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Les laïques et les féministes auraient dû demander la démission de Fillon

Monsieur Fillon est censé être le premier ministre de la France, le représentant d’une République qui a conquis la laïcité par la force des combats les plus progressistes, ceux portés par l’esprit des Lumières, ceux portés par une histoire dont nous sommes fières parce qu’elle a permis les conquêtes sociales et féministes les plus avancées. Mais Monsieur Fillon, censé transmettre les valeurs républicaines à l’ensemble des citoyens de son pays, est devenu le 28 juin 2010, le jour où il a inauguré la mosquée d’Argenteuil, le premier dhimmi de la France.
On a vu dans la presse cette image affligeante : un François Fillon tout sourire, s’apprêtant à couper le ruban tricolore sous le regard enjoué des barbus, et à ses côtés, une enfant vêtue de blanc, déjà soumise, déjà enfermée sous le voile. Cette image insupportable m’indigne et me révolte. Que vient faire cette petite fille voilée en premier plan de la photo ? Elle est là comme pour faire passer un double message. Elle est là pour dire aux citoyens de ce pays : « vous voyez, en France, non seulement l’Etat finance nos mosquées, mais le premier ministre les inaugure. Vous voyez, en France, vous pouvez faire votre loi contre la burqa, mais le voile islamique ne sera pas interdit et il est aussi permis de voiler les petites filles ». Et Monsieur Fillon laisse faire. Et Monsieur Fillon laisse dire. Une loi contre le voile intégral vaut bien quelques compromissions : un petit discours bien enrobé de mielleuses paroles, un coup de ciseau dans un ruban tricolore et une petite fille avec le foulard islamique, rien de grave…

On ne devient pas le premier dhimmi de France sans trahir les fondements de notre République, sans trahir les valeurs qui font l’identité de notre pays. Et il y a bien trahison quand un premier ministre se permet de piétiner le principe de laïcité en inaugurant une mosquée. Il y a bien trahison lorsque ce même premier ministre accepte, lors de la cérémonie, la présence, à ses côtés, de cette petite fille portant le voile islamique. Quelle honte pour la France, quelle injure pour les femmes, et quel mépris pour notre République ! Que fait ce représentant de l’Etat avec cette fillette qui porte sur elle le symbole de la soumission des femmes musulmanes ? Que fait un premier ministre aux côté de cette enfant déguisée en adulte et qui arbore avec son voile les signe ostensibles de la discrimination sexiste, le symbole d’une mort possible pour celles qui refusent de le porter ?
A voir le sourire béat de Monsieur Fillon, tout baigne, en effet. Mais est-il au courant, ce Monsieur, de ce qui se passe en Iran ou en Afghanistan ? A-t-il oublié le sort des femmes algériennes qui, dans les années noires, refusaient de porter le voile que leur imposaient les fous d’Allah? Ignore t-il le nombre de jeunes musulmanes qui, aujourd’hui, en France, sont obligées de porter le foulard islamique sous la pression de leur entourage et combien de ces jeunes filles sont également mariées de force ? Monsieur Fillon considère sans doute que le vêtement porté par cette fillette n’est rien d’autre qu’un accoutrement de circonstance. Quelle ignorance et quel mépris pour les femmes ! Comment ne pas s’indigner, quand il y a, de par le monde, tant de souffrances à cause de ce voile là ? Si Monsieur Fillon était un premier ministre respectable et courageux, il aurait pu agir comme le faisait Bourguiba en son temps, lorsqu’il encourageait les Tunisiennes à se dévoiler. Si Monsieur Fillon était digne de son poste et s’il défendait réellement les valeurs humanistes qui ne tolèrent aucune discrimination, il aurait demandé que cette petite fille enlève ce voile symbole de la soumission des femmes aux hommes.
Mais que font les féministes de ce pays ? Que font les associations qui sont généralement si promptes à défendre la cause des femmes ? Que font les organisations de défense des droits de l’enfant ? Rien, silence radio. Pas un communiqué, pas une réaction de protestation. Rien qui puisse laisser penser que nous sommes dans un pays où les femmes luttent encore pour défendre leurs acquis, et pour obtenir toujours plus d’égalité entre les hommes et les femmes. Ces militantes féministes sont en première ligne pour combattre les violences contre les femmes mais elles refusent de voir que l’Islam est un réel danger, non seulement pour les musulmanes, mais pour toutes les femmes du monde. Nous sommes dans un pays où il existe des lois strictes pour protéger et défendre les enfants mais où une fillette peut porter le foulard islamique sous le regard complice d’un haut responsable de l’Etat.
Alors, oui, j’accuse les organisations féministes, celles qui se disent de gauche, celles que l’on retrouve au sein de ce grand bazar qu’est le Collectif National des Droits des Femmes, d’être des incapables et de se faire les complices de la barbarie perpétuée par une religion qui hait les femmes au point de les enfermer, dès leur plus tendre enfance et à vie, dans des prisons de tissus. Ces féministes là affirment ne pas supporter la vue des burqas, elles disent avoir horreur du voile intégral, mais, telles Caroline Fourest, elles sont contre une loi pour l’interdire. Elles ne supportent pas l’idée que des petites filles puissent être voilées, mais ne disent pas un mot lorsque notre premier ministre pose aux côtés d’une fillette enfoulardée. On aurait aimer voir Fadela Amara réagir, mais sans doute pour elle un apéro pinard est plus grave qu’une fillette voilée devant son Premier ministre. On aurait aimé entendre Sihem Habchi, si courageuse en d’autres circonstances, s’indigner. On aurait applaudi Elisabeth Badinter si elle avait osé pointer du doigt cette ignominie. On aurait dû entendre qu’un seul mot de la part des militantes féministes : « Démission » !
Mais, rien, silence radio, pas l’ombre d’un communiqué. Nous resterons avec cette image insupportable d’un premier ministre inaugurant une mosquée aux côtés d’une petite fille voilée. Image insupportable de la décadence de ceux qui prétendent incarner la République. Image insupportable qui nous confirme, encore une fois, que nos valeurs se délitent sous la pression de l’islam, et que nos responsables politiques de droite comme de gauche nous trahiront, jusqu’à ce que la charia s’impose à tous. Image insupportable qui confirme, indubitablement, que notre pays est gouverné par des hommes et des femmes incapables de sauver la France du péril islamique, incapables de s’opposer à ce nouveau fascisme politico-religieux. Image insupportable d’un islam qui avance en piétinant notre identité nationale. Image aussi insupportable que celle du drapeau tricolore sur lequel ils crachent ou de la Marseillaise qu’ils sifflent en « niquant la police ». Image effrayante d’un premier ministre prêt à se plier aux exigences d’une religion conquérante dont le seul objectif est de faire disparaitre notre République laïque et de transformer le peuple de France en un peuple de dhimmis.
Brigitte Bré Bayle




Laurence Ferrari, symbole de la capitulation médiatique devant l'islam

Honte à Laurence Ferrari, honte à toutes les femmes libres qui, comme elle, trahissent le combat des musulmanes qui risquent leur vie pour ne pas porter le voile !
Madame Ferrari a la chance de vivre dans un pays républicain laïque et démocratique où les femmes sont libres et émancipées. Personnalité du monde médiatique et petite diva du milieu people, elle véhiculait jusqu’à présent l’image d’une femme libre…jusqu’à ce fameux soir du 7 juin où elle est apparue sur les écrans avec ce foutu voile sur la tête.
Ce jour là, elle s’est comportée comme une petite fille obéissante, comme une femme soumise, comme une femme honteuse d’être libre. Comme tout journaliste capable de se renier pour battre des records d’audimat, elle a accepté de se soumettre aux préceptes machistes de l’islam, elle a osé arborer le foulard de la honte pour pouvoir interviewer un dictateur. En se comportant ainsi, elle a insulté toutes les femmes musulmanes qui refusent, au péril de leur vie, de porter le voile. Elle a enfoncé des poignards dans le dos de toutes les iraniennes qui luttent depuis trente ans pour se libérer de l’enfer d’un apartheid sexiste dicté par les mollahs. Alors que ces femmes subissent au quotidien les contrôles de la police des mœurs, qu’une répression sanglante s’abat sur une jeunesse révoltée où les femmes sont aux premiers rangs, elle leur fait l’affront de se couvrir la tête du voile islamique pour donner la parole à celui qui perpétue contre son peuple les crimes les plus abominables.
Honte à Madame Ferrari, honte aux responsables de TF1 qui ont programmé cette interview. Ils osent dire que « c’était le seul moyen pour elle de réaliser cette interview exclusive », mais quel intérêt avait cette interview ? Quel intérêt de donner la parole à l’un des plus grands dictateurs qui sévit actuellement sur la scène internationale et qui menace nos démocraties ? Quel intérêt de poser des questions stupides à un tel personnage ? On en connait d’avance les réponses. Qui doute de ses positions pro-palestiniennes ? Qui doute encore de ses supercheries et de ses mensonges ? N’a t il pas déclaré vouloir écraser Tel Aviv ? Tous les pays occidentaux savent que l’Iran ne respecte pas le traité de non prolifération nucléaire, et qu’Ahmadinejad se moque des menaces de sanctions de l’ONU. En mai dernier, son discours contre les Etats Unis, qu’il accusait de mettre en danger les pays non-nucléaires (comme l’Iran ?), avait même provoqué le départ de plusieurs délégations dont celle de la France.

