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Jacqueline Sauvage : responsabilité, ma soeur

Anne Zelensky, présidente de la Ligue du Droit des Femmes, est demeurée une amie de Riposte Laïque. Elle fit partie de l’équipe de base, contribua durant des années à la réussite de notre site. Elle a choisi de s’éloigner de l’écriture, et de notre site, il y a quelques années. Des contributeurs de Riposte Laïque, comme Pierre Cassen, Pascal Hilout et Christine Tasin, entretiennent un contact régulier avec elle. Nous sommes donc ravis de proposer à nos lecteurs cet article qu’elle a écrit, pour le journal Causeur, au sujet de l’affaire Jacqueline Sauvage.

http://www.causeur.fr/sauvage-hollande-feminisme-grace-victime-41959.html

Manifestation place de la Bastille à Paris pour demander la grâce de Jacqueline Sauvage, janvier 2016. SIPA. 00739153_000001

Jacqueline Sauvage est certes victime, mais aussi responsable. La justice l’a condamnée, le prince l’a graciée. Mais cette grâce ne l’exonère pas de sa responsabilité. Du statut de paria, la femme battue accèderait ainsi à une quasi sainteté. Je ne partage pas la liesse de tout un secteur de l’opinion qui célèbre sa grâce. Et pourtant, je fais partie de ces féministes «historiques» qui ont fondé le premier refuge pour femmes battues en 1978 en France, le centre Flora Tristan, situé en ces années à Clichy-sous-Bois. Notre propos était double : désigner une violence impunie, et offrir une alternative aux femmes  et enfants battus. Notre slogan était «S’en sortir». Dix ans plus tard, j’ai participé à la création de l’association SOS Hommes et Violences en Privé, qui allait ouvrir le premier lieu d’accueil des hommes qui battent leurs femmes. Il fallait boucler la boucle : on ne traite pas les victimes en ignorant les agresseurs. Mes collègues féministes, le nez sur le guidon victimaire, ont alors crié au scandale. Comment osais-je m’occuper des «bourreaux» ?

Or, il y avait une logique dans ma démarche : la violence est une partition qui se joue à plusieurs. Au-delà des deux solistes, il y a tout l’orchestre qui joue le tempo ancestral du «bats ta femme…». Alors, désigner la victime est déjà un pas considérable que nous avons franchi dans les années 1970. Mais impossible de camper ad vitam aeternam là-dessus. Il fallait continuer sur cette lancée d’interpellation de la violence domestique en braquant le projecteur sur l’homme. Considérer les deux partis est une démarche véritablement féministe, s’en tenir à l’une d’elle relève de la seule victimisation.

Le féminisme, en stagnation

Jacqueline Sauvage nous y renvoie. Tout se passe comme si sa responsabilité  était à nouveau évacuée. Les juges  avaient  tenu compte de cette responsabilité en la condamnant, fut-ce excessivement.  N’est-elle pas en effet responsable d’avoir supporté tant d’années ces violences atroces, et surtout de les avoir laissé subir à ses enfants ? Peu importe les raisons qu’elle ait eu de rester. Il y en avait encore plus pour partir. Il y a en France désormais, des dizaines de refuges pour femmes et enfants victimes de violence.

Le cas de Jacqueline Sauvage nous met face au basculement qui doit maintenant s’opérer. Après avoir utilement désigné les femmes comme victimes, le féminisme doit les inviter à la responsabilité. Si j’accepte d’être pour quelque chose dans ce qui m’arrive,  je peux avoir une prise dessus. Les féministes en place continuent à maintenir les femmes dans leur statut de victimes, tout comme la gauche dédouane les immigrés de toute « faute ». Au maternalisme des unes, répond le néo-colonialisme des autres. Les néo-féministes cumulant les deux.

Le féminisme est aujourd’hui en phase de stagnation. Enfant frileux et anémique  des années 1970,  il est bloqué sur le ressassement des slogans de ce temps-là. Assaisonnée de l’incontournable sauce antiraciste qui  dénature  la saveur si forte et originale du festin de Babette, concocté par des générations d’amazones.  Les néo féministes nous servent un brouet insipide qui désole nos papilles nostalgiques. Quel est donc ce mal qui tel un phylloxéra ravageur, ronge l’arbre tout entier ? Quel est ce mal qui a coupé le sifflet créateur du féminisme ? Sans doute l’air du temps qui n’est pas à l’invention. Mais surtout le bel envol des années 1970 s’est écrasé sur le mur des réalités. Et nos féministes de se réfugier dans le giron paternaliste des politiques labellisées. Gauche ou droite, il faut choisir son camp. Et les poncifs qui vont avec…

L’égalité oui, mais quoi faire ?

Gare aux chevauchements suspects. On a vite fait de vous expédier au goulag de la pensée incorrecte. Alors ça donne à peu près ce qui suit. A gauche, pour ces dames, la priorité c’est l’étranger. L’homme étranger, pas la femme qui va avec.  En effet, chez lui, là-bas, l’homme immigré exploite, marie de force, excise… Mais ces dames ferment les yeux là-dessus. Par contre pas touche à mon migrant, à l’occasion violeur ou agresseur, ça fait le jeu du Front national. Et puis ce n’est pas sa faute, il est en manque sexuel. Cela me rappelle les petits gars de la Gauche prolétarienne qui recommandaient à leurs copines en 1970 de soulager la misère sexuelle des immigrés. Elles se sont retrouvées au MLF. Pour nos féministes de gauche, le mal absolu, c’est le mâle blanc.

