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Les rendez-vous laïques et féministes

Samedi 22 et dimanche 23 septembre

Bonjour, je reçois votre newsletter qui me semble très intéressante. Je suis organisatrice d’un festival féministe de documentaires à Arcueil qui aura lieu les 22 et 23 septembres prochain et je me demandais si vous auriez été intéressés à l’annoncer dans votre agenda et/ou dans votre newsletter. Voici les coordonnée du site si vous voulez plus de précisions : www.resistancesdefemmes.org. vous pourrez voir le programme qui sans doute vous apparaîtra dans l’esprit de riposte laique (cf « le voyage de nadia, Love and Words are politics, condamnées au mariage,..) Merci d’avance Cordialement Sandrine pour le festival Femmes en resistance Femmes en resistance à l’enfermement les 22 et 23 septembre à la salle Jean Vilar d’Arcueil. www.resistancesdefemmes.org

Dimanche 23 septembre 2007

CHEVALIER DE LA BARRE – 7ème FETE DE LA LAÏCITE

de 14h à 18h, square Nadar,
PARIS 18e, en sortant du funiculaire, en haut à gauche

Des chanteurs et/ou fanfares animent la manifestation.

Les associations participantes tiennent un stand.

Associations présentes lors des dernières Fêtes de la Laïcité parmi :

* Le Chevalier de La Barre : www.laicite1905.com

* L’Union des Athées : http://atunion.free.fr

* Le Comité Laïcité République : www.laicite-republique.org

* La Libre Pensée

* Europe et Laïcité www.europe-et-laicite.org

* L’ADLPF, Association des Libres Penseurs de France

* Laïcité Liberté

* L’UFAL, Union des Familles Laïques

* Ailleurs ou Ici Mais Ensemble (AIME)

* La GLMU Grande Loge Mixte Universelle

* Le Grand Orient de France

Mercredi 26 sptembre 2007

de 15 h à 19 h à l’Hôtel de Ville de Paris,Salon Bertrand.Entrée: 3, rue de Lobau, 75004 Paris.

A la mémoire de Lounès Matoub

Près de dix ans après l’assassinat de Lounès Matoub, on ignore toujours la vérité.
Ce crime, comme tant d’autres, demeure impuni.

Nadia Matoub vous invite à un colloque sur le thème : »La consécration de l’impunité comme mode de gouvernance et son incidence sur la problématique des droits humains. » Cas Algérie.

Au programme:
-projection vidéo (apparitions télévisées de Lounès Matoub,les émeutes 1998 et les événements du printemps noir 2001 de Kabylie)
-Les interventions de:
-Nadia Matoub et Annie Mecili;
-Me Baudouin Patrick président d’honneur de la fédération internationale des ligues des droits de l’homme.
-Me Salah Hannoun, Avocat défenseur des droits humains.
-Me Antoine Comte, avovat d’Annie Mecili, veuve d’Ali Mecili, assassiné à Paris en 1987.
-Lucien-Samir Oulahbib, Sociologue, chargé de cours en sciences politiques à Paris 10 et Lyon 3.
-Yàla Seddiki, responsable de l’édition de: Lounès Matoub, mon nom est combat ( La Découverte, Paris, 2003); auteur, avec Yazid Beka, de Kabylie Belle et Rebelle (Non-Lieu, 2006).
– Malika Domrane clôturera la réunion avec un chant a cappella dédié à au monument de la chanson Kabyle Lounès Matoub.

Important:à la demande habituelle de la ville de Paris, seules les personnes inscrites pourront assister au colloque.Prière de communiquer votre nom à l’adresse e- mail suivante: n.matoub@yahoo.fr

Jeudi 27 septembre

Rencontre autour du livre de Simon Archipenko

Simon Archipenko, collaborateur de Riposte Laïque, est l’auteur d’un essai politique pour le moins décapant. Engagé dans la vie de la cité depuis des décennies, ce militant patriote, laïque et républicain brosse un portrait sans concession de la société actuelle. L’obscurantisme est dénoncé comme il se devrait. La bien-pensance libérale et compassionnelle bo-boïsante en prend pour son grade.

Voilà un ouvrage qui tombe à point nommé. Ici, pas de langue de bois, pas d’autocensure, pas de mollesse dans les propos. Mais une totale liberté de ton qui surprendra, choquera même les plus habitués aux discours creux de l’intelligentsia.

L’esprit libre qui écrit ces lignes n’a pas pour ambition de nous endormir, ou plutôt de nous laisser dans cette douce obscurité qu’on nous fabrique. Au contraire, c’est un féroce appel au réveil des consciences. Pour se remettre à vraiment penser par nous-même, ciment de toute humanité.

« Et si on rallumait les Lumières ? » nous suggère-t-il avec insistance. Après avoir lu cet essai, difficile de ne pas le vouloir.

Cet ouvrage est déjà reconnu. L’auteur est invité à la fête du livre de Saint Etienne, l’une des plus importantes manifestations dans ce domaine.

Une rencontre autour de son ouvrage se déroulera à Lyon le 27 septembre de 18h à 21h à l’Escalier rue de la Platière dans le 1er. Les lecteurs de Riposte Laïque y sont cordialement invités.

Eclats républicains Simon Archipenko Editions de Montchalin 262 p. 18 €

Lucette Jeanpierre

Vendredi 28, samedi 29 et dimanche 30 septembre

Congrès 2007 de l’ALPF à Nice au CLAJ, ou Clairvallon, Relais international de la jeunesse, 23 avenue Scudéri, 06100 Nice. L’ALPF (Association des libres penseurs de France) s’est créée il y a une douzaine d’années pour regrouper les partisans de la laïcité en dehors de tout sectarisme et de tout patriotisme de parti, afin de dénoncer les atteintes à la laïcité portées depuis plusieurs années par les gouvernements de gauche et de droite, et de chercher les moyens d’y répondre efficacement. Pour cela, l’ALPF est indépendante de tout parti politique, ses militants peuvent adhérer au parti de leur choix ou se tenir à l’écart de la politique, mais ils gardent leurs idées et ne font aucun prosélytisme particulier dans le cadre de l’association. Le but, en effet, est de rassembler le plus grand nombre de laïques pour tenir tête à l’offensive obscurantiste, il faut donc que les nombreuses associations laïques existantes puissent se rassembler, discuter en toute liberté, et agir en évitant les dissensions internes. L’unité dans la diversité, c’est ce que nous cherchons. La division est notre pire ennemi.

Le congrès commencera par un dîner au CLAJ et une conférence suivie de débat, le vendredi 28 septembre à partir de 19h. A 20h 30, la conférence sera prononcée par Jean-Paul Scot, auteur du livre « L’Etat chez lui, l’église chez elle », sur le thème : « La laïcité en danger ». Le samedi 29 sera consacré aux débats en commissions, aux comptes- rendus des commissions en assemblée générale, et à la synthèse de tous ces textes. Les sujets de discussion de chaque commission ne sont pas encore fixés. La journée se terminera par un « repas festif » auquel nous souhaitons qu’un grand nombre d’amis participent. Le dimanche 30 au matin se réunira (toujours au CLAJ) le bureau de l’Union Mondiale des Libres Penseurs (UMLP) dont le président actuel est un Français, Louis Roger, de Brest.

Pendant ce temps, nous recevrons les organisations amies et les personnalités invitées, qui pourront s’exprimer publiquement et prendre part au débat. Tout cela sera suivi d’un point de presse. L’après-midi, élection du nouveau CA et première réunion de cette instance. Pour s’inscrire au congrès, il faut donner son nom au bureau du CLAJ, et indiquer les repas que vous prendrez avec les congressistes. Si vous n’êtes pas domiciliés à Nice, vous pouvez également vous inscrire pour des nuitées au CLAJ, dans des chambres pour huit à dix personnes (150 places disponibles). Fraternellement à vous, salutations laïques et anticléricales.

Antoine Thivel

PS. Notre collaboratrice Brigitte Bré Bayle, à l’invitation de l’ADLPF, représentera Riposte Laïque à ce congrès.

Samedi 6 octobre

A 20 h 30, théatre Octave Mirbeau, quai Auguste Roy, à Triel (78)

Notre collaborateur Guylain Chevrier, à l’invitation de l’Ufal du 78, chantera en deuxième partie d’une soirée chants et théâtre sur le thème : « Familles, pour le meilleur et pour le pire ».

Programme de la soirée :

Saynettes interprétées par les Comédiens de La Tour

Première partie :

Marianne Cadeau interprétera :

-Mon frère (M. Le Forestier)
-Mon vieux (D. Guichard)
-Prendre un enfant (Y. Duteil)
-Si seulement je pouvais lui manquer (Calogero)
-Ma môme (J. Ferrat)

Jean-Luc Houbron interprétera :

-Les amis de Monsieur
-Sarah (Reggiani)
-Ma fille (Reggiani)
-A l’ombre des maris (Brassens)
-Comment tuer l’amant de sa femme (Brel)

Entracte, buvette

Deuxième partie :

Guylain Chevrier interprétera :

-Ta Katie t’a quitté
-Une chanson douce
-Tu verras, tu verras
-Que serais-je sans toi ou bien Nous dormirons ensemble
-Tout change dans la vie
-Les amoureux des bancs publics
-Le feutre taupé
-Nationale 7
-Fais pas ci Fais pas ça
-Ma liberté
-Rue St Vincent
-Tu t’laisses aller
-Cécile
-Les corons
-Amsterdam
-Je me suis fait tout petit
-Avec le temps

Renseignements : 06.83.98.65.56

Entrée gratuite

Samedi 6 octobre 2007 à partir de 9h00

Manipulation mentale : approche éthique

Lieu : Espace Ethique Méditerranéen, Hôpital adultes de La Timone
264, rue St Pierre 13005 Marseille – (www.medethique.com)

Nous assistons actuellement à une forte contestation (heureusement minoritaire) des fondements scientifiques de la médecine au profit du tout psychologique, confinant même souvent avec le tout spirituel. Les conséquences sont parfois graves : rejet de la médecine classique, problèmes psychologiques induits par une forme d’autoritarisme de thérapeutes sectaires…

9h00 – Etat des lieux au chevet des malades. Observations et expérience d’Eric Dudoit, Unité de Soins et de Recherches sur l’Esprit, psychologue clinicien dans le service d’oncologie du Pr. Favre, hôpital de La Timone, Marseille.