Et quand ce dictateur notoire déclare d’emblée s’adresser au « bon peuple de France », on a déjà envie d’éteindre sa télé tellement c’est consternant. Mais comment une chaine Française peut elle à ce point se compromettre avec ce fasciste islamique ? Qui ne sait pas qu’en Iran ce sont les lois de la charia qui s’appliquent depuis plus de trente ans et que le peuple Iranien est un peuple asservi qui souffre et qui veut se sortir de cette dictature ? Qui n’a pas vu les images terribles de la répression meurtrière contre le grand mouvement contestataire des étudiants Iraniens qui eu lieu il y a un an ? Qui n’a pas entendu les témoignages toujours actuels sur les arrestations de masse, les disparitions à répétition, les exécutions sommaires et les tortures dans les geôles de la république islamique d’Iran ? Ahmadinejad muselle le peuple iranien et impose la terreur islamique, c’est le seul moyen pour lui de rester au pouvoir. Mais il dira sans détour à Madame Ferrari que l’Iran est un pays libre où les gens peuvent s’exprimer. Que peut-il dire d’autre, il ne va pas dire qu’il torture et assassine les gens et que ses geôles regorgent de prisonniers d’opinion ?
Laurence Ferrari a évité volontairement d’approfondir les questions qui dérangent. Elle aurait pu évoquer la barbarie de la police religieuse iranienne, les punitions et les exécutions publiques, la potence pour les homosexuels, l’emprisonnement pour les syndicalistes, mais elle a préféré, comme tous les « démocrates » fascinés par le régime stalinien, baisser les yeux sagement devant un dictateur qui assassine son peuple et méprise les femmes. Elle préfère également oublier, comme ceux qui la défendent en prétextant qu’elle navait pas d’autre choix vestimentaire, que le voile islamique est bien autre chose qu’un accoutrement de circonstance, c’est le symbole de la soumission des femmes aux hommes, c’est un signe d’esclavage avant d’être un signe religieux. Elle aurait dû avoir le courage de refuser de le porter au nom du combat émancipateur de toutes les femmes du monde. Elle a manqué une bonne occasion de se distinguer en montrant fièrement ce que c’est que d’être une femme Française libre et émancipée, elle aurait dû enlever son voile devant Ahmadinejad. Là, elle aurait eu de la classe et du talent la petite Laurence Ferrari !
Sihem Habchi, la présidente de « Ni putes Ni soumises », affirme, de son côté, que ce voile est un moindre mal car si Madame Ferrari avait laissé sa place à un homme elle « cédait à un certain machisme ». Je ne suis pas d’accord avec Sihem Habchi, et surtout lorsqu’elle ajoute que « l’important c’est de se rappeler qu’en Iran des femmes sont emprisonnées parce qu’elles refusent de porter le voile ». C’est justement en apparaissant voilée que la journaliste Française commet le pire au regard des droits des femmes. Elle insulte ouvertement celles qui combattent l’obscurantisme, celles qui ont le courage d’affronter les dogmes ou les traditions archaïques qui les voilent, les marient de force, les tuent pour l’honneur, les excisent et les renvoient au second rang de l’humanité. Résister au voile, dans une dictature islamique, comme l’est l’Iran, c’est risquer la répudiation, la flagellation, la prison et parfois la mort.
Alors quand on est journaliste, quand on est Française et quand on est une femme libre, on n’a aucune excuse. Porter le voile parce que c’est ce qui se fait dans le pays d’un dictateur, c’est se faire l’alliée des ennemis de la liberté. TFS1 a servi la soupe à Ahmadinejad en lui donnant la parole devant les caméras, c’est lamentable et honteux pour la France. Pendant combien de temps allons nous subir la capitulation de nos médias face à l’offensive de ce nouveau fascisme qu’est l’islam politique ?
Je ne résiste pas à vous faire part de cette réaction d’un internaute : Dans le fond, en 1933, ces journalistes en mal de popularité auraient été tout à fait capables de faire le salut hitlérien ou mussolinien pour décrocher une interview de ces dictateurs ! Honte et abjection sur ces collabos de l’islam (surtout quand on sait que l’on torture et on pend quotidiennement dans les prisons de Téhéran). Bravo pour cette indignation ! Bravo à Alain Rubin qui n’en disait pas moins dans son article publié dans le précédent numéro de RL.
Le soir de ce lundi 7 juin 2010, Madame Laurence Ferrari a fait honte à la France entière, elle a fait injure à tous les défenseurs des libertés, elle a insulté toutes les femmes qui luttent au péril de leur vie pour se délivrer du voile et de la burqa .
Brigitte Bré Bayle




J'ai été ravie d'apprendre que j'étais une résistante du 7 mai 1945 !

Je viens d’écouter l’émission « arrêt sur image ». Je savais les conditions difficiles dans lesquels nos amis de la rédaction de RL, Pierre Cassen et Anne Zélensky, allaient devoir intervenir. Je connaissais suffisamment Bernard Teper pour le savoir capable de toutes les bassesses pour tenter de salir essentiellement Pierre, à qui il voue une haine obsessionnelle. Je vous avoue que je ne fus pas déçue. Je n’ai pas été surprise qu’il refuse de lui serrer la main, cela lui ressemble bien. Je n’ai pas été davantage étonnée qu’il compare Pierre à Doriot, cet ancien communiste devenu président d’un parti fasciste, et collaborant avec le nazisme. Je connaissais par coeur (j’ai été responsable nationale de l’Ufal 4 ans) les limites du discours laïque de Bernard Teper, et la suffisance avec laquelle il l’assène.
Bernard Teper, dans un style lourd et laborieux, parle, en public ou devant les caméras, comme le feraient des professeurs d’université sentencieux devant un parterre d’« incultes ». Son discours de spécialiste de la laïcité ne peut toucher que ceux qui évoluent dans le petit monde des intellectuels bobocrates, ceux qui vivent dans les beaux quartiers, ceux que la réalité de l’offensive de l’islam épargne. Il montre surtout une totale ignorance de la réalité de cette religion.
Bernard Teper, si érudit soit il en matière de laïcité, si engagé soit il dans le combat social – bien qu’ayant été chef d’entreprise tout au long de sa vie – contre le « turbo-capitalisme », expression qu’il affecte tout particulièrement, connait il réellement les ravages de l’islam dans notre société ? Est il réellement au courant de se qui se passe dans nos villes ? A-t-il vu, de ses yeux vu, ces Belphégors, qui sont une offense à l’humanité toute entière ? A-t-il compris que les prières musulmanes dans les rues sont les preuves intangibles du recul de la République ? A l’entendre énoncer les trois critères qui, selon lui, définissent la loi de séparation de 1905, et qui, par principe, et toujours selon lui, interdiraient, au nom de la laïcité, qu’on interdise partout le port du voile intégral, on est en droit de se demander s’il a vraiment les pieds sur terre.
Lui qui se délecte à parler des « vrais gens » ferait mieux de les côtoyer plus souvent dans la vraie vie. Il se rendrait compte, du moins on peut l’espérer, qu’un bon nombre de nos concitoyens n’ont rien à faire de ses déclarations obscures, que ce qu’ils vivent dans leur quotidien face aux agressions répétées d’une religion qui impose ses règles, se situe sur un autre registre, celui de la défense des valeurs de notre République, celui du respect des valeurs qui ont fait progressé l’humanité.
Bien que n’ayant aucune illusion sur un tel personnage, les bras m’en sont tombés quand je l’ai entendu parler de « résistants du 7 mai 1945 », et quand il a osé dire que la bataille pour une loi contre les signes religieux à l’école n’avait été, de 1989 à 2004, que l’oeuvre de la seule Ufal. En réécrivant ainsi l’histoire, ce personnage se comporte comme un vulgaire Staline, faisant effacer toutes les photos officielles de Trotsky, comme s’il n’avait jamais existé.
Je suis de ceux qui ont rejoint l’Ufal en 2003 pour s’investir dans la campagne pour une loi contre les signes religieux à l’école. Toutes les personnes qui se sont investies dans cette bataille, qu’elles aient été membres de l’Ufal ou pas, connaissent le travail énorme de Pierre Cassen qui fut, pendant de longs mois, un coordinateur infatigable, un rassembleur exemplaire, ouvert et impliqué dans tous les débats. Pierre, refusant de tirer la couverture à lui, a d’ailleurs reconnu, sur le plateau, le rôle de Bernard Teper dès 1989. Il n’a absolument pas nié le travail commun qu’ils avaient effectué, l’efficacité de leur collaboration, ni les divergences qui les avaient amenés à se séparer. Bernard Teper est incapable d’une telle approche. Il ne peut que balayer ce passé encombrant d’un revers de manche, réécrire cette période de notre histoire militante comme un médiocre révisionniste, et en gommer Pierre et tous les « déserteurs » de l’Ufal d’une manière grotesque.

