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Ils rêvent de déchristianiser Notre-Dame

Devant Notre-Dame encore en flammes, le chef d’État avait eu  une pensée  pour les catholiques de France et partout à travers le monde, en particulier en cette Semaine sainte.

Fort bien. Rien à redire. Sinon, que toute référence au catholicisme, ou de manière plus large au christianisme, est par la suite totalement absente de son discours.  Ce que fait remarquer et déplore Mgr Aupetit. « Catholique n’est pas un gros mot » ose-t-il  dire de manière  surprenante. En effet, les autorités catholiques ne nous avaient pas habitués à une telle affirmation de soi.

Rappelons que le ministre de l’Intérieur, également ministre des Cultes, n’a pas daigné, quant à lui, adresser le moindre mot aux catholiques en particulier ou aux chrétiens en général.  Il a même déclaré : « Notre-Dame n’est pas une cathédrale »  « C’est notre rassemblement … c’est notre Histoire. »

Cette dernière affirmation  est incontestable, mais il faut aller jusqu’au bout, Monsieur le ministre des Cultes : notre rassemblement, notre Histoire, se sont faits  dans et par le christianisme, et la mémoire collective en a gardé l’empreinte profonde comme  l’ont montré les manifestations spontanées. C’est ce que cette tragédie nous aura révélé à et sur nous-mêmes.

On imagine mal la même pudeur si un lieu  juif ou musulman avait été atteint. « La grande mosquée de Paris n’est pas une mosquée, c’est le monument construit par la France en remerciement aux musulmans qui ont combattu lors de la Première Guerre mondiale. » Imagine-t-on tel préambule ? « L’assassinat d’enfants dans la cour de l’école Ozar Hatorah est avant tout une offense à la mémoire de Jules Ferry ! » Une telle déclaration est-elle envisageable ?

Certains,  tel Alain Delon*, se sont également émus de l’allocution tardive du Pape,   arrivée après les messages de chefs d’État étrangers, Trump et Poutine notamment, et dont on aurait attendu qu’il fût le premier à adresser  son soutien à ses ouailles,  particulièrement  affectées en la période de la Semaine sainte. Une visite sur place, avant les cérémonies et cultes  qui commencent le Jeudi saint,  étaient également tout à fait possible.

Cette dépossession des catholiques de leur cathédrale se poursuit tout au long de la semaine. Voire, la déchristianisation de celle-ci.

Avec autant de hâte et de précipitation que le parquet a annoncé ouvrir une enquête pour incendie involontaire, « doit-on reconstruire Notre-Dame à l’identique »  est la question qui s’est immédiatement posée alors que les cendres de Notre-Dame n’étaient pas encore refroidies.

Apparemment, l’opinion publique est plutôt favorable à cette option si l’on en croit un sondage qui lui donne une large majorité de 65 %.  Mais pour l’instant, la vox populi n’a pas l’air de s’être fait entendre. « On peut en débattre » entend-on de la part de certains élus, le mathématicien Vilani  entre autres, Franck Riester, le ministre de la Culture et autres élus de la mouvance, ce qui pourrait paraître, à première vue, mieux que l’indifférence ou l’hostilité d’élus de la Mnef ou Mnil dont il n’est pas utile ici de rappeler les propos qui font l’objet d’une plainte judiciaire.

À première vue seulement.

Les propos  du ministre, en particulier, laissent entrevoir une  préférence certaine pour un projet nouveau. D’une part, on peut s’attendre  au pire : on l’a vu  dernièrement avec les sculptures de Jeff Koonz. D’autre part, sans préjuger du projet retenu, on peut d’ores et déjà anticiper que, allant à l’encontre de l’esprit du Moyen Âge où les bâtisseurs et artistes étaient quasiment anonymes,  la nouvelle flèche deviendrait l’œuvre d’art d’un artiste particulier qui s’attirerait ainsi un prestige considérable et détournerait le regard de Notre-Dame en tant qu’expression de l’Occident chrétien.

Egalement, c’est une façon de renier une partie de notre histoire, celle de l’apport de la période romantique dans le domaine artistique et religieux. Ce sont bien Hugo et Viollet-le-Duc qui ont donné le nouveau souffle à Notre-Dame  et son rayonnement. C’est bien  le roman de Hugo qui, après l’épisode révolutionnaire, a fait prendre conscience aux Parisiens et aux Français de l’esthétique de la cathédrale, jusqu’aux gargouilles, peu goûtées à l’époque classique qui ont inspiré, dit-on,  la figure de Quasimodo. La rénovation de  Viollet Leduc témoigne  du  regard  que porte la période post-révolutionnaire sur le Moyen Âge remis à l’honneur.

