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Qui est responsable de la guerre en Ukraine ? Qui s’en réjouit ?

L’UE, on le sait, n’a pas d’armée pour faire la guerre. Néanmoins une ambition dominatrice insatiable la dévore.

Ses boursouflures étendent leurs tentacules empoisonnés bien au-delà de ses frontières, dans des pays où ses « ONG  humanitaires » financées en milliards par les contribuables européens fomentent la destruction des gouvernements en place par le soutien armé à des mouvements insurrectionnels, souvent terroristes appelés « résistants », dociles à ses ordres. De l’Ukraine à la Judée-Samarie c’est le même jeu. Une tactique partagée par l’Amérique d’Obama et de Joe Biden sa marionnette. Cela au nom du droit international bien sûr, que personne ne respecte. En particulier les 56 pays musulmans ou à majorité musulmane de l’Organisation de la conférence islamique dont la charte (mai 2008) les soumet au droit de la charia. Mais aussi l’Union européenne dans de nombreuses circonstances.

Curieusement la carte de l’UE actuelle complétée par celle des pays de l’Est qu’elle ambitionne d’acquérir évoque celle des pays conquis par le IIIe Reich, cet empire nazi européen sans frontières, judéophobe, cultivant une politique d’alliances déférentes avec le monde musulman et acharné à détruire la Russie communiste.

La chute du mur de Berlin (1989) et la possibilité d’une fraternisation des branches euro-chrétiennes réparties sur le globe n’a pas fait que des heureux. Dans les pays du sud de la Méditerranée, pour utiliser le langage codé de l’UE, on a versé bien des larmes, déplorant le péril d’une immigration de l’Est qui remplacerait celle du Sud. L’Angleterre dut donner des gages avec sa campagne de dénigrement du « migrant polonais ». D’autant plus que la rivalité des deux Grands avait favorisé la promotion d’un islam radical par les USA dans leur combat contre le communisme. Pour certains la période de la Guerre froide fut du pain bénit, si j’ose dire, qu’il fallait maintenir. Aussi la Russie qui tendit la main vers ses cousins de l’Ouest n’essuya qu’humiliations, dhimmitude oblige ! Les accords de Minsk furent violés par ceux qui prétendent respecter le droit international mais l’ont souvent ignoré.

Poussé par l’OTAN et l’UE, le gouvernement de Kiev n’a pas cessé par ses provocations militaires d’inciter à la guerre son gigantesque voisin. Jouant au boutefeu sans même avoir une armée, ferraillant sur la fourrure de l’ours, le président Zelenski, ex-comédien, n’a cessé de harceler Moscou au risque de provoquer cette apocalypse nucléaire qui livrerait une Europe réduite en cendres aux invasions des temps barbares. Déjà Erdogan qui célèbre régulièrement la victoire de Manzikert en 1071 incite l’OTAN à bombarder la Russie. On peut deviner la riposte.

Aujourd’hui le sénile Biden rejoue la guerre froide avec une Amérique gangrenée par le wokisme, une arme pour détruire la civilisation judéo-chrétienne, conçue et introduite par Edward Saïd, égypto-américain et pseudo-palestinien, membre émérite de l’OLP et ami fidèle du mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, allié d’Hitler. Accueilli à ses débuts à bras ouverts par tous les antisémites américains, le wokisme s’est rapidement propagé dans le parti démocrate sous Obama, tyrannisant les universités. Devenu, comme tout jihad, un mouvement anti-occidental et anti-chrétien il déstabilise aujourd’hui l’Occident. Voilà le contexte des gesticulations incohérentes de Biden et des sommations comminatoires d’une UE constituée de nations sans armées qui ont remplacé chez elles la liberté d’opinion par la loi sur le blasphème, le lexique des mots interdits et récemment la censure des écrivains. Dans ce chaudron attisé par des politiciens incompétents, les peuples européens comptés pour rien seront jetés pour s’étriller à coups de flèches nucléaires. Mais qui donc a créé cette situation de guéguerre en Ukraine, sinon l’arrogance de l’UE et la corruption de l’OTAN ?

Soudainement, du jour au lendemain, les Européens découvrent que les États-Unis et les pays de l’UE fournissaient de l’armement, de l’argent, des agents pour fomenter des troubles et des violences antirusses en Ukraine et même contre la population russo-ukrainienne. Et toute la presse s’enflamme subitement contre Poutine. La propagande russophobe devient assourdissante, les diplomates nous dévoilent doctement à la télé le plan américano-européen d’un prochain soulèvement populaire russe contre Poutine, d’une décomposition de la Russie par l’Otan et de son absorption dans l’Union européenne. On découvre aussi l’existence d’un fort parti nazi parmi la population ukrainienne pro-européenne. Nostalgies de l’alliance avec les nazis contre la Russie, ce colosse qui, durant la Seconde Guerre mondiale, résista au nazisme triomphant dans l’ensemble des pays européens conquis par la Wehrmacht ? Et pendant que des politiciens bien au chaud chez eux planifient la Troisième Guerre mondiale, nucléaire celle-ci, qui ensevelira des peuples entiers, des centaines de milliers de malheureux abandonnent, terrorisés, leurs foyers et s’enfuient.

Les parlements des pays de l’Union européenne ont-ils discuté avec les peuples qu’ils représentent de l’opportunité d’une telle politique, surtout après une pandémie de deux ans qui les a lourdement éprouvés ? Les gazettes et les télévisions ont-elles éclairé le commun des mortels des conséquences d’une telle aventure ? Ne faut-il pas informer le peuple puisqu’en démocratie c’est lui qui décide ? Et tous les pays de l’UE sont des démocraties, n’est-ce pas ?

L’ours a allongé sa patte sur les fanfaronnades de politiciens ubuesques qui attisent des passions haineuses, gesticulant et discourant alors qu’il serait temps au XXIe siècle que les peuples d’Europe finalement se réconcilient, se respectent – de l’Atlantique à l’Oural – et abandonnent les esbroufes face aux périls qui les menacent et que très démocratiquement la police de la pensée interdit de nommer.

Mais l’Europe a, depuis les années 1930, choisit son camp et tandis qu’elle préparait la diabolisation de l’ennemi à l’Est, elle construisait son avenir au Sud comme on l’apprend ici : Le Conseil de l’Europe propose d’enseigner l’histoire de “l’islam d’Europe”, de renforcer la participation politique des communautés musulmanes, de satisfaire leurs exigences religieuses… (breizh-info.com)

Bat Ye’Or

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Bat Ye’or pour Dreuz.info.




Juifs de France : racines historiques de la dhimmitude actuelle

Pierre Lurçat a fait un bien triste constat : le silence de la communauté juive française et de ses nombreux amis non juifs lors de l’attaque génocidaire du Hamas sur l’ensemble de la population d’Israël en mai 2021. Génocidaire parce que le Hamas, comme l’OLP, ont inscrit dans leur Charte l’éradication de l’État et du peuple hébreu, but central du nazisme également. Cette communion idéologique ne devrait pas étonner quand on connaît la stratégie fusionnelle du djihadisme et du nazisme dès les années 1930 et dont Amin al-Husseini, le chef palestinien, fut le ténor le plus représentatif sur la scène internationale et notamment dans l’oumma. Cette collaboration nazie-djihadiste sur les fronts de guerre et de la propagande continua dans la guerre de 1948-49 contre Israël quand dès 1947 les mercenaires des pays arabes frontaliers renforcés par ceux d’une Wehrmacht en déroute envahirent la Palestine encore sous mandat britannique pour harceler le Yichouv.

Al-Husseini et Hitler

On peut comprendre pourquoi en 1948 la victoire de l’État hébreu fut accueillie avec une morne et funèbre hésitation dans une Europe où, trois ans plus tôt sous les régimes de la collaboration avec le IIIe Reich, le nazi-djihadisme fleurissait en toute impunité dans les camps de déportation et d’extermination sur tous les territoires des pays occupés. Si bien que de nombreux nazis  des deux côtés de la Méditerranée s’islamisèrent et que Hitler et Himmler rêvaient d’une Europe musulmane, débarrassée de son christianisme contaminé par ses racines juives. Ainsi débutèrent les refus répétés euro-djihadistes en 1949, 1967, 1973 etc. des victoires israéliennes, les subventions faramineuses aux populations arabes de Palestine privilégiées dès 1949 par un statut unique générationnel de réfugiées héréditaires, et les plans de paix euro-arabes qui n’étaient qu’un suicide déguisé imposé à Israël.

Mais cette situation de dhimmitude que déplore Lurçat, n’est pas seulement celle des Juifs de France, elle est celle du judaïsme européen laminé par la Shoah. Prévisible dès  novembre 1973 par la reddition de la Communauté européenne au terrorisme djihadiste de l’OLP soutenu par le boycott du pétrole de la Ligue arabe, la dhimmitude se développa en Europe dans les années 1980s-1990s par les menaces contre les synagogues et les lieux culturels juifs et israéliens. Cependant cette dhimmitude qui censure la parole, exonère l’agresseur et accuse la victime, qui maintient les populations dans la peur n’est pas réservée aux seuls Juifs français. Elle pèse sur les Européens quelles que soient les religions et dont les villes parcourues de foules haineuses évoquent les manifestations djihadistes d’Irak, de Syrie, d’Égypte, du Maghreb. Cette dhimmitude que vivent tant de populations européennes qui ignorent même ce mot ne concerne pas d’ailleurs que les Juifs. Qui donc a vu dans les rues d’Europe de grands rassemblements favorables aux Arméniens protestant contre les attaques unifiées des Azéris et des Turcs dans la province arménienne du Karabakh ?

Cette dhimmitude, n’en sommes-nous pas en partie responsables ? Comment peut-on lutter contre quelque chose que l’on ne voit pas, ne comprends pas ni ne nomme ? Et si l’on est si aveugle, si démuni n’est-ce pas parce que les « Hautes Autorités Suprêmes » qui détiennent les clés du Savoir et leurs réseaux de gauleiters ont interdit ce champ particulier de la connaissance, qui pour l’observateur et analyste des mutations de sociétés sur le temps long, n’est autre que la transformation de civilisations dont l’Histoire nous offre tant d’exemples. Trahisons pour les perdants ? Heureuses opportunités pour d’autres ? Pour ne pas dire collaborateurs.

Bat Ye’or

http://vudejerusalem.over-blog.com/2021/06/racines-historiques-de-la-dhimmitude-actuelle-bat-ye-or.html




La Résolution 2334 de l’Onu : une victoire pour le djihadisme

Un vote au Conseil de sécurité de l’ONU. (Image source : Département d’État des États-Unis)

Quelles sont donc ces colonies israéliennes qui obsèdent tant les nations ? D’immenses territoires à des milliers de km d’Israël, au-delà des mers ? Comment ce minuscule peuple les a-t-il conquis ? Rappelons les faits : en 1948 la Ligue Arabe décréta un jihad pour anéantir l’Etat hébreu. Les armées de cinq Etats arabes franchirent les frontières de la Palestine, territoire sur lequel le Traité de San Remo (1920) avait reconnu la légitimité d’un Foyer national juif. L’Egypte s’appropria Gaza, la Syrie campa sur le Golan et la Transjordanie colonisa la Judée-Samarie et la vieille ville de Jérusalem. Leurs habitants juifs furent tués ou chassés par les colons arabes qui s’emparèrent de leurs possessions, de leurs maisons et détruisirent leurs synagogues et leurs cimetières.