10h30 – L’ambition de l’irréversible par l’emprise sectaire. Pr Michel Monroy. Psychiatre. Membre conseil d’orientation de la Miviludes.

11h15 – Médecines psychosomatiques, les limites de l’acceptable dans les secteurs de la santé publique et privée. Françoise Chalmeau, membre de la Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), conseillère en matière de santé.

12h00 – La soumission librement consentie. Jean Léon Beauvois. Professeur à l’université » de Nice, Co-auteur avec V. R.V. Joule de plusieurs ouvrages dont : « La soumission librement consentie » – 12h45 à 14H15 – Coupure repas

14h30. Psychothérapies sectaires et soumission librement consentie : comment s’en sortir ? Jean Luc Swertvaegher. Psychologue clinicien, chercheur au Centre Georges Devereux, U. Paris 8, co-auteur avec le Pr. Tobie Nathan de « Sortir d’une secte », Les Empêcheurs de Penser en Rond, 2003.

15h30 – »Quel choix et quels repères pour prévenir le risque psychosectaire ? Martine Maurer, Psychologue, auteur de « Comment choisir son psychothérapeute ? » Hommes et perspectives 2001

16h15 – Pratiques addictives.(thème non définitif) Philippe Jean Parquet . Psychiatre, membre du conseil d’orientation de la Miviludes

17h15– Influences ou manipulations mentales : quelles sont les limites ? Conclusion philosophique. Pierre Le Coz, philosophe, Maître de conférences à la fac de médecine de Marseille. Essai sur « L’Empire des coachs Une nouvelle forme de contrôle social » Albin Michel

Pour participer à cette rencontre, il suffit de s’inscrire auprès de l’organisateur :GEMPPI BP 30095 – 13192 Marseille cedex 20 – Tel/Fax : 04 91 08 72 22 ou 06 76 01 94 95) (Dans la limite des places disponibles – gemppi@wanadoo.fr Partenariats : Espace Ethique Méditerranéen et CEREM

Jeudi 18 octobre

Café – Débat à 19 heures

à Marseille, à l’Auberge Espagnole, 62, rue de Caisserie (quartier du Panier)

à l’invitation de l’association « L’Elan du Vieux Marseille »

Thème : pourquoi faut-il aujourd’hui une riposte laïque ?

avec Pierre Cassen, animateur de Riposte Laïque

Dimanche 21 octobre
Congrès des Mères pour la Paix (MPP)

Voici le programme du Congrès à Lille-Villeneuve d’Ascq, en JPG, j’espère que vous pourrez le lire.

Voici un résumé:

Nous vous proposons de venir assister au forum participatif qui aura lieu à la MACC à Villeneuve d’Ascq, le dimanche 21 Octobre de 14 à 18h et dont voici le programme:

L’après-midi du dimanche se déroulera en deux temps de 14 à 18 h:

1 – Interventions 2h 10 maximum
2 – 20/30 mns pause
2 – Forum : 1h30

Dans la première partie :

Titre : Les droits des femmes, d’hier et d’aujourd’hui.

Interventions de :
Modérateur : Annick Lacroix – Journaliste Nanou Rousseau 6-10 mns Ginette Verbrugge (conseil Régional) : 6-10 mns

Témoignages :
De l’extérieur : Munira Subasic Bosnie – 20 mns En France : Sihem Abchi, Ni Putes Ni Soumises – 20 mns

Regards croisés :
Regard du juriste : Placide Mabaka – 15 mns Regard de l’historienne et de la philosophe : Geneviève Fraisse – 15 mns Regard de l’ethnologue et de l’anthropologue : Véronique Nahoum-Grappe – 15 mns Regards de Femmes : Michèle Vianès – 15 mns

Deuxième partie, débat :

Titre : Les femmes, une force pour la paix.

Le débat sera animé par les étudiants de la Faculté Libre de Droit.

Sima Samar, Liebkan Bazaieva, Houzan Mahmoud, Maggy Barankitsé, Marie Bapu Bidibundu, Aliah Strauss, et Hannah Ashrawi seront invités à rejoindre la tribune pour le débat.

L’entrée au forum a été fixée à 10€

et pourquoi pas à notre soirée festive à l’Hospice Gantois à Lille:

Cocktail offert par Mères pour la Paix – soirée festive, repas, magie, défilé de mode repas et boisson comprise : 30€

Merci pour la promo et la pub.

Odette Gardiner




Fanny et Monia, deux femmes courageuses

Depuis le premier numéro de notre journal, nous soutenons sans aucune réserve Fanny Truchelut, propriétaire d’un gîte, dans les Vosges, qui a vu sa vie basculer le jour où elle a demandé à deux femmes de retirer leur voile dans les parties communes de son établissement.

Vous lirez, dans ce numéro, une interview de Monia Haddaoui, réalisée par Brigitte Bré Bayle. Mère d’une jeune fille de 23 ans, Ghofrane, assassinée à coups de pierres, son témoignage, trois années après ce drame, est bouleversant, mais aussi édifiant.

Certes, il y a une grande différence entre un crime particulièrement sordide, réalisé par des mineurs contre une jeune femme, et un fait divers qui, s’il a bouleversé la vie de Fanny Truchelut, n’a rien à voir par sa gravité avec la souffrance de Monia.

Pourtant, on ne peut éviter certains parallèles troublants entre l’histoire de ces deux femmes.

D’abord, ni l’une ni l’autre n’étaient militantes avant d’être confrontées à leur situation.

Monia vient de Tunisie, a travaillé très jeune, et a dû élever six enfants.

Fanny est une vraie fille du peuple, élevée dans des conditions très difficiles, qui a très vite compris la réalité de la vie, et son côté parfois impitoyable. Elle a eu quatre enfants. C’est une rurale, très attachée à la terre et à sa région.

Toutes deux sont des mères, très vigilantes à la bonne éducation et à la réussite de leurs enfants. Toutes deux ont appris les difficultés de la vie, notamment quand on se retrouve momentanément seule pour élever ses gamins.

Leur existence leur a donné un solide sens des réalités. Elles savent appeler un chat un chat, sans prendre de précautions oratoires, ni se trémousser sur leur siège en réfléchissant avant de parler pour ne pas froisser le « politiquement correct » obligatoire.

Ghofrane a été assassinée à coups de pierres. Sa mère, Monia, n’a sans doute pas fait de grandes études, mais elle utilise le mot qui décrit cette situation : « lapidation ».

Horreur dans un certain landernau, que Anne Zelensky appelait « gaucho-libertaire-féministe », dans Riposte Laïque 3 ! « Elle ne se rend pas compte, elle est certes aveuglée par la douleur, mais elle ne peut utiliser un tel terme, c’est grave, elle va stigmatiser une religion déjà suffisamment attaquée par tous les racistes ! ».

Celles et ceux qui reprendront le terme « lapidation » dans leurs écrits seront, eux aussi, mis en garde, certes amicalement, par des proches qui leur diront de faire attention à l’utilisation de tels mots.

Surtout ne pas mal parler de la religion des pauvres, même quand, en son nom, on lapide les femmes en Iran, et qu’on peut donc s’interroger sur ce parallèle troublant. Ghofrane a été assassinée de manière tout aussi barbare, en France, cela n’a-t-il vraiment aucun rapport ? Cela aurait-il eu lieu il y a trente ans, avant que l’ayatollah Khomeiny ne transforme l’Iran en dictature islamiste ?

Face à un tel drame, Monia acceptera tous les soutiens, n’ayant pas envie de choisir entre « alliés progressistes », forcément de gauche, et « alliés réactionnaires », forcément de droite. Pragmatique, elle voulait simplement que justice soit faite à sa fille, et que le terme « lapidation » soit reconnu.

Le monde militant s’est alors divisé en deux, ceux qui lui tournaient le dos, et ceux qui continuaient à la soutenir.

En ce jour du mois d’août 2006, Fanny Truchelut ne s’attend pas à ce qui va lui tomber sur la tête. Elle a inscrit cinq personnes, qui ont beaucoup insisté, par Internet, pour un séjour de quatre journées, dans son gîte.

Elle voit arriver deux femmes voilées. Pour Fanny, qui, aux yeux d’une élite militante, est sans doute un être extrêmement frustre, les choses sont simples : le voile, c’est la soumission et l’oppression de la femme. Elle a déjà du mal avec cela dans la rue, alors chez elle, pas question !

Elle ne tourne pas autour du pot, et fait savoir à ses clientes que, dans les lieux communs, il leur faudra, par respect pour les autres locataires, retirer leur voile.

Là encore, nous sommes confrontés à deux types de réaction. Nous faisons partie de ceux qui disent d’abord qu’elle a fait preuve, individuellement, d’un grand courage, en refusant, spontanément, intuitivement, seule face à cinq personnes, qu’un tel symbole puisse s’imposer à tous les gens d’un gîte de montagne venus se reposer et se détendre.

