Attentat de Nice : l’auto-flagellation du professeur Jean-Luc Nancy

Publié le 24 août 2016 - par - 1 commentaire - 1 711 vues
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JeanLucNancyCertains lieux de notre province profonde détiennent une part de magie qu’il nous appartient de déceler.

Le lycée Bartholdi de Colmar bâti sur le site d’origine de Columbarium (le Colmar d’antan) se dresse toujours au bout de la côte constituée par la rue du Lycée (montée de troisième ou quatrième catégorie à bicyclette) avec, à proximité, sa chapelle multiséculaire, son parc aux arbres exotiques (séquoia), avec la statue du grand physicien colmarien HIRN, exécutée comme il se doit par Auguste BARTHOLDI. Ce lycée Bartholdi a formé plusieurs prix NOBEL (Albert Schweitzer, Alfred Kastler) et de nombreux jeunes agrégés y ont fourbi leurs premières armes.

Fréquenté dans les années soixante, entre autres par le rédacteur des propos qui suivent, il laisse, malgré son aspect faussement austère de l’époque, bien des souvenirs de franche rigolade que les initiés d’alors se remémorent avec bien de la nostalgie : l’ineffable censeur surnommé Bacchus (on devinera aisément pourquoi ! ) et ses recommandations savoureuses pour une mise en rang impeccable, les professeurs d’allemand BOPP (auteur de « Ma ville à l’heure nazie »), le « timbré[1] » STUDER et l’inénarrable PEDRO et ses expériences chimiques étonnantes et détonantes…

Je n’oublierai surtout pas le héros du jour : le professeur de philosophie Jean-Luc NANCY, à l’époque davantage saisi par le doute cartésien que lorsqu’il officie aujourd’hui dans le quotidien LIBERATION qui constitue la BIBLE du politiquement correct de l’intelligentsia post-sartrienne d’abord et de l’intelligentsia post-vidalnaquesque ensuite.

Qu’on m’entende bien :  je précise à mon cher « prof de philo » du temps de Clo-Clo : cette gentille pique ne lui est pas spécialement destinée intuitu personae.

Seulement voici : rien n’obligeait Jean-Luc Nancy à composer un texte à l’argumentation fallacieuse et surtout symptomatique de l’idéologie délirante et perverse qui prévaut dans les sphères dominantes !  Peu de temps après le texte de Jean-Luc Nancy du 18 juillet 2016 dans LIBERATION, on prendra connaissance des réflexions de l’écrivain Boualem SANSAL dans l’édition du POINT du 21 juillet 2016 qui, lui, analyse de façon fort pertinente la tragédie qui s’est déroulée : ses tenants et aboutissants : « l’islamisme est un courant de pensée ancien qui traverse tout le monde musulman, qui est consubstantiel à l’Islam… Il a des complices dans tous les milieux, en Occident notamment, des idiots utiles… »

Or, voyez-vous, cher Jean-Luc NANCY, vos propos succincts (« Un camion lancé…» dans LIBE du 18 juillet 2016) réalisent l’exploit de ne pas nommer le mal (l’islamisme consubstantiel à l’Islam), ni les mâles (les islamistes) et c’est bien en cela qu’ils apparaissent non seulement inutiles mais également dangereux car ils confortent trop de personnes dans le déni de la réalité !!!

« Un camion lancé… » qu’est-ce à dire « lancé » par une force mystérieuse ? Il n’est pas « lancé » mais piloté par un être humain dévoyé, un Tunisien d’origine, je crois savoir, qui a mûri son forfait pendant de longs mois. Votre texte se présente donc bien sous l’angle d’un sophisme (c’est le terme adéquat si les souvenirs de votre enseignement du « Bartho » sont les bons !). A ce titre, il apparaît totalement inacceptable !

En cachant l’essentiel (l’acteur du fait et surtout la préméditation du crime) vous en venez à évoquer lourdement la responsabilité du « nihilisme ». Le nihilisme a bon dos, si j’ose dire. Ce nihilisme, toujours selon vous « nomme un aboutissement : celui de notre histoire et de notre civilisation ».

Vous concédez, du bout des lèvres, à évoquer des égarements où intervient semble-t-il un « fou de Dieu ». Un « fou de Dieu ou de transhumanisme » est-il précisé. Avec votre transhumanisme, désolé, vous me paraissez devenir quelque peu « abscons ». Glissons !

« Fou de Dieu », faites-vous allusion aux témoins de Jéhovah ?

En réalité, vous me contredirez peut-être, mais vous employez de bien grands mots pour aboutir, de glissement en glissement, à ce qui constitue votre axe de pensée : l’inévitable auto-flagellation qui doit tenir lieu de boussole à nos penseurs que l’on proclame, avec une  certaine vacuité, « postmodernes ».

« Il faut nous en prendre à nous-mêmes, à notre entreprise universelle de puissance jamais assouvie ». On y arrive : les termes « esclavagistes, colonisateurs, exterminateurs » ne sont pas employés, mais est-ce vraiment nécessaire ?

Chers Frères, repentons-nous car nous sommes coupables ! De faire rouler des camions, des machines et des entreprises…. Là également me revient un souvenir de l’enseignement du temps de mon adolescence : le mythe du bon sauvage.

Revenons-en encore aux termes que vous employez. « Il ne s’agit pas de nous accuser plus, que d’accuser les fanatiques, les terroristes et les terrifiés ». Encore heureux ! Terroristes et terrifiés, quel salmigondis, cher Jean-Luc Nancy. Ne croyez-vous pas qu’il convient de rectifier votre tir et de ne plus tomber dans ce piège où certains de vos collègues (je pense en particulier à Alain BADIOU) vous entraînent gaillardement. N’avez-vous pas intelligemment réagi, il y a cinq ans, lorsque la répression s’abattait sur les jeunes du lycée OKBA de BAB-EL-OUED arborant le drapeau français (voir ma première contribution sur R.L.) ?

Très franchement, Jean-Luc NANCY, ou est-ce que je me trompe, vous valez certainement mieux que de vous mettre, inconsciemment, je l’espère, au service de l’islamisation, qui gangrènera toujours plus l’Europe et la France, si nous n’y prenons garde !

Jean-Michel WEISSGERBER

[1] Les fous du timbre de  l’époque apparaissent rétrospectivement bien plus sympathiques que les fous de Dieu d’aujourd’hui.

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Une réponse à “Attentat de Nice : l’auto-flagellation du professeur Jean-Luc Nancy”

  1. Stephane Mayer dit :

    Tres bonne article.
    Tres agreable a lire