Il préfère ne pas avoir à reconnaitre que certains membres de la rédaction de RL ont contribué au développement de l’Ufal durant ces années là. Il préfère, de la même façon, oublier le rôle, tout aussi déterminant, de nos amies de la rédaction, Anne Zélensky et Annie Sugier, dans la création d’un pôle laïque et féministe en rupture avec les organisations féministes pro-voile dans les années 2004/2005. C’est avec la Ligue des Droits des Femmes, présidée par Anne Zélensky, aux côtés de la Ligue du Droit International des Femmes présidée par Annie Sugier, avec Michèle Vianes de Regards de Femmes, que l’Ufal a créé le Coordination Féministe et Laïque dont je fus la présidente. C’est grâce à cette structure, dans laquelle s’est retrouvé un grand nombre d’organisations laïques et féministes, et grâce à la collaboration de militants et militantes de terrain comme Mimouna Hadjam de l’association Africa 93, que l’Ufal a pris de l’importance dans la lutte contre le voile à l’école publique. La CFL a permis à l’Ufal d’organiser, avec l’association Ni putes, Ni soumises, la première manifestation laïque et féministe du 6 mars 2004. Sans notre engagement militant et sans la participation d’organisations qu’il serait trop long de citer ici, l’Ufal serait restée sur la touche.
Mais Bernard Teper préfère oublier ceux qui ont contribué à faire avancer l’Ufal et qui ont passé des centaines d’heures à écrire des tracts, à les distribuer, à organiser des réunions publiques, à prendre des contacts. Sa haine à notre égard, à l’égard de Pierre et de tous ceux qui ont osé s’écarter du « droit chemin » pour défendre une laïcité de terrain qui dépasse les clivages gauche-droite est phénoménale, tellement phénoménale qu’il refuse de les saluer sur un plateau de télé. Quel manque de dignité, Monsieur Teper ! Tant d’arrogance et d’incorrection me fait penser à ces gourous sectaires, ces pères spirituels qui bannissent définitivement leurs mauvais disciples en les envoyant périr dans les flammes de l’enfer.

Il y a certaines choses de la vie militante qui ne s’oublient pas. Je n’ai pas oublié, par exemple, l’incongruité et la violence des propos de Monsieur Teper réagissant à une prise de parole d’un des membre actuel de la rédaction de RL lors d’un conseil d’administration de l’Ufal. Il s’agissait, pour notre président, de faire approuver, par l’ensemble des participants, une motion en faveur de la régularisation de tous les sans papiers. Nous n’étions pas tous d’accord. Nous considérions ce mot d’ordre comme étant démagogique, gauchiste, absolument pas républicain, et faisant le jeu du capitalisme. Cela ne plaisait pas au chef. Il avait répondu de manière ignoble à l’intervention de notre ami qui, comme nous, s’y apposait. Il avait osé dire que ceux qui s’opposaient à la régularisation des sans-papiers étaient de la même trempe que ceux qui avaient organisé la rafle du Vel d’Hiv en 1942. Il avait fallu tout le sang-froid de Jean-François Chalot et d’Hubert Sage pour éviter qu’une telle insulte ne dégénère en affrontement physique. Si je me permets de rappeler certains comprortements peu glorieux de Bernard Teper, c’est pour montrer pourquoi je ne fus pas surprise par la nature des calomnies qu’il a cherché – de manière assez abjecte – à colporter contre RL.
Mais revenons à l’émission « arrêt sur image ». Bernard Teper, y est allé de sa corde féministe au sujet d’Eric Zemmour. Bien évidemment, pour être dans le politiquement correct, Zemmour est un affreux machiste avant d’être une horrible raciste. La partition de nos adversaires selon laquelle Riposte Laïque, en apportant son soutien à un individu aussi peu fréquentable, dévoilerait ses tendances extrêmes droitières était prévisible. Nous avons eu droit, en prime, à une réflexion de Bernard Teper qui mérite qu’on s’y attarde pour en rire un peu, cela ne fait pas de mal. Selon lui, Zemmour aurait commis l’irréparable en écrivant dans son livre « le premier sexe », qu’il ne voyait rien d’anormal dans le fait que les hommes agissent avec une violence contrôlée lors de l’acte sexuel. Même Anne Zelensky, à qui on ne peut pas reprocher d’être une inconditionnelle d’Eric Zemmour, a trouvé cet argument grotesque et risible et j’ai bien aimé sa réflexion comme quoi il lui arrivait aussi d’être sexiste. Je pense que Bernard Teper a manqué son coup si son intention était de se mettre Anne Zélensky dans la poche ou de semer la confusion entre Anne et Pierre. En tous les cas, il faut avoir l’esprit tordu pour aller chercher de tels arguments pour attaquer RL, il faut vraiment ne rien connaître de la nature des rapports privés, entre adultes consentants, entre les hommes et les femmes, pour clouer au pilori Eric Zemmour à cause de tels propos.
Rien de nouveau, rien de surprenant pour moi. J’ai retrouvé le personnage dogmatique, haineux, imbu de lui-même, capable de proférer les pires mensonges contre ses adversaires, dont les pratiques m’avaient fait quitter l’Ufal, en 2007. Quelle différence entre l’attitude hautaine, dogmatique, de Bernard Teper et l’ouverture d’esprit, le discours construit, cohérent de Pierre ! Cette différence, n’est ce pas celle que l’on retrouve aussi entre Respublica, et Riposte Laïque ?
J’avoue, qu’à la place de Pierre, je n’aurais pas ménagé Bernard Teper. Je lui aurais rappelé, par exemple, au moment où il donnait des leçons sur le combat contre l’extrême droite, le passé de quelques responsables nationaux de l’Ufal. Mais je sais que Pierre n’utilisera jamais ce genre de méthode, car pour lui, ce qui compte, c’est ce que sont les gens, et pas ce qu’ils ont été. Je sais aussi qu’il a raison. Il n’empêche que, si une personne de la rédaction de RL avait milité au Front National, Bernard Teper n’aurait pas cette élégance.
L’Ufal, dont il demeure le grand stratège, a perdu plus de la moitié de ses effectifs, entre 2009 et 2010. Bernard Teper dira d’eux que ce sont aussi des « résistants du 7 mai 1945 »…
Brigitte Bré Bayle




Madame Brunel, j'approuve votre approche courageuse de la prostitution

Madame la Député,
Dans votre dernier ouvrage « Pour en finir avec les violences faites aux femmes », vous abordez de plein fouet, en en décrivant les différents aspects, les domaines sociétaux dans lesquels les femmes sont victimes de maltraitances et vous dénoncez l’impuissance des pouvoirs publics à y faire face de manière efficace. Dans le chapitre consacré aux « violences du XXIe siècle », vous expliquez pourquoi la pratique prostitutionnelle est un univers complexe et de plus en plus difficile à cerner, étant donné le développement de multitudes de circuits parallèles qui vont des salons de massage aux téléphones roses en passant par la toile internet autrement plus prolifère en la matière.
Vous décrivez justement l’explosion de cette « cyber prostitution » incontrôlable qui favorise le développement du proxénétisme, et multiplie les risques de maltraitances envers les femmes, comme étant une dérive de l’application de la loi de sécurité intérieure adoptée en 2003. Vous reconnaissez, avec une grande lucidité, que cette loi, qui visait à combattre la prostitution en instaurant à l’encontre des prostituées le délit de « racolage passif », est un véritable fiasco. La chasse aux « racoleuses » n’a servi qu’à déplacer le problème. Les prostituées des boulevards se sont repliées en périphérie des villes et d’autres filières d’exploitation prostitutionnelle se sont développées, rendant de moins en moins visibles les réseaux organisés de traite des femmes. En considérant les prostituées comme des coupables, la justice s’est trompée de cible. Il serait également tout aussi vain et ridicule de vouloir éradiquer la prostitution en sanctionnant les clients.