Les combats cessèrent sur des lignes d’armistices et de cessez-le-feu, il n’y eut ni paix ni frontières reconnues. Mais Israël ne fut pas éradiqué à la grande déception des millions d’Européens nazis et de leurs collaborateurs. En outre il accueillit la majorité de plus d’un million de juifs dépouillés et chassés des pays arabes. Aucun Etat européen ne protesta contre la colonisation islamique des territoires judéo-palestiniens, l’expulsion de leurs habitants juifs et la confiscation de leurs biens, ni contre les persécutions des juifs dans les pays arabes. Entre 1949 et 1967, les Israéliens rassemblés sur un territoire exigu dépourvu de frontières internationales, subirent les attaques jihadistes incessantes de leurs voisins.

En 1967 à nouveau, les armées coalisées de l’Egypte, la Syrie et la Transjordanie envahirent Israël pour le détruire mais cette fois-ci Israël reprit tous les territoires perdus en 1949, devenus judenrein, arabisés et islamisés. Ce sont ces territoires d’où les juifs palestiniens furent chassés et où ils reviennent que l’Europe appelle colonies juives. Ils se nomment Jérusalem, la Galilée, la Judée-Samarie.

La guerre de 1967 s’acheva par une défaite arabe. A nouveau le camp arabe refusa la paix et des lignes d’armistices séparèrent les combattants. La Résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU (22 novembre 1967) recommanda la solution des deux vagues de réfugiés, juives et arabes et les conditions d’une paix négociée entre Israël et les Etats arabes qui avaient occupé et colonisé en 1949 des territoires judéo-palestiniens. Elle ne mentionnait pas de peuple palestinien, car il n’existait pas à l’époque. Les Arabes, déterminés à détruire Israël, refusèrent cette résolution.

La victoire-éclair d’Israël en 1967 humilia la France qui cherchait après ses guerres meurtrières de décolonisation et la perte de ses nombreuses colonies musulmanes à se rapprocher des Arabes en jouant la carte antisémite. La Résolution 242 avait été rédigée en anglais, la France la traduisit en français en la falsifiant. C’est cette interprétation qui est aujourd’hui imposée. La France avait eu des liens privilégiés avec le chef palestinien des Frères Musulmans Amin al-Husseini, mufti de Jérusalem allié d’Hitler et du gouvernement de Vichy et cette alliance enfanta le « peuple palestinien » créé par Arafat, neveu du mufti et représentant de l’OLP. La France, qui avait sauvé le mufti du tribunal de Nuremberg, fut la première à reconnaître Arafat et à l’imposer à la Communauté Européenne encore réticente. Pour se faire admettre sur la scène internationale le « peuple palestinien » utilisa la terreur par l’innovation de la piraterie aérienne, les prises d’otages des civils et les attentats en Europe.

En octobre 1973 l’Egypte et la Syrie attaquèrent de nouveau Israël et essuyèrent une nouvelle défaite. Mais cette fois-ci l’OCI décréta un boycott du pétrole pour tous les pays qui ne reconnaîtraient pas Arafat et l’OLP et ne soutiendraient pas les causes arabes (Declaration of the Arab Summit Conference at Algiers November 28, 1973). L’Europe s’empressa d’adopter la position française en décembre 1973 et planifia avec l’OCI un agenda de mesures politiques visant à détruire l’Etat hébreu par la négation de ses droits souverains et son cantonnement sur un territoire indéfendable. La résolution 2334 couronne aujourd’hui cette politique qui se développa en plusieurs étapes et servit de socle à une stratégie euro-islamique de fusion dans tous les domaines, au mondialisme et à l’édification d’un pouvoir décisionnaire supranational de l’ONU.

En premier lieu un « peuple » arabo-palestinien artificiel fut créé avec la mission de remplacer le peuple d’Israël. Une armée européenne d’historiens faussaires et de chrétiens arabes dhimmis lui transférèrent les caractéristiques historiques du peuple juif. Investi d’un destin salvifique de libération universelle contre le Mal, l’Occupation, la Colonisation symbolisées par Israël, le peuple-victime palestinien devenait le symbole de Jésus crucifié sur la croix par le nazisme sioniste. Les islamophiles français Louis Massignon et Jacques Berque furent les grands concepteurs de cette inversion des rôles entre les victimes juives du nazisme et les bourreaux nazis qui furent secondés par leurs alliés musulmans sur les champs de bataille et dans les camps d’extermination, sous la guidance du mufti.

Les noms des villes et des territoires furent islamisés : Jérusalem s’appela al-Kuds et la Cisjordanie remplaça la Judée-Samarie; le jihad et la dhimmitude devinrent des mots tabous. L’OCI et ses satellites, dont l’Europe, ayant ordonné la disparition programmée d’Israël, aucun argument n’entraverait sa condamnation et la campagne haineuse la justifiant par la subversion des mots et du langage. Inutile de plaider, ni la vérité ni la morale n’infléchirait ce verdict : Israël était la cause de la guerre, des attentats terroristes, de l’injustice, de tous les maux dont souffraient le monde islamique et l’Europe, victime du terrorisme jihadiste qu’elle attribuait à l’existence d’Israël. Le combat pour la disparition d’Israël s’appela une juste cause, le combat pour la paix.

L’alliance euro-arabe s’ingénia à criminaliser les Israéliens pour avoir restauré leur Etat dans leur patrie historique. Leur souveraineté nationale, leur enracinement culturel et historique, leur survie, leurs succès et leurs victoires militaires spectaculaires leur furent reprochés et dénigrés. Reprenant vie dans la haine palestinienne, les pouvoirs nazis-islamistes s’ingénièrent à neutraliser au plan politique les succès de l’Etat hébreu pour le maintenir dans l’indignité, la précarité et l’insécurité. Sans cesse harcelés par les gouvernements européens et leurs armées de dhimmis, les Israéliens, coupables d’exister, devaient s’en excuser, entretenir humblement leurs ennemis et subir sans protester ni se défendre leur terrorisme sanglant. Leur faute ? Ils refusaient de se fondre et disparaître dans la dhimmitude en cédant leurs droits et leur histoire au peuple créé par l’alliance euro-arabe pour les remplacer. Arme jihadiste de l’Oumma, l’OLP incarnait son idéologie théologique qui justifiait l’expansion islamique et son appropriation de tous les espaces, effaçant les cultures et les peuples antérieurs, imposant partout son droit, ses mœurs, ses croyances. Les chefs d’Etat, les ministres européens, les Eglises, les chrétiens dhimmis devenus ses courtisans, lui prodiguaient leur aide, trop heureux de ramasser son or en balayant devant ses pas les débris de peuples et d’histoires, obstacles à son avancée qui les débarrasserait enfin d’Israël. Et – ainsi croyaient-ils – les débarrasserait rien que d’Israël…..parachevant la Shoah commencée en Europe afin qu’émerge un monde, une humanité enfin sans Israël.

Alliés aux terroristes anti-Israéliens qu’ils appelaient une juste cause, les nourrissant spirituellement, les finançant, les gouvernements européens se croyaient en sécurité. Mais devinez quoi ? Cette politique de l’Oumma contre Israël soutenue activement par ses courtisans européens et dhimmis, s’est déchaînée contre les peuples européens. Les terroristes attaquaient les Israéliens pendant leurs fêtes ? Maintenant ce sont les Européens qui célèbrent les leurs, protégées par une armée de militaires. A leur tour, ils constatent la création d’un peuplement de remplacement dans leurs pays, doté de tous les droits qu’on leur supprime. A leur tour, ils sont forcés de renoncer à leur identité nationale, historique, culturelle et religieuse, de s’excuser et de se culpabiliser d’exister. A leur tour, ils doivent surveiller leurs frontières et garder militairement leurs aéroports, leurs écoles, leurs trains, leurs rues, leurs villes. Les gouvernements européens qui ont médité la destruction d’Israël ont œuvré conjointement avec les ennemis d’Israël à la destruction de leur propre peuple, de leur souveraineté, de leur sécurité et de leurs libertés car il s’avère que les ennemis des Israéliens sont les pires ennemis des chrétiens. L’OCI flattant leur haine inavouée d’Israël, les aveuglant par son or a conduit fermement les lâches et les pleutres, les poltrons et les pusillanimes, sous le fouet du terrorisme vers le déshonneur et le néant.

La Résolution 2334 est le point culminant de cette politique mais elle n’est pas la dernière page de l’histoire. La Syrie, le Liban, l’Irak, la Libye, n’existent plus, l’Egypte survit à peine, le jihad brûle dans son chaudron les peuples musulmans qui rêvaient de le mener contre les juifs et les chrétiens. Les clergés et les intellectuels arabes dhimmis, inspirateurs de l’alliance euro-arabe contre Israël et de la falsification palestinienne, voient leurs communautés décimées par leurs propres mensonges. Dans une Europe ruinée, dépecée par des communautarismes hostiles, les peuples se lèvent pour envoyer dans les poubelles de l’histoire les serviteurs zélés de l’OCI. Inquiets de la fureur populaire, les ministres n’osant plus mentir, sont forcés de reconnaître le jihadisme et de lui attribuer le terrorisme plutôt qu’à Israël.

L’avenir écrira peut-être dans les pages de l’Histoire, la réconciliation des peuples fondée sur la reconnaissance de la légitimité du retour d’Israel dans sa patrie. Car cette reconnaissance portera en elle l’annulation du jihad contre tous les non-musulmans. Elle en est la condition sine qua non. La paix avec Israël garantit la paix de l’islam avec les chrétiens et avec la diversité du monde. C’est peut-être cela la mission du retour d’Israël sur son lieu d’origine et le sens du combat de ce petit peuple seul au carrefour sanglant des nations.

Bat Ye’Or

Bat Ye’or auteur de Eurabia : l’Axe Euro-Arabe et de L’Europe et le Spectre du Califat (gagnant du prix du Meilleur Livre, Londres 2012), reçut un prix en Israël (1986) pour son travail sur le Judaïsme oriental, et le Prix du Courage Politique (Paris 2015) et à Bologne pour son livre Comprendere Eurabia, prix du Courage de la Parole Libre (2015).

https://fr.gatestoneinstitute.org/9733/uno-conseil-securite-israel




L’Europe des fatwas

1957 : un nazi, signe le traité de Rome qui donne naissance à la CEE
1957 : Walter Hallstein (l’homme avec les lunettes), un officier nazi, signe le traité de Rome qui donne naissance à la CEE. Il en devient le premier président.

Le Brexit a-t- il sonné le glas de l’Europe des fatwas ? Il a ravi tous les amoureux de la liberté qui honnissent les mensonges, la malhonnêteté intellectuelle, les dénis et les tabous du politiquement correct.

