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Macron a promu Benalla, archétype du casse-couilles violent que subissent les Français

Durant les vacances, nous avons appris la réédition du livre de Christian Combaz, « Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos ». L’occasion de discuter avec l’auteur, de son livre et d’autres sujets…

Riposte Laïque : Votre livre « Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos » vient de sortir chez Retour aux sources. Je crois savoir que c’est une réédition, et que la première publication a été un peu « compliquée ». Vous pouvez nous expliquer cela ?

Christian Combaz : La complication dont vous parlez s’appelle une censure et je suis presque fier d’en avoir été l’objet. Résumons : au printemps 2017 le manuscrit suscite l’enthousiasme d’un éditeur qui a l’imprudence de m’exprimer par lettre sa satisfaction et qui de surcroît me consent un à-valoir. Le livre est composé, il reçoit une couverture, et le jour du déjeuner avec l’attaché de presse, coup de fil, déjeuner annulé. « Je vous explique par mail ». En fait le mail assez glacé dit « Je ne suis pas en mesure de vous publier ». En gros ça s’appelle des pressions. Nous sommes à un mois de l’élection de Macron. On se demande de qui seraient venues les pressions. En fait quand on examine le contenu du livre on s’en doute un peu. Le résultat c’est une autoédition hâtive chez Amazon et c’est un mois de meilleure vente Amazon tous livres confondus. Ensuite un jeune éditeur me dit je vais le reprendre, ajoutez ce que vous voulez. C’est fait. Il y a un résumé en trois minutes  sur Youtube ici

https://www.youtube.com/watch?v=Nuc_SanIqsY

Riposte Laïque : Donc, quoi de neuf, dans ce livre, depuis sa première sortie ?

Christian Combaz : Eh bien justement. J’avais déjà traité le symptôme Macron candidat avec une vigueur qui m’a valu une trahison de mon propre éditeur. J’y ai rajouté une  analyse en cinq chapitres de ce qui s’est passé depuis l’élection et un large détour par la Hongrie que je connais bien, et à propos de laquelle j’ai écrit un livre en 1993 qui annonçait exactement ce qui s’est passé. J’y disais à un ami hongrois « vous n’avez aucun respect à attendre de l’Europe des supermarchés, elle voudra bientôt contrôler jusqu’à la manière dont vous parlez de votre siècle d’occupation islamique ». Nous en sommes là . Il me déplaît que le président français soit précisément le chef de ceux qui veulent réécrire l’histoire de notre continent pour coller à l’inculture américaine. Il n’y a pas un américain sur dix qui sache que la Hongrie a connu au 17e la destruction des églises et la multiplication des écoles coraniques et Macron ne l’a visiblement appris que récemment, en même temps que le fait que la Guyane n’est pas une île par exemple.

Riposte Laïque : Vous évoquez, dans cette interview, le changement d’humour qui est apparu, en France, avec les années Mitterrand. Vous pouvez nous développer cela ?

Christian Combaz : Pour résumer, jusqu’au milieu du règne Giscard, l’humour en France était une affaire de famille, on se moquait de tout le monde, les riches, les pauvres, les intellectuels, les ignorants mais sans aller jusqu’au trait qui fait mal, qui humilie l’autre. Du coup la plupart des films comiques à grand succès, L’aile ou la cuisse, Rabbi Jacob et jusqu’au premier Taxi, s’achevaient dans une atmosphère de retrouvailles et d’unanimité, parfois même de manière symbolique dans la cour de l’Elysée ou des Invalides. Dans Taxi le héros épouse la fille d’un général, dans Rabbi Jacob le rebelle arabe libéral qui va devenir président embrasse la fille d’une sommité française dans la cour des Invalides, et tout le monde fait partie du jeu. Avec les Bronzés, le Splendid, les films de Bertrand Blier, les humoristes Canal Plus, les ringards sortent du jeu. Ils deviennent des sous-citoyens, des Deschiens, des Grolandais, des personnages du Père Noël est une ordure. L’aboutissement de cette évolution c’est la mention des Sans Dents par Hollande. C’est l’aveu suprême, c’est le signe qu’une caste de prétentieux a saisi tous les leviers.

https://www.youtube.com/watch?v=OWrKEioaZOA

Riposte Laïque : Vous animez, pour TV-Libertés, une émission appelée « La France de Campagnol » où vous parlez surtout de la France profonde, celle des campagnes. Qu’est-ce qui vous a poussé à faire cette émission ?

Christian Combaz : Précisément, le fait d’avoir fait partie toute ma vie, et jusqu’à ma retraite, de ceux qui gagnent deux mille euros par mois, tout en appartenant incontestablement au monde intellectuel, voir Wikipedia. Sauf que je fais partie du monde intellectuel qui a les mains dans le cambouis. Je répare ma voiture moi-même, je fais attention depuis toujours, j’ai les mêmes inquiétudes que ceux qui m’entourent, les paysans et les charpentiers. Alors résumons : à 20 ans François Hollande était mon voisin de bibliothèque à Sciences Po. J’habitais dans cinq mètres carrés, lui à Neuilly et il avait une lingère. A 25 ans, je l’entends dire à la télévision qu’il gagne sa vie comme un prince et que ce sera le cas toute sa vie même s’il ne va pas au bureau.