Mais c’est loin d’être l’avis de tout le monde. Elle est traitée de raciste dans un journal local, et la section locale du Mrap, égale à elle-même, dépose plainte contre elle.

Le ciel lui tombe sur la tête, elle se retrouve seule, tout le monde est aux abonnés absents pour la défendre, sauf Villiers.

Dès le jour de la parution de l’article, le président du MPF l’appelle, et lui propose son meilleur avocat, gratuitement.

Fanny n’est absolument pas dans la conception des combats de Villiers, c’est une personne attachée aux combats émancipateurs féministes des années 1970. Sa liberté de femme, elle l’a gagnée en tournant le dos au discours de l’ordre moral professé par Villiers et les siens.

Mais elle accepte une aide qui, dans un contexte de grande solitude, paraît lui tomber du ciel. C’est cela ou rien !

C’est là que le décalage est béant, entre les gens de la rue, et ce landernau militant coupé des réalités. La grande majorité des « gens normaux » est derrière Fanny, il suffit de raconter cette anecdote à votre voisin, d’en parler dans une réunion amicale, c’est l’indignation générale quand les amis apprennent qu’elle risque la prison et une forte amende.

Rien de tout cela dans le landernau militant classique !

Fanny a violé la loi, disent-ils, elle a d’autre part pris Varaut comme avocat, c’est une double faute qu’on ne peut soutenir, tant pis pour elle !

Ces deux femmes n’ont pu compter d’abord que sur elles-mêmes pour se défendre. Elles sont, face à l’adversité, des modèles de courage et de détermination.

Monia, avec sa famille, ses enfants, a organisé des marches pour rompre la loi du silence, et imposer le terme « lapidation ». Elle a eu la chance de trouver, grâce à son énergie, des relais locaux.

Fanny, dans les Vosges, est seule. Ce mardi, elle distribuait un tract sur le marché d’Epinal, pour informer la population de son futur procès, et de ses enjeux.

Riposte Laïque, depuis son lancement, a mis ses réseaux au service de Fanny. Nous lui faisons suivre tous les textes qui nous parviennent, la mettons en contact avec des amis.

Nous essayons de tout faire pour que ce procès ne soit pas une caricature opposant Villiers aux islamistes, mais soit le procès du droit des femmes contre l’oppression des femmes.

Nous voulons sortir Fanny de cette solitude, et qu’elle puisse constituer autour d’elle un réseau aussi efficace que celui que Monia a su se construire. Elle nous a envoyé, en plein bouclage, ce vendredi soir, un courrier que nous portons à votre connaissance.

Si vous souhaitez l’aider, écrivez-nous, nous lui ferons suivre.

Par ailleurs, nous tenons à remercier les lecteurs qui, chacun à leur façon, nous donnent un coup de main.

Envoi de listes d’amis à abonner, encouragements par un petit mot d’amitié, conseils, et soutiens financiers qui vont nous permettre, petit à petit, de rentrer dans nos frais initiaux, et surtout de nous donner des moyens pour être plus efficaces, et améliorer la qualité de notre revue.

Pour nous aider, écrivez-nous, à [ripostelaique@orange.fr->ripostelaique@orange.fr]

Envoyez-nous des chèques de soutien adressés à Riposte Laïque, 81, rue de Bernardy, 13001 Marseille




Les rendez-vous laïques et féministes

Vendredi 21 septembre

Rencontre-débat organisée par la Société de défense des laïques non-croyants, non-croyantes et athées
Bourse du Travail de Saint-Denis
Lier le combat social et le combat laïque
avec Bernard Teper, président de l’Ufal

Samedi 22 et dimanche 23 septembre

Bonjour,
je reçois votre newsletter qui me semble très intéressante. Je suis organisatrice d’un festival féministe de documentaires à Arcueil qui aura lieu les 22 et 23 septembres prochain et je me demandais si vous auriez été intéressés à l’annoncer dans votre agenda et/ou dans votre newsletter.
Voici les coordonnée du site si vous voulez plus de précisions :
www.resistancesdefemmes.org. vous pourrez voir le programme qui sans doute vous apparaîtra dans l’esprit de riposte laique (cf « le voyage de nadia, Love and Words are politics, condamnées au mariage,..) Merci d’avance Cordialement Sandrine pour le festival Femmes en resistance Femmes en resistance à l’enfermement les 22 et 23 septembre à la salle Jean Vilar d’Arcueil.
www.resistancesdefemmes.org

Jeudi 27 septembre

Rencontre autour du livre de Simon Archipenko

Simon Archipenko, collaborateur de Riposte Laïque, est l’auteur d’un essai politique pour le moins décapant.
Engagé dans la vie de la cité depuis des décennies, ce militant patriote, laïque et républicain brosse un portrait sans concession de la société actuelle. L’obscurantisme est dénoncé comme il se devrait. La bien-pensance libérale et compassionnelle bo-boïsante en prend pour son grade.

Voilà un ouvrage qui tombe à point nommé. Ici, pas de langue de bois, pas d’autocensure, pas de mollesse dans les propos. Mais une totale liberté de ton qui surprendra, choquera même les plus habitués aux discours creux de l’intelligentsia.

L’esprit libre qui écrit ces lignes n’a pas pour ambition de nous endormir, ou plutôt de nous laisser dans cette douce obscurité qu’on nous fabrique. Au contraire, c’est un féroce appel au réveil des consciences. Pour se remettre à vraiment penser par nous-même, ciment de toute humanité.

« Et si on rallumait les Lumières ? » nous suggère-t-il avec insistance. Après avoir lu cet essai, difficile de ne pas le vouloir.

Cet ouvrage est déjà reconnu. L’auteur est invité à la fête du livre de Saint Etienne, l’une des plus importantes manifestations dans ce domaine.

Une rencontre autour de son ouvrage se déroulera à Lyon le 27 septembre de 18h à 21h à l’Escalier rue de la Platière dans le 1er. Les lecteurs de Riposte Laïque y sont cordialement invités.

Eclats républicains
Simon Archipenko
Editions de Montchalin
262 p. 18 €

Lucette Jeanpierre

Vendredi 28, samedi 29 et dimanche 30 septembre

Congrès 2007 de l’ALPF à Nice au CLAJ, ou Clairvallon, Relais international de la jeunesse, 23 avenue Scudéri, 06100 Nice.
L’ALPF (Association des libres penseurs de France) s’est créée il y a une douzaine d’années pour regrouper les partisans de la laïcité en dehors de tout sectarisme et de tout patriotisme de parti, afin de dénoncer les atteintes à la laïcité portées depuis plusieurs années par les gouvernements de gauche et de droite, et de chercher les moyens d’y répondre efficacement. Pour cela, l’ALPF est indépendante de tout parti politique, ses militants peuvent adhérer au parti de leur choix ou se tenir à l’écart de la politique, mais ils gardent leurs idées et ne font aucun prosélytisme particulier dans le cadre de l’association. Le but, en effet, est de rassembler le plus grand nombre de laïques pour tenir tête à l’offensive obscurantiste, il faut donc que les nombreuses associations laïques existantes puissent se rassembler, discuter en toute liberté, et agir en évitant les dissensions internes. L’unité dans la diversité, c’est ce que nous cherchons. La division est notre pire ennemi.

Le congrès commencera par un dîner au CLAJ et une conférence suivie de débat, le vendredi 28 septembre à partir de 19h. A 20h 30, la conférence sera prononcée par Jean-Paul Scot, auteur du livre « L’Etat chez lui, l’église chez elle », sur le thème : « La laïcité en danger ».
Le samedi 29 sera consacré aux débats en commissions, aux comptes- rendus des commissions en assemblée générale, et à la synthèse de tous ces textes. Les sujets de discussion de chaque commission ne sont pas encore fixés. La journée se terminera par un « repas festif »
auquel nous souhaitons qu’un grand nombre d’amis participent. Le dimanche 30 au matin se réunira (toujours au CLAJ) le bureau de l’Union Mondiale des Libres Penseurs (UMLP) dont le président actuel est un Français, Louis Roger, de Brest.

Pendant ce temps, nous recevrons les organisations amies et les personnalités invitées, qui pourront s’exprimer publiquement et prendre part au débat. Tout cela sera suivi d’un point de presse. L’après-midi, élection du nouveau CA et première réunion de cette instance. Pour s’inscrire au congrès, il faut donner son nom au bureau du CLAJ, et indiquer les repas que vous prendrez avec les congressistes. Si vous n’êtes pas domiciliés à Nice, vous pouvez également vous inscrire pour des nuitées au CLAJ, dans des chambres pour huit à dix personnes (150 places disponibles).
Fraternellement à vous, salutations laïques et anticléricales.

Antoine Thivel




Riposte Laïque, cela marche bien

Voilà donc le numéro trois, quinze jours après l’envoi de notre premier numéro. Nous tenons le cap que nous nous sommes fixé : un numéro par semaine, pas plus de quinze papiers, de préférence pas trop longs, en publiant prioritairement des textes de la rédaction, et des contributions de lecteurs. Le nombre de nos abonnés progresse chaque jour, nous avons déjà dépassé les 10.000. Je parie un restaurant à n’importe quel lecteur que nous aurons dépassé les 20.000 avant la fin de l’année.

