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Mosquée de Poitiers : nous avions raison d’alerter les Français dès 2012…

Damien Rieu était au nombre des jeunes militants poursuivis devant le Tribunal Correctionnel de Poitiers pour avoir participé à une manifestation organisée en 2012 sur le toit de la mosquée en travaux gérée par l’Union des Organisations Islamistes de France (UOIF), affiliée aux frères musulmans. Contacté à l’issue des débats, il a bien voulu nous livrer ses impressions.

Damien Rieu


Riposte Laïque : Vous étiez au nombre des prévenus comparaissant le 20 octobre 2017 devant le Tribunal Correctionnel de Poitiers suite à la manifestation organisée par Génération Identitaire en 2012, 5 ans jour pour jour après les faits, sur le toit de la grande mosquée alors en travaux. Comment expliquez-vous un délai aussi long ?

Damien Rieu : La Justice a utilisé des moyens hors normes pour tenter de rassembler le maximum de griefs contre nous, en interrogeant les 73 participants notamment. Cela a pris du temps. Mais nos avocats ont réussi à obtenir la levée des contrôles judiciaires et l’abandon de plusieurs accusations. Tout cela a rallongé la procédure.

Riposte Laïque : Alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer la stratégie de conquête des frères musulmans dont la principale vitrine est l’UOIF (aujourd’hui dénommée « les musulmans de France »), dont l’objectif est d’instaurer la charia (loi islamique) dans notre pays, ces derniers ont pu se constituer partie civile. Les magistrats ont ils exprimé une quelconque désapprobation vis à vis de la démarche de ces islamistes ?

Damien Rieu : Lorsque nous avons révélé, en début d’audience, le vrai visage de l’imam de Poitiers, qui fait la promotion du dangereux prédicateur Yussef Al Qaradawi mais aussi de Hassan Iquioussen et Hani Ramadan, les parties civiles étaient visiblement très gênées. L’imam a ensuite été interrogé par nos avocats pendant une trentaine de minutes. Il a été obligé de condamner certains propos d’Al Qaradawi (on sentait que ça lui coûtait), et d’esquiver certaines réponses assez habilement, il faut le reconnaître. Il a notamment expliqué que l’antisémitisme devait être replacé dans son contexte lorsqu’il s’agissait du conflit israelo-palestinien quand Maître Pichon a évoqué des citations d’une des références de l’imam affichée sur le site de l’IESH. Le procès est aussi devenu celui des Frères Musulmans et de l’imam qui s’est embourbé dans ses contradictions.

Riposte Laïque : Pouvez-vous nous dire quelles ont été les réquisitions du parquet à l’issue des débats, et nous donner votre sentiment à leur sujet ?

Damien Rieu : Le procureur a requis 12 mois de prison avec sursis et 15000 euros d’amende. Un juge objectif ne pourra évidemment pas suivre ces réquisitions : le dossier est complètement vide ! Mais il lui faudra un certain courage pour nous relaxer, la pression va être énorme…

Riposte Laïque : Tout le monde se souvient de l’action militante des Femens en février 2013 ayant fait irruption dans la cathédrale Notre Dame de Paris, pour se dévêtir et scander des slogans hostiles à l’Eglise et au souverain pontif, dégradant l’une des cloches exposées dans la nef. Pour mémoire, les activistes aux seins nus ont été relaxées, et deux membres du service de sécurité ayant mis fin à leurs agissements condamnés à des peines d’amende. Voyez-vous un parallèle entre cette affaire et l’action militante de Génération Identitaire à Poitiers ?

Damien Rieu : La comparaison entre ces deux affaires similaires montre effectivement à quel point les Femens sont protégées par la Justice et les patriotes persécutés. De plus, la cathédrale de Paris était un lieu de culte en exercice, alors que nous avons occupé… un chantier. Nous devrions donc être relaxé le 7 décembre prochain si la Justice est cohérente avec elle-même.

Riposte Laïque : Le traitement judiciaire particulier réservé aux militants que vous êtes influe-t-il sur votre motivation, et dans l’affirmative, de quelle manière ?

