Attention, parents, à l’orthographe des professeurs, et même du ministre de l’éducation !

 

En cette période de rentrée Eric Zemmour parle avec raison de l’effondrement de l’éducation nationale (avec des minuscules car cet organisme ne vaut plus rien).

On a vu les copies accablantes du baccalauréat 2022 : des phrases qu’il faut lire à haute voix pour tenter de les comprendre. Car les candidats eux-mêmes ne comprennent pas ce qu’ils écrivent.

Comme dans cette copie fournie par René Chiche, bourrée de fautes plus énormes les unes que les autres. Par exemple le candidat ne connaît pas la différence entre « c’est » et « sait ». Ne parlons même pas des contresens et des non-sens dans les notions. Candidat qui a probablement eu son bac…

Il est acquis et acté que l’orthographe ne compte plus chez les élèves, ni même chez les étudiants.

Mais chez les professeurs ?…

Eh bien les mauvais élèves, les mauvais étudiants finissent, désarmants de gentillesse, par devenir professeurs. C’est ce que me confiait un professeur de philosophie à l’université : ils sont gentils (mais nuls). C’est déjà bien d’être gentils, dira-t-on…

Macron cherche des profs, il en manque dans les quatre mille. Alors que pour un chômeur lambda il faut traverser la rue pour avoir un job, les profs, eux, on va les chercher. En quatre jours, on peut être formé et pris. Moins que pour être serveur chez Mac Do.

Les « vrais » profs pourront être jaloux de cette formation express. Mais eux, qui ont l’agrégation ou le CAPES, ne vont pas se vanter de leur moyenne à ce concours : il y a déjà quelques années, on avait l’agrégation avec 8 de moyenne (sur 20, pas sur 10). Et maintenant ? Eh bien, cela baisse tous les ans.

Sans parler du niveau des questions posées. Par exemple à l’oral, un jeune, passant le CAPES de maths, s’est vu demander… de démontrer le théorème pratiquement indémontrable de Pierre de Fermat ?…Mais non, pas du tout. On lui a posé cette question : « Pierre vient vous voir et vous demande de l’appeler désormais Pierrette. Que lui répondez-vous ? »

On est reçu si on est politiquement correct, peu importent les compétences. On est reçu si on est dans l’idéologie dominante, woke, LGBT, anti-raciste.

Alors être exigeants sur l’orthographe des professeurs, vous plaisantez ! Ils font des fautes. Plus grosses qu’eux, parfois.

A commencer par les professeurs des écoles, les anciens instituteurs (« professeur des écoles », ça en jette.) Ils écrivent « héro », « bravourd », « le par être », « monstruausité ».

Pour ne pas être en reste, les professeurs certifiés (CAPES) ou agrégés en font autant.

Témoin cette prof qui, pour remercier ceux qui avaient soutenu plusieurs personnes dans une pétition, écrivait récemment : « je remercie les personnes qui nous ont soutenu ». Or les personnes à soutenir étaient un petit groupe, il aurait donc mieux valu écrire « soutenus »…

Que dire d’une jeune professeur(e) qui en réponse à une collègue qui lui a demandé de rappeler aux élèves d’apporter leurs affaires, écrit : « je leurs ai demandé d’apporter leurs affaires. » Elle a commencé par écrire correctement, puis prise d’un doute a ajouté un « s » au premier « leur »…

Mais que dire quand on sait qu’il y a moins de candidats qui se présentent aux concours que de postes offerts ?

On est déjà sidérés quand on s’aperçoit que les profs font des fautes. Que dire alors quand c’est le ministre de l’éducation nationale lui-même qui fait des fautes d’orthographe et qui ne connaît pas la grammaire ?…

L’ineffable Najat Vallaud-Belkacem, énarque, faisait, en tant que ministre, des fautes d’orthographe.

Ainsi, visitant une école de gendarmerie, elle les félicite pour leur « professionalisme ». Puis elle écrit « demie-journée » et parle de tache au lieu de « tâche ».

Elle a écrit aussi : « cette demande m’a parue légitime ». Or il faut écrire : « m’a paru ». Car il n’y a pas de règle de COD qui tienne ici : « m’ » est le complément d’objet indirect.

Puisque le ministre fait des fautes, testons-le par une petite dictée, a-t-on pensé. Aussi Jean-Michel Blanquer, agrégé de droit public, dans l’émission Au tableau, sur C8, a-t-il été invité à écrire au tableau le passé simple de courir. Stupeur et tremblements ! Il a écrit « je couru » et « il, elle courra » !

Blanquer avait également écrit « chers lycéennes » dans un tweet.

Xavier Darcos, autre ministre de l’éducation, agrégé de lettres classiques et élu, eh oui, à l’Académie française en 2013, interrogé par Ariane Massenet, ne savait pas conjuguer le passé antérieur du verbe naître. Le passé antérieur doit être acquis en CM2.