Vous l’avez compris, madame la Député, ce qu’il faut combattre ce n’est pas la prostitution, c’est la violence prostitutionnelle liée au proxénétisme et à l’absence de législation d’encadrement. Mais comment lutter contre la violence prostitutionnelle lorsque la prostitution se cache, lorsque la justice sanctionne les prostituées en oubliant, comme vous le dénoncez fort justement, madame Brunel, que derrière l’aspect visible de la prostitution il y a ces maisons de dressage où des filles sont droguées, violées, où elles subissent des violences intolérables, en oubliant aussi qu’il y a des femmes, et des hommes, qui se prostituent de leur plein grès ? C’est à cette question que vous avez voulu répondre en proposant la mise en place d’une cellule de réflexion autour d’un projet de loi visant, à travers la création de ce que vous appelez des «maisons ouvertes », à encadrer la prostitution. Ces « maisons ouvertes » seraient, un peu comme il en existe dans certains cantons Suisses, destinées aux femmes qui ont choisi, en toute indépendance, de faire de la prostitution leur métier. Elles occuperaient les lieux en tant que groupement de colocataires, paieraient des impôts, bénéficieraient d’un suivi médical et d’une protection judiciaire.
Je vous dis bravo pour cette initiative, madame Brunel ! Comme vous, je considère qu’il est absurde et utopique de vouloir éradiquer la prostitution. La lutte contre la traite des êtres humains passe par la reconnaissance de la prostitution comme activité lucrative autorisée et encadrée par la loi et exercée par des adultes libres et autonomes. Je sais qu’en écrivant cela, je risque, comme vous, de passer pour une traitresse à la cause féministe, mais peu m’importe. Je ne vois pas pourquoi le fait d’acheter du plaisir sexuel serait répréhensible dans une société démocratique, et pourquoi la personne qui consent à en monnayer la prestation sans en être contrainte serait forcément et inévitablement, même sans le savoir, une victime (1). On peut défendre les droits humains et lutter contre les violences faites aux femmes tout en admettant que le marché du sexe, et la prostitution qui en fait partie, ont leur place dans une société capable d’en limiter les dérives inacceptables. Alors, oui, madame Brunel, vous avez raison, il faut créer ces « maisons ouvertes », car c’est le seul moyen de contrôler la prostitution et de mettre en place un système répressif d’envergure contre la traite des femmes. Et arrêtons la chasse aux sorcières, la prostitution, de toute évidence, existe dans tous les pays et il est inutile de se voiler la face, le commerce du sexe a encore de beaux jours devant lui.

Ce serait bien que les féministes anti-prostitution agrandissent un tant soit peu le petit bout de leur lorgnette, qu’elles arrivent à se défaire du carcan de leur vision étriquée du monde prostitutionnel forcément machiste, pour admettre que le métier de péripatéticienne, ou de péripatéticien, peut exister en dehors des circuits mafieux, et sans les violences inhérentes au proxénétisme. Cela n’est évidemment possible que dans une société qui en légifère la pratique tout en mettant en œuvre les moyens les plus radicaux pour éradiquer les réseaux d’esclavage sexuel. S’il faut un peu d’utopie pour changer le monde, j’opte pour cette version qui me semble plus réaliste que le rêve abolitionniste des féministes dignes de ce nom. J’ajouterais qu’il serait tout à fait simpliste d’affirmer que le marché du sexe, dans son ensemble, porte préjudice à la société toute entière. Ce qui porte préjudice à la société, c’est, comme vous le soulignez, madame Brunel, dans votre livre, « le déchaînement de violence contre les femmes qui peut se produire dans le cadre de certaines pratiques », et lorsque les barrières du tolérable sont franchies dans la divulgation non contrôlée d’images pornographiques sur le web.
Je rejoins vos propos, madame la Député, lorsque vous déclarez que « la prostitution existe et existera toujours, et que ce n’est pas la peine de le nier ou de dire qu’on va la supprimer ». Vous avez le mérite, madame, d’avoir posé clairement le problème, reste peut être à prendre en compte les demandes des travailleuses et travailleurs du sexe (2). On ne peut pas interdire la prostitution mais on peut et on doit éradiquer le proxénétisme et la traite des êtres humains. Vous avez osé faire une proposition courageuse qui prend en compte une réalité que personne ne peut contester même si elle dérange. Vous avez les arguments solides pour répondre à vos détracteurs et certains ne vous ménagent pas quand ils invoquent, comme le fait le président du Mouvement du Nid, Bernard Lemettre, les bilans peu glorieux de nos voisins européens qui ont légiféré pour contrôler la prostitution sans parvenir réellement à mettre un terme aux réseaux parallèles. Mais, votre proposition de création de « maisons ouvertes » telles que vous les concevez, n’a rien à voir avec ce qui se fait en Allemagne où la loi est différemment appliquée suivant les régions, ou au Pays Bas qui a légalisé la prostitution en 1988 sur les bases d’un système où les établissements dirigés par des employeurs proxénètes sont strictement contrôlés par l’Etat.
Les prohibitionnistes qui sont partisans d’une interdiction totale de la prostitution donneront, inévitablement, la Suède comme exemple à suivre. Mais voilà, ce pays qui a adopté, depuis une dizaine d’années, les lois les plus répressives en matière de lutte contre les pratiques prostitutionnelles, n’a jamais empêché la prostitution cachée, les rencontres à domicile et l’apparition d’un marché du sexe incontrôlable via internet et les téléphones portables.
Je reviens à votre ouvrage où vous écrivez ces mots : « nous ne sommes plus à l’heure du puritanisme et de l’abolition des pratiques que l’on jugeait autrefois « déviantes ». Loin de vouloir les abolir, je souhaite seulement qu’elles soient encadrées, afin qu’elles cessent d’être le creuset d’un déchainement de violences plus ignobles les unes que les autres.» Espérons, madame Brunel, que vous soyez entendue et encore bravo pour votre lucidité et votre courage.
Brigitte Bré Bayle
(1) http://www.films-graindesable.com/les-travailleuses-du-sexe/index.php
(2) http://site.strass-syndicat.org/2010/03/groupe-de-travail-sur-la-prostitution-pas-sans-nous/




Sans la claque des régionales, Sarkozy aurait-il annoncé le projet d'une loi contre le voile intégral ?

Il l’a dit clairement ce mercredi 24 mars à la sortie du Conseil des ministres : « le voile intégral est contraire à la dignité des femmes. La réponse, c’est son interdiction ». Cette déclaration de Nicolas Sarkozy est sans ambigüité, « un projet de loi sera déposé par le parlement pour l’interdire ». Entendre ces propos de la part d’un chef de l’Etat qui vient de se prendre une claque monumentale et qui a tout intérêt à tenir ses engagements s’il veut rester en lice, pourrait être un soulagement pour tous les laïques et républicains de ce pays qui s’inquiétaient de voir la mission Gérin tomber dans la décrépitude ou accoucher d’une souris. Mais doit-on se réjouir avant que la messe ne soit dite ? Ne doit-on pas rester prudents et s’interdire de crier victoire ?
Il faut dire qu’il y eut suffisamment de rebondissements au cours des auditions qui se sont enchainées depuis l’ouverture de cette mission parlementaire en juillet dernier, et qu’il y eut assez de flous dans certaines prises de positions de la part des responsables de cette mission, pour créer un sentiment d’incertitude quant à l’utilisation de ce rapport et aux décisions qui en découleraient. On se souvient que Jacques Myard avait mis en cause publiquement Eric Raoult, le rapporteur de la mission, qui s’opposait à tout projet de loi.
On voit déjà Fabius et Hollande monter au créneau en demandant l’application de cette loi uniquement dans les services publics. Donc, ces braves socialistes, égaux à eux-mêmes, sont favorables à la burqa dans la rue ! Il n’est pas difficile d’imaginer les débats houleux qui animeront l’hémicycle lorsque cette loi sera présentée.

