1

Les naturistes, les musulmans, et moi, et moi, et moi…

Mosaïque « des femmes en bikini » de la Villa du Casale, Sicile, IIIe siècle après J.-C.

Depuis le confinement, il me semble parfois que le temps devient encore plus élastique que d’habitude, se contracte ou s’étend selon les jours. Quoi qu’il en soit, nous voici déjà en août, et habitant au bord de la mer, j’observe parfois les habituels juillettistes et aoûtiens : ils sont là en général pour une semaine, et surtout pour aller à la plage. Il paraît que plus de la moitié des Français veulent y aller pour leurs vacances d’été, du moins ceux qui peuvent en prendre.
Ils barbotent beaucoup, nagent un peu, papotent, jouent au ballon, aux raquettes de plage ou au frisbee, très peu lisent, hélas, certains laissent des tout-petits en plein soleil entre midi et 16 h sans chapeau ni crème ni lunettes ni T-shirt, malgré les recommandations depuis des décennies. Ils contemplent la mer, et surtout, SURTOUT, ils BRONZENT. Car il faut, semble-t-il, absolument bronzer, pour montrer au retour que l’on est parti, parce que l’on se trouve en général plus beau bronzé, ce qui est logique si on vit à l’air et pas dans un blockhaus : black is beautiful

Je me demande pourquoi on a retiré les mots « blanc » et « blanchissant » de certains pots de crème et rien changé aux crèmes bronzantes et autres autobronzants. Certains Blancs veulent foncer et certains Noirs éclaircir, allez comprendre, on n’est jamais content. Je me souviens de la première fois où, enfant, j’ai vu un Noir, je me suis demandé pourquoi on disait qu’ils étaient noirs car je les voyais marron, de la nuance café serré à celle du chocolat au lait. Et je n’étais pas blanche mais rose saumon clair.

Maintenant je me demande pourquoi, dans ces histoires de Blacks et de Whites, on n’entend personne parler de la raison pour laquelle il y a des Noirs et des Blancs, chacun est tout simplement adapté à l’ensoleillement de sa région d’origine, c’est pourquoi des descendants d’Anglais ou Hollandais font des cancers de la peau sous les Tropiques, et des Africains des carences en vitamine D au Canada ou en Finlande.
Le bronzage n’a pas toujours été à la mode, autrefois on évitait soigneusement le soleil avec des ombrelles et capelines, le hâle était la marque des paysans, on fuit encore le soleil au Japon où l’on préfère le teint pâle.

Puis on a voulu bronzer le plus possible, au risque de se dessécher et vieillir la peau, et les maillots de bain ont évolué. Couvrant les épaules et le corps jusqu’aux genoux en 1900, ils ont raccourci jusqu’au slip pour les hommes, et au maillot une pièce pour les femmes, puis on est passé au deux-pièces couvrant, puis au bikini, qui n’est en réalité pas une invention récente si l’on en croit la mosaïque de la Villa Casale, du IIIe siècle après J.-C. … Puis le bikini s’est échancré, rapetissé jusqu’au string, est aussi devenu monokini, il y a eu le tankini, le trikini, les variantes improbables à la Borat (film de Larry Charles en 2006), et le… zérokini ! Et pour finir le burkini…

Le zérokini, c’est le naturiste, à ne pas confondre avec le nudiste, simple exhibitionniste. Les naturistes sont en général adeptes d’une philosophie de vie qui peut inclure méditation, écologie, vie dans la nature, liberté totale du corps, acceptation des différences physiques, végétarisme, et abolition des hiérarchies sociales et professionnelles par les vêtements : tous nus, tous égaux.
Il y a aussi le plaisir de sentir l’air, le soleil et le vent sur tout son corps, de se baigner nu, d’éviter les marques de bronzage, encore que ceux qui bronzent peu sont contents de voir la différence entre leurs fesses et le bas de leur dos.
Le naturisme est pour ses adeptes une libération. Ça se défend. Mais ça se discute.

