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Les fabuleuses aventures de Bob le têtard !

De reptation en reptation et de frétillement en frétillement, on le voyait venir de loin, gonflé à bloc, prêt à sauter dans la mare des grands, celle du pouvoir installé où se distribuent les plus belles sinécures. Ce n’était pas la peine de nous dire qu’il était prêt à travailler avec la majorité pour le bien du pays, on l’avait compris depuis longtemps, et Macron certainement aussi. Le maire de Béziers est sur le banc de touche de la République, en équipe B ou C, ou peut-être D, qui sait ! En attendant de faire don de sa personne à la France, Bobby doit se contenter d’un lot consolation : une chronique hebdo sur LCI… Tout ça pour ça !

Et pourtant, Bob le têtard, dit Robert. M, est un rusé, champion de la brasse en eau trouble. Ce qu’il est, il le porte sur son visage, avec le temps tout finit par parler : le ton de voix grinçant, nasillard et emphatique, le regard figé qui regarde l’autre de loin, mais animé d’une émotion surjouée et le sourire rare et retenu, lui donnent cet air de séminariste contrit qui fait son style de donneur de leçons poussif. Bob n’argumente pas, il prêche ; ses adversaires, il les morigène comme des enfants coupables, ils sont dans la faute morale, ils n’adhèrent pas à la vision juste et humaniste du gentil Robert. Ses meilleurs adversaires sont ceux (ou celle) qu’il appelle ses « amis ». Quand Bob vous appelle son « ami », méfiez-vous, car Bob, c’est sa marque de fabrique, soutient ses amis comme la corde le pendu !
Cette marche en crabe, ce sens de la dialectique moralisatrice est un don qu’il a peaufiné tout au long d’un parcours sinueux, de l’extrême gauche anarcho-trotskiste au compagnonnage avec le FN, en passant par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Qui peut dire au fond en quoi Ménard croit ? À son destin, assurément, car il exprime toujours une inébranlable confiance en lui, en dépit d’un charisme pour le moins peu évident. Rien ne l’arrête ; Bob, c’est la revanche du « Petit chose » dans un monde de brutes. La conjonction redoutable d’une éducation chrétienne à l’ancienne (il a voulu être prêtre, dit-on) et du cynisme opportuniste qui façonne les ex-gauchistes et les belles âmes de gauche en général. La morale « progressiste » a détrôné la religion en tant que surmoi du collectif et Tartuffe ne parle qu’au nom des droits humains qu’il trie selon ses humeurs belliqueuses ; éternel moralisateur sans frontières.
Il se repend en contrition larmoyante sur ces pauvres réfugiés qu’il n’a pas voulu voir dans sa bonne ville de Béziers, manipulation opportuniste du sentiment pour se refaire une virginité morale dans le camp des « gentils » qui détiennent le pouvoir. Il oublie bien vite les réalités qu’il dénonçait alors sur la submersion migratoire au détriment des autochtones. Il n’est pas si loin le temps où il demandait, au micro de Jean-Jacques Bourdin, « une réduction massive de l’immigration » : le propos d’un homme mûr, libre et responsable, qui l’engageait moralement dans un combat difficile auprès de ses électeurs en souffrance, et qu’il annihile d’un coup, d’un seul, en fonction des circonstances ! Quel crédit accorder à un tel revirement, qui, simple coïncidence, bien sûr, correspond à son intérêt du moment. « Je ne ferme jamais une porte à l’avance », affirme-t-il, une façon élégante de dire, je suis juste en attente de la bonne occase qui passe ! La chanson de Dutronc a été écrite pour lui.

Le roi des convertis…
Au fond, Bobby est resté ce qu’il a toujours été, un agitateur d’idées qui servent ses intérêts du moment, avec un sens réel du marketing et du lobbying qui lui permet de se mettre en avant, en surfant sur la vague des autres. Proche de Mitterrand dans les années 80, après avoir quitté les eaux troubles du gauchisme militant, il reçoit la Légion d’honneur en 2008 sur proposition de Bernard Kouchner, avant de se faire élire maire de Béziers en 2014 avec les voix du Front National, tout en prenant ses distances avec Marine Le Pen dans les médias, et la dézinguant dans les conversations privées, tout en insistant sur l’indéfectible amitié qu’il a pour elle. Toujours avec ce ton ampoulé et cet air contrit de celui que son exigence de sincérité force à livrer une douloureuse vérité !

Pas rancunière, Marine l’a récupéré dans sa campagne 2022, lui et son soutien distancié. Il faut l’admettre, la séquence électorale 2022 est le chef-d’œuvre politique de Bob, Bob et sa tendre moitié Emmanuelle, puisque les Ménardier ont travaillé en duo sur ce coup. Madame Bob a bénéficié, pour sa réélection de député, du soutien du RN qui n’a pas mis de candidat face à elle. Résultat des courses, elle est largement élue grâce aux voix du RN, dont elle s’empresse de ne pas rejoindre le groupe à l’Assemblée en prenant l’étiquette « Divers droite ». Dans le même temps, Bobby fait sa reconversion sentimentale sur l’immigration, tout en multipliant les appels du pied, de plus en plus appuyés, à l’égard de Macron. Il prend à revers les attentes des électeurs du RN sur l’immigration – électeurs auxquels lui et sa femme doivent leur élection – mais il se rend utile auprès du clan Bleu Marine en devenant un des principaux démolisseurs de son « ami » Éric Zemmour qu’il essaie, avec ce ton de frère prêcheur qu’il affectionne, de sauver de ses dérives extrémistes. Bob s’autoproclame le garde-barrière des limites qu’il ne faut pas franchir. Il se veut désormais roi du juste milieu et de l’ouverture consensuelle et dénonce les méchants extrémistes de tout bord, étant entendu que le gentil, c’est lui ! Autant de messages adressés à Jupiter – depuis son soutien inconditionnel au passe sanitaire et aux vaccins – qui devrait finir quand même par poser son auguste regard sur un serviteur aussi souple et dévoué ! Un joli coup de billard à 3 bandes, dont on attend quand encore le dénouement.

Quelles seront donc les prochaines formidables aventures de Bob le têtard, va-t-il enfin rejoindre le marigot du haut, où les grenouilles peuvent se voir aussi grosses que le bœuf ? Prenons le pari que Ménard peut encore nous surprendre par son habileté à frayer dans les courants porteurs.

Dany Boume

 

 

 

 




Chouette, la gauche Mitterrand est de retour… Merci qui ? merci Joffrin !

L’air vite agacé, le ton sec et le look de prof prêcheur dans le secondaire, Laurent Joffrin, le Schtroumpf grognon du PAF, fort de son air sévère, est bon à admonester les mal-pensants. Il faut dire que son boulot, depuis toujours, est de faire chatoyer les couleurs du progressisme pour les nuls. La tâche devient de plus en plus ardue au fil du temps, car le costume d’Arlequin du progrès en marche s’affiche de plus en plus terne et déchiqueté. Mais Joffrin est porté par la détermination obstinée de ceux qui ne lâchent pas la position à défendre. Il a toujours la bonne explication « vue de gauche ».
Y a un côté ravi de la crèche chez lui, une sorte d’extase soixante-huitarde face aux événements qui dévoilent le progrès qui advient. Durant les événements de l’hiver 86 – qui s’en souvient encore ? – il commentait, béat, la révolte lycéenne qu’il affubla alors du terme générique de « génération morale ». C’est probablement son principal apport à la pensée contemporaine. L’homme est froid, mais, comme tous les ambitieux, il sait feindre l’émotion. La « génération morale », il kiffe, comme il l’écrivait alors dans Libération : « We are the world ». Pour la première fois dans un concert planétaire et médiatique sans précédent, le « nous » l’emportait au pays du « moi je ». Les yuppies policés voyaient sans comprendre vibrer les kids de la solidarité ». C’est beau comme l’antique ! Plus kitch tu meures ! Il y a comme un côté sulpicien dans le poncif joffrinien.

