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L’école n’est plus au cœur de la socialisation

« C’est les vacances, plus de pénitences,
les cahiers au feu, la maîtresse au milieu… »

Dans les écoles, on s’apprête à fermer à double tour les salles de classe bien rangées. Les cahiers en pile. Les dessins toujours accrochés au mur. Un soleil, une fusée, des fleurs, les copains, la vie quoi.

A 16 h 30, les enfants se dispersent à la sortie de la dernière journée pour rejoindre leur avenir immédiat. En famille, au bled pour certains, qu’il s’agisse de Tizi-Ouzou ou de Champagné-les-Marais. Un même retour à l’essentiel après 11 mois de la folie des villes. Les plus chanceux (quoique…) savent qu’ils vont partir loin avec papa et maman. Ou seulement maman… ou seulement papa. Chacun aura son histoire d’été à raconter ou à s’inventer pour les copains de septembre.

Septembre, la rentrée. La Rentrée. Les plus grands viennent de décrocher leur bac et ne savent pas encore qu’ils vont définitivement quitter le monde de l’adolescence en fac. Les plus jeunes vont découvrir en 6ème qu’ils n’auront plus leur pupitre attitré avec ses graffitis improbables, mais qu’ils devront courir de salle en salle. Ils devront aussi retenir ces nouveaux noms, ces nouveaux visages, ces professeurs devenus si distants. Rien à voir avec « Maitresse ».

Les plus petits aussi s’apprêtent à faire leur rentrée. Ils ne le savent pas, mais ils vont en prendre pour 20 ans. Ou pas. Mais ce seront alors des peines de substitution parfois bien plus cruelles.

Loulou a maintenant 2 ans et demi. Les 6 derniers mois ont permis de réunir les conditions de son intégration. Il a fallu aussi trouver l’école. Loulou vit dans un zone urbaine très dense. D’une grande diversité ethnique. Et parce que ses parents veulent le meilleur pour lui, ils ont cherché à connaître les établissements du secteur.

Ils ont cherché, en vain, à l’inscrire à l’école maternelle catholique proche. Lors de la réunion de printemps, la directrice n’a pas voulu préciser les critères de sélection. Elle a juste dit qu’il serait inutile d’appeler pour savoir si son enfant a été retenu. C’est à la discrétion de la marâtre. Loulou ne saura donc jamais pourquoi il n’a pas été retenu. C’est peut-être une bonne chose.

Heureusement, l’école publique est moins regardante. Mais plus contraignante. Notamment pour le respect des secteurs. Sans difficulté, Loulou aura donc sa place à la rentrée, mais pas dans l’école qu’auraient voulu ses parents. Or, ils redoutent que l’école de la République ne soit plus à même de garantir le respect des valeurs de ladite république. Qu’elle soit en passe de s’ethniciser et de se soumettre à une loi du groupe qu’ils ne veulent pas.

Alors, en se rendant à la réunion parents-professeurs, la semaine passée, les parents de Loulou redoutaient ce qu’ils allaient découvrir.

A 9 h 30, les enfants et les parents étaient là. Certains étaient mal à l’aise dans un costume de parents d’élève trop grand pour eux, à peine sortis de l’adolescence. Loulou court partout, joue, découvre. Finalement, en septembre, ça devrait bien se passer.

Les professeurs des écoles parlent, expliquent. Le directeur a l’air très sympa. Les enfants jouent, se chamaillent. La maman de Loulou en repère un qui a l’air un peu plus violent. Son langage c’est semble-t-il la violence et il distribue généreusement les coups. A la tête, dans le dos. Il pousse, il tire.

Un nouveau coup d’œil circulaire aux parents et aux enfants et une étrange impression. Mais quoi ? Bah si ! C’est pâlot tout ça. Ca manque de diversité ethnique. Les parents de Loulou se regardent. Ils avaient la même angoisse. Ils font le même constat. D’une pâleur à indigner Jean-Luc Mélenchon. Finalement, l’école de Loulou c’est un peu l’école de leur enfance. La Vendée, pour elle. La Crimée pour lui. C’était il y a pourtant si peu de temps. 20 ans. 30 ans.