A droite, à l’inverse, tout le mal viendrait de l’islam qui nous tire en arrière tous voiles dehors. Nous aurions ici conquis tous les droits. Reste à les appliquer. De ce côté, on plaint beaucoup le mâle blanc, le pauvre,  malmené par 50 ans de féminisme.

Pour nous résumer, à droite comme à gauche,  on materne. Le vent est à la déresponsabilisation.  Selon le camp, ce seront les femmes toujours victimes. Ou les hommes, suivant le côté de la Méditerranée  où on se place.

Le féminisme doit revisiter les thèmes anti-sexistes et les replacer dans une vision d’ensemble. L’égalité oui, mais quoi faire ? Pour en rester là ? Ou bien pour, femmes et hommes mis à niveau, s’engager ensemble dans la refondation d’un monde où la domination ne ferait plus loi. « Ce qui libère la femme libère aussi l’homme », écrivait Simone de Beauvoir.

Cela implique que les hommes aussi se responsabilisent, et réfléchissent au rôle qui leur est imparti. Ni Superman ni lavette. Tout simplement compagnons des femmes  sur le chemin de la rude condition humaine.

Anne Zelensky




Assises sur la liberté d'expression : Gardarem lou Gardères

fesseeAh ! la belle unanimité contre Gardères ! C’est trop beau pour ne pas être suspect. Même Josiane Filio, qu’il a pourtant bien sortie d’affaire, sous prétexte de le défendre l’enfonce : sale gamin qui mérite bien la fessée reçue. Revenons au calme. .
Y avait t il matière à tant d’indignation et de rejet ? Pour ma part, j’ai trouvé l’intervention de Gardères intéressante à plusieurs titres. Il a démontré que la liberté d’expression était encore à venir, qu’il valait mieux pour être plébiscité dans une assemblée, faire simple et aller dans le sens du poil, et que l’humour provocateur passait au dessus de la plupart des têtes, fussent elles pensantes.
Il a été en effet droit au coeur du sujet des assises : la liberté d’expression. Et il a fait la démonstration qu’elle est encore un vœu pieux. La salle n’a pas supporté qu’il exprime SA vérité, à SA manière, au risque de choquer et de déplaire. Dans une assemblée qui se réunissait pour se conforter, enfin entre soi, il est allé apparemment à contre-courant. On a réagi à l’épiderme, on n’est pas allé au delà de l’écorce. Bien sûr il y avait de la provocation, parfois gratuite dans cette plaidoirie. Mais le fond était des plus sérieux. Gardères a sans doute du mal avec les places. Officiellement à l’extrême gauche, il se commet dans une assemblée connotée à « l’extrême-droite » dont il défend certains membres. Entre deux frontières, le cul entre deux chaises, comme disent les bardés de certitudes. Assumer sa diversité, pas celle des autres, vivre ensemble avec soi, voila le vrai défi. Un non aligné, Gardères. Comme je le comprends, j’en suis !
Dans une envolée christique, il a voulu nous dire que sous le pire salaud il y avait encore de l’humain ! Même chez le salafiste et surtout chez l’emburquinée, quand elle ne l’a pas choisi. Question de dosage et d’angle d’approche. Quel micron d’ADN fait que je n’ai pas basculé dans le crime ? J’aurais pu être Gandhi ou Himmler. Alors un peu d’humilité , camarades! Vous n’êtes pas pour grand-chose dans ce que vous êtes. Gardères n’est pas avocat pour rien, tout homme est défendable. Même s’il est condamnable.
Décidément quand il y a curée, il y a un os. Pour ma part, je dirai « Gardarem lou Gardères ! »
Anne Zelensky




A ceux qui croient encore que l’invasion arabe s’est arrêtée à Poitiers

Comme bon nombre d’entre nous, je croyais que l’invasion maure s’était arrêtée à Poitiers, stoppée par notre valeureux Charles Martel. La mémoire collective ne retient que ce qui lui convient. L’Histoire, elle, nous dit tout autre chose. Les faits relatés ici le sont au hasard de lectures et de recoupements. Il n’y a en effet pas de récit historique global, à ma connaissance, mais je ne suis pas historienne.  Est ce un hasard ? D’où la difficulté des sources. On peut cependant se référer à la bibliographie en fin d’article.

Si les Maures ont bien été refoulés de l’Hexagone vers l’Espagne, qu’ils ont occupée de 711 à 1492, ils n’ont pas tous été neutralisés par Charles Martel.

Il y a eu un avant et un après Charles Martel. Les Maures sont entrés dans la France de l’époque, dès 714 et n’en ont été définitivement chassés qu’en… 1830 ! Un millénaire donc d’incursions permanentes sous la forme d’occupations durables et de razzias ponctuelles.  Bien avant que n’intervienne notre Charles Martel, ils s’emparent de Narbonne, qui devient leur base pour les 40 années suivantes, et pratiquent des razzias méthodiques. Ils prennent le Languedoc de 714 à 725, détruisent Nîmes en 725 et occupent la rive droite du Rhône jusqu’à Sens.

En 721, une armée musulmane de 100.000 soldats met le siège devant Toulouse, défendue par Eudes, le duc d’Aquitaine. Charles Martel envoie des troupes pour aider Eudes. Après six mois de siège, ce dernier fait une sortie et écrase l’adversaire, qui se replie en désordre sur l’Espagne et perd 80.000 soldats. On parle peu de cette bataille de Toulouse parce qu’Eudes était mérovingien. Les Capétiens étaient en train de devenir rois de France et n’avaient pas envie de reconnaître une victoire mérovingienne.

