Au bord du précipice : le grand bond en avant macronien

Publié le 4 janvier 2019 - par - 4 commentaires - 1 105 vues
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La proposition de débattre en France aurait pu avoir un sens s’il n’y avait pas cette brutale volonté, mais de plus en plus ourdie, de réprimer tout ce qui sort des clous (l’arrestation ubuesque – pendant vingt heures ! – d’un des leaders des Gilets jaunes, Éric Drouet), le tout au nom de « l’État de droit » bafoué pourtant tous les jours.

Il y a quelques années, sous Sarkozy par exemple, s’il y avait eu ces centaines d’arrestations, la gentry actuelle (appelant désormais en bonne église, à un jour sans viande et sans poisson le lundi) se serait offusquée vent debout en appelant à « l’État policier »…

Mais il faudrait sans doute en appeler à des observateurs indépendants pour prouver la dénégation permanente du sacro-saint « État de droit », bien avant le phénomène des Gilets jaunes, car lorsque l’on met en avant ce fait, les partisans de la « loi rien que la loi » mettent au défi d’y arriver.

Aussi, si nous avions des parlementaires avisés, ils iraient sur le terrain, dans les commissariats pour vérifier pourquoi telle ou telle infraction n’a pas été suivie d’effet, par exemple la casse dans les universités Paris I Tolbiac, Montpellier III, Toulouse, la violation de certaines enceintes de centrales nucléaires, le fauchage de champ de maïs, pourtant sous le contrôle de l’IRSEM, la destruction de centaine de cages d’escaliers, d’ascenseurs, les incendies de lycées, collèges, les incendies de voiture, par milliers depuis des années, les tabassages de pompiers, médecins, policiers, arbitres, alors que les caméras de surveillance foisonnent… Le soutien aux immigrés clandestins (mais le Conseil constitutionnel vient de faire jurisprudence…) Il faut désormais prendre au mot le Pouvoir, que mille Gilets du droit regroupent les infractions à la loi, impunies depuis des années et des années ou alors réduites à des « rappels à la loi » qui n’équivalent évidemment même pas aux 20 heures écopées par Drouet.

En tout cas, si le Pouvoir voulait organiser sereinement les « débats », il ne se serait pas senti obligé de suivre ainsi la loi à la lettre en arrêtant ce Gilet jaune (dont même un Dupont-Aignan aimerait, chez Bourdin le 4/01/, que l’on en parle un peu moins ou la lutte des places médiatiques) ; d’autant que pour qu’il y ait arrestation sur le champ, il faudrait un trouble réel à l’ordre public (dégradations, violences, voie de fait, flagrant délit…) bien plus tangible que le dépôt de bougies à cinquante personnes.

Les membres du gouvernement devraient donc réviser leur Droit avant de rappeler si formellement à l’ordre (car ils peuvent être attaqués en référé pour voie de fait) ; à moins que nous ayons été soudain propulsé en Chine, ce qui est possible du reste tant le Pouvoir cherche en réalité à étouffer toute expression tant que le rapport de force est en sa faveur, ce qui est dangereux, celui-ci pouvant se retourner.

Mais en ayant Bruxelles en support, le Pouvoir peut encore tenir en lâchant du lest budgétaire envers ses troupes répressives ; reste à savoir si ces dernières vont accepter d’aller déloger des mamies, de casser toute cette chaîne désormais d’amitié et de solidarité qui permet encore aux gens des ronds-points de tenir.

Le Pouvoir et ses affidés dans les médias n’ont de cesse de compter à rebours le nombre de Gilets jaunes encore en contestation (2000, 1999…) croyant ainsi faire disparaître le malaise en agissant sur les seuls symptômes, on se croit revenu dans les années 1970 (Overney…).