Il faut croire, en effet, que les deux premiers numéros ont répondu à une attente. Nous sommes submergés de contributions, auxquelles nous mettons un point d’honneur à répondre. Au-delà des injures classiques, fort peu nombreuses par ailleurs, nous avons également des critiques, émises, amicalement, par certains de nos amis, qui pensent qu’en attaquant aussi vigoureusement l’extrême droite islamiste, nous sortons des travées habituelles du combat laïque. C’est bien évidemment un débat de fond, que nous n’occulterons pas.

Mais l’énorme majorité de vos écrits, au contraire, nous encourage à continuer nos publications dans l’esprit des deux premiers numéros, en maintenant le cap d’un journal ouvert, indépendant, refusant tout sectarisme et tout clivage inutilement diviseur pour la cause laïque. De nombreux lecteurs, se reconnaissant dans les valeurs de la gauche, nous disent leur remerciement de voir enfin écrit noir sur blanc ce qu’ils ressentent depuis des années, mais n’osent exprimer, de peur de se faire traiter de racistes, ou de supporters de Le Pen ou Villiers.

Nous entendons démystifier le discours désastreux et culpabilisateur de toute une gauche compassionnelle et d’une extrême gauche communautariste qui, depuis des années, stigmatisent les laïques et les républicains, et pervertissent le combat anti-raciste. Aucun des rédacteurs de ce journal n’a de leçons à recevoir sur le combat anti-fasciste, ou le combat contre le racisme. Tous ont participé, d’une manière ou d’une autre, à la lutte contre le Front national et ses thèses. Nous n’oublions pas qu’il y a trente ans, en France, des fous de Dieu mettaient le feu à un cinéma, tuant une personne, et qu’il y a dix ans, des commandos anti-IVG terrorisaient les femmes qui voulaient avorter, dans les hôpitaux.

Mais aujourd’hui, dans ces mêmes hôpitaux, ce sont plutôt d’autres intégristes qui défraient la chronique, en refusant que leur femme soit examinée par un homme, parfois en agressant le personnel. Aujourd’hui, en France et dans toute l’Europe, les sociétés civiles, à de rares exceptions comme en Pologne, ont imposé un rapport de forces qui a mis l’Eglise catholique sur la défensive. L’offensive réactionnaire vient d’ailleurs, elle est menée par les islamistes. Elle est surtout tournée contre les citoyens de culture arabo-musulmane qui veulent s’émanciper de l’obscurantisme et vivre comme des citoyens européens. Ce sont les laïques, les féministes et les progressistes, qui, dans plusieurs pays européens, sont menacés de mort, et doivent vivre sous haute protection policière, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

C’est pourquoi nous préférons donner la parole à des personnes comme Mohamed Sifaoui, dont vous lirez dans ce numéro une passionnante interview, recueillie par Pierre Cassen, réalisée pour Riposte Laïque. Ce n’est pas nous qui, tels ces dirigeants d’Attac en 2003, déroulerons le tapis rouge à Tariq Ramadan, invité d’honneur d’un FSE qui restera une des grandes hontes du mouvement altermondialiste avec celui de Londres, deux ans plus tard. Ce n’est pas nous qui, tel ce député UMP, Grosdidier, réclamerons l’extension du statut cultuel d’Alsace-Moselle à la religion musulmane ; nous voulons au contraire mettre fin à cette insupportable exception de la République une et indivisible.

Nous ne ferons pas davantage partie de ceux qui sont prêts à abandonner une citoyenne courageuse, Fanny Truchelut. Seule, elle a pris la décision de refuser, dans son gîte, l’entrée à deux femmes qui ne voulaient pas retirer leur voile dans les parties communes. Nous espérons, à travers l’article d’Anne Zelensky, convaincre les hésitants que la priorité est d’infliger une défaite aux petites soldates prosélytes de l’islam politique.

Nous vous recommandons enfin, sans que cela ne soit restrictif, l’article de Christine Tasin sur la défense du statu quo pour les jours fériés, celui de Jocelyn Bézecourt, qui, avec sa plume acérée, dit ce qu’il pense de la pression du ramadan, celui de Pierre Baracca qui continue sa réflexion sur l’œcuménisme autour des sans-papiers et celui de Guylain Chevrier qui analyse les dessous du squatt d’Aubervilliers et les contradictions du PCF et de toute la gauche anticapitaliste sur la question de l’immigration.

Lisez aussi Mireille Popelin, Jean-François Chalot, Pascal Hilout, des noms que vous retrouverez régulièrement tout au long de nos numéros. N’oubliez pas les réactions de nos lecteurs, et un agenda, les rendez-vous laïques et féministes, qui commence à se remplir. Nous sentons que nous devons nous améliorer, mais qu’il nous faut garder ce style, et ces axes.

Riposte Laïque est déjà sollicité, à plusieurs niveaux : écriture d’articles sur la laïcité, conférences sur la laïcité, réunions publiques, invitations à des congrès, contacts téléphoniques. Notre appel pour nous aider à faire face à nos dépenses, en demeurer indépendants, en ne devant rien à personne, si ce n’est à nos lecteurs, nous ont valu les arrivées d’une quinzaine de chèques de soutien, qui vont faire des petits, nous en sommes certains. Des sites amis, que nous remercions, parlent de nous, diffusent nos articles, font des liens avec notre site.

Pendant les deux prochains numéros, nous amènerons bien sûr tout notre soutien à Fanny. Ce jugement sera un test pour toute la société française.

Riposte Laïque, avec votre aide, aimerait déléguer un envoyé spécial, pour vous faire connaître le déroulement d’un procès ô combien symbolique, le 2 octobre prochain, à Epinal. Dans l’avenir, si nous en avons les moyens, nous aimerions couvrir des événements importants, en France ou à l’étranger.

Même si nous ne pouvons pas publier tous les articles qui nous parviennent, ni ouvrir aujourd’hui un site de discussion qui nous demanderait trop de temps pour le gérer (nous sommes tous bénévoles et salariés par ailleurs), n’hésitez pas à nous écrire, à nous faire parvenir des adresses, à inviter un de nos collaborateurs à vous proposer un article pour une revue, une intervention sur un thème, etc. Passez une bonne semaine, lisez-nous, et faites nous lire.

N’hésitez pas à nous envoyer vos soutiens à « Riposte Laïque », 81, rue de Bernardy, 13001 Marseille

Contact : ripostelaique@orange.fr

Site : [www.ripostelaique.com->www.ripostelaique.com]




Défendre celles et ceux que les islamistes traînent devant les tribunaux

Pourquoi avoir choisi d’écrire les éditos sous le nom de Cyrano ? Parce qu’il incarne, à notre avis, les valeurs que nous défendons à Riposte Laïque.

Cyrano de Bergerac, libre penseur du XVII° siècle, est un personnage fascinant et d’une étonnante modernité, il a reçu l’enseignement de Gassendi, philosophe matérialiste, tenté par le scepticisme et néanmoins chrétien et il a fait partie des cercles libertins (adeptes du libertinisme, à ne pas confondre avec le libertinage !) qui rassemblaient les individus rétifs à toute règle imposée par la religion, la morale ou la coutume. C’est, également, un écrivain de talent et ses oeuvres satiriques, notamment l’Histoire comique des Etats et empires de la lune, témoignent d’un regard acéré et sans complaisance sur son temps.

Dans ce modèle de pensée libre, après un premier essai raté qui ne le transporte qu’au Canada, le narrateur parvient sur notre satellite et la rencontre avec ses habitants l’autorise à donner libre cours à ses réflexions contre les bien pensants, le clergé et Dieu. Le thème de l’héliocentrisme et de la pluralité des mondes en est le prélude et cette promenade interplanétaire tourne en dérision tout ce qui fait la fortune de l’Église catholique : l’immortalité de l’âme, les jésuites, le cérémonial chrétien qui accompagne la mort, la résurrection, les miracles, la prééminence de l’être humain sur les animaux et les végétaux (grandiose passage où le chou est déclaré l’égal des êtres humains) et allant même jusqu’à démontrer l’absurdité de l’idée de Dieu. L’adresse de Cyrano de Bergerac réside dans le retournement des controverses religieuses en les transposant dans cette société lunaire où sont considérées comme blasphématoires les conceptions défendues par le clergé terrestre.

Enfin, Cyrano doit une partie de sa popularité à Edmond de Rostand qui a excellé à en faire un héros auquel on s’identifie avec bonheur grâce à son panache, sa revendication incessante de liberté et son testament final où il prend à partie ses ennemis de toujours : « Le Mensonge, Les Compromis, les Préjugés, les Lâchetés et la Sottise ! ». Belle déclaration de guerre que nous reprendrons à notre compte dans Riposte Laïque.

Le numéro un de notre journal a été bouclé samedi dernier. On doit vous l’avouer à présent, c’était un pari de fous. Entre le moment où, avec quelques amis issus de Respublica, nous avons décidé de constituer ce nouveau journal, début août, et ce premier numéro, il ne s’est écoulé qu’un mois.

Trente jours, en plein mois d’août, pour former une véritable rédaction, trouver le nom du journal, débusquer un copain qui nous fasse un site sans nous faire payer trop cher le travail énorme que cela a nécessité, contacter un autre ami qui nous propose des logos, régler avec un autre copain de copain le mystérieux problème des listes groupées, trouver les bons articles pour un premier numéro, récupérer un maximum d’adresses auprès des proches, pour que ce premier numéro ne reste pas dans la clandestinité… Nous nous sommes fait beaucoup de cheveux blancs, et nous étions tous un peu fébriles samedi dernier.

Nous avions raison de l’être. Le premier envoi a été particulièrement difficile pour nous, car il faut bien que tout cela se rode.