La première fonction des vêtements est la protection contre le froid, mais pas seulement ; il y a l’élégance, et une foule de connotations… Force est pourtant de constater que la plupart des tribus les plus primitives n’ont eu de cesse, dès qu’elles sont sorties de la vie animale, de se fabriquer des pagnes, jupettes, étuis péniens et autres cache-sexes. Car c’est là qu’est le nœud, si j’ose dire, du problème. La grande majorité des gens font comme Georges Brassens : « Je ne fais voir mes organes procréateurs /À personne, excepté mes femmes et mes docteurs. »
Le cache-sexe sert aussi à protéger les muqueuses de la saleté, des irritations, infections, insectes et parasites.

Il y a des limites, des règlements, on se met en maillot de bain à la plage et à la piscine, mais pas dans la rue. On désapprouve, voire verbalise les dérapages, comme les hommes torse nu en ville. On tolère d’autre abus voulus ou non, les strings et mini-slips qui laissent apparaître les poils pubiens et les chemisettes ouvertes sur des ventres à bière dignes d’une femme enceinte de neuf mois.
Le bronzage et la baignade seins nus sont acceptés, mais semble-t-il, de moins en moins pratiqués, car certaine « minorité » fait savoir depuis peu qu’elle considère comme inconvenant qu’une femme se promène sans soutien-gorge sous son T-shirt car apercevoir l’existence de ses tétons l’offusque, comme les maillots de bain moulants pour les hommes, elle est déjà allée jusqu’à agresser verbalement et même physiquement des adeptes du monokini.
Que penser aussi des naturistes randonneurs, contraints en montagne de porter un pull mais qui marchent les fesses à l’air, comme si le froid épargnait certaines parties du corps ?

Les parties… dites honteuses il n’y a pas si longtemps, et rebaptisées intimes. Ces parties qu’autrefois des religieuses devaient cacher du regard de Dieu par un drap étendu au-dessus de leur baignoire, car Dieu voyait à travers le plafond mais pas à travers le drap.
Ces parties qu’Adam et Eve auraient cachées après le péché originel. Soit dit en passant, comment étaient-ils censés savoir qu’il était mal de désobéir avant d’avoir eu connaissance du Bien et du Mal grâce au fruit défendu ? Et pourquoi faudrait-il avoir honte de la création divine ? Mais si je développe ces questions, nous y serons encore après-demain.

Parties intimes, donc, privées. Comme la propriété privée. Car c’est une question d’espace spatial et mental.
Comme on ne montre pas son sexe n’importe où ni à n’importe qui, on ne montre pas non plus tout son espace mental, on choisit son public, on a son jardin secret.
Les parties intimes montrées à tous ont leur jardin d’Éden, leurs centres, campings, plages et villages de vacances réservés. Il semble que le terme « naturisme » ait été employé pour la première fois par Théophile de Bordeu, médecin, en 1768. On notera que la nudité n’était pas réprimée chez les Grecs, Romains et Celtes, ni actuellement dans les saunas scandinaves. En 1907 l’abbé Legrée, avec l’accord de ses supérieurs, emmena ses élèves se baigner sans maillot dans les calanques marseillaises. Hitler l’interdit en 1933, et le premier camping naturiste en France date de 1950.

Les gendarmes de Saint-Tropez ont eu beau se démener, il a fallu accepter le naturisme et instaurer une partition du territoire. C’était la seule solution. Car la majorité des gens n’apprécient pas de se montrer nus à n’importe qui ni de voir des inconnus nus, ni que leurs enfants y soient contraints. (La question du ressenti des enfants de naturistes est encore un autre vaste problème).
On a donc autorisé, délimité, réglementé et signalé des espaces naturistes, hors desquels le citoyen ordinaire ne risque pas d’être choqué par la vue de gens nus sans son accord.

