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Alain Ledoyen : Bienvenue en Zone Libre !

Bienvenue en Zone Libre !

Alain Ledoyen : bonapartiste par nostalgie et anti-libéral par décence

Questions pour Alain-Charles Ledoyen, animateur de Zone Libre : libertarien mais anti-libéral

RL : Bonjour Alain. Pourriez-vous vous présenter pour les lecteurs de RL ?

AL : J’ai des origines normandes et parisiennes mais, comme mon nom de famille ne l’indique pas, également grecques et romaines. Je suis né à Vernon et j’ai grandi dans une base militaire dédiée à la recherche scientifique et balistique, ce qui a contribué à me former en cohérence et à une certaine rigueur dans la façon de penser.
Après des études de droit et de sciences économiques où je me suis surtout consacré à l’action politique et au militantisme étudiant, j’ai intégré un cursus de concepteur en produits multimédias et internet à l’université de Versailles puis au Pôle Léonard de Vinci. Formation qui m’a permis d’intégrer « l’univers merveilleux de la télévision ». Milieu professionnel que j’ai quitté (notamment pour des raisons politiques) après 6 ans, pour celui du développement commercial et marketing dans l’immobilier parisien.

RL : Pourriez-vous nous indiquer les mouvements d’idées, penseurs, théories, qui vous ont formé et guidé intellectuellement ?

AL : C’est surtout la vie qui a formé mes convictions et qui continue à aiguiser mon mental, radical mais pragmatique. Mais si je dois citer des auteurs, je commencerais par Nietzsche, dont la philosophie et les formules tranchantes ont accompagné mes jeunes années enflammées. Puis Julius Evola, Ernst Jünger ou Joseph de Maistre ont rejoint le philosophe dynamiteur dans mon panthéon personnel.
Durant ce parcours « initiatique », j’ai eu aussi la chance de croiser et de rencontrer des figures vivantes de la radicalité comme Dominique Venner, Jean Mabire ou Rodolphe Crevelle qui ont contribué à former ma vision du monde et des hommes. Je retire de toutes mes lectures, de mes rencontres et de mes expériences humaines que la valeur des hommes et la qualité d’un peuple est plus importante que les projections dogmatiques et les systèmes politiques. On peut être en désaccord politique partiel avec une personne et chercher sa collaboration dans le cadre d’un projet communautaire, parce qu’on la sait crédible, compétente et que l’on connaît sa valeur… plutôt qu’avec d’autres avec qui on partage pourtant tous les items d’une pensée. Si l’on étend cette analyse aux peuples et aux institutions, nul besoin de théoriser longtemps pour comprendre qu’un système politique imparfait aura plus de chance de fonctionner à Riga qu’une constitution exemplaire à Harare… Ce constat socle le premier impératif de « Zone Libre » : concrétiser des projets grâce à la qualité des hommes et des femmes avant de rechercher l’alignement dogmatique « parfait ».

RL : Comment vous situez-vous par rapport à Éric Verhaeghe et le mouvement libertarien ? Comment est concrètement votre anti-libéralisme ?