La réunion s’achève. On le lève. Loulou est tellement bien ici qu’il pleure pour rester. Même s’il est un peu bousculé par l’autre « sale gosse ». On se dirige donc vers la sortie. Et là, comme dans un thriller, un indice muet. Mais si parlant. Les photos de classe ! Épinglées sur les murs du couloirs, elles crient la vérité : C’est très coloré. Très. Les têtes blondes sont aussi rares que les petits asiatiques de notre enfance.

Mais alors, pourquoi ce matin, ne retrouvait-on pas à la réunion la sociologie du quartier exprimée dans les photos de classe ? Il fallait se rendre à l’évidence : soit 9 h 30, c’est trop tôt pour certains, soit l’acte de socialisation porté par l’école laïque n’est plus perçu comme tel par une partie grandissante de la population. Une population qui construit sa vie sociale ailleurs. Alors cette réunion de présentation…

Ce matin-là, parmi les enfants présents à la réunion d’information, un seul était « issu de la diversité ». Et ce n’était pas le moins turbulent…

Meilleurs salutations,

Alain Charrier




Mariage pour tous : le bal des cocus

Ça ressemble un peu à un lendemain de réveillon. La salle est encore jonchée des reliefs de la fête. On voit qu’il y a eu de l’agitation.

Chacun est reparti chez soi. Sous la couette ou au travail. D’autres encore aimeraient prolonger mais ils ne sont plus que quelques uns, animés par leur fin d’ivresse. On ne sait plus qui soutient qui quand ils partent refaire le monde dans la froideur de la rue frileuse et silencieuse.

Fin de chantier. Le bal est fini. On remettra ça… dans un an, peut-être.

Le vote à l’Assemblée Nationale du texte Taubira était aussi inéluctable que le passage à la nouvelle année. Les opposants ressemblent aujourd’hui à ces histrions vendéens du FONACON, qui s’opposaient depuis 2007, en décembre, au passage à la nouvelle année. Avant de déposer les armes. En se promettant de fixer de nouveaux rendez-vous.

Il faut bien avouer qu’après le vote de la Loi Taubira en seconde lecture, une chape de silence est tombée sur le débat. Plus aucune visibilité dans les médias. Pour la loi, les pour, les contres, les autres. A peine un entrefilet sur les opportunistes organisateurs du Salon du mariage gay. En attendant les Assises de l’adoption homoparentale.

Le coup de grâce a été porté par Jean-Marc Ayrault qui a déclaré dès le lendemain du vote dans un entretien à 20minutes que le débat était clos, et qu’on s’en tiendrait là. A savoir le mariage pour tous et l’adoption pour tous. Pas de Procréation Médicalement Assistée (une des deux mères est inséminée par le sperme d’un donneur anonyme), qui semblait pourtant une évidence pour Mme Taubira, encore moins de Gestation Pour Autrui (une mère conçoit et porte un bébé avec le sperme d’un donneur à qui elle « cède » in fine l’enfant et les droits afférents).

Chez les opposants, on tente de survivre au vote de la loi. Vu de province, il est difficile de savoir ce que deviennent les veilleurs, les mères veilleuses, etc. Le 5 mai permettra sans doute de savoir si l’élan suscité par l’opposition au projet, devenu loi, va perdurer et donner naissance à autre chose. Déjà, la Manif pour Tous en appelle à ses sympathisants pour entrer en politique et peser sur les primaires UMP qui désigneront leur candidat(e) aux Municipales 2014 à Paris, en rappelant sur leur site qui a voté quoi. Nathalie Kosciusko-Morizet semble dans le viseur des amis de Frigide.

L’heure du bilan

Après tant d’énergie dépensée de part et d’autre, on est tenté de dire « tout ça pour ça ? ». Que reste-t-il au final ? La possibilité de deux adultes, quelque soit son sexe (son genre?) de contracter devant monsieur/madame le maire ? Et aussi de pouvoir s’offrir dans la légalité une descendance. Par l’adoption. Une loi a minima, serait-on tenté de dire.