Depuis quelque temps ont fait irruption en Europe des gens pour qui la partie du corps à cacher ne se limite pas aux organes sexuels, ils la nomment awra : ce qui fait honte.
Chez l’homme musulman, l’awra va du dessus du nombril au dessous des genoux. Chez la femme elle va de… TOUT son corps est honteux et à dissimuler, à part le visage et les mains, et encore, certaines musulmanes portent des gants et la burqa cache le visage, même le regard est handicapé par un grillage. Dans certaines zones, les femmes ne doivent même pas parler, au cas où le seul son de leur voix perturberait les hommes.
Les moins fanatiques prennent des libertés, portent le hidjab avec un jean moulant, mais on trouve facilement sur internet des maillots de bain spéciaux qui cachent entièrement l’awra masculine, genre legging court combiné à un bermuda large et long, et des burkinis, mot dérivé de bikini et burqa, attribué à Aheda Zanetti, une styliste australienne d’origine libanaise, vers 2004, tenue de bain moitié combinaison de plongée, moitié déguisement de Schtroumpf. L’étape suivante étant l’interdiction faite aux femmes d’aller à la plage.

La délimitation de zones permet aux naturistes de vivre en paix leur philosophie de vie sans rien imposer aux autres et vice versa, chacun vit comme bon lui semble sans gêner les autres, selon le principe chrétien « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent », et ces zones représentent une partie infime du territoire. Tandis que les musulmans imposent à tous, sauf aux bienheureux naturistes, leurs hidjabs, djellabas, abayas, barbes salafistes et prières de rue, et même niqabs et burqas au mépris de la loi française.

Mais en quoi cela dérangerait-il les non musulmans ? Après tout, si les musulmans sont contents d’avoir l’air de se promener en chemise de nuit de nos arrière-grands-pères dans la rue, de se ridiculiser déguisées en Schtroumpfs à la plage, de se complaire dans une position dégradante, ridicule et humiliante à quatre pattes, le front par terre, et d’être trempés comme des soupes sous un amas d’étoffes noires par 30° à l’ombre…

Non, ce n’est pas cela qui gêne les autres, sauf quand des rues sont bloquées, c’est l’idéologie qui va avec, que ces accoutrements moyenâgeux, voire antiques, représentent et véhiculent, qui vient d’un livre qui dit que les femmes sont inférieures aux hommes, qu’elles ne sont que des sous-humains qui ne valent que la moitié d’un homme en héritage et témoignage, qu’elles sont intellectuellement déficientes, ne sont que des biens comme des meubles ou du bétail, qu’une femme doit obéir en tout à son mari, qu’il a le droit de la battre s’ « il craint sa désobéissance », donc pour rien, et de la violer, car elle n’a pas le droit de se refuser à lui : c’est très exactement ce qu’en France on appelle l’esclavage domestique et sexuel, cette idéologie prétend régir toute la vie du berceau à la tombe et jusque dans les toilettes, et s’imposer à l’humanité entière de gré ou de force.

Ce livre dit aussi que les musulmans sont « la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes », mais à part la violence, le vol (la razzia n’est qu’un vol), l’arriération, la persécution des femmes et des « infidèles », l’obscurantisme et le terrorisme, cela fait 1 400 ans que l’on attend de savoir en quoi.

Ce qui est gênant, c’est aussi que les musulmans se comportent en fait dans l’espace public comme des nudistes, exhibitionnistes de cette idéologie qui ordonne de tuer, massacrer, amputer, crucifier, humilier, exterminer tous ceux qui n’en sont pas, ou de les y convertir de force. Ce qui révèle que l’islam ignore ce qu’est la liberté de pensée, qu’il ne PEUT PAS atteindre, et ce dans les deux sens du terme.

S’ils refusent de faire l’exégèse de leurs textes, de s’adapter aux pays qui les accueillent, il n’y a que deux solutions : la remigration ou la partition. Comme pour les naturistes. Mais les zones naturistes sont minuscules, ils seraient entre 3 et 4 % de la population française, et la pratique est en général saisonnière. Il est facile de comprendre le problème que poserait la partition du territoire selon les estimations de l’augmentation irresponsable de leur nombre, les zones musulmanes n’auraient de cesse de s’étendre, et ça m’étonnerait qu’elles laissent de la place aux zones naturistes… Où personnellement je ne tiens pas à aller, mais je tiens à la liberté.