https://www.youtube.com/watch?v=-_1paKdrS_4

A 60 je le retrouve au bar du Lutétia le matin même où Strauss Kahn se fait coincer, il sait qu’il va être président, je sais que c’est une période funeste pour la France qui va s’ouvrir. Aujourd’hui ma retraite est le vingtième de la sienne, je vis à la campagne, j’ai longtemps vécu en Italie, en Espagne, en Hongrie, aux Etats Unis, je connais la France de base et je sais ce qu’on en dit hors frontières. Depuis dix ans, il n’y avait plus que Taddéi qui me tendait le micro, il vient d’être viré. Le Figaro me publiait jusqu’en 2016 trois fois par semaine, j’étais détenteur du record de « clics uniques » en 2015, un coup de fil bien placé a mis fin à ma collaboration en une heure.

Riposte Laïque : Avez-vous été surpris par les mésaventures survenues à TV-Libertés, exclu sans préavis par youtube du jour au lendemain, sans le moindre avertissement ?

Christian Combaz : Ben non justement, en fonction de ce qui précède. Il faut savoir que le directeur de Google France, de Youtube, etc., n’ignore rien des préférences du Pouvoir en France. Il les devance. Il montre de l’empressement en faveur de qui détient les clés de la prospérité de son business. Si cela doit passer par l’éviction des gens qui organisent la critique du régime, il va leur trouver une infraction quelconque. Je suis passé entre les gouttes puisque ma propre chaîne Campagnol TVL reste sur le pont, mais il suffirait d’un rien, d’une plainte artificiellement déposée pour non conformité aux règles, je dirais même il suffirait que les règles changent pendant la nuit, qu’on décrète d’un coup que les sujets de chronique où il est question d’immigration, d’intégration, etc. sont interdits, pour que ma chaîne disparaisse.

Riposte Laïque : Vous êtes connu pour votre opposition virulente à Macron. Qu’avez-vous pensé de l’affaire Benalla ?

Christian Combaz : Je vais vous citer la seule chose que j’en pense et qui n’ait pas été dite : la principale influence de cette affaire sur l’image de Macron est qu’il a promu, absout, chouchouté, armé, un type qui a exactement la tête du type qui vous fait une queue de poisson au feu rouge pour vous invectiver à la portière en vous disant que vous lui manquez de respect. La France profonde subit ce genre de type en permanence, le portrait robot est dans toutes les mémoires, et de voir que cet archétype du casse-couilles violent, dressé sur les ergots de l’antiracisme, est désormais niché au cœur du pouvoir avec un port d’armes et un passeport diplomatique est un cauchemar pour les Français de base. La réinscription sur les listes électorales va battre son plein très vite.

Riposte Laïque : Croyez-vous à une forte mobilisation, à la rentrée septembre, contre la présence du rappeur Médine au Bataclan, les 19 et 20 octobre ?

Christian Combaz : Oui mais Macron pour le coup va essayer de retrouver un peu de popularité en tranchant en faveur du non, comme pour Notre Dame des Landes. S’il ne le fait pas, l’affaire est tellement grosse que c’est comme s’il avouait son appartenance au camp du Diable. Les soupçons sont déjà très lourds, après le happening de l’Elysée le soir de la fête de la Musique on devine qu’il a son couvert chez le « Prince de ce monde », c’était comme un film de Fellini. Médine au Bataclan, c’est comme un film de Fellini sataniste. On ne peut pas aller plus loin.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Christian ?

Christian Combaz : Bonnes vacances.

Propos recueillis par Pierre Cassen




Des élites ivres d’elles-mêmes qui méprisent le peuple

Même si les vacances vont bientôt prendre fin, et qu’en principe, on achète des livres au début, pas à la fin, nous avons voulu vous présenter un livre au parcours tourmenté : « Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos », et discuter de cet ouvrage avec son auteur, Christian Combaz…

Un livre qui devait sortir, mais qui n’a jamais été publié

Riposte Laïque : Vous aviez prévu de publier un livre intitulé « Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos ». Or, ce livre n’est jamais sorti ! Le coup de poignard, c’est vous qui l’avez pris, non ? Que s’est-il passé ?

Christian Combaz : C’est la soudaineté de la chose qui m’a frappé mais les coups de poignards sont rarement précédés de sommations. Le livre est acheté, il me vaut un à valoir, modeste mais réel, il reçoit une couverture, il figure dans les pré-catalogues de la FNAC et de tous les libraires en ligne, genre de Decitre etc., l’éditeur est chaleureux, il prend la précaution de le donner à lire à l’un  de ses amis magistrats, je reçois le manuscrit annoté de la main de ce monsieur, rien à signaler à part trois adjectifs me dit-il, et le matin où je devais rencontrer l’attaché de presse, coup de fil de l’éditeur qui me dit qu’il ne « peut pas » publier ce livre. Donc aucune dispute, aucun désaccord, la preuve on me signifie qu’on me laisse l’argent versé, non,  juste un contenu idéologique importun visiblement, et selon toute probabilité une pression pré-électorale forte et précise. Il faut rappeler que j’ai été chassé un an plus tôt du Figaro Vox, probablement sur intervention de la cellule de Com de l’Elysée pour avoir publié un papier accablant sur le français des élites socialistes. 180 000 lecteurs uniques mais plus aucun article publié depuis. Je fais évidemment mention de cette mésaventure dans mon livre, et je continue à y blâmer l’invraisemblable syntaxe de nos gouvernants, la pauvreté de leur pensée, leur rapport psychanalytique à l’autorité, ce qui peut expliquer pourquoi le livre est indésirable.