C’est l’histoire d’un mec…
Et c’est ainsi que le jeune Mouchard, dit Joffrin, à l’issue d’une jeunesse passée auprès de la bête immonde, «  l’extrême droite » lepéniste, alla mener une carrière au long cours dans la presse de Gôche qui s’adresse aux esprits évolués. Il y a chez lui comme un air d’Ancien Régime, où les grands du royaume, par droit du sang, se partageaient les charges les plus hautes. Pendant des décennies il a fait des allers-retours entre l’évêché du Nouvel Obs et la baronnie de Libé : ça lui revenait de droit ! La gauche a le goût des traditions et des rituels et elle joue les valeurs sûres. Avec lui, pas de risque de dérapage droitier ou de concessions au réel ennemi. Le doute, ce n’est pas son truc et il donne le ton à sa troupe plumitive. Une journaliste de Libé n’a-t-elle pas réussi l’exploit intellectuel d’expliquer que si les viols et les agressions sexuelles avaient explosé en Suède, un des pays longtemps le plus sûr au monde, c’était surtout en raison de l’élargissement de la définition de la notion d’agression sexuelle*. En clair, un brave Suédois qui siffle une blonde dans la rue fait d’emblée augmenter la statistique des violences sexuelles si la blonde en question porte plainte. En conséquence, ceux qui disent que la courbe de ces agressions sexuelles est corrélée à celle de l’immigration sont forcément des fachos et des salauds : CQFD !

Les historiens du futur se régaleront, dans des temps lointains, quand ils analyseront les contenus (les « cons tenus », dirait Lacan) que la presse « progressiste » vend à ses lecteurs face au réel que l’histoire (avec un grand H), aura fatalement dévoilé. On rigole bien aujourd’hui des esprits obscurs qui pensaient que la fin des temps arriverait en l’an 1000, ou des esprits lettrés qui écrivaient de savants traités de démonologie pour expliquer comment les sorcières pouvaient voler sur des balais ou copuler avec le diable ! Désormais, les lecteurs de Joffrin, tout en rêvant d’un monde cool où tout le monde il est gentil, tout le monde il est beau et fraternel (que des différences qui nous enrichissent !), redoutent la fin du monde, entre réchauffement climatique et montée des populismes. Peut-être que le vélo et le bio sauveront la planète, si chacun se conscientise et se mobilise contre les fachos qui roulent en auto et bouffent des steaks, tandis que des migrants, en quête d’un bonheur légitime à venir, traversent le désert à pied ; salaud de populo !

Retour vers le futur
Face aux dangers du monde nouveau, Joffrin, lui, ne recule pas ; il prend son destin en main. Il abandonne sa seigneurerie journalistique où il pantouflait depuis des temps reculés pour l’arène politique. On dit qu’il travaille pour Hollande, afin de sauver la gauche en 2022. On peut, du coup, raisonnablement dormir tranquille. Chacun franchit les Rubicons qu’il peut. Porté par 150 signataires qui incarneraient la « deuxième gauche », dite aussi « gauche réaliste », son mouvement politique, « Les Engagés », a déjà mobilisé de jeunes talents prometteurs (Hervé Le Bras, Alain Touraine, Laure Adler, Michel Wievorka, Pierre Lescure, Serge Moati…) et des artistes charismatiques (Benjamin Biolay, Denis Podalydès, François Morel, Jean-Michel Ribes, Agnès Jaoui…). Il manque Guy Bedos, pour des raisons indépendantes de sa volonté, et Jack Lang, qui, dit-on, doit compléter sa collection de costards, à l’Institut du monde arabe. Heureusement qu’il y a l’ineffable Mazarine, qui garantit le parrainage posthume de l’ancêtre totémique. La génération Mitterrand, gavée depuis 40 ans des bénéfices du pouvoir, se donne un dernier frisson avant liquidation. Même la gauche de la gauche se gausse de ce come back improbable : Mediapart parle de « synthèse molle » et Mélenchon évoque l’image d’une flottille de « pédalos ». L’opération « gauche réaliste » vous a un je ne sais quoi de la dernière tournée des « Vielles canailles », voire du retour surprise des « Chaussettes noires ». On attend 2022 avec impatience !

Dany Boume

*« La Suède souffre-t-elle d’une épidémie de violences sexuelles ? »,  9 juillet 2017.




Bartolone stigmatise « la race blanche », Valls s’en fout !

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Pour une fois un peu bousculé sur un plateau par une Léa Salamé aux traits fatigués, Manuel Valls, remonté comme un petit lapin Durassell, refuse de répondre à la question de la journaliste qui affiche un air quelque peu agacé. Non, il ne commentera pas la déclaration de Bartolone qualifiant Valérie Pécresse de candidate de « la race blanche ».

Mieux, il se refuse obstinément à condamner, même légèrement, le propos du fanfaron candidat, dont il vante les mérites personnels et le beau projet politique, la seule chose qui l’intéresse lui, le rassembleur de la nation.

Drapé dans sa tunique de brave chevalier entrain de terrasser la « bête immonde », il ne condescendra pas à descendre de son blanc destrier pour s’adonner à de basses polémiques en ces temps tragiques. Le coup de la prise de hauteur altière face à la bassesse du monde est une des plus vieux trucs du politicien faisandé.

L’égérie du samedi soir insiste quand même un peu. L’homme de Matignon, le visage crispé, l’air pincé, les yeux tournés vers le bas et regardant de biais, style traître de série B des années 50, la voix saccadée et la tête agitée de petits mouvements secs, se livre alors à un beau numéro d’enfumage, sur l’air des lampions: Bartolone il est très gentille, il aime beaucoup les pauvres qui se déplacent dans les transports en commun, c’est pas comme la droite qui est très méchante et qui s’attaque à la carte Navigo !

Espèce de général Tapioca à l’œil mauvais, échappé de quelque république bananière oubliée, petit coq nerveux et courroucé, le caudillo du PS laisse toutefois transpirer des fureurs froides à la docteur Folamour ; la « guerre civile », vous dis-je, la « guerre civile », si les Français ne votent pas comme le camp du bien l’exige !

Lassée par tant de d’obstination butée, Léa Salamé, un rien dépitée, après une ou deux relances, laisse filer le verbeux chef de guerre électorale qui se croit assez fort pour, ostensiblement, balayer une question gênante. C’est bien connu, le camp du bien n’a pas à se justifier. Circuler y a rien à voir ! La repentance et les excuses, c’est fait pour les nuls de la droite, lynchés sur la place publique médiatique, puis harcelés, s’il résiste un tant soit peu, comme cette brave Nadine Morano, d’emblée lâchée par les siens. A gauche, comme la mafia, on fait bloc contre le reste du monde et les règlements de compte restent dans le cercle vicié des familles.

Pas facile pour la journaliste de France Inter d’exercer son droit de suite journalistique face à un Premier ministre les nerfs à fleur de peau. Et pourtant, sans essayer de forcer une réponse qui d’évidence ne viendrait pas, elle aurait pu, avec malice, lui poser une question toute simple, dont la non réponse aurait valu tous les aveux et commentaires : et si un candidat de la droite ou du FN, avait déclaré que Bartolone était le candidat de « la race noire » ou bien des arabes de banlieue, Monsieur Valls aurait-il accepté comme seule réponse que ce propos ne méritait pas de commentaire au risque sinon de rabaisser le débat ? Je vous laisse imaginer alors le tsunami d’indignation et de vindicte qui aurait accompagné une telle déclaration.