Les Pour sont contents et ils sont nombreux à dire que c’est une grande victoire pour la République et la Démocratie, la Liberté, tout ça, tout ça…

Les Contre se persuadent que leur action de r(R)ésistance n’a pas été inutile, qui a fait barrage à une dérive risquant de mettre à mal notre Civilisation elle-même…

Les Sans Opinion disent que les homos peuvent bien avoir le droit de divorcer à 6000 € minimum comme les autres si bon leur semble. Mais que bon, pour la PMA et la GPA ben non quand même.

Peut-être ont-ils tous un peu raison. Mais pas que. Alors que le débat retombe aussi brusquement qu’un soufflé dominical pourtant porteur de tous les espoirs, on est en droit de se poser la question de savoir si, dès le départ, ce n’était pas la volonté du Président et du Gouvernement d’en arriver là, justement. A ce minimum. A savoir permettre d’organiser, dans la légalité, la filiation des homosexuels, en couple ou divorcés. Notamment les plus riches. Surtout eux.

Car enfin, prenons le cas d’un Paul Le Pâtre (nom d’emprunt). Ce richissime homme d’affaire, homosexuel militant, ayant partagé sa vie avec un célèbre coiffeur réputé mondialement (profession d’emprunt), a construit une fortune qui ne doit rien à l’héritage. Il doit, à 83 ans, se poser de vraies questions sur sa succession.

Si dans les bonnes familles hétéros, blanches et catholiques, on organise généralement bien en amont les dispositions testamentaires en accord avec le Droit Civil, il n’en va pas de même chez ceux qui sont, comme Paul, sans descendance.

Le PACS avait permis à juste titre de donner une existence opposable aux conjoints. Mais sans descendance directe, née d’une autre vie ou de l’adoption ouverte aux célibataires (essentiellement des femmes, sauf si l’on est journaliste radio homme célèbre et richissime), le patrimoine constitué avait du mal à survivre à son fondateur, réparti entre les neveux et nièces exécrables, les frères et sœurs, la famille, un(e) partenaire de pacs, une fondation, et l’Etat très gourmand quand la succession n’est pas directe.

Jean Cocteau – le Jean Coqueteau de Bénureau – avait préféré adopter son amant, Antoine Dermit, qui sera son légataire universel. Bon. Outre qu’il valait mieux s’appeler Jean Cocteau, quid de la dimension incestueuse de ce montage ?

On peut être tenté de penser que la perspective de sa propre succession a poussé notre Paul Le Pâtre à mettre la pression sur ses petits camarades du PS, désormais aux manettes, en remerciement de ses largesses pécuniaires passées, présentes et à venir. N’a-t-il pas en 2007 été le facilitateur de la campagne présidentielle de Marie-Ségolène ? Il a sans douté été rejoint dans ce projet par de nombreux amis célibataires sans enfants, aussi fortunés que lui et aussi dépourvus devant un Code Civil peu favorable. Les sympathisants du Marais et d’ailleurs, à la tête de quelque fortune, ne pouvaient que souscrire. Les milieux de la Finance Internationale aussi, qui ne peuvent qu’être séduits par la perspective d’une plus grande stabilité des fortunes.

En fait, il suffisait de peu de chose pour satisfaire nos riches amis. Permettre d’adopter. Pas seulement son amant consentant, mais de vrais petits enfants d’homme, que l’on pourrait, comme tous parents, tenter de façonner à son image. Pour en faire les continuateurs de l’oeuvre et les gardiens de la fortune familiale. Pour les siècles des siècles. Ancrer une dynastie dans le marbre. Ca a plus de classe que de voir l’empire dispersé en salle des ventes.

Las, il était impossible de présenter tel quel ce projet, taillé sur mesure pour quelques riches fortunés. En revanche, l’enrober dans un concept de « Mariage pour Tous », au nom de l’égalité républicaine, c’était assuré de marcher. Les plus enthousiastes ont porté le projet à bout de bras. Qui n’y ont vu qu’un projet sociétal humaniste. L’enthousiasme de la jeunesse sans doute. Cela a fonctionné au delà des espérances. L’inter LGBT en a rajouté une couche en demandant la PMA et la GPA. Faire trois pas pour revenir au premier. Les anti-mariage ont donné de la voix et pensent avoir empêché que ne s’ouvre le débat sociétal sur la PMA et la GPA.

