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Le dernier livre de Pierre-André Taguieff confirme les propos de Christine Tasin, n'en déplaise à M. Todd

Sur la question de l’Islam en Europe, il n’y a pas la bonne pensée « du haut » et la mauvaise pensée « du bas » !
On savait les intellectuels français (« intellectuels » au sens sociologique que terme, bien entendu) très imbus de leur pseudoscience, érigée en « brevet d’intelligence », laquelle les autorise croient-ils à parler toujours de haut sur tous les sujets (y compris, donc, ceux qu’ils ne connaissent pas, et ne veulent pas connaître), et aussi a mépriser et à disqualifier d’office la parole qui viendrait d’un peu « plus bas ».
On en a encore eu la démonstration récemment avec le penseur officiel Emmanuel Todd, dans l’émission de Taddéï (Ce soir ou jamais sur France 3) consacrée à la montée de Marine Le Pen, et déjà commentée sur le site de RL, émission dans laquelle Todd s’en ai pris à Christine Tasin, en qualifiant de « conneries » ses propos sur le problème de l’islamisation de la France, et les premières conséquences de celle-ci au quotidien, à commencer par l’école et l’hôpital.
Visiblement, le plus grand tort de Christine Tasin n’était pas de parler de l’Islam en France (quoique…) mais finalement de ne pas être une personnalité suffisamment éminente, jouissant, notamment dans les médias, du même genre de prébendes que celles dont jouit le Sieur Todd. Tout ce que pouvait dire Christine Tasin, ne pouvait donc être, à ce compte-là, que des « conneries » de bas étages. Le bas peuple non autorisé qu’elle semblait incarnée à ses yeux, ne sait rien, ne comprend rien, et divague au gré de ses fantasmes. Ce bas peuple n’a pas les moyens intellectuels de comprendre la réalité, et le quotidien qu’il vit (ou plutôt subit) ne l’informe sur rien.
La vraie information, la bonne, seuls des gens comme Emmanuel Todd y ont accès (c’est bien connu) Et d’après les informations de M. Todd, il n’y a pas de problème avec l’Islam en France, pas d’islamisation rampante, pas de problème à l’école avec l’Islam, pas de problème à l’hôpital avec l’Islam, pas de problème dans les entreprises et les administrations avec l’Islam, pas de hallalisation, pas de prières dans les rues, pas de niqab ou de hijab non plus. Sinon, vous pensez bien, son excellence en aurait tout de suite été informée…
Devant un tel mépris des pseudo-élites prétentieuses et arrogantes, il ne faudrait cependant pas se laisser aller à sombrer dans un vile « populisme » dont on aurait vite fait de nous accuser, à peu de frais, et bien garder à l’esprit que heureusement il existe encore des chercheurs, des universitaires, des spécialistes reconnus, y compris médiatiquement, chez qui on peut entendre un tout autre son de cloche. Ainsi, nous croira-t-on peut-être un peu mieux si ce que raconte Christine Tasin et d’autres, ici ou ailleurs, n’est pas le simple fruit d’une observation empirique du quotidien, un vague recueil de témoignage, au ras de la conscience phénoménologique, mais fait aussi largement écho à ce qu’on peut lire et apprendre dans divers ouvrages très documents, tel s rapports officiels, tels essais, et dont les informations sont difficilement contestables (mais qu’on s’ingénie évidemment à passer sous silence).
Parmi les essais récents qui peuvent donner à nos analyses une caution plus qu’honorable (pour faire plaisir à Emmanuel Todd), je citerai volontiers le dernier livre de Pierre-André Taguieff, La nouvelle propagande antijuive (2010) [1], qui est largement autant un essai sur la propagation à l’échelle internationale de la judéophobie, qu’un essai sur la poussée islamiste mondiale (corrélativement). Ce livre, n’en déplaise à M. Todd, s’achève sur une conclusion qui ne fait, malheureusement, que confirmer nos analyses sur l’islamisation de l’Europe, par la stratégie des « petits pas » et de la taqiya, et dont je joins ici un extrait tout à fait édifiant, de sorte qu’on ne puisse plus nous objecter qu’il s’agirait là de pures « conneries ».
A bon entendeur, salut !
Etienne Baschy
[1]Voir également : Préface du livre de Matthias Küntzel, Jihad et haine des Juifs, publié le 12 octobre 2009, par Pierre-André Taguieff (http://ripostelaique.com/Preface-du-livre-de-Matthias.html)




Le dernier livre de Pierre-André Taguieff confirme les propos de Christine Tasin, n’en déplaise à M. Todd

Sur la question de l’Islam en Europe, il n’y a pas la bonne pensée « du haut » et la mauvaise pensée « du bas » !
On savait les intellectuels français (« intellectuels » au sens sociologique que terme, bien entendu) très imbus de leur pseudoscience, érigée en « brevet d’intelligence », laquelle les autorise croient-ils à parler toujours de haut sur tous les sujets (y compris, donc, ceux qu’ils ne connaissent pas, et ne veulent pas connaître), et aussi a mépriser et à disqualifier d’office la parole qui viendrait d’un peu « plus bas ».
On en a encore eu la démonstration récemment avec le penseur officiel Emmanuel Todd, dans l’émission de Taddéï (Ce soir ou jamais sur France 3) consacrée à la montée de Marine Le Pen, et déjà commentée sur le site de RL, émission dans laquelle Todd s’en ai pris à Christine Tasin, en qualifiant de « conneries » ses propos sur le problème de l’islamisation de la France, et les premières conséquences de celle-ci au quotidien, à commencer par l’école et l’hôpital.