Elle aurait pu également, avec une mine innocente de circonstance, demander à l’homme qui dans sa bonne ville d’Evry, « riche de sa diversité », cherchait désespérément des « white, des blancos… des blancs quoi ! », s’il n’était tout simplement pas un peu gêné aux entournures pour commenter la « nauséabonde » parole du candidat de la gauche  moraline ?

On se console tout de même comme on peut, ce dérapage obscène aura probablement couté sa présidence au Tartarin du perchoir.

Dany Boume

PS. Voir également la réponse de Manuel Valls à l’interpellation du député Goasguen sur ce scandale.

https://www.youtube.com/watch?v=ErjKuvuSXz0
 




Le prophète Attali veut terrasser la bête hongroise !

attalimmigresDans les  colonnes de l’Express, M. Jacques Attali fulmine contre la Hongrie, coupable de résister à la déferlante migratoire. « C’est la honte de l’Europe », lance l’imprécateur médiatique qui en appelle aux sanctions les plus drastiques contre le trublion de la classe européenne.
A lui, qui verrait bien Jérusalem capitale universelle d’un monde unifié, personne n’osera demander si Israël doit être jeté dans le camp des méchants qui font honte à l’humanité, vu que l’Etat sioniste construit un mur sur sa frontière orientale pour empêcher les migrants de passer et que son fougueux leader maximo martèle qu’il n’est pas question que son pays soit « submergé par l’immigration illégale » ?
Mais M. Jacques n’en est pas à une incohérence près. C’est même sa spécialité, mieux encore, c’est son fonds de commerce.
De l’art du marketing intellectuel
Depuis le début des seventies, il assène, par vagues, des prophéties bidon, qu’il contredit la décennie d’après, avec toujours le même aplomb. Apôtre, en sa jeunesse, de l’anti-croissance, de la socialisation des moyens de production et admirateur de la Chine maoïste, il fait partie de ceux qui nous ont concocté la catastrophe économique et sociale des premières années du règne de Mitterrand.
Pas de quoi décourager notre homme, il est désormais le penseur officiel de la dérégulation, de la mondialisation heureuse et de la croissance salvatrice. Ses talents de visionnaire, toutefois, n’ont pas impressionné les Anglo-Saxons qui l’ont viré, sèchement, de la présidence de la BERD, (la banque censée enseigner l’économie de marché aux ex-pays communistes dans les années 90), pour dépenses somptuaires et injustifiées : prophète, certes, mais certainement pas ascète.
Toujours malin dans ses audaces intellectuelles très calculées, il devient, bien évidemment, dans les années 90, un ardent partisan de la monnaie unique européenne. N’affirme-t-il, dans un débat télévisé, où il se confronte alors avec Marie-France Garaud et Chevènement, que la « France serait foutue » sans l’euro, car seule la monnaie unique lui permettra de faire pièce à la domination germanique sur le reste de l’Europe et lui permettra de jouer un rôle de premier plan sur la scène mondiale.
Bien vu, non ? Vingt ans après, Mme Mémerkel fait la pluie et le beau temps en Europe, la France est à la ramasse et l’Europe du Sud en déroute ! Merci qui..?
Mais, la vérité n’est pas un sujet pour Attali, ou plus exactement, elle est à géométrie variable. Après tout, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas. Son truc à lui, super Mme Irma de l’économie, c’est de mettre en musique l’air du temps, avec un subtil dosage de techno culture et de prophétisme qui lui donne un air savant et visionnaire, et de sortir le bouquin au bon moment pour être le premier dans les starting blocks pour préempter le sujet à la mode. Les journalistes, incultes et complaisants, prennent ce marketing intellectuel pour la pointe avancée de la pensée moderne.
Tout s’oublie si vite. Personne n’ira lui rappeler publiquement la pertinence bouffonne de ses prophéties passées. N’affirmait-il pas en 1990, dans un nième bouquin, que  rien, en Amérique, n’annonce (entre autre chose) « … ni la mise au point de produits nouveaux, ni une volonté commerciale conquérante ». Une sentence balancée à l’aube de la révolution internet qui allait faire des Etats-Unis les maitres de l’innovation technologique et de l’économie mondiale !
Une Diva ombrageuse
Pourquoi se priver, quand tous les plateaux vous sont d’avance acquis et les colonnes ouvertes ? Sur la scène du grand théâtre médiatique, Attali Jacques est un acteur de premier plan. Comme Duhamel, BHL ou Minc, il fait partie, depuis des décennies, de la petite famille des commentateurs tout terrain du royaume des médias.
Et visiblement, il aime ça. Dans la multitude des conférences où il prophétise, il adore être porté par la salle. Le public, bon enfant, rit franchement de ses petites vannes téléguidées qu’il ressort à chaque prestation (Il a un faible pour l’allégorie sur la réunion des alcooliques anonymes au bar à vin du coin et celle du pantalon à une jambe).
C’est un showman qui garde encore en lui la fragilité du premier de la classe pas beau que les filles ne regardaient pas. Quand le public rigole à ses plaisanteries de matheux, il sourit d’un air heureux qui le rend presque touchant.
Mais attention, l’homme n’aime pas qu’on le contredise, il ne supporte que le béniouiouisme. Diva ombrageuse, il fusille du regard, hoquette d’indignation rageuse ou quitte le plateau quand on le contrarie. Naulleau en sait quelque chose, ainsi qu’Onfray qui, grand fou, commit l’impudence de lui dire que ses livres (ceux d’Onfray, bien sûr) étaient peut-être pas bons, mais que lui, au moins, «ils  les écrivaient lui-même » ! On a vu des morts médiatiques pour moins que ça.
Un prophète New-Age au rayon Bien être
Attali, même quand il enfile des perles en agitant les poncifs de la vulgate moderniste, prend un air grave et inspiré qui relève à la foule le génie des profondeurs. Il faut le voir, dans l’émission de Frédéric Taddeï, pontifier sur sa nouvelle philosophie de l’altruisme et de l’ouverture à l’autre comme facteur essentiel de réalisation de soi, avec une rhétorique rabâchée de magazine féminin dans la rubrique bien-être. Tout ça, sous l’œil narquois de Zemmour qui bouillonne sur son siège dans l’attente de planter ses banderilles.
Son look ébouriffé de prophète New-Age ne le libère pas de cet air de supériorité facilement méprisant qui trahit encore la haute idée qu’il a de lui-même. Il pérore avec aisance, mais il ne peut débattre qu’en position de donneur de leçon, bien au-dessus de la bêtise qui l’interpelle. Ses arguments, pense-t-il, foudroie l’adversaire, comme un jet de Bégon vert sur un moustique.
Sa posture de vieux sage apaisé, cache mal les fureurs messianiques qui travaillent son esprit. Le schéma est bien connu, si le monde actuel ne se range pas du côté de la sagesse Attalienne (mon programme pour sauver le monde est en vente dans toutes les bonnes librairies), ses folies égoïstes le conduiront à sa destruction par des guerres apocalyptiques, d’où sortira une poignée de survivants d’élite qui rebâtiront –vivement la gouvernance mondiale- un monde harmonieux et prospère. Un monde attalien en quelque sorte ; débarrassé enfin des méchants hongrois !
Dany BOUME