AL : Je croise régulièrement Éric Verhaeghe que notre équipe a invité sur la chaîne. Le combat contre la dictature sanitaire a permis de mettre en lumière la clarté de ses analyses et sa formidable productivité qui fait le succès du Courrier des Stratèges.
Si je devais me définir, je dirais que je suis bonapartiste par nostalgie, libertarien par nécessité et anti-libéral par décence.
J’ai la nostalgie d’une France impériale qui donnait le « la » en Europe et un peu dans le monde. Napoléon ? Une personnalité immense, probablement le « plus grand homme » que la Terre ait porté, l’auteur d’une dizaine de Blitzkrieg, aussi spectaculaires qu’imprévisibles, le grand réconciliateur d’une France déchirée par 1789 et l’inspirateur d’une constitution, d’un style et d’une époque où notre pays n’a jamais autant brillé.
Mais tout cela est du passé, comme ce temps où l’État fonctionnait bien et remplissait la fonction de protection et d’émulation du peuple français. Aujourd’hui, les forces de la subversion animent toutes les strates d’un appareil étatique qui ne vise plus à représenter le peuple pour le protéger contre le monde mais plutôt à le soumettre et à le remplacer au service de l’extérieur. De la simple assistante sociale au conseiller ministériel, les agents du mondialisme et du wokisme sont en place pour accélérer l’agenda de notre effacement. Je suis donc libertarien par nécessité de sécession pour préserver notre substance culturelle et biologique des griffes d’un Moloch, dépravé et tyrannique. Et cette sécession, ces zones libres à développer peuvent prendre différentes formes comme celles d’entreprises, d’associations, de clubs de sport… ou même de projets d’expatriation (s’ils sont organisés par des personnes crédibles).
Et si j’estime que la décence exige d’être anti-libéral, c’est parce qu’aujourd’hui les discours sur la liberté d’entreprise ne servent que l’exonération fiscale des grands groupes et la vente à la découpe du patrimoine français quand les petites et moyennes entreprises doivent obéir à une réglementation hystérique et se soumettre à une fiscalité délirante. L’idéologie libérale post-moderne ne sert aujourd’hui que les loups bien gras, tous potes avec le berger, toujours donnés en exemple dans les magazines quand les milliers de petits et moyens entrepreneurs anonymes, mais utiles au tissu social du pays, sont méprisés et tondus fiscalement.

RL : Comment percevez-vous l’ingénierie sociale depuis début 2020, dite de la « grippe 19-84 » et de la « plandémie » ? Comment percevez-vous ceux qui refusent le vaccin et le passe sanitaire ?

AL : Cette crise est d’abord intime. Nos premières réactions face au confinement ont d’abord révélé ce que nous sommes personnellement. Face au « gel sanitaire » de la vie sociale française de 2020, un fonctionnaire hypocondriaque aura éprouvé une réaction différente d’un indépendant « vitaliste » mû par la nécessité de signer des contrats pour exister. Ce « vécu subjectif » de la crise explique que des personnes qui, jusqu’alors, partageaient les mêmes idées, ont pu violemment débattre jusqu’à l’insulte.
Mais cette crise révèle surtout la faiblesse d’un régime macroniste qui a d’abord traité le sujet avec laxisme avant d’imposer des mesures liberticides à une population terrorisée par les experts en blouse blanche des médias.
Je ne crois pas aux théories qui tendent à nous faire croire que tout était préparé, planifié et organisé d’avance pour nous soumettre. Les différents gouvernements disposent assez de conseillers et d’experts en communication pour saisir des opportunités et des accidents de l’histoire pour router des stratégies au service de leur agenda. Ainsi la mise sous cloche de la population française a laissé un temps de réflexion au régime Macron, pour lui permettre d’accélérer le contrôle social : le passe sanitaire est l’outil de ce contrôle accentué de la population.
La situation sanitaire de ce premier semestre 2021 (au regard de sa très faible létalité) ne justifiait pas l’application d’une telle mesure. Mais le mal est fait, plébiscité par une grande majorité de la population, soucieuse de pouvoir siroter son Spritz « sans prise de tête ».
L’application du passe sanitaire a justifié la mise au point technologique d’un outil de surveillance qui pourra désormais être appliqué pour d’autres raisons. Et c’est vraiment cela le danger. Surtout quand des écologistes appellent à une utilisation permanente du passe pour pénaliser ceux qui produisent une empreinte carbone « trop importante » !…
Face aux ayatollah verts et à tous les techno-transhumanistes cyniques, « pas de liberté sans identité et pas d’identité sans liberté » est un des slogans de la « Zone Libre ». Dans cette logique, nous participons aux manifestations contre le passe sanitaire organisées par Florian Philippot. Et notre revendication est sans ambiguïté : arrêt immédiat de l’application du passe sanitaire !