Quand vous montrez que le langage de Aubry, Fabius ou Hollande est indigne d’une éducation française…

Riposte Laïque : Vous avez une explication, une piste, pour expliquer cet imprévu ?

Christian Combaz : Je crois que le pouvoir ne supporte pas les critiques qui ne relèvent pas de l’opinion. Vous pouvez toujours dire, comme Onfray ou comme Zemmour, » le président se trompe, il a été lâche », etc., parce que cela relève du jugement, de l’opinion. En revanche quand vous soulignez que les tweets de l’Elysée font honte au pays entier, quand vous montrez preuves à l’appui que le langage de Martine Aubry, Laurent Fabius, Hollande, est indigne d’une éducation française normale, quand vous dites que la plupart des énarques ont fait français deuxième langue, que les gens soi-disant pointus de l’Elysée genre Aquilino Morelle et Gaspard Gantzer étaient des demeurés en français et ne savaient pas accorder un verbe, vous n’êtes plus dans l’opinion, vous êtes dans les faits. Je rappelle que l’un de ces crétins est l’auteur de la carte de vœux twitter de l’Elysée, destinée à trois ou quatre millions de personnes  « Français vous AURAIENT le dernier mot ».

Tout ce monde politicien pioche dans la caisse…

Riposte Laïque : Vous avez donc publié cet ouvrage sur Amazon, sur kindle, et, si nous avons bien lu, Boulevard Voltaire en publie régulièrement des extraits. Cela vous satisfait-il ?

Christian Combaz : Oui évidemment parce que certains textes méritent d’être publiés vite, au moment où cela fait mal. Mais non aussi, parce que le mien raconte à grandes enjambées une éducation classique sur un ton très littéraire, c’est mélangé à un témoignage personnel, j’ai dirigé un établissement culturel français à l’étranger, j’ai subi ce personnel médiocre en tant qu’agent de l’Etat, j’ai subi aussi la nullité de Kouchner comme ministre, j’ai été témoin de tous les gaspillages, de tous les abus, de tous les cynismes. J’ai vu les agrégés à neuf mille euros réclamer un bon de nuitée pour s’en faire rembourser 90 par l’ambassade alors qu’ils n’avaient rien payé sur place. La plongée dans les affaires de François Fillon donne la tonalité générale, tout le monde pioche, tout le monde dîne à cent euros par tête, tout le monde prend l’avion comme l’autobus, en ce sens mon témoignage est accablant, c’est pour ça qu’il est irrecevable, j’ai plongé dans ce système, sans en tirer aucun bénéfice je le précise, je gagne 10 000 euros par an depuis 3 ans et ma retraite sera médiocre c’est le prix de la vertu.

Je souhaite que la France éternelle n’oublie pas ce qu’on lui a fait subir, ni ceux qui lui ont infligé cela !

Riposte Laïque : Qu’avez-vous souhaité exprimer, en publiant ce livre ?

Christian Combaz : Une fois de plus, prendre date afin de montrer à l’opinion qu’une part non négligeable des écrivains d’aujourd’hui muselés par leurs pairs, par les journaux, par l’unanimisme obligatoire, sont convaincus d’avoir déjà planté leur drapeau sur les hautes terres de la postérité. Ce livre contient une vision, celle d’une France éternelle provisoirement cachée à nos yeux, mais que j’ai connue, qui existe encore, qui saura se défendre, et dont je souhaite qu’elle n’oublie rien de ce qu’on lui a fait subir. Elle n’oubliera pas non plus, soyez tranquille, ceux qui lui ont infligé cela. Il est temps de dire à nos bons apôtres confits dans l’abondance et l’impudeur que leurs faits et gestes sont connus, grâce à internet, de fond en comble et pour des générations. L’indexation est comme une  conscience tardive, elle fonctionne déjà, on remonte souvent aux déclarations des années 80 pour les mettre en rapport avec ce qui se passe aujourd’hui, cela deviendra bientôt un sport national.

Hollande a invité à l’Elysée Black M, qui voulait juste tuer et castrer tous les pédés…

Riposte Laïque : Un passage a retenu notre attention, quand vous parlez de Black M et de certains de ses textes. Pourquoi avoir insisté sur ce personnage ?