Cambadélis me fait penser à un caïd de quartier

cambadelis-et-sa-cellule-anti-fnCroit-il vraiment à ce qu’il dit, le Premier secrétaire du PS, quand il parle « de rester unis», de « ne pas jouer sur les peurs» et surtout, surtout, de… « pas d’amalgame », pour commenter, avec « grande émotion », l’horreur terroriste d’un assassinat rituel ? Probablement pas, pas plus que quand il annonce 500000 militants au Parti socialiste pour 2017 !
Il occupe le terrain, il gagne du temps, il calmotte les brèches. Comme tous les repus, il pose son derrière de notable sur le couvercle de la marmite pour la tenir en place ; ni plus, ni moins qu’un Jean-Paul Raffarin, qui, lui aussi, assoit son arrière train sénatorial sur le couvercle qui s’agite, mais ne brûle pas encore.
Envoyons les repeupler nos villages qui se meurent, affirme, patelin, ce Raminagrobis de « La France d’en bas », qui aimerait bien que le peuple mange de la brioche et se taise quand il n’a plus de pain : image bucolique d’un village avec ses gamins joyeux qui jouent dehors, ses vieux tranquilles sur le pas de la porte, ses matrones bienveillantes et ses travailleurs robustes. Mais où est donc passée la réalité gênante de la France de la « diversité », avec ses classes moyennes qui fuient les banlieues proches pour les zones rurales où ils espèrent la tranquillité ?
Son insignifiance, j’ai nommé Jean-Yves Jego, y va, lui aussi, de son petit couplet « humaniste » : que  « l’on instaure des quotas de migrants dans  chaque commune », surenchérit l’homme dont l’avis n’intéresse personne ; que nos manants fassent enfin de la place !  Même les Peaux rouges avaient le droit à quelques réserves rien que pour eux, même si l’on y mourrait beaucoup de bien des misères.
« Parle plus bas… »
Le premier secrétaire du PS, lui, ne s’affole pas face à l’histoire qui gronde. Lippe gourmande et œil malin, un tantinet canaille, Christophe Cambadélis, avait déjà à 17 ans, l’air content de lui et dominateur qu’on lui connait aujourd’hui, la soixantaine bien entamée.
Mitterrand, dit-on, qualifiait le Mouvement des Jeunes Socialistes, « d’école du vice », que dire alors des officines trotskystes, dont les cadres, « tout petits déjà », ironiserait Coluche, apprennent, dès le lycée, l’art  du noyautage et de la manipulation ?  La gauche professionnelle, c’est comme la Mafia, une fois rentré, on n’en sort pas.
Cela va faire bientôt cinquante ans que Camba ne fait que de la politique, c’est-à-dire, vit comme un apparatchik de combines d’appareils, de petites magouilles et de coups tordus. Même son diplôme de doctorat, il l’aurait eu grâce à la politique.
On le dit grand stratège du PS, le Talleyrand des courants, des motions et des congrès ; on a les grands hommes que l’on peut et tout est relatif quand François 0 occupe le pouvoir suprême d’un pays qui se rétrécit mortellement.
Lui aussi se donne des postures de grand homme, saisit toutes les occasions exploitables pour se confronter aux symboles  de la grande histoire et se hisser du col… et ressemble à un acteur pitoyable, doté d’une voix hésitante et d’un regard vide, qui ne maîtrise ni son texte, ni l’ampleur du personnage qu’il est censé incarner ; quand ce n’est pas simplement un orage ou une fiente de pigeon qui lui tombent dessus.
Mister Camba, lui, le temps qui passe lui profite. Hâbleur gominé et jovial, il fait penser au caïd de quartier du Parrain 2, qui, exubérant, menaçant et protecteur à la fois, déguste son pouvoir de domination au milieu d’une foule agitée qui le craint. Il ne voit pas, et n’imagine même pas, la présence du jeune loup affamé qui le traque dans l’ombre pour l’éliminer.
Tant que l’orchestre jouera, ils danseront
Cambadélis ne perçoit pas que l’histoire est tragique, et, si oui, il s’en fout. La place est bonne, et tant que « l’orchestre joue, on danse », déclarait, tranquille lui aussi, un patron de Goldman Sachs à la commission d’enquête qui l’interrogeait, après l’effondrement financier de 2008.
Cambadélis, de l’immigration, il en veut, il en redemande. Le peuple ? Connaît pas, tout le monde il est pareil, tout le monde il est interchangeable. Camba, lui, « l’identité française, il ne sait pas ce que c’est », il ne connait que « l’identité républicaine ». République, que de folies l’on commet en ton nom !
La France doit donc se préparer à accueillir tous les clandestins qui veulent venir, c’est « son destin », diraient les Inconnus. Elle se réalise en s’abolissant elle-même dans le grand tout de la diversité humaine, en quelque sorte. Comme le bourdon qui meurt après avoir fécondé la reine, plus elle se dilue, plus elle se perpétue. L’idée que le peuple puisse souffrir, que  les identités se crispent dans ce magma incertain, qu’elles se repoussent et s’affrontent ne traverse pas l’esprit de ce cerveau bien normé.
Ou alors, ce qui est plus probable, son seul problème à lui, c’est de durer, de durer en tant que membre éminent d’un système de pouvoir qui se fait appeler Parti socialiste. Mauvais procès d’un esprit chagrin de « la France moisie », assénerait Soler ; eh bien souvenez-vous de ce que balançait Jospin en son temps : « qu’est-ce que vous voulez que cela me fasse  moi que la France s’islamise ?». Cela ne s’invente pas !
Combien de temps les Français supporteront cette violence qui monte, sans demander des comptes à leurs dirigeants qui n’ont rien voulu voir, ni entendre ?
Dany Boome




Fessée dialectique pour le pervers narcissique Gardères

fesseeLa liberté d’expression, Riposte Laïque la pratique jusqu’à l’absurde. Fallait-il inviter ou non Nicolas Gardères aux Assises de la liberté d’expression ? A chacun sa réponse suivant son état d’esprit, ou bien celui de sa résistance nerveuse à l’exhibition narcissique !
Personnellement, en dépit de tout, la réponse est oui. L’Homme est ce qu’il fait, avant d’être ce qu’il dit, et Gardères, éventuellement  « à l’insu de son plein gré », comme dirait l’autre, dans son engagement d’avocat, est, quand même,  du côté de la liberté d’expression.
Après tout, quel bel hommage il a rendu à l’esprit de liberté de RL en ayant la certitude qu’il pouvait venir au milieu de ses militants pour les insulter, sans prendre aucun risque pour sa personne. Le seul fait qu’il ait pu, tout tranquillement, faire son numéro  d’imprécateur suffit à soit seul à ruiner sa démonstration. Personne ne prendrait ce risque ailleurs, et certainement  pas chez les écolos et les socialos. Peut-être « gauchiste et libertaire », comme il se dit lui-même, mais certainement opportuniste  et calculateur.
Et puis l’homme, qui balance entre  Jésus Christ et  Nicolas Bedos suivant ses humeurs paradoxales, dans son trip de provocation puérile de prophète inspiré, n’a finalement fait qu’étaler ses béances personnelles. Retournons-lui l’indulgence supérieure dont il nous a gratifiés.
Renvoyer dos à dos des démocrates sincères et des égorgeurs salafistes, sous prétexte que les premiers ne seraient au fond que des racistes haineux,  n’est qu’une posture  de soumission à l’ère du temps. Le racisme, bien sûr, est ce qui permet de diaboliser l’autre. Du stalinisme mental  pur jus, mensonge et mauvaise fois réunis, au nom de l’amour du prochain !
« Nous sommes ses frères, ni plus ni moins qu’uns salafiste », affirme-t-il. Oserait-il pousser le raisonnement un cran plus loin et dire que l’enfant  juif assassiné est son frère « ni plus ni moins » que le SS ? Changer le contexte et la logique tordue de la démonstration éclate comme bulle de savon.
Et moi, et moi et moi…
Délire de l’ivresse de soi-même qui place M. Gardères au-dessus de la mêlée humaine pour distribuer les mauvais points et ramener l’humanité indifférenciée à une pauvre condition où tout est déréliction et  mauvaises passions : « pardonnez-leurs, Seigneur… ils ne savent pas ce qu’ils font, ni même qui ils sont !».
La liberté qu’il nous accorde ne procède au fond que de sa grandeur d’âme. Malgré nos vils instincts et nos basses pensées, il nous concède  tout de  même un droit d’accès «à l’esprit humain,  au logos et à la raison » ; ouf, on l’a échappé belle, un peu plus et on se retrouvait au zoo, département grands singes !
Autant de suffisance pour si peu de substance devient quasiment risible.  Le cabotin fait le beau sans voir son public. Il ne sait pas à  qui il parle, il prête à l’autre  les pensées les plus ignobles, sans voir qu’en réalité il ne fait que parler de lui-même, du rôle qu’il se donne en tant que porteur des « péchés du monde ».
Petite coquetterie du pervers narcissique en représentation ; plus il fustige son « ennemi », plus il lui dit qu’il l’aime, « fils de pute » ! Effet facile garanti, à la Bedos junior. Posture un tantinet sadique  des manipulateurs à la petite semaine qui cherchent à tourmenter  leurs victimes à coup d’affects contradictoires. Désorienter la perception que l’autre a du mal qu’on lui inflige est une petite jouissance perverse qui conforte le pouvoir du manipulateur.
Puisqu’on en est au rayon des perversions – juste retour à l’envoyeur et son «  donjon SM » dont il veut bien nous donner l’adresse, pour qu’on se calme- peut-être, en retour de son agression plus dérisoire que cruelle, voulait-il recevoir une franche et vigoureuse fessée de Christine Tasin ? Cette dernière  n’a pas  tardé, avec la passion qui est la sienne, à lui administrer la vigoureuse correction attendue. « Action/Réaction » !
L’air satisfait et tranquille qu’il affichait ensuite au milieu  d’un public de « fachos » bon enfants, disait assez qu’il avait atteint son but.
Dany Boume
 
