Aubry découvre que Lasfar n’a plus besoin d’elle

Il se passe à Lille quelque chose de très intéressant : invitée par le citoyen Amar Lasfar, recteur de la mosquée, Madame Aubry a snobé un pow-pow islamique auquel doivent participer quelques tenants de la suprématie coranique sur le reste du monde.

Leurs noms? On s’en fout comme de leur premier clone. Leur discours? On le connait, il pue. Leur aisance à contourner la règle démocratique de la France? On s’en indigne depuis longtemps malgré Stéphane Hessel. Sans grand résultat jusqu’à ce nez-pincé de la grande prêtresse des Morales Obligatoires et Injonctions Péremptoires dans le nord du pays.

Le fait mérite d’être signalé. Monsieur Lasfar, au terme d’un discours antérieur, s’est félicité que la « greffe » musulmane ait pris au pays de Diderot. Sûr de lui et dominateur. Sa marraine un peu contrariée lui signifiant qu’il va un peu vite en besogne, le voilà qui se dresse sur ses ergots pour lui rétorquer qu’il n’en n’ira pas aussi facilement qu’elle le croit. Personne en vérité ne lui dictera sa conduite et, foi de Croyant, on invitera qui on veut à la grand-messe de la charia version moules-frites. Non mais!

L’affaire en elle-même serait simplement risible si cet assaut de vipérines civilités ne dissimulait un état des lieux autorisant le barbu à imposer sa vision des choses. Le Nord au sens large, Belgique comprise, est un laboratoire où se met en oeuvre, après quatre décennies de préparation, le remplacement de population largement décrypté par quelques lucides. Dont nous, à Riposte Laïque.

Alors, Monsieur Lasfar montre sa force. Quarante ans de gabegie républicaine lui ont sculpté le trône du haut duquel il peut se permettre, vassal ayant constitué son ost, de défier aujourd’hui le souverain. Face à lui, le marécage d’où sortent quelques fantômes inquiets de devoir subir. Il fallait bien que vînt leur tour, et les voilà qui tout-à-coup s’insurgent, quand leurs administrés se confrontent quotidiennement avec la réalité sociale. Les Princes repirant le remugle du peuple, acceptant soudain de laisser leurs précieuses narines s’en pénétrer, c’est du frais.

Madame Aubry s’aperçoit qu’elle s’est mis autour du cou un collier de chenilles processionnaires. Tous ceux qui ont subi l’hommage de ces bestioles savent à quel point c’est urticant, désagréable, même s’il s’agit uniquement des particules qu’elles répandent dans l’atmosphère, sous les pins maritimes. La voir soudain battre des mains pour s’en débarrasser comme on le fait d’un insecte saoûlé à la bière est en fin de compte assez réjouissant. Et glaçant.

Comme sont réjouissantes, et glaçantes en même temps, les invectives de la volaille médiatique à l’endroit de Monsieur Laurent Obertone, coupable d’avoir démontré que la France est devenue la proie de la violence banalisée. Pulvériser les faiseurs de littérature soigneusement agencés en classements pipés, ce par la simple magie d’un texte lumineux, va contre la chasse en meute qui prétend forcer le rétif comme on le fait d’un cerf. La bête donne cette fois du bois et les chiens numérotent leurs abatis. Il y a une morale en Histoire.

Tout se tient dans cette affaire. Longtemps tenu à l’écart de ses arcanes, le peuple signale sa présence au souper du Roi lequel, levant un sourcil, s’aperçoit que les invités à ses agapes commencent pour de bon à en contester le menu. L’agitation soudaine des faisans de la basse-cour médiatique est à ce titre le révélateur d’une panique dont on souhaite qu’elle ne s’éteigne pas à l’heure où, d’ordinaire, les valets soufflent les chandelles.

Alain Dubos

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