Christian Combaz : Eh bien justement, l’indexation nous permet de savoir que Black M est un ancien membre du groupe Sexion d’Assaut (nom à connotation nazie évidente), lequel a chanté en 2010  » il est grand temps que les pédés périssent coupe leur le pénis, laisse les morts sur le périphérique ». L’indexation nous permettra donc d’accabler dans le futur, gravement, solennellement, tous les crétins dans le genre Apparu, Juppé, qui trouvaient qu’inviter Black M à Verdun n’était pas si grave après tout.  Et n’oublions pas que Hollande a donc invité à l’Elysée, pour son petit pot de départ,  ce chanteur bien en cour qui appelait à tuer les pédés, à les émasculer, à laisser leur cadavre au  bord des routes. S’il croit que Google va l’oublier il se trompe. Ce que l’on reproche  à mon livre c’est peut-être d’abord d’attirer l’attention là-dessus. Certaines indifférences sont criminelles. Cette connivence de fait entre la société libérale, celle de l’argent roi, celle du marché tout puissant, et la barbarie qui se croit tout permis, c’est la marque de notre époque. Macron n’a visiblement pas choisi d’ouvrir les yeux non plus. Il est temps qu’il change de lunettes. Su le plan de l’humanisme, quand il déclare que les gens radicalisés « c’est juste un peu compliqué », il est tombé du train de l’histoire comme Deschanel.

Macron est un type qui se défile plutôt que d’endosser

Riposte Laïque : Et en dehors de ce livre, quel regard portez-vous sur les premiers mois de la gouvernance Macron ?

Christian Combaz : Le pire pour un homme d’état c’est d’être imprévisible,  capricieux. Il l’est infiniment. Le pire pour un politique c’est de prétendre qu’il n’a jamais dit ça quand il l’a vraiment dit. Le pire pour un président c’est de laisser entendre que ce sont ses collaborateurs qui ont commis une erreur et pas lui. Il a souvent fait cela, et ce n’est pas fini. C’est un type qui se défile plutôt que d’endosser. Quand on est un peu psychologue, on voit quels sont les tics de langage, ils désignent souvent une faille dans la cuirasse. Quand Herta veut vous vendre des saucisses orange fabriquées dans des cuves en inox, il vous vend l’image de l’authentique, de la vie campagnarde. Macron c’est pareil. Il nous a dit sans arrêt pendant la campagne « j’assume totalement », or c’est justement ce qu’il ne fait pas. Il n’assume pas.

Et puis il y a l’affaire Villiers. Ce qu’il ne supportait pas chez cet homme, ce n’était pas l’esprit critique, c’était l’autorité personnelle. Macron croit visiblement que pour asseoir sa propre autorité il faut saper celle des autres. Ça marche six mois, après c’est le retour de bâton. Il aura beau acheter tous les journaux, faire fermer tous les comptes facebook, envoyer des contrôleurs fiscaux, il ne mettra jamais à genoux ceux qui ont une autorité naturelle, ceux qui inspirent le respect même quand ils parlent peu, ceux qui écrivent des choses droites, sensées et sensibles- fût-ce seulement sur Amazon parce qu’il y eu des pressions.

Riposte Laïque : Quelque chose à ajouter, Christian, et peut-être pouvez-vous expliquer à nos lecteurs comment se procurer votre livre ?

Christian Combaz : Les lecteurs équipés d’un Kindle ou d’un PC peuvent le télécharger ici https://www.amazon.fr/gp/product/B073H4XR1N/ref=as_li_qf_sp_asin_il?ie=UTF8&tag=boulevard-voltaire-21&linkCode=as2&camp=1642&creative=6746&creativeASIN=B073H4XR1N

Ceux qui lisent sur Ipad, Kobo, etc le trouveront au format Epub ici  http://www.lulu.com/shop/http://www.lulu.com/shop/christian-combaz/portrait-de-marianne-avec-un-poignard-dans-le-dos/ebook/product-23277914.html?ppn=1

Propos recueillis par Pierre Cassen




L’attaque de Wikileaks sera déterminante, et elle n’en est qu’à son début…

A la veille du deuxième tour de la présidentielle, en respectant bien évidemment les règles de la campagne, nous avons voulu connaître l’opinion de Christian Combaz, sur les événements qui ont secoué les dernières heures, et les dernières minutes, de cette campagne…

Dans cette présidentielle, le joueur d’échecs Poutine a beaucoup misé sur sa Reine

Riposte Laïque : Vous avez évoqué, lors de la dernière émission « Tête à clash », de probables révélations de Wikileaks. Vous parlez de cela depuis plusieurs semaines. Et curieusement, à 23 heures, juste avant la fin de la campagne, apparaissent de nombreuses informations . Vous êtes un devin, ou bien un agent soviétique  ?

https://www.youtube.com/watch?v=uwfKxohF1fM&t=1166s

Christian Combaz : Joueur d’échecs, plutôt. Je regarde l’échiquier depuis longtemps, car c »est une partie  avec ses fous, ses rois, sa reine, ses cavaliers. Je me dis: nous avons là un président russe qui cherche un point d’ancrage solide dans l’opinion européenne, capable de résister à l’influence américaine. En gros il veut envoyer une tête de pont dans le camp de l’OTAN parce qu’il se sent assiégé dans ses frontières et quand on regarde la carte et le nombre de bases américaines en Europe, il l’est.