Visiblement, le plus grand tort de Christine Tasin n’était pas de parler de l’Islam en France (quoique…) mais finalement de ne pas être une personnalité suffisamment éminente, jouissant, notamment dans les médias, du même genre de prébendes que celles dont jouit le Sieur Todd. Tout ce que pouvait dire Christine Tasin, ne pouvait donc être, à ce compte-là, que des « conneries » de bas étages. Le bas peuple non autorisé qu’elle semblait incarnée à ses yeux, ne sait rien, ne comprend rien, et divague au gré de ses fantasmes. Ce bas peuple n’a pas les moyens intellectuels de comprendre la réalité, et le quotidien qu’il vit (ou plutôt subit) ne l’informe sur rien.

La vraie information, la bonne, seuls des gens comme Emmanuel Todd y ont accès (c’est bien connu) Et d’après les informations de M. Todd, il n’y a pas de problème avec l’Islam en France, pas d’islamisation rampante, pas de problème à l’école avec l’Islam, pas de problème à l’hôpital avec l’Islam, pas de problème dans les entreprises et les administrations avec l’Islam, pas de hallalisation, pas de prières dans les rues, pas de niqab ou de hijab non plus. Sinon, vous pensez bien, son excellence en aurait tout de suite été informée…

Devant un tel mépris des pseudo-élites prétentieuses et arrogantes, il ne faudrait cependant pas se laisser aller à sombrer dans un vile « populisme » dont on aurait vite fait de nous accuser, à peu de frais, et bien garder à l’esprit que heureusement il existe encore des chercheurs, des universitaires, des spécialistes reconnus, y compris médiatiquement, chez qui on peut entendre un tout autre son de cloche. Ainsi, nous croira-t-on peut-être un peu mieux si ce que raconte Christine Tasin et d’autres, ici ou ailleurs, n’est pas le simple fruit d’une observation empirique du quotidien, un vague recueil de témoignage, au ras de la conscience phénoménologique, mais fait aussi largement écho à ce qu’on peut lire et apprendre dans divers ouvrages très documents, tel s rapports officiels, tels essais, et dont les informations sont difficilement contestables (mais qu’on s’ingénie évidemment à passer sous silence).

Parmi les essais récents qui peuvent donner à nos analyses une caution plus qu’honorable (pour faire plaisir à Emmanuel Todd), je citerai volontiers le dernier livre de Pierre-André Taguieff, La nouvelle propagande antijuive (2010) [1], qui est largement autant un essai sur la propagation à l’échelle internationale de la judéophobie, qu’un essai sur la poussée islamiste mondiale (corrélativement). Ce livre, n’en déplaise à M. Todd, s’achève sur une conclusion qui ne fait, malheureusement, que confirmer nos analyses sur l’islamisation de l’Europe, par la stratégie des « petits pas » et de la taqiya, et dont je joins ici un extrait tout à fait édifiant, de sorte qu’on ne puisse plus nous objecter qu’il s’agirait là de pures « conneries ».
A bon entendeur, salut !

Etienne Baschy

[1]Voir également : Préface du livre de Matthias Küntzel, Jihad et haine des Juifs, publié le 12 octobre 2009, par Pierre-André Taguieff (http://ripostelaique.com/Preface-du-livre-de-Matthias.html)




L'énorme responsabilité de certains médias dans les appels au meurtre qui touchent RL et RR