Néanmoins, la détermination affichée par Nicolas Sarkozy est une avancée non négligeable qui va dans le bon sens. Aurait-il compris que la majorité des Français ne veut pas voir ces fantômes ambulants qui leur renvoient les images insupportables d’une société en décadence, qui leur rappellent cette période récente de notre histoire où régnaient la barbarie et le totalitarisme ? Aurait-t-il admis qu’il n’est pas concevable de tolérer chez nous l’avilissement affiché de ces musulmanes, esclaves sexuelles et objets de propagande instrumentalisés par un islamo-fascisme conquérant, celui là même que nos soldats combattent en Afghanistan ?
On peut penser que la proposition de loi lancée par Jean François Copé, avant même que la mission parlementaire n’ait rendu son rapport, a pu avoir quelques influences positives sur la décision du chef de l’Etat de légiférer. On peut penser que Sarkozy n’a pas été insensible aux résultats de la mission parlementaire et qu’il a pris la mesure du mécontentement que les Français ont exprimé en s’abstenant ou en donnant leur vote à l’extrême droite. On peut penser que la claque des régionales a favorisé sa détermination en faveur d’une loi contre le voile intégral. Reste à voir ce qu’il en adviendra dans les mois à venir.
Pour autant, si interdire la burqa est nécessaire – ce que Riposte Laïque, en impulsant deux pétitions, avait compris – cela ne résoudra pas la question posée par la multiplication du voile dans les rues, le voile porté par les mineures, et le fait qu’il soit autorisé à l’université. Il n’y a pas de mauvaise burqa, et de voile acceptable. Parce qu’il en va de l’avenir de notre société et de la pérennité de nos acquis, nous continuerons à en demander leur interdiction au nom de la laïcité et des valeurs émancipatrices garanties par notre République laïque.
Brigitte Bré Bayle




Violences à l'école, police agressée, c'est la République qu'ils veulent détruire !

Rackets, règlements de compte, agressions verbales multiples et variées, incivilités, dégradations des locaux, saccage du matériel et menaces permanentes, voilà le quotidien de la vie scolaire en 2010, voilà ce que sont devenus les lieux de transmission de la connaissance et du savoir.
Au mois de janvier, un élève du lycée Darius Milhaud au Kremlin Bicêtre a été poignardé à mort par un de ses camarades. Le 2 février, c’est un élève du Lycée Adolphe Chériaux qui fut agressé dans l’enceinte de son établissement scolaire. Il y a quelques semaines, c’est au cutter qu’un autre lycéen fut attaqué, à Vitry, dans un gymnase et en plein cours Il y a quelques jours, cela s’est passé dans un établissement d’enseignement privé catholique. Une Première. Un prof d’histoire-géo et un CPE ont été aspergés de gaz lacrymogène par un élève de 14 ans qui ne voulait pas entendre qu’Al-Qaïda était une organisation terroriste. Dernièrement, c’est dans un amphithéâtre qu’un trentaine d’étudiants furent menacés et rackettés par 4 jeunes encapuchonnés qui brandirent des couteaux et des similis armes à feu.
Cette escalade de violence dans les établissements scolaire reflète la même violence qui sévit dans les quartiers où il ne fait pas bon vivre lorsqu’on est un citoyen sans histoire, dans ces lieux de non droit où il faut raser les murs pour rentrer chez soi. Comme la plupart des habitants de ces quartiers qui rêvent de pouvoir vivre ailleurs, les enseignants en ont assez de supporter cette insécurité quasi permanente. Ils sont de plus en plus nombreux à témoigner de ce sentiment de solitude et d’abandon qu’ils ressentent face aux problèmes d’indiscipline qu’ils doivent gérer dans de trop nombreuses classes et face à des comportements violents entre élèves ou envers eux. Ils évoquent de plus en plus ouvertement leur peur et cette désagréable impression de devoir affronter des fauves en cage, de devoir dompter les élèves avant de pouvoir commencer leur cours. Beaucoup disent leur crainte permanente de se laisser déborder par des éléments incontrôlables, souvent minoritaires, qui jouent les caïds en faisant de la surenchère à la provocation et à l’insolence.
Le film « la journée de la jupe, a été un message éblouissant de vérité. Combien de professeurs, surtout des femmes, se sont reconnus dans le personnage de Sonia Bergerac joué par Isabelle Adjani ? Combien de petits ou de grands « Mouss » y a-t-il dans les établissements scolaires ? Combien y a-t-il de ces graines de racailles qui perturbent les cours et qu’il faudrait mettre ailleurs, dans d’autres structures avec un encadrement mieux adapté à leur profil de primo délinquants ou de délinquants notoires ?
Alors, oui, comme l’affirment Jean Claude Brighelli (La fabrique du crétin), Natacha Polony (Nos enfants gâchés…) et tous ceux qui réfléchissent intelligemment à la question, c’est non seulement le système de l’Education Nationale et le contenu des programmes qu’il faut revoir, mais c’est aussi c’est la sanction qu’il faut remettre au goût du jour, ce sont les parents qu’il faut responsabiliser. Mais à quoi sert la discipline bien appliquée si un chef d’établissement ne soutient pas les professeurs qui décident des sanctions ? A quoi sert d’exclure un élève qui, la plupart de temps est plutôt content d’avoir des vacances, si c’est pour le déplacer sans cesse d’un établissement à un autre où il continuera à se comporter en voyou ? A quoi sert de responsabiliser les parents, en leur supprimant des aides sociales, par exemple, si le système scolaire continue à leur ouvrir les portes en leur demandant leur avis sur tout ? Et comment ne pas prendre en considération la situation socio économique catastrophique de certaines familles qui laissent leurs enfants à la dérive parce qu’ils ne sont pas capable d’en assurer l’éducation ?
On ne peut qu’approuver Bernard Kuntz, le président du SNALC (syndicat national des Lycées et collèges), lorsqu’il dit que « pour endiguer la violence scolaire, il faut réformer l’école elle-même, qu’elle doit redevenir avant tout un lieu de transmission des savoirs et que c’est l’inculture qui génère cette violence » (interview dans Marianne). Bravo pour cette lucidité et dommage que la position de ce syndicat soit si peu relayé par les médias. Mais comme il est cataloguer à droite, donc politiquement incorrect, on comprend.
De sont côté, le SNES, que tout le monde connait, puisque majoritaire dans le paysage syndical de la profession, ne cesse de rabâcher les éternels discours victimaires qui sont le fond de commerce de la mouvance bien pensante du monde enseignant et de tous les syndicats de gauche en général. « C’est la violence de notre société qui génère de la violence en milieu scolaire. Il faut s’attaquer d’abord aux problèmes sociaux que subissent les élèves », explique, son président, Rolland Hubert. Le SNES et le SNUipp (syndicat du primaire) mettent la tête dans le sable et continuent à nier les vrais raisons du désastre en se faisant complices d’une entreprise de destruction massive qui casse notre école laïque, qui détruit l’autorité du maître et fabrique des crétins. Le film « Entre les murs », honteusement ovationné par les bobocrates de la culture bien pensante, montre parfaitement bien les ravages de ce pédagogisme compassionnel qui contribue depuis des années à saborder les fondements de notre institution scolaire laïque.