RL : Comment vous situez-vous par rapport aux mouvements comme par exemple le LPE de Thomas Ferrier, l’Équipe Communautaire Paris ou d’autres groupes ? Comment percevez-vous le combat métapolitique et intellectuel de Jean-Yves Le Gallou ?

AL : La spécificité de notre projet et notre forte implication dans la vie réelle expliquent une certaine distance vis-vis de la « natiosphère ». Néanmoins nous entretenons de bonnes relations avec les groupes et les personnes cités.
J’apprécie la profonde culture historique de Thomas Ferrier, sa grande connaissance de Rome et sa « soif d’Europe » que je partage.
Nous échangeons quelquefois avec les sympathiques membres de l’ECP et observons avec intérêt le développement de communautés militantes comme celles d’Academia Christiana, d’Avaricum ou de la Ligue du Midi.

Jean-Yves Le Gallou est un des « grands anciens » qui comptent, si je puis m’exprimer ainsi. Ses interventions à TV Libertés ou à l’Institut Iliade sont toujours pertinentes. Si son infatigable engagement dans le combat identitaire est à saluer, il faut aussi rappeler qu’il appartient à toute cette génération « Mégret » dont l’action incarna la « période lumineuse » du Front National. Une « parenthèse enchantée » qui fournit des têtes bien faites, ministrables, à un parti de tradition brouillonne et versatile.

RL : Pouvez-vous nous présenter la chaîne YouTube Zone Libre ?

AL : Zone Libre est née en mars 2020 du désœuvrement profond de trois Parisiens (Paul Fortune et Ludwig sont les deux autres animateurs de la chaîne) soumis au confinement. Il n’y a aucune stratégie politique ou plan média à l’origine de la chaîne !… Ceci pour que vos lecteurs comprennent les conditions d’amateurisme et de méconnaissance technique absolues dans lesquelles la chaîne a débuté !… Pour augmenter la difficulté de ce démarrage artisanal, nous nous étions même fixé deux défis ambitieux : « pas de triche », que des directs !…» ET « quoi qu’il arrive, on assure un direct par semaine, tous les jeudis soir à 21 h 00 ! ».
À ce jour, nous avons tenu ces deux paris en réalisant plus de 85 vidéos d’une durée moyenne d’une heure trente.
Des vidéos dans lesquelles nous traitons des problèmes identitaires, sociaux ou sociologiques de la France. Des vidéos animées par nous trois ou, avec la présence d’invités pertinents sur un sujet : Éric Verhaeghe, Michel Maffesoli, Yannick Jaffré ou Claude Chollet sont ainsi venus prendre le micro sur la chaîne…
Depuis, Terence et Éliane ont rejoint le triumvirat initial pour l’animation. Ils partagent tous deux l’esprit de curiosité intellectuelle de la chaîne et le désir de passer outre « les guéguerres de chapelles ». Car Zone Libre n’est pas un média militant qui veut « faire gagner une ligne » par tous les moyens en activant les clashs ou les trop nombreux « running gags » qui ponctuent le YouTube de la turbo droite. Notre moteur, c’est plutôt la volonté de percer un sujet, d’offrir des angles de vues différents à nos auditeurs et surtout de donner la parole à des auteurs ou à des politiques, non parce qu’ils conforteraient nos positions mais parce qu’ils portent un message important au moment où nous les invitons.

Depuis le début de l’été, j’anime un canal Telegram Zone Libre offrant du contenu complémentaire à la chaîne :
Notre démarche vise également à investir le réel en tant que pôle protestataire et communautaire dont la définition a été donnée sur le canal :

Qu’est-ce que la Zone Libre ? C’est un fight club, intellectuel et politique

C’est une organisation ? Une méthode

Une idéologie ? Un état d’esprit

Qui êtes-vous ? Ton prochain, ton lointain, ton voisin

Où êtes-vous ? Nous sommes partout et nulle part

Comment entrer dans la Zone Libre ? En connaissant son existence, tu y es presque…

Ainsi, depuis le début de l’été, nous pilotons des cortèges autonomes dans les manifestations anti-passe. De nombreuses autres initiatives suivront.

