Attentats du 13 novembre 2015, ou l’incurie du pouvoir de l’époque

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Cette émission d’Arte, diffusée le 3 septembre 2021, dresse un tableau sans concession des nombreuses et graves défaillances des services français, tant au niveau du gouvernement (François Hollande était Président de la République ; Manuel Valls, Premier ministre ; Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, Christiane Taubira, Garde des sceaux) que du renseignement intérieur et extérieur français, et de l’inconscience totale de la sphère politique française sur la nature et l’intensité du danger.

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Quelques extraits des dix premières minutes de ce document saisissant :

Vers 4 : 00 : Georges Fenech : « En tant que député, je lance l’initiative de créer une Commission d’enquête, dès janvier 2016. Ce qui a freiné la décision, c’est de ne pas donner le sentiment de rompre avec ce qu’on a appelé « l’esprit du 11 janvier », l’esprit d’union nationale »

[N.d.A. : l’attentat à Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, a été suivi le 11 janvier de nombreuses manifestations dont le slogan n’était pas « En finir avec l’islamisme ! », mais le bisounours : « Je suis Charlie » qui ne mange pas de pain. Les politiques, « quoi qu’il en coûte », privilégient le « vivre ensemble »… La commission d’enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 ne se mettra en place qu’en février 2016, soit trois mois après !]

Vers 5 : 00, Georges Fenech : « On comprend bien qu’il y a eu des failles dans nos services de renseignement, on comprend bien que quelque chose nous a échappé »

[N.d.A. : « des failles »… Ou l’art de la litote…]

Vers 5 : 25, Georges Fenech : « Nous avons évidemment auditionné tous les responsables des services de l’époque – renseignement intérieur, renseignement extérieur – mais également les ministres de tutelle concernées : la Défense, la Justice, l’Intérieur »

[N.d.A. : parions qu’aucun de ces responsables et ministres n’aura un jour de compte à rendre aux familles des victimes au sujet des « failles » qui se sont produites ce 13 novembre 2015…]

Vers 5 : 55, Manuel Valls : « Moi, la Commission d’enquête ne m’a pas auditionné. Je n’ai jamais refusé. Mais les parlementaires ont estimé que l’audition du ministre de l’Intérieur suffisait. Ce qui est vrai »

[N.d.A. : Courage, fuyons !]

Vers 6 : 25, Sonia Maktouf, avocate des victimes : « Je ne pense pas que toutes les vérités aient été dites et révélées dans le cadre de cette Commission »

Vers 7 : 48, un vigile du stade de France : « Tous les policiers sont partis après la première explosion […] Pour moi, ce sont les vigiles qui ont fait le travail [en empêchant le carnage] »

Vers 8 : 50, Manuel Valls, fier et réjoui : « Au stade de France, le massacre n’a pas eu lieu ! », alors qu’il n’y est strictement pour rien…

Vers 9 : 50 : Georges Fenech : « Il y avait, présents devant le Bataclan, dès les premières minutes, huit militaires de la Force Sentinelle. Comment comprendre que des militaires en armes, postés devant le Bataclan, entendant les tirs en rafales des Kalashnikov, n’aient pas apporté quelque chose »

[N.d.A. : « apporté quelque chose » ! Toujours l’art de la litote chez Fenech…]

Vers 10 : 10, Georges Dallemagne, vice-président de la commission d’enquête belge sur les attentats sur le territoire belge en 2016 : « Il y a le fait que des militaires en armes étaient au Bataclan depuis plusieurs dizaines de minutes, qu’ils n’ont pas pu intervenir ! Moi, ce que je peux vous dire, c’est qu’une information comme ça, en Belgique, elle aurait entraîné la démission du gouvernement, immédiatement ! »

Etc. Cher lecteur, vous n’êtes pas au bout de vos surprises… Un documentaire à écouter jusqu’à la dernière seconde.

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni 

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9 Commentaires

  1. L’inadaptation des services au retour des islalistes parti en Syrie, a été étudiée, documentée, largement médiatisée et reconnue par les services eux même qui ont fait évoluer en conséquences leurs stratégies.
    Bref on savait déjà tout ça et depuis longtemps.
    Vous devriez arrêter d’écrire un article à chaque fois qu’un clodo vous envoie un lien YouTube…

    • @La Palisse : Cette vidéo fait l’état des lieux AU MOMENT DES ATTENTATS, pas l’état des lieux en septembre 2021, lors de sa parution. Au début de la vidéo, il est clairement dit qu’à l’époque, les services anti-terroristes s’occupaient davantage des Basques et des Corses que des islamistes… Et si on savait déjà tout, comme vous le dites, comment expliquer que ces services ne se soient pas immédiatement focalisés sur la menace principale ?

    • Sans doute. Mais, quoi qu’il en soit, incurie ou complicité, les responsables au plus haut niveau de l’Etat ne seront évidemment jamais inquiétés…

  2. intéressant ce document.Je l’ai écouté jusqu’au bout et la première impression qui m’est apparue à mon esprit est que toute organisations administratives qui produit des protocoles et des modes de fonctionnements finissent par une paralysie de toutes prises de décisions qui doivent se réalisées très rapidement en cas d’extrême urgence.Ce mode de fonctionnement est typiquement français.Cela démontre qu’il y a des individualités qui sont incapables de prendre des initiatives et de prendre des risques.

    • C’est aussi mon impression. C’est la grande faiblesse des démocraties, procédurières par définition, face à des groupes qui eux, ne connaissent pas de limites « légales »…
      Le passage de la frontière franco-belge par Abdeslam est un cas d’école : la réponse a mis une heure et demie pour arriver aux gendarmes du poste frontière, mais, légalement, ils étaient tenus de laisser passer le véhicule au bout d’une demi-heure seulement…

      • Je vous remercie Henri Dubost de votre réponse à mon message.Je reste persuadé qu’il faut absolument sortir de cette Union Européenne,qui est notre cimetière et l’euro en est sa pierre tombale.Des militaires de l’armée de terre qui patrouillent sur la voie publique m’a toujours mis mal à l’aise.Ces affaires de terrorisme relèvent des services de polices et pas de l’armée.

  3. il n’y a pas eu de « graves défaillances des services » lors des Attentats du 13 novembre 2015, on vous rappelle (petit détail) que le président était F Hollande (sic) et que LES MILITAIRES qui étaient là, ONT REÇU L’ORDRE de ne pas bouger et de ne tirer sur personne (avant la fin du massacre !) – Le Diable se cache dans les détails –

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