Il reçoit, à Moscou, ceux qu’il veut mettre en lumière et promouvoir comme partenaires souhaitables. Il veut notamment envoyer une reine dans le jeu adverse. C’est connu de tout le monde. Nous avons parallèlement Assange, un fou, un élément mobile, insaisissable, un type qui dirige une officine Wikileaks, dont nous avons des raisons de supposer qu’il a fait tomber la reine américaine il y a six mois en montrant que les dés dans la campagne étaient pipés, et qu’elle dépensait un argent maudit. Cet Assange permet objectivement l’élection de Trump, donc du nouveau roi dans son propre camp et souhaite, dans les premiers mois, que Trump lui offre une villa en Floride, c’est à dire l’immunité. En fait pas du tout. Le roi Trump commence à se laisser mettre en échec  par la CIA, tergiverse et évoque une extradition d’Assange. Il va finir par sacrifier son fou. Ce dernier est depuis trois ans prisonnier d’une ambassade à Londres, la Suède essaie de lui imputer un viol pour mieux pouvoir le livrer aux Américains, et là dessus, une française lui promet l’asile, et dit qu’elle peut lui épargner d’être sacrifié par le roi le jour où elle deviendra reine. Résultat, le fou qui bombarde la correspondance des autres donne à cette femme le pouvoir de faire tomber ses adversaires. Il pourrait même essayer de se vendre un  jour au roi adverse comme Snowden. Tout cela était lisible dès le début.

L’attaque de Wikileaks sera déterminante

Riposte Laïque : Pourquoi si tard ?

Christian Combaz : Puisqu’il s’agit d’échecs, il fallait infliger une attaque massive, qui peut paraître désordonnée, et faire en sorte que l’adversaire d’abord ne puisse pas se ruer sur l’extincteur de la presse, qui en France est très puissant et dont la gâchette est très sensible. Parallèlement l’attaqué se retrouve au bord du mat sans le savoir en négligeant deux ou trois positions-clé. Cette attaque qui paraît à la fois frontale et énorme dissimule en fait une situation très fine, très pointue, de mat en trois coups, qui est probablement déjà en préparation. Il y a certainement quelque chose de déterminant qui est encore caché dans cette attaque, dans ces documents, et qui va apparaître peut-être même dès aujourd’hui.

La loi interrompant la campagne le vendredi à minuit est enfreinte par de nombreux quotidiens…

Riposte Laïque : L’équipe de campagne du candidat le plus médiatisé a sommé l’ensemble des médias de ne pas évoquer cet événement, tout en reconnaissant que nombre de révélations sont exactes. N’est-ce pas le simple respect de la loi ?

Christian Combaz : La loi est enfreinte depuis ce matin par de nombreux quotidiens, Libération somme explicitement les gens de voter pour l’un plutôt que pour l’autre, en couverture.Ensuite CNews vous explique quelles conséquences aurait l’arrivée d’une certaine candidate au pouvoir, sur un ton de mise en garde inacceptable puisque directement de nature à influencer la décision. Mais la pire chose que j’aie lue est un tweet américain d’hier soir qui disait : « Nous sommes obligés d’aider ces pauvres Français, ils n’ont pas de liberté de la presse. J’ai tout de même mal pour mon pays en lisant des choses pareilles. »

Si le résultat est serré, de nombreuses causes pourraient invalider ce scrutin

Riposte Laïque : Vous avez évoqué, dans l’émission à laquelle nous faisions référence, une possible annulation de cette élection. Vous y croyez vraiment ?

Christian Combaz : Le scénario à l’autrichienne est possible en cas de vote serré car les irrégularités sont déjà nombreuses. Procurations, bulletins abîmés, radiations intempestives, cartes d’électeurs en double par centaines de milliers. J’ajoute l’incroyable révélation d’un internaute selon laquelle certains bureaux de vote lyonnais produisent 0 bulletins blancs à la fin de la journée, alors que dans la plupart le chiffre va de 300  à 600. Donc si la commission est saisie et si le résultat est serré, il y aura contestation, surtout si le résultat ne convient à personne. Cette situation me paraît due pour moitié au quadruplement du taux de mobilité de la population depuis vingt ans, les gens ont déménagé souvent à cause de leur travail, le désordre est visiblement total sur le plan administratif et les moyens de contrôle inexistants. Le ministère de l’Intérieur en appelait récemment au respect de la loi tout en admettant qu’il n’avait aucun corps de contrôleurs à déployer pour s’en assurer. Ça revient à dire « payez vos impôts s’il vous plaît il n’y aura pas de contrôle mais on compte sur vous ».

Le service public n’a pas été impartial, dans cette élection, loin de là

Riposte Laïque : Qu’avez-vous pensé des dernières heures de cette campagne, et de tous les « incidents » qui l’ont marquée ?

Christian Combaz : Je n’ai pas à commenter les fameux incidents, ce serait blâmer un camp plutôt qu’un autre et donc influencer le vote d’une manière ou d’une autre – donc illégal. Mais j’ai le droit de dire que la presse et la télévision ont fait de la propagande, notamment dans le secteur public, et donc dans ce cas avec les impôts de tout le monde, alors que la moitié du pays ne pensait pas comme elles. La présidente de France Télévisions est cent fois trop payée pour ce qu’elle est impartiale. Le chef de l’information copine avec l’un des candidats sous les caméras de manière impudente. Et le troisième personnage de la radio-télé publique a déclaré récemment qu’il avait pour mission d’obliger la France à ne pas quitter le droit chemin.