 




Le show-biz pense pour nous : merci l'artiste !

TCHOHollandeCotillardLaurentMadonna traverse l’Atlantique pour venir cracher sur notre pays. « Le climat qui règne en France la terrifie », pauvre chérie, elle respire chez nous  l’ambiance des années 30.  Hitler is back in town ! Du coup, la planète média s’agite pour recueillir et commenter les paroles inspirées de la diva, proclamée, c’est vrai, « papesse » de la pop.  C’est plus facile de taper sur  la France que de s’attaquer à  l’agressivité  belliciste des dirigeants de son pays natal. En 2003, elle a remballé vite fait sa petite chanson contre la guerre en Irak et son clip pacifiste où elle s’agitait dans une tenue militaro-pop, face à la vague d’invectives patriotiques qui la clouait au pilori. On ne résiste pas longtemps à la loi des puissants quand on veut rester en haut de l’affiche du show biz mondialisé.  Sur les Français ont peut cogner, apparemment, cela ne perturbe pas une campagne promotionnelle.
Ce n’est pas sûr, que les graves interrogations de Ruquier et de sa bande sur l’opportunité de l’invitation de la star lancée à Marine Le Pen  pour « prendre un verre » et les graves conséquences pour la démocratie française que cette rencontre pourrait provoquer (décidemment le Caron n’en rate pas une !) l’empêchent réellement de dormir.
Business woman redoutable déguisée en chanteuse, surdouée du marketing, elle gère sa carrière avec l’efficacité d’un stratège prussien. Pionnière des chanteuses à sexe dans les années 80, son vrai combat à elle, c’est de surveiller les petites jeunes qui montent et veulent la pousser dehors à coup de surenchère dans la posture sexy. Lady gaga contre lady gâteuse ! On n’en est pas encore là, même si le temps, impitoyablement, joue contre elle. Grande prêtresse du narcissisme contemporain, elle  se donne sans limite pour garder bankable l’image de ce corps, sec,  musculeux, usé et sur-travaillé, qui porte sa légende et qui lutte farouchement contre les effets du temps.  Triste époque.
On est tombé bien bas !
Depuis plus de quatre décennies les acteurs (rices), les chanteuses (eurs)  et les comiques ont  pris le rôle d’animateur du débat « d’idée »,  c’est-à-dire la   mise en scène du fonds sonore et visuel qui forme le substrat de la vulgate politiquement correct. Notre pays est au cœur de la tourmente.
Avec la disparition des  dernières figures  tutélaires  de l’intelligentzia germanopratine et depuis que la France s’est massivement déchristianisée, les people  remplacent le clergé  et l’université en termes de magistère moral et intellectuel, et nous déversent un insupportable préchi-précha de sous doués sous influence.  Tout se passe comme si, les gens les plus incultes, les plus narcissiques, les plus cyniques et faisandés, s’étaient adjugés, au nom de leur « sensibilité d’artiste », le droit exclusif de dire le bien et le mal.
Pas une séquence politique majeure, sans que quelque ex- beau gosse à bedaine vienne  nous dire, sur quelque antenne, combien il ne dort plus la nuit de voir le FN progresser, combien son cœur de GÔCHE souffre que  la gauche l’ai déçu de ne pas être à la hauteur de sa mission salvatrice, combien les politiques y sont pas aussi gentils qu’il devraient l’être, et que c’est pas normal que tout le monde ne soit pas cool et tolérant, riche et bien-portant (vous vous rendez-compte dans la France de 2015 !). Vous avez tous reconnu, suivant les arrivages, le trio de choc des  vieilles  âmes frémissantes : Weber, Arditi, Huster.
Je ne m’attarderais pas sur le second couteau Torreton, idéologue de bazar d’une « gauche divine » en déroute morale, qui, petit commissaire politique sectaire, balançait le coup de pied de l’âne à notre Gérard national quand celui-ci subissait, autour de son exil fiscal,  l’assaut de la meute médiatique, Premier ministre en tête. « Le roquet s’attaque aux grands fauves », lui envoyait en retour le réalisateur Pascal Thomas ; certes oui, mais quand le lion est blessé.
Je n’insisterais pas non plus sur  Bedos, son portrait n’est plus à faire (voire l’article du n° 339). Les médias ressortent opportunément Papy Guy pour  les basses œuvres. Il se ranime alors pour cracher sa haine, ses petits yeux malins tout plissés d’une rieuse méchanceté, surtout pour agresser une femme.  Il fait ses délices vicieux de Nadine Morano et Marine Le Pen.
Heureusement, bouffée d’air frais dans un espace vicié, Lucchini, pitre génial et déjanté, vient parfois cracher quelques vérités qui font tache dans la soupe des repus du système. « Je ne suis pas assez bien, lâche-t-il,  pour être de gauche. Je n’ai pas la hauteur d’âme nécessaire ». Même pas sûr que tous les Trissotins de la bonne conscience « progressiste » saisissent pleinement toute l’acidité comique du propos ?
J’avoue, l’épaisse nullité docile des acteurs et des actrices, des chanteurs et des chanteuses, des comiques, des animateurs et animatrices de tout poil, me poussent de plus en plus à couper le poste. Fini Ruquier et ses tressautements de plaisir à ses propres vannes imbéciles. « On n’est pas couché », c’est vrai, mais ce n’est pas pour s’infliger les enfilades de platitude assénaient chaque fin de  semaine par les «beautiful people » du show biz.
Fini également l’officine de propagande lourde qui fonctionne le soir sur Canal +. Pour notre bien être quotidien on peut s’épargner le spectacle des questions biaisées de journalistes formatés, les vannes frelatées de comiques normalisés et les gloussements suggestifs d’animatrices allumées. Sans oublier, bien sûr,  le petit Barthès et son look d’ado prolongé qui orchestre  avec malice, dans une ambiance djeuniste de circonstance, une entreprise de manipulation politique qui ne fait même plus vraiment l’effort de cacher son jeu.
J’abandonne aussi, parmi les incontournables, le père Ardisson, avec son œil amusé de  viveur blasé  et son sourire canaille en coin, qui rejoue sans cesse, dans son habille noir de scène qui masque une silhouette épaisse, le plan du vieux branchouille qui reste toujours dans le coup.
Ce que tous ces gens-là  pensent du « racisme », de Poutine,  du conflit en Ukraine,  de la guerre en Syrie, du terrorisme (et surtout « padamalgame ! »), de la laïcité,  du réchauffement climatique ou je ne sais quoi d’autre, pas la peine de leur demander… ils «pensent » tous pareils, pas un (ou une) pour racheter  l’autre.  Visiblement, tu ne fais pas carrière, si tu ne penses pas bien ; ou alors, tu la fermes, ou mieux encore, tu te renies.
Regardez ce pauvre Sardou, tentant, tristement, de se faire pardonner son image  de réac indocile qu’il trimballe depuis ses débuts. J’ai chanté « Je suis pour » (la peine de mort), confessait-t-il récemment chez Mireille Dumas, mais, évidemment, j’ai toujours été contre. C’était  juste alors l’occasion de faire un tube  avec un petit parfum de scandale en plus ?
Et que dire de notre mythique Johnny, géant admirable et pathétique à la fois, tant il se bat et s’accroche pour rester le premier ?  Il rugit comme un lion, mais se préserve comme un mouton, en se fondant dans la masse du troupeau. Dans sa jeunesse flamboyante déjà, tout juste après avoir dénoncé les « idées courtes » des « cheveux longs », il allait, sans transition,  poussé par le souffle de la flower génération, reprendre  à son compte l’hymne à la gloire  des hippies de San Francisco.  Lui seul a cette capacité, au grès des modes, de se transformer en n’importe quoi tout en restant toujours le même.
Le triomphe du parti du Cœur
Leur truc à eux les « Artistes », c’est d’ânonner les idées  du jour avec l’ardeur naïve de leur conformisme empressé. Leur arme fatale,  c’est la moraline et le premier degré émotionnel. Ils évoluent dans l’évidence que le système médiatique impose, comme un poisson dans l’eau. Ils parlent au nom des foules sentimentales pour mieux bâillonner le sentiment populaire.
Ils sont tellement contents d’être là, sur l’image des Enfoirés, heureux d’être vus, et de se voir eux-mêmes, dans leur rôle de gentils qui s’occupent des pauvres en déclamant en chœur, béats et satisfaits, leurs fadaises compatissantes. Pénible complaisance du cœur qui s’exhibe. Mais la souffrance du  peuple de France, ils s’en foutent, ils sont eux dans l’universelle «  générosité »  du show médiatique. Et  le mal absolu, nous dit ce grand show, c’est bien sûr le racisme, qui institue une différence indigne  entre les miens et les autres. Mais plus je fais rentrer les autres, plus j’exclus les miens ; mécanique perverse des bons sentiments sur commande que tout le système feint d’ignorer. Quelle émission en vue aura le courage de produire  un reportage sur comment « nos » SDF vivent et ressentent  la cohabitation forcée avec les  Roms sur les trottoirs de nos villes ?
Mais, bonne patte et sans malice, les Français, toujours prêts à s’émouvoir, plébiscitent à 80% les Enfoirés, nous dit un sondage du Parisien. La polémique autour de leur dernière chanson, au fond pas plus stupide qu’une autre, a fait bondir les ventes du CD de 90%.  A  l’heure du tout à la com  et du village mondial, on ne s’oppose pas au parti du Cœur. C’est un combat perdu d’avance.
Dany Boume
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 




