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A propos du livre de Douglas Murray «l’étrange suicide de l’Europe»

Je viens de finir le livre de Douglas Murray, l’Étrange suicide de l’Europe. Petite remarque sportive : j’ai eu la même sensation que dans les kilomètres trente et quelques d’un marathon : c’est interminable…   Mais ça, c’est très anglo-saxon : le conceptuel est ressassé à l’infini, alors que le factuel est « rapporté » objectivement et succinctement. En l’occurrence, objectivement est assez gentil car l’islamophobie transparaît. Dans le même esprit, il est répété à satiété qu’on ne pouvait et ne devait pas être raciste, même si on aimait son identité traditionnelle et si on tenait en haute estime sa culture et sa civilisation. Malgré tout, il est subliminalement suggéré que la culture érythréenne ne vaut pas la culture allemande… La vérité crue chercherait-elle le jour avec des pudeurs de rosière ? On avance… Mais j’aurais aimé un développement sur les différences de comportement entre communautés, par exemple la communauté musulmane et les communautés asiatiques, sujet dont le livre ne dit pas un mot.

Sur les raisons du fatalisme et de la passivité des Européens devant l’invasion de leur continent par les foules du Tiers-Monde, c’est intéressant mais discutable. Cette inaction est beaucoup attribuée à l’effacement du sentiment religieux, donc du prosélytisme. Je pense au contraire que c’est plutôt dû à ce qui reste de sentiments chrétiens chez cette majorité d’Européens qui ont perdu la foi : « On ne peut pas rejeter des gens aussi malheureux », leur fait dire ce reste de conscience chrétienne, même si la compassion s’applique davantage aux cas individuels qu’aux masses. C‘est peut-être une dérive du vieil agnostique que je suis, mais je n’attache pas une telle importance à la religion. Si l’Europe ne se défend plus, c’est surtout parce qu’elle a perdu la conscience de sa supériorité et l’appétit de conquête qui va avec. Le fait important est la colonisation, sa fin et son inversion rampante. Peut-être pas tant à cause de la mauvaise conscience qui en résulterait chez les Européens, explication facile, que parce que, tout bêtement, elle favorise les conditions de l’émigration, notamment avec l’usage d’une langue européenne, anglaise ou française en fait, et un substrat culturel persistant. La France n’a pas rendu service à la Suisse francophone, sans passé colonial, en apprenant le Français à tant d’Africains qui trouvent maintenant que la Suisse est un Eldorado. Le long passage sur le fait que l’Europe de l’Est se défend mieux que celle de l’Ouest se trompe, me semble-t-il, en attribuant sa résistance à l’occupation russe. Ces pays de l’Est sont tout simplement moins sollicités car les gens du Tiers-Monde ne parlent pas leur langue. Et eux-mêmes n’ont pas connu de familiarité avec l’exotisme. Familiarité qui est parfois une richesse mais qui est devenue, globalement, une plaie. Pour la petite histoire, je pense que la familiarité a contribué à faire que la décolonisation se fasse plus facilement pour les Anglais que pour nous. Dans l’Empire britannique, on se mélangeait peu avec les « Natives » (Bar for Whites only) tandis que les Français copinaient beaucoup plus avec l‘indigène. D’où un déchirement quand l’heure venait, notamment pour les militaires, de ne pas pouvoir tenir les promesses qu‘ils avaient faites aux autochtones ralliés à la Métropole.

Les digressions sur la philosophie, alias les idées, et l’art sont assez cocasses. Je n’ai aucune compétence en philosophie mais je trouve assez bienvenu le passage qui préconise, pour avoir du succès dans un colloque bienséant, de n’exprimer aucune idée. J’en conclus que, pour Douglas Murray, l’idée est antinomique du politiquement correct ! Je n’ai pas davantage de compétences en art mais là, au moins, c’est « J’aime ou j’aime pas » et c’est facile. Et le passage qui ridiculise l’art moderne et son absence de technique m’a grandement réjoui. C’est exactement ce que pense le Béotien que je suis qui trouve les tableaux de Picasso parfaitement hideux.

Sinon, l’important est que ce gros bouquin mette sur la place publique des évidences si longtemps occultées et condamnées mais partagées par les gens de bon sens. Et il est non moins important qu’il soit le fait d’un universitaire, bénéficiant donc d’une certaine aura intellectuelle, mais surtout franchissant le Rubicon en larguant le politiquement correct suicidaire et inepte si coutumier de sa corporation. Il contribue donc très utilement à renverser la charge de la pertinence : maintenant, c’est le politiquement correct qui est ringard. Les prochaines élections décisives se joueront là-dessus, sachant que Macron a déjà bien coupé l’herbe sous le pied aux Républicains. Des Républicains qui se cantonnent dans une attitude suicidaire en refusant un accord électoral avec le FN, ou RN désormais. Et je crois Wauquiez sincèrement entêté dans ce refus. Je ne sais pas si la perspective de multiples triangulaires (LR, RN, Gauche) au deuxième tour des législatives de 2022, ce qui permettrait à une gauche minoritaire dans le pays d’être majoritaire à l’Assemblée, le fera changer d’avis.

A part cela, le livre est assez pessimiste sur l’avenir et ne propose pratiquement rien pour redresser la situation. Mais j’imagine que là, on irait un peu loin dans le largage du politiquement correct et dans le risque judiciaire. Tous les livres, y compris les meilleurs à mon sens (tel « Immigration, la catastrophe », de Jean-Yves Le Gallou) qui traitent de l’immigration, sont très diserts sur le constat et muets sur les solutions. Le livre de Douglas Murray ne déroge pas à la règle. Dans un texte public, je resterai également évasif sur les moyens de préserver l’identité des pays européens. Mais je suis convaincu qu’il y en a et qu’ils seraient efficaces. Ils passent évidemment par une remigration massive et l’arrêt complet de l’immigration du Tiers-Monde. Pour cela, il faut prendre des mesures juridiques de salut public, hors normes, et faire en sorte que ceux qui bafouent nos lois encourent des sanctions qui le leur fassent regretter très sérieusement. La déchristianisation ne peut qu’y aider.

Eric BURNOUF




Vive la Corse… libre !

Le voyage d’Emmanuel Macron en Corse, pour le vingtième anniversaire de l’assassinat du Préfet Erignac, mort en service commandé, était courageux. Mais je crains qu’il ne laisse les Corses sur leur faim. Ce qui n’est pas critiquable en soi !

A propos de la Corse, j’ai envie de reprendre une dichotomie tirée de Climats, roman bien connu de Maurois. C’est un passage où le personnage masculin écrit à sa femme sur deux colonnes : une colonne « Ce que j’aime en vous » et une autre colonne « Ce que je n’aime pas en vous ».

Ce que j‘aime dans la Corse est d‘abord très banal. C’est la beauté de ses paysages et le cachet de ses villages de l’intérieur.

C’est ensuite la fierté et l’engagement de ses habitants. Eh oui ! Les Corses ne se laissent pas faire et les Arabes filent doux dans l’Ile de Beauté. Et quand ils essaient de tester la résistance des Corses, comme sur la plage de Cisco, les villageois y mettent aussitôt bon ordre. Les « de souche » y protègent donc leur identité avec une détermination dont les autres provinces françaises pourraient s’inspirer.  Et il s’en trouve en proportion notable qui prennent le risque de foutre leur vie en l’air pour défendre leurs idées. En cela, les indépendantistes, même violents, méritent le respect.

Ce que je n’aime pas dans la Corse est d’abord tout aussi banal. C’est le classique manque d’ardeur au travail de ses habitants, pour dire les choses gentiment. Encore que je leur accorde souvent une excuse : toujours la fierté. Un Corse met souvent de la mauvaise volonté à effectuer un travail qu’il estime contraire à sa dignité. Les esprits moins rétifs diront qu’il n’était pas obligé d’accepter ce travail. Certes ! Mais c’est vite dit et l’excuse de mauvaise volonté se défend tout de même. Par contre, je suis moins indulgent pour la propension au banditisme de droit commun et à la magouille : racket, corruption, élections truquées, défunts qui continuent à voter et à percevoir une retraite, etc.