Au final, et si le mariage pour tous n’était en fait que le prétexte pour permettre de créer une filiation ex nihilo, permettant aux plus riches, sans descendance directe, de transmettre un patrimoine comme chez les blancs hétéros cathos, grâce à l’adoption ?

Au grand bal donné pour célébrer le vote de la loi, Virginie et Caroline, côte à côte, serrent fort leur sac sur leurs genoux et regardent l’étreinte langoureuse des couples improbables sur la piste. Elles ont mal. La dureté des sièges ?

Demain, Paul Le Pâtre pourra se marier. Même à 83 ans. Adopter aussi. Il en a les moyens. « Pourquoi voulez-vous que j’entame une carrière de père à 83 ans, dira-t-il, en paraphrasant le Grand ». Père je ne sais pas. Mais fondateur de la Dynastie Le Pâtre, pourquoi pas ? C’est désormais autorisé.

Alain Charrier




Pacte éducatif pour l’Enfance : après parent 1 et parent 2, enfant 1 et enfant 2 ?

Il y a des matins où l’on est bousculé par des faits ou des mots qui vous font oublier que votre priorité du jour, comme hier, et tous les autres jours qui ont précédé d’ailleurs, et ce depuis maintenant des années, c’est de survivre. Certes, cela fait de vous un humain. Dont on dit qu’il est le seul à avoir conscience de son futur.

Maintenant, j’aurai préféré en rester à mes préoccupations bien matérielles. Il y a urgence. Las. Najet Vallaud-Belkacem est passée par là. Une fois de plus. C’est Libération qui le raconte (en ligne, ça ne tache pas les mains…).

Et une fois de plus, la Ministre des Droits de la Femme (et ceux de l’Homme homme alors?) est porteuse d’un discours qui en rajoute à ce qui apparait comme un vaste programme de déconstruction de notre civilisation par des « tarés ». Rien que ça. Elle doit en effet présenter en ce 28 mars au gouvernement un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales, qui dénonce la survivance des stéréotypes sexués dans les crèches. Hummm.

Que dit ce rapport ?

Les deux auteurs, Brigitte Grésy et Philippe Georges, Inspecteurs Généraux à l’IGAS, y dénoncent une chose terrible : on perpétue dans les crèches des schémas archaïques, sans doute trop proches de la nature, qui veut qu’il y ait deux sexes, l’homme et la femme. Ce qui est manifestement trop. On prendrait trop soin des petites filles et de leurs émotions, au détriment de leur implication dans les jeux de constructions. Bref, dès la crèche, on formerait les maçons mâles de demain et les mères au foyer.

Ce rapport dénonce également la dictature du rose et du bleu. Et en profite pour révéler cette horreur : les vêtements de fille sont inadaptés à l’exploration du monde « à quatre pattes » des demoiselles (ah, zut, c’est un peu sexué, ce terme-là). Je n’ai pas lu leurs propositions, mais je crains une nouvelle loi déterminant la taille, la couleur voire la matière des vêtements autorisés en crèche.

Dans ce rapport, Libération rapporte également que les auteurs ont quantifié les représentations sur les livres pour enfants et que, horreur, 78 % des couvertures sont squattées par des mâles dominants, cette domination étant portée à 90 % si on y parle d’animaux. Mon cerveau malade me fait me demander comment on différencie un âne d’une ânesse, un chien d’une chienne, un cheval d’une jument, autrement qu’avec le… truc… là… Y’a pas une case NSP ?

Enfin, last but not least, Il y a bien trop de femmes dans le personnel. Pensez-vous, 99 % ! Où est passée la parité ?

En route pour l’unicité

Faire un constat, ça ne mange pas de pain. Mais il faut faire des propositions. Et nos deux Inspecteurs jouent alors dans le registre prométhéen. Il va falloir former les troupes à l’unicité du genre, faire de la formation continue pour recadrer les comportements déviants et demander des engagements contractuels aux fabricants de jouets, aux éditeurs, aux créateurs de vêtements… Rien que ça !