Les musulmans ont conclu alors qu’il était dangereux d’attaquer la France en contournant les Pyrénées par l’est, et ils ont mené leurs nouvelles attaques en passant à l’ouest des Pyrénées. C’est là que se situe l’épisode de Roland de Roncevaux, qui a si fort marqué nos mémoires. Il aurait affronté les Sarrazins dans une bataille mortelle. Ces Sarrazins seraient en fait des Vascons ou Basques. Ce n’est pas un hasard si dans le contexte d’affrontement entre maures et chrétiens, l’imaginaire collectif a attribué aux maures la mort de Roland. 

Venons en à Poitiers. Avant de mettre le siège devant Poitiers, 15.000 cavaliers musulmans ont pris et détruit Bordeaux, puis les Pays de la Loire. Ils sont  finalement arrêtés par Charles Martel et Eudes à vingt kilomètres au nord de Poitiers, en 732. Les musulmans survivants se sont dispersés en petites bandes et ont continué à  razzier l’Aquitaine.

Mais le sud de l’Hexagone est toujours occupé. En 737 Charles Martel y descend, avec une armée puissante, et reprend successivement Avignon, Nîmes, Maguelonne, Agde, Béziers. Il met le siège devant Narbonne. Cependant, une attaque des Saxons sur le nord de la France l’oblige à quitter la région. En 759 enfin, Pépin le Bref reprend Narbonne et écrase  définitivement les envahisseurs musulmans. Ces derniers se dispersent en petites bandes, et continuent à piller le pays. Ils déportent les hommes capturés pour en faire des esclaves castrés, et les femmes pour les introduire dans les harems d’Afrique du Nord, où elles étaient utilisées pour engendrer des musulmans. (Plusieurs millions d’Européens furent ainsi réduits en esclavage par les musulmans, du 9e au 19e siècle — sans parler de quelques millions d’assassinés).

La place forte des bandes se situe  à Fraxinetum, l’actuelle Garde-Freinet (le massif des Maures). En 972, les bandes musulmanes capturent Mayeul, Abbé de Cluny, sur la route du Mont Genèvre. Le retentissement fut immense. Guillaume II, comte de Provence, passa 9 ans à faire une sorte de campagne électorale pour motiver tous les Provençaux, puis, à partir de 983, chassa méthodiquement toutes les bandes musulmanes, petites ou grandes.

En 990, les dernières furent détruites. La pression musulmane ne cessa pas pour autant. Elle s’exerça pendant les 250 années suivantes par des razzias effectuées à partir de la mer. Les repaires des pirates musulmans se trouvaient en Corse, Sardaigne, Sicile, sur les côtes d’Espagne et celles de l’Afrique du Nord. Toulon a été totalement détruite par les musulmans en 1178 et 1197, les populations massacrées ou déportées, la ville laissée déserte.

Quand les musulmans furent expulsés de Corse, Sicile, Sardaigne, du sud de l’Italie et de la partie nord de l’Espagne, les attaques sur les terres françaises cessèrent, mais elles continuèrent sur mer. C’est seulement en 1830 que la France, exaspérée par ces exactions, se décida à frapper le coupable à la tête, et à aller en Algérie détruire définitivement les dernières bases des pirates musulmans.

Une longue histoire donc, encore mal investiguée. Rappelons pour finir que la découverte de l’Amérique en 1492 est en relation avec ces piratages barbaresques. Ils attaquaient en Méditerranée les bateaux chargés d’épices en provenance d’Orient. Il devenait urgent de trouver une autre route pour ce commerce essentiel des épices. Ce que pensa faire Cristobal  Colon en s’embarquant vers l’Ouest. Il cherchait une nouvelle route vers les Indes, qui éviterait la Méditerranée. Et voila comment il tomba sur le nouveau monde.

Aujourd’hui, l’occupation se fait en douceur, par le biais « pacifique » d’une immigration de peuplement, qui exploite à fond les failles de nos lois, de nos principes démocratiques, et de nos avancées sociales, avec la complicité aveugle de nos élites. Les Arabes ne sont pas moins conquérants et intolérants que d’autres peuples. Volonté expansionniste, colonisations diverses, traite des Noirs en Afrique : le spécialiste de la traite négrière, l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau a avancé le chiffre de 17 millions de Noirs réduits en esclavage, Malek Chebel l’évaluant à 20 millions. L’historien et économiste Paul Bairoch évalue le chiffre à 25 millions d’Africains pour la traite arabe contre 11 millions pour la traite occidentale. Il n’y a guère qu’une  minorité  de gauchistes et intellectuels  pour s’apitoyer sur le sort d’ex-colonisés de peuples par essence colonisateurs.

Nous laisser croire que Charles Martel, en une seule bataille, a fait reculer les envahisseurs est aussi faux que nous persuader que l’histoire ne se répète pas. Chercher à la connaître est le meilleur antidote aux illusions dangereuses.

Anne  Zelensky

Petite bibliographie :

— Olivier Pétré-Grenouilleau, « Les traites négrières. Essai d’histoire globale », Gallimard, coll. « Bibliothèque des Histoires », 2004.

— Robert C. Davis, « Esclaves chrétiens, maîtres musulmans: l’esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800) » (traduit par Manuel Tricoteaux), Babel, 2007.

— Jacques Heers, « Les Négriers en terre d’islam », Perrin, 2003.

— Tidiane N’Diaye, « Le Génocide voilé », Gallimard, 2008.

— Malek Chebel, « L’esclavage en terre d’islam : Un tabou bien gardé », Fayard, 2007.

