sur le triomphe de la brutalité du réel face aux projets utopiques et orgueilleux.
Depuis les récits bibliques de la tour de Babel jusqu’à l’Algérie, dont certains d’entre vous ont été les spectateurs voire les acteurs.
Je ne vais pas revenir sur le déchirement, la souffrance de cet épisode.
Mais puisque nous en sommes encore aux débats sémantiques qui ont animé avec passion ces dernières semaines notre camp, je voudrais vous proposer l’utilisation d’un mot pour parler de notre idée : le rapatriement. En plus, Grand Remplacement ou changement ça sonne bien avec rapatriement.
Au-delà de la rime, vous n’avez surement pas oublié que l’institution d’Etat instaurée en mai 1962 afin de faciliter le transfert et l’accueil des populations pieds-noirs en France s’appelait le « Secrétariat d’Etat aux rapatriés ». C’est l’équivalent du Ministère à la Remigration que nous appelons de nos vœux et c’est un pied de nez à tous ceux qui crient à l’impossible. Il faut dire qu’à l’époque nos dirigeants étaient courageux, à commencer par le plus grand d’entre eux, De Gaulle, qui quoi qu’on en pense avait au moins eu la lucidité d’organiser la séparation à défaut du rapatriement. L’huile et le vinaigre… tout ça tout ça…
Au fond, plus que la mise en place de la remigration, ce qui rend sceptiques nos détracteurs c’est surtout l’absence de courage politique et la force de décision et d’anticipation de nos représentants. Je ne partage pas ce pessimisme. Au moment venu, un habile opportuniste ou une Jeanne d’Arc convaincue saura faire le bon choix.
La seule question qui se pose c’est de savoir si ce sera avant ou après ce qu’on a appelé « les évènements » dans le cas algérien.
La répétition de l’Histoire est là sous nos yeux. Cruelle, elle n’aura pas attendu 200 ans, mais 50. A peine une génération d’écart et nous voilà confrontés à nouveau aux mêmes enjeux, cette fois ci chez nous.

Alors j’entends comme vous dès aujourd’hui la fermeté de nos représentants politiques patriotes qui souhaitent agir sur les flux.
J’aimerais qu’on n’en n’oublie pas pour autant la gestion des stocks.
Car le seul retour des frontières ne nous permettra pas de nous affranchir des lois de la démographie.
Et vous le savez tous, le dépistage de la drépanocytose annonce les Français de souche européenne comme minoritaires dans les maternités d’ici 30 ans.
Cela fait pourtant quelques années que Manuel Valls déplorait le manque de « Blancos », de « White » sur le marché d’Evry.
Si cette semaine c’est même François Fillon qui se met à réclamer des statistiques ethniques, c’est que l’heure est grave.
Face à ce constat, le camp des patriotes doit maintenant cesser les complexes.
La remigration ne serait pas morale ? Mais cette remigration, cette séparation elle existe déjà. Elle est en cours. Les Français fuient.
La grande séparation, c’est le phénomène du white-flight, ces Français qui quittent les centres pour les périphéries urbaines, qui changent de quartier ou de rame de métro.
La grande séparation ce sont aussi ces donneurs de leçons qui font jouer leur réseau pour échapper à la carte scolaire et abriter leurs enfants des joies de la diversité.
Et si au lieu de changer de trottoir, on changeait de pays ? Et si on donnait la possibilité à nos deux peuples de retrouver la paix, séparés certes, mais la paix ?
Nous n’avons pas à rougir d’être les seuls à anticiper et à proposer une solution politique.
D’ailleurs la remigration, ce n’est rien d’autre que leur donner la possibilité de vivre toute l’année là où ils partent en vacances chaque été, où ils font construire leur villa et se font enterrer.
Plus sérieusement il me parait primordial d’inverser le sentiment de culpabilité.
Les pacifistes c’est nous !
Les criminels du vivre-ensemble, les assassins de peuples, les savants fous c’est eux !
Les vrais humanistes sont ceux qui défendent le droit des peuples à vivre sur la terre de leurs ancêtres.

« Quand nous arriverons, ils partiront » nous dit un célèbre slogan.
Et bien je crois qu’il est temps d’arriver pour qu’ils partent.

Damien Rieu

image_pdf
0
0