Et ce qui est insupportable, c’est que le voile et autres accoutrements sont une insulte à toutes les femmes non musulmanes et à leurs aïeules qui se sont battues pour l’égalité de leurs droits, une insulte aux femmes qui ne sont considérées que comme des objets sexuels, et une insulte aux hommes qui ne seraient que des animaux en rut, obsédés et incapables de se contrôler à la seule vue d’une mèche de cheveux ou de quelques centimètres carrés de peau…

Alix Forrest




Vous avez tort, père Danziec, d’attaquer les athées

Vous avez tort, Monsieur l’Abbé, quand vous parlez du « grand froid de l’athéisme : négation de la transcendance, mépris des vertus chrétiennes, disparition du sens du sacré », dans le n° 4365 de Valeurs Actuelles du 23 juillet.

S’il est possible que certains athées en soient coupables, il ne faudrait pas oublier les athées chrétiens qui, à cause de, ou grâce à leurs racines chrétiennes, car il faut vouloir être aveugle pour ignorer la multitude de clochers qui parsèment la France, ne suppriment pas la transcendance, les vertus et le sens du sacré.
La transcendance, présence et/ou connaissance hors de portée de la raison, empêcha longtemps la recherche scientifique, niant ainsi la spécificité de l’humain qui est la perfectibilité. Grâce à la laïcité, la transcendance est devenue aussi, sans nier l’hypothèse divine et la liberté de croyance, ce qui excelle et même dépasse. Il reste pourtant un domaine, spécialité du christianisme, hors du chiffrage scientifique : l’amour. Et le christianisme est victime de son propre génie.

Seul le christianisme a dévoilé Dieu fait homme en Jésus-Christ. Les hommes ne sont pas devenus des dieux, mais le divin sacré incarné puis sécularisé a pu devenir la sacralisation de l’humain. L’homme n’est pas divin mais porte en lui soit l’étincelle divine, soit une part de l’Humanité en tant que transcendance.
L’athéisme et la laïcité ne méprisent pas les vertus chrétiennes. Ces vertus existaient avant Jésus, on les trouve dans d’autres religions et philosophies, l’Église n’a pas le monopole de l’amour, de la compassion, de l’altruisme, de la générosité, de la tolérance, mais elle les a mises en lumière et répandues. Notre devise les reflète : la liberté vient du libre arbitre, l’égalité de l’égale dignité des hommes et de l’égalité de leurs droits et selon les lois divines et/ou républicaines, la fraternité des paroles de Jésus : « aimez-vous les uns les autres » et « aime ton prochain comme toi-même ». Vers un même but : bien vivre ensemble, semblables ou différents, catholiques, protestants, juifs, agnostiques et athées.

Chrétiens et non-croyants fêtent Pâques et Noël, qui sont aussi les fêtes du printemps, de la vie renaissante, et du retour de la lumière (le soleil invaincu des Romains). Jésus est l’amour, la vérité et la lumière.

Ce bel idéal ne peut exister sans la réciprocité. Les lois doivent être respectées par tous, c’est la condition sine qua non de la vie en groupe et en société. La laïcité permet la liberté de culte, croyance ou incroyance par la tolérance mutuelle, tant qu’elles ne nuisent pas aux autres. Vous pensez que Dieu existe, c’est grâce à la laïcité que vous avez le droit de croire ce que bon vous semble, vous ne pourriez pas le faire dans certains pays, et ce n’est pas de ma faute si l’observation de la nature me prouve le contraire.

La spécificité du christianisme est que son concept du « prochain » s’étend à l’humanité tout entière, qui est sacrée, transcendée dans la figure de Jésus, Dieu incarné. Or nous sommes confrontés à l’irruption et à la violence de populations pour qui cette réciprocité n’existe pas, et qui n’a pas le même concept d’humanité. En islam, l’humain c’est le musulman. Le non-musulman ou le mauvais musulman doit être exterminé. Les musulmans de différentes obédiences se battent depuis des siècles, chacun étant persuadé que la sienne est la seule vraie ; une fille qui refuse d’épouser celui que son père a choisi n’est plus une bonne musulmane, elle peut être étouffée, brûlée, égorgée comme un mouton : comme le mécréant, le non-musulman n’est pas « humain ». On trouve dans le Coran quelques versets qui appellent à la bonté, à la générosité, à la tolérance, mais ils sont noyés sous un déluge d’autres versets ordonnant de tuer, massacrer, amputer, égorger, décapiter, exterminer les « infidèles ». Il y a les versets abrogés et abrogeants (il est surprenant que Dieu l’omniscient, parfait, ait changé d’avis), les chrétiens et les juifs ont su faire l’exégèse de leurs textes, on attend que les imams en fassent autant. De même que la notion d’humain ne semble pas être la même, celle de martyr non plus ; pour les Occidentaux, le martyr est celui qui est tué pour n’avoir pas voulu renier ses convictions, pas celui qui a été tué parce qu’il a tué.
On trouve normal que tous les gens vivant en France éprouvent de la compassion pour une famille musulmane accidentée mais on attend les manifestations de compassion des musulmans pour toutes les victimes d’assassinats et d’attentats commis par leurs coreligionnaires récemment et depuis plus de vingt ans.