La complaisance à l’égard des vérités obligatoires est générale, on s’entend partout à vous désigner une seule voie possible comme dans Orwell. Pour un intellectuel comme moi c’est terrifiant. J’ai été éjecté du Figaro il y a un an et demi sans une explication mais l’explication n’est que trop claire : la vérité qui n’est pas recommandée nuit à certains intérêts. Donc elle finit par nuire à celui qui la profère. Tant qu’on ne dit pas de quelle vérité ni de quels intérêts il s’agit on reste dans la légalité, je me garderai donc d’aller plus loin. Mais il est certain que si certains intellectuels sortent du bois en ce moment c’est qu’il ne s’agit plus de politique, mais de civilisation, de liberté de jugement, de sensibilité, d’être.

Les intellectuels crient plus tard que les autres, mais quand il s’y décident c’est plus fort et plus longtemps. Et quand ils songent à entrer en politique c’est qu’il se passe quelque chose de grave.

Propos recueillis par Pierre Cassen




Macron, c’est le Clinton français… mais c’est Trump qui a gagné !

A l’occasion de l’émission « Têtes à clash », sur Radio-Libertés, notre fondateur, Pierre Cassen, a fait la connaissance de l’écrivain et journaliste Christian Combaz. Une belle opportunité pour mieux connaître un homme fort intéressant, qui a bien des choses à nous raconter, sur la situation politique actuelle, et d’autres sujets…

Riposte Laïque : Vous êtes connu entre autres, pour être écrivain et journaliste. Que peut-on dire de vous, pour que nos lecteurs vous connaissent davantage ?

Christian Combaz : Que j’ai été élevé chez les Jésuites de Paris, que j’ai fait Sciences po et les Beaux Arts, que j’ai écrit  trente livres, que je parle l’anglais l’italien et le russe, que je suis motard et pilote d’avions, que je ne suis pas un intellectuel, que je suis un artiste http://monsujet.fr/violon.mp4,

http://monsujet.fr/anima.mp4

http://christiancombaz.com/index.php/pages-externes

et  pas un artiste en chambre

http://monsujet.fr/millau.mp4 

http://monsujet.fr/cham.mp4

Victime d’un véritable Maccarthysme de droite je suis accablé de soupçons

Riposte Laïque : On vous lisait, à une époque, sur Le Figaro et Valeurs Actuelles. Et vous avez disparu. Que s’est-il passé ?

Christian Combaz : En 2006, après avoir été éditorialiste aux côtés de Rioufol et Zemmour en page deux du Figaro, je suis chassé du journal à la mort de mon seul allié dans la rédaction, Alain Peyrefitte. On m’offre une chronique hebdomadaire dans Valeurs Actuelles, chronique qui plaît aux lecteurs mais de moins en moins à la Rédaction. Mon éditeur, Fayard, qui vient de m’acheter 10 de mes anciens livres et qui a commencé à les rééditer, me lâche d’un coup parce que je suis à droite et que je viens d’accomplir une percée médiatique avec « Enfants sans foi ni loi » (Rocher), un livre qu’il a refusé, et parce que j’ai accepté d’en parler avec Marine Le Pen à la télévision chez Buisson d’ailleurs. Je m’exile en Italie pendant 5 ans, l’ancien directeur de Valeurs Actuelles, Brézet, que je prenais pour un allié, est nommé à la direction du Figaro.

Parallèlement un ancien journaliste du Figaro prend celle de Valeurs Actuelles. Aucun d’eux ne souhaite plus publier mes articles. A mon retour en France j’écris donc gratuitement, faute de mieux, dans la version internet du Figaro en me disant que les temps finiront par changer . Je ne peux plus gagner ma vie, à trois ans de la retraite, et je n’ai pas tous mes trimestres. Aucune proposition. Même pas de simples piges culturelles comme à Mme Fillon, pour me permettre de boucler mon dossier de futur retraité. Je suis obligé de pointer à Pole Emploi pour rester à la Sécu. Mais la même année le même groupe de presse, celui auquel j’appartenais, verse à Mme Fillon 50 000 euros par an pour deux articles de vingt lignes comme nous le savons désormais.

Le patron du groupe devient Grand’ Croix de la Légion d’honneur et mon rédacteur en chef membre de l’Institut. Le dégoût, quoi.  De mon côté je publie quatre livres en deux ans en pure perte. Aucun commentaire, sauf des courageux et des fidèles, Taddéi, Philippe Vallet, Poivre d’Arvor. Ah si, un article très élogieux dans le Monde des Livres, mais rien à droite. Victime d’un véritable Maccarthysme de droite je suis accablé de soupçons. Je connais Coûteaux depuis Sciences Po, je connais Dupont-Aignan, j’ai débattu avec Marine sur LCI, et j’entretiens une amitié de longue date avec Renaud Camus que j’ai fait entrer chez Fayard. Nous sommes en 2014. Je suis tout juste toléré comme bénévole deux fois par semaine dans la version internet du Figaro . Manque de pot, j’y deviens détenteur du record de nombre de clics « uniques » en 2014 et en 2015  pour le support Figarovox, avec notamment 180 000 clics sur cet article de septembre 2015 :

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/09/04/31001-20150904ARTFIG00272-communique-truffe-de-fautes-sait-on-parler-francais-a-l-elysee.php

Inquiète de cette faveur qui peut déplaire en haut lieu, la direction du Figaro ne me réclame plus une seule ligne après cet article, ce qui est facile à vérifier. J’ai déplu à la cellule de communication de l’Elysée. Il y a eu aussi une « lettre ouverte à Bernard Cazeneuve », si cinglante qu’il s’est arrangé pour la faire arracher aux archives internet du Figaro mais on la trouve ici. Je réveille il y a un an mon compte twitter et j’ai l’impression de m’évader du château d’If. Depuis, je remonte vers ces gens comme un Monte Cristo silencieux, déterminé, souriant, enfin autant que le lui permet le poignard qu’il porte entre les dents.