Monsieur Barbier Christophe ou la République des petits malins

ChristopheSon écharpe rouge autour du cou, signature un tantinet poseuse, posée sur une silhouette quelque peu étriquée, Christophe Barbier, comme d’habitude, occupe l’écran de sa logorrhée habile. Il est partout, il sait tout sur tout, c’est  du tout terrain garanti ;  à peine le contact  mis, la mécanique démarre au quart de tour pour produire  un ronron continu, creux et tranquillisant. Le système médiatique adore ce type de client : c’est rythmé, balancé et surtout  cadré, aucun risque avec ça de bousculer   le train-train des idées convenues. Barbier c’est l’héritier légitime de Duhamel Patrice.  Il ne dodeline pas de la tête quand il parle, mais, comme lui, il mouline avec talent dans le mou. A l’instar de son glorieux ainé, c’est un virtuose du  centrisme  sans risque, de l’européisme pour les nuls  et du  politiquement correct pour tous.
Il fait partie de cette génération  de journalistes qui a compris, au berceau, que  casser du Le Pen et du beauf franchouillard  était un sûr  accélérateur de carrière. Quitte à se battre pour avoir l’air d’un journaliste qui défend des valeurs – c’est quand même plus classe – autant le faire avec un adversaire  sur lequel tous les pleutres et sous doués de la place se sont déjà fait les griffes. Pourquoi prendre des risques quand on peut gagner facile ? Ses faux-airs de Malraux jeune qui aurait réussi ses études, lui donne un vrai savoir-faire de faux derche appliqué.
On va en prendre pour longtemps
Croyez-moi, il est là pour durer. Il dit la messe avec ferveur et personne ne se soucie des paroles, c’est la mélodie qui compte pour bercer les fidèles. Qui fait taire Duhamel en lui rappelant que, durant des années, il a prévu  que le « feu de paille » du FN  ne passerait pas le prochain hiver, que juste avant les primaires socialistes en 2007, il avait commis un livre sur les présidentiables sans même évoquer le nom de Ségolène Royal, qui lui rappelle aussi ses belles  envolées sur les matins dorés que l’Europe en marche nous annonçaient ? On prend les mêmes et on recommence. On est parti pour 40 ans ! Nous avons grandi et vieilli avec Duhamel, le plus grand cumulard de France, Barbier accompagnera nos enfants tout au long de leur vie de citoyen adulte.  C’est bien  parti pour, à moins que  s’écroule notre vieux monde.
Il est, c’est sûr, plus doué que la moyenne.  Regardez le pauvre Gérard Leclerc, avec son air neu-neu de clerc de notaire de province qui reçoit son plus gros client, comme  il n’assure pas du tout le coup. Son discours empoté et vasouillard, lors de la remise des prix du Trombinoscope, genre,  « je suis là, mais j’y suis pour rien, vous ne m’avez pas vu, j’ai rien à voir avec ces gens-là! », n’a vraiment pas grandi le (petit) bonhomme.  Heureusement pour lui, que la Marion l’a un peu secoué, il peut maintenant passer pour une cible désignée du fascisme qui vient.  C’est un vrai « Charlie » lui aussi, déjà  presque symboliquement mort pour défendre la liberté de la presse.
Quand notre Christophe national reçoit Marine Le Pen à l’antenne, il a, lui, l’air enjoué  d’un vieux copain qui accueille sa vielle copine. On est dans le vice malin. Patelin,  lors d‘un débat politique sur   LCP, il se désolidarise  de Bartolone qui joue les vierges effarouchées  sur le prix remis à l’élu FN, pour rappeler, quand même, que membre du jury (il est partout, vous dis-je !), il est solidaire de la décision, même s’il n’a pas voté pour Steeve Briois. Voilà, c’est  simple et efficace, ça gagne sur les deux tableaux ; pas la peine d’en faire trop comme un besogneux, Monsieur Leclerc !
Toujours dans la même émission, convié par le gentil  animateur-journaliste de nous dire si, selon lui, le FN est un parti républicain ou non, notre normalien normalisé  nous explique benoitement que quand on propose le retour de la peine de mort ou la sortie de l’euro, on « n’appartient plus à l’arc républicain ». Stupeur et questionnement, avant 81 et Badinter le Grand, nous n’étions pas en république, et le Royaume Uni, la Suède et le Norvège ne sont pas des « républiques » ? La preuve que non,  c’est même des monarchies… et qui oserait dire le contraire ?
Mais, ne nous faisons pas plus bête que nous le sommes vraiment, nous avons tous compris que M. Barbier parlait de sens de l’Histoire (avec un grand H) : il  y a, dans l’Histoire,  comme des avants et des après,  et,  une fois  franchi à la hausse un certain seuil  de la conscience humaine, seuls les esprits bornés et mauvais veulent revenir en arrière ; c’est vrai de la peine de mort comme de l’euro. L’histoire est linéaire, elle tend naturellement vers le progrès et les esprits éclairés  guident les masses obtuses. Malheur à celui qui ne suit pas  la bonne voie, il est fissa dégagé de « l’arc républicain ».  Moi qui croyait bêtement que la République, en tant que système le plus accompli  de l’idéal démocratique, c’était, tout simplement, le gouvernement du   peuple  par l’expression de la volonté du plus grand nombre.
Il faut être dur dans l’art du mou !
Sectaire, mais pas  trop violent, le brave Barbier, nous précise tout de même, que c’est,  en tous les cas, sa définition à lui du pacte républicain, mais que, bien sûr, ça se discute et que tout dépend de  la définition que l’on donne de la  République. A chacun son truc donc, on va quand même pas se fâcher pour  si peu ! C’est un tout un art d’être dur dans le mou et mou dans le dur pour naviguer toujours au plus près du vent portant.  Demandez  donc à Bayrou qui connait bien le sujet.
Pour durer dans ce dur métier, il faut savoir accompagner  l’événement en collant au  courant dominant comme si on le guidait un peu, tout le reste est littérature.  Tout s’oublie si vite !  Qui se souvient des paroles exaltées de notre chroniqueur de choc à l’occasion des « débordements » de joie virile des supporters algériens lors du dernier mondial ? «  Qu’elle était belle la jeunesse algérienne dans les rues de Paris, avec cette manière naturelle et facile de vivre sa double appartenance !» (Si, si, il a vraiment osé). Oubliés les dizaines de voitures brulées dans toutes les grandes villes du pays, les biens publics détruits, dont une agence de Pôle emploi saccagée,  les boutiques vandalisées, les braves gens apeurés… Des « points de détail de l’histoire », en quelque sorte ; aux grands esprits les vastes visions.
Mais six mois plus tard, le propos extatique de la groupie de la diversité heureuse prend une drôle de saveur. Que  penser de cette belle jeunesse des banlieues, si cool dans sa double appartenance,   qui se refuse obstinément et sourdement de se dire « Charlie », et dont le processus d’identification va plus aux tueurs qui, d’apparence,  lui ressemblent qu’aux « babtous » qui insultent Le Prophète ? Mais, peut-être que,  après tout,  si les frères Kouachi et le sieur Coulibaly s’étaient tout simplement contenter de casser quelques vitrines en passant et de brûler quelques voitures à l’occasion, tout aurait pu continuer tranquillement  dans le meilleur des mondes virtuels,  où tous les Charlie Barbier pouvaient encore se pâmer  sur la France du « vivre ensemble », si riche de ses différences «qui sont autant de chances » ! Amen.
Dany Boume