Les valeurs des athées de culture chrétienne étant plus proches de celles des chrétiens, leur attachement au patrimoine chrétien architectural, musical, pictural et traditionnel n’étant pas sans importance, les chrétiens feraient bien de ne pas rejeter leur appui et leur fraternité.

Alix Forrest




Athée, je défends la crèche pour tous

Le Nouveau-né – Georges de La Tour, peint vers 1648,  huile sur toile, 76 × 91 cm, musée des Beaux-Arts de Rennes.

De récents actes de vandalisme contre des crèches et des crèches vivantes suscitent l’indignation des catholiques et autres chrétiens, mais aussi d’athées et agnostiques.
C’est l’occasion de rappeler que le vandalisme et la destruction ne montrent que l’incapacité de leurs auteurs : on ne détruit, en guise de moyen d’agir, que lorsque l’on est incapable de construire.

Mais pourquoi un athée voudrait-il protéger la manifestation d’une religion ?
Force est de constater que Noël est fêté aussi par des non-chrétiens, parce que cette fête est celle de valeurs communes à tous, amour, famille, fraternité, et aussi parce qu’elle est la survivance de festivités antérieures au christianisme.

Avant la christianisation de l’Occident, une fête appelée Dies Natalis Solis Invicti, « jour de la naissance du soleil invaincu » avait été fixée au 25 décembre par l’empereur romain Aurélien en 274, c’était aussi la naissance de la divinité solaire Mithra, (le culte de Mithra est apparu probablement pendant le IIe siècle av. J.-C. en Perse. Durant les siècles suivants il s’est propagé dans tout l’Empire romain et a atteint son apogée durant le IIIe siècle. Ce culte était particulièrement implanté chez les soldats romains), et on fêtait le solstice d’hiver parce qu’il annonce le début de l’allongement des jours, le retour de la lumière, chez les Celtes et les Scandinaves des siècles avant que Jésus ne devienne la Lumière du monde.

Le meilleur de la civilisation occidentale, respect de la vie humaine, fraternité, égalité des droits, démocratie, liberté de pensée… vient des principes moraux juifs et chrétiens :
Il n’est pas nécessaire d’être croyant pour aimer et vouloir protéger l’héritage moral, spirituel, historique, artistique, architectural, musical, et traditionnel du christianisme.
De même que Valéry Giscard d’Estaing a dit que la gauche n’a pas le monopole du cœur, l’Église n’a pas non plus le monopole de l’amour.

Loin de vouloir offenser les chrétiens, et encore moins de demander de transformer le christianisme en auberge espagnole, l’adhésion d’athées à ce que représente la crèche est justement la reconnaissance de l’apport inestimable du christianisme à notre civilisation.
Ce serait un comble si des athées devaient défendre le christianisme sans les chrétiens et même contre.
L’abandon de la religion catholique ne signifie pas celui de la philosophie et de la morale chrétiennes.

La naissance de Jésus ne s’est peut-être pas déroulée exactement comme dans la tradition chrétienne, mais les légendes ont toujours un fond de vérité. La crèche raconte la merveilleuse histoire de la naissance d’un petit enfant venu apporter l’amour, l’espoir, la bonté, la fraternité.
Le tableau « Le nouveau-né » peint par Georges de la Tour vers 1648 illustre parfaitement ce que le christianisme a apporté à l’humanité indépendamment de la foi, respectable comme l’athéisme, et toute liberté de pensée.