Certains ont dû le recevoir plusieurs fois, nous nous en excusons auprès d’eux. Pour ce numéro, les mêmes désagréments risquent de se reproduire, car nous n’avons pas fini de contrôler nos listes, et d’en retirer les mauvaises adresses.

Les premiers retours que nous avons sont excellents, la fréquence des visites sur notre site [www.ripostelaique.com->www.ripostelaique.com] l’atteste. Vos réactions nous encouragent également. Certes, un ou deux grincheux nous ont reproché de nous moquer du Pape, ou d’être trop méchants avec les sympathiques islamistes. Mais globalement, nous sentons que l’esprit unitaire et rassembleur de ce journal, allié à une forte détermination revendiquée de défendre les principes laïques et féministes, suscite une énorme attente chez beaucoup de lecteurs.

Nous allons essayer, lors de ce numéro, et des suivants, chaque semaine, d’être à la hauteur de espoirs que nous avons provoqués.

Pour nous, la laïcité, outre le principe de séparation du religieux et du politique, c’est la liberté de conscience, le droit à la libre critique de tous les dogmes, donc de toutes les religions.

Les laïques et les républicains ont été leur cible, notamment dans des journaux comme Le Monde ou Libération .

Nous n’avons pas oublié leurs insultes, leurs procès en sorcellerie, leurs lynchages, quand, depuis la première affaire du voile à l’école, à Creil, en 1989, nous nous opposions déjà, au nom de la laïcité et de l’égalité hommes-femmes, à cette offensive obscurantiste de l’extrême droite islamiste.

Nous n’avons pas oublié les amalgames, les accusations de faire le jeu du Front national, la suspicion d’être des nostalgiques du colonialisme.

C’est d’une partie de la gauche plurielle et bobo, de la mouvance islamogauchiste des « Indigènes de la République », et des associations comme le Mrap de Mouloud Aounit ou la LDH de Dubois-Tubiana, que viendront les calomnies les plus fortes. Ces gens entendaient intimider, en les qualifiant d’islamophobes, tous les citoyens qui s’inquiétaient de voir le symbole de l’oppression des femmes gagner du terrain sur l’ensemble du territoire français.

La bataille de l’opinion, en 2004, lors de la bataille pour une loi contre les signes religieux à l’école, a été gagnée par les laïques et les féministes. L’extrême droite islamiste, qui est capable d’inviter à ses congrès des personnages aussi différents que Noël Mamère ou Christine Boutin, a subi une défaite cinglante et nécessaire.

Pourtant, trois années plus tard, que constate-t-on ? Le nombre de voiles progresse en France, provoquant une exaspération croissante de la population, notamment des femmes.

De plus en plus de mineures le portent. On voit de plus en plus de Belphégor, dont le passage dans les rues provoque un malaise visible chez les passants.

Mais personne n’ose dénoncer la gravité de cette situation, tout le monde préfère fermer les yeux, de peur d’être traité d’intégriste laïque, ou de raciste.

Robert Redeker a dû vivre cloîtré de longs mois, et voit aujourd’hui son existence bouleversée à jamais suite à un article paru dans « Le Figaro ».

L’hebdomadaire Charlie Hebdo a été trainé devant les tribunaux par toutes les composantes du Conseil Français du Culte Musulman, emmenés par Boubakeur et l’UOIF. Quant à notre ami Mohamed Sifaoui, il vit depuis quatre ans sous haute protection policière, comme nombre de ceux qui, en Europe, sont victimes des menaces des islamistes.

En France, une femme, Fanny Truchelut, propriétaire d’un gîte, dans les Vosges, sera traînée devant les tribunaux, le 2 octobre prochain, à Epinal. Son crime ? Avoir demandé à deux femmes de retirer leur voile, dans les lieux communs de son gîte, pour respecter les autres locataires.

Laurence Bonzani, directrice d’une école dans l’Essonne, a, elle, demandé à une mère, lors d’un accompagnement scolaire, de retirer son hijab. Elle est, elle aussi, accusée de racisme, et poursuivie devant les tribunaux par le procureur de la République, encouragé par les verdicts de la Halde. Pourtant, notre amie Michèle Vianès montrait, dans notre numéro un, qu’ils n’ont aucune légitimité dans nos principes républicains.

Nous avons rencontré Fanny, et discuté avec Laurence. La première n’est pas une militante, la seconde l’est chez les Verts.

Ce sont ces deux femmes progressistes, très attachées, chacune avec leur parcours, aux principes de l’égalité hommes-femmes, qui se retrouvent traînées devant les tribunaux.

Et qui dépose plainte ? Des militants islamistes qui montent des provocations. Eux qui n’ont pas un mot contre les dictatures et la tyrannie religieuse dans les pays où leurs amis sont au pouvoir. Ils sont trop souvent soutenus par des forces qui consacrent leur énergie à cracher sur la République et la laïcité, qu’ils présentent de manière récurrente comme liberticides et racistes. C’est une partie de la gauche qui relaie l’offensive d’une extrême droite politico-religieuse. On croit rêver !

Laurence, dans son malheur, a la chance d’être syndiquée, d’avoir des structures. Mais Fanny est seule.

Les uniques appuis qu’elle a reçus, à ce jour, se situent, outre quelques contacts amicaux avec notre réseau, au niveau de l’extrême droite.

Ces deux femmes ont besoin de soutien. A travers leurs deux cas, c’est toute la société française, et ses lois, qui sont interpellées. On ne peut laisser la seule extrême droite occuper ce terrain, sur des bases qui ne sont pas les nôtres.

Quelque chose ne va pas dans ce pays si c’est Fanny et Laurence qui sont poursuivies par le procureur de la République, sur plainte de militantes zélées de la cause du voile en France.

Riposte Laïque ne fera pas dans le « politiquement correct », ni dans le « laïquement correct » qui conduit, dans les faits, certaines bonnes âmes à ne pas bouger. Nous serons, comme ce fut le cas lors de ce qu’on a appelé « l’affaire Redeker », sans aucune réserve, sans aucune faille, derrière ces deux femmes, et nous espérons susciter le soutien le plus large possible autour d’elles.

L’heure n’est pas au sectarisme, ni à la division des laïques, ni aux grands discours incantatoires qui renforcement des clivages qui ne font qu’affaiblir notre camp. L’heure est au soutien et à la solidarité, car ces deux affaires sont révélatrices.

Tous les pays européens sont confrontés à l’offensive du voile islamique, et au détournement des valeurs démocratiques que les fondamentalistes tentent de nous imposer.

Dans l’Hexagone, les Eglises, cautionnées par l’Union européenne, où le Vatican est influent, rêvent d’en finir avec le modèle laïque français.

La loi de 1905 est aujourd’hui menacée par des propos d’Alliot-Marie, encouragée par Sarkozy.

Riposte Laïque n’a pas vocation à devenir une nouvelle association, qui ajouterait de la division à la division, et de l’éparpillement à l’éparpillement.

Nous nous contentons d’être un média laïque unitaire d’information et d’action, qui informe et mobilise nos lecteurs, que nous espérons de plus en plus nombreux.

Nous avons, de par nos expériences militantes, un réseau solide, en France, en Europe et dans le monde. Mais nous comptons sur nos lecteurs pour informer, et nous proposer des articles si le sujet leur paraît important. Nous voulons publier en priorité les papiers issues de la rédaction, et de nos lecteurs.

Nous n’avons aucun soutien politique. Nous avons monté ce journal, quels que soient nos engagements, indépendamment de toute association.

Nous avons la laïcité chevillée au corps, nous ne voulons pas vivre dans un pays où elle serait sur le recul. Nous ne voulons pas que le communautarisme, religieux, s’impose en France. Nous ne voulons pas de la dictature des bandes dont on parle parce qu’elles ont réglé leurs comptes dans Paris, et dont on tait les agissements quand ils ont lieu dans les quartiers populaires.

Nous considérons que la multiplication du nombre de voiles, constatée sur le territoire, est une agression contre toutes les femmes, mais aussi une insulte à l’égalité entre les sexes.

Nous ne voulons pas du modèle anglo-saxon que l’Union européenne veut nous imposer. Nous sommes attachés au modèle laïque et solidaire de la République, une et indivisible.

Si vous partagez ces idéaux, et voulez contribuer au succès de notre journal, faites-nous connaître, faites le circuler, abonnez des amis qui partagent notre combat.

Si enfin, vous souhaitez contribuer à ce que nous ayons des moyens militants, dont nous sommes aujourd’hui dépourvus, vous pouvez nous envoyer des chèques de soutien (nous avons reçu les premiers dès mercredi) à Riposte Laïque, 81, avenue Bernardy, 13001 Marseille.

Bonne lecture, et à la semaine prochaine.