On pourra longtemps expliquer comment on en est arrivé là. On pourra sans cesse revenir sur les dérives de mai 68 qui ont transformé l’école en un lieu d’éveil. On pourra encore longtemps pointer du doigt les nouvelles pédagogies qui ont mis les élèves au centre du système en leur disant qu’ils étaient « acteurs de leurs apprentissages », qu’ils avaient le droit à la parole et à la critique. On peut toujours et encore mettre en cause le formatage des enseignants que les IUFM ont bardés de résignation, de culpabilité et de compassion. On leur rabâche tellement souvent que s’ils n’arrivent pas à faire cours correctement c’est qu’ils sont mauvais, que bien peu d’entre eux sont capables de remettre en cause le système dans sa globalité. Car rien ne changera tant que cette grosse machine qu’est l’Education Nationale sera verrouillée par une hiérarchie irresponsable et carriériste. A quoi bon changer les choses lorsqu’on est bien planqué dans un bureau comme le sont ces inspecteurs de l’académie de Paris, payés à ne rien faire (1), ces chefs d’établissements nommés pour leur capacité à régler les problèmes sans faire de vague ?
Bien trop peu nombreux sont les responsables, (recteurs, inspecteurs, chefs d’établissements, conseillers pédagogiques…), qui ont assez de lucidité et de droiture pour dénoncer les vraies causes de la violence scolaire, pour réclamer la tolérance zéro en matière de discipline, pour remettre en cause la course aux réformes « bouts de ficelle » et pour qualifier de suicidaires certaines mesures comme la réduction du nombre d’heures de français dans l’ensemble des programmes ou la suppression, en terminal S, de l’histoire-géo comme matière obligatoire.
Il suffit de revenir sur le fameux rapport Obin, sorti en 2004 et bien vite enterré par les ministres censeurs, pour comprendre que rien n’a été fait pour endiguer cette violence parce qu’il n’y a jamais eu la volonté politique d’agir en conséquence. Depuis la publication du rapport Obin, la situation dans les établissements scolaires s’est aggravée à vitesse grand V, suivant la courbe ascendante des violences urbaines. Le corps enseignant est devenu, avec la police et les pompiers, l’une des cibles privilégiées des petites racailles des banlieues lobotomisés par les paroles assassines et ordurières des rappeurs ( Seth Gueko, Salif, La Fouine, ZEP, …et autres nullités abjectes (2)) qui vomissent en toute impunité, sur tout ce qui représente l’ordre et la République.
La crise que nous vivons n’est pas seulement économique, elle s’attaque en profondeur aux bases de notre société, elle détruit le cadre de notre République laïque et les fondements historiques de nos valeurs. Quand un pays n’est plus capable de protéger les représentants de l’autorité, qu’ils soient enseignants ou policiers, et que la majorité des citoyens boude les urnes, c’est qu’il y a vraiment péril en la demeure. La gauche pourra toujours faire des voix en s’apitoyant sur la misère sociale et en fermant les yeux sur les problèmes d’insécurité, un jour ou l’autre il faudra bien qu’elle déchante. Quand à la droite, elle s’essoufflera jusqu’à l’asphyxie à vouloir pratiquer toujours la même langue de bois. Il reste à craindre que le FN en profite, et ramasse la mise un jour ou l’autre, quand les Français en auront marre d’être pris pour des fantoches.
Brigitte Bré Bayle
(1) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pitie-pour-ces-inspecteurs-de-70674
(2)
http://www.youtube.com/watch?v=kaq5ECc1yow&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=m6R_gFPJssk&feature=fvw
http://www.youtube.com/watch?v=kcRCw6AkoaA




Le 6 mars souvenons nous des femmes victimes des barbus

La lettre, écrite par le père de Katia qui fut assassinée il y a 16 ans en Algérie pour avoir refusé de porter le voile, ne peut laisser personne indifférent.
http://www.ripostelaique.com/Katia-Bengana-assassinee-par-les.html
Elle fut publiée en 2008 sous le titre « J’accuse » et il est important de la publier dans les colonnes de RL à la veille de la journée internationale des droits des femmes parce qu’il faut montrer qu’aujourd’hui la situation des femmes musulmanes est toujours aussi désespérément tragique et pas seulement en Algérie.
Cette lettre est un cri de détresse, un cri d’alarme lancé à tous nos dirigeants bardés de bonne conscience et qui, englués dans leur petites ambitions politiciennes, ferment les yeux devant l’offensive d’un islam destructeur qui perpétue les violences et les actes criminels contre les femmes. Publier cette lettre, c’est pointer du doigt toutes les musulmanes qui, en portant le voile, cautionnent cette violence et encouragent, partout dans le monde où sévit l’islam, la mise à mort de celles qui refusent de le porter.
Des « Katia » torturées, assassinées, il y en a eu et il y en aura encore, en Algérie, en Iran, au Pakistan et ailleurs. Il y en a eu en France et il y aura encore si on ne fait rien pour mettre un terme à l’islamisation de notre pays. Cette violence envers les femmes musulmanes, nous pouvons la constater à chaque fois que nous croisons des femmes sans visage. Nous la constatons avec l’augmentation du nombre de mariages forcés, avec la multiplication du nombre de jeunes filles voilées de plus en plus jeunes, nous la constatant en croisant dans nos villes ces linceuls ambulants qu’on appelle « niquab » ou « burqa ». Il est insupportable de constater de telles violences envers les femmes dans un pays dont l’histoire est marquée de tant de luttes émancipatrices, dans le pays d’Olympe de Gouges, de Condorcet, de Victor Hugo, de Jaurès et de Simone de Beauvoir.

De nombreuses manifestations sont prévues pour la journée internationale des droits des femmes, ce samedi 6 mars. Comme tous les ans, les organisations féministes défileront pour réclamer plus d’égalité entre les hommes et les femmes, pour demander au gouvernement des mesures efficaces pour lutter contre les violences faites aux femmes. Elles rendront hommage à toutes les combattantes féministes qui ont donné de leur vie, qui ont payé de leur vie, pour faire avancer la condition des femmes depuis des siècles. Beaucoup de ces féministes se souviendront de celles qui ont mené les luttes des années 70 et qui ont permis de lancer les premières campagnes contre les violences domestiques, mais combien d’entre elles auront le courage de dénoncer ces violences envers les femmes musulmanes perpétuées au nom du coran ?
Nous entendrons certains slogans plus revendicatifs qui dénonceront les mariages forcés et la situation dramatique des jeunes filles des cités. Nous nous souviendrons de ce 8 mars 2004 qui vit naitre la première manifestation féministe et laïque derrière les « Ni putes Ni soumises ». Refusant la présence des voilées prétendument féministes, nous dénoncions haut et fort tous les intégrismes et plus particulièrement l’intégrisme musulman. Nous proclamions haut et fort le lien intangible entre le combat féministe et le combat laïque. Mais, en cette année 2010, y aura-t-il encore ces revendications, ces mots d’ordres ?
Il y aura sans doute, dans les rangs de la poussiéreuse Coordination Nationale des Droits des Femmes (CNDF) quelques voilées de services, de celles qui font partie de l’ « Organisation Femmes Egalité » et qui prendront part à ce meeting parisien intitulé « Femmes comme Falestine », en soutien aux musulmanes de Gaza. Il y aura consensus pour ne pas parler du voile, pour ne pas discriminer ces femmes là. Il y aura consensus pour ne rien dire contre la religion musulmane, pour dire que la violence vient de cette secte d’intégristes qu’on appelle « salafistes », pour dire que le voile ce n’est pas la burqa et qu’il faut faire une différence entre islam et islamisme.
Honte à ce féminisme là qui refuse de dénoncer les violences envers les femmes perpétuées au nom du coran. Que l’on nomme ces violences crimes d’honneur, coutumes archaïques, intégrisme religieux, machisme ou ignorance, ce qui se passe aujourd’hui en Algérie, ce qui se passe aujourd’hui en France, au sein des familles musulmanes, dans les quartiers, ne sont pas de simples faits divers isolés. Un mariage forcé, ce n’est pas un fait divers, une tournante dans une cave, ce n’est pas un crime exceptionnel, ce sont des situations de violence extrême qui font partie du quotidien, ce sont les signes d’une dégénérescence de notre société eu même titre que la prolifération des voiles, des burqas et des barbus.
« Halte à l’islamisation de notre pays, plus de voile, plus de burqa, plus de barbus ! », voilà ce que devraient crier les militantes féministes. Nos filles auront encore à défendre nos acquis contre les extrémistes religieux qui chercheront toujours à les reléguer au second rang de l’humanité. Mais aujourd’hui c’est la religion musulmane qui musèle les femmes, qui les voile, qui leur prend leur liberté et les enferme dans des prisons de tissu. Ce sont les musulmans qui propagent cette misogynie insupportable et qui affichent leur machisme en arborant une barbe patibulaire comme un faire valoir à leur statut de mâle dominant. Ils ont un sérieux problème avec leur virilité, ces musulmans barbus. Il leur faut un appendice de poils sur le visage pour montrer qu’ils sont les maîtres et ils cachent leur femmes dans des paquetages, comme un produit à consommer, à servir, à procréer. Leur barbe, leur djellaba, comme le voile porté par leur fille, sont des marquages idéologiques qu’ils imposent à notre société, des signes de leur conquête au même titre que la prolifération des restaurants hallal, et la multiplication des mosquées.
En cette journée du 6 mars 2010, nous n’oublierons pas toutes les Katia, les Djamila et les Fatiha du monde, victimes de cette barbarie, assassinées parce qu’elles refusaient de porter le voile. Notre cœur sera avec les militantes de Ni Putes Ni Soumises, qui ont décidé de défiler avec le bonnet phrygien, à Paris, depuis la place de la République, à partir de 12 heures.
Brigitte Bré Bayle