Riposte Laïque : On vous voit plus souvent sur TV-Libertés. Parlez-nous des émissions auxquelles vous participez…

Christian Combaz : Je parle chaque jour pendant trois minutes de la France que je connais, celle de la province, dans La France de Campagnol qui reprend le titre d’un de mes livres parus chez Flammarion en 2012. J’y parlais de la France périphérique, rurale, le livre s’appelait au départ Eloge des braves gens  : remarque de l’éditeur à l’époque, Flammarion,  « ça fait trop Le Pen ». Eloge de c’était donc trop positif pour parler du peuple, il fallait faire du misérabilisme. Il fallait montrer que les pauvres étaient tentés par les extrêmes, et entrer dans le discours obligatoire à leur sujet, celui de l’ironie vaguement dédaigneuse. Je faisais le contraire dans ce livre, je blâmais plutôt les Deschiens de donner une image du peuple faite pour plaire à la bourgeoisie Neuilly-Rive gauche, celle de Ruquier/Clavier/Attali/Macron. Et puis je fais l’éditorialiste en même temps qu’une poignée d’hôtes de la maison qui aspirent à finir sur le câble, dans une émission nommée Têtes à Clash, un titre que je n’approuve guère mais bon.

Je vais m’occuper d’Hidalgo, qui a déclaré la guerre aux sans-dents et qui va le payer cher !

Riposte Laïque : Vous êtes parisien, et motard. Et pourtant, vous ne paraissez pas, quand on vous lit, beaucoup aimer Anne Hidalgo. Que vous a-t-elle donc fait ?

Christian Combaz : Je suis parisien par nécessité, parce que ma maison en province est en vente et que je m’occupe d’un très vieux monsieur. J’ai 62 ans. Ma maison, en vente depuis 3 ans, mon seul capital avant la retraite, a vu ses abords saccagés par un PLU frauduleux. J’ai donc déplacé ma moto de 1994 vers la capitale. Je n’ai pas les moyens de payer le stationnement d’une voiture, d’assumer le risque des amendes, de rater mes rares rendez-vous. Donc je suis un sexagénaire pauvre, qui ne peut pas prendre sa retraite faute d’avoir bouclé ses trimestres, dont la maison ne peut pas être vendue à cause des magouilles de la mairie, et qui est contraint de circuler à moto à Paris. Parallèlement cette vipère d’Hidalgo retraitée depuis l’âge de 52 ans, qui touche 15000 euros par mois à la ville de Paris et à la Région Ile de France, a imaginé d’interdire aux pauvres et aux vieux d’entrer dans Paris, avec le seul véhicule qui leur reste. Elle est en guerre contre les sans-dents et elle va le payer cher. J’ai bien l’intention de m’en occuper. Je ne suis pas seulement vieux pauvre et motard, je suis aussi écrivain, officier des Arts et Lettres et déterminé.

Ils veulent que la France imite les Etats-Unis, mais les Américains ont élu Trump 

Riposte Laïque : Nous sommes à 5 semaines du premier tour de l’élection présidentielle. Quel est votre regard sur ce qui se passe, autour de cette échéance ?

Christian Combaz : « Ils » sont en train d’essayer de transformer notre pays en un pâle écho de la pseudo démocratie américaine, avec leurs Primaires complètement étrangères à notre constitution (qui utilisent l’espace public et les bureaux de vote, ce qui devrait être interdit). Le but du jeu était de fabriquer artificiellement un bi-partisme de façade pour pouvoir continuer à faire des affaires tout en donnant l’illusion d’un débat d’idées. Sarkozy, agent de l’empire américain, est allé jusqu’à nommer le parti de droite « Les républicains ». On s’attend à ce que Macron la voiture balai du libéralisme mondialiste et tiers-mondiste fonde un parti démocrate, c’est en route, il est en train de se faire appeler progressiste. La Culture est congédiée, même le président dit que la France c’est Disneyland. Sauf que Trump est arrivé au pouvoir, et c’est comme si le plus méchant des légionnaires romains était devenu chrétien. Panique dans les rangs. On avait tout prévu sauf ça.

Tous ces gens ne se rendent même plus compte qu’ils seront jugés et peut-être même condamnés au nom de ce qui va se passer désormais

Riposte Laïque : Beaucoup de dirigeants du FN accusent les médias de protéger, voire de soutenir ouvertement Macron, et affirment que derrière l’ancien ministre, il y a Hollande et l’aile sociale-libérale du PS. Vous partagez cette vision ?

Christian Combaz : Evidemment, Macron c’est le Clinton français et je ne serais pas surpris que Wikileaks nous en apporte la confirmation dans quinze jours. La chute du château de cartes du libéralisme socialiste dominé par la finance est sans doute imminente, alors on voit s’étaler une absence totale de pudeur dans la défense de l’empire mafieux, les chaînes de télé font de la propagande outrageusement, les journaux titrent comme si nous étions devenus la république de Weimar. Tous ces gens ne se rendent même plus compte qu’ils seront jugés et peut-être même condamnés au nom de ce qui va se passer désormais. Si nous subissons un désastre ils en seront comptables, il suffira de relire ce qu’ils ont écrit. Si la Turquie par exemple devient (redevient) le grand loup-garou de l’Europe, il faudra exhumer les déclarations qui essayaient de nous les faire passer pour des alliés naturels sous la houlette de l’OTAN au mépris de l’histoire.

Et puis j’attire votre attention sur le fait que Macron ce n’est pas seulement Hollande, c’est aussi toute cette véritable famille sociologique qui réunit la France des Bronzés, celle du Splendid, à celle des affaires financières, à celle de l’immobilier, à celle de la lutte d’influence pro-américaines. Nous vivons sous la coupe d’un magma sociologique qui réunit les déconneurs socialistes des années 70 et la grosse finance internationale. Ce n’est pas pour rien que Hollande, Clavier, Sarkozy, Attali, tout ce monde là, se fréquente, mélange ses enfants, part en vacances au même endroit. La France profonde commence à comprendre qu’on lui a volé les clés du pays.

Fillon s’est lamentablement déballonné à chaque attaque

Riposte Laïque : Que pensez-vous des réactions de Fillon, après toutes les accusations qu’il a subies ?

Christian Combaz : Manque de fermeté. Quand on est vaguement cupide et vaguement combinard  comme lui, on s’arrange pour hausser les épaules et pour attaquer l’adversaire en cas de mise en cause personnelle. Au lieu de cela, il s’est déballonné. Il a donné raison à ses accusateurs en évoquant le premier une mise en examen. Il a dit qu’il se soumettrait au juge alors que Marine Le Pen a croisé les bras en disant qu’il vienne je n’ai pas peur. Il s’est excusé pour avoir employé le mot autiste. Il n’a pas défendu son propre dessinateur pour avoir caricaturé la finance avec un haut de forme alors que l’oncle Picsou dans le journal de Mickey en porte un depuis 50 ans. C’était justement pendant la semaine où Hollande plastronnait à Disneyland. Il fallait avoir la présence d’esprit, l’intelligence, le génie, de montrer Piscou à la tribune en disant à ses accusateurs: puisque vous avez introduit en France ces « références culturelles » à la noix, je vous prouve que vous ne les connaissez même pas et que vous me faites un procès de Tartuffe. Le problème, c’est qu’il est lui-même un Tartuffe. Il ne peut pas enjamber le cadre pour se regarder. Et le jour du Trocadéro il ne s’est pas adressé à Hidalgo pour lui dire Madame, voulez-vous qu’on s’intéresse à votre passé de salariée à l’inspection du Travail, voulez-vous que l’on rappelle que vous êtes retraitée de la fonction publique depuis l’âge de 52 ans ? Voulez vous que l’on rappelle que vous êtes dans la main de LVMH depuis 10 ans ?

J’attends que soient remis à l’honneur les gens qui créent, tous ceux qui ont du talent

Riposte Laïque : Vous êtes un homme de culture. Qu’attendez-vous, sur cette question, du prochain président de la République ?

Christian Combaz : Je n’attends pas de l’érudition, je n’attends pas des opérations festives, des opérations de prestige, j’attends que soient remis à l’honneur les gens qui créent, tous ceux qui ont du talent même s’ils ne sont pas modernes, tous ceux qui entretiennent le patrimoine même s’ils n’ont pas de budget, tout ceux qui  ont compris que la culture est une philosophie, une morale, une discipline intérieure. J’en attends un retour aux « fondamentaux » comme on dit pour l’école. Chez nous, ceux qui savent dessiner ne peuvent plus devenir professeurs de dessin, ceux qui écrivent des chansons à succès ne peuvent pas devenir professeurs au Conservatoire, les gens qui ont l’oreille absolue et qui jouent de quatre instruments doivent pratiquement s’excuser, les génies du dessin sont obligés de faire de la BD pour ne pas être traités d’artistes pompiers, tout est verrouillé par une armée de diplômés qui n’ont pas de talent mais qui ont un salaire, dans tous les domaines, et pas seulement la culture. La culture est l’un des rares champs de l’activité humaine où la notion de « don », de dispositions au départ, voire carrément de génie, est parfaitement légitime. Après quarante ans de socialisme rampant, envieux, jaloux, les gens doués ont pris le maquis. Il est temps de les faire défiler sur les Champs-Elysées.

Riposte Laïque : Quelque chose à ajouter, Christian ?

Christian Combaz : Au Parlement futur il faut élire un pourcentage minimal, environ 10 %, de gens qui ont du vocabulaire, du jugement, une vision historique, une culture générale, qui n’ont pas un rond et qui n’ont plus l’âge de faire carrière – sauf dans l’estime générale. Suivez mon regard.

Propos recueillis par Pierre Cassen