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Au lieu de verser des larmes sur les Rohingyas, si on pensait aux Français ?

Décidément, le sort des Rohingyas est devenu le principal souci de l’ONU et des chancelleries occidentales, mais aussi des pays musulmans. Résumons.

Exit la guerre en Syrie et en Irak, place à la minorité musulmane de Birmanie dans les médias.

L’acharnement planétaire contre Aung Sang Suu Kyi, chef du gouvernement birman et prix Nobel de la paix, tourne à l’hystérie collective et fait dans la démesure, au mépris de toute objectivité.

Dans ce climat particulièrement nerveux et agité, la “Dame de Rangoon” a donc eu parfaitement raison d’annuler sa visite à l’Assemblée générale des Nations Unies, prévue la semaine prochaine à New-York.

Elle y aurait subi un procès planétaire.

En effet, l’icône de la résistance démocratique face à la junte militaire birmane, laquelle a régné sur le pays pendant 50 ans, subit un déluge de critiques venues du monde entier, l’accusant de rester passive face aux représailles que mène l’armée contre la minorité des Rohingyas.

Seule la Chine défend celle qui fut l’idole des démocraties occidentales pendant les décennies de son combat contre le totalitarisme.

Il est donc regrettable de constater qu’à peine sortie d’une dictature qui durait depuis l’indépendance, cette jeune démocratie soit déjà dans le collimateur des bien-pensants.

Encore un effort et ce sera le retour à la dictature, dans le giron de la Chine.

On accuse le régime de nettoyage ethnique, de génocide, alors qu’aucun journaliste, ni aucune commission d’enquête de l’ONU, n’a pu se rendre sur place pour évaluer la situation.

Ce que ne veulent pas comprendre les Occidentaux c’est que pour les généraux birmans, véritables détenteurs du pouvoir, ainsi que pour la population, bouddhiste à 95%, “les Rohingyas ne font pas partie de l’histoire du pays”.

Arrivés pour la plupart du Bangladesh au XIXe siècle, ces immigrés musulmans n’ont jamais obtenu la nationalité birmane.

Ils sont même considérés comme des traîtres pour avoir servi dans l’armée anglaise contre les indépendantistes birmans.

Et depuis les attaques sanglantes menées par les rebelles rohingyas contre des postes de l’armée et de la police, c’est une répression contre des terroristes que mène Nay Pyi Taw, la nouvelle capitale du pays.

Accusation de terrorisme d’autant plus justifiée qu’Al-Qaïda menace le gouvernement birman de représailles :

“Le traitement barbare infligé à nos frères musulmans ne restera pas impuni.”

“Selon une source onusienne, des camps d’entraînement prépareraient le retour de combattants rohingyas en Birmanie. Mais sans preuves pour le moment.”

La question majeure est donc la suivante :

Dans quel camp se placera l’Occident ? Celui de la démocratie birmane ou celui d’Al-Qaïda ?  Occident et Al-Qaïda même combat contre les Bouddhistes birmans ? Un peu de sérieux !

Le spectacle de cet Occident larmoyant, volant au secours de telle ou telle minorité, devient de plus en plus insupportable alors qu’il reste impassible devant le massacre des chrétiens d’Orient, lesquels ont pratiquement disparu de la région qui fut le berceau de la chrétienté.

Et on apprend ce jour que le Quai d’Orsay vient d’accuser Moscou de violer les droits des Tatars en Crimée ! Quelques sanglots de plus…

Je n’ai rien contre les Tatars, pas plus que contre les Pygmées de Centrafrique, les Papous de Nouvelle-Guinée ou les Esquimaux d’Alaska, mais il y a tant de Français qui souffrent et vivent dans la peur quotidienne dans leur propre pays.

Pensons d’abord aux Français dans la détresse avant de penser aux Tatars !

L’invasion migratoire a détruit le bien-être de millions de Français qui subissent de plein fouet le choc des cultures au quotidien.

La société multiculturelle ce n’est pas le paradis sur terre, contrairement à ce qu’affirment nos dirigeants, bien à l’abri dans leurs beaux quartiers quadrillés par les CRS et les escadrons de gendarmes mobiles.

C’est aussi la transformation des cités jadis fleuries et souriantes, en zones de non-droit, où les caïds et les barbus imposent leur propre loi puisque le gouvernement refuse d’y envoyer les forces de l’ordre pour y restaurer la loi républicaine.

Des quartiers où la drogue omniprésente côtoie les voiles et les djellabas, où les cafés sont interdits aux femmes, où les habitants subissent les menaces et les violences des dealers.

Des quartiers où les filles risquent de subir la barbarie des viols en tournante, où la burqa a remplacé la mini-jupe et les décolletés, où les femmes, mais aussi les hommes, quand ils sont Gaulois, tremblent en sortant de chez eux.

Des quartiers où les boucheries et les charcuteries, les petits bistrots animés où on tapait la belote, ont cédé la place aux boutiques halal et aux cafés arabes.

Pour ces millions de malheureux Français qui n’ont pas les moyens de fuir, c’est  l’enfer permanent, la peur au ventre dès qu’on se lève, un enfer souvent dénoncé mais que les autorités refusent de reconnaître par lâcheté.

Des millions de Français sont devenus indésirables dans leur propre pays, là où ils sont nés, ainsi que leurs parents, et d’où les nouveaux venus veulent les chasser à jamais. C’est cela la réalité du vivre-ensemble, du multiculturalisme et de la tolérance à sens unique.

Dans nos banlieues, qui étaient des havres de paix à la fin des Trente Glorieuses, avec des cités flambant neuves, où logeaient en toute harmonie des Gaulois, des Italiens, des Espagnols ou des Portugais, les natifs sont devenus des étrangers.

Alors, au lieu de verser des larmes sur les Tatars ou les Rohingyas, les autorités feraient mieux  d’aller secourir les Français modestes de nos banlieues, qu’elles ont lâchement abandonnés et trahis, en leur vantant les bienfaits de la société multiculturelle.

Car si le sort des Tatars et des Rohingyas m’importe peu, celui des Français, qui sont les premières victimes de l’immigration-invasion, devient insupportable.

Jacques Guillemain