Esclavage dans le monde arabo-musulman (Wikipedia) :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Esclavage_dans_le_monde_arabo-musulman




Liberté de pensée et logique de camp ne font pas bon ménage

http://www.bvoltaire.fr/annezelensky/liberte-de-pensee-et-logique-de-camp-ne-font-pas-bon-menage,47325

Dans Boulevard Voltaire, Anne Zelensky se livre à un éloge de la pensée libre, développant des idées bien à elle que tout le monde ne partagera pas, mais qu’elle assume, refusant d’être enfermée dans un camp.




A Aubervilliers, la reconquista a commencé grâce aux femmes !

Cela se passe à Aubervilliers, territoire perdu de la République. Des mœurs d’un autre âge s’y sont implanté. Ainsi les cafés et leurs terrasses sont occupés exclusivement par les hommes. On se croirait transporté dans un bled quelconque d’Arabie, le soleil en moins. Ces gens là ne tolèrent pas la présence féminine hors les murs de la maison. Alors une petite dame retraitée de cette banlieue parisienne occupée, excédée de devoir franchir le périphérique, pour aller boire un café, a décidé de brandir le drapeau de la Reconquista. Elle a commencé la réoccupation des lieux dès 2011: avec une copine, elles se sont assises crânement à la terrasse d’un de ces cafés colonisés. Elles n’en menaient pas large sous les regards hostiles de ces hommes, indignés qu’on ose braver leur loi. Elles n’ont pas lâché, ont peu à peu battu le rappel de leurs copines. Aujourd’hui elles sont une soixantaine et ont reconquis une trentaine de cafés. Si vous voulez en savoir plus lisez l’article ci-joint.

http://www.dreuz.info/2013/12/la-lutte-contre-lislam-peut-quelquefois-prendre-une-tournure-bien-sympathique/

Ces petites dames ne sont pas que sympathiques, elles sont vaillantes. Sans faire de bruit, elles se sont unies contre l’apartheid le plus massif de la planète : celui qui frappe les femmes. Oui, pourquoi n’emploie t on jamais ce mot pour la catégorie la plus discriminée au monde ? L’apartheid le plus répandu ne touche pas la race mais le sexe. On ne va pas entrer dans une compétition de chiffres, mais la population la plus nombreuse – un humain sur deux – et la plus stigmatisée du monde, c’est celle des femmes. Particulièrement dans les pays dits émergents. Peut être émergents économiquement, mais pas humainement.
Alors nos petites dames d’Aubervilliers reprennent cette place qu’on leur a si longtemps déniée, ici aussi : celle d’êtres humains libres de circuler. Elles réoccupent le territoire perdu, non seulement pour elles, mais pour tous ceux qui en sont chassés de facto. On ne dira jamais assez l’humiliation et le désespoir de celui qu’on exile de chez lui, à qui on impose des mœurs d’un autre espace et d’un autre temps. Et à qui on interdit de s’en plaindre. Le lieu choisi par nos résistantes d’Aubervilliers est symbolique : le café. Dans les pays qui ont accédé à la démocratie, le café est un lieu ouvert à tous, sans distinction de sexe ou de race, un lieu de détente et de rencontre. Mais il est des contrées reculées où les cafés sont un lieu réservé. Réservé aux hommes. Et donc interdit aux femmes. D’ailleurs dans ces régions du globe, encore nombreuses, la rue est désertée. Désertée par les femmes. On aperçoit de temps en temps une silhouette emmaillotée qui rase les murs. C’est une femme qui a dû braver la rue, talonnée par l’urgence : elle n’avait plus assez de couscous. Tristes contrées privées de mixité, où on ne voit jamais un couple se promener en se tenant la main.
Alors saluons le courage de ces dames . Elles sont le signe encourageant d’une résistance qui s’organise à la base, d’une liberté qui se reconquiert.

Anne Zelensky

 




France Terre d’Asile, L’Humanité, Harlem Desir : elle est pas belle, la gauche morale ?

billetsPendant que l’obscène campagne antiraciste orchestrée par la gauche, bat son plein, sans arriver à le faire, dans l’ombre, humanitaires, journalistes, députés, labellisés à gauche détournent l’argent du contribuable à des fins qui servent leurs propres intérêts. Ce n’est pas nouveau, mais ça choque plus de la part d’une gauche qui donne à tout va des leçons de morale. Voici une liste non exhaustive des derniers manquements graves à l’éthique. Et encore, on ne nous dit pas tout, pour reprendre la fameuse phrase d’ Anne Roumanoff dans son facétieux « Radio bistrot »
– Du côte des humanitaires .
France Terre d’asile, a un directeur qui s’applique à lui-même le dicton : « Charité bien ordonnée… » Il est soupçonné de détournement de fonds publics

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/12/05/01016-20131205ARTFIG00526-le-directeur-de-france-terre-d-asile-dans-la-tourmente.php

L’association que dirige cet indélicat, France Terre d’asile, n’est pas dans le besoin : elle jouit d’un budget de 50 millions d’euros entièrement à base de subventions publiques (70% du ministère de l’Intérieur). Mais à un article du Monde qui pointait du doigt les associations les plus grassement subventionnées, France terre d’asile précise que ce ne sont pas des subventions, mais « des dotations en contrepartie de prestations réalisées dans le cadre de la mise en œuvre de politiques publiques ». Tout est question de langage.
A Bordeaux, c’est le président d’une association pro-Roms, « médiateur » embauché par la mairie, qui est soupçonné de détournements.

http://www.sudouest.fr/2013/12/06/jerome-lobao-devant-la-justice-1250730-2780.php

Ce monsieur est à la fois président et trésorier d’une association pro-Roms, et fonctionnaire à la mairie chargé de la « médiation » avec en particulier les Roms. Vous avez dit conflits d’intérêts ?
Nos belles âmes pratiquent la générosité urbi et orbi.
Et voila un autre cas.