Pierre-Yves Rougeyron, président du cercle Aristote

Riposte Laïque : Peux-tu présenter le cercle Aristote, dont tu es le président ?
Pierre-Yves Rougeyron : Le Cercle Aristote a été créé en octobre 2008 avec pour vocation de vulgariser la culture politique à l’usage des « jeunes ». Nous sommes partis du constat avec quelques amis qu’il fallait non pas évangéliser politiquement – ce qui n’a plus aucun sens – mais tenter de redonner à quelques uns une réflexion sur le bien commun.
Nous avons donc donné des cours d’histoire des idées et des conférences avec des intellectuels. Nous essayons de refaire un peu de lien social et d’unir des gens en dehors des anathèmes, des flics de la pensée et des tenanciers de fiche de police. Je ne sais pas si les Français s’en rendent compte, mais moi qui ai connu d’autres cultures, cela me frappe à quel point les Français sont politiques mais surtout à quel point il y a en France une atmosphère de guerre civile de basse intensité. Il y a des haines farouches sur des mots, des gestes ou des pensées que tel ou tel aurait. Pour ma part, je crois aux bienfaits du débat. Le débat public est mort, donc il doit repartir de la base.
Nous cherchions une ambiance de France Libre face au totalitarisme rampant de la pensée unique. Pour préciser, je vous dirais que la liberté d’exister, de penser et de parler, elle est d’abord pour celui qui ne pense pas comme nous, sinon elle n’a pas de sens. Diviser le peuple comme la gauche post-socialiste le fait au nom de la correction et de la rectitude post-républicaine (la droite d’argent c’est son rôle historique donc elle est fidèle à elle-même) me dégoûte. Nous essayons par la culture de faire se parler les gens à travers ce qui nous divise. Péguy n’écrivait-il pas : « Ce qui élève unit ».
Riposte Laïque : Quel milieu social et professionnel se retrouve au sein du cercle Aristote ?
Pierre-Yves Rougeyron : C’est le plus intéressant, en dehors de nos conférenciers bien sûr. Notre équipe est composée, comme notre public, autant professionnellement que socialement, d’un panel large et varié tout à fait sgnificatif de la France qui s’engage. Nous sommes composés d’étudiants et d’actifs issus de diverses sensibilités syndicales et politiques mais toujours avec cet attachement au bien commun de la France c’est-à-dire la « res-publica ». Le moins que l’on puisse dire c’est que le public est plus qu’ouvert : avocats, chefs d’entreprise, étudiants, artisans, chômeurs, retraités. En un mot du bac pro au normalien et du RMI à l’ISF. Où tous ces gens peuvent-ils se croiser et surtout se parler en France aujourd’hui ?
Riposte Laïque : Avez-vous d’autres activités que les conférences que vous organisez régulièrement ?
Pierre-Yves Rougeyron : Nous organisons en moyenne une conférence et signature d’ouvrage par semaine. Nous en donnons parfois sur invitation. Nous préparons l’édition d’un ouvrage sur l’idée de Nation au XXIe siècle qui sortira cette année avec une quarantaine de contributions. Nous espérons reprendre le cycle de cours prochainement.
Riposte Laïque : Quels ont été vos invités, depuis que vous organisez ces conférences, et sur quels thèmes sont-ils intervenus ?
Pierre-Yves Rougeyron : Les thèmes sont très divers. Cela peut porter sur des auteurs comme Marx, Georges Orwell, Chesterton, Bainville, Arnaud Imatz ou Machiavel. Nous avions reçu Claude Rochet sur Machiavel ou Denis Collin théoricien autogestionnaire absolument brillant et fort sympathique sur Marx. Parfois des thèmes philosophiques comme la société de l’indisctinction par le groupe philosophique l’international, la souveraineté ou le sens de la mesure par Jean François Mattéi.
Nous abordons également des problèmes plus contemporains comme l’éducation (nous avons reçu Véronique Bouzou qui est une courageuse enseignante dont je vous conseille les ouvrages), le communautarisme (Julien Landfried un jeune homme brillant et lui aussi courageux), l’auto-ségrégation sociale vu par Michèle Tribalat, la stratégie (François Bernard-Huyghe), la criminalité par le jeune et très pertinent criminologue mais également philosophe David Mascré, l’Europe pour laquelle nous avions reçu Roland Hureaux (haut fonctionnaire et essayiste de grand talent), la braderie du patrimoine public (Jean Roux, commissaire aux comptes) et Véronique Hervouet sur la crise identitaire.
Nous insistons également sur la situation internationale avec des auteurs comme Pierre Hillard, Antoine Assaf sur le Proche-Orient (il est le philosophe attaché au commandement de la marine nationale), Louis Dalmas directeur de B.I (ex-Balkans Infos), Jean-Paul Gourévitch sur les problèmes de co-développement et Jean-Marie Vianney Ndagijimana ancien ministre des affaires étrangères rwandais sur les tragiques évènements du Rwanda. Nous avons également fait un cycle de 6 conférences à ce jour sur la Russie avec mon camarade Romain et le Père Alexandre Signakov représentant en France de l’Eglise orthodoxe de Moscou.
Nous attachons une grande importance aux problèmes économiques, nous avons donc eu pour invité Herbé Beaudin (brillant haut fonctionnaire) et Jean-Luc Gréau, économiste reconnu pour son acuité. Nous terminons actuellement un cycle sur la langue et l’écriture où nous avons reçu Denis Griesmar (ancien président de la société française des traducteurs), Stéphane Giocanti qui a écrit une savoureuse histoire politique de la littérature et Philippe de Saint Robert sur la figure de l’écrivain.
Riposte Laïque : Vous allez inviter, le jeudi 18 mars, Riposte Laïque, par la voix de Pierre Cassen, qui animera une conférence sur le thème de la défense de la laïcité, en France, en 2010. Pourquoi cette invitation ?
Pierre-Yves Rougeyron : Pour trois raisons. La première par souci d’équité, nous avons eu une conférence d’un jeune historien du droit absolument formidable qui s’appelle Guillaume Bernard sur la laïcité positive et qui était plutôt critique d’un point de vue historique. La seconde par attachement personnel au principe républicain de laïcité. J’ai été élevé par des maîtres issus de la libre pensée. Pour moi l’histoire de France est un bloc. La volonté d’indépendance de la France contre les puissances temporelles et spirituelles nous a valu de devoir résister un temps à l’entreprise hégémonique de la papauté (Philippe le Bel, Louis XIV et Napoléon par exemple). La République a terminé ce processus historique. Il est hors de question qu’elle fasse l’objet d’une tractation. Enfin, notre but étant de faire se rencontrer des gens biens, d’honnête homme à honnête homme c’est un honneur de recevoir Riposte Laïque qui est peut être l’une des seules bonnes surprises venues de la gauche ces dernières années avec ATTAC première époque ou le MPEP.
Riposte Laïque : Comment le Républicain que tu es voit-il la situation politique française, à la veille des élections régionales, et qu’attends-tu de nouveau ?
Pierre-Yves Rougeyron : Je vous répondrais par deux termes : vide et bloquée. Une absence d’idées dont la constance dans la lâcheté et la médiocrité force le respect. Un décompte ininterrompu de petites phrases pas « très catholiques ».
Issu d’une tradition jacobine, je me méfie donc des potentats locaux surtout dans le domaine de la laïcité où ils sont prêts à tous les accommodements aussi déraisonnables soient-ils. Nous sommes dans une crise économique majeure, le rapport de force international est en train de changer, les pays de l’Europe occidentale vivent un malaise profond comme l’a dénoté le vote suisse sur les minarets et à cela nous faisons la politique du chien crevé au fil de l’eau marquée par ce lamentable débat sur l’identité nationale (lamentable pas uniquement à cause de Besson qui, si il est lamentable, au moins n’est pas seul).
Ces élections ne valent même pas par un rapport de force interne qu’elles mesureraient, mais à la rigueur par l’aperçu du rapport de rejet qui existe entre les Français et l’élite dirigeante. J’attends juste les résultats des petites listes. Ce sont dans les petites structures où la pensée politique se maintient. Pour le reste travaillons et témoignons car il faut bien que quelqu’un écrive quand Rome brûle.
Propos recueillis par Brigitte Bré Bayle