Les emportements du calife Juncker contre la Grande-Bretagne évoquant une guéguerre surprennent, venant du représentant d’une institution supranationale créée pour promouvoir la paix, l’amour de la diversité et l’harmonieuse entente des différences. Les Anglais seraient-ils exclus de cette doxa et interdits d’exprimer leurs différences parce qu’ils sont Européens ?

A voir cette violence vengeresse, on croirait que l’Angleterre prise à bras le corps, serait jetée hors de l’Europe.

Mais où ? En Afrique ? En Asie ? Quelque puissante que soit l’UE, s’imagine-t-elle qu’elle pourra déraciner l’Angleterre avec ses millions d’habitants du lieu où elle est pour la jeter hors de l’Europe ? A-t-elle consulté à ce sujet les quelques centaines de millions d’Européens qu’elle est censée représenter ?

Il est vrai que la plus grande confusion règne à Bruxelles où certains de ses délégués n’osent plus prononcer les mots Nord et Sud de crainte d’être accusés de racisme par les gens du Sud#, qui se disent au Nord, en tournant la carte pour que l’Europe soit sous le Sud. L’UE, pleine d’indulgence pour les non-Européens, s’efforce de mélanger le Nord et le Sud et d’amener le Sud qui s’intitule Nord pour qu’il n’y ait plus ni Nord ni Sud et que nous perdions toute orientation, c’est-à-dire tout racisme.

Hantée par le vieux rêve d’Hitler d’islamiser le christianisme, la Communauté européenne séduite – on ne trahit pas ses origines – vendant Israël en 1973 contre le pétrole, s’est depuis tellement rapprochée de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) regroupant 56 Etats musulmans, qu’elle peut avec honneur et fierté, s’afficher désormais comme OCIUE.

Brassant toutes ses paperasses qui emplissent ses immenses palais, elle emmêle la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) avec la Déclaration du Caire des Droits de l’Homme en Islam (1990) – cette dernière entièrement conforme à la charia. Pour ne pas faire de jaloux, l’OCIEU applique diligemment les deux au Nord, qui selon la fondation Anna Lindh pourrait tout aussi bien être le Sud. C’est pourquoi, recommande-t-elle, la prudence s’impose quand on parle du Nord et du Sud car on pourrait facilement être raciste.

Au moins l’UE, elle, demeure fidèle à ses concepteurs. Le premier président de la Commission européenne (1958-67), Walter Hallstein était un éminent juriste et officier nazi, proche collaborateur d’Hitler.

Dans le cadre juridique qu’il conçut pour la Nouvelle Europe dépourvue de frontières et gouvernée par Hitler et Mussolini, heureux alliage du nazisme et du fascisme, il envisageait la disparition de la «race juive». Le gouvernement de Vichy y fut très favorable. Sans nul doute Maurice Couve de Murville, haut fonctionnaire de Vichy et architecte de la politique arabe de la France, dut se féliciter de retrouver cet ancien collaborateur.

Aujourd’hui, cette immigration à marche forcée du Sud vers le Nord qui est le Sud, pour ne pas être raciste, encouragée et activée par tous les réseaux immigrationnistes de l’OCIUE, achèvera de nous faire perdre le Nord. Comptons sur la France avec son drapeau frappé d’un large croissant, pour guider en poupe l’OCIUE.

# Le problème Nord Sud apparaît dans Le Dialogue entre les Peuples et les Civilisations dans l’Espace euro-méditerranéen (2003) qui servit à la création de la Fondation Anna Lindh, organe de contrôle culturel de l’UE. Cette Fondation préconise la politique de mixage Nord-Sud et dans le texte précise que le Nord est le Sud si on renverse la carte. D’ailleurs, sa première présentation porte une carte de la Méditerranée par un géographe musulman du Moyen Age où l’islam au Nord surplombe le Sud chrétien. Bat Ye’or en a parlé dans Eurabia*. L’idée est qu’il n’y a pas de nord et de sud et qu’il est raciste d’en parler. Voici quelques jours, un délégué de l’UE interviewé à la télé a bafouillé le Nord et le Sud puis s’est corrigé.

Bat Ye’Or

http://www.dreuz.info/2016/07/01/leurope-des-fatwas-bat-yeor/

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Bat Ye’or pour Dreuz.info.

Source : lesbrindherbes.org

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L'invasion de l'Europe a été méthodiquement préparée il y a quarante ans