Cohn Bendit en mission pour liquider le soldat Zemmour

cohnbenditcaricaturePour terrasser le vilain dragon Zemmour, dernier avatar de la bête immonde, on avait envoyé du lourd chez FOG l’autre soir, entre autres fines gâchettes; Mazarine Pingeot, fille de son père for ever, Richard Attias, heureux époux de Madame ex première dame et, par ailleurs, businessman mondialisé et fier de l’être, et, last but not least, Daniel Cohn Bendit, Dany le redoutable, Dany le Rouge, Dany le Vert, bateleur d’estrade professionnel depuis bientôt 50 ans.

Mais qu’a-t- il fait bon Dieu pour mériter tant de gloire ? Pas une émission de politique spectacle, sans qu’il vienne étaler son numéro de gouaille de vieil anar qui déstabilise le bourgeois… en 68 !

Depuis beaucoup d’eau a passé sous les ponts, mais le père Daniel nous rejoue toujours le même spectacle, le verbe haut et provocateur (pense-t-il), le geste théâtral, l’œil complice et racoleur, un rien d’insolence canaille au coin de la lèvre pour bien montrer que  le vieux mâle dominant c’est bien lui, et tout ça, sous le regard  complaisant du ou des journalistes- animateurs de service, satisfaits de tenir un « bon client ».

Et, en effet, Mister FOG ravi, l’œil malin  animant son visage fané de plumeau ébouriffé, déguste d’avance le spectacle qui s’annonce. Faux cul comme pas deux, il excite les combattants, tout en les rappelant au calme et à la concorde. Le spectacle des « veilles canailles » en live, il ne manque que BHL pour nous faire, au-dessus de la mêlée, le coup du prophète inspiré avec, à la clé, une gestuelle d’archevêque de cours.

Le petit Caron devrait prendre des leçons ; trop lourd, trop direct, trop évident, il a besoin de cours particuliers, de temps pour se bonifier, se densifier et se complexifier dans l’art du vice et de la duplicité médiatiques réunies. Comme disait (dans le Bébête show) leur maître à tous, le « sphinx de l’Elysée » : « c’est un métier » ! Caron n’est certes pas très doué, mais, avec du travail et de la persévérance, c’est sûr, il progressera.

Pas très douée non plus la pauvre Mazarine, pincée et besogneuse, comme la bonne élève appliquée qu’elle a dû être. Elle récite sa leçon, nous inflige un cours de freudisme pour classe de lycée, comme si elle révélait un lourd secret enfoui si profondément dans l’âme obscure du pauvre Zemmour, toute fière de sa démonstration, censée carboniser définitivement l’ennemi au feu de sa dialectique de l’inconscient.

La pauvre, confesse-t-elle, ça lui donne la « nausée au ventre » de lire Zemmour. C’est sûr, son drame nous émeut, on se sent tout de suite en empathie. Les vacheries de ce dernier sur ses « petits livres illisibles, que d’ailleurs personne ne lit », doivent- imagine-t-on- lui faire très mal, mais, si son style offensif est nul, la « précieuse ridicule »- dixit Zemmour- sait au moins encaisser.  Ses yeux tendres et arrogants à la fois ne cillent pas, sa voix reste lisse et maîtrisée.

Décidemment, les 300.000 exemplaires du trublion du PAF, les rendent malades, ça ne passe pas, ils ne comprennent vraiment pas. « Le ventre encore chaud de la bête immonde » qui leur fait un enfant dans le dos, ça ne rentre pas dans leur grille de lecture.

C’est sûr, se disent-il entre eux comme pour se rassurer, c’est la haine qui fait vendre. Zemmour est l’homme des bas instincts, il joue des peurs et  du refoulement salutaire qu’impose une société civilisée, pour fourguer sa mauvais came.  Le bon peuple s’égare quand on lui lâche la bride.

Perdre leur pouvoir de domination les insupporte. Il projette sur l’autre la haine qu’il les anime et la peur qui les tient (transfert et contre transfert, n’est-ce pas Mazarine ?). Ils nous l’ont si souvent asséné leur slogan : la peur est le fruit de l’ignorance et de la bêtise. Elle est aussi, ils feignent de l’ignorer, le début de la sagesse.