Une phrase semble révélatrice du propos général : « 63 % des enfants, avant la Maternelle, +échappent+ à l’influence d’une action publique ». C’est manifestement trop pour nos deux auteurs qui souhaitent sans doute un peu moins de libre-arbitre pour les familles dans la façon d’élever leurs enfants. Les professionnels ne semblent heureusement pas adhérer vraiment à ce délire, pure émanation de la théorie du genre. Quand à la droite, ce sera sans doute pain bénit !

Les socialistes (parfois rejoints hélas dans leur délire par des hommes et des femmes que l’on aurait pensés plus posés) me font souvent penser à ces gamins, sur la Grande Plage des Sables d’Olonne, qui, munis de leur pelle et de leur seau en plastique, se lancent, à marée basse, dans une patiente construction d’une muraille en sable fin qui déviera les flots montants. Un travail qui leur demandera des heures et des heures de travail. Pour le bonheur des mamans qui tricotent et des papas qui ronflent (éh… éh…). Les minots ont imaginé qu’ils allaient détourner le cours naturel des choses. Bloquer la marée. Devenir les Maîtres du Monde. Et puis, la mer remontera. Il lui faudra 6 heures, pas plus, pour reprendre ses droits. Et le lendemain, les enfants se remettront un peu plus loin, un peu plus haut, pour construire un nouvelle édifice, plus grand, avec des galets dedans, qui, lui, tiendra. Ou pas. De futurs militants du PS, sans doute.;-).

Alain Charrier

Source : http://www.liberation.fr/societe/2013/03/28/a-la-creche-les-stereotypes-genres-se-portent-bien_891752?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

 

 




Cohen-Askolovitch-Haziza-Hanouna : la curée des rabbins du Paf contre Frédéric Taddéi

A quoi sommes-nous obligés d’assister depuis quelques jours ? Après le clash au sein de « C à vous », sur France 5, entre Patrick Cohen et Frédéric Taddeï, le 12 mars dernier, c’est Cyrille Hanouna, sur D8, de s’en prendre avec violence à l’émission de débat du vendredi de France 2, le 15 mars, et à son animateur.

Rappel des faits

Frédéric Taddeï anime sur France 2, le vendredi soir, en deuxième partie de soirée, une émission de débat en direct, « ce soir ou jamais », où il reçoit, en fonction de l’actualité, un plateau d’intervenants directement concernés et/ou apportant leur connaissance du sujet.

Cette émission qui se veut culturelle, née quotidienne en 2006 sur France 3, où elle partageait avec un certain bonheur les soirées avec le Journal du Soir, a ensuite été chahutée dans sa programmation par les différentes directions. Elle est d’abord devenue hebdomadaire en 2011, en occupant la case du mardi soir, durant 2 heures, toujours sur France 3 et toujours en deuxième partie de soirée. Puis, le 8 mars 2013, elle est passée au vendredi soir, sur la chaîne France 2, dans la case sinistrée laissée, contre son gré, par Bruce Toussaint, qui n’a pas pu résister au tsunami Arthur, sur TF1, dont le concept de divertissement a remporté tous les suffrages.

Qu’est-il passé dans la tête des directeurs pour envoyer au feu ses meilleures troupes ? Pour lancer son unité des Forces Spéciales à l’assaut de la division des Panzer de la maison d’en face ?

Ce jeu de chaises musicales aura eu pour effet de mettre sous les feux du microcosme médiatique et de tous ceux qui observent, l’animateur Taddeï, sommé de sauver le soldat Service Public.

Las, invité de C à vous, sur France 5, en début de semaine dernière, Frédéric Taddeï a eu droit en direct à une violente diatribe de Patrick Cohen, chroniqueur de l’émission et par ailleurs animateur de la tranche 7-9 sur France Inter, une station où il a eu l’occasion de croiser Taddeï.