mahomet-europeRiposte Laïque : Votre nom est lié, pour beaucoup de nos lecteurs, au concept d’Eurabia. Pouvez-vous expliquer à nos nouveaux lecteurs (nombreux) cette réalité, que vous avez été la première à révéler ?
Bat Ye’Or : Le mot Eurabia est le nom choisi par le Comité européen de Coordination des Associations d’Amitié avec le monde arabe pour se désigner lui-même et sa stratégie. Il fut créé en 1974, sans doute à Paris, centre d’origine de cette politique. Ce Comité publiait également un petit fascicule intitulé Eurabia que l’on peut consulter à la Bibliothèque Nationale.
Le comité Eurabia fut l’instrument d’implantation d’une nouvelle stratégie conçue dans les années 1960 par la France et l’Allemagne. Elle visait à créer une entité méditerranéenne par l’union économique, culturelle et politique des deux rives de la Méditerranée. Les pays de la Ligue arabe y mettaient leurs conditions dont la principale était la reconnaissance et la légitimation d’Arafat, le soutien à la cause palestinienne et à une politique européenne anti-israélienne. Rebutés par le renouveau de l’antisémitisme, d’autres pays de la Communauté comme le Danemark et la Hollande y rechignaient malgré les représailles du terrorisme palestinien. Mais en 1973, après la guerre du Kippour, le boycott du pétrole décrété par la Ligue arabe contre l’Occident, sauf la France, éroda cette résistance. Les neuf pays membres de la Communauté européenne se rallièrent à la France, cheville ouvrière de cette politique et, sur cette base, les pourparlers d’alliance et d’entente avec les pays de la Ligue arabe purent commencer. Ils s’articulaient autour de deux pôles principaux interconnectés:
1) le remplacement d’Israël par la Palestine, devenue la cause emblématique de l’Europe, défini en langage orwellien: processus de paix ;
2) la création de la civilisation méditerranéenne chantée par Fernand Braudel qui y avait gommé jihadisme et dhimmitude. Elle unirait démographiquement, économiquement, culturellement les deux rives de la Méditerranée. L’Europe raciste et fanatique, coupable des Croisades et de la colonisation, redécouvrirait les racines de sa civilisation dans un islam ouvert, tolérant et facteur de paix. L’Europe coupable devait se faire pardonner et aimer. La cause palestinienne, l’éradication d’Israël scellerait la réconciliation islamo-chrétienne et euro-arabe. Ouvrant ses territoires à l’islam par la création de la civilisation méditerranéenne, l’Europe s’assurait la paix et la richesse indéfiniment renouvelée des pétrodollars. Mettant tout son potentiel au service de la cause palestinienne et dans le développement des pays arabes, l’Europe se ferait aimer et transformerait la Méditerranée en un lac euro-arabe d’où l’Amérique et son suppôt Israël seraient chassés.
Divers organes officieux furent créés par les chefs d’Etat de la CE tels l’Association Parlementaire pour la Coopération Euro-Arabe (APCEA) reliée à la Commission européenne. Créée à Paris les 23-24 mars 1974, l’APCEA regroupait des parlementaires issus de tous les partis de chaque pays membres de la Communauté européenne. Cette représentation de l’éventail politique de chaque pays explique l’uniformité des partis de gauche et de droite vis-à-vis de l’immigration du Moyen Orient et des Palestiniens. L’APCEA fut le fondement et le moteur du Dialogue Euro-Arabe, autre structure complexe et officieuse créée sous la houlette du ministre français des Affaires étrangères, Michel Jobert. Il embrassait un ensemble de stratégies décidées conjointement avec les pays de la Ligue Arabe et l’Organisation de la Coopération (ex-Conférence) Islamique (OCI). Des délégués de pays extérieurs à la Communauté et des représentants de certaines organisations internationales participaient aux réunions tenues régulièrement et alternativement en Europe ou dans un pays arabe.
http://www.veroniquechemla.info/search/label/Eurabia
L’Europe d’aujourd’hui résulte de ces politiques menées depuis quarante ans par des chefs d’Etat, des ministres, des ambassadeurs, des stratèges, des intellectuels, des églises; on peut en étudier les phases, les rouages et les instruments. L’ensemble évoque une immense machine qui couvre l’Europe de ses réseaux. J’ai appelé cette mutation programmée et méthodique des pays de l’Union européenne ‘Eurabia’ du nom que lui donnèrent ses promoteurs.
Riposte Laïque : Pensez-vous que l’invasion migratoire que subit l’Europe soit une accélération de ce que vous appelez la Palestinisation de l’Europe ?
Bat Ye’Or : Ça l’est certainement, mais ce n’est pas seulement cela. La Palestinisation de l’Europe s’articule au premier pôle cité ci-dessus et possède une double fonction: politique et théologique. La première ambitionne de remplacer Israël par la Palestine musulmane, par le déni de l’histoire juive et son effacement par l’islamisation de sa topographie. L’aspect théologique vise à islamiser les racines juives du christianisme en substituant au Jésus hébreu de Judée le Jésus musulman du Coran que les Eglises dhimmies islamisées prétendent par anachronisme Palestinien, bien que ce mot n’existât pas à l’époque de Jésus et n’apparaît nulle part dans le Coran.
L’islamisation des racines théologiques chrétiennes a trois conséquences  :
1) la suppression de l’histoire du peuple d’Israël, fondement historique du christianisme;
2) l’adhésion à la conception islamique de l’histoire qui affirme l’antériorité de l’islam par rapport au judaïsme et au christianisme ;
3) la justification du jihad anti-israélien fondé sur le déni de l’histoire juive et chrétienne. La Palestinisation de l’Europe consiste à abrutir l’ensemble des populations européennes par l’obsession paranoïaque de la Palestine, symbole de ces politiques jihadistes du déni, et à les détourner des grands enjeux civilisationnels qui les confrontent.
L’invasion migratoire de l’Europe se rattache à la stratégie du second pôle du Conseil européen et de la Commission, menée conjointement avec la Ligue arabe et l’OCI. Cette entente euro-arabe bien rodée depuis quarante ans explique l’unanimité de l’accueil favorable des gouvernements – la Hongrie et les récents Etats de l’Union exceptés. Le ton dictatorial et menaçant du président de la Commission, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker illustre bien l’autoritarisme opaque de Bruxelles. Ces invasions de populations majoritairement musulmanes accéléreront certainement le processus de Palestinisation (déchristianisation) et d’islamisation – non seulement démographique mais aussi culturel et politique – des sociétés européennes. C’est d’ailleurs pour cela qu’elles sont si favorablement accueillies par nos élites. Je ne crois pas aux sentiments humanitaires des politiciens mais je crois plutôt en une politique humanitaire gérant des capitaux et des intérêts stratégiques colossaux. Nos leaders qui ont détruit les Etats-nations sont incapables de défendre leurs territoires.
Riposte Laïque : Une théorie circule beaucoup sur les réseaux sociaux : l’invasion musulmane de l’Europe serait organisée par les sionistes, pour que les juifs quittent le Vieux-Continent, et viennent s’installer en Israël. Comment expliquez-vous qu’une telle théorie soit autant relayée ?
Bat Ye’Or : Les tenants de cette théorie et ceux qui la propagent sont précisément ceux qui sont responsables de cette islamisation et sentant l’hostilité des populations, cherchent à s’en défausser sur ses victimes. Ces accusations font partie de la panoplie de l’antisémitisme d’Eurabia née de la stratégie antisioniste de l’alliance euro-islamique. Depuis quarante ans – deux générations – Eurabia diffuse une campagne de diabolisation d’Israël et du déni de son historicité visant à rompre le lien ontologique du christianisme pour le rattacher à l’islam. L’islamisation de l’Europe est un processus en marche depuis les années 1970. Il a ses étapes, ses textes fondateurs, ses promoteurs et progresse par des mécanismes adaptés faciles à déceler. Ses grands stratèges du côté français furent Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, et leurs collègues européens, leurs ministères et ambassadeurs associés; au niveau de l’UE, Jacques Delors, Romano Prodi, Solana et leurs successeurs, organisateurs du maillage des réseaux politiques, économiques, culturels, universitaires, médiatiques et de leurs activités qui imposèrent la police de la pensée, l’autocensure, le langage orwellien de la déculturation gérée par la Fondation Anna Lindh rattachée à la Commission européenne.
Il y eu certes « des idiots utiles » juifs et chrétiens qui bénéficièrent de prébendes, de la célébrité, d’une exposition médiatique flatteuse en servant de marionnettes et de paravents à ceux qui les manipulaient derrière le rideau. Mais ce ne sont que des ombres secondaires. Les véritables responsables de l’islamisation de l’Europe se situent dans les hautes sphères des hiérarchies gouvernementales qui collaborèrent avec le nazisme et ses milieux islamophiles. Les premiers activistes furent Louis Terrenoire, ancien ministre de de Gaulle et Maurice Couve de Murville, concepteur de la politique arabe de la France, selon l’historien fort bien informé Jacques Frémeaux. Dans Paris, Capitale Arabe, Nicolas Beau donne une description prise sur le vif des acteurs de cette politique à laquelle s’associa toute la Communauté européenne. On peut en étudier l’évolution dans les procès-verbaux du Dialogue euro-arabe publiés par le Ministère français des Affaires étrangères, dans les rapports de l’APCEA, de l’Union méditerranéenne, et dans les conférences réunissant les ministres européens et leurs homologues de l’OCI. Quelques individus ne peuvent opérer la mutation d’un continent, les transformations exigent des leviers beaucoup plus puissants.
Il faut aussi reconnaître que de leur côté, la Ligue arabe et l’OCI exercèrent des représailles économiques, soutenues par le terrorisme palestinien d’abord puis islamiste et des pressions incessantes pour amener une Europe parfois réticente à obtempérer à leurs exigences concernant l’afflux et les droits des immigrants musulmans en Europe ou la campagne anti-israélienne. Les parlementaires de l’APCEA jouèrent un rôle majeur dans ce contexte. J’ai décrit ces phases-clés de la transformation de l’Europe dans deux livres, Eurabia: l’axe euro-arabe, et L’Europe et le Spectre du Califat. J’ai donné les noms des présidents et vice-présidents de l’APCEA, les dates de leur mandat et la liste de leurs demandes politiques et culturelles concernant l’accueil des immigrants en Europe et la guerre contre Israël.
Riposte Laïque : Etes-vous inquiète, avec la montée du radicalisme musulman, pour la sécurité d’Israël ? Pensez-vous réellement, par ailleurs, que l’Iran soit une menace pour la sécurité de ce pays ?
Bat Ye’Or : La montée du radicalisme musulman ne menace pas seulement Israël, il menace tout autant les Etats non-musulmans et les musulmans modernistes. Naturellement Israël est plus vulnérable de par son environnement et l’exiguïté de son territoire que l’UE s’acharne à amputer davantage ayant adopté la conception jihadiste de la justice. Mais Israël est moralement plus fort et déterminé à se défendre que les Européens qui subissent une déculturation et une culpabilisation demandées par l’OCI et vivent dans la dhimmitude sans même s’en apercevoir. La politique européenne du déni du jihad et de la dhimmitude a occulté le fait que juifs et chrétiens ont le même statut dans l’islam et que la destruction du judaïsme implique celle du christianisme.
Je suis particulièrement affligée par les terribles souffrances infligées aux chrétiens et aux yazidis du Proche et Moyen Orient. Ces sévices prescrits par les lois du jihad et exécutés aujourd’hui confirment les textes chrétiens qui les décrivent datant de la première conquête arabo-islamique et que j’ai reproduit dans mes livres. Ce qui m’a valu une campagne de diffamation fondé sur le déni.
Quant à l’Iran, le fait qu’il menace Israël seulement est un leurre de la taqiya car le régime des ayatollahs menace d’anéantissement le monde sunnite et occidental. Naturellement le peuple iranien lui-même en fera les frais comme on le voit aujourd’hui avec les populations irako-syriennes qui élevées dans la glorification du jihad en sont elles-mêmes victimes aujourd’hui.
Riposte Laïque : Que pensez-vous de ces dirigeants européens qui admettent que l’islam radical mène une guerre à leurs pays, qui font de belles déclarations contre l’antisémitisme, et qui, dans le même temps, renforcent la présence musulmane sur leur territoire ?
Bat Ye’Or : Cette position s’inscrit dans la continuité d’Eurabia. Ces dirigeants sont forcés d’admettre à leur corps défendant l’existence de l’islam radical qu’ils décrient comme une déformation du véritable islam épris d’amour et de paix. Cela leur permet de renforcer sur leur territoire une présence musulmane indispensable à leur stratégie de fusion euro-arabe et mondialiste s’édifiant par le multiculturalisme, le mélange et la fusion de l’islam et du post-christianisme et la civilisation métissée méditerranéenne.
Les belles déclarations contre l’antisémitisme sont compensées par la recrudescence de la guerre larvée de l’UE contre Israël destiné à être remplacé par la Palestine islamique. L’effacement des noms géographiques des provinces de Judée et Samarie, la désignation du Mont du Temple comme l‘esplanade des Mosquées, la Palestinisation des tombeaux des Patriarches hébreux à Hébron, c’est-à-dire leur islamisation, s’inscrivent dans l’islamisation des origines juives et chrétiennes conforme à la version coranique. La volonté de construire le vivre-ensemble méditerranéen nourrit deux paranoïas corrélées: le remplacement d’Israël par la Palestine et l’immigration islamique en Europe, avec la disparition de la civilisation judéo-chrétienne honnie par les nazis islamophiles.
Les peuples européens ignorent que leurs pays, certaines Eglises, l’Union européenne sont parmi les plus grands pourvoyeurs d’antisémitisme au niveau mondial. Cette Europe-là veut se débarrasser de l’Etat d’Israël, du judaïsme et de son rejeton le christianisme. Elle a fait le choix de l’islam.
Riposte Laïque : Comment analysez-vous la volte-face d’Angela Merkel, ce dimanche ? Pensez-vous que les pays européens auront les moyens, et surtout la volonté, de préserver leurs populations ?
Bat Ye’Or : Angela Merkel a senti dans ses propres troupes le vent tourner et le durcissement de l’opinion publique. Preuve que les peuples peuvent agir sur leurs représentants.
Si par pays européens, vous entendez gouvernements, il est clair que le transfert de l’exercice politique et de la souveraineté des Etats à Bruxelles, entité supra nationale et dictatoriale, a affaibli les populations et le système démocratique. On l’a vu avec Jean-Claude Junker menaçant de représailles les pays réticents à appliquer ses décisions. Bruxelles a confisqué le pouvoir des peuples. Je pense que depuis longtemps les dirigeants de l’Europe sont dans une logique de mondialisation où les mots : « préserver leurs populations » ne veulent rien dire. Préserver de qui et de quoi ? L’islam est le bienvenu, l’enrichissement de l’Europe, son avenir.
Riposte Laïque : Conservez-vous un espoir de voir l’Europe redresser la tête ?
Bat Ye’Or : Cela dépend de ce que vous appelez : redresser la tête. Pour moi l’Europe s’est édifiée sur l’héritage scientifique et juridique gréco-romain et la spiritualité judéo-chrétienne qui a forgé ses valeurs. Ses contributions aux progrès de l’humanité dans tous les domaines, sciences, arts, lois, emplissent les plus belles pages de l’histoire humaine. Il y eut bien sûr les périodes noires des crimes et des génocides. Mais à la différence des autres peuples qui s’en glorifient ou les nient, l’Europe, nourrie de l’héritage juif de la contrition, du repentir et du pardon, les a reconnues. L’Europe a proclamé l’égalité des êtres humains et leur sacralité (principes bibliques), elle a proscrit l’esclavage et inscrit dans ses institutions la liberté, la dignité et les droits de l’homme.
Quand l’Italie a voulu se libérer du joug autrichien, elle l’a proclamé à travers le génie de Verdi dans le Chant des Hébreux de Nabucco. Impuissante à supprimer les guerres, l’Europe en a tempéré la cruauté par la création de la Croix Rouge et divers instruments humanitaires. Enfin elle a agencé les moyens de prospecter le champ infini du savoir et de la connaissance et a archivé dans ses musées et ses universités la mémoire de l’humanité. J’espère que les Européens pourront préserver cet immense, infiniment précieux et unique patrimoine d’une destruction méditée par leurs nombreux ennemis intérieurs et extérieurs. Pour surmonter ce défi l’on ne doit pas se tromper d’ennemis. Cette responsabilité incombe à chacun d’entre nous.
Et puis il y a Eurabia… qui terrifiée par le jihad et corrompue par les pétrodollars s’est protégée en s’alliant au jihad qu’elle a détournée contre Israël. Maintenant elle aura le jihad et le déshonneur.
Propos recueillis par Pierre Cassen




