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Attaque d'une ambassade US : Trump fait tuer un général iranien !

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L’élimination du général iranien Qassem Soleimani, lors d’un raid américain sur l’aéroport de Bagdad, ordonné par Donald Trump, est un coup sévère porté à Téhéran. Cette frappe mortelle est la réponse musclée de Trump à l’attaque contre l’ambassade américaine à Bagdad, menée par des partisans pro-Iran il y a trois jours. L’agression de trop qui a exaspéré l’hôte de la Maison-Blanche et mis le feu aux poudres.

Mike Pompeo a affirmé en outre que le général iranien préparait une « action d’envergure » menaçant des « centaines de vies américaines ». « Nous savons que c’était imminent. Nous avons pris notre décision sur la base des évaluations de nos services de renseignement ».
« Il s’agit de « la plus importante opération de « décapitation » jamais menée par les États-Unis, plus que celles ayant tué Abou Bakr al-Baghdadi ou Oussama Ben Laden », les chefs des groupes État islamique et Al-Qaïda, a indiqué Phillip Smyth, spécialiste américain des groupes chiites armés. »
Considéré comme un ennemi de l’Amérique, Soleimani était depuis longtemps dans le collimateur de la CIA et des forces spéciales américaines. Mais campagne électorale de 2020 oblige, Trump s’était  jusqu’à présent refusé à risquer un embrasement de la région, déjà sous haute tension.


On se souvient que lors de la destruction des installations pétrolières saoudiennes par des missiles, en septembre 2019, les États-Unis prônaient une « solution pacifique », tout en accusant l’Iran d’être l’auteur de l’agression.
Mais depuis, la donne a changé. Il est vrai que l’ambassade de Bagdad attaquée, ce n’est plus l’Arabie mais l’Amérique qui est visée…
L’élimination de ce général, le tout-puissant chef de la force Al-Qods  des Gardiens de la révolution, et troisième personnage de l’État, suscite évidemment la colère du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, du Président iranien Hassan Rohani, des milices chiites en Irak, du Hezbollah libanais, du Hamas et des rebelles yéménites Houthis soutenus par Téhéran, qui réclament vengeance et promettent la revanche.
Car Qassem Soleimani est le personnage le plus populaire d’Iran. Il a dirigé toutes les opérations extérieures des Gardiens de la révolution, cet État dans l’État, véritable détenteur du pouvoir sous la coupe directe du Guide suprême. En Syrie, en Irak, au Yémen, ou dans le détroit d’Ormuz,  Soleimani  a toujours œuvré à la domination chiite, par milices interposées ou par des coups de force ciblés.
Il est l’artisan de la politique expansionniste de Téhéran, visant à créer un arc chiite jusqu’au Yémen, en passant  par Bagdad, Damas, Beyrouth et Gaza. Un général qui est  le symbole de la fierté d’un peuple qui se dit  agressé et qui tient tête au Grand Satan, malgré la dureté des sanctions économiques imposées par Trump. Pour le peuple iranien, Soleimani est dorénavant un martyr qu’il faut venger.
On est bien loin de 2001, quand le même Soleimani coopérait avec les États-Unis en leur livrant des renseignements, afin de liquider les talibans sunnites honnis, maîtres de l’Afghanistan.
Aux États-Unis, les démocrates dénoncent un risque d’escalade. En Europe, on appelle au calme. Et comme à chaque crise, le prix du baril monte.
Mais Trump n’est pas seul. Le cow-boy républicain et proche de Trump, le sénateur Lindsey Graham, en remet une couche bien épaisse :
« Si vous en voulez plus, vous en aurez plus ! »
Alors, quels sont les risques ?
Une guerre ? Non. L’Iran n’en a pas les moyens et les foules chiites ont beau brailler « mort à l’Amérique » dans les rues de Téhéran, l’embrasement n’est pas d’actualité.
Mais le harcèlement du faible au fort semble être l’option la plus crédible.
Attentats contre les intérêts américains, assassinats ciblés, attaques contre des bases US, représailles sur Israël, attaques de navires dans le détroit d’Ormuz ou contre des installations pétrolières.
Dans l’immédiat, les États-Unis demandent à leurs ressortissants de quitter l’Irak « immédiatement » et renforcent  la protection de leur ambassade.
Et du côté israélien, le degré d’alerte monte d’un cran, face à la menace des roquettes, pouvant venir du Hamas, du Hezbollah ou des milices chiites syriennes.
Rien de bien nouveau dans le chaudron en ébullition du Moyen-Orient.
Jacques Guillemain