Le reproche principal de Cohen à l’animateur de débats était de recevoir (parmi tant d’autres) Dieudonné, Alain Soral, Tariq Ramadan ou Marc-Edouard Nabe. « Des gens que vous êtes le seul à honorer à la télévision. »

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xy5ujk_clash-entre-patrick-cohen-et-frederic-taddei-sur-france-5_tv[/dailymotion]

http://www.dailymotion.com/video/xy5ujk_clash-entre-patrick-cohen-et-frederic-taddei-sur-france-5_tv

Le procureur Cohen a poursuivit ainsi durant de longues minutes, sous les yeux ébahis d’Alexandra Sublet, qui voyait le ton monter entre les deux hommes. Et Frédéric Taddeï de rappeler que c’est justement la transgression qui est le moteur de son émission et qu’il faut faire honneur à la liberté d’expression, qu’il y veille et qu’il se félicité de n’avoir jamais eu à faire à la justice pour quelque propos condamnable, car il veillait à ce que la liberté d’expression reste dans les limites de ce qui est autorisé par la loi, c’est à dire que l’on peut tout dire, sauf ce qui est condamnable.

Ce soir-là, Cohen a pointé un doigt accusateur vers Taddeï en le désignant comme le dernier repère de la bête immonde, qu’il fallait dénoncer, mais aussi et surtout supprimer ou recadrer éditorialement, pour n’autoriser qu’une palette politique acceptable, allant du rouge sang au bleu pâle.

La solidarité confraternelle à un sens

On aurait pu en rester là tant le procès d’intention était manifeste et l’attaque disproportionnée. Seulement, les jours qui ont suivi ont été marqués par des contributions comme celle de Claude Askolovitch , auteur de la bio de Basile Boly et de Patrick Bruel, mais aussi journaliste politique et sportif, qui dit sur Twitter que Taddeï « invite les salauds que les autres ne valident pas ailleurs, et qu’il offre une tribune au racisme, à l’antisémitisme et à l’islamophobie… »

Frédéric Haziza (La Chaine Parlementaire et Radio J) ne fait pas mieux en délivrant son gazouillis où il fustige à nouveau Taddeï qui inviterait des pseudo-intellos antisémites. M. Haziza s’est dans un passé récent illustré en refusant d’inviter Alain Soral au nom du respect à son grand-père mort à Auschwitz (je ne me risquerai d’ailleurs pas à relayer ce qui se dit à ce sujet, car l’homme a la plainte facile).

Cyril Hanouna entre dans la danse ou « Le Bal des Débutants »

Last, but not least, vendredi 15 mars, c’est Cyril Hanouna qui s’est risqué à la critique. Enfin, critique est un doux euphémisme. Dans son émission quotidienne d’acces prime-time (19h-20h, ça c’est pour Mamy Solange), consacrée à l’actualité de la télé, l’animateur, meneur d’une bande de chroniqueurs du métier rejoints par un Jean-Marie Bigard qu’on a connu mieux inspiré, avait semble-t-il une forte envie d’en découdre avec Taddeï.

Sous la formule « je matte ou je zappe », chacun était appelé à se prononcer sur telle ou telle émission et à justifier, si possible avec talent, le pourquoi de son choix.

Entre la remarque d’un Bigard qui trouve que le débat gagnerait à ce qu’il y ait moins de débat (?), le producteur de télé Gérard Louvain qui matte et a le sentiment d’être moins con parfois et un obsédé qui trouve que ça manque de c.., le Cyril Hanouna, en n’ayant semble-t-il prévenu personne de son initiative, s’en est pris assez vertement à Frédéric Taddeï et son émission.

Il a d’abord construit (enfin le verbe est sans doute un peu trop fort) son argumentaire sur le fait que ce n’était pas un succès d’audience (mais est-ce que c’est ce qu’on lui demande?). En gros, si à 7 ans, tu n’as pas tes 20 points d’audimat, tu as raté ta vie à la télévision. Comme certains lui ont fait remarqué que le propre de ce type d’émission, ce n’était pas forcément de faire péter les scores, Hanouna s’est fâché encore plus rouge en laissant comprendre le fond de sa pensée.

Il a dénoncé le fait que Taddeï ait commis le crime horrible de prendre la place (que semble-t-il on lui a imposé) de Bruce Toussaint, dont le projet de rentrée, un talk show bavard, a fait un flop. Il semble qu’Hanouna n’aime pas qu’on fasse du mal à ses copains.