Comme vous le savez, mes rares interventions sur Riposte Laïque ont toujours été un peu « décalées », si je puis dire, dans la mesure où elles m’ont toujours montré un peu en retrait ou en marge: on m’a souvent classé dans les « esprits libres » et je pense avec raison. J’ai toujours refusé de m’identifier à un groupe ou à un courant de pensée, préférant, comme disait Dante, « former un parti à soi seul »..
Il n’en reste pas moins que, malgré quelques désaccords avec Riposte Laïque mais aussi avec Résistance Républicaine (sur lesquels je reviendrai peut-être si vous m’y invitez) : la situation en France est devenue intolérable, et on a franchi un pas de plus dans l’inacceptable avec des menaces de mort contre ceux qui souhaitent (« Ah, la malsaine prétention! » comme disait l’autre…) user de leur liberté d’expression.
Je crois que ces condamnations à mort (quand on sait qui fait la loi désormais dans ce pays, pourquoi parler de simples menaces?) contribuent à donner raison aux « fantasmes » de RL et de RR.
Quant à moi-même, qui ne m’imagine pas pouvoir avoir été autre chose qu’un résistant pendant la seconde guerre mondiale, j’aurai l’impression de n’être en réalité qu’un collabo sans courage si je ne soutenais pas Christine Tasin contre le scandale que constituent ces menaces.
Je voudrais aussi dire un mot sur l’immense responsabilité des médias et de certains journalistes et ou commentateurs/écrivains dans ce genre d’appel au meurtre. J’estime que l’on a le droit de critiquer RL et RR, de ne pas être d’accord avec (tout ou partie de) ce qu’ils disent, ou avec leurs manières d’agir. Mais on ne peut pas décemment montrer du doigt, comme raciste, xénophobe, nazi, d’extrême droite, des associations qui ont toujours prouvé dans les mots et dans les actes, qu’elles n’étaient rien de tout cela.
Bien sûr, RL et RR ont choisi une « forme d’oecuménisme » qui peut paraître contestable, laissant penser que RL et RR partagent les mêmes opinions que ceux qu’elles laissent s’exprimer librement et avec qui elles peuvent occasionnellement militer, quand l’essentiel est en jeu. On constatera déjà que ce fait même place RR et RL loin de tout sectarisme et de tout extrémisme (ce dont pourtant on les accuse!) D’autre part, certaines positions, hier encore identifiées au FN et à l’extrême droite, sont aujourd’hui soutenues (loin de tout racisme et de toute xénophobie) par des personnalités, connues ou peu connues, de toutes obédiences (religieuses ou politiques), de toutes sensibilités. Des gens de gauches, parfois même des hommes et des femmes proches de SOS Racisme, et des Verts (!) ne s’imaginent plus une seconde s’autocensurer et ne craignent plus d’être eux-mêmes, à leur tour, taxés de fascistes ou de dérive extrémiste. Ils ont décidé eux aussi de dire la vérité (comme l’ont déjà fait certains maires dits « communistes »)
L’honnêteté intellectuelle n’est pas un crime qui mérite que l’on soit menacé de mort. Dire la vérité aujourd’hui est aussi la volonté d’éviter le pire.
Plutôt que d’enfoncer et de dénigrer systématiquement les gens de RL ou de RR, il vaudrait mieux les remercier d’agir pour éviter la guerre civile dans ce pays.
Quant à leur militantisme, certes acharné et offensif, il n’est rien d’autre que la conséquence de l’incurie et même de la complicité/complaisance des gouvernements et des parlementaires de ce pays à l’égard des menaces réelles qui pèsent sur notre Nation et notre République. Plutôt que de leur reprocher de protester et de manifester, contre l’islamisation, par exemple, on ferait mieux je crois de se demander pourquoi ils en sont réduits là, à défendre bec et ongle, et presque seuls, ce qui semblait pour toujours acquis!
Tout ceci bien entendu est un appel très clair aux différents pouvoirs (politiques, médiatiques) qui, dans ce pays, ont la possibilité d’agir et de s’exprimer plus largement, auprès d’une plus large audience, et avec l’autorité que l’on sait, mais qui ont décidé d’user de leur pouvoir contre les intérêts vitaux de leur propre pays.
Comme je l’ai, je crois, assez bien montré, on peut dire qu’en ce moment la roue est en train de tourner et le vent aussi, en faveur de nos idées. Puisse ce vent là, mesdames et messieurs les médiatiques et les politiciens, venir bientôt vous emporter!
Etienne Baschy




Ces pseudo-élites, fascinées par le modèle anglo-saxon, qui veulent gommer la France…

Les confessions d’un anglomane français

La question linguistique et culturelle intéresse, je crois assez peu, Riposte Laïque et Résistance Républicaine. C’est, je le pense, un tort. On ne saurait oublier, en effet, que si l’islamisme est notre ennemi intérieur et extérieur, l’anglomanie actuelle (pour ringarde et rétrograde qu’elle puisse être) ne constitue pas moins aujourd’hui un danger tout aussi important, qui partage avec le premier quelques traits communs.
D’abord, parce qu’il s’agit dans les deux cas d’une offensive extérieure, qui trouve des soutiens et des relais très nombreux et très influents à l’intérieur même de nos frontières, par le biais (mot ici très polysémique) de nos pauvres « élites » françaises, qui n’ont décidément pas la même vision que nous du passé, du présent et de l’avenir. On ne compte plus, en effet, les attaques (répétées) des faiseurs d’opinions anglo-saxons contre la France, sa culture, sa langue. Du Times à Time Magazine, ce sont toujours les mêmes méthodes : notre supposé déclin, notre supposée défaite, sont devenus pour beaucoup de journaux anglo-saxons, de véritables marronniers. Comme s’il s’agissait pour eux, non d’affirmer tranquillement une vérité définitive (sinon, pourquoi la rabâcher ?) mais plutôt pour persuader, et surtout se persuader, du déclin ou de la défaite de la langue et de la culture française. Cela ne s’adresse évidemment qu’aux esprits faibles, ou mal renseignés, qu’il faudrait à tout prix maintenir dans l’erreur. Mais cela participe surtout de l’auto-persuasion.
Ce travail psychologique (Sollers l’a depuis longtemps bien montré) vise à mettre dans la tête des gens non pas ce qui est mais ce que certains voudraient : il faut absolument convaincre (ou plutôt persuader) les français que leur culture et leur langue ne sont plus qu’une chose morte, perdue dans les limbes de l’Histoire, justement parce qu’elles constituent, au contraire, un obstacle solide à l’hégémonie anglo-saxonne et au triomphe planétaire et sans partage du capitalisme et de sa sous-culture d’uniformisation par le bas. Ainsi, la culture française est-elle précisément attaquée en tant que culture aristocratique, et porteuse d’une tradition élitiste particulièrement offensante, parce seule capable, comme telle, de résister à l’idéologie infantilisante et abêtissante des tenants de l’ultra-libéralisme anglo-saxon. Seule des peuples incultes ou acculturés peuvent vraiment, succomber à ses charmes et s’y convertir sans même y penser.
Le parallèle avec l’islam, qui cherche à ringardiser la laïcité pour s’imposer sur notre sol est tout à fait saisissant, et de même que l’islamisme trouve des soutiens et des relais auprès des « élites » françaises pour s’imposer, de même l’anglomanie trouve chez ces mêmes pseudo-élites françaises ses nouveaux condottiere, idiots utiles qui croient sans doute mener la guerre pour leur propre compte; et même si certains savent très bien pour qui et pour quoi ils mènent la guerre (un certain Monsieur K.)
Dans le camp des naïfs, le plus bel exemple récent de « dhimmitude » envers l’Imperium anglo-américain, nous vient d’un certain Frédéric Martel, pseudo-élite à plusieurs casquettes, comme toutes nos pseudo-élites, qui aiment tant les monopoles. Celui-ci est, si on en croit certaines sources, écrivain, journaliste, sociologue, animateur d’une émission sur France Culture, et fut, tout à tour mais aussi parfois simultanément : chef du Bureau du livre à l’Ambassade de France en Roumanie, chargé de mission au Département des affaires internationales du Ministère de la Culture, conseiller de Michel Rocard, conseiller technique au cabinet de la Ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Martine Aubry (tiens, tiens…), chercheur à l’EHESS et conseiller du président de cette institution – Jacques Revel -, attaché culturel à l’Ambassade de France aux Etats-Unis, co-fondateur avec Martin Hirsch (tiens, tiens…) de l’Agence nouvelle des Solidarités actives, co-rédacteur du rapport de Bernard Kouchner (tiens, tiens…) sur le service civique, membre du Centre d’analyse et de prévisions du Ministère des Affaires étrangères, et j’en oublie sûrement…