http://ripostelaique.com/va-t-on-enfin-ecouter-les-86-de-francais-qui-veulent-stopper-limmigration.html

Un de nos rédacteurs avait mis en cause dans cet article le directeur de Forum réfugiés, une autre association « humanitaire » qui faisait son beurre de l’immigration illégale.. Le plus révoltant est que toutes ces associations grassement abreuvées par la manne publique, font doublon avec les fonctionnaires dont la mission est d’appliquer la politique choisie. Et voila comment vous payez , cher contribuable 2 fois : et les fonctionnaires et les responsables de ces associations.
Et ainsi de suite. On comprend pourquoi les gens de gauche s’accrochent tant à l’humanitaire. Le fromage en est gras à souhait.
– Du côté des politiques :.
C’est en catimini que les députés ont voté un emprunt de plus de 4 millions d’euros au quotidien l’Humanité.

http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/1547/AN/410.asp

Mais le journal à bout de souffle, ne pourra pas rembourser cette somme. Alors on efface purement et simplement la dette. Ainsi, vous, moi, finançons un organe de propagande communiste et promusulman.
Pendant ce temps, Taubira a le front de prétendre que le Figaro « a rompu avec l’information » et « se veut un organe de propagande ».

http://lelab.europe1.fr/t/christiane-taubira-accuse-le-figaro-d-avoir-rompu-avec-l-information-et-le-qualifie-d-organe-de-propagande-12151

Tout cela nous renvoie au cas Harlem Désir. Un petit rappel.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Harlem_D%C3%A9sir#Condamnations

Harlem Désir cumule de novembre 1986 à octobre 1987,la présidence de SOS Racisme et le poste de salarié par l’« Association régionale pour la formation et l’éducation des migrants » Celle-ci est basée à Lille. Il perçoit pour cet emploi fictif, un salaire mensuel net de 8 900 francs. Cela lui vaut d’être condamné, le 17 décembre 1998, à 18 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d’amende pour recel d’abus de biens sociaux.
Harlem Désir aurait également bénéficié d’une amnistie de François Mitterrand concernant une dette de 80 000 francs au Trésor public, relative à des amendes de stationnement (décision de justice du 9 mai 1992) alors qu’il était président de SOS Racisme.
Ce chantre de l’antiracisme et des bons sentiments a donc un casier chargé. Il n’en est pas moins un personnage public : Secrétaire Général du PS.
Et que dire des associations antiracistes ? Véritables pieuvres à aspirer l’argent public, elles le recrachent sous forme de procès qui font l’ordinaire de la 17e Chambre . C’est la même Chambre qui en d’autres temps, convoquait en son sein les auteurs d’ouvrages outrageant les bonnes mœurs. Mais alors les représentants de cette même gauche se retrouvaient au banc des accusés…
Il y a un mot pour désigner ceux qui ne font pas ce qu’ils disent. Cela s ’appelle des faussaires. Tout autant que caviar, cette gauche là est faussaire.

Anne Zelensky

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Dans Le Monde, Anne Zelensky répond au manifeste « Touche pas à ma pute ! »

L’appel « Touche pas à ma pute » humilie les femmes

« Touche pas à ma pute », tel est l’intitulé d’une pétition qui sera publiée dans Causeur de novembre. Elle est le porte-étendard du « Manifeste des 343 salauds ». Voilà un acte militant inédit : les hommes n’avouent pas aisément fréquenter les putes. Et se préoccupent plus d’utiliser ces dames que de les défendre.

Mais ce manifeste va encore plus loin, et se réclame paradoxalement d’un autre manifeste célèbre : celui des « 343 salopes », publié en avril 1971 dans Le Nouvel Observateur, pour défendre la liberté d’avorter (« Je déclare avoir avorté »). Je suis, avec d’autres, à l’origine de ce manifeste. Une précision utile : nous n’avions pas choisi de nous appeler « salopes », ce qualificatif nous est venu du dehors, de Charlie Hebdo. Si on comprend bien, le terme de « salope » désignerait donc toute femme qui enfreint les règles de la bienséance féminine officielle, pute ou féministe.

Dans le manifeste « Touche pas à ma pute », les signataires eux, ont choisi le terme de « salaud » par référence aux « salopes » de 1971. C’est là que je m’interroge. Quelle filiation peut-il bien y avoir entre nous, les « salopes » qui réclamions la liberté interdite de disposer de notre corps, et ces « salauds » qui réclament aujourd’hui la liberté de disposer contre rémunération et sans pénalité du corps de certaines femmes ? Dans le premier cas, il s’agit de lever une oppression, dans le second, de la reconduire. Et ce au nom du même concept : la liberté. Où est la faille ?

Ce qui chiffonne mon sens de la logique en effet dans cette proclamation, ce n’est pas tellement qu’elle défende une forme de prostitution qui concerne une minorité de personnes, persuadées de l’avoir choisie. Ce n’est pas tellement qu’elle véhicule une contradiction majeure : elle met de côté la souffrance et l’humiliation de la majorité des « forçates » du sexe, tout en condamnant les réseaux proxénètes, qui en sont les pourvoyeurs.

LIBERTÉ OU ASSERVISSEMENT ?

Ce qui me chiffonne, c’est cette référence à la liberté. L’occasion est donnée une fois de plus de constater les dévoiements infligés à cette idée. Ce mot connaît depuis des décennies des accommodements qui reviennent à en faire le contraire de ce qu’elle est censée être. La doxa de notre temps s’incarne dans la trilogie : « liberté d’expression », sacralisée par la loi 1881 sur la liberté de la presse, le « touche pas à » (on est passé du pote à la pute) et le « c’est mon choix ». Le tout chapeauté par le credo : « Tout se vaut » (les arts, les cultures, les dominations) ou concept d’équivalence. Tels sont les piliers qui soutiennent l’édifice construit à la gloire de « ma » liberté. Qui ne connaît pas de limite.

