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Mamadou Gassama et Covid-19 : la suite logique

C’était le premier grand Noir musclé de la sphère du Président Macron. C’était avant ceux de la surréaliste fête de la Musique de l’Élysée ; avant la liesse des vestiaires des Bleus, lors de la Coupe du monde ; c’était avant l’équipée torride des Antilles. C’était le 26 mai 2018. Ce jour-là, Mamadou, et non Mamoudou, comme on l’a trop souvent dit, ce jour-là, donc, Mamadou Gassama escaladait quatre étages d’un immeuble parisien pour aller récupérer un bambin de quatre ans, suspendu à un balcon après une supposée chute du sixième.

Tous les médias en firent des gorges chaudes. Les grands de ce monde lui tressèrent des couronnes de lauriers. Emmanuel Macron lui attribua la Médaille d’honneur et lui octroya la nationalité française. Au Mali, il fut accueilli en héros par le Président Keïta. Aux États-Unis, on lui décerna un « BET Humanitarian Award ». Bref, le jeune Malien sans-papiers devint, en un instant, la coqueluche de ceux qui voulaient voir en lui le symbole de l’utilité de ses pairs arrivant en Occident.

Le problème, c’est que ce jour-là, l’on s’est trompé de héros. Escalader quatre étages est à la portée de n’importe quel monte-en-l’air digne de ce nom. En revanche, être capable de faire une chute de six mètres, puis de se rattraper à la seule force des doigts sur un balustre est un exploit que même le cascadeur le plus intrépide n’oserait. C’est impossible.

Alors pourquoi cette mascarade médiatique, pourquoi cet enfumage ? L’une des réponses est probablement que, à ce moment-là, on a voulu mesurer la crédulité du plus grand nombre pour calculer le volume d’absurdités qu’on pouvait lui faire avaler.
En réfléchissant la moitié d’une seconde, inutile d’être grand clerc pour comprendre qu’un enfant de quatre ans ne peut pas, avec ses petit bras de trente centimètre de long et ses mains minuscules, faire une chute de plusieurs mètres et s’agripper à une rambarde de dix à douze centimètres de large. Seulement voilà, trop de personnes sont encore incapables de s’arrêter cette demi-seconde. Submergés par l’émotion, ils ingurgitent l’info sans penser à trier le bon grain de l’ivraie.

Dans ces conditions, la psychose liée à la Covid n’a rien d’étonnant, de même que l’acceptation des mesures tyranniques mises en place pour la combattre.
Depuis le début, les pouvoirs jouent sur les peurs. Ils ne s’adressent plus à la raison mais à l’émotion et subventionnent avec des sommes insensées des journaux au bord de l’agonie pour véhiculer cette psychose. Plus leurs arrêtés ou leurs lois seront liberticides, plus les braves seront enclins à croire à la dangerosité de la situation. Plus le rabâchage sera ubiquitaire, plus le citoyen devra y adhérer sous peine de passer pour complotiste. Plus le diktat sera puissant, plus le peuple devra y adhérer, les yeux et le cerveau fermés.
« Réfléchir, c’est commencer à désobéir », disait-on à l’armée. Réfléchir, c’est justement ce qu’on demande au bon peuple de ne pas faire. Soyez dociles, braves gens, suivez-nous de confiance, il en va de votre survie !

Dominique Droin