Nous écrire : [ripostelaique@orange.fr->ripostelaique@orange.fr]

Notre site : [www.ripostelaique.com->www.ripostelaique.com]




Les rendez-vous laïques

MARDI 11 SEPTEMBRE

MOUVEMENT POUR LA PAIX ET CONTRE LE TERRORISME

A Paris PROGRAMME DE LA CONFÉRENCE DU 11 SEPTEMBRE 2007

1 – LE DROIT FACE AU TERRORISME (10 h – 12 h)
L’urgence d’imposer une définition
La nouvelle donne des attentats « suicides »
La défense des droits des victimes d’attentats : Droits bafoués tant que les terroristes et leurs commanditaires jouissent de l’impunité. Avec :
Evelyne Guzy, coauteur de « Attentats suicides, le cas israélo-palestinien »
Malka Marcovich, consultante internationale, auteure d’un rapport pour la LICRA sur le *Nouveau Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.
Claude Moniquet, Président de l’ESISC
Richard Rossin, auteur de » Noces à Canaan »
David Ruzié, Professeur Émérite de Droit International
François Zimeray, avocat auprès de la CPI

2 – LE TERRORISME CONTRE LES LIBERTÉS (13 h – 15 h)
Menace sur nos libertés d’expression et de communication
Chantage qui incite à l’autocensure et à la lâcheté. Conséquences du terrorisme :
mesures sécuritaires qui restreignent nos libertés
suspicion au quotidien qui détruit le vivre ensemble et favorise le racisme. Avec :
Pierre Cassen, animateur de Respublica (2003-2007), fondateur de Riposte Laïque (2007).
Jocelyne Clarke pour l’UFAL (Union des Familles Laïques)
Josiane Sberro, représentante de Primo Europe
Dominique Sopo, Président de SOS Racisme
Michèle Vianès Présidente de Regards de Femmes
un représentant du Bureau Laïque International
et peut-être une participation surprise …

3 – S’UNIR CONTRE LE TERRORISME ET LES TERRORISTES (15 h – 17 h) Le rôle de la société civile Constitution de l’alliance internationale contre le terrorisme ; Avec : – Huguette Chomski Magnis, Présidente du MPCT
Cherifa Kheddar, Présidente de Djazairouna (Algérie)
Samia Labidi, Présidente de AIME (d’Ailleurs ou d’Ici Mais Ensemble)
Philip Spencer, Représentant de United Against Terror (Grande-Bretagne)
un représentant de AVT (Asociacion Victimas del Terrorismo, Espagne)

L’entrée à la conférence sera gratuite mais se fera strictement sur invitation. Réservations ouvertes dès maintenant Renseignements, demande d’invitation : Mail : mpctasso@aol.com – Téléphone 06 66 26 42 23
Rassemblement en hommage à toutes les victimes d’attentats à 19 h au Mur de la Paix (Champ de Mars)

VENDREDI 21 SEPTEMBRE

Rencontre-débat organisée par la Société de défense des laïques non-croyants, non-croyantes et athées

Bourse du Travail de Saint-Denis

Lier le combat social et le combat laïque

avec Bernard Teper, président de l’Ufal




Mardi 11 septembre 2007, 10:00

MOUVEMENT POUR LA PAIX ET CONTRE LE TERRORISME

A Paris
PROGRAMME DE LA CONFÉRENCE DU 11 SEPTEMBRE 2007

1 – LE DROIT FACE AU TERRORISME (10 h – 12 h)
– L’urgence d’imposer une définition
– La nouvelle donne des attentats « suicides »
– La défense des droits des victimes d’attentats : Droits bafoués tant que les terroristes et leurs commanditaires jouissent de l’impunité.
Avec :
– Evelyne Guzy, coauteur de « Attentats suicides, le cas israélo-palestinien »
– Malka Marcovich, consultante internationale, auteure d’un rapport pour la LICRA sur le *Nouveau Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.
– Claude Moniquet, Président de l’ESISC
– Richard Rossin, auteur de » Noces à Canaan »
– David Ruzié, Professeur Émérite de Droit International
– François Zimeray, avocat auprès de la CPI

2 – LE TERRORISME CONTRE LES LIBERTÉS (13 h – 15 h)
– Menace sur nos libertés d’expression et de communication
– Chantage qui incite à l’autocensure et à la lâcheté.
Conséquences du terrorisme :
– mesures sécuritaires qui restreignent nos libertés
– suspicion au quotidien qui détruit le vivre ensemble et favorise le racisme.
Avec :
– Pierre Cassen, animateur de Respublica (2003-2007), fondateur de Riposte Laïque (2007).
– Jocelyne Clarke pour l’UFAL (Union des Familles Laïques)
– Josiane Sberro, représentante de Primo Europe
– Dominique Sopo, Président de SOS Racisme
– Michèle Vianès Présidente de Regards de Femmes
– un représentant du Bureau Laïque International
– et peut-être une participation surprise …

3 – S’UNIR CONTRE LE TERRORISME ET LES TERRORISTES (15 h – 17 h)
Le rôle de la société civile Constitution de l’alliance internationale contre le terrorisme ; Avec :
– Huguette Chomski Magnis, Présidente du MPCT
– Cherifa Kheddar, Présidente de Djazairouna (Algérie)
– Samia Labidi, Présidente de AIME (d’Ailleurs ou d’Ici Mais Ensemble)
– Philip Spencer, Représentant de United Against Terror (Grande-Bretagne)
– un représentant de AVT (Asociacion Victimas del Terrorismo, Espagne)

L’entrée à la conférence sera gratuite mais se fera strictement sur invitation.
Réservations ouvertes dès maintenant
Renseignements, demande d’invitation :
Mail: mpctasso@aol.com – Téléphone 06 26 66 42 23
Rassemblement en hommage à toutes les victimes d’attentats
à 19 h au Mur de la Paix (Champ de Mars)




« La laïcité, un choix résolu de sens de l’histoire. »

1- La laïcité, enjeu de nouvelles conquêtes de droits pour les peuples.

La laïcité, comme projet politique, économique et social, est sans aucun doute le grand enjeu de ce début du 21e siècle, face ; à la montée en puissance des intégrismes tel qu’en Turquie avec l’élection du premier président islamiste de ce pays ; à l’accroissement des inégalités, alors que le dernier rapport de la FAO explique (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) que la pauvreté continue de se développer dans un monde de plus en plus riche, richesses entre les mains de quelques-uns, avec 854 millions de personnes sous-alimentés sur la planète ; à la crise de la démocratie qui ne semble être qu’une fausse bonne conscience mise au service d’une logique mondiale soumettant aux pays riches les pays pauvres ; à la guerre devenue l’instrument de remodelage d’un monde unipolaire sous la houlette d’une Amérique dominatrice et agressive. Les projets du capitalisme mondialisé ne laissent pas de doute, cela devrait continuer, à moins que les peuples sérieusement ne s’en mêlent.

Le rejet de la Constitution européenne en mai 2005 a été un bel exemple, en France, de réaction du peuple face à ce mouvement. Il a alors été porté un coup essentiel au projet politique qui se cachait derrière ce projet constitutionnel, à savoir, faire passer à l’Europe politique le cap qui lui manquait afin qu’elle joue pleinement son rôle de superstructure de la mondialisation sur le vieux continent européen. Si elle avait été adoptée, elle aurait été sans aucun doute le déclencheur d’une accélération de la remise en cause des acquis sociaux, des services publics et d’une dérégulation du rôle de modérateur des Etats-Nation vis-à-vis d’une économie de plus en plus libérale. Cet acte de haute valeur historique, matérialisant la voie du peuple jusqu’alors inaudible, n’a pas trouvé malheureusement à se concrétiser dans une représentation politique porteuse d’un projet nouveau à la mesure du coup ainsi porté au capitalisme, de la colère et du désir de révolte, de changement, qui y étaient sous-jacents.

A gauche, c’est la confusion et l’absence de tout projet remettant en cause sérieusement l’omnipotence du libéralisme, aucune alternative construite au capitalisme n’est à l’ordre du jour y compris au Parti communiste empêtré dans ses contradictions entre le désir rêvé d’être révolutionnaire et un « réalisme » électoral qui le mine, toujours prêt à gouverner avec un PS gestionnaire du système. La crise du politique, c’est-à-dire de la représentation, continue de saper la vie politique française alors que les intérêts de la nation, du peuple, sont orphelins de toute représentation. C’est le système des partis qui est remis en cause à travers la dérive de la bipolarisation et le discrédit que cette situation jette sur la démocratie.

Pendant ce temps, la droite au pouvoir gouverne ainsi sans complexe, sous le signe de l’ouverture dont la confusion est rendue possible grâce à l’état de la gauche précité. Elle mène une attaque frontale contre le monde du travail alors que 68% des Français jugent inefficace son action contre la vie chère et en faveur du pouvoir d’achat qui n’a augmenté que de 0,8% en un an selon l’INC (L’Institut national de la consommation). Le Président de la République a choisi l’Université d’été du MEDEF pour présenter sa feuille de route économique centrée sur la baisse des charges et des impôts pour les entreprises et plus de flexibilité pour ceux qui vivent de leur travail. C’est Jacques Attali, ex-conseiller du Président Mitterrand, qui préside à la demande de Nicolas Sarkozy, une commission gouvernementale sur la croissance, une croissance qui selon les patrons ne peut être relancée sans enlever des droits aux salariés. Laurence Parisot, Présidente du MEDEF, qui appelle de ses vœux une réforme du marché du travail, le passage de l’âge de la retraite à 62 ans, la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), entend « faire comprendre et accepter à l’ensemble des Français ce qu’est une politique économique de l’offre » ; autrement dit centrer l’économie sur la libéralisation de la concurrence en tournant le dos à une politique du pouvoir d’achat. Pour elle, il n’est question, face aux règles du capitalisme et de la mondialisation, que de « Jouer le jeu ». Elle déclare, dans un entretien au journal Le Monde, concernant la politique du gouvernement en la matière  : « Le président de la République met la France en mouvement, au niveau de la vitesse du monde », ajoutant même « je dis ‘génial! » (Associated Press, le 29.08.07) Le nouveau Traité constitutionnel européen qui doit être adopté dans notre pays par voie parlementaire et non référendaire, s’inscrit dans cette continuité d’une croissance au service des plus riches réalisée sur le dos des peuples.