Le Mémorial de Poitiers, fruit de la propagande de la Commission européenne

quenellePOITIERSJe regrette de toujours voir le sujet de l’esclavage examiné uniquement dans l’optique d’une traite négrière et africaine. La traite blanche et religieuse pratiquée par l’islam fut beaucoup plus importante. Elle s’opéra tout au long de l’expansion islamique sur trois continents et ravagea durant plus d’un millénaire les côtes méditerranéennes, s’étendant en Anatolie (Byzance), jusque dans les Balkans et en Scandinavie. Elle dévasta la démographie des indigènes non-musulmans des territoires islamisés conquit et acquit un caractère institutionnalisé dans le Califat arabe, en Perse et dans l’Empire ottoman avec la traite des enfants chrétiens des deux sexes destinés à remplir diverses fonctions. A mon avis, l’esclavage des indigènes dhimmis accompagné souvent de déportations, fut l’une des causes majeurs de l’islamisation des territoires conquis par les armées jihadistes, comme je l’ai écrit dans mon livre : Les Chrétientés d’Orient entre Jihad et Dhimmitude.    
Au sujet de Charles Martel, je suis heureuse de vous voir Christine relever la littérature d’abjecte dhimmitude courante dès les années 1990, développée par les organes propagandistes et islamo-collaborateurs de la Commission européenne, surtout sous Prodi. Voir le fameux Dialogue entre les Peuples et les Cultures, 2003, justifiant la création de la Fondation Anna Lindh qui est le fondement de l’emprise islamique culturelle sur l’Europe, l’autre volet étant l’immigration et ses conséquences.
Voyez aussi les élucubrations de Lluis Maria de Puig, qui sévit toujours à l’Assemblée parlementaire européenne comme responsable de la commission européenne de la Culture, de la Science et de l’Education. (Eurabia pps. 196-97 ; 200, 279). Vous êtes encore au sommet de l’iceberg.
Bat Ye’Or
INTERVIEW DE BAT YE’OR PAR CHRISTINE TASIN ET PIERRE CASSEN




Lettre à René Marchand : pourquoi Eurabia n’a rien à voir avec la théorie du complot

Interview de Bat Ye’Or par Christine Tasin, en 2012

[youtube]8if4NyKKc9Y[/youtube]

https://www.youtube.com/watch?v=8if4NyKKc9Y

Lettre à René Marchand

Dans Reconquista ou Mort de l’Europe, L’Enjeu de la guerre islamique, Pour une stratégie de contre-offensive (Edition Riposte Laïque, 2013), René Marchand a écrit un livre engagé et proposé une stratégie. On ne pourrait reprocher à Marchand de jouer avec les mots, de se cacher derrière des simulacres mi-chair mi-poisson pour adopter les poncifs du discours politique actuel.

De ce livre volumineux je voudrais seulement clarifier mon explication d’Eurabia. Je ne l’ai jamais perçue comme un complot conçu par des conspirateurs. Ce fut une politique officieuse planifiée par le Conseil européen, c’est-à-dire les neuf chefs des Etats membres de la Communauté européenne (CE), et menée par leur exécutif : la Commission européenne. Cette stratégie basée sur des objectifs bien définis, visait à créer une alliance solidaire et une coopération à tous les niveaux entre les pays de la Communauté et ceux de la Ligue arabe. Ces derniers mettaient à cette alliance informelle des conditions incontournables: la reconnaissance d’un peuple palestinien représenté par l’OLP, celle de son chef Arafat, et l’engagement de la CE de créer au cœur même d’Israël un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale. La guerre du Kippour de 1973 fournit le prétexte de cet accord que la France s’efforçait de promouvoir depuis les années 1960.

En effet, la victoire inattendue d’Israël en octobre 1973 contre l’agression de deux Etats ennemis, la Syrie et l’Egypte aidés par les blocages militaires européens anti-israéliens, atterra le front européen et exaspéra les Arabes qui se vengèrent sur l’Europe par le boycott du pétrole. La CE travaillée depuis des années par le terrorisme international palestinien, aggravé par le terrorisme énergétique d’un boycott du pétrole, s’exécuta avec célérité et se soumit aux fatwas islamiques dans une résolution officielle conjointe à Bruxelles le 6 novembre 1973.

Une structure fut créée en 1974 dénommée, semblerait-il par Michel Jobert, ‘Dialogue Euro-Arabe’. Des politiciens arabes et européens planifieraient ensemble dans divers comités spécialisés l’ensemble des relations stratégiques, politiques, économiques et culturelles des deux blocs y compris les aspects relatifs à l’immigration provenant de ces pays. Deux organisations furent créées simultanément pour coordonner les rencontres bisannuelles des comités: l’Association parlementaire européenne pour la coopération euro-arabe (APCEA) financée par la Commission européenne, et son corollaire arabe l’Union interparlementaire arabe (UIA) sous l’égide de la Ligue arabe.

L’APCEA fut fondée à Paris le 23-24 Mars 1974 à l’initiative du député Gaulliste (UDR) Raymond Offroy et du travailliste britannique Christopher Mayhew, membre du parlement. Offroy fut président du groupe parlementaire France-Pays Arabes créé en Novembre 1973. Quant à Mayhew il fonda avec Michael Adams une association anglaise similaire à celle d’Offroy: the Council for Arab-British Understanding (CAABU). Les membres des parlements néerlandais et du Luxembourg refusèrent de se joindre au groupe European pro-Arabe.

En 1974 l’APCEA rassemblait des ministres, des ambassadeurs et des députés de tous les partis politiques européens. Cet organisme fut chargé d’exécuter la politique du Dialogue Euro-Arabe comme on peut le lire sur le site de l’APCEA. Son premier secrétaire-général fut un Anglais islamophile, Robert Swann, qui gérait à Paris les fonds de provenances diverses (ANAF). Swann constitue le lien entre l’APCEA dont il est le secrétaire-général et la revue Eurabia dont il est le rédacteur en chef, revue publiée par le Comité Européen des Associations d’Amitié avec le Monde arabe créé en 1973.

L’APCEA et l’UIA constituèrent le nucleus de la dynamique  économique, culturelle et politique qui produisit Eurabia quelques décennies plus tard. Leurs Commissions spécialisées formulèrent les stratégies euro-arabes officieuses envers Israël, l’OLP, l’immigration musulmane en Europe, les principes du multiculturalisme, la diffusion de la culture arabe et musulmane, les dialogues inter-religieux, et la substitution d’une identité européenne aux identités nationales. Ensemble elles forgèrent l’Europe antisémite et islamisée d’aujourd’hui. Ces buts apparaissent dans leurs statuts, leurs politiques et leurs publications, attestées dans d’innombrables livres, archives, sources parlementaires et sur internet.

Marchand observe avec raison que la France ne fut pas la seule à mener cette politique. L’Angleterre, l’Italie, la Belgique – avec les pays scandinaves plus tard – rivalisaient en salamalecs. Les terroristes palestiniens se voyaient même offrir la possibilité de s’entraîner sur leur territoire en échange d’une impunité pour leurs nationaux dont les juifs européens étaient exclus selon Cossiga qui révéla en 2008 ces marchandages.

Le rôle de la France fut celui d’être au sein de la CEE l’initiatrice et le moteur de cette politique arabe dès les années 1965. De Gaulle avait demandé à son ancien ministre Louis Terrenoire d’organiser un réseau de solidarité avec les pays arabes et surtout les Palestiniens dont la France voulut se faire le champion contre Israël. Soutenu par le Quai d’Orsay et le gouvernement, ce réseau, fondamentalement anti-israélien, s’amplifia rapidement par l’apport des personnalités politiques et médiatiques gaullistes. En 1967 l’Association de Solidarité France-Pays Arabes (ASFA) est créée et publie une revue: France-Pays arabes. C’est le Quai d’Orsay qui organisa au Caire la seconde Conférence internationale de soutien aux Peuples arabes (25-28 janvier 1969) dont les résolutions constituent l’embryon de toute l’organisation et la politique du DEA.

En visite officielle au Liban en juillet 1971 le ministre français des Affaires étrangères, Jean de Lipkowski, déclara à une conférence de presse que la CEE avait évolué et s’alignait sur la position française alors qu’elle l’accusait auparavant de partialité pro-arabe. Dans sa Conférence de presse du 6 décembre 1979 à Paris, Chadli Klibi, secrétaire général de la Ligue Arabe, souligne le rôle d’avant-garde de la France dans la politique arabe de l’Europe et demande expressément aux médias français de transformer dans l’opinion publique ceux que l’on appelait « réfugiés arabes » en « peuple palestinien ». Jacques Chirac dans son discours à l’Université du Caire (8 avril 1996) disponible sur internet, ne cesse de vanter le rôle promoteur de la France dans la politique arabe et musulmane de l’Europe.

Je reconnais avec Marchand que l’Amérique ne fut pas en reste. Les madrasas proliférèrent avec la bénédiction de Washington qui s’activa également à créer les Talibans. Mais l’Amérique n’eut pas une politique d’islamisation de son propre territoire comme l’Europe, elle ne mena pas une politique de déni de son histoire et de son identité; ses objectifs étaient stratégiques et visaient l’URSS. Il fallut attendre Barack Hussein Obama ovationné par toute l’Europe pour constater l’alignement de la politique américaine sur celle de l’Europe et notamment sa soumission à la loi islamique du blasphème.

Comme Marchand je déplore la pluie de bombes déversée par les avions de l’OTAN sur Belgrade en 1995 et les ultimatums imposés aux Serbes pour les obliger à créer deux Etats musulmans sur leur territoire afin de satisfaire les ambitions ottomanistes de la Turquie en Europe. Cette stratégie dédommageait le monde musulman horrifié par la présence d’armées américaines infidèles en Arabie saoudite durant la première Guerre du Golfe (1991) menée pour libérer le Koweit. La Bosnie-Herzégovine fut créée sur le modèle multiethnique, multireligieux, multiculturel islamo-chrétien tant vanté du Liban et dont on connait le succès. Les médias et les intellectuels, multipliant les dialogues, panacées de tous les maux, ne tarissaient pas d’éloges sur cet Etat qui devait servir de logiciel à la future Europe multi-etc. planifiée par la Déclaration de Barcelone (1994). Cette structure qui remplaçait, en l’élargissant, la semi-clandestinité du Dialogue Euro-arabe, octroyait à Israël un strapontin conditionné à son obligation imposée par l’Europe de créer en Judée et Samarie un Etat palestinien.

Quel fut l’impact des Juifs dans cette politique, demande Marchand. Médiocre… Premières victimes du terrorisme international palestinien en Europe et abandonnés par leur propre gouvernement (ceci ne rappelle-il pas les rafles et les déportations menées par les gouvernements collaborationnistes dans toute l’Europe occupée?), ils servirent d’écrans moyennant des prébendes, à la politique jihadiste de la Ligue arabe à laquelle l’Europe s’associait sous le prétexte de rétablir la justice et la paix détruites par Israël.

Pourquoi, demande Marchand, associer le Palestinisme, c’est-à-dire la politique exterminatrice conjointe euro-arabe contre le peuple d’Israël, à celle de l’islamisation de l’Europe ? Tous les courant les mêlent et les fondent inextricablement. En premier lieu ce fut la légitimation de l’OLP, c’est-à-dire de l’idéologie jihadiste niant l’histoire, l’identité culturelle, la souveraineté nationale du peuple juif et ses droits, qui fonda l’alliance et la stratégie euro-arabe dans tous ses aspects. Qui ne voit, en effet, que les lois jihadistes issues des textes sacrés musulmans, sont les mêmes pour les juifs et les chrétiens ! Le déni de l’histoire et des droits souverains des non-musulmans sont le fondement du jihad. Pour obtenir de l’Europe la légitimité d’exister, l’Etat d’Israël doit, comme le dhimmi, coopérer à la création sur son propre territoire d’un Etat arabo-islamique dont le but – l’Europe le sait pertinemment bien – est de le détruire. Elle-même d’ailleurs verse à la Palestine depuis des décennies des milliards d’euros en djizya pour se protéger du terrorisme, c’est-à-dire qu’elle accepte de monnayer sa sécurité et son existence, principes qui sont la base de la dhimmitude. Elle a dû, par choix pour certains, par soumission pour d’autres, se plier à une politique immigrationiste de conquête qui la menace dans ses fondements.