CL : Pouvez-vous décrire votre projet collaboratif « Impératif » de compétences professionnelles lié à la formation en ligne et au développement commercial ? Pépinière d’entreprises et confluence de talents ? Laboratoire de futurs entrepreneurs ?

ACL : Je lancerai prochainement une activité de formation en ligne dédiée au développement professionnel à l’attention des PME-PMI. Je souhaite y intégrer des amis avec qui je partage nos idées. L’idée étant de produire des ressources et de structurer un réseau fructueux. Le modèle économique de ce réseau sera la coopération, c’est-à-dire le partage de compétences et de ressources pour la réalisation d’un projet commercial à destination d’un marché extérieur. Un écosystème où chacun participe activement et s’implique dans une réalisation qui rompt avec les modèles gourous/abonnés-donateurs sévissant trop souvent dans la natiosphère. Des modèles qui nourrissent quelques individualités au détriment du grand nombre mais qui ont surtout pour effet pervers de rendre passifs et consommateurs tous ceux « qui paient pour avoir du contenu ».
La reconquête de notre pays et de notre continent passe d’abord par une prise de conscience et un changement personnel que chacun de nous doit opérer. Gandhi disait : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Mais cette prise de conscience et ce changement ne suffisent pas s’ils ne s’inscrivent pas dans une action réelle et motrice. Mon tempérament et mon expérience m’incitent à penser que les projets d’entreprises permettent de s’épanouir personnellement tout en portant des actions collectives.

CL : Vous avez vu l’évolution de Paris devenu « l’œil du cyclone » de la modernité dite progressiste et éveillée woke. Parlez-nous du Paris que vous voyez et vivez au quotidien.

ACL : La ville « gérée » par Hidalgo s’enlaidit à coup de chantiers interminables qui matérialisent une politique de la ville délirante où l’idéologie est omniprésente. Les jardins à la française sont transformés en friches, des sites traditionnels sont repensés en « ZAD » à coup de décorations « multicolores et infantiles », le plastique remplace systématiquement le bois et la pierre partout où des ouvriers « hidalguistes » sont à l’œuvre…
Tout ce qui a fait la beauté et le renom de la ville est systématiquement remis en cause et attaqué par la « cancel culture ». Les monuments, les rues aux « noms suspects », les bâtiments trop classiques sont dans le viseur du gang idéologique qui occupe l’Hôtel de Ville.
Ajoutez à cette politique progressiste une gestion calamiteuse faite de gaspillages et de gabegies (le déficit budgétaire de Paris atteindra 8 milliards d’euros cette année) et une politique du logement conduite par l’adjoint communiste Ian Brossat qui s’est donné pour mission de construire le plus rapidement possible un maximum de logements sociaux pour y placer un maximum d’étrangers.

Pas d’identité sans libertés, pas de libertés sans identité.
Canal de la chaîne YouTube Zone Libre, animé par Alain-Charles
https://www.youtube.com/c/ZoneLibre
Telegram
https://t.me/zonelibretv

Merci et bonne continuation…

Propos recueillis par Claude Lefranc

https://www.imperatif.eu/

Impératif s’adresse à ceux qui souhaitent s’accomplir socialement malgré la crise identitaire et économique qui frappe l’Occident.
Si tu lis ces lignes, c’est probablement parce que la curiosité et la recherche de solutions t’y ont guidé.
Et si la lecture des articles du blog répond à tes attentes et à tes exigences, manifeste-toi : c’est par tes commentaires, l’inscription à la newsletter et les échanges engagés que nous pourrons initier des collaborations fructueuses.
 
ACL. Serial-entrepreneur, la curiosité et le goût de l’aventure m’ont conduit dans de nombreuses contrées pas toujours amicales où j’ai pu observer l’humain et en apprendre beaucoup. Des certifications en thérapies brèves (PNL, AT, Hypnose ericksonienne), des recherches sur la performance dans le récit biographique (« modélisation héroïque »)… et une vie professionnelle à temps plein.