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Il fut un temps où Mélenchon défendait la laïcité

Lors de la conférence de presse de la France Insoumise en marge de la manifestation contre l’islamophobie du 10 novembre, M. Mélenchon a fait état de la peur des musulmans se sentant stigmatisés, si j’ai bien compris, par tous les autres membres de la communauté nationale.

Jean-Luc Mélenchon a sans doute également le sens des réalités pour s’apercevoir qu’une majorité de Français nourrit de fortes préoccupations et des peurs grandissantes vis-à-vis de l’islam. Et la peur de ceux-ci n’est pas moins légitime que celle des premiers, a fortiori, quand on sait que 30 % des jeunes de confession musulmane placent le Coran au-dessus des lois de la République.

D’autre part, à propos du communautarisme, le chef de la France Insoumise a déclaré en substance, assez benoîtement, qu’il se tasserait, à terme. Je lui demanderais : Ah, oui, comme par enchantement, comme par miracle ? Aurait-il besoin de lire ou de relire « Les Territoires perdus de la République » qui relate que bon nombre de résidents, Français de souche, ne sont plus que tolérés dans certains quartiers, quand ils se voient pas obligés de déguerpir ?

Contre cette illusion d’une force d’inertie bienfaisante venant à bout du communautarisme, une majorité de Français pressentent qu’il va falloir lui opposer au contraire une vigilance grandissante, une volonté déterminée, organisée, structurée pour maintenir la prééminence des lois de la République sur la doctrine du Coran ou de tout autre texte dit « sacré ».

Bien sûr, une grande majorité de personnes de confession musulmane sont de bonne volonté et se plient sans difficulté à l’application des lois de la République, mais il faut compter avec ceux qui veulent faire avancer des ambitions qui ne sont pas que d’ordre religieux mais qui recouvrent l’ensemble de la vie sociale, donc, également, politique, économique et culturelle. Ces personnes sont minoritaires, il est vrai, mais dans des conditions exceptionnelles, souvent imprévisibles, elles pourraient avoir le pouvoir d’entraîner leurs coreligionnaires dans des aventures insensées et mortifères. On sait que ce sont les minorités, bien souvent, qui font l’Histoire. On sait aussi qu’en l’occurrence, cette minorité a des ambitions politiques affirmées.

Quant au voisinage des Insoumis avec les Frères musulmans dans cette manifestation, il endommage durablement leur image et la confiance que certains placent encore en eux – à ce sujet, voir les nombreux commentaires sur les réseaux sociaux.

Les témoignages qui suivent, rassemblés par Naëm Bestandji, sont éloquents sur la confrérie :

https://mobile.twitter.com/BestandjiNaem/status/1193224519751782400

Ne pas oublier que les Frères musulmans ont été des acolytes du FIS en Algérie dans les années 91-93, lors de la guerre civile qui fit 100 000 morts, que l’organisation est interdite actuellement en Égypte, et qu’elle a à voir avec l’organisation Daech, organisation dite moribonde mais qui fait sans cesse des surgeons.

Il est à prévoir que les ambitions de certains imams et de leurs fidèles à leur suite, s’affirmeront de façon de plus en plus revendicative, sous forme d’accommodements raisonnables, d’exigences contraires à notre culture, nos traditions et nos coutumes. Si en face, l’État et ses lois se laissent désemparer et ne réagissent que mollement ou de façon velléitaire, en ordre dispersé, à géométrie variable, selon les régions, les préfets, les maires, les directeurs d’écoles, etc., la République s’estompera, comme un vin trop vieux qui eut son heure de gloire mais qui a vu arriver son heure de péremption.

Quoi qu’il en soit de la détermination des acteurs, côte à côte mais potentiellement, face à face, les lois de la République doivent demeurer intangibles, imperméables à toute tentative de débordement, notamment en ce qui concerne la laïcité, tant défendue autrefois par Jean-Luc Mélenchon, sous peine d’une dérive irrémédiable de l’État et d’une colère grandissante des Français que les partis qui minorent le phénomène de l’islam dans la socié ne pourront plus éteindre.

Bernard Van Muy




Burqini : il faut dire non une bonne fois pour toutes !

J’ai écouté le débat de ce 4 septembre sur les antennes de Sud-Radio, à propos du port du burqini dans les piscines.