Dans des textes récents les anciens chefs d’Etat et les commissaires onusiens qui souscrivirent en 1973 aux conditions de l’OLP et de la Ligue arabe, enjoignent leurs successeurs à user de représailles et de boycotts pour forcer Israël à s’exécuter, l’histoire n’étant plus que le temps du Coran. Ils déclarent que la création de la Palestine dans laquelle l’UE s’est fortement et passionnément investie est d’un intérêt vital pour l’Europe, pour sa dignité et pour le maintien de ses bonnes relations avec le monde arabe.

Afin de justifier cette politique, l’UE a construit toute la panoplie des dénis : déni de la réalité historique du jihad, déni de l’identité européenne, déni du processus de désintégration, inversion des rôles d’agressés et de victimes conforme au jihad, déni de la persécution des chrétiens dans les pays musulmans imputée à Israël, discrétion sur les prises d’otages. De même qu’elle adopta le narratif palestinien délégitimant la résistance et le droit souverain d’Israël d’exister, de même écrase-t-elle les identités européennes menacées par la charia. De même qu’elle force Israël à s’autodétruire, de même l’UE crée avec l’immigration massive, les conditions de sa propre destruction.

Non seulement le Palestinisme est lié à l’islamisation théologique du Christianisme mais également les mêmes personnes et les mêmes réseaux transeuropéens qui militent avec le plus d’acharnement pour la Palestine, sont les collaborateurs del’immigration en Europe. En novembre 1971, le Mouvement des travailleurs arabes assimila la lutte des travailleurs immigrés en France à celle des Palestiniens contre Israël. Soutenus par des prêtres catholiques, ils formèrent des « comités Palestine ». Le combat des Palestiniens devint celui des immigrés arabes discriminés dans les banlieues en France.

René Marchand évoque la caste des collabos, caste qui, avec des motivations diverses, traverse les siècles, ratissant les voies de l’islamisation de leur pays. Dès les années 1920 un fort courant européen militait pour une fusion islamo-chrétienne contre le sionisme et pour un christianisme épuré de ses racines juives et plus proche du Coran. Le nazisme et ses collaborateurs, les Frères musulmans, notamment la branche palestinienne, lui conférèrent une ampleur et une puissance transnationales qui s’affirmèrent dans l’après-guerre dans le Palestinisme. Johan von Leers, le criminel nazi réfugié en Egypte et converti à l’islam, rêvait avec ses confrères restés en Europe d’une expansion de l’islam en Europe afin de renforcer l’alliance des deux continents par une religion commune. En novembre 1970, Georges Montaron, militant fanatique de la Palestine, donnant une conférence au Caire encourageait l’immigration musulmane pour faire pièce aux juifs européens. Quelle influence gagneraient les Arabes en Europe s’ils se transformaient en authentiques Français et Anglais, disait-il!

L’Europe d’aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard. Elle fut voulue par les hommes d’Etats, les ministres, les économistes, les intellectuels des décennies précédentes. Ce sont ces personnes qui ont écrit dans l’histoire la page d’agonie de l’Europe judéo-chrétienne et des Lumières. Elles vivent encore. Il faudrait aller interviewer les Giscard, les Chirac, les Cheysson, les Pisanis, les Védrine, les Prodi, les Solana, les Zapatero, les Chris Patten, les Delors, les Tony Blair, les von Weizsäcker, les Stoltenberg, Roland Dumas, Benita Ferrero-Waldner, et leurs semblables pour comprendre pourquoi l’alliance de Hitler avec les Frères musulmans, et notamment avec son représentant palestinien le criminel de guerre Amin al-Husseini, admirateur des camps d’extermination, a si bien réussie.

Bat Ye’Or

 

 




Réponse à Christine Tasin : appliquer la laïcité à l’Antiquité romaine me semble un anachronisme

Un débat fort intéressant a opposé, dans nos colonnes, à travers plusieurs articles, Bat Ye’Or, Pascal Hilout et Christine Tasin. La première nous fait parvenir une nouvelle contribution, pour clarifier encore davantage son propos. Afin que le lecteur ait tous les élements, nous regroupons, ci-dessous, les trois premiers textes concernés.

Eurabia : craintes justifiées et théorie superflue, par Pascal Hilout

http://ripostelaique.com/eurabia-craintes-justifiees-et-theorie-superflue.html 

Débat Eurabia, ma réponse à Pascal Hilout, par Bat Ye’Or

http://ripostelaique.com/debat-eurabia-ma-reponse-a-pascal-hilout.html

Réponse à Bat Ye’Or : les romains ont préféré la laïcité au judaïsme et au christianisme, par Christine Tasin

http://ripostelaique.com/reponse-a-bat-yeor-les-romains-ont-prefere-la-laicite-au-judaisme-et-au-christianisme.html

 

Chère Christine Tasin,

Je vois que vos journaux et nombreux commentaires sur votre site apportent un bouillonnement d’idées enrichissant et salutaire consacré à une actualité urgente. Vous même et vos collaborateurs en analysez d’ailleurs fort bien et avec beaucoup de courage toute la complexité. En conséquence je m’en voudrai de vous retenir par des considérations relevant de l’Antiquité, mais je dois clarifier ma pensée.

Tout d’abord ma référence aux paganismes comprenait ceux d’Asie et d’Afrique dont les cultes avaient été importés à Rome par l’extension de l’Empire romain à ces provinces. Rome, ne l’oublions pas, fut une puissance guerrière implacable qui étendit sa domination du bassin méditerranéen à la Germanie et à l’Angleterre. Elle écrasa dans le sang les rébellions mais accueillie les dieux étrangers. Le culte de l’empereur divinisé fut imposé, non seulement dans la métropole, mais aussi au premier siècle de notre ère, dans une de ses lointaines colonies, la Judée où l’empereur voulu régir la religion. Cette situation provoqua le soulèvement des Judéens (Juifs) dans leur propre pays, non pas à Rome, et conduisit à une répression impitoyable.

L’islam est né à l’apogée du Christianisme, non de ses décombres, et rien ne nous assure qu’il n’aurait pas triomphé de Rome, comme il le fit de l’empire sassanide et des empires asiatiques bouddhiques et hindous.

Pour moi le concept de laïcité résulte d’une évolution particulière des sociétés judéo-chrétiennes et notamment du débat des idées et des politiques du XVIIIe au XXe siècle avec l’Age des Lumières et la révolution française. L’appliquer à l’Antiquité romaine me semble un anachronisme, je parlerai plutôt d’une tolérance opportuniste. La laïcité se place parmi les autres institutions majeures d’une société moderne. Tout en reconnaissant son importance essentielle pour la cohésion sociale et les libertés individuelles, je conclurai par l’analyse de mon ami Ibn Warraq sur les piliers des sociétés occidentales : rationalisme, autocritique, la recherche désintéressée de la vérité, la séparation de l’Église et de l’État, un régime de droit et l’égalité devant la loi, la liberté de conscience et d’expression, les droits de l’homme et la démocratie libérale. On pourrait encore en ajouter d’autres.

Bat Ye’Or




Débat Eurabia : ma réponse à Pascal Hilout

Cher Pascal Hilout, merci de me donner l’occasion de clarifier ma pensée. Eurabia n’est pas une théorie que j’aurais inventée. C’est une réalité, comme la dhimmitude, qu’il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas apercevoir.

Mon livre Eurabia (édition anglaise 2004) n’entendait pas préconiser des mesures politiques puisqu’à l’époque l’objet de ce mot n’existait même pas dans la conscience de la société. Ce livre se limitait à explorer les éléments d’un article du même titre publié en 2002. Il répondait aux questions que je me posais dans mon livre Les Chrétientés d’Orient entre jihad et dhimmitude, (Le Cerf 1991) dans le chapitre Dhimmitude de l’Occident (p.256). Questions que je reprenais et développais dans Juifs et Chrétiens sous l’Islam, les dhimmis face au défi intégriste (Berg international 1994). Plusieurs chapitres examinaient les stratégies et les tactiques de la dhimmitude européenne moderne au niveau politique, théologique et international. Ils citaient la culpabilisation de l’Occident et son instrumentalisation avec ses mythes (Andalousie), ses réseaux, ses symptômes en Europe—terrorisme et insécurité—et se concluaient par une thématique de la dhimmitude européenne permettant de définir ses caractéristiques.

Ma démarche ne fut pas celle d’un politicien sûr de ses repères et engagé dans l’action immédiate, elle fut celle d’un chercheur et d’un analyste toujours armé du doute, défrichant comme pour la dhimmitude, un terrain vierge auquel il fallut donner un nom, des contours et marquer ses spécificités afin de le reconnaître. Ma recherche sur l’évolution de l’Europe s’inscrivait dans le domaine du ‘pourquoi’ et des ‘comment’, elle ne préconisait pas des mesures politiques mais sa démonstration en suggérait la nécessité.

La complexité des sociétés modernes exige des démarches différentes. Le Mal ne se loge pas dans un seul élément, son ubiquité lui confère plusieurs déguisements. Et ce spectre cohérent, cette construction théorique que me reproche Pascal Hilout n’en est pas moins la cause principale et la dynamique qui forgèrent Eurabia. Aucun facteur n’obligeait l’Europe riche et puissante des années 1960s à construire sa politique étrangère commune sur la résurgence volontaire du pacte islamo-nazi des années 1930 qui servit de marchepieds à Eurabia par la construction de la Palestine en lieu et place d’Israël,  l’engageant dans la voie d’une autodestruction programmée. La crise du pétrole ne fut que le prétexte pour inaugurer une nouvelle stratégie de la Shoah qui d’ailleurs dû procéder dans les coulisses officieuses de la politique, compte tenu des oppositions. Un livre récent de Bruce Bawer, démontre la prégnance de l’héritage nazi aujourd’hui même dans les élites politiques, culturelles et les médias de Norvège.

Contrairement à Hilout je pense qu’il est vital de comprendre que les affres de la dhimmitude vécus en Europe résultent d’une décision délibérée, libre, choisie et voulu de ses élites. Cette situation n’est pas le fruit du hasard. Le Mémorandum conjoint issu au Caire en 1975 entre la CEE et les pays arabes est considéré comme la Charte du Dialogue euro-arabe; il affirme que ce Dialogue est le fruit d’une volonté politique commune qui s’était dégagée au niveau le plus élevé et dont l’objet était l’établissement de relations spéciales entre les deux groupes. Hans-Dietrich Genscher, ministre des Affaires étrangères de la RFA, le rappelait encore en 1983 au symposium de Hambourg. Il soulignait que la Déclaration de Venise de juin 1980 où la Communauté européenne exigeait d’Israël une reddition suicidaire, avait ouvert des perspectives d’avenir encore plus prometteuses. Incidemment cette Déclaration détermine jusqu’à aujourd’hui toute la politique de diffamation et de diabolisation de l’UE contre l’État hébreu.