Et voilà comment la liberté de disposer de son corps, revendiquée dans le « Manifeste des 343 », se voit étendu à des pratiques -– liberté de se prostituer -– qui en constituent le contraire. Comment peut-on en effet revendiquer comme liberté ce qui en fait la bafoue ? La liste est longue dans l’histoire, de ceux et celles qui ont préféré leur esclavage à la liberté, tant sont fortes l’emprise du conditionnement et la fascination de la soumission. Des esclaves noirs affranchis qui ne voulaient pas quitter leur maître, à la fameuse héroïne d’Histoire d’O, qui consentait à être asservie, on n’en finirait pas d’énumérer les zélateurs de la « servitude volontaire ». Dans cette pétition « Touche pas à ma pute », par un tour de passe-passe pervers, la liberté est mise au service de la défense d’un esclavage de fait.

Dans cette affaire de prostitution, personne n’est en fait libre : ni la pute ni le client. A part quelques rares exceptions, la majorité des personnes qui se prostituent le font par contrainte économique ou psychologique. Soyons sérieux : ce n’est pas une partie de plaisir d’ouvrir ses jambes à la demande, plusieurs fois par jour. Quant au client, il est pris dans un système de relation homme-femme, fondé sur le malentendu et la peur.

Quoi de plus rassurant que le scénario prostitutionnel ? Tout y est prévu : il paye, elle exécute. Elle lui offre la satisfaction de ses fantasmes ; elle l’écoute ; elle ne le juge pas. La femme idéale en somme. Il peut régresser avec elle en toute innocence, larguer un moment tout ce qui le contraint à être un homme : les responsabilités, le sérieux, la maîtrise. Le pied, non ? Etre un homme n’est pas si facile, et on peut comprendre les délices de ce lâcher-prise. Qu’il soit inavouable est bien le signe qu’il est merveilleusement transgressif. Il faut en effet un certain goût de la provocation aux signataires du « Manifeste des salauds » pour reconnaître qu’ils vont chez les putes.

Ce manifeste s’inscrit dans la guéguerre que se livrent les sexes. C’est la réponse du berger à la bergère. La revanche de certains hommes contre la libération des femmes passe sans doute par ce pied de nez. Tu as voulu être libre ? Eh bien, moi, ça ne m’empêchera pas d’aller chez les putes. Les femmes esclaves, j’aime. Au moins elles ne me demandent rien, elles me prennent comme je suis. Là est le hic. Le féminisme a introduit dans la bergerie des sexes le dangereux loup de la lucidité. Les femmes ne veulent plus faire semblant de prendre les hommes tels qu’ils sont, et elles en ont assez d’être prises pour ce qu’elles ne sont pas. Pouce ! Il faut inventer un autre jeu.

Anne Zelensky

MANIFESTE PUBLIE PAR CAUSEUR

Touche pas à ma pute !

Le manifeste des 343 salauds

En matière de prostitution, nous sommes croyants, pratiquants ou agnostiques.Certains d’entre nous sont allés, vont, ou iront aux « putes » – et n’en n’ont même pas honte.

D’autres, sans  avoir été personnellement clients (pour des raisons qui ne regardent qu’eux), n’ont jamais eu et n’auront jamais le réflexe citoyen de dénoncer ceux de leurs proches qui ont recours à l’amour tarifé. Homos ou hétéros, libertins ou monogames, fidèles ou volages, nous sommes des hommes. Cela ne fait pas de nous les frustrés, pervers ou psychopathes décrits par les partisans d’une répression déguisée en combat féministe. Qu’il nous arrive ou pas de payer pour des relations charnelles, nous ne saurions sous aucun prétexte nous passer du consentement de nos partenaires. Mais nous considérons que chacun a le droit de vendre librement ses charmes – et même d’aimer ça. Et nous refusons que des députés édictent des normes sur nos désirs et nos plaisirs.
Nous n’aimons ni  la violence, ni l’exploitation, ni le trafic des êtres humains. Et nous attendons de la puissance publique qu’elle mette tout en œuvre pour lutter contre les réseaux et sanctionner les maquereaux. Nous aimons la liberté, la littérature et l’intimité. Et quand l’Etat s’occupe de nos fesses, elles sont toutes les trois en danger.

Aujourd’hui la prostitution, demain la pornographie : qu’interdira-t-on après-demain ?

Nous ne céderons pas aux ligues de vertu qui en veulent aux dames (et aux hommes) de petite vertu. Contre le sexuellement correct, nous entendons vivre en adultes.

Tous ensemble, nous proclamons :
Touche pas à ma pute !

Premiers signataires: Frédéric Beigbeder, Nicolas Bedos, Philippe Caubere, Marc Cohen, Jean-Michel Delacomptée, David Di Nota, Claude Durand, Jacques de Guillebon, Basile de Koch, Daniel Leconte, Jérôme Leroy, Richard Malka, Gil Mihaely, Ivan Rioufol, Luc Rosenzweig, François Taillandier




Féminisme : que sont mes amies devenues ?

http://www.ina.fr/video/CPB88002074

Cette video nous parle d’un temps qui n’est plus, mais dont on trouve encore des traces… Et pourtant elle ne date que de 1985. Elle mérite de sortir du sommeil historique où l’INA la conserve. Elle est instructive à plusieurs titres : sur la trajectoire de certaines féministes, et sur le monde tel qu’il aurait pu être et tel qu’il devient.