Le représentant de Riposte Laïque (1) n’a sans doute pas pu développer suffisamment son argumentation dans l’échange qu’il a eu avec son vis-à-vis, de confession musulmane.

Selon moi, la législation actuelle, à géométrie variable, en la matière constitue le maillon faible dans la réalité déplorée : certaines municipalités autorisant le burqini, d’autres, non. L’application pleine et entière de la laïcité s’en ressent bien évidemment.

En conséquence, je pense que ce qui est à faire, c’est de renforcer l’appareil législatif dans ce domaine, d’une manière décisive, élaborer donc une loi sans ambiguïté, sans faille, qui dise une fois pour toutes que le burqini est interdit dans les piscines sur tout le territoire français. À défaut, on s’enlisera dans des débats sans fin qui ne feront qu’agrandir le fossé entre les Français de souche et ceux d’immigration récente, de confession musulmane.

Si l’on prend un peu de hauteur, on peut voir que la revendication du burkini dans les piscines procède d’un grignotage progressif des lois, us et coutumes en vigueur dans le pays d’accueil. Et que dire des prières de rue qu’il aurait fallu interdire dès leur première survenue, au nom même de l’application élémentaire, absolue et drastique des lois sur la laïcité.

À un moment, vu l’état de dislocation de la société française, il faut mettre fin d’une façon nette, claire et sans contestation possible à ce qu’on appelle les « accommodements raisonnables ». Un peu de vigueur et de virilité dans la législation et le respect des lois, que diable, cela devient le minimum vital pour sauver ce qu’il y a à sauver de  l’homogénéité résiduelle de la société.

Les errements évoqués s’inscrivent et se renforcent dans le cadre d’un nouveau paysage politique que nos élites dessinent d’une manière très feutrée, très discrète, en catimini : une régionalisation grandissante des compétences des Régions, en toutes matières, délibérément voulue et organisée à l’échelle de l’Union européenne entière.

Cette dernière travaille systématiquement à l’affaiblissement des États-nations pour recomposer une carte des régions à la tête desquelles on introniserait des grandes villes en métropoles-capitales. Ce qui, à terme, donnera naissance à une multiplicité de baronnies, comtés et principautés, semblables à ceux qui existaient au Moyen Âge, chapeautés comme par un empire, celui de l’Union européenne qui régnerait alors sans partage sur des entités aux législations les plus hétérogènes les unes aux autres.

En fait, c’est dès les années 20 du siècle dernier que des clubs des élites allemandes se sont attelés à ce projet qui ne cesse de gagner du terrain depuis lors. Les éléments de documentation pertinente à ce sujet figurent surtout dans les travaux de l’historien Pierre Hillard et les vidéos de François Asselineau sur son site : upr.fr.

Ci-dessous, vous trouverez différentes cartographies qui soutiennent ce projet dont le but est donc littéralement le morcellement des États-nations européens :

https://www.google.com/search?q=carte+Heineken+de+l%27Europe&tbm=isch&source=iu&ictx=1&fir=ekmFSf_4Iwci_M%253A%252Ci1H50Kk66uowUM%252C_&vet=1&usg=AI4_-kTMj4AdraPOQF2Q54yzXQLSl_Kx5A&sa=X&ved=2ahUKEwjVxeGIzrfkAhXO1qQKHYLRDrkQ9QEwAHoECAQQBg&cshid=1567615491650774#imgrc=ekmFSf_4Iwci_M:

La documentation pertinente à ce sujet figure notamment dans les travaux de l’historien Pierre Hillard et les vidéos de François Asselineau sur son site : upr.fr.

Pour revenir au sujet traité, la plupart des citoyens conviennent sans doute que les politiques manquent de courage, vertu essentielle et principale pour tirer le pays de l’ornière, et cela, c’est un autre débat mais c’est aussi l’origine du problème.

Bernard Van Muy

(1) NDLR : L’auteur fait référence à Guylain Chevrier, qui intervenait au téléphone lors de ce débat. Guylain a été un contributeur régulier de Riposte Laïque, et a quitté notre équipe, en désaccord avec l’organisation de l’Apéro saucisson pinard, en 2010. Il est à présent vice-président du Comité Laïcité République, et intervenait à ce titre.