Dany le rebelle ou le casse du siècle

Cohn Bendit, lui, la sagesse c’est pas son truc. Il a au moins le mérite de ne pas la jouer buté et sentencieux. L’animal a du métier. Il a appris à maîtriser sa morgue depuis ce temps héroïque, où, encore auréolé d’une aura subversive, il vantait, avec un petit air concupiscent, sur le plateau de Pivot, le côté « excitant de voir une petite fille de cinq ans vous dégrafer la braguette ».  Bouffi de vanité et de laideur morale, porcin, avachi sur son siège et vautré dans le contentement de soi, Dany le révolutionnaire, arrogant et dominateur, provoquait ainsi  le brave Paul Guth, relégué au rôle du bourgeois benêt et dépassé.

Il faut voir et revoir cette scène qui lui colle à la peau comme le sparadrap du capitaine Haddock. Il y a comme cela des émissions cultes, elles disent, en quelques images ou quelques mots, tout d’une époque et d’un type de personnage.

Aujourd’hui, pépère, le vieux cabot la joue complice, voire compère, mimant presque une proximité bonhomme avec Zemmour, pour mieux le bousculer ensuite de grandes envolées verbeuses. Zemmour, en connaisseur, regarde l’artiste faire son numéro attendu  sans vraiment se dérober à cette complicité factice qui semble l’amuser.

Et puis soudain, le happening superbe, la petite phrase à ne surtout pas rater alors qu’elle passe, rapide et imprévisible, dans les échanges débridés qui agitent le plateau. Face à l’exubérance envahissante d’un Cohn Bendit au taquet qui pose en maître des débats, Frantz Olivier Gisbert, ironique, lui fait remarquer qu’il prend le rôle de l’animateur. Et Dany le Fougueux de répondre du tac au tac…« juste, après l’émission, je passe à la caisse » !

Enfin, du vrai, du fort, du vécu ; c’est presque aussi beau que la rolex de Ségala qui sait, lui, ce que « réussir sa vie » veut dire.

Bien dit camarade, ça va faire 50 ans que tu passes à la caisse. Un mois de boxon, 50 ans de télévision ! Qui dit mieux en termes de retour sur investissement ? Question de « se faire la caisse », les Spagiarri et autres virtuoses du casse bancaire peuvent bien aller se rhabiller, ils finissent tous en taule, si non butés,  après avoir vécu  traqué et planqué pendant des années de galère.

Lui, le casse idéologique du vieil édifice bourgeois, il en vit tranquille et prospère depuis quelques décennies, et ce n’est pas encore fini.  La révolution, camarade, mène à tout, pourvu qu’on sache  s’en  servir.

Dany Boume




Casse-toi, pauvre sans dents !

hollandesansdentsIl est toujours surprenant de voir la surprise du bon peuple quand il découvre, au détour d’un scandale,  le cynisme ou le mépris à l’égard des petites gens, affichés, derrière la scène, par une personnalité politique en vue, surtout si elle est de gauche.

Comme si, il était acquis, une fois pour toutes, que « ces gens-là », avaient, par nature, une âme plus belle que les autres, « une certaine idée de la morale », disait Fabius en parlant de la gauche, avant le sang contaminé.

Et pourtant, faut-il rappeler tous les scandales qui émaillent la vie du Parti Socialiste depuis que Mitterrand l’a amené au pourvoir ? Et le grand public ne connait que la partie émergée de l’iceberg.

Le bal des faux culs

Les journalistes qui évoluent dans le monde du pouvoir, en faux culs professionnels, connaissent parfaitement la masse des rumeurs et des anecdotes  qui se chuchotent dans le sillage des ténors politiques et  circulent dans le petit monde des initiés. Ils en font entre eux des sujets de bonnes plaisanteries qui distinguent « ceux qui savent vraiment » des soutiers de la profession.

Les bonnes histoires sur les ardeurs de Strauss-Kahn ont été l’objet d’un nombre incalculable de franches rigolades, ainsi que, parmi bien d’autres, le mépris hautain et brutal d’une madone de la compassion ou le cynisme désinvolte d’un apparatchik au cuir d’éléphant, sans oublier, la vulgarité agressive d’un ami des riches qui s’assume.

Etant entendu, bien sûr, que dans la dimension people, les histoires de fesses l’emportent sur les considérations psychologiques. Dans ce domaine, la liste des potins est interminable. Et l’histoire est d’autant plus valorisante qu’elle touche une personnalité qui ne ressemble pas à ce qu’elle fait ; les élans maladroits d’un crane d’œuf compassé sont plus cotés que la énième liste  des conquêtes d’un vieux hussard  qui écume la vie publique depuis des décennies

Ces petits secrets croustillants, ils les gardent  pour eux et entre eux, cela permet aussi d’animer les diners en ville, et ne les sortent que quand  ils règlent des comptes ou quand  sonne l’heure de l’hallali. Le « pauvre » DSK en sait quelque chose.

A vrai dire, tant mieux que la presse française ne joue pas la police des mœurs comme son équivalente anglo-saxonne, la morale a bien peu de valeur quand elle est connectée au taux d’audience, mais ce qu’elle cache sur la personnalité de nos dirigeants fait, en revanche, intégralement partie de l’enjeu politique. Les Français ont le droit de savoir quel genre d’êtres les gouvernent.

Et c’est là que nous retrouvons l’affaire des « sans dents », la seule chose qui restera quand l’affaire de la favorite éconduite sera retombée.  Le cirque médiatique veut que les hommes politiques, de gauche ou de droite,  vivent la main sur le cœur  au service de leurs concitoyens, alors que, pour la plupart, ils cherchent  surtout  à satisfaire un féroce appétit de pouvoir et de reconnaissance narcissique.

Et pour arriver au pouvoir, au sommet du pouvoir, il vaut bien mieux être proche des puissants et de leurs réseaux qui vous ouvrent les portes que des petits.  Oui, mais voilà,  les petits et les obscurs sont beaucoup plus nombreux que  les puissants et les riches, il faut donc les séduire pour être élu.

D’où le double discours, la dissimulation et les stratégies tordues ; la scène publique est un grand jeu de rôle dont le système médiatique, dans sa logique marchande, feint d’ignorer les ressorts cachés. The show must go on !

Se laisse prendre qui veut bien. Après tout, François Hollande n’avait-il pas,  dès sa sortie sur « son ennemie la Finance » terminée,  filé à Londres pour rassurer la City, en soutenant  le contraire de l’anathème lancée  au Bourget ?

Abandon du peuple et mépris des petits

Mais surtout, au-delà des petites anecdotes personnelles qui défraient la chronique, la preuve accablante, massive et définitive, de l’indifférence des hauts dirigeants politiques  à l’égard du peuple est bien leur complicité, active ou passive, face à une immigration de masse qui déstructure notre pays et plonge les plus humbles et les plus fragiles dans une grande détresse sociale et psychologique où la violence la plus archaïque, celle des tribus,  les rattrape.

Il faut avoir un cœur de pierre pour ne pas voir et ressentir ces peurs et ces souffrances cachées qui imprègnent la France d’en bas; un cœur de pierre, ou plus exactement, une indifférence totale au sort d’un peuple déboussolé qui se reconnait de moins en moins dans ceux qui le dirigent.

Une indifférence qui ressemble, comme deux gouttes d’eau, au mépris, voire à la haine. Peut-on oublier la froideur glaciale de Taubira face à l’émotion maitrisée d’une mère dont la fille avait été violée et battue quasi à mort par un voyou multirécidiviste ?

Ce peuple n’est plus leur peuple et, sans identification, pas d’empathie ni de sympathie. Alors pourquoi pas les « sans dents » ? Un bon mot de plus ou de moins! « Casse-toi pauvre con»… tu ne fais plus partie de l’Histoire ! Avec un grand H, bien sûr.

Dany Boume