La magie du clair-obscur y révèle l’essentiel. Il y a très peu de lumière et elle éclaire le petit Jésus qui vient de naître. Ce bébé divin, sacré, dort la bouche ouverte, dans les bras de sa mère, et son nez et sa tempe brillent : comme tous les bébés, il transpire, ce n’est pas un être parfait non soumis aux faiblesses et imperfections humaines, il est à la fois dieu et homme.

Le nouveau-né est l’être humain le plus fragile, le plus vulnérable, et parce qu’avec Jésus, Dieu s’est fait homme, il y a dans tout humain l’étincelle divine, ou la spécificité de la vie humaine qui la sacralise et oblige à la respecter, et à respecter et préserver sa dignité.

Les humains vivent en groupes, sans griffes et sans crocs, c’est leur complémentarité qui leur a permis de survivre, les plus forts ne pouvant se passer de l’habileté et de l’ingéniosité des autres. C’est bien ce que représente la crèche provençale en plaçant Jésus dans un village modeste et en illustrant tous les métiers et habitants, y compris le « ravi ».

Comment nier la filiation de notre devise Liberté-Égalité-Fraternité avec la nouveauté du christianisme : amour, pardon, universalité, libre arbitre ? Comment oublier que c’est par Jésus (« il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. ») que nous bénéficions de la séparation de la religion et de l’État, grâce à laquelle l’Occident a progressé dans tous les domaines ?

Que Jésus soit divin ou pas, la crèche représente avant tout un couple et un bébé, l’amour et la filiation, le devoir de fraternité et de protéger et éduquer les enfants ; les chrétiens auraient bien tort de rejeter son appropriation par des non-chrétiens puisque le Noël chrétien s’est greffé sur d’autres traditions et décore ses églises de branches de sapin, l’arbre qui conserve sa verdure en hiver. Rejeter la crèche c’est faire preuve d’un anti-christianisme primaire et aveugle, refuser la crèche laïque, culturelle et festive, c’est refuser de reconnaître ce qui unit les hommes de bonne volonté.

Tout le monde peut entrer à Rome mais pas à la Mecque ; contrairement au christianisme, l’islam ne reconnaît pas la même dignité aux deux sexes, ni les mêmes droits aux musulmans et aux non-musulmans, en témoignent l’inégalité des droits des hommes et des femmes dans la charia et le statut humiliant des dhimmis, sous-citoyens tenus de payer la taxe « jizya » aux musulmans en échange de « protection » (contre quoi à part les musulmans ?). C’est que la notion d’humanité n’est pas la même dans les deux idéologies. Le non-musulman ou l’apostat doit être humilié, converti ou massacré. Seul le musulman est « humain » : donc si l’on peut le devenir en se convertissant à l’islam et perdre son humanité en le quittant, qu’en est-il de cette notion d’humanité ?

La fraternité, la tolérance, ne peuvent se passer de la réciprocité : « « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse », ou « traite les autres comme tu voudrais être traité ». Pourquoi peut-on construire des mosquées en Europe alors que l’on ne peut pas bâtir des églises en terre d’islam ? Refuse-t-on aux musulmans les mêmes droits qu’aux autres citoyens en France ?

L’islam ne s’est imposé presque toujours que par la force : une idéologie n’est bonne et ne se répand comme telle que par ses résultats…
La crèche représente l’amour, la famille, la sacralité de l’humain, sa dignité, la fraternité et l’égalité entre tous les hommes et femmes, le respect de la vie, l’avènement du règne de la Lumière, celle de Dieu ou celle de l’esprit, l’espoir d’un monde meilleur, terrestre ou non : ces valeurs ne sont pas réservées aux croyants.

Saccager une crèche n’est que la démonstration de la sauvagerie, de la barbarie, de l’intolérance, du refus des racines et de l’Histoire, c’est tout bonnement un acte fasciste contre la liberté de penser et de croire ou pas… Perpétré à Toulouse contre des enfants par des antifascistes auto-proclamés !