Les faits sont les conséquences des politiques et l’accumulation de leurs descriptions sans en donner l’explication ni la source demeurera inefficace tant que les politiques qui les motivent et en sont à l’origine ne seront pas modifiées. Les responsables politiques lanceront contre les protestataires leurs limiers et leurs fatwas et les feront taire par une campagne de criminalisation, des procès ruineux et l’ostracisme professionnel. Il suffirait d’une action ayant mal tournée d’un agent provocateur pour déclencher le processus d’Oslo d’une chasse aux sorcières contre les contestataires de la pensée unique.

Il importe de connaître et de décoder les documents par lesquels Eurabia se dévoile et s’exprime afin de la neutraliser avec les outils de la démocratie et du droit et non ceux de la violence et de la terreur. Si l’on ne connait pas, par exemple, les projets de l’Alliance des Civilisations consistant à promouvoir sous divers prétextes l’immigration musulmane en Occident, particulièrement dans les universités, ou l’accession des migrants aux fonctions de prise de décision, et que l’on ignore que l’OCI en est l’instigatrice, on en sera réduit à constater trop tard les effets. Les décisions de l’UNESCO éliminant la mémoire historique du Judaïsme et du Christianisme par l’islamisation de leurs sites historiques n’ont fait nulle vague en Occident pourtant elles consacrent le remplacement des critères de la connaissance par ceux de la foi islamique et les affirmations du Coran.

Je ne partage pas la vision idyllique de Hilout sur les civilisations païennes et polythéistes. Certes ces peuples nous laissèrent d’admirables chef-d’œuvre mais ils étaient eux-mêmes assujettis à des religions et des rites barbares fondés sur l’esclavage, le mépris de la vie humaine, les sacrifices humains, l’immersion collective dans des cuves de sang, le massacre des enfants, etc. César ne tolérait pas le refus de son origine divine et le manifestait par les piquets qui hérissaient la Judée où agonisaient, crucifiés, des milliers de juifs rebelles ainsi que par les massacres des chrétiens livrés aux bêtes féroces des jeux du cirque. Par trois fois au XXe siècle l’Europe se débarrassa de l’héritage judéo-chrétien. Elle célébra son retour aux dieux barbares par le nazisme, la guerre et le génocide du peuple d’Israël.  Dans le communisme, l’enterrement de Dieu libéra Satan et les pulsions criminelles des génocides. La troisième fois elle planifia Eurabia par l’alliance des totalitarismes nazi, communiste et islamiste dans la nouvelle civilisation méditerranéenne.

Je ne partage pas non plus son opinion sur «toutes les religions se valent ». Par contre je reconnais qu’elles véhiculèrent souvent, l’intolérance, le fanatisme, la violence et des tendances humaines criminogènes et pathologiques. Ces aspects cependant ne doivent pas dissimuler les principes universels enseignés par la Bible : l’égalité des êtres humains (Lévitique), la sacralité et l’intangibilité de la vie (les Dix Commandements), la liberté de l’homme (Exode), le libre-arbitre et ses corollaires: le choix, la responsabilité et le repentir- la liberté de pensée et la contestation sociale, l’amour du prochain et l’aide aux démunis (Lévitique), les bénédictions sur l’humanité (Isaïe), l’acceptation des différences religieuses (lois noachides), la justice non conditionnée par un monopole exclusif idéologique et représentée universellement dans les diverses nations par leurs Justes, la séparation de la religion et de la politique, l’indépendance de la justice, le compagnonnage et l’association de Dieu et de l’homme dans l’œuvre de perfectionnement de l’humanité, le repos hebdomadaire, etc. L’ancrage du Christianisme dans la Bible et l’histoire d’Israël a rendu ces principes universels.

L’islam diffère des religions de la Bible ou asiatiques par son idéologie politique de domination mondiale et son intolérance des autres. La sacralité intangible de la vie y est remplacée par une tolérance conditionnée à son monnayage corrélé à une humilité et une ignominie obligatoires, ce qui n’est pas le cas des autres religions. Tout en reconnaissant la part de préjugés millénaires de chacune, il convient d’éviter le relativisme religieux et le mythe des paradis païens perdus afin de ne pas retomber dans les charniers du XXe siècle. Très humblement je ne m’estime pas compétente pour transformer la religion d’un milliard et demi de Musulmans. Les reproches que me fait Hilout sont infondés car dans deux livres français précédents l’analyse fouillée de la dhimmitude mettait en évidence l’islamisation moderne de l’Europe. Dans Eurabia, je n’ai pas jugé nécessaire de répéter la même analyse, mais j’ai préféré en chercher les causes. J’ai pu constater qu’il existe une autorité coordinatrice du monde musulman ordonnant son ré-enracinement dans le Coran et la Sunnah, la politique de substitution démographique et culturelle et la discrimination positive en Occident—c’est l’OCI. 

Je reconnais la valeur et le courage du combat de Pascal Hilout, j’ai choisi un autre chemin, celui de la recherche, de la défense des fondements de la civilisation par la clarification des concepts et l’explication rationnelle des grands enjeux spirituels de notre siècle. Le combat contre la subversion de la connaissance, de la vérité et des valeurs pour les rendre compatibles avec l’islam, me paraît crucial pour la survie de la liberté et de la dignité de l’homme.   

Bat Ye’Or      

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Voici l’article de Pascal Hilout auquel Bat Ye’Or a répondu ici : Eurabia : craintes justifiées et théorie superflue

 

 

 

 




Ce qu'est vraiment la dhimmitude

http://www.upjf.org/detail.do?noArticle=5177&noCat=145&id_key=145
Peu de personnes savent ce qu’est la dhimmitude, et cependant, aujourd’hui, la dhimmitude est plus actuelle que jamais. La dhimmitude fut l’univers juridique, politique, spirituel des Juifs et des Chrétiens indigènes dont les pays furent conquis par le jihâd et gouvernés par la loi islamique : la shari’a. L’univers de la dhimmitude a englobé des millions de personnes, il a couvert trois continents – Afrique, Asie, Europe – il a duré de treize siècles à quelques siècles, selon les régions.
La dhimmitude vient du mot arabe « dhimmi », qui désignait les Juifs et les Chrétiens indigènes gouvernés et protégés par la loi islamique.
Il y eut deux vagues majeures d’islamisation des pays chrétiens par le jihâd. La première fut la vague arabe de 632 à 750, qui couvrit toute la rive sud de la Méditerranée, de l’Espagne à l’Arménie. La deuxième fut la vague turque, du XIe au XVIe siècle, elle couvrit l’Arménie, l’Anatolie, les Balkans et la Grèce.
Tous ces pays étaient peuplés exclusivement de Chrétiens, avec, selon les lieux, de larges communautés juives. Une partie de ces populations fut massacrée, une autre réduite en esclavage, une autre déportée, et une autre devint dhimmie.
Le mot dhimmitude définit l’ensemble des relations entre, d’une part, l’umma – la communauté islamique -, et, d’autre part, le Peuple du Livre (la Bible), c’est-à-dire les indigènes juifs et chrétiens (ahl al-kittab). Aujourd’hui l’intérêt de ce passé réside dans l’enseignement qu’il nous livre sur les relations que les peuples musulmans nouèrent, au cours des siècles avec le « Peuple du Livre », qu’ils combattirent par le jihâd, ou gouvernèrent dans la dhimmitude, et ceci sur trois continents.
Les peuples de la dhimmitude furent nombreux: Juifs, Grecs, Syriens, Egyptiens, Arméniens, Maronites, Berbères, Espagnols, Bulgares, Slaves, peuples de cultures, langues, religions différentes: catholiques, grecs-orthodoxes, monophysites, nestoriens, juifs.
Comment ces pays chrétiens furent-ils progressivement islamisés et ce, pour le sud méditerranéen, de façon irrévocable? Il y eut, certes, de nombreux facteurs, mais l’un parmi les plus importants, fut la corruptibilité des chefs chrétiens.
A toutes les époques et à tous les niveaux, notamment aux postes de responsabilités, des Chrétiens – chefs religieux, politiques, intellectuels, cadres, militaires – trahissent et collaborent avec les forces musulmanes. Si bien que les victoires de l’islam furent des victoires de Chrétiens islamisés ou ralliés à l’islam contre d’autres Chrétiens. Cette collaboration – alliance du patriarcat et du califat – fut active tout au long de la dhimmitude et jusqu’à aujourd’hui.
Tant que Juifs et Chrétiens se soumettaient à la loi islamique, c’est-à-dire acceptaient l’état de dhimmitude, l’Etat musulman théoriquement protégeait leur vie et leurs biens.
Il leur reconnaissait une liberté religieuse limitée, et le droit de s’administrer selon leurs lois civiles. Leur chef: patriarche, pour les Chrétiens, chef de la communauté pour les Juifs, les représentaient auprès du calife qui ratifiait leur nomination.
Les dhimmis toutefois devaient accepter des contraintes fort nombreuses d’ordre politique, économique et religieux. Chrétiens et Juifs jugés impurs et inférieurs par la loi islamique étaient soumis dans tous les domaines à un système d’inégalité et d’humiliation.

LES DROITS MONNAYABLES

Brièvement, les caractères principaux de la dhimmitude sont les suivants:
1) La dhimmitude est la conséquence du jihâd. Le concept de jihâd exclut toute légitimité d’une souveraineté politique autre qu’islamique. C’est pourquoi tout acte de guerre est licite, dans les pays non-musulmans (dar al-harb) excepté dans le cas de traités qui ne peuvent être que provisoires. (1)
2) La dhimmitude, institutionnalisée par les lois islamiques, est intégrée à la shari’a.
3) Les deux Peuples du Livre, Juifs et Chrétiens ont exactement le même statut juridique, les mêmes droits, les mêmes obligations sous les lois de l’Islam. Ils sont indissociables, et leur destin historique par rapport au jihâd et à la dhimmitude furent identiques et le sont encore.
Ici, j’ouvre une parenthèse pour préciser que malgré cette identité de destin, les Eglises orientales demeuraient tout autant judéophobes et hostiles l’une à l’autre. Car le monde de la dhimmitude est celui de l’esclavage spirituel, de la souffrance, de l’avilissement, de l’insécurité, de la haine de soi et des autres. Juifs et Chrétiens vécurent ainsi côte à côte, servant le maître musulman, s’entre-aidant parfois, se trahissant toujours. Une situation encore actuelle.
4) Les droits du dhimmi sont des droits concédés, c’est-à-dire qu’ils peuvent être annulés, ils ne sont pas attachés à la personne humaine. Ses droits à la vie et à la sécurité sont monnayables, il doit sans cesse les racheter par une capitation coranique, la jizya.
Le rachat de ses droits est indissociable d’une condition obligatoire d’humiliation, d’infériorité et de vulnérabilité extrême.
Telle fut la dhimmitude qui est intégrée à la shari’a, considérée par les Musulmans comme une législation d’inspiration divine. Et là réside le dilemme car ce système qui paraît juste aux Musulmans, nous semble à nous, Peuple du Livre, fondamentalement injuste.
Ainsi nous avons deux conceptions radicalement opposées de la justice.
La situation est différente dans les Etats musulmans modernes, car sous la pression des Etats occidentaux à la fin du XIXe siècle et sous la colonisation, la dhimmitude fut abolie et des législations inspirées de l’Occident furent adoptées.
Cependant la mentalité du jihâd existe toujours dans les groupes fondamentalistes et dans les masses, et la dhimmitude, c’est-à-dire la persécution ou la marginalisation des indigènes juifs et chrétiens dans les pays musulmans n’a jamais cessé.
Aujourd’hui, il n’y a pratiquement plus de Juifs dans les pays musulmans et de nombreux Chrétiens se convertissent ou émigrent.
De plus, si les islamistes rétablissaient la shari’a, l’idéologie du jihâd et de la dhimmitude reviendrait.
De plus, les intellectuels musulmans n’ayant jamais soumis le jihâd et la dhimmitude à un examen critique, ces politiques continuent d’être jugées parfaites.