Cet adolescent attardé, au cerveau ramolli par la sous-culture anglo-capitaliste niaise et illusoire, s’est en effet fendu d’un article dans Le Point du 08 juillet 2010, au titre en tout point éloquent : « Français, pour exister, parlez English ! » Autrement dit, si vous parlez français, vous n’existez pas, ou en tout cas, c’est que vous ne souhaitez pas exister. « L’imbécile le plus convaincu de son époque » y assène avec optimisme, et même je crois avec conviction et avec le sentiment d’être un brillant intellectuel, les pires sottises, et les pires contre vérités qui puissent être dites sur la langue et la culture française aujourd’hui. On notera d’abord la tendance chez ce monsieur pas très impartial, à sans cesse minimiser le poids et l’influence réels de notre culture et de notre langue, et à exagérer au contraire, le poids et l’influence de langues et de cultures dont on voit mal en quoi elles brilleraient particulièrement (mais sans doute le critère est-il l’appartenance à un ancien empire colonial autre que français…)
Ainsi nous explique-t-il que le nombre de francophones (dits « réels ») dans le monde, ne se situerait « probablement » qu’entre 150 et 200 millions – alors que des statistiques très sérieuses prouvent qu’ils sont au moins 200 millions à parler le français quasi-quotidiennement et à un très bon niveau (c’est cela être un francophone « réel ») -, et pour nous expliquer ensuite que face (entre autres) au hindi, à l’ourdou, au Bengali, comme au Russe et au Mandarin, « le français ne pèse plus ».
Mais qui sont donc ses informateurs et ses maîtres à penser ? Car un tel personnage se doit d’avoir des informateurs et des maîtres à penser, tant il semble incapable de s’informer et de raisonner par lui-même. Les francophones ayant un niveau et une régularité de pratique inférieurs à ceux des francophones dits « réels », sont pourtant, rien que dans l’espace dit « francophone », plusieurs centaines de millions, qui s’ajoutent aux 200 millions qui le parlent presque tous les jours, et fort bien, ce qui fait beaucoup de monde (mettons : pas loin de 500 millions de personnes)
D’autre part, ce Martel veut oublier que des centaines de millions de francophones « réels » ou « occasionnels » (selon la terminologie de l’OIF) vivent, étudient, travaillent, échangent dans notre langue sur les cinq continents, ce qui n’est pas le cas des populations asiatiques ou eurasiatiques qu’il cite benoîtement. Il veut oublier que parmi les nations totalement ou partiellement francophones, on compte des membres du sacro-saint G8 (France, Canada…sans parler du cas particulier des Etats-Unis où le français est somme toute la troisième langue la mieux représentée, après l’anglais et l’espagnol)
Celui-ci nous explique, par ailleurs, que la francophonie décline partout, alors qu’elle connaît, au contraire, un net regain dans les pays du Maghreb, et particulièrement au Maroc, et gagne du terrain à Maurice, ou même en Suisse, sans parler du fait que les tendances démographiques actuelles sont favorables aux francophones un peu partout dans le monde, et par exemple en France, au Canada (le Québec connaît une forte augmentation de sa natalité), mais aussi en Belgique (taux de natalité des Bruxellois et des Wallons supérieur désormais à celui des Flamands) : on notera qu’il s’agit là de pays modernes, riches et développés….
Enfin, comme tout se tient (mon raisonnement finalement comme le sien), on ne s’étonnera pas d’entendre notre ami parler d’un renouvellement et d’une redynamisation de « notre langue » (mais est-ce bien encore la sienne ?) qui, comme par hasard, s’appuieraient « sur le français des quartiers, source permanente d’invention linguistique », notre homme s’émerveillant devant ces « milliers de mots en verlan qui enrichissent notre langue », et qu’il faudrait valoriser « dans les dictionnaires et les écoles. » S’en suit une invite à piocher avantageusement dans le néo-vocabulaire des blogs, des SMS, des « posts », de Twitter, « véritables laboratoires de la langue française. »
Il existe donc encore plus naïf et suicidaire que les idées d’Attali, ce qui est en soi un exploit (si notre homme a également eu l’occasion de rencontrer Mitterrand, qu’est-ce que ce dernier a donc bien pu lui faire croire, à lui aussi…) Je crois que ce monsieur Martel n’a pas compris que c’est justement tout cela : l’anglais « globish », le parler des banlieues, qui est ringard, et condamné à mourir, parce qu’il n’y a là-dedans rien qui soit assez solide pour servir de fonds baptismaux à une civilisation viable, et digne de ce nom…
Etienne Baschy
(1) Bernard Kouchner, l’homme qui aurait préféré ne pas être français, et regrette amèrement de ne pas être anglais, lui qui pourtant ne sait même pas parler correctement la langue de Shakespeare. Tout le monde a encore en mémoire la déclaration hilarante de notre diplomate, prononçant: « we will eat them » au lieu « hit them »…) Mais on pourrait citer aussi M. Alain Minc, auteur de La Mondialisation heureuse ( !) , qui idolâtre l’Amérique et le Royaume-Uni, et s’était plaint un jour, lors d’un débat télévisé (« On n’est pas couché », France 2) que la France n’ait pas colonisé l’Inde comme les Anglais, plutôt que le Tchad (ce qui est, bien entendu, sur le plan historique, une belle ineptie !)
(2) http://www.lepoint.fr/culture/francais-pour-exister-parlez-english-08-07-2010-1212478_3.php




La chasse aux Français est ouverte

L’ennemi intérieur

La chasse aux Français est ouverte. A tout ce qui est français. Elle s’organise, et s’accélère. Dans le collimateur, donc : le peuple français, bien sûr, mais aussi sa langue, ses usages, son Histoire, son avenir comme Nation.
Mais d’où nous vient donc cette attaque féroce, et obsessionnelle ? De nos rivaux britanniques ? Américains ? Ils n’ont jamais caché leur désir de nous battre sur tous les terrains, pour s’assurer un véritable « leadership » mondial. C’était cependant toujours, je crois, sans le désir de nous tuer complètement, conscients qu’ils étaient de ce qu’il y avait malgré tout à ménager et à respecter chez l’adversaire. Des Russes, alors ? Des Chinois ? Mais non ! Nous sommes pour eux des concurrents parmi d’autres, et le rêve de France, là-bas, est peut-être plus fort que jamais. Alors, qui sont donc ces fanatiques ? D’où vient cette attaque féroce et obsessionnelle, qui par ailleurs se renforce ?
Hé bien, elle nous vient en réalité de plus près (si l’on peut désormais dire…) : elle nous vient de nos chères « élites » françaises ! Et l’attaque est directe, frontale, sans ambages, et sans ambiguïté aucune. Nos ennemis de l’extérieur, eux, se cachent un peu, manient le double langage, le sous-entendu, affichent quelques scrupules. Les « élites » françaises ? Non !
Ainsi, des ministres importants du gouvernement français peuvent-ils, sans trembler, et sans afficher la moindre gêne ou le moindre remord, faire les déclarations les plus ouvertement hostiles au fait français, niant en bloc, et son passé et son avenir. Sans que l’on sache encore s’il s’agit-là d’une névrose ou d’une psychose, nos « élites » malades ne supportent pas la France, ne supportent pas les Français. Tout de qui est français leur fait horreur. On ne sait plus très bien qui, dans le gouvernement, a inauguré ce festival d’étranges paroles proférées à l’encontre d’une France si insignifiante et surtout, coupable d’exister. Est-ce monsieur Eric Besson, Ministre de l’immigration et de l’identité nationale (la bonne blague), qui n’a pas trouvé du tout anormal, ni même scandaleux d’affirmer, et avec quel extraordinaire aplomb, lors d’une visite en « banlieue » au début de l’année 2010 , que la France n’était pas une Nation avec une langue et un territoire (ah bon ?), qu’il n’y avait pas de peuple français (on a bien berné notre monde pendant des siècles !), qu’il n’y avait pas « de Français de souche » (c’est ce qui s’appelle être logique ou avoir l’esprit de suite), et enfin que la France était « un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble» (depuis quand ? et le veulent-ils vraiment ?)

En des temps pas si lointains, un ministre de la République aurait-il eu l’audace de dire cela ? Ou même, simplement, de le penser ? Et s’il l’avait fait, n’aurait-il pas été inquiété ? N’aurait-il pas du se censurer, ou l’être ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est inquiétant. Quant à monsieur Bernard Kouchner, ministre d’on ne sait plus trop quoi (du sac de riz ?), l’a-t-on invité comme en temps de guerre à lancer contre nous la première salve, conformément à une politesse bien française : « Messieurs les anglais, tirez les premiers » ?
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y est pas allé de main morte, en suggérant, avec le même aplomb que son collègue Besson, mais dans un livre daté de 2006, que « l’anglais est l’avenir de la francophonie » ! Autrement dit, l’anglophonie est l’avenir de la France et du monde que celle-ci a créé, et c’est un ministre de la France qui vous le dit. Le même regrettait il y a plus longtemps encore que Paris ne soit pas Londres… L’obsession anti-française de cet homme est donc particulièrement tenace, et qu’un ministre de la République ait pu dire cela, sans avoir à se dédire, est encore une fois inquiétant.
Mais ce qui est tout aussi inquiétant, c’est le silence de son Président (il n’est plus reconnu comme tel que par ses ministres). Monsieur Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa, dont les beaux discours sur la francophonie résonnent comme ceux sur la Turquie, a-t-il simplement remis en cause les propos de son ministre ? A-t-il seulement fait une déclaration visant à rectifier le tir ? Ne serait-ce que pour rassurer, une fois Kouchner en poste, les quelques 70 Etats membres de l’OIF et leurs populations ? Vraisemblablement jamais ! Et pour cause. N’a-t-il pas toléré et même étendu sciemment l’usage de l’anglais partout en France et jusque dans les ministères (dont celui de Mme Christine Lagarde, ministre de l’économie et des finances, et par ailleurs adepte de la finance islamique). N’a-t-il pas rappelé sans cesse, à qui voulait l’entendre, son amour et sa dévotion pour les Etats-Unis ? Et pour revenir sur l’exemple de Besson, qu’il a toujours soutenu et jamais démenti, Monsieur Sarkozy n’a-t-il menacé, lors un discours, de contraindre les Français à un métissage obligatoire, et sans limite, et par la loi s’il le fallait ? N’est-il pas lui aussi un ardent défenseur de la discrimination positive, et un ennemi de la loi de 1905 sur la laïcité ?
Le « droit à la continuité » (A. Finkielkraut) est ce qui est le plus menacé. Car on doit désormais savoir que les dirigeants français, de gauche comme de droite, ne veulent plus de la France et des Français, à qui on ne proposera plus bientôt que « la valise ou le cercueil ».
Etienne Baschy
(1) Source : Le Parisien (05/01/2010) : http://www.leparisien.fr/politique/identite-nationale-visite-surprise-de-besson-a-la-courneuve-05-01-2010-766358.php («la France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage »)
(2) « Messieurs, nous ne tirons jamais les premiers, tirez vous-mêmes ! » (réponse du comte d’Anteroche aux Anglais, lors de la bataille de Fontenoy, 1745)
(3) Bernard Kouchner, Deux ou trois choses que je sais de nous (Robert Laffont, 2006)




De quoi sommes nous réellement les héritiers ?

Riposte Laïque ou Résistance Républicaine se conçoivent, on le sait, comme héritiers de la Révolution Française, des Lumières et, plus proche de nous, de la Résistance Gaullienne.
Je voudrais faire là-dessus quelques remarques, afin de montrer qu’un tel héritage est cependant discutable ; ou en tout cas qu’il ne doit pas être compris abusivement ou aveuglément.
Certes, la Révolution Française fut un événement fondateur dans la conquête de la liberté et de l’émancipation citoyenne, mais elle fut aussi porteuse d’une illusion, d’une utopie que Napoléon lui aussi chercha dans la foulée à concrétiser, avec les conséquences funestes que l’on sait. Les Révolutionnaires et Napoléon ont cherché en effet à dépasser les frontières de la France pour étendre leurs idées et leur programme sur tout le Vieux Continent : bref, ils ont cherché à faire l’Europe ! Force est de constater que non seulement ils ont (inévitablement) échoué, mais qu’en plus, ce faisant, ils se sont détournés du projet impérial français « outre-mer », liquidant le premier empire colonial français – seul porteur d’avenir, de puissance et de rayonnement futur -, comme on lâche la proie pour l’ombre.
Les grands gagnants de cette histoire furent, on le sait, d’abord les Anglais, ensuite les Américains (je rejoins ici Eric Zemmour dans Mélancolies françaises) L’illusion, c’était en effet de croire qu’il était possible à une Grande Nation d’étendre son influence et son pouvoir sur d’autres grandes nations, elles-mêmes dans une logique d’expansion (souvent coloniale) et toujours promptes à contrecarrer les velléités françaises par le jeu de diverses coalitions aux combinaisons infinies (« Waterloo, morne plaine »). Il était plus simple, plus utile et moins onéreux de conserver et d’agrandir le premier empire. La fragilité (relative) de la France d’aujourd’hui face à l’impérialisme américains conquérants est déjà en germe à ce moment-là.
Concernant les Lumières (que je ne cherche pas spécialement à tamiser…), l’héritage précieux qu’elles constituent ne doit pas nous faire oublier cependant ce qu’elle porte en elle de trop universaliste. Là encore, le dépassement de la Nation au profit d’une citoyenneté qui serait une citoyenneté universelle, transfrontalière, la « société du genre humain » (Diderot), est une illusion dangereuse, car elle nie une réalité fondamentale : celle d’une communauté de valeur et de destin qui ne peut être propre chaque fois qu’à une Nation particulière et non applicable au monde entier. Ce sont d’ailleurs aujourd’hui les plus fervents défenseurs du discours des Lumières que l’on retrouve parmi les plus prompts défenseurs de l’Europe (des marchés), du libéralisme (confondu avec la liberté), et de « la veuve et de l’orphelin », à condition que ceux-ci vivent très loin de leur pays, si possible à l’autre bout de la planète («BHL», Glucksman, et peut-être aussi Kouchner) Tout le monde a en mémoire la fameuse phrase de Rousseau (L’Emile) : « Méfiez-vous de ces Cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu’ils dédaignent de remplir autour d’eux ».
Enfin, la Résistance gaullienne fut un bel exemple de lutte contre la tyrannie et l’horreur Nazi, dont on peut noter d’ailleurs que celle-ci était précisément étrangère à la nation, et pleine de velléités de « faire l’Europe » à sa façon… Peut-on en revanche parler d’un héritage gaulliste, qui soit aussi glorieux ? Là encore aussi, méfions-nous, car c’est en fait De Gaulle qui, quoi qu’on en dise, a été historiquement, et bien sûr paradoxalement, le premier grand fossoyeur de la Nation Française, ce que les patriotes du Vrai Mai 68 ( !) avait senti et combattu, parlant même à l’égard de sa politique d’un régime fasciste (mais oui !). Les conseillers de De Gaulle, ou ses Ministres, les plus écoutés, n’avaient-ils pas pour noms – de sinistre mémoire : Pompidou, Malraux… Or c’est bien à eux que l’on doit la destruction (ou comme on dit certains : l’assassinat) de Paris, longtemps (trop longtemps ?) capitale de toutes les révolutions et de toutes les résistances. C’est bien à eux que l’on doit l’américanisation de la France, l’immigration de masse, utile aux capitalistes (et seulement aux capitalistes). C’est bien à eux, enfin, que l’on doit l’Europe de marchés.
Gardons-nous donc de trop en appeler, et sans nuances, aux héritages qui, comme les trains en marche sur la voie, peuvent en cacher un autre.
Etienne Baschy




Nous sommes en guerre, et il nous faut réveiller le peuple

Nous avons depuis peu (quelques années) entrepris – individuellement ou collectivement – de combattre le monde que les pouvoirs actuels, en France, en Europe et ailleurs, veulent nous imposer. Notre démarche est, certes, « populaire », mais elle fait de nous avant tout une communauté restreinte : celle des « éveillés », par opposition aux «endormis », qui est attachée à l’exercice intellectuel qui consiste d’abord à percevoir la réalité, et ensuite à savoir la formuler. Ce qui nous distingue cependant, des penseurs de salon ou des penseurs de l’université, c’est que non seulement nous partons du réel, mais encore d’un réel par rapport auquel nous sommes, immédiatement, et un peu malgré nous, placés dans un rapport polémique, un rapport (inégal) de forces. En cela, nous sommes plutôt proches historiquement des révolutionnaires.
J’ai dit « rapport polémique ». C’était à dessein : nous sommes littéralement en guerre. L’histoire de l’humanité regorge « de conflits que les hommes n’ont pas choisis, mais où il faut choisir son camp». Et de même nous n’avons pas choisi d’être en guerre contre la société que veulent nous imposer les pouvoirs dominants. Chacun de nous, en somme, peut dire comme ce personnage de Stendhal (dans son roman inachevé Lamiel, publié à titre posthume) : « Je fais la guerre à la société qui me fait la guerre ».

Les pouvoirs actuels nous poussent en effet à une riposte simplement parce qu’ils jouent un rôle d’agresseur : tout ce qu’ils ajoutent (par la force), afin de servir leurs sinistres buts, est aussi tout ce qu’ils nous retranchent, nous plaçant en état de manque. En voulant substituer autre chose à la patrie, qui soit plus directement profitable à leurs intérêts, ils font de nous des « orphelins de la République », nous arrachant brutalement à notre « mère patrie », qui nous était « une demeure et beaucoup davantage ». Le paradoxe est que, alors que les révolutionnaires finissent toujours plus ou moins en exil, nous commençons à peine notre révolte, nous-mêmes, mais déjà comme des exilés, des exilés dans notre propre patrie parce que ses décors et ses mœurs ont changé, et nous sont devenus de plus en plus étrangers.
Chacun, alors, cherche des yeux, pour voir si, derrière ce spectacle, il n’y aurait pas encore, quelque part, une France, et pourquoi pas des Français ? En réalité, la question n’est pas de savoir ce qu’est l’identité nationale, ni ce que sont les Français, mais plutôt : où sont-ils ? Leur atomisation forcée, loin des anciens forums, des anciennes agoras, en ont fait un peuple d’ombres, réduit à une sorte d’hypothèse qu’il faudrait désormais vérifier. Comme l’avis de ce peuple importe peu et de toute façon ne s’exprime pas, on en a conclu qu’il n’en avait pas, et comme il n’en avait pas, on en a déduit qu’il n’existait pas. Je n’exprime pas mon avis, donc je n’en ai pas : la nouvelle tyrannie s’appuie désormais sur ce faux syllogisme, à remettre debout, comme la République elle-même.
Le peuple doit dorénavant sortir de son sommeil et de son rôle de «spectateur de l’histoire ». Il faut pour cela aller le chercher là où il est. L’exemple est toujours plus efficace que le simple discours, et l’élite est désormais dans le peuple qui doit montrer la voix au peuple. Nos thèses doivent devenir plus fameuses que nous-mêmes.
Etienne Baschy




République, laïcité, égalité… Nous menons un combat d'avant-garde et pourtant déjà ancien

Comme cela est régulièrement rappelé dans diverses interventions qui paraissent sur le site de Riposte Laïque, ou qui y sont relayées, on ne peut faire autrement aujourd’hui que d’admettre cette idée – terrifiante, décevante, mais bien réelle – que les pouvoirs dominants ont réellement décidé, quoi qu’ils en disent, de littéralement vendre les peuples et les nations de notre continent à l’Europe des marchés, pour le bien de laquelle il nous est demandé de nous renier,et même, en un sens, de disparaître.
Cette politique des pouvoirs actuels, pour être menée à bien, se trouve placée devant trois impératifs. Le premier impératif est la nécessité pour ces pouvoirs dominants de mettre à bas la tradition républicaine, et notamment la laïcité (notamment en France) Le second impératif est la nécessité d’en finir avec la Nation, avec ses codes, sa culture, sa civilisation, et donc aussi avec l’usage de la langue parlée par le peuple (au profit, notamment, d’un « néo-français de bazar, quand ce n’est pas au profit du « tout anglais ») Le troisième impératif est la nécessité de s’assurer un contrôle sur les esprits par le biais d’un spectacle médiatique tyrannique, employé entièrement au service de la censure, et qu’il s’agit de financer à celle seule fin.
On reconnaît derrière tout cela ce qui avait été dénoncé et combattu par d’autres et bien avant nous tous, sous le nom de « Société du spectacle » ou « Société spectaculaire marchande ». Dès les années 1960, Guy Debord et les Situationnistes avaient effectivement, comme nous le faisons à notre tour, dénoncé et combattue, en précurseurs, les mêmes phénomènes : organisation de la société sur un mode théocratique (par le biais des religions, ou par la promotion de nouvelles religions : le dieu marché, le dieu publicité, le dieu argent), recul du parlementarisme et de la démocratie, « défrancisation », américanisation et anglicisation forcée, ruine volontaire de l’école, et toutes autres formes de « la décadence au service de l’Empire de la servitude », journalistes, « médiatiques » et autres stipendiés du système qui en assurent la promotion auprès du public.

Or, Guy Debord a bien montré, par les exemples de sa vie, qu’il n’était ni d’extrême droite, ni fasciste, ni xénophobe, ni raciste, ni antisémite, ni homophobe, ni phallocrate, ni sexiste… Il a aussi bien montré que, lorsque l’on s’attaque à ce « système », à ses mensonges, à son totalitarisme, et à son idéologie mortifère, on ne peut s’attendre en retour qu’à la persécution, qui sera menée sans relâche avec l’aide des politiciens professionnels de tout bord, et avec l’aide, surtout, des médias inféodés au « système » et à son idéologie, lesquels s’identifient à ce point « aux dogmes de leurs maîtres » qu’à la fin « ils ne les connaissent plus ».
Les trois impératifs du système, rappelés plus haut, demeurent donc obstinément comme les trois menaces auxquels nous devons faire face encore aujourd’hui, et il convient donc naturellement de concentrer nos actions – individuelles ou collectives – contre ces trois menaces : en défendant la tradition républicaine, et notamment la laïcité ; en défendant notre civilisation et donc l’usage de notre langue (le français), en France comme dans toutes les organisations internationales, dans l’espace public comme dans l’espace « privé » (ou privatisé) ; en combattant et en contournant autant que possible le pouvoir médiatique aux ordres du « système ».
A côté de ces diverses actions – déjà réelles, ou encore à imaginer -, dans ces trois domaines, nous pouvons naturellement compter (comme une propagande involontaire et gratuite qui servira forcément notre cause), sur la médiatisation – inévitable – des multiples incidents, aussi scandaleux qu’inquiétants, qui sont répertoriés chaque jour et que la presse, contrainte, doit bien relayer : ainsi les scandales, les provocations et les abus divers et variés notamment des « communautés », mais aussi des « patrons » du système, lesquels constituent, avec leurs nébuleuses, les agents anti-républicains de ce qu’il ne faut pas s’interdire d’appeler l’ « Anti-France » au prétexte que le terme serait dangereusement connoté (je dirais plutôt, moi, confisqué).
Déjà, on voit l’apathie généralisée se transformer jour après jour en réveil des consciences. On voit les yeux, toujours plus nombreux chaque jour, se déciller. Riposte Laïque et leurs compagnons de route (Résistance Républicaine, par exemple) commencent à devenir de plus en plus visibles, et à s’attirer de nombreuses sympathies : les Français voient qu’ils ne sont pas seuls, et cela leur redonne espoir et confiance ; aussi la résignation recule-t-elle chaque jour un peu plus. Bien entendu, l’usure et la décrépitude du système, dont les derniers masques sont en train de tomber, et dont la politique montre chaque jour aux citoyens ses effets néfastes et mortifères, favorisent le renouveau et même la montée en puissance d’un Front National qu’on avait trop vite enterré, mais avec cette fois-ci à sa tête la très médiatique Marine Le Pen, qui de plateaux de télé en plateaux de télé tend à apparaître comme l’unique chantre de la contestation… Or, on sait désormais qu’il existe, dans le paysage de la contestation, une autre alternative, de gauche, bien plus difficile à diaboliser et à discréditer à long terme, et qui par conséquent, constitue pour les pouvoirs actuels un danger bien plus sérieux.
Etienne Baschy