Co-produite en 1985, par la Ministre des droits des femmes, Yvette Roudy, et Antenne 2, elle fait partie d’une série de « Portraits de femmes » qui ont marqué l’Histoire : d’Olympe de Gouges à Simone de Beauvoir en passant pas Flora Tristan. Premier constat : il fut donc un temps où la télé instruisait et donnait à réfléchir sur la réalité, la vraie, pas celle faite pour la télé. Ce portrait de Simone de Beauvoir rappelle d’abord et encore que la libération des femmes n’est pas tombée du ciel et qu’elle a ses petites mains. Il montre ensuite à quel point en quelques décennies, notre monde s’est abîmé.

Ce portrait était fait pour tourner autour de la « vedette » : Simone de Beauvoir. Elle n’a pas voulu de cette « starisation », comme on dirait aujourd’hui. Elle a choisi de donner la parole à ses féministes préférées qui avaient plus à dire qu’elle, selon elle. Aujourd’hui, un tel choix serait impensable. Les égos, particulièrement bouffis de nos « stars » ne tolèrent aucune ombre. Beauvoir en s’effaçant, manifestait son désir de passer le flambeau. L’Histoire qu’elle avait contribué à forger, continuait après elle.

Enfin, ce portrait démonte certains clichés – le féminisme les attire comme le miel les mouches. Sur les cinq féministes de la video, deux sont célèbres : Simone de Beauvoir, connue et respectée dans le monde entier sauf en France, auteure du « Deuxième sexe », traduit en 27 langues et Delphine Seyrig, grande actrice disparue trop tôt. Les trois autres – Christine Delphy, Annie Sugier et moi-même – sont des féministes militantes, devenues « historiques » au fil du temps et engagées ensuite contre ou pour le voile, dans cette rédaction même.

Tiens donc ! Pour être féministes ces cinq femmes n’en sont pas moins femmes. Et belles femmes. L’air aimable. Voila un premier cliché à terre. Les féministes sont des femmes qui dans leur ensemble étaient belles. A part ça, il est intéressant de les entendre expliquer pourquoi elles sont féministes. Elles nous parlent d’aventure, de sens à leur vie, de découverte, de nécessité temporaire de la non mixité pour se parler entre elles enfin. Elles ont du rêve plein les yeux. Leur force vient de leur désir de briser les chaînes, de partir à la conquête de leur liberté. Elles partent d’elles, elles n’appartiennent à aucun parti, elles sont en train de larguer les amarres. Toutes les amarres : politiques, personnelles, affectives. Ces femmes là n’en veulent pas aux hommes, elles veulent au contraire en finir avec cette guerre millénaire qui empoisonne les relations entre hommes et femmes et qui les fait souffrir les unes comme les autres. Mais pour faire la paix, il faut d’abord dénoncer tout ce qui s’y oppose, il faut en passer par ce moment difficile de la transition. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Or nous avons tendance quand le présent nous déçoit, à regretter un passé dont nous avons oublié qu’il nous rendait malheureux. Le portrait nous donne à approcher un féminisme tel qu’en lui-même. Rien à voir avec les caricatures qu’on en fait et qu’en font certaines féministes elles mêmes. La dégradation est dans l’ordre des choses…

Alors trente ans après, que sont devenues ces dames et leurs idées ? Leur destin ne saurait bien sûr pas résumer le devenir du féminisme. Pas plus que Caroline Fourest ne représente à elle seule le féminisme hexagonal. Chaque cas est à la fois unique et exemplaire. Certaines idées ont bien résisté au temps. Il flotte désormais dans l’air un parfum d’égalité. Quitte à être par moments entêtant. On a mis sur la table tout ce qui barrait la route à cette égalité : salaires, violences diverses, mais on a du mal avec le domestique, toujours réservé aux dames à 80%.

On se dispute les enfants, suite à l’accélération des divorces. En vertu du même principe qui leur réserve le travail ménager, elles ont la priorité sur la garde des enfants. D’où la grogne parfois légitime des pères frustrés. Tout ça est dans l’ordre des choses d’une libération. Des femmes. Et des hommes. L’un ne va pas sans l’autre. Pour bien juger des choses, il faut lever le nez du présent immédiat et prendre du recul. Le féminisme, en tant que mouvement collectif, est sur les rails depuis la révolution. Alors, l’un dans l’autre ‘( !) ça avance entre les femmes et les hommes comme jamais dans l’Histoire, avec les inévitables régressions inhérentes au mouvement. Ces coups de frein prévisibles ne sont pas forcément un coup d’arrêt.

Or voilà qu’une vilaine ombre plane sur ce mouvement qui touche tous les pays développés. Une menace qui nous vient d’ailleurs, de l’islam et de son modèle de relation, qu’il cherche à imposer. Ce modèle nous ramène en arrière, il met à mal des siècles de patiente avancée hors des chemins de la domination. Rien de plus contagieux que la marche arrière, dès qu’on desserre les freins.

Alors comment se fait il que certaines féministes, dont Christine Delphy, présente dans la vidéo, peuvent militer en faveur du voile et autre féminisme islamique ? Rappelons que celle-ci a témoigné à charge contre Riposte Laïque, lors de son procès, en février 2012, alors que j’étais pour ma part citée comme témoin de la défense. Nos routes divergent là fondamentalement, alors que nous étions à l’origine proches idéologiquement. Je reste par contre proche d’Annie Sugier, qui a choisi une autre stratégie d’interpellation de l’islam. Et comment se fait il que si peu de féministes montent au créneau contre l’islam, ici et maintenant ?