Il n’est pas acceptable de refuser la préservation des traditions qui nous rappellent nos origines et notre devoir moral.
JOYEUX NOËL !

Alix Forrest




Issa Hamad encourage les musulmans à retourner dans leurs pays

Que faire ? Manifeste du Musulman Maghrébin Éveillé de France
Issa Hamad Éditions du Ribat 2017

Le titre de ce livre est aussi trompeur que son contenu est instructif.

On ne pourrait qu’espérer que l’auteur appelle à examiner objectivement la situation des Maghrébins vivant en France, (les Musulmans Maghrébins Éveillés de France ou MMEF), pour développer l’esprit critique et sortir de la pensée archaïque. Pour réfléchir intelligemment aux meilleures solutions pour bien vivre dans le pays d’accueil tout en conservant le meilleur de sa culture d’origine.

Mais avec près de 60 ans de retard, il appelle à continuer le combat contre la colonisation : il affirme qu’elle a provoqué la misère. C’est oublier un peu vite la construction des hôpitaux, écoles, routes, bâtiments publics, exploitations agricoles (alors que l’Algérie doit massivement importer des produits agricoles actuellement) et surtout la prospérité de l’Algérie avant son indépendance, certes défendable, mais dont on voit le résultat.

Il oublie aussi sa première colonisation par les Arabes et la conversion de force des Berbères et Kabyles à l’islam, mais il affirme que c’est ce qui leur est arrivé de meilleur ! On sait de plus que la France n’a d’ailleurs pas colonisé l’Algérie, elle l’a créée, puisqu’elle était alors sous domination turque, et cela pour mettre fin aux razzias sur les côtes françaises de Méditerranée.

On sera bien avisé de comparer cette opinion à l’excellent ouvrage de son compatriote Rachis Aous « Aux origines du déclin de la civilisation arabo-musulmane : Les sources du sous-développement en terres d’Islam » (Éditions Les Patriarches Dar al-Uns -2009), où il est entre autres démontré que la langue arabe, que Issa Hamad encourage à enseigner aux enfants musulmans en France, a contribué largement à ce sous-développement.

Il exhorte à tout rejeter de l’Occident qui serait une culture décadente, de mort et de pensée unique : c’est bien entendu le monde musulman le plus ouvert au multiculturalisme et à la tolérance et qui garantit le meilleur niveau de vie à toutes les couches de la population dans le monde, sans oublier son respect de la vie avec un éventail de châtiments corporels (flagellation, lapidation, amputation, égorgement et décapitation) qui témoignent d’une haute idée de la dignité et de l’intégrité de l’être humain… Issa Hamad le prouve par ses connaissances scientifiques : il recommande de ne pas vacciner les enfants car ce serait la cause de l’autisme et de la sclérose en plaques, un savoir sans doute dû aux « savants » musulmans qui affirment au XXIe siècle que la Terre est plate.

Rejetant sur les autres ses propres travers, il accuse l’Occident de totalitarisme aliénant, l’islam n’étant bien entendu pas vecteur de pensée unique puisque, champion du vivre-ensemble, il ne vise qu’à détruire tout ce qui n’est pas musulman : il doit régir tous les aspects de la vie et considère les droits de l’Homme, dont profitent les musulmans en Europe, comme sataniques et veut généraliser l’abattage halal, modèle de compassion pour la vie animale.

L’idée d’être reconnaissants à la France de bien vouloir généreusement accueillir les descendants des barbares qui pillaient ses côtes, enlevaient femmes et enfants pour les réduire en esclavage et ont chassé nos parents ou grands-parents au doux son de « la valise ou le cercueil », ne doit pas effleurer les MMEF, souvent logés, nourris et instruits gratuitement par la France.
On ne trouvera aucune trace de la honte qui devrait pourtant être éprouvée à ce propos, comme il ne vient pas à l’idée des jeunes générations françaises d’avoir l’indécence de réclamer aujourd’hui de la repentance aux jeunes Allemands pour les crimes du nazisme. Et pourquoi pas aussi aux Italiens pour l’invasion des Romains ?