Damien Rieu : Notre motivation est toujours là, notamment car la vague d’attentats terroristes islamistes nous a donné raison : nous avions raison d’alerter les Français sur cette question en 2012. Pour certains, le contrôle judiciaire qui s’applique normalement pour des braqueurs ou des accusés dangereux pour la société a été très lourd à vivre, et ce pendant des années. Mais nous avons reçu des milliers de témoignages de soutiens. 

Riposte Laïque : Votre démarche, dont nous avons compris qu’elle s’inscrivait habituellement dans le cadre du respect des Lois en vigueur et qu’elle consiste à alerter l’opinion, atteint-elle selon-vous son objectif ?

Damien Rieu : Nous avons profité de ce procès pour mettre fin au jeu de dupe de l’imam Boubaker El Hadj Amor qui travaillait avec les autorités locales depuis des années. C’est une victoire. Nous avons aussi montré aux Français que la jeunesse était déterminée à se défendre face à la menace islamiste et envoyé un signal d’espoir et de résistance à tous les patriotes. Sur ce plan c’est une réussite.

Riposte Laïque : Pouvez-vous enfin nous donner votre sentiment sur le traitement médiatique de ce procès par les médias traditionnels, en particulier s’agissant de la presse régionale ?

Damien Rieu : La presse n’a pas voulu diffuser les preuves de la radicalité de l’imam de la grande mosquée que nous avons révélées. Il y a une omerta incroyable. Pourtant tout est vérifiable en quelques clics. Les habitants ont le droit de savoir ! 

Propos recueillis par Sébastien JALLAMION




Au sein de ma génération, la rupture est totale, il y a deux camps

banderolepoitiersidentitairesNotre fondateur, Pierre Cassen, a rencontré Damien Rieu, jeune Identitaire, à l’occasion des Bobards d’Or. Celui-ci a accepté de répondre à quelques-unes de ses questions...

Riposte Laïque : Le 20 octobre 2012, 70 jeunes Identitaires créaient l’événement, en occupant, une matinée durant, le toit de la mosquée en construction de Poitiers. Ce samedi, 130 militants de Génération Identitaire ont fait parler d’eux, en bloquant trois ponts, afin d’empêcher les clandestins-migrants d’entrer dans Calais. Quel est ton regard sur cette action, plus de trois ans après Poitiers ?

Damien Rieu : Cela faisait longtemps que nous cherchions à organiser quelque chose à Calais. Nous sommes révoltés par la manière dont les habitants de cette ville sont pris en otage à cause de la faiblesse de nos dirigeants politiques. Mais il ne fallait pas pour autant faire n’importe quoi. Pour que notre action soit efficace et notre mouvement pérenne, nous faisons très attention. Or sur place entre les migrants, les militants No-Borders et les forces de police aussi laxistes avec eux que fermes avec les patriotes, ce n’était pas évident. Je pense que nous avons néanmoins réussi à envoyer un signal fort : si vous refusez de rétablir les frontières nous allons dresser des barricades pour protéger les nôtres. Ce n’est certes pas suffisant, mais comme à Poitiers, nous voulions interpeller l’opinion et donner espoir par l’action à notre camp. Notons également que pour la première fois des cadres politiques du FN ont soutenu publiquement notre action et dénoncé la répression policière gratuite sur nos militants. C’est encourageant.

Sur un plan plus large, nous constatons que les problématiques identitaires sur lesquelles nous travaillons sont malheureusement plus que jamais d’actualité. Cette unanimité était moindre il y a encore quelques années. Mais qui pourrait aujourd’hui décemment condamner notre action de Poitiers avec ce contexte ? C’est peut-être pour cette raison que nous attendons toujours notre procès. L’Etat ne peut pas condamner des lanceurs d’alerte maintenant que nous sommes en guerre contre l’islamisme. Alors il fait traîner les choses depuis 4 ans.

