Australie : la diversité ne serait donc pas toujours une richesse ?

Publié le 20 juin 2017 - par - 18 commentaires - 2 001 vues
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Dans la réjouissante perspective d’avenir « en marche » (code du travail, immigration, etc.) qui est la nôtre, et tandis que le peuple français vient d’élire joyeusement une véritable « Chambre introuvable » au service de notre PS (Président Surdoué), le site Internet de France-tv-Info – pourtant un des fleurons de notre médiacratie triomphante – a récemment publié (sans doute par mégarde) un article qui a fait naître en moi une sourde inquiétude (1).

De quoi s’agit-il ? Eh bien, l’Australie s’apprête à ériger une monstrueuse clôture pour isoler, dans le centre du pays, un territoire de 69 000 hectares, dans le but d’en faire un refuge pour les nombreuses espèces locales, en particulier marsupiales, qui ont été décimées par les chats introduits d’Europe depuis le XVIIIe siècle. On sait en effet que ces charmants animaux de compagnie, arrivés en Australie avec les vilains colonisateurs Blancs mais y ayant apporté par ailleurs un peu de cette biodiversité dont les bienfaits ne se discutent pas, sont en partie redevenus sauvages – le droit à la liberté ne se discutant pas non plus. L’ennui est qu’ils ont un petit peu boulotté toutes les proies qui leur tombaient sous la patte, proies sans défense car n’ayant jamais connu de tels prédateurs au cours de leur évolution. Ils ont ainsi fait disparaître, ou presque, maintes espèces indigènes, réduisant ainsi cette fameuse biodiversité que, par leur présence, ils avaient initialement contribué à accroître… c’est ballot !

Pour autant, est-ce bien moral de pratiquer cette discrimination spéciste qui consiste à isoler un territoire pour en interdire l’accès aux chats, c’est-à-dire à une espèce particulière dont le seul tort est d’être issue de l’immigration ? N’oublions pas en effet que les chats, dans leur très grande majorité, ne sont pas violents : ce sont de gentils minous qui vivent bien sagement avec leurs propriétaires et ne font aucun mal. Seuls quelques-uns ont pris la clé des champs, sans doute parce qu’ils se trouvaient mal dans la société humaine – c’est évidemment cette dernière qui est responsable. Et s’ils ont alors modifié leurs coutumes alimentaires, c’est parce que, dans l’outback australien, on trouve plus facilement des petits marsupiaux que de la pâtée en boîte, ce n’est quand même pas de leur faute…

Et ce n’est pas tout : lorsque cette immense clôture (la « clôture de la honte », pourrait-on dire) sera achevée, tous les chats qui seront trouvés à l’intérieur seront capturés et… tués – oui, vous me lisez bien, sauvagement assassinés. Alors que la moindre humanité voudrait que ces pauvres animaux soient doucement ramenés à la vie domestique dans des établissements spécialisés, comment dire… des centres de « déradicalisation », en quelque sorte… Au lieu de cela, on s’apprête à commettre sur ces chats un massacre quasi génocidaire, comme si leur espèce, en Australie, avait tort d’exister, comme si elle n’eût jamais dû être introduite dans ce pays, comme si elle y constituait la diversité de trop…

Et de là vient une soudaine angoisse : La diversité ne serait donc pas toujours une richesse ?… Comme disait l’autre : « On m’aurait menti ? »

Cela n’est évidemment pas possible. La diversité, en toutes choses, ne peut être qu’intrinsèquement bonne : c’est un axiome indispensable à ce bel humanisme politiquement correct au nom duquel, dans nos pays d’Europe occidentale, on justifie la libre circulation des « réfugiés » et la condamnation de tout patriotisme intempestif. Dans ces pays, seuls quelques esprits pervers, sur des sites Internet mal famés, ont encore l’outrecuidance d’insinuer que la diversité pourrait, au delà de certains seuils, ne pas être souhaitable (2).

En Australie en revanche, non seulement on détruit sans pitié, dans la nature, des animaux allogènes (chiens, chats, lapins et dromadaires devenus sauvages) sous prétexte qu’ils seraient nuisibles, mais le gouvernement a également pris des mesures drastiques contre l’immigration humaine. En effet, l’attribution de visas étant sévèrement réglementée, des migrants illégaux en provenance de nombreux pays (Syrie, Irak, Iran, Somalie, etc.) ont tenté, via l’Indonésie, de gagner les côtes australiennes dans des bateaux de fortune. Lorsque ceux-ci ont été repérés, ils ont été repoussés en mer ; quant aux migrants ayant réussi à pénétrer en Australie, ils ont été recherchés et capturés, puis placés dans des camps de rétention en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour être ultérieurement renvoyés chez eux ou dans des pays tiers avec interdiction à vie de revenir en Australie.

Cette politique a été efficace, l’immigration illégale ayant été considérablement réduite. Mais fort heureusement, des associations telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch, qui sont à la pointe du combat pour la défense de nos valeurs humanistes, font de leur mieux pour dénoncer cette intolérable entrave à la diversité. L’Australie pourrait même, pourquoi pas, faire l’objet de sanctions internationales… Car disons-le tout net : tout se passe comme si les Australiens, échaudés par les petits problèmes écologiques liés aux espèces dites invasives, considéraient que l’immigration excessive de certaines ethnies allogènes (ayant par exemple certaines conceptions un peu particulières au sujet de la tolérance religieuse ou du droit des femmes) pourrait nuire à la paix civile, de la même façon que l’introduction de chats originaires d’Europe aurait été nuisible aux petits marsupiaux indigènes… bref, tout se passe comme si, pour les Australiens, la diversité n’était pas toujours une richesse !