C’est  le Romantisme – et sa sensibilité particulière – qui  a exalté le goût des racines historiques et culturelles européennes. Profiter de l’incendie pour  supprimer la flèche serait un formidable contresens et une immense trahison.

Cette obsession de modernisme et d’ouverture à tous crins révèle surtout la méconnaissance, l’indifférence, pire, le rejet de notre Histoire pour ce qu’elle est.

La cérémonie d’hommage aux pompiers de Paris, très émouvante au demeurant, est également révélatrice de l’attitude de nos élus envers notre embarrassant héritage chrétien.

Je ne vais pas commenter le choix, tout sauf  innocent, du texte de Hugo sur Notre-Dame, qui a été lu. On se reportera à l’article de Jeanne Bourdillon. Une façon comme une autre d’islamiser Notre-Dame un petit peu. Après tout, cela a déjà été fait lors de la rénovation de la cathédrale Saint-Jean de Lyon, où le maître d’œuvre avait gravé dans la pierre Allahu akbar. Quant à savoir si l’art ogival est un art arabe comme l’appelle le poète, c’est l’objet d’un autre débat.

Retenons également les mots de Castaner qui félicite les pompiers d’avoir, en sauvant Notre-Dame, sauvé Paris. Comme l’eût dit Cyrano, c’est un peu court jeune homme. On pourrait envisager ces mots pour le Sacré-Cœur de Montmartre, pas pour Notre-Dame.

Enfin, last but not least, si l’on en croit le blog de Julien Michel, accordons tout de même le bonnet d’âne de compétition de l’inculture, la médaille d’or de l’anticatholicisme,  le prix du meilleur espoir féminin, à la journaliste Bénédicte Le Chatelier, qui déclare sur la chaîne LCI, sans rire ni  s’étouffer de honte que :

« Notre-Dame n’est pas un lieu religieux mais (que) les catholiques continuent de se l’approprier. »

Inutile de commenter. Devant de tels propos, on ne peut que s’incliner.

Hé bien,  puisque l’on se pique de traiter Notre-Dame comme une œuvre d’art mondialiste, pourquoi, en s’inspirant de Magritte, ne peut-on  envisager de placarder sur le tympan de Notre-Dame : Ceci n’est pas une église.

Florence Labbé

  • Émission du 18 avril, de Pascal Praud sur CNews.
  • * lalettrepatriote mardi 16 avril

 

 

 

 

 

 

 




Ils ne veulent plus que Verdun soit étudié à l’école !

Verdun va disparaître des manuels d’Histoire des classes de Première. Dans les Points de Passage et d’Ouverture,  points  qui détaillent le contenu  de la séquence consacrée à la Première Guerre mondiale, on peut lire  :

1916 – La bataille de la Somme.   Exit Verdun.

Est-il besoin de souligner que la nouvelle a suscité un grand émoi chez les élus de droite ?

Marine Le Pen twitte :

Ce scandale est celui de trop ! En supprimant la bataille de Verdun des manuels scolaires, le gouvernement dépossède les Français de leur histoire glorieuse et foule aux pieds le sacrifice ultime de nos soldats !

« Fake news », s’exclament les détracteurs de laquelle qui, dans le meilleur des cas aurait mal compris, ou  dans le pire mentirait résolument.

Oui mais voilà, Marine n’est pas toute seule à s’indigner, à commencer par le maire de Verdun, ancien professeur d’Histoire, Samuel Hazard :

Une deuxième mort pour ces soldats, sur ce territoire sacré et martyr, rapporte l’Est Républicain.

Lui emboîtent le pas d’autres élus tels Valérie Pécresse, Nadine Morano, Catherine Vautrin. Ce matin 25 mars, toutes les chaînes d’infos en parlent et des chroniqueurs aussi divers qu’Élisabeth Lévy sur CNews ou Bernard Kouchner sur LCI s’indignent eux aussi.

Qu’en est-il ? Bien sûr, à l’Éducation nationale, on dément. Jean Michel Blanquer twitte :

La bataille de Verdun sera étudiée en première.

Elle n’était pas dans les précédents programmes. Les nouveaux son plus détaillés et chronologiques avec une partie sur la guerre de position. Verdun, déjà étudié en 3e, est indissociable de la bataille de la Somme.

Nous apprenons donc, du même coup, que la bataille de Verdun ne figurait pas aux programmes de terminale mais seulement de 3e, comme si  la bataille de Verdun, trop franchouillarde, était  indigne de figurer à part entière dans le programme des grandes classes et ne méritait que d’être limitée aux programmes de collège.

Et  de deux, qu’elle  sera facultativement traitée, comme un cas parmi d’autres, de la bataille de la Somme.

Historiquement, est-ce exact, est-ce justifiable ?