Riposte Laïque : Quatorze jeunes identitaires ont été arrêtés, à Calais. Crains-tu qu’ils subissent le même harcèlement judiciaire que ceux de Poitiers ?

Damien Rieu : Trois de nos militants ont été condamnés à de la prison ferme pour des motifs totalement fantaisistes. En effet, nous avons résisté pacifiquement malgré un usage de la force gratuit et disproportionné de la part de la police, sous les ordres d’un commissaire de Calais particulièrement (et inutilement) agressif. La justice a donc pour l’instant choisit le camp de la fermeté. Cette position ne me paraît pas tenable en appel, surtout avec les vidéos qui prouvent bien que si poursuites il peut y avoir, c’est de notre part. Dans tous les cas, ces condamnations n’ont fait que renforcer notre détermination et l’indignation de l’opinion. Nous avons reçu énormément de soutien.

Riposte Laïque : Ivan Rioufol vient de publier un livre « La guerre civile qui vient ». Toi qui approche la trentaine, penses-tu que ta génération pourra échapper à ce funeste pronostic du journaliste du Figaro ?

Damien Rieu : Je pense que plus personne ne se fait d’illusion sur le futur de la France. Je n’entends plus, même chez les plus extrémistes bobos, de voix nous expliquant « ça va bien se passer vous allez voir ». Tout le monde est conscient que nous allons droit dans le mur, et que le logiciel politique dominant est incapable de nous faire changer de direction. Pour la suite, je suis incapable de faire un pronostic certain. Je ne ferme la porte à aucun scénario. Ce que je sais c’est que dans tous les cas ce sera douloureux. Et je ne m’en réjouis guère. Je ressens en tous cas une polarisation au sein de ma génération. La rupture est totale. Il y a deux camps. Et dans notre société, les quelques déconnectés qui, grâce à leur milieu social ou leur idéologie résistent encore à faire un choix, ne tiendront pas longtemps. Un jeune français de souche sur deux vote FN. Le différentiel avec les aînés est impressionnant. Je ne sais pas ce qui vient, mais ça vient.

Riposte Laïque : Que penses-tu de l’apparente passivité des Français, après les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan ?

Damien Rieu : Je pense qu’ils sont surtout tétanisés. La peur c’était pour les autres. Ils voient bien le problème mais ne savent pas encore comment réagir. On est dans une phase de questionnement et de désillusion. La pression médiatique et le politiquement correct retardent et anesthésient encore un peu. Mais les Français ont changé de cap, c’est le plus important.

Riposte Laïque : Quel est ton regard sur l’état d’urgence, et la politique socialiste, depuis ces assassinats de masse ?

Damien Rieu : Comme l’explique un ancien directeur des RG, l’état d’urgence est une mesure totalement inutile. C’est cosmétique. On rassure, on se montre. Mais cela mobilise des forces importantes qui seraient plus utiles dans l’action qu’en cibles.

Prendre des mesures efficaces serait renoncer au dogme de la bien-pensance. C’est en train de se faire progressivement. Un pas en avant deux pas en arrière sur la déchéance de la nationalité par exemple. J’ai bien peur que l’Etat n’attende les prochains massacres pour enfin réagir comme il faut. Pourtant nous savons tous que les mesures sont faciles à mettre en place. Notre ennemi n’est fort que de notre faiblesse morale et psychologique.

Riposte Laïque : Penses-tu qu’en 2017, une victoire patriote soit possible, et qu’il puisse y avoir, dans ce cas, une transition démocratique ?

Damien Rieu : Il est à mon avis trop tôt pour se prononcer. La victoire face à un candidat du système tel que Juppé me paraît quasi-impossible. Tout va donc dépendre de qui sera l’adversaire au second tour. Du contexte sécuritaire peut-être. Mais aussi de la stratégie, de la capacité, et de la crédibilité du FN qui doit se battre contre le Goliath de la désinformation et les mensonges de ses adversaires. Dans tous les cas, gardons espoir. Tout ne fait que commencer.

Propos recueillis par Pierre Cassen