C’est évidemment inadmissible : comme nous l’avons dit, la diversité ne saurait être qu’intrinsèquement bonne. Le seul problème, ce n’est pas la diversité, c’est l’égoïsme de l’homme Blanc, et en particulier des vilains colonisateurs et de leur descendance. Tout le monde sait en effet que les petites difficultés peuvent se résoudre : il suffirait par exemple de supprimer la police (dont la violence est bien connue) et d’élargir les trottoirs pour éviter les menues incivilités – celles-ci seraient d’ailleurs très tolérables si elles ne faisaient pas le jeu du Front National… De même, dans notre exemple des chats dans l’outback australien, la solution évidente pour assurer leur vivre ensemble avec les autres espèces consisterait à installer, un peu partout dans la nature, des distributeurs de pâtée. Et ces solutions simples ne coûteraient rien, puisqu’elles seraient financées par l’État…

L’objection à la diversité, on le voit, n’est donc rien d’autre qu’une phobie pathologique qu’essaient de diffuser les ignobles fachos d’extrême drouâte. Il est à espérer que ce ne sera bientôt plus considéré comme une opinion, mais comme un délit.

Jean-Marie Blanc

(Juin 2017)

  1. http://www.francetvinfo.fr/animaux/australie-une-immense-cloture-contre-les-chats-sauvages-dressee-pour-proteger-des-especes-menacees_2235379.html
  2. On pourra par exemple lire (ou relire) : http://ripostelaique.com/de-la-diversite-culturelle-7-les-dogmes-de-lantiracisme-et-de-la-diversite-ou-comment-une-culture-sautodetruit.html
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Notifiez de
fran

Clamp

Bien joué ; l’analogie est très opportune, et pour tout dire parfaitement justifiée. Seule petit bémol, postuler d’entrée que la tolérance aux espèces invasives constituent un soutien à la diversité. Tous les zoologues du monde savent que les espèces invasives sont une terribles menaces pour la biodiversité. Ce que l’article met remarquablement bien en évidence, c’est qu’il en va de même pour les humains. D’ailleurs, pour pousser l’alerte un cran plus loin, il n’y a pas de population au monde ailleurs qu’en Europe – au sens ethnique donc avec extensions – où on trouve une telle diversité des visages :… lire la suite

Kâla

Excellent. Vraiment très drôle et très bien écrit ! Merci.

Pivoine

L’arrivée des Européens en Australie a causé de nombreux dégâts : déboisement, extermination d’animaux (tel le tigre de Tasmanie)… Pareil pour l’île de Madagascar, avec l’arrivée des Indonésiens et Africains : presque plus de forêts, et bcp moins d’animaux… Sans parler des Amériques… Partout où des humains s’installent, ils bouleversent l’équilibre naturel.

gilbert

alors, il ne reste que le suicide collectif du genre humain, à l’image du temple solaire!!!, pour Madagascar, je relativiserais puisque cette désertification vient en grande partie de l’indépendance et de son joyeux concert de profiteurs, avant l’île était autosuffisante, aujourd’hui, il y a des famines, donc les gens mangent tout ce qui est consommable

boudry

GILBERT
Attendons un peu et comme les cannibales,ils se  » boufferont  » entre eux !!!

boudry

PIVOINE
Le tigre n’a rien à faire en Australie puisqu’il est Tasmanien !!!! ( LOL )
Et les mus n’ont rien à faire d’autre que de rester chez eux ,ou dans le 57 pays mus…

pin

Bravo pour ce très bel article, mais seuls les gens qui savent lire y auront accès. Les autistes ne peuvent rien comprendre à votre brillant exposé, qu’ils prendront pour du charabia (langue venue de Charabie)

Denis F

Rassurez-vous, même si on le leur lisait, pour pallier les carences voulues par le système, ils n’y comprendraient guère davantage!
Cela dit, est-ce vraiment de l’humour?…
Dans un tout autre domaine, pensez-vous que « La ferme des animaux » (George Orwell), que j’adorais relire en Socialie, puisse être relue encore et encore en Micronie aussi, svp?

Auguste

Bravo pour l’humour décapant de cet article. N’oublions pas que l’homme blanc en Australie, est une espèce importée.

gilbert

un humour certes mais un humour réaliste et qui décrit bien ce que vivent les peuples Européens entre autres!!!

boudry

GILBERT
Sauf que pour contrôler et éviter la surpopulation des chats,on les stérilise !!!!!

henri

ne vous appitoyez pas sur ces petits minets, ce sont de veritables tueurs, nevous approchez pas d’eux pour les caresser, ce sont de veritables panthers qui se jetteraient sur vous pour vous lasserer le visage etcrever les yeux, j’en ai eut dans mon jardin, nés sous des buissons, je ne risquait pas de m’en approcher, ces felins deciment totalement certaines especes natives comme les bandicots etc..le gouvt fait bien de les decimer

boudry

HENRI
C’est pourtant bien plus facile de rendre sociable un chat sauvage qu’un envahisseur obtus et parasite !!!

Olivia

J’adore les chats et votre conclusion me révolte dans la mesure où votre pensée s’aligne sur celle des dirigeants de tous les continents : ils choisissent la « solution finale » plutôt que le respect du vivant ! Et pour l’Australie c’est encore pire qu’ailleurs… Je suis effrayée par la violence extrême de certains de leurs citoyens, notamment à l’égard de l’animal emblématique du pays : le kangourou ! Là aussi, ils trouvent qu’il y en a trop et massacrent sans fin… Changer d’option servirait d’exemple aux générations futures et aux barbares…

Massilia

A quand une grande zone pour protéger le patriote en voie d’extinction

grougnach

D’ACCORD Massilia; ça serait bien aussi que les chats (que j’adore) se nourrissent de muzz !!!

Myriam

Super humour et franche rigolade!