Et puis, Hanouna a finalement lâché, entre deux éructations, sa réelle motivation, dans le droit fil des accusations des consorts Cohen/Askolovitch/Haziza. Il a parlé du problème d’offrir une tribune « à ces gens-là ». On aura compris qu’il s’inscrivait dans la droite ligne des trois premiers cités, Docteurs de la Foi Cathodique et de la Vérité Acceptable, en reprochant à Ce Soir ou Jamais d’être un lieu de débat où peuvent aussi venir s’exprimer une pensée différente, marginale parfois, dérangeante souvent. Une pensée de droite. Parfois très à droite. Cyril Hanouna se garde bien de dire que pourtant, l’expression de ces propos est toujours très encadrée, par Taddeï lui-même, mais aussi et surtout par les contradicteurs qui sont en général en nombre et de qualité.

Je suis donc un peu sonné ce matin. Ma télévision, à la carte, était faite de Ce Soir ou Jamais (CSOJ), mais aussi de Touche Pas à Mon Poste. Je voyais en Cyril Hanouna un vrai gentil. Lui dont je matais les fesses sur Comédie il y a longtemps. Il inventais une autre télévision à sa manière. Mais en ce 15 mars 2013, il semble qu’il se soit laissé aller à un réflexe communautariste qui ne peut hélas que nourrir la vindicte et le ressentiments des observateurs qui vont crier à la conspiration pour avoir la peau d’un animateur qui détone dans le microcosme… Sans le talent d’orateur hélas.

Seule Enora Malaguet a su dire, avec justesse et force, tout ce que la culture de masse et la liberté d’expression avaient à gagner avec CSOJ et Taddeï et que les propos de son « chef » étaient minables et à côté de la plaque.

Il faut espérer que certaines voix d’intellectuels et d’artistes monteront pour dénoncer cette entreprise de « bashing » qui vise à sortir des grilles des programmes un des seuls moments de liberté d’expression qu’il reste aux Français, quelles que soient leurs opinions.

Alain Charrier




J’engueule Loulou, 2 ans… pendant que des fillettes « diverses » volent des offrandes païennes

Samedi 22 décembre 2012. Le Hameau du Père Noël à Andilly en Haute-Savoie est en ébullition. Dans quelques minutes, le Maitre des lieux va sortir de son sommeil -qu’a-t-il fait de sa nuit pour se lever à 19h ?- et circuler parmi les centaines de visiteurs venus en famille.

C’est un endroit hors du temps et des codes. Il y souffle l’Esprit de Noël et chacun joue le jeu. Parents, enfants,  et le jeune personnel au top de la figuration. Bon la neige manque un peu, mal remplacée par une pluie froide et pénétrante qui salit les pieds et mouille les joues des enfants.

Le religieux n’est nulle part. C’est plutôt le rouge, le bois et la lumière sous toutes les formes. Un train électrique court au plafond et des souris malicieuses grignotent pour l’éternité un gros bloc d’emmental (ben oui, y’a des trous…). L’imaginaire nordique des contes enfantins est sous nos yeux. Des gosses hurlent à tue-tête « Petit Papa Noël » au milieu des marches en demandant à des familles inconnues de reprendre en chœur. Ce qui se fait sans problème. Ne manque qu’une odeur de feu de bois et quelques vrais lutins au travail. On n’a vu d’eux que leurs petits lits ou leur garde-robe à sécher.

Alors, quand nous nous posons au pied de l’escalier pour la descente magistrale du Père Noël, je me réjouit naïvement de voir qu’une famille nord-africaine (nous sommes entre Annemasse et Annecy et leur présence est forte depuis quelques décennies dans le département) représentée par trois ou quatre générations de fillettes, de jeunes filles et de femmes, joue le jeu de l’intégration culturelle et partage ce moment de Paix et d’Amour dont on nous assure que ce sont les valeurs fondamentales de la nouvelle religion qui monte.

Las, j’ai vite perdu mes illusions en traversant la salle des totottes. Ici,  les ex-bébés deviennent de grands enfants en abandonnant à toujours leur sucette dans un grand coffre. Ils emmargent alors sur le grand registre, avec en échange la promesse d’un repas chaud pour un enfant du tiers-monde. Ca doit marcher car des milliers de totottes emplissent les tables, les sapins, les coffres et les panières… Il y a même la tototte de Superman, de Mickey, des Dalton, de l’Homme Invisible, etc. C’est dire si l’endroit est sacré.