Il n’existe pas à ce jour de réponse politique à la hauteur d’un projet de transformation sociale proposant une véritable perspective d’alternative au capitalisme, créant les bases d’une mobilisation des forces populaires que ce soit dans notre pays ou ailleurs, même si des choses intéressantes se mènent en Amérique latine aujourd’hui qui ne sont pas à négliger. Mais est-ce bien étonnant, alors que les espoirs d’émancipation des peuples créés par l’ambition libératrice du communisme ne se sont pas encore remis de sa chute ?

Nous sommes dans une période historique où la question clé est celle de poser un nouveau cadre de pensée et d’action, après cette expérience déchue, à l’exigence de la transformation sociale, et la laïcité est un projet porteur de ce point de vue d’une véritable révolution, préalable et moyen pour un nouveau monde.
La laïcité ne réduit pas son rôle à la question de la citoyenneté, elle n’aurait pas de sens si elle devait rester enfermée dans un modèle politique ignorant les enjeux sociaux, car si elle est politique, c’est que son projet égalitaire est destiné à concerner l’ensemble de la société, les questions économiques et sociales, c’est même par-là que la citoyenneté dont elle est porteuse prend tout son sens. Elle est l’outil par lequel les Etats-Nation représentants réellement leurs peuples, peuvent faire entendre leurs voix sur un même pied d‘égalité, autour des mêmes droits et intérêts communs. Le projet d’une République laïque et sociale est ce cadre premier qui devrait servir de référence à tout nouveau projet de changement de société, et c’est donc dans cette direction qu’il faut travailler, et à l’échelle du monde.

Derrière l’histoire des civilisations se dégage une succession de prises de conscience dont la laïcité est une des formes les plus abouties de l’humanisme, permettant de dépasser la guerre des races, des classes, par la promotion de l’égalité des droits. Elle apparaît ainsi comme la conception des rapports humains la plus prometteuse de paix, à promouvoir, de la façon dont elle le fait, l’égalité. C’est l’incitation à se penser ensemble sans rien renier de nos individualités, origines et différences, mais un espace d’intérêts communs de réciprocité qui féconde l’intérêt général. La laïcité est l’enjeu majeur pour l’homme de la prise de conscience de son potentiel d’évolution, de cette faculté supérieure qui lui est propre à choisir la forme et la conduite de sa société, à donner du sens à son existence à travers une humanité de libertés. La laïcité est donc sous ce jour un facteur de progrès sans précédent appelé à nourrir un nouvel ordre mondial. La laïcité apparaît face à cette situation comme la seule boussole, sans ambiguïté, du combat porteur des émancipations à venir.

2- L’illusion de la défense du droit des minorités comme instrument de résistance à la mondialisation.

Ainsi, la laïcité est un combat républicain qui transcende les clivages politiques. Elle semble devoir être naturellement portée par la gauche et est parfois attaquée par elle. Un certain altermondialisme croit voir dans le regain d’un « islam politique » la juste revanche d’un « rejeton du passé colonial » incriminant la république, d’autant que celui-ci se présente biaisement comme en guerre contre l’Amérique. En réalité, ce sont des Monarchies et le capitalisme qui ont fait le colonialisme contre les valeurs profondément humaniste dont est habitée la république. Il croit encore voir dans les revendications du droit à la différence porteuse de la différence des droits un nouvel ordre juste, et même un moyen de résister par le multiculturalisme au libéralisme, alors que ce dernier ne rêve de rien d’autre que des peuples ignorants leur intérêt commun, divisés à l’infini en minorités de droits. Le concept fondateur de l’altermondialisme, « penser global et agir local », se traduit alors par la généralisation des luttes pour l’obtention de la reconnaissance des minorités tournée en fait contre les peuples eux-mêmes.

De la même façon, l’opposition entre le « Nord » riche et le « Sud » pauvre, véritable grille de lecture des relations internationales et de la place de l’immigration dans les sociétés, procède d’une opposition artificielle entre des peuples qui subissent la même logique destructrice et ont les mêmes intérêts de classe. A travers cette idéologie on oppose pour diviser à droite, et à gauche, on se donne ainsi bonne conscience sans rien résoudre. La culpabilité que l’on jette ainsi sur les peuples dit du « Nord riche » où sont amalgamés l’ouvrier et le Nabab, n’est faite que pour nuire à leur capacité de résistance face aux coups portés contre leurs acquis sociaux qui devraient servir de base pour un monde meilleur au « Nord » comme au « Sud ». On va même jusqu’à présenter ceux-ci comme des biens communs honteux, fruits du colonialisme et des profits de l’esclavage, comme si ces fléaux avaient le moins du monde profité au « nombre » alors qu’ils servirent seulement à gonfler les fortunes privées et à faire les carrières politiques de quelques-uns.

C’est exactement dans ce sillon que le capitalisme développe la philosophie de sa domination du monde, celle du sens de l’histoire qu’il veut lui imprimer. Comme le projet de Constitution européenne entendait défendre la reconnaissance des cultures en l’opposant à l’égalité, on veut promouvoir la diversité des expressions culturelles au nom de les protéger, nouvel instrument juridique international. Il s’agit de mettre en œuvre cette idée pour le patronat en la mettant à la main de la mondialisation, en s’appuyant sur la Déclaration universelle de l’UNESCO (novembre 2001) selon laquelle la diversité culturelle doit être considérée comme « un patrimoine commun de l’Humanité », figeant les expériences dans des identités comme si on voulait arrêter les peuples dans l’évolution de leur histoire. On parle ainsi de « mondialisation culturelle ». Comme le MEDEF y invite, « les entreprises ont tout intérêt à s’en emparer dans le cadre de la mondialisation » en mettant en oeuvre « un nouveau style de management international fondé sur la reconnaissance et la prise en compte des différences culturelles » qui « voit le jour dans de nombreuses entreprises » (…) « En intégrant la diversité culturelle dans leurs fondamentaux, les entreprises établissent un lien entre mondialisation économique et mondialisation politique » (le Monde, 29 août 2007). On ne saurait être plus explicite. Derrière une vitrine vertueuse il s’agit en réalité de procéder à la mise en formatage des sociétés sous le modèle du communautarisme qui doit assurer au capitalisme mondialisé la pérennisation de sa domination.

3- Le combat laïque pour l’égalité ressort du sens de l’histoire.

Ce n’est pas en encourageant les replis sur une culture, une couleur ou une religion que l’on construira la résistance et le contrepoids nécessaire à la mondialisation capitaliste actuelle. Peu ou prou, toutes ces oppositions ne servent finalement qu’un dessein, celui de faire écran à la prise de conscience par les peuples des enjeux de classes qui transcendent ces notions d’espaces et ces étiquetages, elles servent à la division de leurs forces qui est crainte, et que la grande idée qui habite la laïcité est seule à pouvoir réunir. Cette capacité, la laïcité la tient du fait de porter l’égalité des droits devant la citoyenneté au-dessus de toutes différences. Il ne s’agit évidemment pas de les nier, mais de leur interdire le pouvoir politique afin qu’aucune ne cherche à prendre le pouvoir contre les autres en imposant dogme et violence, retirant leur fond de commerce aux intégrismes, seule voie pour permette à celles-ci de vivre en bonne intelligence tout en pouvant ainsi évoluer à l’ombre de l’expérience et des émancipations en marches. C’est aussi lutter contre les communautarismes qui tuent le politique par le clientélisme.
On voit tout l’enjeu que doit relever ici la laïcité, car ce n’est qu’à travers elle, comme projet politique poussé jusqu’au bout, c’est-à-dire le projet égalitaire qui est le sien, de proposer aux hommes l’ambition d’être des égaux devant leurs possibles, que les réponses nouvelles trouverons à se dégager. Il faut mettre au centre de la laïcité une démocratie vivante, mettant le bien commun sous le sceau de la souveraineté des peuples, garante de toute chose. Les moyens mis en œuvre dans la lutte pour le bonheur et le progrès doivent être comme l’énoncé du but, en rejetant toute idée de pouvoir autoritaire pour faire le bien des autres contre leur gré, afin de ne pas reproduire les erreurs du passé, y compris l’égalitarisme d’Etat d’un certain communisme niant l’individu dans ses droits. Il faut que chacun puisse accéder à ce qu’il peut prétendre comme part de création, mais cela ne peut se faire sans le ciment de la fraternité, du souci de l’autre comme de soi, comme valeur intrinsèque du monde, car rien ne peut advenir de bon de ce qui est promis d’obtenir contre les autres, à leur détriment. Pour la laïcité, la fin est consubstantielle des moyens, entre libertés collectives et individuelles qui engagent la responsabilité de tous. Il n’y a pas d’humanité viable en dehors de ce paradigme.

La laïcité est un choix délibéré de sens de l’histoire, rien de moins, et il faut être à la hauteur de ce défi. Il y a de ce point de vue des enjeux historiques à préciser, une aventure politique où les choses sont ouvertes. C’est le grand combat à venir de ce siècle qui sera laïque ou qui ne sera pas.