Certes, ils affirment, paradoxalement, que le fond n’est pas « du tout » oublié, du moins si l’on ne veut pas seulement noircir le tableau. On parle ainsi de » référendum à choix multiples » permettant de réduire ici le nombre de parlementaires, d’augmenter là la proportionnelle, de permettre ici et là quelques référendums locaux ; sauf que tout cela semble bien relever de la fameuse cosmétique si n’est pas, déjà, mis à plat la revendication première : une réelle transparence fiscale avec diminution réelle de certaines taxes ; elle permettrait de  de comprendre pourquoi moins de la moitié des foyers fiscaux payent l’impôt, pourquoi à trente euros près des aides possibles sont brusquement hors d’atteinte, pourquoi l’argent prélevé va plutôt ici et pas là, pourquoi les aides aux entreprises existent-elles de façon si iniquement inégalitaire.

Tout cela impliquerait évidemment un réel traçage des fonds, un contrôle démocratique qui ne doit pas concerner uniquement les parlementaires. Donc une réforme constitutionnelle s’avèrerait nécessaire pour rendre aussi non seulement public tout cela, mais permettre également des inflexions tout le long de la législature, en faisant en sorte via des référendums que l’on augmente le budget ici, tout en le baissant en fin de compte là ; soit un panachage de démocratie représentative et de démocratie directe, comme en Suisse, en Italie, et dans les pays scandinaves.

Ainsi certaines prisons sont dans un état déplorable, comme si la non-détention devenait une priorité ; le prétexte fallacieux pour certaines ONG étant que plus on en construirait plus y aurait de détenus, et comme la prison serait un accélérateur de crimes selon elles (ce qui est faux, la prison ne faisant que reproduire ce qui existe déjà) il vaudrait mieux en avoir moins ; comme si le droit à la sanction visant à réparer le tort envers la victime ET la société était devenu pratiquement illégitime (voilà la vraie violation de l’État de droit) ; de même, certaines universités sont à la fois empêchées de grandir tout en étant ponctionnées dans leur surplus, alors que d’autres universités sont laissées à l’abandon ; tandis que des sommes considérables sont toujours débloquées pour tel ou tel établissement pourtant bien tenu par les franges les plus anti-État de droit au possible (comme certaines ENS) sans parler de projets aux visées pas très claires ou inutiles (le rapport annuel de la Cour des comptes en regorge) ne parlons pas des sommes allouées aux éoliennes alors que celles-ci sont complètement dépassées technologiquement et très polluantes dans leur fabrication.

On le voit, et alors que la société française s’est remise en « marche » le Pouvoir au lieu d’en être content, musèle, boucle, rétrécit les périmètres de discussion, ne serait-ce que sur la place de l’immigration qui sert souvent pour le clientélisme économique et électoral (aux USA c’est flagrant).

Et aussi sur la place de l’avortement, quasi obligatoire de fait dans certains endroits alors que tant de couples aimeraient adopter ; pourquoi également ne pas prendre aussi en charge ces jeunes femmes qui aimeraient garder l’enfant mais n’en n’ont pas les moyens ? Est-ce vraiment être « ultra conservateur » que de préférer des solutions de vie alors que certains se battent pour sauver les animaux et les légaliser les mineurs migrants ?…

Tout peut être discuté, à la loyale, sans anathème a priori, mais le Pouvoir et ses relais climatiques en est-il capable ? On peut en douter.

Lucien Samir Oulahbib

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Notifiez de
meulien

la position de macron,me rappelle celle de gaulle vis a vis des francais d’algerie. Celui ci,aussi refusa de les entendre.Cela commenca par des cailloux contre les CRS,puis ce fut des paves (24 /1/60),et se termina au 11/43,a partir de 1960

UltraLucide

En faisant semblant de proposer un débat, notre Maokron en est aux Cent Fleurs. Ensuite il nous imposera la Révolution Kulturelle InterNational-Socialiste.
Ca s’appelle du « progressisme », comme on dit chez ceux d’En Marche pour la Grande Marche. Bref, la liberté a comme vous le dites tout à craindre de ces cinglés qui malheureusement ont le pouvoir.

DUFAITREZ

Un seul commentaire ? Je ne peux pas le laisser seul…

patphil

cet article me fait penser à une bd dans laquelle les autorités chinoises demandaient à leur troupe d’avancer, ils ne voyaient pas le précipice…