LA PROTECTION AVILISSANTE

Il est certain qu’au Moyen-Âge, toutes les religions étaient oppressives et fanatiques.
Néanmoins, les autorités politiques et religieuses occidentales ont dénoncé les idéologies et les législations du passé, contraires à la dignité et aux droits de l’homme.
L’histoire de la dhimmitude est une histoire de souffrance et d’humiliation, d’usurpation de terres, de destruction de civilisations indigènes, d’exploitation fiscale des droits humains.
Et cette histoire a bien existé même si, à certaines époques, les pays islamiques accueillirent les persécutés juifs et chrétiens, même si les lois islamiques se référant au Coran interdisent les conversions forcées et assurent protection à l’indigène non-musulman, protection uniquement garantie dans le système avilissant de la dhimmitude.
Il est vrai que ce système, parfois plus ou moins tolérant que d’autres, s’intégrait aux préjugés et mentalités de l’époque, et que les périodes de massacres et d’esclavage résultaient aussi de situations incontrôlables.
Mais il n’en reste pas moins que les peuples dhimmis des régions arabisées et d’Anatolie et d’Arménie ne purent survivre que par le rançonnage permanent de leur propre existence tolérée dans l’insécurité et l’humiliation. Le génocide des Arméniens fut le premier de ce siècle.
Dans ce contexte de dhimmitude, Israël représente la libération d’un peuple dhimmi.
D’où la volonté de le sataniser dans les instances internationales, de l’avilir et de légitimer un terrorisme qui perpétue l’insécurité dans laquelle vivait le dhimmi et le droit que s’arrogeait le Musulman sur sa vie.
Tant que la légitimité d’Israël n’est pas reconnue, celle des autres peuples dhimmis chrétiens, libérés de la dhimmitude : Espagnols, Grecs, Slaves, Arméniens, n’est pas non plus assurée.
Si la dhimmitude doit être obligatoire pour un peuple de la Bible – les Juifs, alors elle l’est aussi pour l’autre peuple de la Bible, les Chrétiens.
Cette solidarité du Peuple de la Bible, inscrite dans le dogme et la législation islamique au long de treize siècles d’histoire, ni les Chrétiens d’Orient ni l’Occident ne l’ont comprise.
Au contraire, les Chrétiens d’Orient, certainement à cause de leur condition d’otages, se sont unis aux forces antisionistes, se faisant ainsi l’instrument de leur propre destruction.

L’ANTISIONISME, SOURCE D’ANTISEMITISME

Je prendrai deux exemples :
1) Le nationalisme arabe, qui fit des Chrétiens le fer de lance du jihâd contre Israël, fut l’instrument idéologique, politique, culturel, d’anéantissement du christianisme d’Orient et fit exploser le Liban.
Ici, je voudrais mentionner la propagande des Eglises irakiennes, syriennes et arabo-palestiniennes. Otages du monde arabo-musulman, elles sont utilisées par les Etats arabes pour propager en Occident l’antisémitisme et l’antisionisme. Prétendant avoir toujours bien vécu dans le monde musulman, elles attribuent la détérioration de leurs relations avec l’islam à la création de l’Etat hébreu, accusé de provoquer le radicalisme islamique.
Accusations démenties par l’histoire, car la destruction du christianisme oriental et les nombreux massacres qui ponctuèrent ce processus, précédèrent de plusieurs siècles le rétablissement de l’Etat hébreu.
2) L’antisionisme occidental, conséquence de l’arabophilie, constitue aujourd’hui l’une des sources majeures de l’antisémitisme. Or, la délégitimation d’Israël implique celle de l’Occident, car la haine anti-occidentale et la haine contre Israël s’enracinent dans le même dogme, la même législation, la même histoire. Et cette association s’inscrit dans treize siècles de dhimmitude.
Sur le plan idéologique, l’antisionisme est une menace contre l’Occident lui-même, contre les valeurs qu’il s’efforce de promouvoir dans la Charte des Nations-Unies et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Je soulignerai que la dhimmitude prétend apporter un message de paix et de réconciliation.
1) Paix entre les Eglises et les peuples, car la dhimmitude fut la conséquence de leurs haines réciproques et de leur aveuglement.
2) Paix entre les Peuples de la Bible. Or, aujourd’hui, les forces antisionistes cherchent à développer la haine antisémite et anti-israélienne en Occident.
On ne voit pas pourquoi seuls les Juifs seraient privés de souveraineté nationale dans leur pays. Quiconque est anti-israélien est ipso facto anti-chrétien.
Et certains Chrétiens orientaux, émissaires, en Europe, du jihâd anti-israélien, en occultant leur propre histoire de dhimmi, ne font que creuser leur tombe et celle de l’Europe.
Car les destins des deux Peuples du Livre sont unis et inséparables. Quand Israël se bat contre les valeurs du jihâd et de dhimmitude, il mène aussi le combat du Chrétien.
L’un ne se sauvera pas sans l’autre. Et si les deux se combattent mutuellement, tous deux risquent de périr.
Soyons aussi attentifs aux forces qui cherchent à semer la haine entre l’Occident et Israël pour les utiliser l’un contre l’autre. Chrétiens et Juifs doivent comprendre que leurs intérêts sont communs.
Qu’ils le veuillent ou non, c’est le chemin déterminé par l’histoire depuis treize siècles et dont le but, tel qu’il m’apparaît, est la réconciliation des trois religions monothéistes.
Aujourd’hui, si nous voulons établir des relations de coexistence pacifique entre Juifs, Chrétiens et Musulmans, il est essentiel, tout d’abord, d’annuler le principe de l’impureté de l’infidèle, encore en vigueur, aujourd’hui, comme le prouvent l’interdiction, pour les non-Musulmans, de visiter la Mecque et Médine, et, en Arabie, les restrictions imposées au culte des habitants chrétiens.
Il serait aussi légitime de demander aux peuples musulmans de reconnaître les souffrances incalculables qu’ils ont infligées aux populations indigènes, chrétiennes et juives, soumises à la dhimmitude.
Histoire occultée, car les peuples dhimmis n’ont pas droit à la parole ni à leur histoire.
Or, cette histoire doit être reconnue, car une non-reconnaissance impliquerait la nature inférieure des dhimmis chrétiens et juifs, le déni de leurs droits et sentiments humains.
Leur déshumanisation justifierait la législation discriminatoire et avilissante de la dhimmitude et conforterait l’idéologie qui divise le monde en deux catégories d’humanité : une humanité supérieure, les Musulmans, et l’autre, les non-Musulmans, voués à l’avilissement.
La modification des mentalités et des préjugés du passé exige la reconnaissance des droits égaux et inaliénables des êtres humains et la satisfaction de la demande que les dhimmis soient rétroactivement reconnus dans leur dignité humaine.
Le poids historique du passé doit être assumé, comme ce fut le cas pour l’Allemagne, les Croisades, l’Inquisition, l’esclavage des Noirs d’Afrique et la colonisation.
Si nous croyons à l’égalité et à l’identité des êtres humains, nous ne pouvons tolérer que les victimes de la dhimmitude soient seules flétries par le mépris de l’oubli.

L’EXAMEN CRITIQUE DU PASSE

Tant que les droits humains du Peuple du Livre ne seront pas rétroactivement reconnus par un examen critique de la dhimmitude, il y aura deux systèmes de valeurs fondamentalement opposés : l’un, moderne, qui reconnaît l’égalité des hommes et l’inaliénabilité des droits humains, et l’autre, fondé sur l’inégalité des droits, ce qui implique, s’ils sont concédés, qu’ils peuvent être retirés unilatéralement par ceux qui les concèdent.
Ceci perpétue la séparation des êtres humains en deux groupes: ceux qui concèdent les droits et ceux qui bénéficient, dans la gratitude et la soumission, de ces droits concédés. Ces principes sont contraires à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

DENONCER LA DHIMMITUDE

La dénonciation des politiques impérialistes et fanatiques de l’expansion islamique confortera les éléments rénovateurs musulmans et favorisera l’harmonisation de nos valeurs.
Ce changement des mentalités représente une énorme tâche.
Encore récemment, des Musulmans égyptiens furent emprisonnés parce que leurs livres furent jugés blasphématoires. Et tout le monde connaît l’Affaire Rushdie » (2).
Juifs et Chrétiens sont unis dans ce combat, qui vise, par une rénovation profonde de la mentalité islamique, à l’abolition du principe de dhimmitude.
Mais ils sont aussi unis avec les Musulmans réformistes.
Et c’est là le défi d’Israël : en reconnaissant la légitimité d’Israël, l’islam acceptera le principe de l’égalité des hommes et des peuples et abolira le jihâd et la condition de dhimmi.
Et s’il le fait pour les Juifs, il le fera pour les Chrétiens et le reste de l’humanité
C’est là le sens profond de la restauration de l’Etat d’Israël, car, par sa médiation, s’opérera la réconciliation de la famille humaine. Ou bien c’est le jihâd nucléaire, surtout contre l’Occident.
Le fondamentalisme, l’explosion démographique et les problèmes économiques créeront bientôt autour de l’Europe, du Caucase à l’Afrique du Nord, tel un croissant, le front du jihâd. Jihâd nucléaire qui conduira à la destruction de notre planète.
Voilà le défi historique qui nous unit, Juifs et Chrétiens.
Une tâche à laquelle nous devons rapidement nous atteler avec les Musulmans réformistes, car le temps presse. Si l’Europe veut éviter un retour aux prises d’otages et au terrorisme, on doit définitivement rejeter les idéologies qui les justifient.
Bat Ye’or
Texte aimablement transmis à upjf.org par Yves Kamami, avec la remarque suivante : « Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, lisez ce très beau texte, prophétique, de Bat Y’eor. »