Sa capacité à ignorer l’évidence est impressionnante : il prédit que l’Europe, qui connaît certes actuellement des problèmes économiques, va s’effondrer, alors que le Maghreb serait en plein essor, et il affirme que la vie en Europe est misérable : c’est sans doute la raison qui pousse tant de Maghrébins à venir, parfois au péril de leur vie, chercher une vie meilleure en Europe.

On trouve aussi l’affirmation que seul l’islam produit des liens harmonieux avec le sexe opposé et élève la condition féminine en lui promettant l’épanouissement. C’est sans doute la raison pour laquelle on trouve des centaines de livres témoignant de l’horreur de la vie de tant de femmes musulmanes relatant leur calvaire, femmes que le Coran (sourate 4, verset 34) conseille de battre pour éviter qu’elles ne désobéissent, avant même tout écart à la soumission totale aux hommes qui leur sont « supérieurs ». C’est sûr, l’épanouissement le plus enviable est de vivre bâchée comme un vieux tracteur au rebut, en supportant la honte d’être née fille, confinée à la cuisine, avec comme seule raison de vivre la reproduction, comme un bovin d’élevage.

Le voile, a fortiori intégral, est une insulte aux femmes qui ne sont considérées que comme des objets sexuels, et une insulte aux hommes qui ne seraient que des animaux obsédés, incapables de se contrôler à la seule vue d’une mèche de cheveux…

Il continue en encourageant la propagation de l’islam par le prosélytisme islamiste et la natalité, irresponsable quand on sait combien de familles ne vivent que des aides sociales sans lesquelles elles sont incapables de nourrir et éduquer leurs enfants. Et au lieu d’encourager ces enfants à profiter de la possibilité que leur pays d’accueil leur offre de faire des études avec la scolarité gratuite, les bourses et la discrimination positive, il conseille de leur enseigner la taqîya pour dissimuler ses funestes projets.

Il est convaincu que le « système français » surveille et espionne tous ses coreligionnaires, et tend franchement vers la paranoïa quand il considère que ce système ne vise qu’à les exploiter, alors qu’il offre les mêmes chances à l’école à tous les enfants, quelles que soient leurs origines.

Enfin, au lieu de profiter des possibilités qu’offre le pays qui les accueille, il exhorte les MMEF à ne pas s’intégrer et à se considérer comme des soldats clandestins en territoire ennemi, les Français ne pourront plus dire qu’ils n’étaient pas prévenus, il prône la désobéissance civile, le non-respect des lois de la République (on imagine quel serait le sort des ressortissants européens s’ils s’avisaient d’agir ainsi en pays musulman) et, plus encore que les actions d’envergure, le harcèlement par des milliers d’actes de délinquance qu’il appelle « piqûres d’abeille » pour déstabiliser le pays de l’intérieur et servir son grand projet qui est de le détruire, sans avoir le minimum de bon sens qui leur permettrait de comprendre que c’est scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Il préconise de former des groupes et explique même comment les organiser pour travailler à cette destruction.
Quant aux personnes d’origine maghrébine qui ne seraient pas d’accord avec ces projets, il appelle à les ficher comme le gouvernement Français a ses listes de fichés S.

Une seule bonne idée émerge : il conseille aussi l’hijra, le retour ou l’installation en pays musulman. On peut se demander pourquoi on voit davantage de musulmans venir en Europe que de musulmans partir dans tous ces pays où il fait bon vivre selon les lois du Coran.

Rappelons-nous, pour conclure, que quand une idéologie est bénéfique, elle séduit facilement et ne retient ses adeptes que par la persuasion et ses résultats, et que l’islam est la seule religion qui prétend convertir de gré ou de force le monde entier mais ignore que l’on ne peut jamais obliger un homme digne de ce nom à renoncer à sa liberté de penser, et la seule qui est obligée de punir de mort l’apostasie car, comme l’a dit Yusuf Al Qaradawi (1), « si l’islam ne tuait pas les apostats, il aurait disparu à la mort de Muhammad !  »

Alix Forrest

(1) Yusuf Al Qaradawi  : théologien, prédicateur et universitaire qatari d’origine égyptienne.

Lire également :

https://www.issahamad.net/presentation/