La vidéo nous offre une piste essentielle : ce qui a fait la force du féminisme des années 70, je le répète, c’est son souci principal de se libérer de toutes les entraves, politiques, idéologiques, personnelles. Chacune d’entre nous allait à la recherche d’elle-même, en tant qu’être humain. Un formidable élan nous poussait à cette salutaire entreprise de décolonisation du corps et de l’esprit. Le mot d’ordre était : ici on pense par soi même ! Mais nous avions l’esprit, plus encore que le corps, encombré d’une idéologie qui nous avait longtemps dicté ce qu’il fallait penser et dire. Elle est revenue au grand galop à la faveur des temps régressifs que nous connaissons. La plupart des féministes se sont rangées et ont repris le chemin balisé des certitudes gauchistes: Elles se sont à nouveau oubliées pour se mettre au service de l’Autre. Elles n’osent plus à nouveau penser par elles mêmes, elles récitent la leçon de leur Maitre es bien-pensance. Elles ont tellement peur de déplaire, d’être rejetées ! N’oublions pas que ce sont des femmes et le pire pour une femme est d’être rejetée.

La même histoire se répète à l’envi : tout le malheur des hommes et des femmes vient de ce qu’ils abdiquent. Peu importe les belles raisons dont ils masquent leur démission. Là est la faute majeure.

Anne Zelensky




M. Joffrin, comment conciliez-vous la défense du droit à l’avortement et celle du voile islamique ?

Ri7Joffrin-MouchardMonsieur le directeur, une jeune Saoudienne risque le fouet pour avoir refusé de porter le hidjab. Son procès commence le 19 septembre. Et voila que vous osez publier un texte qui milite pour  une défense du voile en France et propose une journée contre la voilophobie !

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/926330-agressions-de-musulmanes-voilees-organisons-une-journee-hijab-contre-la-voilophobie.html

Je suis une des actrices et signataires du Manifeste des 343, qu’en d’autre temps votre journal a publié en avril 1971. Comment faites-vous pour concilier la défense de l’avortement, symbole de la libération des femmes et celle d’un tissu qui est le stigmate de leur asservissement ?  Comment faites-vous pour accorder vos généreuses idées de « gauche »- liberté, égalité, sinon sororité »- avec la promotion d’une religion, l’islam, qui en est la négation pure, à travers l’exclusion des femmes ? Je suis sûre que vous pourfendrez l’état saoudien qui menace de fouet la jeune hérétique. Tant qu’il s’agit de s’indigner sur les méfaits de l’islam ailleurs, on vous trouve toujours.

Mais cela ne vous empêche pas ici et maintenant en France, de vous porter au secours des voilées, en dénonçant une soi disant « voilophobie ». Etes-vous conscient du message désastreux que vous envoyez à ces milliers de femmes obligées de par le monde, à porter le voile ? Vous trahissez ces mêmes idéaux hérités des Lumières que vous vous targuez d’incarner. J’ai honte.

J’ai honte rétrospectivement d’avoir confié en 1971 notre manifeste historique et ma signature à un journal qui bafoue aujourd’hui ses engagements d’hier. Il n’est de pire faute que le reniement.

Anne Zelensky

Présidente de la Ligue du Droit des femmes, cofondée en 1974 avec Simone de Beauvoir.




Opération pédalo : une colère assassine et drôle contre nos politiques et leurs affidés

Vient le moment où il faut lâcher les soupapes. Se défouler, y aller plein pot dans le fantasme, ne plus se brider, s’autoriser enfin les rêves les plus fous. Eh bien Paul Le Poulpe nous offre ce plaisir dans son dernier opus : «  Opération pédalo ».  Ce nouveau né des éditions RL, est une sorte de suite à « La faute au bobo Jocelyn » paru en  2011.  L’Opération en question est une fiction où nous pouvons par Zorro interposé, en l’occurrence le légionnaire Marc Baranchot, vider nos rages, frustrations, colères assassines contre nos politiques et leurs affidés.

Operation pedalo 1Quel pied de voir ledit légionnaire commencer par rentrer sans atermoiements dans le lard de ses contradicteurs, par exemple un de ces petits gauchistes prof de sa fille, qui ramènent leur gueule, pas leurs poings. Marc Baranchot lui, parle peu et agit beaucoup. Il va mettre au point une opération digne des plus grands malfrats. Mais lui, c’est au service de la justice et de la nation. La  galerie des personnages visés est hautement réjouissante : affublés de surnoms grand guignolesques, ils paradent flanqués de leurs inféodés, experts, journalistes, soutiens de haut vol.

L’un après l’autre, ils disparaissent d’étrange façon. Et le plus réconfortant  est qu’ils meurent par où ils ont péché.  Une mini hécatombe touche ainsi le haut du pouvoir. Tandis que le chef de l’Etat s’effondre, le bon peuple parait presque se réjouir de cette catastrophe nationale. Une chanson irrévérencieuse  court même partout. «  La  folle de Cayenne… », dont je vous recommande les paroles (p. 52)

En prime l’auteur nous offre un happy end. La clique en place est remplacée par des vertueux. Alors ne manquez pas ce grand moment de réjouissance, prenez une récréation bien méritée au milieu de tous ces tracas que vous impose l’actualité, détendez vos zygomatiques, refaites vous un moral, tel  le poulpe qui se reconstitue la tentacule quand besoin est.

Anne  Zelensky

Vous pouvez commander Opération Pédalo par paypal, en cliquant sur le lien suivant :

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Vous pouvez également envoyer un chèque de 19 euros, à l’ordre de Riposte Laïque, BP 10001, 78570 Chanteloup.

Vous pouvez aussi les commander sur Amazon :

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