Augustin Legrand et le PS, fossoyeurs de la loi de 1905, et assassins de la mémoire de Jaurès !

Publié le 3 mai 2010 - par
Traduire la page en :

La loi de 1905 en première ligne

La loi de 1905, loi de séparation des Eglises et de l’Etat est, avec la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, le pilier central de notre République Française.

Elle se trouve aujourd’hui en première ligne dans la guerre qui est menée pour sa destruction par des forces conservatrices réactionnaires et religieuses.

Au-delà des manœuvres de détournement que sont l’utilisation des baux emphytéotiques symboliques le financement de centres culturels religieux ou les menus de substitution au porc dans les cantines publiques, des offensives directes sont dirigées contre la lettre même de la loi.

C’est Jaurès qu’on assassine

La loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 – rappel-

Article 1er : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

Art 2 La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes…

Cet article 2 a été au centre des discussions à la Chambre des Députés lors du débat parlementaire..C’est qu’il interdit notamment l’utilisation des fonds publics à des fins religieuses. Les députés de droite ont mis en avant tous les arguments possibles pour que soit maintenu le budget des cultes, et notamment celui faisant appel à la commisération.

Ecoutons M Delafosse , député du calvados, à l’appui de l’ amendement qu’il présente : « il n’y a pas de liberté là où le culte ne peut être célébré pour quelque cause que ce soit, et s’il arrive que des régions ou des communes trop pauvres pour en assurer la célébration, je prétends que le respect de la liberté de conscience vous fait un devoir d’y pourvoir aux frais de l’Etat. » Son amendement sera repoussé par 339 voix contre 231.

Il n’était pas question de faire une exception à l’application de l’article 2. C’était évident pour Jean Jaurès ardent défenseur du projet de loi Briand à la Chambre en même temps que membre fondateur en ce mois d’avril 1905 du parti socialiste unifié sous l’appellation de S.F.I.O.
Et voilà que, lors de l’émission « l’objet du scandale » 7 avril 2010, avec Martine Le Pen et Augustin Legrand, monsieur Mahmoud Doua, imam de Cenon proche de Bordeaux nous expliqua que :« la construction d’une mosquée n’est pas une revendication religieuse, c’est un droit….Jaurès disait –citation présumée de Jaurès-« s’il y a contradiction entre l’article 1 et l’article 2 de la loi de 1905, c’est l’article 1 qui l’emporte » – fin de citation présumée.

Ainsi pour ce religieux musulman l’Etat doit financer la construction de lieux de culte, même que c’est Jaurès qui l’a dit, d’une certaine manière!
On avait déjà eu la demande de moratoire pour 10 ans de la loi de 1905 présenté par le Recteur de la Mosquée de Paris.

Mais là, invoquer l’appui de « Jaurès » en faveur de quelque chose qu’il a radicalement combattu, c’est inattendu et particulièrement gonflé. Ce Monsieur est prêt à tous les bluffs pour le service de sa paroisse. Cela dit, on peut considérer que c’est compréhensible, après tout les religieux nous en servent de plus énormes, genre l’existence des anges ou des génis, de la maternité virginale ou du déluge.

En revanche l’intervention de Monsieur Legrand l’est beaucoup moins. En substance, il nous a expliqué qu’il y avait 38000 églises et 2000 mosquées, qu’il fallait donc construire davantage de mosquées, mais qu’il ne fallait pas laisser leur financement aux mains de l’Arabie Saoudite salafiste, extrémiste, et qu’il fallait donc aller dans le sens de ce que souhaitait Monsieur Mahmoud Doua ?

Monsieur Legrand est militant à Europe Ecologie, il a été élu lors des dernières élections régionales sur une liste d « Union de la gauche » menée par le Parti Socialiste, parti qui se présente quelque part comme le continuateur du parti de Jaurès.- On notera qu’il existe une fondation Jean Jaurès créée et présidée par Pierre Mauroy.-
Mais aucune réaction à ce nouvel assassinat de Jaurès.
Le comble : c’est Marine Le Pen qui défendit la loi et la laïcité !

La grossière analyse de la loi par les députés du PS

PROPOSITION DE LOI

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 7 février 2008
visant à promouvoir la laïcité dans la République

PRÉSENTÉE PAR MM. Jean GLAVANY, Yves DURAND, Jean-Marc AYRAULT, François HOLLANDE, Gérard CHARASSE, Christian BATAILLE, …

« L’article 11…
La loi de 1905 précise que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », c’est-à-dire, concrètement, que tous les cultes doivent être placés sur un plan d’égalité. Or, tel n’est pas le cas. Dans de nombreux domaines, les cultes et les humanismes athée et agnostique ne sont pas représentés de la même façon au sein des services publics.

L’article 12 propose que soit généralisée, en particulier dans les hôpitaux et les prisons, la présence de lieux permettant la reconnaissance et l’exercice de l’ensemble des opinions philosophiques et religieuses.

L’article 13 met en œuvre la même disposition pour l’armée… »
« c’est-à-dire que tous les cultes doivent être placés sur un plan d’égalité »
Non, la loi ne dit pas cela. Elle dit que l’Etat ne reconnaît aucun culte. Ils sont de fait, et c’est le cas aux yeux de l’Etat, à égalité.
Mais cette déformation introduit la nécessaire « reconnaissance » de tous !

Ce projet de loi permet ainsi à la République qui ne reconnaît aucun culte selon la loi de 1905, de les reconnaître tous, donc de détruire la loi de 1905
Bravo les continuateurs de Jaurès.

Jean Théron

Print Friendly, PDF & Email

Riposte Laïque vous offre la possibilité de réagir à ses articles sur une période de 7 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires injurieux ou diffamants envers les auteurs d'articles ou les autres commentateurs.
  • La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de langage ordurier ou scatologique, y compris dans les pseudos
  • Pas de commentaires en majuscules uniquement.
  • Il est rappelé que le contenu d'un commentaire peut engager la responsabilité civile ou pénale de son auteur

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi