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Force morale et force des armes

Photo by THOMAS SAMSON / AFP)

En janvier 1961, le général Ely, chef d’état-major de la Défense nationale, écrivait en exergue d’un rapport au Premier ministre intitulé : Les valeurs fondamentales du patriotisme français : « Le développement des armements techniques et des moyens de destruction pourrait faire croire à une guerre où l’homme ne jouerait qu’un rôle minime.
Or, dans un tel conflit, la détermination des peuples soumis à des épreuves exceptionnellement pénibles décidera plus que jamais de leur sort. La démesure même de la guerre possible multiplie l’importance des forces morales. Aussi, paradoxalement, l’accroissement des moyens de destruction confère à l’HOMME une valeur accrue.
De plus, le développement des techniques de diffusion de la pensée et les progrès réalisés dans les sciences psycho-sociales permettent une LUTTE IDÉOLOGIQUE PERMANENTE SANS LIMITATION DE FRONTIÈRE.
Il apparaît donc essentiel que le citoyen ait une TREMPE MORALE à la mesure de l’intensité et de la permanence de la menace.
En outre, il doit comprendre pour faire sien, l’IDÉAL que représente la civilisation française. C’est à cette condition qu’il défendra sa Patrie. »

Ce texte prémonitoire, écrit il y a plus de soixante ans, trouve aujourd’hui, à la lumière de la guerre conventionnelle qui se déroule en Ukraine, toute sa force en imposant au pouvoir politique et au commandement militaire une révision rapide, complète et en profondeur de notre concept de Défense.
Ce concept doit reposer désormais, d’une part, sur le retour de la conscription, seul moyen de prendre enfin conscience avec acuité de la notion de Patrie et des devoirs qu’impose sa défense, et d’autre part, sur un outil militaire reposant sur une force opérationnelle aéroterrestre de 300 000 hommes équipée en quantité d’armements puissants et modernes et constamment renseignée avec précision sur les intentions d’un adversaire. (2)

Pour cela, il faut recréer et développer l’industrie nationale de productions d’armements et de munitions et acquérir notre indépendance dans le domaine du renseignement stratégique afin d’être en mesure de mener un combat de haute intensité dans un conflit qui peut durer plusieurs mois voire plus.

Mais ce combat ne sera victorieux qu’au prix d’une totale liberté d’action capable de mouvoir nos forces pour les concentrer sur l’ennemi là où on le veut et quand on le veut. Car sans armes, sans personnels formés en nombre pour les servir, sans renseignements fiables, donc sans liberté d’action, vaincu sera celui qui sera figé, immobile sous les coups de l’adversaire. Il ne pourra que subir, dans l’incapacité où il se trouve de pouvoir parer la surprise et d’assurer sa sûreté.

La Fédération des Opex de France se réserve le droit et le devoir d’exprimer les idées qu’elle estime utiles afin de dénoncer les lacunes et insuffisances dans le domaine de la Défense, de décrire les menaces qui peuvent à chaque instant terrasser notre pays, et de présenter des propositions afin de les contrer.

Mais ces idées, ces propositions ne doivent pas rester confidentielles compte-tenu de la situation actuelle et de ses prévisibles prolongements tragiques à venir. C’est pourquoi j’invite chaque membre de notre Fédération et aussi chaque lecteur qui nous fait l’honneur de parcourir voire d’apprécier nos textes de bien vouloir diffuser et relayer nos écrits et publications le plus rapidement et le plus largement possible.

Colonel Daniel Péré
mai 2022

(1) Tout ceci s’inscrit entre grandeur et servitude militaires dans la volonté de réagir contre la sottise ce que les
vieux capitaines d’Alfred de Vigny ne faisaient pas. (Pierre Mac Orlan).
(2) Nous évoquons ici le cas de l’armée de Terre qui comptait il y a 30 ans SIX fois plus de chars lourds
qu’actuellement. Sur la même période, la marine et l’armée de l’Air ont connu également une très significative
attrition :
Pour la marine : la flotte est passée de 37 à 19 unités de premier rang.
Pour l’armée de l’Air : l’aviation de chasse est passée de 680 à 250 appareils.
En outre, notre politique actuelle d’exportation d’armements se fait systématiquement au détriment de l’équipement de nos propres forces.

Colonel Daniel Péré

Président de la Fédération des Opex de France




M. le Président, est-il bien légal que la France arme l’Ukraine ?

Cintré, le 10 mai 2022
N° 012 / FOF / France / 01

Monsieur Emmanuel Macron.
Présidence de la République Française
Palais de l’Élysée
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris.

 

OBJET : Amputation du budget des armées,
Baisse des effectifs,
Apparente illégalité de la fourniture d’armement à un pays belligérant.

P.J. :
Réf : Décision PESC 2022/338 et 339 du 28 février 2022
Position commune n° 2008/944 du conseil du 8 décembre 2008
Budget : source journal « solidarité militaire » mars 2022
Baisse des effectifs : Bilan confidentiel consulté par Challenges. Le Parisien

Monsieur le Président,

Comme vous n’êtes certainement pas sans le savoir, la communauté militaire à laquelle nous appartenons est très soudée et surtout bien informée. Différentes informations nous ont particulièrement étonnés et, bizarrement, ces éléments semblent liés. Notre interrogation porte sur trois points qui nous préoccupent particulièrement.

La première raison de notre étonnement concerne l’amputation du budget des armées. Alors que celui-ci devait être sanctuarisé, il est une fois de plus utilisé pour tout autre chose que notre défense.
La seconde raison de notre surprise porte sur la baisse des effectifs de nos armées.
Enfin, la troisième raison de notre confusion porte sur la livraison d’armements létaux à un pays belligérant qui transgresse, d’après notre analyse, les décisions de la PESC (Cf. textes en 1°et 2° référence).

Tout d’abord, nous nous étonnons grandement de la décision de Bercy d’amputer le budget des armées pour l’accueil des réfugiés ukrainiens. Notre propos n’est pas de juger de l’opportunité ou non d’accueillir des réfugiés, mais de mélanger les genres dans l’usage des budgets. Nos armées ont depuis de longues années servi de variable d’ajustement et, contrairement à ce qui avait été décidé, cette pratique devait cesser et notre budget sanctuarisé. Pire, c’est encore les armées qui participent pour la plus grosse part au regard des budgets des autres ministères à cet effort injustifié.

De fait, cette réduction qualifiée de temporaire (que nous savons pertinemment être définitive), entre dans le cadre de la « solidarité gouvernementale ». La solidarité gouvernementale doit en priorité être appliquée à des ministères moins « essentiels » pour reprendre une expression que vos gouvernements ont largement utilisée lors des confinements. La culture, l’écologie, l’économie et les finances, la cohésion des territoires, la transformation de la fonction publique, pour ne citer qu’eux, peuvent parfaitement faire cet effort sur leur budget, sans que cela remette en cause la sécurité de notre patrie.

Cette amputation va avoir des répercussions très importantes puisque nos armées vont devoir supprimer 340 millions d’euros ce qui va impliquer l’annulation de près de 200 millions de crédits affectés à l’équipement des forces et, probablement, entre autres ponctions, environ 50 millions d’euros au soutien des systèmes d’information.

Nous constatons avec grande amertume et forte désillusion que nos chefs d’état-major, contrairement à ce qu’avait fait le général de Villiers en 2017 en démissionnant dans l’honneur, n’ont rien fait pour éviter cette suppression, mais au contraire et une fois de plus se sont, semble-t-il, contentés de s’incliner alors qu’ils auraient dû être vent debout pour refuser cette amputation budgétaire que nous qualifions de criminelle eu égard au conflit russo-ukrainien. Déflagration qui risque fortement de dégénérer en conflit européen et mettre nos soldats et par conséquence notre pays dans une situation désespérée.

Ensuite, notre étonnement va croissant en constatant que les effectifs de nos armées qui devaient augmenter de 300 postes en 2021 ont finalement baissé de 485 postes ce qui nous amène à un déficit de 785 postes. Nous entendons l’explication du ministère qui affirme que ce manque de recrutement sera rattrapé en 2022 sans y croire un instant. On peut nous expliquer que cela provient de l’exigence qualitative des recrutements (ce n’est pas nouveau nous avons connu ce problème de tout temps) et/ou de la crise sanitaire qui, à nos yeux, a bon dos. Certes les départs sont toujours imprévisibles en termes de volumes, mais sont toujours probables après une crise économique ce qui peut et doit être anticipé. Là encore ce n’est pas nouveau.

Posons-nous la question de savoir pourquoi les recrutements sont inférieurs aux prévisions. Ne serait-ce pas plutôt parce que les armées – nous incluons évidemment la gendarmerie – n’offrent pas des rémunérations attrayantes eu égard aux sacrifices demandés ? Ne serait-ce pas parce que nos soldats n’ont comme perspective de service que des missions « sentinelles » plusieurs fois dans l’année ? Ne serait-ce pas parce que nos jeunes concitoyens ressentent le mépris que semblent avoir les élus sur nos armées ? Si tel n’était pas le cas il y aurait eu une levée de boucliers de l’ensemble des élus en apprenant l’amputation du budget des armées. Ne serait-ce pas parce que nos jeunes concitoyens savent que nos matériels sont hors d’âge et que leur sécurité en opex n’est pas assurée ? (Nous nous sommes déjà étonnés sur ce point il y a quelques mois au sujet de la fragilité des VBL en Afrique, sans que le ministre ne s’en émeuve outre mesure, nous expliquant dans sa réponse que ces derniers seraient à moyen terme « surblindés »).

Certainement, en 2022 les armées chercheront-elles à recruter 27 000 personnels. Malheureusement malgré l’abnégation de nos jeunes soldats, gageons que ceux qui sont censés les rejoindre ne le feront pas pour les raisons exposées supra, mais aussi parce que le niveau des jeunes Français a lourdement baissé, l’Éducation nationale ne remplissant plus son rôle de formateur, obérant par le fait les capacités d’acquérir les compétences dont nos armées ont besoin pour servir des matériels plus complexes.

Enfin, et cela nous semble le plus important, nous sommes particulièrement étonnés de la manière dont notre pays transmet des armes à l’Ukraine alors que ce pays est en conflit avec un autre pays.
Nous ne sommes pas des juristes, mais nous avons été formés à lire des textes législatifs et à en comprendre la teneur. Ainsi, nous nous étonnons de ce transfert d’armement pour les raisons suivantes :
Dans la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et la politique de sécurité de défense commune (PSDC) nous constatons des divergences. Ainsi dans la position commune du conseil (cf. 2° référence) dans les considérants.
(2) « Les États membres reconnaissent la responsabilité particulière qui incombe aux États exportateurs de technologie et d’équipement militaire ».
(4) « Les États membres sont déterminés à empêcher les exportations de technologie et d’équipements militaires qui pourraient être utilisés à des fins de répression interne ou d’agression internationale, ou contribuer à l’instabilité régionale. ». Ces bases nous semblent parfaitement adaptées à la situation actuelle.

Par ailleurs, dans son article 2 qui énonce les critères à respecter pour l’exportation d’armement, le troisième critère « situation intérieure dans le pays de destination finale (existence de tensions ou de conflits armés). » et le quatrième critère « préservation de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionales » nous apparaissent être frappés de bon sens.

Également, le sixième critère « comportement du pays acheteur à l’égard de la communauté internationale, et notamment son attitude envers le terrorisme, la nature de ses alliances et le respect du droit international. » est un élément essentiel dans le cadre de la préservation de la paix.
De même, le septième critère « existence d’un risque de détournement de la technologie ou des équipements militaires dans le pays acheteur ou de réexportation de ceux-ci dans des conditions non souhaitées. » est une base non négociable dans la vente d’armement.

Toutefois, les articles 6, 1° alinéa des PESC et PSDC, qui se fondent sur la position commune du Conseil, confirment les critères rappelés supra.
Or, la situation de l’Ukraine et l’évolution du conflit n’offrent absolument pas les garanties nécessaires pour que de l’armement lui soit livré. En effet, il est impossible pour la France d’assurer le suivi, le contrôle et l’évaluation de l’utilisation de l’armement fourni.

Indubitablement les trois éléments qui nous ont amenés à nous « étonner » et que nous venons de vous exposer nous apparaissent en situation d’affaiblir nos armées et amener la France dans une guerre qu’elle ne souhaite pas.

Notre sentiment est que l’amputation considérable du budget des armées semble être une volonté délibérée.
La baisse des effectifs pour les raisons évoquées par le ministère, l’absence de niveau nécessaire pour servir avec compétence les systèmes d’armes en dotation dans les unités vont perdurer, car le niveau de nos jeunes concitoyens en âge de contracter un engagement ne va pas se relever dans les années qui viennent, bien au contraire. Augmenter considérablement le montant des soldes de nos militaires afin de susciter des « vocations » pourrait être une solution, mais avec un budget de nouveau contraint cela ne semble pas envisageable. La solution à « bas coût » qui va s’imposer, permettant de trouver les compétences nécessaires à nos armées, est de rétablir la conscription afin d’incorporer ceux de nos jeunes qui ont le niveau requis. Nous ne sommes pas certains que les Français qui se sont habitués à voir des militaires professionnels mourir au combat vont se satisfaire de l’éventualité d’être amené à pleurer un des leurs, comme beaucoup de parents l’ont fait lors de la guerre d’Algérie.

Pour ce qui concerne le transfert d’armement, nous considérons que notre analyse est pertinente, à moins que l’on ne vienne nous opposer un décret « non paru » au JORF permettant de transgresser les accords en vigueur, c’est une pratique utilisée opportunément par tous les gouvernements pour ne pas alerter ceux qui sont en charge de défendre les intérêts de leur communauté. Pour autant, à ce jour, ce transfert d’armement est illégal et contraire aux textes de l’Union qui régissent la vente d’armes à des pays belligérants.

Les soldats que nous sommes revendiquent leur apolitisme, mais ils considèrent de leur devoir de défendre par des actions ciblées le pays et ses intérêts. De veiller au bon usage de nos soldats lorsqu’ils sont amenés à aller combattre dans le respect des lois, des règlements militaires et le succès des armes de la France.
Pour cela nous vous demandons solennellement de bien vouloir exempter le budget des armées de l’amputation de 350 millions d’euros au titre de la solidarité gouvernementale.

De mettre en place un système de recrutement performant basé sur l’intérêt de la défense de notre pays en proposant des rémunérations pour tous en corrélation avec les sacrifices exigés par notre métier atypique.
Nous vous demandons instamment de vouloir bien mettre fin au transfert d’armes à l’Ukraine et de respecter stricto sensu les règles imposées par les décisions de l’Union interdisant de fournir des armes à un pays belligérant sans être en situation d’en assumer le contrôle et l’usage légal.

Ne pas accéder à notre requête serait perçu comme une volonté de mettre notre pays dans une situation visant à l’amener à participer à une guerre dont le peuple ne veut pas.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de la haute considération que je dois à votre fonction.

Colonel Daniel Péré




Franglais, dialecte des banlieues et mots creux: 3 menaces pour la langue française

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Nous sommes profondément attachés à la grandeur et à l’influence de la France dans le monde dont une des composantes majeures réside dans une Défense nationale puissante et crédible.
Mais la défense de notre langue en est un des facteurs non moins essentiels et vitaux non seulement pour tenir notre rang international mais également afin de maintenir la cohésion nationale au sein d’une communauté d’appartenance.

De nos jours en effet, la langue française est aux abois. Elle est attaquée simultanément par trois menaces dont les effets délétères se cumulent et dilapident notre patrimoine linguistique.
L’usage intempestif du «  franglais »
L’émergence corrosive d’un dialecte des banlieues
L’inflation de mots creux et d’expressions passe-partout

L’usage intempestif du « franglais »
Il est démontré par l’Académie française en 2021. Pour illustrer ce constat, un exemple concret a été choisi : il s’agit de la création de la nouvelle carte d’identité nationale (CNI). Cette récente version bilingue (traduite in extenso en anglais), entre en contradiction avec la Constitution, la loi Toubon de 1994 qui stipule que toute inscription ou annonce destinée à l’information du public doit être formulée en langue française, et surtout la vérité.

En effet , cette carte n’est pas un passeport de voyage. Si l’on entre aux USA, on a besoin d’un passeport, pas de la CNI. En outre, avec la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne , il n’y a pas de raison de privilégier l’anglais.
Que le gouvernement établisse une carte bilingue en choisissant l’anglais, c’est le signe d’un aveu terrifiant : au fond, le français ne compte plus. D’ailleurs, le gouvernement lui-même explique, toute honte bue, qu’il est préférable que ce document soit en anglais car le français ne serait plus compris !

C’est la démonstration d’une démission coupable qui rejoint dans sa tragique ampleur le déni de notre Histoire et la politique de repentance affichés par nos gouvernants.
Cette démission tend à reléguer notre langue nationale au statut d’un parler local, d’un dialecte tribal.
Cependant, le monde francophone s’insurge de cette situation et sonne l’alarme. Cette indignation grandissante souligne l’aberration que constitue cette abdication institutionnelle. Nous assistons à l’invasion générale du vocabulaire scientifique, de la culture, de la communication, de l’information par des anglicismes.

L’anglicisation s’est généralisée et s’est accélérée durant les cinq dernières années. Il y a désormais une lame de fond qui est en train de subvertir le français. La diffusion des anglicismes s’est encore amplifiée avec la crise sanitaire Covid ( par exemple l’emploi répété, à l’envi, de «cluster «  au lieu de » foyer »).
Néanmoins, cette propagation des anglicismes se heurte à l’exaspération croissante des Français.
Ces derniers ne veulent pas du franglais, ils croient en la valeur de leur langue. Les stratégies de communication ne portent pas.

Les gens ne comprennent pas les messages qu’on leur impose ni pourquoi ce sabir se substitue au français.
Cela montre une fracture entre une frange privilégiée des élites représentant le haut du panier national sensé être inventif et productif et le reste de la société , invité à penser que l’ascenseur social passe par l’adoption d’un jargon débilitant qui confine désormais aux tics de langage.

Il s’ensuit pour la population française le risque d’un double clivage linguistique : SOCIAL d’une part, le fossé se creusant entre les publics suivant qu’ils sont imprégnés ou non des nouveaux codes de langage. Le ton badin, parfois futile devenu la règle en matière de communication institutionnelle , prête le flanc à un rejet fréquent , né d’une perplexité et souvent d’une incompréhension des destinataires pouvant aller jusqu’à un sentiment d’exclusion : » être  people-minded  est notre raison d’être» et GéNéRATIONNEL d’autre part, les plus jeunes étant particulièrement réceptifs aux usages numériques et mieux à même de les assimiler, mais d’autant plus exposés au risque d’être cantonnés à un vocabulaire approximatif et n’avoir qu’une très faible maîtrise de la langue.

En utilisant largement un vocabulaire anglais (cf annexes) incompris d’une grande partie du public, les services en ligne contribuent à alimenter la défiance qu’on a vu se développer ces dernières années vis à vis des différentes autorités, qu’elles relèvent des pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire, mais également de l’administration , du monde politique , de la sphère économique et dans le domaine de la santé.

– L’émergence corrosive d’un dialecte des banlieues
A l’oreille, on comprend bien qu’il s’agit désormais d’un parlé « dur », hostile, forgé dans l’exclusion ou le repli communautaire.
Avec l’émergence de réseaux terroristes au cœur même de notre Nation, un phénomène de division, de dilution affecte notre population.
Il s’agit du repli d’une partie des « citoyens » vers un quant- à- soi géographique, socio-économique et religieux intégriste.

Cette fragmentation va bien au-delà de ce qu’il est convenu d’appeler les différences ou la diversité. Cet émiettement tribal passe par un langage spécifique dont on mesure l’importance et la portée dès que des troubles éclatent dans les banlieues et quartiers de nos villes.
Cette fracture linguistique véhiculée par un langage de combat n’a plus rien de comparable avec ce qui existait il y a encore quelques années à l’époque des fantaisies du verlan, de l’accent beur ou des mille facettes de l’argot des cités sublimé par la plume gouleyante d’un Frédéric Dard, d’un Alphonse Boudard ou encore d’un Michel Audiard.

La fracture constatée dépasse le problème de l’école ou celui des cités. Rien n’est plus dangereux que cette lente dislocation à l’œuvre dans les tréfonds démocratiques, dont l’apparition d’un idiome appauvri et verrouillé, d’un patois dissident au sein de la ville, est le symptôme le plus corrosif.
Quand les mots eux-mêmes se décomposent, quand la parole elle-même se délite, c’est que rôde en effet un péril majeur.
Parmi les produits empoisonnés de cette dissidence, il faut désigner désormais le djihadisme.

L’inflation de mots creux et d’expressions passe-partout
On disait il y a quelques années encore : «  il parle comme un livre »
La formule s’est inversée et aujourd’hui, on dira plutôt «  il écrit comme il parle ». Comme notre façon actuelle de nous exprimer, celle de la publicité, des médias, du monde politique est atteinte profondément par une contamination de mots sans signification, d’expressions vides de sens, notre langage est devenu singulièrement indigent.

Dès lors, il se satisfait de formules imprécises employées à tout bout de champ et souvent délibérément puisées dans le vocabulaire économique.
Prenons quelques exemples :
Le verbe »impacter » dérivé à tort du mot « impact » est utilisé très souvent pour relater des évènements de nature différente plus ou moins importants :
«  La consommation est impactée par la hausse des prix
La pollution impacte la planète
La guerre en Ukraine va impacter l’élection présidentielle »
Alors que notre langue propose dans ces exemples là: freiner, ralentir, influencer, influer, agir, peser, menacer, mettre en péril… qui apportent des nuances et des précisions qui enrichissent la compréhension des idées émises.
Demain, nous sourirons qu’on ait pu discourir avec sérieux :
De notre « capital » santé, de notre « capital » beauté, de notre « investissement » conjugal, des « dividendes » affectifs .

Ou encore du concept de » déficit » mis à toutes les sauces du verbiage cher aux journalistes :
«  Déficit » démocratique, » déficit » social, « déficit » visuel, « déficit » de popularité, « déficit » d’image.
Demain, nous sourirons ou peut- être nous pleurerons que les Chefs d’Etat, qui se sont succédé depuis trente ans, aient pu dire, redire, se contredire, proclamer :
« Je crois à l’inversion de la courbe de chômage «
«  la priorité des priorités est ( selon l’humeur ou la pression des évènements) : la sécurité, le chômage, l’hôpital, les retraites, la taille des allumettes, le pouvoir d’achat, le prix du timbre-poste , l’école, l’industrie, l’agriculture …… »
« Nous sommes à la croisée des chemins », phrase qui peut être suivie ou précédée de »le bout du tunnel est en vue ».
«  Cette réforme d’ampleur sera la crème de toutes les batailles » :

La sécurité sociale, le conditionnement des couche-culottes, la mise en place des 35 heures, la remise en cause des 35 heures, la prochaine loi de programmation militaire sanctuarisée…
Ces expressions passe-partout composées de mots forts en apparence sont les symboles d’une langue désincarnée, d’un langage convenu et rigide destiné à dénaturer la vérité.
Elles ont perdu par, l’usage d’une absurde répétition contredite par les faits, leur substance au fil du temps et sont devenues les vecteurs futiles de messages désormais inaudibles.

En 1967, Maurice Genevoix, qui depuis de nombreuses années, défend sur tous les fronts la langue française, conscient de la menace que représente la déliquescence de tout langage écrivait :
« Le langage n’est pas neutre. Né d’une culture, expression d’une culture, si par malheur il dégénère, il agit sur les structures mentales qu’il affaiblit sournoisement. Si ce processus devait encore s’aggraver, la langue ne dirait plus, elle cacherait, elle déroberait.

Les mots devenus tabous, feraient peur. Ils cesseraient alors de signifier, ils voileraient, ils trahiraient.
Ils deviendraient des moyens d’intimidation, des instruments d’un terrorisme au service d’intentions moins innocentes, peut-être qu’il n’y paraît «.
Face à cette évolution préoccupante de notre langue,
L’Académie française peut ainsi conclure :
« La communication actuelle est caractérisée par une dégradation qu’il est essentiel de ne pas considérer comme une fatalité.

Il est de la responsabilité mais aussi de l’intérêt de ceux qui disposent des canaux d’information et de diffusion de veiller à redonner à la communication institutionnelle la qualité et l’efficacité que l’ensemble des publics est en droit d’attendre.
Il s’agit avant tout d’une question de volonté générale étayée par la prise de conscience de la Gravité et de l’Urgence de la Situation ».

Daniel Péré

10 avril 2022

Sources : Rapport Académie Française 2021
Le Figaro ( Mme Carrère d’Encausse) janvier 2022
Ouest-France Articles des 30 septembre 2011, 27 septembre 2021,
17 février 2022, 19 mars 2022
Sud-ouest Article 10 avril 2016
Biographie M.Genevoix de A.Luneau et J. Tassin 2019

 

 

 




La France subit le déshonneur et la guerre, à cause de nos dirigeants

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Caporal-chef Julien Barbé mort pour la France en avril 2017 au Mali
Chef d’escadron Clément Frison-Roche mort pour la France en novembre 2019 au Mali
Première classe Quentin Pauchet mort pour la France en décembre 2020 au Mali
Brigadier-chef Roman Pointeau mort pour la France en novembre 2019 au Mali
Sergent-chef Maxime Blasco mort pour la France en septembre 2021 au Mali
Brigadier-chef Alexandre Martin mort pour la France en janvier 2022 au Mali
Sergent Yvonne Huynh morte pour la France en janvier 2021 au Mali

Vous êtes parmi les centaines d’autres héros, soldats morts pour la France en Opérations extérieures (OPEX) : Tchad, Liban, Libye, Afghanistan, Mali, notamment, celles et ceux que nous honorons aujourd’hui au cours de la Marche de la Fierté française.
Soldats en OPEX, vous êtes les magnifiques successeurs des soldats oubliés de la campagne de France en mai et juin 1940 qui perdirent 100 000 hommes face à la Wehrmacht alors invincible
Soldats en OPEX, vous êtes les magnifiques successeurs des soldats de la Libération conduits par les généraux Leclerc et de Lattre de Tassigny
Soldats en OPEX, vous êtes les magnifiques successeurs des soldats de l’ombre, des combattants du peuple de la nuit, pendant la Résistance
Soldats en OPEX, vous êtes les magnifiques successeurs des volontaires du bataillon Monclar pendant la Guerre de Corée
Soldats en OPEX, vous êtes les magnifiques successeurs des valeureux soldats de Métropole et des courageux supplétifs pendant la guerre d’Indochine
Soldats en OPEX, vous êtes les magnifiques successeurs des soldats en Algérie : personnels d’active, appelés du contingent, rappelés, réservistes, et leurs frères d’armes les harkis. Soldats en Algérie qui avez été insultés et traités de criminels de guerre en 2017 par l’actuel Président de la République
Vous êtes ceux que nous honorons aujourd’hui au cours de la marche de la Fierté française
La Fierté française.

Il est grand temps de s’en préoccuper, il est grand temps de la défendre, il est grand temps de se sacrifier pour elle car la France est placée aujourd’hui dans la même tragique situation qu’elle traversée dans son histoire de 1933 à 1940 .
Cette situation présente trois causes dont les effets délétères se cumulent.

Depuis 35 ans, les Présidents de la République et leurs gouvernements successifs ont privilégié, par leur attitude veule, leurs reniements, leurs atermoiements, le déni de notre Histoire et son corollaire la repentance érigée en principe d’État, ont privilégié, donc, la voie du déshonneur à celui de la guerre.
Un ennemi sournois et sanguinaire qui s’appuyant sur un réseau de grande délinquance organisé selon un mode militaire impose à notre pays ses rites et ses lois dans un climat de grande insécurité.
Une population profondément divisée, désemparée, meurtrie, dont l’esprit patriotique s’étiole.
Et au bout du compte, la France subit à la fois le déshonneur et la guerre sur tout son territoire et en Afrique principalement.

Le général de Villiers, dans son dernier livre écrivait en 2020 : «  Il faut réparer la France »
Cette nécessaire réparation passe en ce qui nous concerne par une Défense nationale puissante et crédible qui ne soit plus la variable d’ajustement à la baisse d’un budget national à la dérive.

Car depuis 35 ans, les chefs d’état-major des armées, les chefs d’état-major des armées de Terre, de l’Air, de la Marine , les directeurs généraux de la Gendarmerie, timorés et aux ordres de la dictature des technocrates du ministère des Finances sont les premiers responsables de la paupérisation de nos forces armées et de sécurité en termes d’effectifs, de matériels, d’équipements, d’armements et de munitions.
Ils sont les premiers responsables de l’appauvrissement de la réflexion militaire muselée par la dictature de la pensée unique.

Cette nécessaire réparation est due également à nos anciens combattants et à nos blessés en OPEX et au cours des opérations Sentinelle qui forment une population silencieuse, particulièrement méritante mais continuellement délaissée voire méprisée.
La reconnaissance qui leur est due n’est jamais au rendez-vous.
Ainsi, les pensions militaires d’invalidité, la retraite du combattant ne sont pas suffisamment revalorisées et quand elles le sont, après d’interminables négociations c’est de l’ordre de quelques centimes d’euros !

Car la volonté politique c’est de gagner du temps, c’est de compter sur la diminution des effectifs pensionnés, c’est de rogner année après année le misérable et indigne budget alloué.

Chers amis, chers camarades
Aujourd’hui, la Marche de la Fierté française est le puissant symbole d’une France régénérée.
Une France fière de son Histoire
Une France fière de sa culture
Une France fière de sa grandeur
Des Français fiers de la France
Vive la France

Daniel Péré Paris 26 mars 2022




Les islamistes et leurs soldats dormants sont prêts à passer à l’assaut

Nous avons eu le plaisir de rencontrer le colonel Daniel Péré, signataire de la première tribune des généraux, et président des Opex en France. 

Riposte Laïque : Avant de vous poser les premières questions, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Colonel Daniel Péré : J’ai  76 ans. Je suis colonel en retraite. Depuis 6 ans je suis président de la Fédération des Opex de France. Par ailleurs membre de la commission sociale de l’ONAC  35, je fais du soutien scolaire bénévolement depuis 20 ans.

Riposte Laïque : Il y a un an, vous évoquiez, dans la revue que vous présidez, votre inquiétude quant à l’avenir de la France.

https://resistancerepublicaine.com/2020/03/28/colonel-daniel-pere-la-france-a-laube-du-declin/

Dans ce contexte, comment avez-vous réagi, quand vous avez pris connaissance de ce qu’on appelle la tribune des généraux, en fait impulsée par le capitaine de gendarmerie Jean-Pierre Fabre-Bernadac ?

Colonel Daniel Péré : Depuis 30 ans, les chefs d’état-major et les directeurs généraux de la gendarmerie successifs, timorés, aux ordres de Bercy et subjugués par le pouvoir politique qui les a promus et désignés dans leurs fonctions sont les premiers responsables de la paupérisation des armées de Terre, de l’Air , de la marine et de la gendarmerie en termes d’effectifs, de moyens matériels et de capacité d’expression critique.

Les réflexions stratégiques, tactiques, les propositions de « terrain » (capacité des matériels, modes d’action)  sont bridées par la dictature de la pensée unique.

Tous les articles traitant des sujets de Défense nationale transmis par la voie hiérarchique sont amendés voire censurés. Ceux qui s’en affranchissent voient leurs auteurs sanctionnés.

Cette politique coercitive est en contradiction flagrante avec ce qu’écrivait le chef d’état-major des armées (CEMA) actuel en mars 2018 :

 » Depuis la fin de la guerre d’Algérie, sous l’effet du silence des esprits, les questions se rapportant au fait guerrier se sont retrouvées hors du champ de la réflexion et de l’étude sans qu’en soient mesurés les effets à long terme. Le CEMA conclut ainsi : le contexte est aujourd’hui favorable  au renouvellement de la pensée sur des thèmes trop longtemps négligés « .

Dès lors, on peut mesurer l’hypocrisie officielle à l’aune de la pensée muselée ces dernières semaines.

Cet état d’esprit et ses funestes conséquences sont à l’origine des tribunes initiées par des officiers en retraite et reprises par nombre de personnels d’active.

Riposte Laïque : Avez-vous été surpris par l’ampleur prise par l’initiative, et par l’hostilité, voire les insultes, de hauts dignitaires du pouvoir, et de tous les chefs de la gauche ?

Colonel Daniel Péré : J’ai été comme beaucoup douloureusement peiné, mais guère surpris par ces réactions hostiles, voire haineuses, car les membres du gouvernement en place et les représentants grotesques d’une gauche désemparée et irresponsable font partie du même système.

À l’intérieur du pays, ce système prône l’indifférence, voire le mépris, à l’égard de ceux pour qui l’amour de la Patrie, la cohésion nationale et la grandeur de la France sont les seules motivations qui guident leurs pensées et leurs actions. À l’extérieur, ce système prône en toutes circonstances le déni de notre histoire.

Il érige en principe d’État la repentance, comme support de notre politique étrangère, dirigée en personne par le président de la République. Et ainsi, de reniements en humiliations consenties, il contribue à l’affaiblissement continu de l’influence de la France dans le monde.

Riposte Laïque : À présent, ce sont des militaires d’active qui prennent votre relais, vous rendant hommage, et qui dénoncent, avec des termes très vifs, ce que vous avez souligné dans votre première tribune. Que retenez-vous de cette nouvelle interpellation adressée à nos élus ?

Colonel Daniel Péré : Il est permis de penser que le malaise exprimé ici est beaucoup plus profond qu’on ne le croit pour des milliers de personnels d’active s’exprimant de façon aussi précise, directe et franche.

Depuis longtemps, le feu couve, de nombreux signaux d’alerte ont été adressés aux autorités compétentes, par la voie hiérarchique. Des journalistes spécialistes des questions de Défense, des historiens eux-mêmes anciens officiers, les présidents des commissions des forces armées au Sénat et à l’Assemblée nationale ont interpellé régulièrement les ministres des Armées et de l’Intérieur, afin qu’ils prennent en compte les propositions émises en termes de liberté d’expression, de rémunérations, d’effectifs, de moyens matériels et de logements.

Ils avertissaient également et surtout sur la perte de confiance des armées et des forces de l’ordre envers leur hiérarchie et le pouvoir politique. Cette perte de confiance s’est aggravée dans le contexte d’insécurité générale entretenu par la grande délinquance, et la menace terrifiante du terrorisme islamique.

Riposte Laïque : La perspective d’une prochaine guerre civile a été évoquée dans les deux tribunes, et le rôle de l’armée rappelé. Ce qui est appelé « guerre civile », selon vous, implique-t-il une offensive des plus radicaux des islamistes contre la France, sur notre propre sol ? Est-ce à cela que vous pensez, ou bien évoquez-vous une guerre civile de type espagnol, en 1936, avec deux projets de société inconciliables ?

Colonel Daniel Péré : Je pense plutôt à une guerre interne menée par les islamistes. Les islamistes, encouragés par des associations aveugles, naïves et désormais complices, par un réseau de grande délinquance organisé selon un mode militaire et par un pouvoir politique incompétent et aux abois, sont disséminés dans toutes les couches de la société. Tapis dans l’ombre, ils sont comme des chevaux de Troie contenant dans leurs flancs des guerriers fanatiques « dormants » prêts à se déverser et à réveiller afin de répandre une terreur de masse et de rayer de la carte notre héritage judéo-chrétien.

Le général de Villiers qui soutient cette idée force appelle dans son dernier livre L’équilibre est un courage, Réparer la France à réagir par une riposte globale car l’attentat terroriste de Nice en octobre 2020, en particulier, est un acte de guerre qui impose à notre pays  de reprendre la main et d’arrêter de subir.

Riposte Laïque : Les signataires appellent, ce mardi 11 mai, les Français à les rejoindre devant les monuments aux morts des grandes villes, pour rendre un hommage aux deux policiers tués ces quinze derniers jours, et à tous ceux qui ont perdu la vie au service de la France. Qu’attendez-vous de cette initiative ?

Colonel Daniel Péré : C’est une initiative populaire estimable qui s’ajoute malheureusement à tant d’autres.

Je veux y voir surtout l’annonce d’un puissant facteur de cohésion nationale.

À l’heure où le sentiment national se délite, il est devenu nécessaire de faire front, de soutenir les forces de l’ordre qui nous protègent quotidiennement.

Il est fondamental également que ces manifestations, ces initiatives ne soient pas « récupérées  » par des élus avides de paraître là comme lors des cérémonies patriotiques au cours desquelles les anciens combattants, population méritante mais continuellement délaissée, servent de décorum.

Riposte Laïque : Beaucoup de policiers font le même constat que vous, et certains ont même écrit un texte fort à leur ministre. Pensez-vous un rapprochement entre les militaires et les policiers, qui partagent le même constat, souhaitable ?
https://france-police.org/2021/05/06/deux-policiers-tues-en-service-en-lespace-de-12-jours-le-syndicat-france-police-policiers-en-colere-adresse-une-lettre-ouverte-au-president-macron/

Colonel Daniel Péré : Les militaires, les gendarmes et les policiers sont au service de la Nation. Il n’y a pas de distinction dans leur engagement, dans l’accomplissement de leur devoir et dans leurs sacrifices. Dès lors, on doit poser la question suivante aux autorités politiques et à leurs dirigeants de tutelle : peut-on sanctionner des personnels sous statut militaire et en même temps, et pour les mêmes motifs, laisser s’exprimer des policiers qui bénéficient de la liberté d’expression sans exclusive ?

Dans la logique des choses, on peut demander au général chef d’état-major des armées de bien vouloir sanctionner son prédécesseur, le général de Villiers, pour avoir écrit, depuis 2017, trois livres à caractère politique qui connaissent un énorme succès populaire.

Riposte Laïque : Comment voyez-vous l’avenir de notre pays ? Quels scénarios envisagez-vous ?

Colonel Daniel Péré : Le général de Gaulle aurait dit en 1968 : « La réforme oui, mais la chienlit, non ! ». La chienlit caractérise le désordre ambiant, voire la catastrophe sociale éminente. Nous connaissons la chienlit, puissions-nous espérer des réformes justes dans un pays apaisé et uni, sous la direction d’un homme et d’un gouvernement dont la droiture ne soit pas contestée.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, mon Colonel ?
Colonel Daniel Péré : J’appelle de mes vœux la candidature du général de Villiers à la présidence de la République. Premier des Français par sa droiture et son sens du devoir, il deviendrait ainsi le Premier en France en 2022.

Propos recueillis par Pierre Cassen