Darcos ne savait pas expliquer une règle de trois… Luc Chatel non plus !

Nos ministres de l’éducation nationale n’ont pas le niveau. Il faudrait les renvoyer à l’école, mais vu ce qu’elle est devenue, c’est sans espoir.

Qu’on se rassure, les autres ministres non plus n’ont pas le niveau dans leur domaine supposé de compétence, on pense à Bruno Le Maire, dont l’ignorance abyssale n’a d’équivalent que sa prétention.

« Ce sont des humains, tout le monde fait des fautes, c’est normal. » dit-on. Non ce n’est pas normal.

L’orthographe, c’est la compréhension de la langue. La langue véhicule la pensée. L’orthographe et la grammaire sont essentielles ici. On doit au moins s’efforcer de les respecter au plus près. Nos anciens y arrivaient bien, eux.

On se souvient avec émotion de ces gens que nous avons tous connus, obligés d’arrêter leurs études à douze ans, qui écrivaient à la perfection, et sans fautes.

Sans orthographe, qui comprendra ces holorimes de Marc Monnier, parfois attribués à Victor Hugo :

« Gal, amant de la reine, alla, tour magnanime,

galamment, de l’arène à la Tour Magne, à Nîmes » !

L’abandon de l’orthographe est une catastrophe dont nul ne mesure l’étendue exacte. C’est la langue française toute entière qui est menacée, et qui s’effondre avec cette ignorance des structures élémentaires de la langue. Un pays, une civilisation, c’est une langue. Sans sa langue, la France va très mal.

Exigeons des professeurs qui la respectent, (qu’ils la respectent), et virons sans pitié les ministres qui s’en moquent. C’est de la France qu’il s’agit.

Sophie Durand

 

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27 Commentaires

  1. « La grammaire est la première étape de l’art de penser. »
    Etienne Bonnot de Condillac.

    Dans votre phrase : « C’est la langue française toute entière qui est menacée… » à mon humble avis, il y a une faute…

    • D’accord, on écrit « tout ». Mais vous voudriez nous faire croire que vous ne fautez jamais pour le faire remarquer à ce point ?

      • Si cela peut vous calmer, sachez que je fais d’autant plus de fautes que je ne suis pas académicien, mais simple technicien.
        Mais lorsque on écrit un texte, fort intéressant pas ailleurs, qui critique la mauvaise maîtrise du français, il est conseillé se relire.

        • Il n’y a pas que des profs illettrés ! À la fin du siècle dernier, on échangeait sur un forum AOL avec un trentenaire se disant médecin. Incapable de construire une phrase correcte et de l’articuler à une autre, une faute d’heautograffe par mot.
          On pensait avoir affaire à un brancardier ou un garçon se salle qui aurait retenu au passage quelques mots de jargon médical, pour se faire mousser auprès des filles. 🙂
          Un grand visu comme on en faisait à l’époque, dans son patelin, nous a prouvés qu’il était bien toubib. Comme quoi…

    • c’est bien vu !… vous avez l’œil et le bon !… je n’avais pas « tilté » sur le moment mais vous avez parfaitement raison, c’est  » tout entière  » qu’il faut écrire en l’occurrence.

      • il y a une dizaine d’années, dans la région de Rouen, pas de diversité, j’ai eu l’occasion de corriger le bac, une catastrophe, en Français, orthographe, diction et mathématique, rassurez vous l’école n’a tenu aucun compte des notes qui avaient été attribuées, une moyenne de 5/20 pour 36 élèves, sauf 2 jeunes filles qui ont obtenu la moyenne, mais la direction n’a tenu aucun compte de la notation et tous les élèves ont eu le bac et depuis je constate que c’est descendu encore plus bas.

    • @Tabz
      Vous avez parfaitement raison, il y a une faute. Moi qui ai presque toujours été première en grammaire en classe, et ne fais (d’habitude) aucune faute, j’ai du mal à comprendre ce point : on peut écrire « toute » devant un h ou une consonne quand l’adjectif qui suit est féminin sinon on doit écrire « tout » car tout est ici un adverbe. Merci d’avoir relevé cette faute. Je ne vais pas ennuyer le correcteur à cette heure-ci, nous verrons combien de personnes vont voir cette erreur…

      • @Tabz
        PS : En fait j’ai du mal à envisager ici tout comme adverbe donc invariable.
        voir Bescherelle : différence entre « elles sont tout aimables » et « elles sont toutes aimables »
        il semblerait que dans la phrase « elles sont toutes aimables » tout deviennent un adverbe d’intensité donc il serait possible d’écrire toutes, pour Bescherelle…
        https://bescherelle.ca/adverbe-tout/