Guylain Chevrier –
Docteur en histoire




Les fantômes de Goya, Milos Foreman, 2007

En 1792, l’Inquisition espagnole pourchasse toujours les hérétiques, preuve que les siècles de persécution passés ont été infructueux. Quelques gravures préoccupent l’Eglise plus particulièrement : c’est la stupéfiante série des Caprichos de Francisco Goya. La nature humaine y apparaît dans ce qu’elle a de plus hideux et les religieux ne sont pas les derniers à être croqués avec acidité : orgueil, agressivité, cupidité, hypocrisie, violence et superstition éclaboussent chaque dessin. L’inquisiteur confie alors au Frère Lorenzo le soin de renouer avec les méthodes du passé : l’application plus fréquente de la question pour déterrer le démon, le juif, l’hérétique.
Terrible observateur des perversions humaines, fin dénonciateur de l’oppression religieuse, Goya ne dédaigne pas, cependant, de peindre les puissants. Le roi et la reine d’Espagne seront portés sur la toile, et la reine y apparaîtra dans toute sa laideur. Tout mérite la perspicacité du pinceau de Goya : la beauté comme la laideur, la mort comme l’enfance, la sauvagerie de la guerre comme la paix d’une fête populaire.
Mais la beauté ingénue d’une de ses jeunes modèles attire la suspicion du Frère Lorenzo et la jeune fille est mise au cachot. Soumise à la torture, elle avouera ce que le prêtre lui ordonne, en l’occurrence être secrètement juive. Et c’est dans l’insupportable validité accordée à un aveu prononcé sous la torture que Milos Forman réalise un coup de maître : il confronte le religieux à la thèse catholique affirmant que si un accusé n’est pas coupable, alors Dieu lui donnera la force d’endurer la « question ». Eh bien soit. Le père de la jeune fille retourne alors l’expérience : le curé est soumis à une brève séance de torture et, finalement, consent à signer une lettre où il avoue être le fils d’un chimpanzé et d’un orang-outang ! La démonstration est faite.
Les fantômes de Goya n’est toutefois pas organisé de façon centrale autour de la personne du peintre, qui agit ici plutôt comme un observateur de la folie de son temps. Et la folie n’est pas que catholique : c’est dans le sang et la destruction que s’opère l’invasion de l’Espagne par l’armée française, bien que motivée par la libération de l’assujettissement à l’ordre ancien (monarchique et catholique). Au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, on tue et on massacre, bref, on « libère » un peuple soumis. L’écho est évidemment immédiat avec l’époque actuelle.
Bien qu’illustré par de très nombreuses oeuvres de Goya, le film n’est pas pour autant un musée. Le peintre est le média, le transmetteur, qui donne à voir la réalité de son temps. Impuissant à changer le cours des choses, le peintre agit toutefois en témoignant. Deux siècles plus tard, son oeuvre continue de fasciner et, surtout, d’effrayer et Milos Forman réussit le défi de cette transmission.

Jocelyn Bézecourt

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Carnet d’un voyageur zoulou dans les banlieues en feu, de Pierre Jourde

En guise d’avertissement, ce livre nous est présenté comme un petit guide à l’usage du voyageur désireux de mieux connaître les mœurs de certaines tribus habitant la périphérie des grandes agglomérations Nubiennes.
La Nubie est une République laïque située sur les bords du Nil où « il y a ce qu’il faut penser et ce qu’on ne peut pas dire ».

L’auteur, qui a fait un travail de recherche pour compléter son expérience de terrain, déclare d’emblée qu’il ne se fait pas d’illusions sur la manière dont son ouvrage sera jugé, d’autant plus qu’en Nubie le mot « réactionnaire », fréquemment usité, tient lieu de verdict et permet, une fois prononcé, d’évincer toute discussion.
A la lecture de ce récit pittoresque nous ne pouvons qu’être fortement intrigués par les us et coutumes d’une partie de la population nubienne issue de l’immigration Belge, venue de Flandre et de Wallonie. Les évènements relatés dans ce guide n’ont rien d’imaginaires, ce sont des faits d’actualité se déroulant dans un pays démocratique où l’information ne connaît aucun arbitrage idéologique. La vision qu’en a le voyageur zoulou nous rappelle toutefois qu’il est toujours bon de s’interroger sur sa propre interprétation des réalités de ce monde.

Imprégnés d’une forte tradition catholique, les Belges, en Nubie depuis trois générations, se heurtent à un certain nombre de problèmes qui rendent de plus en plus difficile la réussite de leur intégration et celle des générations futures.
Parmi ces problèmes il en est un de taille que les autorités Nubiennes font semblant d’ignorer c’est le problème du « jeune Belge ». Ce dernier est rarement qualifié de « Belge » car en Nubie l’emploi de ce mot, comme l’utilisation d’autres expressions taboues, est fortement déconseillé sous peine d’ennuis graves, y compris avec la justice. Dans ce pays, où il vaut mieux surveiller son vocabulaire, on dit tout simplement « une bande de jeunes » voire « des jeunes des quartiers sensibles », formule forte appréciée des journalistes mais qui laisse à penser, au voyageur zoulou, qu’habiter dans un de ces quartiers pleins de sensibilité pousse irrémédiablement à des actes déplacés du genre agressions verbales ou physiques, viols, meurtres ou incendies de poubelles ou de voitures.
Il faut savoir qu’en Nubie, il est admis que la jeunesse et la sensibilité du lieu d’habitation peuvent pousser au crime. Mais pas la « belgitude ». Etre Belge (et jeune mâle de surcroît) rend victime et transforme tout acte délictueux ou comportement violent en expression de souffrance, en appel de détresse, en geste de désespoir, en réaction de révolte revendicative contre une société qui exclut et discrimine.

Le voyageur est invité à visiter les cités des grandes villes nubiennes, ces « territoires invisibles » où les jeunes passent leur temps à « tenir les murs ». Les bâtiments austères, dégradés en permanence par les jeunes désoeuvrés en signe de protestation, sont aussi habités par des travailleurs aux revenus modestes, d’origine Belge pour la plupart, qui se sont adaptés aux codes spécifiques des lieux pour le bien être général. Dans ces quartiers, on vit dans la joie et la bonne humeur. Les braves gens circulent en toute tranquillité, sans sac à main, sans argent, sans portable, sans un mot et sans porter le regard plus loin que le bout de leurs pieds. Ils partagent volontiers les soirées d’animation culturelle organisées en plein air par les jeunes amateurs de nouvelle musique appelée « bourrée belge », ou encore les prestations artistiques rituelles « sons et lumières » avec feu de véhicules et caillassage de pompiers.

Le voyageur, friand de découvertes insolites, doit savoir que beaucoup de jeunes issus de l’immigration Belge sont très catholiques. Il est donc tout à fait normal de voir les femmes porter des grandes chaussettes de laine car cette religion leur interdit de montrer leurs chevilles. Elles portent aussi des jupes plissées bleu marine que certaines se plaisent à rallonger sur les chaussettes à triple épaisseur, histoire d’être mieux considérées et d’échapper aux regards des hommes incapables de réprimer leurs pulsions sexuelles à la vue d’une cheville dénudée. Des intellectuels nubiens, spécialistes des libertés individuelles, expliquent qu’il faut respecter les pratiques culturelles même quand elles vont à l’encontre de l’évolution de la condition humaine. C’est pourquoi il n’est pas étonnant que les jeunes filles nubiennes qui montrent leurs chevilles soient traitées de putains par les garçons belges sans que cela dérange et que les femmes belges pas assez couvertes, ou sortant seules, soient réprimandée, punies, enfermées, violées ou contraintes de porter des chaussettes de laine triple épaisseur.

Il n’est pas étonnant, non plus, que les symboles de la République, l’école et les institutions nubiennes en générales soient l’objet d’attaques répétées de la part des jeunes belges. Ils n’ont d’autres formes d’expression que la pulsion violente de leur désespérance.
Bien sûr, comme personne ne les écoute, personne ne peut les comprendre ! Ce qui leur manque c’est le dialogue avec un grand D. Car la parole résout les conflits, les sociologues nubiens le savent et ne cessent de le répéter. Quand les enseignants dialogueront avec les jeunes, quand les éducateurs dialogueront avec les jeunes, quand les policiers dialogueront avec les jeunes, que les hommes politiques dialogueront avec les jeunes, le problème des jeune Belges sera réglé. Il faut que tout le monde s’y mette de bon coeur ! Que toute la population nubienne rentre en discussions ! Place aux grandes palabres, aux franches camaraderies, aux conversations sympathiques, à la communication de proximité ! Le tutoiement et quelques bourrades viriles, ça ne fait de mal à personne. Après quoi, le jeune pourra retrouver sa bande, les lois de sa bande, les valeurs de sa bande et son territoire invisible. On dira alors que tout va bien et que la Nubie a résolu ses problèmes de banlieues…mais seulement pour un certain temps.

Car Pierre Jourde n’en reste pas là. En guise de conclusion, il rassure le voyageur qui aurait raté les grands incendies rituels de l’automne 2005. « Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, dit il, compte tenu de l’inertie des Nubiens et de l’attachement de ce peuple à ses vieilles coutumes, il est fort probable que d’autres fêtes se préparent, plus belles encore. ».

« Carnets d’un voyageur zoulou dans les banlieues en feu » est un petit régal d’humour satyrique, un pamphlet sociologique sans prétention et politiquement incorrect qui encourage à la clairvoyance. Vous ne trouverez sans doute pas ce livre en tête de gondole des rayons des Fnac. Vous n’en verrez sans doute aucune critique favorable dans Le Monde ou dans Libération. Il est possible même que son auteur soit vilipendé et traité de raciste. Car comme l’explique Pierre Jourde : « il existe en Nubie des mots rituels qui servent à jeter l’anathème sur toute personne qui ne suit pas la droite ligne »…le mot « raciste » en est un. Il est bon parfois de prendre la tangente. Alors mettez vous dans la peau d’un zoulou le temps d’un voyage, une visite éclair dans les banlieues nubiennes de cent six pages exactement.
aux éditions Gallimard (2007)

Brigitte Bré Bayle