Bravo et merci à M. Le Breton, maire de Joué-lès-Tours

Lettre ouverte à Monsieur Le Breton, maire de Joué-lès-Tours

Bravo, Monsieur Le Breton ! Bravo et merci d’avoir inscrit au fronton de votre mairie le mot LAÏCITE !
Vous êtes, Monsieur Le Breton, l’un de ces trop rares représentants du peuple Français qui ont compris qu’il était urgent de rappeler ce principe de laïcité, sans lequel la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » n’a pas de sens, sans lequel il serait impossible de vivre en paix dans un Etat de droits où le devoir de chaque citoyen est de respecter la loi commune quelques soient ses croyances et ses convictions politiques.
« Dans ma ville, il y a des burqas, les parents demandent de la nourriture halal dans les cantines, des jeunes suivent des formations financées par des fonds obscurs. Bref, il est de mon devoir de rappeler nos valeurs de tolérance », dites-vous. Vous avez raison, Monsieur le Maire, et je vous tire mon chapeau d’avoir su prendre cette décision en pointant du doigt une vérité qui dérange. Mais n’est ce pas le devoir de tout élu de rappeler à ses concitoyens que nos « valeurs de tolérance » se limitent au refus de l’intolérable, que le respect de la laïcité et des valeurs républicaines passe par la non acception, voir la condamnation, de certaines spécificités revendiquées au nom du droit à la différence? N’est ce pas le devoir de tout responsable politique d’être intolérant lorsque les revendications communautaristes portent atteinte au vivre ensemble, lorsque la place des femmes régresse au nom de préceptes religieux, lorsque la religion musulmane cherche à s’imposer partout, remettant en cause les acquis émancipateurs de notre histoire ?
« Ce n’est pas contre les musulmans, la laïcité s’applique à toutes les religions», précisez-vous. Il est bien, en effet de préciser cela, Monsieur Le Breton, mais de toutes évidence, reconnaissez, puisque vous donnez des exemples de ce qui se passe dans votre commune, qu’aujourd’hui il n’y a qu’une seule religion qui pose problème à la République. Il est essentiel, Monsieur le Maire, d’affirmer haut et fort, que c’est avant tout la religion musulmane qui porte atteinte à la laïcité et remet en cause nos valeurs. La majorité de vos concitoyens le pense sans oser le dire, par crainte d’être traité de racistes, d’islamophobes ou par peur de représailles. C’est rendre un grand service à notre démocratie, Monsieur Le Breton, que d’utiliser votre statut d’élu pour proclamer cette vérité étouffée par la bien pensance politique, pour montrer à l’ensemble des Français que la liberté d’expression fait progresser l’humanité losqu’elle est utilisée par ceux qui défendent les causes justes et qui dénoncent l’enfermement des consciences dans la des dogmes et des croyances rétrogrades.

« UNITE, INDIVISIBILITE DE LA REPUBLIQUE, LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE OU LA MORT», peut on lire sur le fronton de l’hôtel de ville de Troyes. Il faudrait que cette devise porteuse d’un sens fort du devoir citoyen et de l’amour de la patrie, soit reprise par tous les maires de France. Il faudrait, surtout, que tous les maires de France y ajoutent, comme vous l’avez fait à Joué Lès Tours, le mot « LAÏCITE ».
Nous pourrions penser, comme certains, qu’il est dommage d’en arriver là. Mais, à l’heure où la plupart de nos responsables politiques se couchent devant l’offensive de plus en plus virulente de l’islam, il est absolument nécessaire que la laïcité soit nommée, réaffirmée, inscrite dans le marbre de nos édifices publics. Il est absolument urgent de redonner force à nos symboles et d’en exiger le respect.
Nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre que la France est en danger et qu’une nouvelle religion est en train de mettre à mal les fondements de notre République laïque. Nous sommes de plus en plus nombreux à avoir déjà compris que si nous ne faisons rien maintenant pour repousser l’offensive islamique, si nous ne faisons rien pour étouffer les prémices de ce totalitarisme politico-religion qu’est l’islam conquérant, il engloutira notre société dans une nouvelle vague d’obscurantisme et ce sont les générations futures qui auront à vivre cette régression, ce sont nos filles qui auront à lutter contre le voile qui leur sera imposé.
Ajouter le mot « laïcité » à la devise républicaine des mairies, des écoles et autres édifices publics, c’est, tout simplement, tirer une sonnette d’alarme salutaire. Bravo, Monsieur Le Breton, d’avoir fait ce que tous les maires devraient avoir le courage de faire ! Votre décision est un acte de résistance. J’aime à imaginer, qu’un certain « petit père Combes » se réjouit dans sa tombe et qu’il vous adresse un clin d’œil complice depuis l’au-delà.
Avec mes plus cordiales salutations laïques et républicaines.
Brigitte Bré Bayle




« Pour en finir avec les violences faites aux femmes » de Chantal Brunel

A la question de savoir s’il est possible d’en finir une fois pour toute avec les violences faites aux femmes, Chantal Brunel répond par l’affirmative dans cet ouvrage de 255 pages qu’elle vient de publier aux éditions Cherche Midi.
Mais que trouve t on de nouveau dans ce livre, qu’apprenons nous de nouveau sur ce problème de société que les luttes féministes des années 70 ont mis en exergue sans parvenir à imposer des mesures efficaces pour l’enrayer, de la part de nos responsables politiques de droite comme de gauche? Nous y trouvons, au fil des différents chapitres, des témoignages, des réflexions, des analyses très documentées et actualisées sur la situation toujours aussi tragique pour un trop grand nombre de femmes. Nous y trouvons surtout une liste de solutions concrètes que Chantal Brunel a rédigées et dont certaines ont fait l’objet d’une proposition de loi à l’Assemblée Nationale au cours du premier trimestre 2010.
On se demande ce qu’attendent les législateurs pour mettent en place ces propositions le plus rapidement possible. Car, malgré les luttes et les dénonciations incessantes des organisations de défense des droits des femmes, il y a dans notre pays, des insuffisances notoires en matière de prévention, d’énormes lacunes dans notre droit pénal et les dispositifs mis en place pour lutter contre ce fléau ne sont toujours pas à la hauteur des enjeux par manque de moyens et de volonté politique.
Chantal Brunel passe en revue les différents domaines dans lesquels les violences contre les femmes s’exercent. Depuis les violences dites “domestiques” aux atteintes à l’intégrité des femmes via les sites internet et les pratiques sexuelles déviantes en passant par les violences “ coutumières” encouragées par les tenants d’un multiculturalisme qui détruit nos valeurs et qui déstructure notre société, elle dresse un constat alarmant qui ne laisse personne indifférent.

Dans le troisième chapitre de son livre, elle aborde l’influence des dogmes religieux et des croyances traditionnelles qui maintiennent les femmes en état de soumission et les vouent à des pratiques barbares qui vont des mariages forcés, difficiles à comptabiliser, à l’excision qui concernerait aujourd’hui, en France, au moins 20 000 femmes et 10 000 fillettes, un chiffre effrayant. Chantal Brunel dénonce le relativisme culturel qui « sape nos valeurs républicaines conquises », elle accuse l’intégrisme musulman d’être l’une des cause majeure de la régression des droits des femmes.
Sur ce dernier point, elle précise cependant, comme on l’a souvent entendu lors des auditions de la mission parlementaire, que c’est une secte (le salafisme) qui agit en imposant des préceptes qui n’ont rien à voir avec les textes religieux. Elle accuse certains imams d’être à l’origine, entre autres, de la multiplication des mariages forcés ou arrangés, elle considère qu’une loi est nécessaire pour interdire le port du voile intégral. Chantal Brunel est prudente au sujet de l’islam et elle préfère faire la différence entre islam et islamisme, mais il n’en reste pas moins vrai que la religion musulmane, en dehors du salafisme si décrié qui en radicalise la pratique, est une religion qui n’aime pas les femmes, qui ne leur accorde qu’une place d’éternelle mineures et les relègue ad vitam aeternam au second rang de l’humanité.

Je suis personnellement moins optimiste que Chantal Brunel lorsqu’elle affirme que « l’émancipation des femmes est un processus irréversible ». Je pense que ce qui se passe aujourd’hui en France, comme en Europe, doit nous faire craindre la pire pour l’avenir de nos sociétés occidentales, que les acquis des femmes issus des luttes émancipatrices de notre histoire sont fragiles face à l’offensive de l’islam. La mission parlementaire sur le voile intégral nous montre, malgré tout, que nous sommes à la merci d’une politique préférant le compromis à la fermeté et il nous faut rester vigilant devant la multiplication des atteintes aux droits des femmes dont les musulmanes sont les premières victimes.
Chantal Brunel est une femme de combat qui a des convictions, de l’ambition et beaucoup de courage. « J’écris ce livre parce que je ne décolère pas. Je l’écris comme un coup de gueule » déclare t elle. Mais ce livre, ce n’est pas qu’un « coup de gueule ». Il faut le lire pour comprendre l’ampleur du travail de Chantal Brunel. Il faut le lire pour comprendre qu’il est absolument urgent et nécessaire de légiférer pour combattre, sur tous les fronts, les violences contre les femmes.
Brigitte Bré Bayle
Chantal Brunel est députée UMP de Seine et Marne. Elle est membre de la Commission des finances et vice présidente de la Commission spéciale de l’Assemblée nationale qui examine la proposition de loi pour lutter contre les violences faites aux femmes.