Pourquoi alors a-t-il fallu que ces fillettes dont je m’étais réjoui de la présence se mettent à subtiliser les offrandes païennes ? Et qu’elles glissent des totottes trop sucées et même pas belles dans leurs poches… Sous le regard si peu réprobateur d’une mère qui se contente de limiter le nombre des prélèvements, avec le silence complice des grandes sœurs et de la grand-mère. Est-ce là le juste prix de la repentance éternelle pour lequel elles se font collectrices autoproclamées ? Ce sera donc toujours ça de repris à cette société française qui les rejette… Je ne vois pas d’autre explication.

Pendant ce temps, j’engueule Loulou, 2 ans, afin de lui faire comprendre qu’il est dans un sanctuaire et qu’on doit respecter les lieux et l’Esprit de Noël. Et que bientôt…

Alain Charrier




Annemasse : le maraîcher se bat pour garder ses terres agricoles, où la mairie veut ériger une mosquée

Pierre Grandchamp est bien connu dans le génevois. Ce maraicher bientôt soixantenaire exploite depuis des décennies, avec 15 employés, “La Ferme de Nicolas” sur 20 hectares à Annemasse, à la frontière franco-suisse, aux portes de Genève. Il écoule d’ailleurs 80% de sa production en Suisse, car il bénéficie d’un label de qualité GRTA qu’il a pu obtenir grâce à la qualité de ses produits et au fait qu’il est situé en zone franche.

Mais voilà, certain des terrains sont loués à la ville d’Annemasse. Notamment une parcelle de 0,7 hectare. Ce n’est pas faute pour Pierre Grandchamp de s’en être porté acquéreur il y a 27 ans, lorsqu’elle fut mise en vente. Pierre a hélas été doublé au poteau par la commune, qui a fait jouer alors son droit de préemption pour alimenter sa réserve foncière. La ville a ensuite loué les terres à l’exploitant, dans le cadre d’un bail qui se termine le 31 décembre prochain.

Entre temps, la société a bien bougé, la démographie a été fortement enrichie et, devant la demande de terrains par certaines associations cultuelles, la ville entend bien piocher dans sa réserve foncière et reprendre possession de son terrain… pour le vendre à l’association culturelle des musulmans d’annemasse afin d’y construire une mosquée. Moyennant un prix de 700.000 euros.

Pierre n’a rien contre les mosquées. Ni les églises d’ailleurs ou tout autre édifice religieux. Mais il vous le dit droit dans les yeux, les pieds dans les plants de courgette : il faut arrêter de bétonner sur les terres arables. Bientôt, il faudra passer la frontière pour trouver un peu de verdure. Il est vrai que les voisins suisses semblent plus attachés à la préservation des espaces verts, bien que confrontés, dans cette zone du génevois, à la même problématique démographique.

On ne peut suspecter Pierre de racisme ou de toute autre phobie. Son histoire familiale en atteste. Mais on peut déplacer un projet de mosquée. Pas des terres arables située en zone franche. situation qui permet à Pierre de vendre à l’Union Maraichère de Genève.  Alors Pierre se bat pour pouvoir racheter le terrain au prix de 700.000 euros, soit 100 euros le m² ! Ce qui en ferait à coup sûr le terrain agricole le plus cher de France, puisqu’une terre agricole se vend généralement 3000 euros l’hectare, soit 10.000 m². 30 centimes le mètre carré. 330 fois moins !

Pierre veut pour cela user de son droit de préemption (1 partout) en qualité d’exploitant agricole. Mais la mairie conteste la démarche qui ne peut s’appuyer que sur un bail agricole. Or, on oppose le fait qu’il s’agirait d’un simple bail d’occupation.

Bref, la situation est bloquée et on se dirige vers un bras de fer devant le Tribunal Administratif.

PS : je connais l’exploitation de Pierre et c’est un pur bonheur que de venir acheter à l’exploitation, une fois par semaine, les légumes frais de qualité qui font cruellement défaut ailleurs, pour faire les purées de mon petit fils.

Alain Charrier 

Source : La Tribune de Genève – http://www.tdg.ch/geneve/france-voisine/maraicher-veut-mosquee-salades/story/18349850