Mais ce que je n’aime pas du tout en Corse, c’est la mauvaise foi récurrente du discours indépendantiste-autonomiste. Oser traiter la France d’Etat colonial, alors que le « Continent » soutient l’île à bout de bras,  m’a toujours paru monstrueusement culotté. Car nous soutenons l’île de multiples façons : avantages fiscaux en tous genres, emplois publics à gogo, etc.  La Corse en est à 35% d’emplois publics, record de France explosé, alors que la moyenne française est déjà incompatible avec une économie prospère et des finances publiques saines. Et naturellement, ceci ne tient pas compte des fonctionnaires corses qui travaillent sur cet horrible Continent colonialiste qui ne manque pas de les exploiter !

Alors que faire ?

Certainement pas officialiser la langue corse. Indépendamment des problèmes pratiques que ça poserait, elle ne mérite pas d’être considérée comme une vraie langue. Je pense que, parmi nos langues régionales,  seuls le breton et le basque peuvent être considérées comme de vraies langues. Encore n’ont-elles aucune reconnaissance internationale, ni aucune utilité professionnelle. Donc, même pour ces deux-là, la République n‘a pas à payer des professeurs. Elles doivent rester du domaine privé, comme le catéchisme…

Considérer les gens qui ont été condamnés pour faits de terrorisme indépendantiste comme des prisonniers politiques ? Cela me parait évident ! Ces condamnés n’avaient pas de motivation financière, crapuleuse ou mafieuse. La France devrait le reconnaître. Cela peut déboucher effectivement, après une peine déjà longue, sur une amnistie ou des remises de peine au cas par cas. Et qu’ils soient géographiquement rapprochés de leurs familles me paraîtrait également normal, en attendant.

Mais on sait bien que le vrai sujet est le statu-quo dans le « giron de la République », surcroît d’autonomie ou indépendance en bonne et due forme. Je pense qu’un petit bidouillage constitutionnel n’est pas à la hauteur de l’enjeu, d‘autant qu‘il ouvrirait la voie à bien d‘autres territoires plus ou moins lointains et prêts à clamer leur « spécificité », donc à réclamer des avantages supplémentaires. Et mis à part les gadgets linguistiques, le président de la République ne semble guère disposé à sortir du statu-quo. C’est une position courageuse, même si elle provoque le courroux des chefs nationalistes, qui trouvent que leur discours de ces derniers temps, tout en gentillesse pateline, n‘est pas récompensé. Occasion manquée disent-ils, et leur dépit est compréhensible. Mais le discours d’Emmanuel Macron à Bastia fut celui d’un homme d’Etat.

On peut penser que le statu-quo actuel, déjà sympathique pour les Insulaires, ne réglera rien. Ce n’est pas sûr. L’époque est à l’accalmie et la Corse peut s’en satisfaire et retrouver un certain calme au fil du temps. Mais elle peut aussi repartir dans une violence ingérable. Auquel cas, il faudrait revoir la question et prendre des mesures politiques, plus radicales que l‘envoi de policiers supplémentaires.

Reste le choix entre autonomie et indépendance. Dans tous les territoires de la République où la question se pose (Corse, Antilles, Guyane pour l‘essentiel), les mouvements purement indépendantistes ne se sont jamais imposés électoralement. Tout se passe comme si les électeurs, pas fous, leur donnaient de quoi faire un peu peur à l’Etat central et en obtenir des avantages, mais surtout pas obtenir l’indépendance. La situation dénoncée comme coloniale a tout de même du bon. Et je suppose que les Antillais,  par exemple,  se disent en réalité que s’ils étaient indépendants, leur pays serait peut-être dans la situation de son voisin d’Haïti. En Corse comme ailleurs, le credo favori des électeurs est donc l’autonomie. Et dans ma candeur de non-juriste, je vois une petite différence entre autonomie et indépendance. Vu par les demandeurs, c’est : « Avec l’autonomie, on fait ce qu’on veut, mais en gardant les subsides de l’Etat central » alors que « l’indépendance, c’est : on fait ce qu’on veut, mais en se débrouillant tout seuls ». Le choix s’impose de lui-même. Comme le choix inverse pour le contribuable continental que je suis.

La République étant toutefois « Une et indivisible », cette indépendance ne devrait résulter que d’un référendum. Et là, il est temps que les Continentaux disent « Pour être mariés, il faut être deux. Donc nous devons voter aussi et le droit de vote à ce référendum ne doit pas être réservé aux électeurs corses, comme cela s’est fait jusqu’ici ». Nous aurions alors une consultation indiscutable.

En disant cela, je ne dis pas aux Corses « Au revoir et bon vent ! », voire « bon débarras ». Car j’ai un gros faible pour les options indépendantistes dans toutes les régions de France à forte identité, parmi lesquelles se trouve ma région, la Normandie. Mais c’est surtout par dégoût de ce que devient la France. Alors pourquoi pas des indépendances régionales ? On est malheureusement obligé d’y penser. Et j’avoue qu’un Code de la Nationalité normand me plairait beaucoup. Surtout s’il était aussi strict et aussi fermé que le stud-book du trotteur du même nom ! Et si, de temps en temps, le meilleur trotteur normand est coiffé sur le poteau du Prix d’Amérique par un trotteur suédois, ça me va bien aussi. Quand la qualité est là, je ne suis pas xénophobe !

Eric Burnouf




Les EHPAD ne manquent pas d’air

Tout le tintamarre au sujet des EHPAD commence à m’énerver sérieusement. Le tarif moyen de ces mouroirs est de 2.000 Euros par mois. Pour fournir une chambre de 12 mètres carrés, une demi-heure de ménage ou de soins par jour et une nourriture de moineaux. C’est probablement quatre fois ce que ça coûte à quelqu’un qui reste chez lui. Les maisons de retraite doivent donc se faire des marges énormes ! Déjà, au moment de la canicule de 2003, qui avait tué pas mal de vieux, le Gouvernement leur avait demandé d’installer des pièces climatisées. Leur syndicat professionnel avait alors exigé que ce soit l’Etat qui les finance. J’avais trouvé ça absolument indécent.

Quant au personnel, ils sont en moyenne 6 pour s’occuper de 10 pensionnaires, ce qui devrait faire environ 5 heures par jour à consacrer individuellement à chaque pensionnaire. Et pas le quart d’heure dont les aides-soignantes nous rebattent les oreilles, même si elles sont mal payées. En plus, et heureusement, les pensionnaires sont souvent en groupe et se distraient en jouant ou en bavardant entre eux, ou regardent la télé. Mais les soignants se plaignent sans retenue. Ils voudraient être 10 pour 10, soit un temps plein par pensionnaire. Comme on va vers 5 millions de vieillards dépendants, pourquoi pas 5 millions de soignants, c’est-à-dire le quart de la population active ? Du délire total ! Une société qui mettrait tant de ressources au service de vies sans but ni intérêt est foutue. Et on peut faire un parallèle avec le handicap. Tout le système politiquement correct plaide pour que la société fasse des efforts énormes pour essayer, d’ailleurs en vain, de compenser le handicap, avec auxiliaires de vie scolaire, éducateurs spécialisés et tutti quanti. Quand, dans une société, l’individu moyen est au niveau 100, ce n‘est pas en consentant des efforts fous pour faire passer des handicapés du niveau 50 au niveau 60 qu’on fait progresser cette société.

Mais l’époque veut qu’on s’épuise à essayer de nier le malheur, jusque dans le sport, avec les Jeux Paralympiques.

Eric Burnouf




Racisme : calamité, banalité ou fatalité ?       

Comme chacun sait, les journalistes « mainstream » font, parmi bien d’autres, profession d’antiracisme. Ainsi, dans ma ration quotidienne d’articles vertueux, ai-je lu dernièrement un éditorial que son auteur avait intitulé : «  Le racisme, c’est le mal ». « LE » mal, pas simplement « un » mal. Comme s’il était « unique », reléguant loin derrière lui la souffrance, le chagrin, la misère, l’humiliation, le crétinisme.

Et pourtant, ne peut-on se demander si ce qui est très répandu ne peut être assimilé à une norme, toute considération éthique mise à part ? Et de même si ce qui est justifié, ou du moins compréhensible, n’est pas de ce fait, d’une certaine manière, normal ?

Répandu ? Force est de constater que le racisme est extrêmement répandu sur cette planète. Des exemples ? Les Japonais méprisent les Coréens, pourtant peu différents d’eux (la conscience de leur valeur guerrière doit y être pour quelque chose). Idem des Chinois du Nord, qui, étant plus grands que ceux du Sud, les toisent de leur haut, générant une inimitié réciproque. Les multiples ethnies africaines se détestent et se massacrent continuellement entre elles, de même que les Musulmans entre Sunnites et Chiites, et les Chiites d’une obédience à l’autre. Et même les Juifs, si prompts à dénoncer « la bête immonde » et « les heures les plus sombres de notre histoire », ne s’aiment guère entre Séfarades et Ashkénazes (Les Ashkénazes étaient consternés quand, démographie aidant, les Séfarades ont emporté le Grand Rabbinat. Heureusement que, de façon concomitante, ils ont eu une sympathique compensation en gagnant l’Archevêché de Paris, avec Mgr Lustiger !). Un Italien du Nord ne veut surtout pas être confondu avec ses compatriotes du Mezzogiorno. Les Polonais ne peuvent pas sentir les Russes, non sans raisons historiques d‘ailleurs. On pourrait dérouler ainsi la liste à l‘infini. Alors, le nombre fait-il la norme ? C’est une question, même si ce n’est pas « the question ».

Justifié ou compréhensible ? Alors là, je dois tourner ma plume sept fois dans l’encrier. Sinon, c’est direct la Correctionnelle. Mais si je lis les écrits de certaines plumes illustres, telle celle de l’immense Alexis de Tocqueville, référence incontestée de tous les étudiants en science politique ? Dans son fameux De la démocratie en Amérique, il a commis un chapitre sur « Les trois races » ( celles qui vivaient alors aux États-Unis, à savoir les Blancs, les Indiens et les Noirs ), qui lui vaudrait aujourd’hui une condamnation retentissante et des dommages-intérêts spectaculaires à toutes les associations collabos. N’osait il pas écrire textuellement : « Parmi ces hommes si divers, le premier qui attire les regards, le premier en lumière, en puissance, en bonheur, c‘est l‘homme blanc, l‘Européen, l‘homme par excellence ; au-dessous de lui paraissent le nègre et l‘Indien » et plus loin : « Le nègre voudrait se confondre avec l’Européen, et il ne le peut. L’Indien pourrait jusqu’à un certain point y réussir, mais il dédaigne de le tenter. » Et encore aujourd’hui, les Américains très légèrement métissés le cachent comme une tare s’ils ont du sang noir et en sont un peu fiérots si c’est un zeste de sang indien, donc d’homme libre et valeureux au combat. Ces écrits n’ont pas empêché ensuite Tocqueville, parlementaire en mission en Algérie, de s’insurger contre la façon dont les Arabes y étaient traités, ce qui me laisse penser qu’il était anticolonialiste, cas fréquent dans la vraie droite… alors que c’est souvent la gauche qui a mené les conquêtes coloniales « pour le progrès des races inférieures », disait-elle !

Quant à l‘islam, voici ce que Tocqueville en disait : « J’ai beaucoup étudié le Coran. Je vous avoue que je suis sorti de cette étude avec la conviction qu’il y avait eu, dans le monde, à tout prendre, peu de religions aussi funestes aux hommes que celle de Mahomet. Elle est, à mon sens, la principale cause de la décadence, aujourd‘hui si visible, du monde musulman. » Et des décennies après Tocqueville, le vertueux Abraham Lincoln, qui avait fait la guerre à ses compatriotes du Sud pour libérer leurs esclaves, recevait une délégation de Noirs affranchis à la Maison Blanche pour leur tenir à peu près ce discours : « Nous sommes trop différents pour vivre ensemble. Il faut que vous repartiez d’où vous venez, en Afrique. » Son assassinat, cinq jours après la fin de la Guerre de Sécession, ne lui a pas permis de mener à bien ce grand projet, qui aurait pourtant évité bien des problèmes à l’Amérique contemporaine, et peut-être à nous aussi, Européens, qui n’avons pourtant fait venir personne contre son gré chez nous. Autre temps, autres mœurs dira-t-on, mais l’inégalité des civilisations est objectivement incontestable ( la sagaie ne vaut pas le missile balistique, le boulier ne vaut pas l’ordinateur, etc.). Alors, la question de l’inégalité des groupes humains qui les ont fondées peut légitimement se poser et non se proscrire comme si c’était le fait du Diable. Le lecteur remarquera que je parle de groupes humains. En effet, un décret du 5 août 2017 vient d’interdire d’utiliser le mot races pour l’espèce humaine, sauf à y accoler l’adjectif « prétendues » car il stipule qu’il n’y a qu’une race humaine. Alors, je parle de groupes, de communautés, de variétés, d’ethnies, etc. Quand le ridicule ne tue plus, on s’adapte !

De nos jours, deux de ces groupes humains exogènes suscitent un rejet particulièrement fort dans les pays où ils se sont introduits. Ce sont les Musulmans et les Roms.

J’ai vécu plusieurs années à Bruxelles dans la période récente. Cette ville était avilie par des hordes de Roms, étalés tous les cent mètres sur les trottoirs, mendiants geignards d’une laideur et d’une saleté repoussantes. J’en ai même vu un déféquer en plein jour devant tout le monde dans une artère très fréquentée. Même les Belges, pourtant réputés pour tout supporter avec leur humour fataliste et cette gentillesse qui passe facilement pour de la niaiserie, en étaient écœurés. Comment, dans ces conditions, ne pas comprendre le rejet de ces intrus, et le ressentiment à l’égard des pays d’où ils proviennent, et qui les déportent en Europe de l’Ouest après s’être refusés depuis huit siècles à intégrer ces populations d’origine lointaine ? Racisme bien sûr, mais compréhensible et fatal, d‘autant que, dans leur cas, personne ne peut citer de ces exceptions au nom desquelles les « grandes consciences » essaient toujours de nier une moyenne pitoyable.

Quand aux Musulmans, ce n’est plus de saleté, mais de risque mortel qu’il s’agit. Pour nos vies, notre civilisation et notre style de vie. Et nous avons le droit de les défendre ! Nos gouvernants parlent de guerre à mener contre le terrorisme, mais au regard de leur action, ce n’est qu’un ridicule abus de langage. Que font-ils dans les faits, sinon de la gesticulation verbale ? Pas même expulser les individus reconnus dangereux, après déchéance de la nationalité française quand ils l’ont. Pas même interdire de retour les djihadistes partis en Syrie ou en Irak. On se gargarise de mots et on bricole : stages ridicules de déradicalisation, sentencieux appels à mieux coordonner l’action des divers services de renseignement et à la coopération internationale.

Comme si les professionnels avaient attendu les politiciens pour ces mesures de bon sens ! En réalité, on attend le prochain attentat, que, dans la plupart des cas, on ne peut pas déjouer car il peut venir de n’importe quel musulman, même dépourvu d’armes et d’explosifs, comme on le voit aux quatre coins de l’Europe avec les voitures-bélier. Et en attendant le prochain attentat, on bêle, comme ce lamentable Archevêque de Rouen, Monseigneur Lebrun, qui, dans son homélie pour la messe anniversaire de l’assassinat du père Hamel, saluait les représentants de la communauté musulmane présents dans l’église et chantait le surcroît d’amour intercommunautaire que devait susciter cette barbarie. Ou comme Ouest-France qui, dans sa Une du même jour, titrait en gros caractères : « Ni haine, ni colère ». Et on écoute avec componction les parents des assassins, qui nous expliquent que leur fils était un très gentil garçon, très serviable, qui n’allait même pas à la mosquée. « Un musulman normal », a dit la mère d’un des tueurs de Barcelone, sans se rendre compte de la justesse involontaire de sa remarque, car c’était en effet un musulman normal…. qui appliquait scrupuleusement les prescriptions infidélicides et liberticides du Coran. Et nos gouvernants, encore plus morts de trouille à l’idée d’une révolte de leurs peuples qu’à l’idée des prochains attentats, nous expliquent qu’il faut rester unis, entre communautés toutes également françaises bien sûr, et se refusent à reconnaître que la communauté musulmane est le vivier du terrorisme islamique. Si c’est avec ce discours qu’on fait la guerre, bénis soient les moutons ! Et quand on voit les foules musulmanes exulter après le 11 septembre et les « jeunes » de nos cités reconnaître en grande majorité qu’en cas de guerre, ils ne porteraient pas les armes contre leurs frères musulmans, on peut penser que cette « immense majorité » des musulmans que l’on dit si tranquilles est une majorité qui, au fond de son cœur, ne désavoue pas les attentats mais estime simplement que c’est une stratégie très dangereuse car elle attise la colère des autochtones et risque de porter au pouvoir des gens qui font passer le salut de leur civilisation avant l’idéologie droit-de-l’hommiste, ce qui pourrait les conduire à des mesures radicales, telles qu’un « grand rembarquement ». Alors, pour conclure sur l’Islam, dans ce que vit l’Europe depuis la tuerie de Charlie Hebdo, le rejet de l’islamisme est, au minimum, compréhensible. Qu’il me soit permis de souhaiter qu‘il concoure à sauver notre civilisation face à l’obscurantisme et la barbarie.

Mais si la prévention à l’égard de l’islam est actuellement la plus aiguë et la plus compréhensible, elle n’est pas la seule. Or, ces préventions souffrent d’un défaut rédhibitoire : elles généralisent ! Et elles font fi des exceptions de qualité. Alors, les belles âmes s’engouffrent dans la brèche : interdit de ne pas porter aux nues ces exceptions, interdit de ne pas aimer des gens pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils font. Amen ! Quant aux « victimes » de cette prévention, elles adorent en faire état pour s’absoudre de tout péché, sans jamais se demander pourquoi elles suscitent un jugement défavorable. Racisme anti-corse, racisme anti-gens du voyage, racisme anti-immigrés, racisme anti-X, Y ou Z, on agite le drapeau de l’antiracisme et les méchants racistes sont aussitôt disqualifiés. C’est commode, mais, s’il faut tenir compte des exceptions, il faut peut-être aussi tenir compte des moyennes. Il est admis, fût-ce de mauvais gré, que les hommes sont individuellement inégaux. Alors, les moyennes, entre groupes humains différents ? Je m’arrête là. Car nous vivons dans une société où il faut avoir un bœuf sur la langue à propos de cette question, où on peut parler sans problème de variétés de roses ou de pommes, de races de chevaux ou de chiens, mais surtout pas de races humaines. Il est donc interdit d’ouvrir les yeux et de voir qu’il existe plusieurs variétés humaines, de faire observer que les Hollandais sont, en moyenne, plus grands que les Pygmées, etc. Le déni de réalité a force de loi. Mais si le racisme ne s’explique que par une prévention à l’égard de la différence, je me demande pourquoi on n’entend jamais parler de racisme anti-normand de la part des Picards, anti-boudhiste de la part des chrétiens, anti-jardiniers de la part des garagistes, etc.  En tant que Normand, je m’en réjouis, mais je cherche toujours une explication !

Alors, le racisme : calamité, banalité, fatalité ? Un peu de tout ça à la fois sans doute. Mais, comme il est difficile d’innover avec des trouvailles intelligentes et originales, on doit souvent se contenter de choisir entre banalités et âneries. Et dans ce cas, je préfère les banalités. C’est ce que je viens d’essayer de faire.

Eric Burnouf 




Migrants : reconduite des déboutés, mon œil !

Le Président et son Premier ministre nous assurent que les migrants vont être traités avec humanité et fermeté et que l’asile politique n’est pas l’ouverture de toutes les portes. En pratique, les demandes d’asile vont être examinées plus rapidement et les déboutés seront reconduits dans leur pays d’origine. Qui peut croire à cette fable ?

Tout d’abord, les vrais demandeurs d’asile politique ne sont qu’une poignée d’intellectuels et de politiques qui risquent effectivement d’être persécutés dans leur pays. Mais ceux-là sont chez nous depuis belle lurette et ne font pas partie des migrants. Alors, nos décideurs ont généreusement élargi la notion d’asile politique en l’étendant aux ressortissants de pays en guerre. Mais ces jeunes hommes, Afghans, Syriens, Soudanais, le plus souvent, qui fuient effectivement la guerre, ne sont-ils pas ce qu’on pourrait appeler, si on osait appeler les choses par leur nom, des déserteurs ? Des déserteurs qui ont saisi l’occasion de ces guerres civiles pour essayer de s’installer chez nous.

Malgré tout, les instances ad hoc continuent à considérer l’immense majorité des migrants comme des réfugiés économiques, qui doivent être expulsés vers leurs pays d’origine. Et les belles âmes de préconiser que l’on aide davantage ces pays d’origine pour que puisse y vivre leur population, dont le problème vient essentiellement d‘une natalité galopante et irresponsable. On sait très bien que c’est parfaitement vain, indépendamment du fait que nous n‘avons aucune obligation morale de remédier à des situations qui ne sont pas de notre fait, même si on n‘arrête pas de nous faire le coup de la nécessaire compassion.

Mais, là où on se moque de nous, c‘est quand on nous assure virilement que les déboutés seront expulsés. Mon œil ! D’abord lesdits pays d’origine n’en veulent pas et interdiraient aux bateaux ou aux avions qui les ramèneraient d’accoster ou d’atterrir. Et nous n’oserions jamais envoyer un nouveau Bugeaud chez les nouveaux Barbaresques ! Alors, on laisse les Barbaresques déboutés s’évanouir dans la nature, et, au fil du temps, se faire régulariser et même obtenir la nationalité française. La première mesure à prendre serait de poursuivre, pour aide au séjour clandestin d’étrangers, les ONG qui les amènent sur les côtes européennes et d‘arraisonner leurs bateaux. Notre Marine Nationale serait plus utile au pays en faisant ça qu‘en jouant les boys-scouts pour concourir aux sauvetages en mer. Elle pourrait aussi réagir à l’australienne, ou presque à l’australienne, c’est-à-dire ramener les clandestins à la limite des eaux territoriales des pays de départ, leur donner les moyens de retourner sur la terre ferme avec des embarcations de fortune et couler les bateaux des passeurs. Les vocations de migrants comme de passeurs en seraient surement découragées.

Quant à ceux qui seraient tout de même arrivés en France, inutile de songer à les renvoyer dans leur pays d’origine. La seule chose faisable est de les « reconduire à une frontière », frontière terrestre bien sûr. Et nous ne pouvons pas faire ce cadeau à nos amis et voisins européens. Alors, regardons nos atlas. Avec qui la République Française a-t-elle des frontières terrestres non européennes ? Si on utilisait ce grand dépaysement avec les jungles de Calais, de La Chapelle ou d’ailleurs, au lieu de disséminer le problème dans tous nos villages, nul doute que l’effet dissuasif jouerait immédiatement à plein, jusqu’au fond de l’Afrique et de l’Asie Centrale. C’est un problème de logistique parfaitement soluble. Et un tel exemple aurait pour effet de tarir illico les nouvelles arrivées. Mais pour ça, il ne faut pas se laisser tétaniser par des bienpensants malfaisants !

Eric Burnouf




La nouvelle Bande des Quatre

Un certain nombre d’élus de la Droite et du Centre continuent à faire preuve d’une indéfectible fidélité, intéressée ou non, à François Fillon. La fidélité est un sentiment très honorable, à condition de ne pas déboucher sur l’aveuglement. Aujourd’hui, force est de reconnaître que Fillon est lourdement déconsidéré, même si c’est légèrement injuste. Les défections se multiplient dans son camp. Et elles ne sont pas toutes le fait de girouettes arrivistes comme Lagarde. Elles proviennent aussi de personnalités honorables, comme Bruno Lemaire ou Christine Boutin. L’opinion publique se détourne également de Fillon, tout en saluant, peut-être, une certaine force de caractère. Il est probablement écrit que les prochains sondages vont le voir perdre encore 4 ou 5 points, qui iront en majeure partie à Emmanuel Macron et accessoirement à Marine Le Pen. En fait, son obstination nous amène inéluctablement à un duel Marine contre Macron le 8 mai, duel dont Macron a toutes les chances de sortir vainqueur. Elle ouvre donc la voie à Macron… exactement comme l’obstination de son mentor, Séguin, à refuser de fusionner ses listes avec celles de Tibéri, avait donné Paris à Delanoë en 1995. L’histoire se répète souvent. On ne refait pas l’histoire, mais il aurait été préférable de changer de cheval dès les premiers jours de février, quand on a commencé à mesurer les dégâts des révélations du Canard Enchaîné. Et certes pas pour remettre en selle un islamo-collabo comme Juppé, ce qui aurait, je l’espère, provoqué l’entrée en lice d’un LR résistant, de préférence n’ayant pas participé à la primaire à droite et ayant une stature de Chef d’Etat. Peut-être n’est il pas trop tard, mais chaque jour qui nous rapproche du dépôt des 500 parrainages éloigne cette possibilité. Sinon, la seule alternative à une victoire de Macron, Inspecteur des Finances ami de la Finance, comme Juppé, et aussi immigrationniste que Juppé mais en fait plus à droite que lui sur le plan social, ne peut provenir que d’une alliance Hamon-Mélenchon dès le premier tour, probablement en faveur de Hamon. Alors, on pourrait avoir un deuxième tour Marine contre Hamon… et là une vraie chance de victoire pour Marine. Mais si on reste dans cette configuration, avec les candidatures de Fillon, Hamon et Mélenchon au premier tour, c’est un boulevard pour Macron. Les marchés financiers ne s’y sont pas trompés puisque le CAC 40 a gagné, le 1er mars, 2,10%, notamment grâce à l’envolée des valeurs bancaires ( 4,46 % pour la BNPP et 4,92 % pour la Société Générale ). Et pour l’essentiel à partir de 12 H 30, heure de la déclaration de Fillon indiquant qu‘il maintenait sa candidature.

Nous avons donc, objectivement, face à Marine Le Pen, une nouvelle Bande des Quatre. Que Macron roule pour lui-même est normal et on ne saurait le lui reprocher. Mais les trois autres ? Je ne sais si ces trois protagonistes annoncés du premier tour en sont conscients ou s’ils sont simplement aveuglés, comme je le crois, par leurs ego respectifs. A moins que la Haute Finance ne leur ait promis quelque récompense, à la hauteur de l’enjeu, donc d’une autre envergure que les émoluments de Pénélope Fillon. Mais ça, bien entendu, on n’ose même pas y penser !

Eric Burnouf       




Le QI des Français a baissé de 3,8 points en 10 ans : record du monde !

Mais où va Le Monde, Monsieur ?

Où va Le Monde ? Ce monument de la presse française, ce « grand quotidien de référence », que les esprits critiques ont décliné en révérence, et qui a tant contribué à la formation de nos élites déconnectées, reviendrait-il à un minimum de sens des réalités ?

Je ne le lis plus guère, mais j’ai tout de même acheté son numéro daté du 4 janvier, car sa Une m’a accroché l’œil. C’était « L’être humain a-t-il atteint ses limites ? » L’enquête, signée Sandrine Cabut et Nathaniel Herzberg et menée auprès de nombreuses sommités de la médecine, de l’anthropologie, de la sociologie et du sport, était à la fois attristante et réjouissante. Ou tristement réjouissante en fait.

Attristante parce que, en effet, l’être humain plafonne, voire régresse.

Pour ce qui est de la taille, Crro-Magnon mesurait déjà plus de 1 m 70, nous dit-on. Ses descendants ont rétréci, mais, depuis un siècle, l’humanité s’est remise à grandir de façon spectaculaire, gagnant environ dix centimètres, avec un record à vingt centimètres pour les Sud-Coréennes. Mais cette progression est inégale. Elle est avérée en Europe et en Asie. Mais pas en Afrique, où la taille diminue… comme si les grands étaient mieux armés pour émigrer. L’explication de cette croissance tient évidemment à une meilleure alimentation, et à un système de santé plus efficace, qui évite des maladies provoquant un retard de croissance chez l’enfant. Des facteurs « environnementaux » donc. Cependant, ces effets s’estompent aujourd’hui et la taille des bipèdes plafonnerait désormais, nous dit-on. Jusque là, le commentaire est innocent. Mais il l’est moins lorsqu’il devient « sociologique », en tangentant le politiquement incorrect.  Et qu’on évoque  par exemple des «  paramètres socio-économiques »  (Alain Froment, anthropologue ). Ainsi, en Allemagne, les enfants dont les parents sont chômeurs sont plus petits (Joerg Baten). D’autres études enfoncent le clou en faisant le lien entre taille et QI : «  Les grands feraient de meilleures études et occuperaient davantage des postes à responsabilités ». Heureusement ce ne sont que des statistiques, qui souffrent des exceptions, sinon, nos grands hommes actuels, Le président Hollande, Manuel Valls, Nicolas Sarkozy et surtout Bernard Cazeneuve, s’insurgeraient… sous le regard narquois de Charles de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing et  Jacques Chirac.

En valeur absolue et par nationalité, les Hollandais sont les plus grands : 1 m 83 de moyenne pour les hommes adultes, 1 m 71 pour les femmes. Simple constat : on ne nous dit pas s’il est plus « valorisant » d’être grand !

S’agissant de la durée de vie, on retrouve un peu les mêmes clivages, environnementaux, médicaux et sociologiques. Avec une tendance générale à l’arrêt de la croissance, voire à un fléchissement, surtout chez les « sans dents ». Jay Olshansky, de l’université de Chicago, s’en alarme, particulièrement « chez les Américains blancs défavorisés ». Apparemment, il ne fait pas bon être un « petit Blanc » sous le grand Obama et sa très longiligne épouse. Espérons que Trump va redonner à ses électeurs populaires et à leurs enfants allonge de bras et allongement de vie.

Les performances sportives, aisées à mesurer comme en athlétisme et en natation, ont fait l’objet de grands soins et de batteries d’études. Et là aussi, le constat est plutôt pessimiste. En gros, les records stagnent. Nous sommes sur un plateau nous dit l’IRMES (Institut de Recherche Biomédicale et d’Epidémiologie du Sport), en rappelant les vieux records de Powell en longueur et de Sotomayor en hauteur. Et les améliorations sont plutôt à mettre à l’actif du matériel (les pistes en athlétisme, les combinaisons en natation), de méthodes d’entrainement très professionnelles, de l’entrée en lice de nouvelles populations (les coureurs de fond de l’Est africain )….  et bien entendu du dopage. La soupe à la tortue fait des miracles, comme en ce jour de 1993 où cinq Chinoises ont toutes battu le record du monde du 3.000 mètres !

Mais c’est surtout au tournant du QI que j’attendais Le Monde. Et là, je n’ai pas été déçu. D’abord parce que l’évolution est claire : le QI des humains est en baisse. James Flynn, professeur émérite à l’université de Dunedin, en Nouvelle-Zélande, et « qui fait figure de pape dans les mesures de l’intelligence » l’annonce sans ambages : « Nos enfants sont plus bêtes que nous et les leurs risquent bien d’être encore plus stupides ». Jugement confirmé par trois chercheurs européens selon qui « Les victoriens étaient plus intelligents que nous » : quatorze points de QI perdus depuis 1884, alors que le niveau avait monté dans la première partie du vingtième siècle ! La référence à une période impériale où les « Natives » n’envahissaient pas leur métropole est peut-être sous-jacente. Mais ce sont les explications qui vont crescendo dans le politiquement incorrect. La première est neutre : «  Nous déléguons certaines tâches intellectuelles aux outils numériques ». Autrement dit, les calculettes, les tablettes et les jeux vidéos nous abrutissent. Alors que « L’intelligence est un muscle qu’il faut entretenir » ( toujours selon ce cher Jim Flynn ). La deuxième est inquiétante mais toujours politiquement neutre. Elle met en cause une alimentation frelatée par les produits chimiques. Pour Barbara Demeneix, l’affaire est entendue. Mais d’autres chercheurs tangentent sérieusement la ligne jaune. Ainsi de Edward Dutton, qui déclare «  Les gens les plus éduqués sont ceux qui font le moins d’enfants et ça finit par se voir ». Un regret qui fleure l’eugénisme inversé ! Mais cette ligne jaune est carrément franchie par ceux qui évoquent l’hypothèse selon laquelle «  Les immigrés tireraient l’ensemble vers le bas » Heureusement, leur nom n’est pas cité et ils sont protégés par le secret des sources, dont bénéficient les interlocuteurs des journalistes. Sinon, aucun doute que le CRAN, le MRAP, la LICRA, et autres leur tomberaient dessus avec gourmandise.

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Dans quel pays la chute du QI est-elle la plus spectaculaire ? Mais chez le Peuple qui fut le plus intelligent du monde, bien sûr ! En France donc, championne du déclassement avec une baisse de 3,8 points en dix ans, le pays le moins atteint en Europe étant la Suède, avec une perte de seulement 0,26 points. Un record dont nous nous serions bien passés. Quel est le génie qui a parlé de «  Chance pour la France » ?

Enfin, en ce début d’année, essayons d’être optimistes. Le Monde cesserait peut-être de s’obstiner dans le déni de réalité ? A défaut de dire des choses à la fois originales et pertinentes, mieux vaudrait, déjà, que le grand quotidien de référence se mette à énoncer des évidences plutôt que des âneries. Et ça, ce serait une bonne nouvelle !

Eric Burnouf




Marion-Florian, halte au feu !

Qu’on se souvienne d’abord de l’excellent article de J-P. Fabre-Bernadac, paru sur un autre site de réinformation et intitulé « La guerre civile est à nos portes, arrêtons de parler de l’âge du capitaine ». Nonobstant l’effet, volontairement choc, d’une guerre civile présentée comme imminente, cet article était frappé au coin du bons sens. Car il signifiait : « A quelques mois d’élections capitales, ne nous adonnons pas à des chicayas sur des sujets mineurs ». C’est donc avec le souci de calmer le jeu, au moins en public, que je voudrais évoquer les sujets de discorde, jusque là internes au FN, mais qui viennent de s’exposer en place publique, en particulier  l’IVG, la ligne Philippot et la gouvernance.

L’IVG, d’où la polémique récente est partie, n’est pas un sujet si mineur que ça, car il cristallise bien des choix de société. Il est clair que Marion Maréchal Le Pen est contre une éventuelle interdiction de l’IVG, mais aussi contre son remboursement par la Sécurité Sociale. C’était encore la position de Marine Le Pen en 2011, mais elle serait passée, depuis, au maintien du remboursement. Les deux positions se défendent. Mais, ce qui est néfaste pour l’image de notre nouvelle Jeanne d‘Arc, c’est que le grand public ne perçoit pas ces subtiles différences entre interdiction et non-remboursement. Une bonne partie des électeurs en déduit qu’elle est tout bonnement pour l’interdiction. Les journalistes se gardent bien de les détromper et, de ce fait, elle donne l’impression d’être sous la coupe de catholiques intégristes et autres émules du Professeur Lejeune. Or ces gens sont à éviter. Quand ils s’inscrivent quelque part, ils apportent une adhésion, la leur, mais ils font fuir 100 personnes normales. Et ce sont ces gens normaux, qui pensent que le mariage est évidemment l’union d’un homme et d’une femme, qui ont fait le succès de la Manif pour Tous. Réduites aux seuls tenants de « Laissez les Vivre » et de Civitas, ces manifestations auraient été squelettiques. Et bien entendu, les adhérents FN étant encore en majorité des gens normaux, elle n’est pas « isolée » comme Florian Philippot l’a déclaré avec une certaine outrecuidance dans une émission très regardée.

La « ligne Philippot » est un sujet autrement complexe. Il recouvre l’économique et le social, sur fond de stratégie électorale, la priorité Identité / Souveraineté et vice-versa, et, osons l’évoquer, l’orientation sexuelle de certains dirigeants, avec ce qu’elle peut impliquer de soutien réflexe aux minorités.

Sur l’économie et le social, sujets intimement liés, je suis pour le libéralisme à l’intérieur. Mais un libéralisme qui protège les gens modestes, principale clientèle électorale des Patriotes même si elle n’est pas la seule. Et cette protection implique le protectionnisme vis-à-vis de l’extérieur. Le libéralisme a pour lui l’efficacité, même s’il est par essence inégalitaire. Alors, il ne faut pas hésiter à redonner de la liberté aux patrons, y compris autant de liberté pour licencier que pour embaucher, avec une nécessaire protection des syndicalistes ! Car la première chose qui les retient d’embaucher, même si leur carnet de commandes est favorable, c’est la crainte de ne pas pouvoir licencier en cas de retournement de tendance. De ce point de vue, la critique mélenchonnesque de la loi El Khomry était pour le moins inopportune. Ne pas spolier les entreprises par un IS que les multinationales savent contourner mais qui frappe sans recours les PME et fait la fortune des avocats fiscalistes et autres experts comptables. Je ne m’étends pas, ça mériterait un long chapitre. Mais, dès lors, comment protéger les travailleurs (j’aime bien la référence à notre Arlette nationale… ) ? D’abord par le protectionnisme par rapport aux pays à dumping social. Mais aussi en exigeant que toute personne qui travaille sur le territoire français ait un contrat de travail de droit français (le plombier polonais y trouvera même son compte), et en interdisant l’usage abusif du CDD et des stages, et, surtout, en luttant contre le travail au noir, ce que l’Inspection du Travail ne fait guère, alors qu‘elle harcèle les entreprises pour des broutilles plus faciles à détecter. Evidemment, le travail au noir des Français est une soupape anti-chômage et peut mériter un peu de souplesse. Mais celui des clandestins ? Et celui-là est souvent plus détectable. Un tour sur les chantiers de BTP des zones urbanisées y suffit. Voir qui sort les poubelles des restaurants des grandes villes à 2 Heures du matin aussi. Et là, il faut expulser. Et sanctionner les employeurs. On n’en parle jamais ! (Incidente : dire qu’on va rendre payante la scolarité des enfants de clandestins me parait malencontreux et inapplicable. Mieux vaudrait interdire de les inscrire à l’école et que les parents les renvoient au Bled ou, plutôt, ne les fassent pas venir !). Quant aux salaires modestes, je suis pour leur relèvement. Mais pas pour la  démagogie de la retraite à 60 ans, sauf pénibilité avérée et entrée très précoce dans le monde du travail. Il y a là sans doute des choses qu’un candidat ne peut pas dire, j’en conviens. Mais on doit donner, et en toute sincérité, une impression de solidarité avec NOS compatriotes des classes moyennes et populaires, sans verser dans la démagogie et l’irréalisme d‘un Mélenchon. Donc, sur ces points, tout n’est pas à rejeter, ni à conserver, dans la  « ligne Philippot ».

Et cette ligne, assez à gauche par rapport au FN conservateur peut-être, est de bonne stratégie électorale. Les gros bataillons de l’électorat FN sont là. Et c’est d’autant plus judicieux que, sur ces critères, Marine a une bonne chance d’être, de tous les grands candidats à la Présidentielle, la seule à tenir un discours socialement de gauche, avec l’imprécateur irréaliste qu’est Mélenchon et peut-être l’incompétent romantique qu’est Montebourg ! Hypothèse qui conduit à souhaiter que la primaire socialiste désigne Valls, Macron lui mangeant par ailleurs la laine sur le dos. On aurait alors un second tour Marine / Fillon, où le Front Républicain aurait bien du mal à jouer en faveur de Fillon. Je me mets donc à croire aux chances de Marine à la Présidentielle, même contre un candidat de droite. Mais ce serait encore meilleur, malgré tout, contre Valls ou Macron, en faveur de qui les travailleurs ne se mobiliseraient guère. Valls ou Macron n’auraient pour eux, dans un deuxième tour, que l’aile droite de la gauche, les Centristes, dont les troupes sont de plus en plus clairsemées, et la petite fraction anti-FN de l’électorat LR. Pas tellement de Front Républicain en perspective non plus.

Mais il faut avoir, en priorité, l’adhésion du socle des sympathisants FN, et accessoirement le soutien ou la neutralité bienveillante de la fraction importante, sinon majoritaire, de l’électorat LR, celle qui partage la position anti-migratoire du FN. Et c’est là que le bât blesse à nouveau dans la ligne Philippot. Chez les militants, on appelle ça « le retour aux fondamentaux ». Inutile de s’étendre : ils ne parlent que de ça ! Et pas pour cautionner la course au vote musulman ou DOM-TOM. De cette complaisance envers les minorités, on passe au diptyque Identité / Souveraineté. Je suis évidemment en priorité pour la première, comme tous ces honnêtes pères de famille qui préféreraient tout de même marier leur fille à un étranger de type européen qu’à un Français de type africain (il ne suffit pas d’aller en pèlerinage à Colombey, il faut aussi se souvenir de ce que de Gaulle en disait à Peyrefitte……). Mais je reconnais sans joie que la seconde est devenue une condition de la première. Cette quasi xénophilie envers les Français d’origine immigrée ou ultra-marine est peu défendable d’un strict point de vue de stratégie électorale, car elle dégoûte l’électorat FN de base. Mais elle trouve parfois son origine dans un réflexe de complicité de toute minorité avec toutes les autres minorités. Et cela vient en plus de la solidarité interne à toute minorité. De ce point de vue, l’entrisme et le noyautage « gay », qui ont pris un tour forcené à la direction du FN indisposent la plupart des gens normaux. Mais pas Frédéric Mitterrand, qui, sur ce point, tresse ironiquement des couronnes à Marine. Et Marion a parfaitement raison de marquer sa désapprobation, de façon plus ou moins feutrée. Là non plus, elle n’est pas isolée ! Je sais que je risque là un procès en homophobie. J’ai des amis homosexuels (ce n’est peut-être pas un bon argument car « Tout antisémite a des amis juifs », selon l’expression consacrée, donc cette entrée en matière peut me rendre aussitôt suspect), mais, de façon toute simple et sans chercher à me dédouaner, c’est la vérité. J’ai donc estime et amitié pour certains excellents militants, de cette chapelle, arrivés ou revenus au FN bien avant le principal conseiller. Mais là, franchement, « Trop, c’est trop ! ». Comme pour l’immigration, on peut parler de « seuil de tolérance ». Au départ, la formule était de l’oncle Mitterrand, ce qui est une caution assez présentable !

J’en viens maintenant à la « gouvernance ». On sait bien que, dès qu’un vent de contestation se lève, dans quelque enceinte de pouvoir que ce soit, nationale ou territoriale, on accuse le chef de gouverner « de façon autocratique ou clanique, voire les deux ». C’est un grand classique ! C’est toujours de bonne guerre et c’est souvent mérité. Plus prosaïquement, je dirais que je comprends parfaitement que le (ou la) chef, déjà accaparé par un agenda surchargé, n’ait pas le temps de lire ou écouter tout, ni même une partie significative de, ce que lui adressent un tas de gens bien intentionnés et parfois avisés. On doit donc s’en remettre au filtre de quelques privilégiés de l’entourage du chef et bénéficiant de sa confiance. Mais il faut tout de même que le filtre laisse filtrer des choses et qu’elles provoquent une réaction pertinente. Je plaisante à peine ! En somme, je ne crois pas que Marine soit absolument autiste, et j’en reviens à l’âge du capitaine.

Gilbert Collard, que j’apprécie beaucoup et dont j’adore le talent d’orateur ravageur et désopilant, qui en fait un si bon client des médias, n’a pas raté l’occasion d’une grosse galéjade, volontaire ou pas, avec sa proposition de primaire interne, pour faire comme l’alliance LR-Centre et le PS. Mais qui n’en dit pas ? On lui pardonne bien volontiers, d’autant que ce fut un grand moment. Qu’aurait-on gagné à voir se chicorer publiquement et plus ou moins élégamment, Marion, qui concourt encore dans la catégorie Espoirs, Bruno Gollnisch, dont je reconnais les qualités intellectuelles mais représentant la catégorie Vétérans, et accessoirement trop proche des cathos tradis, Collard lui-même, à qui le rôle d’électron libre va comme un gant, et enfin la Présidente, seule légitime et concourant en catégorie Seniors (au sens des fédérations sportives, donc dans la force de l’âge) ?

On aurait pu aussi penser à un grand Congrès, en avançant la date statutaire. Mais il est trop tard. Il ne pourrait pas, matériellement, se tenir avant fin Février. Et, à deux mois de la première grande échéance, l’idée est absolument inopportune. Je sais bien qu’on ne pratique pas au FN le système des motions, cher aux socialistes, ce qui donne, dans un premier temps, une bataille de chiffonniers, comme à leur fameux Congrès de Rennes, puis, au moment de la synthèse, de la bouillie pour les chats, cuisine dans laquelle le chef Hollande a longtemps excellé mais dont personne ne veut plus apparemment, puisque les primaires actuelles dégagent ou semblent vouloir dégager des candidats clivants. Dans un congrès FN, les motions sont remplacées par les scores dans l’élection au Comité Central. C’est tout de même plus suave. Et je pense que Marion aurait encore amélioré le score qui fut le sien au Congrès de Lyon…  L‘occasion de mesurer son degré d’isolement ! Mais mieux vaut attendre l’après Juin 2017.

Etant donné le calendrier, il n’y a donc plus qu’à espérer dans la sagacité de la Présidente et la capacité de persuasion de ses conseillers. Au pluriel bien sûr !

Eric Burnouf




Après Al-Azhar, Mayotte : j’en ai marre de la course au vote musulman !

marinemayotteLe voyage de Marine Le Pen à La Réunion et à Mayotte et certains commentaires enthousiastes qui l‘ont suivi, m’ont paru aussi désopilants que l’idée d’un Michel Debré voulant repeupler la Creuse avec des Réunionnais, de préférence issus de sa circonscription exotique. Mort de rire diraient les jeunes !

Mais ça ne m’a pas du tout fait rire. J’ai même trouvé tristement grotesques ces images où l’on voyait Marine Le Pen « adoubée par les cadis de Mayotte ». Cette île qu’un bling bling toqué d’orientalisme à ses heures a transformée en département français est, avec la Guyane, Lampedusa et les îles grecques, l’un des principaux entonnoirs où se déposent des clandestins, destinés à devenir au fil du temps, eux et leur progéniture « née sur le territoire français », Français de papier et  « chances pour la France ».

Le Front National et sa présidente se ridiculisent et désorientent la plupart de leurs militants en se prêtant à cette farce. La mission historique du Front National est au contraire de s’opposer à la destruction de la  civilisation européenne par l’invasion islamique. Elle est donc de refouler cette religion et les tenants de son livre saint, qui est un ouvrage de fous, prônant la barbarie, la conquête et la violence. Il faut être aveuglé par la nostalgie de l’Empire pour ne pas voir cette colonisation à rebours et nier ce « Grand Remplacement » des peuples d‘Europe par des populations qui ne se tiennent tranquilles ( et pas unanimement… ) qu’en attendant d’être majoritaires sur notre terre grâce aux ribambelles d’enfants qu’elles y plantent.

Je veux croire que Marine, qui reste, volens nolens, pour les Patriotes, leur seule candidate possible à la prochaine Présidentielle, n’est allée se faire adouber chez les marabouts de Mayotte qu’après avoir été, dûment et j’espère temporairement, maraboutée par son principal conseiller. A ce propos, on peut recommander le dernier numéro de Vanity Fair, périodique people qui est tout de même d’un niveau supérieur à Closer. Ce journal consacre à Florian Philippot, son frère Damien, son entourage et ses respectables et valeureux parents, hussards de la République, un article de dix pages, luxueusement présenté et illustré, et d’une qualité rédactionnelle certaine. Il devrait enchanter la bobosphère du Marais !

Je ne suis pas contre le populisme économique et social de Florian Philippot, à condition qu’il ne verse pas dans l’excès de démagogie et qu’on reconnaisse qu’il implique un protectionnisme sans faille. Quitter l’OMC est aussi important que quitter éventuellement l’Euro et l’UE. Je place l’identité avant la souveraineté, mais, les institutions européennes étant ce qu’elles sont, la souveraineté est devenue la condition de l’identité. Ce n’est pas, pour moi, un but en soi, mais je l’accepte comme telle. Par contre, la course au vote musulman et ultra-marin me révolte. Alors, comme on dit, « Il est temps que ça s’arrête ! ».

Eric Burnouf 




Le match à trois qui se prépare : Fillon-Macron-Marine

macron-se-sauvePour un « spectateur engagé », ( la formule n‘est pas de moi ), mais désormais beaucoup plus spectateur qu’engagé, la vie politique française traverse une période passionnante, avec ces primaires de la droite et du centre et le lancement de la campagne d’Emmanuel Macron.

La participation à ces primaires prouve que les Français s’intéressent toujours passionnément à la politique. Il est vrai qu’ils ont l’impression de choisir le futur Président six mois à l’avance. Tout le  monde le dit. Je n’insiste pas.

On a beaucoup souligné aussi le « plantage » des instituts de sondage. Et pas d’un peu ! Pour le Brexit et pour l’élection de Donald Trump, l’erreur fut de 2 ou 3 points. On était dans la marge normale. Mais là, l’erreur fut de 10 points en faveur de Juppé comme de Sarkozy et de 20 points en défaveur de Fillon. A ce niveau, ce ne sont pas les instituts de sondage qui se trompent, mais plutôt les sondés qui mentent. Ou qui, plus probablement, répondent, de bonne foi, autre chose que le choix qu’ils font finalement. J’imagine ainsi qu’ils font une réponse conforme à ce qu’on attend d’eux ( un « grand » candidat ), mais qu’au dernier moment, ils choisissent le candidat de leur cœur. Et de ce point de vue, Fillon était un très bon candidat, avec cet air à la fois posé et déterminé qui plait tant à l’électorat de la droite traditionnelle.

Deuxième remarque, propre à décourager les militants et les relais départementaux des candidats : leur activisme ne sert pas à grand-chose, car, pour ces élections nationales, tout ou presque se passe à la télé. Je lis les principaux journaux locaux. Sans doute pas de A à Z, donc certaines choses peuvent m’échapper. Mais, en matière de réunion de soutien, je n’y ai vu aucun écho de réunion en faveur de Fillon, malgré le soutien du président du Conseil Départemental, et pas grand-chose en faveur de Juppé. Par contre, j‘ai vu, dans la principale ville de mon département, une très belle réunion en faveur de Sarkozy et une réunion plus modeste en faveur de Bruno Le Maire. Quand aux affiches, je n‘ai vu que du Le Maire en campagne et du Juppé en ville. Pour les résultats qu‘on sait. Que de peine perdue pour les organisateurs de réunions et les militants !

Mais quid de la suite ? Apparemment, à droite, Fillon a tué le match d’emblée. Sarkozy et Le Maire se reportant sur Fillon, Juppé ne pourrait gagner au deuxième tour qu’avec un vote massif d’électeurs de gauche, qui jetterait immédiatement le discrédit sur son élection.

Et à gauche ? Je regardais lundi soir, sur France 3, l’émission consacrée à Emmanuel Macron. En cinquante ans d’observation de la politique française, j’ai rarement vu une émission de cette qualité. Le candidat est exceptionnel, même si, à ce stade, on ne connaît pas les propositions concrètes qu’il mettra sur la table. Propositions dont il ne faut pas exagérer l’importance d’ailleurs, car, si les candidats et leur entourage parlent poliment de « projet contre projet », pour les électeurs, qui n’ont ni le temps ni le goût de lire les programmes et, de plus, n‘y croient guère, c’est évidemment « personnalité contre personnalité ». Ce jeune homme est donc exceptionnel. Mais la prestation de ses soutiens ne l’était pas moins. Son épouse d’abord, et leur histoire hors norme, qui débuta par des cours de théâtre. Et deux pointures de l’intelligentsia et des affaires : Jacques Attali, toujours aussi brillant et moins déconnecté que d’habitude par rapport au sentiment populaire, et le médiaphobique François Henrot, pilier de chez Rothschild et qu’on ne voyait jamais à la télé. Cambadélis a proposé à Macron de revenir disputer la primaire de gauche au lieu de faire cavalier seul. Ce ne sont pas mes affaires, mais l’idée me parait judicieuse. En revenant, il cesserait apparaître comme un diviseur. Et s’il perd cette primaire, il a le temps devant lui, sans porter l’image du trublion. Seul inconvénient, son épouse, avec son humour ravageur, trouve qu’en 2022, elle serait un peu vieille comme candidate Première Dame. On a envie de la rassurer : en 2022, sinon plus, elle sera toujours une potentielle Première Dame très représentative. Et d’ailleurs, perdrait-il cette primaire ? Je n’en crois rien. Il ringardiserait immédiatement Valls et Hollande. Il cantonnerait Martine Aubry dans son rôle de Dame des 35 Heures, entêtée et sectaire. Et comme il serait le symbole d’une gauche éclairée, il soulignerait la romantique incompétence de Montebourg. Quand à Mélenchon, son bagout serait carrément passé de mode.

Le match à trois qui se dessinerait alors, entre Macron, Fillon et Marine Le Pen, s’annoncerait de toute beauté. Vive la politique française !

Eric BURNOUF