        • « Elles sont toutes aimables » : il s’agit soit d’un pronom indéfini dans le sens de « toutes sont aimables », soit d’un adverbe d’intensité qui ferait au singulier  » elle est tout aimable » ; l’adverbe est par principe invariable, sauf quand il écorche l’oreille, comme pour  » elle est toute déçue! » Le e muet que l’on rajoute fait une liaison plus harmonieuse. Dans le cas que vous abordez, Sophie : « elles sont toutes aimables », il semble que la règle prenne en compte le pluriel du pronom elles, dans un usage figé qui n’a pas besoin d’explication ; sauf peut-être à onsiderer qu’avec un adjectif commençant par une consonne, cela paraîtrait plus choquant de lire : « elles sont toute jolies. »

        • L’adverbe « tout » signifie « complètement » ; placé devant un adjectif féminin commençant par une voyelle, il est invariable.
          Si on écrit « elles sont tout aimables », cela signifie qu’elles sont vraiment, complètement, aimables.
          Si on écrit « elle sont toutes aimables », cela signifie que chacune d’entre elles est aimable (aucune n’est désagréable).
          Si l’adjectif commence par une consonne, « tout » s’accorde.
          La vraie difficulté, c’est lorsque l’adjectif commence par un « H » aspiré ou non…

  2. En chapeau de Riposte Laique, cette grosse faute qui crève les yeux :
    DERNIER ARTICLES.
    Au lieu de « Derniers articles »!

  3. les professeurs à Mayotte corrigeaient les copies du bac mais aucun n’était convoqué aux jurys; ainsi en 2010 75% des lycéens ont eu leur examen, comme en France, je suppose que le pourcentage doit être de 90%.

  4. Excellent! Mon grand-père a dû travailler à la vigne dès 14 ans mais il pouvait écrire des pages et des pages sans aucune faute d’orthographe ni ratures, il connaissait toutes les capitales du monde et tous les fleuves les plus importants.

    • il en allait de mème dans nos colonies : j’ai connu une tante par alliance , vietnamienne , née française d’un père naturalisé français , qui à 90 ans nous adressait encore des lettres de 3pages , d’une écriture fine et régulière , pleines d’humour , et sans aucune faute d’orthographe .Elle n’avait pourtant qu’un certificat d’études primaires , passé à 11 ans , chez les soeurs

  5. J’ai enseigné 35 ans, j’ai vu mes collègues faire des fautes à partir du début des années 2000. Quand mes élèves me disaient que l’orthographe ne sert à rien je leur montrais ceci : sot-saut-sceau-Sceaux, et terre inconnue – terrain connu. Imparable.

    • Aujourd’hui , ils ne font pas la différence entre ses, ces, sais , sait, c’est …..Ils ne savent mème plus s’ils sont males ou femelles !

  6. Je peux me tromper, mais je ne suis pas d’accord sur le signalement d’une faute à « tache ». Il convient de distingue le verbe « tâcher » (faire des efforts pour arriver à quelque chose, travailler sur une tâche) du verbe « tacher » (salir, faire une tache). Là, il semble être question du « (vin) rouge qui tache », donc sans accent.

  7. Oui ! il y a longtemps que nous en parlons…Depuis le dernier  »rappel » divers langages apparaissent. Les générations  »actuelles » les pratiquent avec bonheur et facilités. Il y a également les  »abrégés » des textes téléphoniques et….la presse. Une nouveauté pour la TV où l’on corrige en direct les incongruités de prononciations. C’est lassant. Comment sont diffusées et inculquées à nos chères têtes brunes, les bases de la GRAMMAIRE Mère de tous les savoirs, qui nous permet de nous comprendre, de parler le même langage, de lire et de partager. Y-aurait-il un  »loupé » à l’origine?
    du genre: pour le niveau des très nombreuses recrues -25/30 élèves par classe- pas besoin d’enseignants haut de gamme pour enseigner, ce qui permet de  »repêcher » les candidats malheureux » refusés avec des notes de 4 ou 5 (sur 20) . Mau.S

  8. Le papon daïe daïe n’a rien à foutre à l’éducation FRANÇAISE, à part rendre nos enfants plus cons que la moyenne, mais ce baltringue met ses chiars dans des écoles de Français bien blancs…

  9. Comme holorime, j’aime bien aussi :

    Dans cet antre, lassés de gêner au palais,
    Dansaient entrelacés, deux généraux pas laids.

  10. Bravo pour cet article ! Personnellement, c’est plustot le langage parlé qui m’épouvante…..les OUAIS, les TRUKDEDINGUE, les PRISESDETÊTE, la suppression systématique de la double négation….de la forme au pluriel (C’est mes parents, au lieu de ce sont mes…) Je ne regarde plus aucun film francais…..

  11. la nullité marocaine entièrement portée par la gauche pour arriver là où elle est (discrimination positive aidant ! ) ne retient pas l’orthographe française, ne sait pas écrire correctement, car elle n’est pas française quoique le gauchisme le dise : nommée ministre de l’éducation, on a vu les dégâts : pauvre france

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