La bataille de la Somme est, bien évidemment, représentative de la dimension internationale du conflit puisqu’il s’agit, rappelons-le, d’une bataille franco-britannique et de leurs alliés.

Mais la bataille de Verdun n’est-elle pour autant qu’un épiphénomène dans la bataille du front occidental ?  Et pourquoi celle-ci en particulier ?

Or, le 21 février 1916, l’Allemagne lance bien une offensive spécifique sur Verdun, et y concentre bien le gros de ses troupes – 1 million 250 000 hommes – pour saigner à blanc les forces françaises et percer le front. C’est la bataille la plus longue et l’une des plus meurtrières de la Grande Guerre. Peu de familles en France n’ont pas été endeuillées par cette bataille. Si Verdun est devenu un mythe français, ce mythe, comme bien des mythes, a de solides fondement historiques.

Mais la question, à laquelle seuls des spécialistes de cette période  pourraient répondre – et encore ne seraient-ils sans doute pas d’accord – est-elle bien là ?

Est-ce seulement un point de vue historique qui a justifié ce choix ?

S’agirait-il de ne pas froisser nos voisins avec l’étude d’une victoire française dans un duel franco-allemand ?

Ce serait bien inutile. Ces derniers  s’intéressent assez peu à la Première Guerre mondiale, la deuxième l’ayant totalement occultée.

Serait-ce une façon de  faire sortir l’encombrant Pétain des livres d’Histoire ?

Ne peut-on y voir ce goût morbide de l’échec, qui fait que la France ne célèbre pas ses victoires, délègue le rôle de Napoléon à un acteur américain lors de reconstitutions historiques, et prête l’un de ses navires aux Britanniques, qui eux, ne s’encombrant de tels complexes, célèbrent Trafalgar ?

Ne serait-ce pas surtout l’illustration de la conception de l’Histoire qui animent ceux qui font nos programmes scolaires ?

Le refus de la chronologie, de l’histoire événementielle, surtout de l’histoire militaire ?

Le refus d’étudier l’Histoire d’un point de vue humain, charnel et affectif, ce qui est tout à fait la dimension que prend Verdun pour les Français, comme la Somme et Passchendaele pour les Britanniques ? La bataille de Verdun est un exemple parmi d’autres de cette volonté de refuser de transmettre la dimension affective de notre Histoire. Non parce que cela ne serait pas suffisamment scientifique – l’Histoire ne fait pas partie des sciences exactes – mais parce qu’elle illustre une communauté de destin, elle donne corps à un sentiment d’appartenance, elle donne  une âme aux mots de patrie. On est français par contrat moral, non par appartenance.

Et ce qui en découle, le rejet des Français en tant que peuple, dont on refuse l’existence sauf à considérer qu’ils ne sont que la  résultante de déferlantes migratoires sur une vague terre gaste.

Gommons la spécificité de l’Histoire de France, coupons le peuple français de son Histoire, rendons-le anhistorique, tout au plus un habitant d’une contrée dans l’ensemble européen. Comment pourrait-on être une nation sans histoire nationale ?

Florence Labbé

 

 

 

 




Célébration de la bataille d’Amiens : William présent, Macron avait piscine

Il y a cent ans, le 8 août 1918, commençait la bataille d’Amiens, bataille décisive qui marquait le début d’une offensive majeure des Alliés face à l’Allemagne. L’opération engageait des troupes britanniques, canadiennes, australiennes et françaises. L’opération fut un succès et signa le début du recul allemand. Au prix néanmoins de  lourdes pertes : 46 000 morts parmi les troupes franco-britanniques contre 40 000 morts du côté allemand.

Il est dans la culture britannique de commémorer les victoires militaires parfois avec complaisance, parfois avec une vision discutable de l’Histoire, en parfait contraste avec notre indifférence. Ainsi, outre-Manche, Dunkerque est une humiliante reddition française. Quasiment une victoire stratégique pour eux.  Le récent film Dunkerque en témoigne fort bien. Les Britanniques célèbrent Trafalgar. Nous  refusons de fêter Austerlitz. Mieux encore : c’est un acteur américain qui incarne Napoléon tandis que nous envoyons des navires pour fêter le 200° anniversaire de la victoire de l’amiral Nelson.

Un certain politiquement correct historique est passé par là : Napoléon est celui qui a rétabli l’esclavage aux Antilles. De la Première Guerre mondiale, un courant d’historiens a surtout voulu retenir les mutineries de 1917 et les fusillés pour l’exemple.

Sans doute est-ce dans cette logique que s’inscrit l’absence d’Emmanuel Macron ou, à la rigueur, celle  d’Edouard Philippe, pour accueillir le Prince William et la Première ministre Theresa May, venus aujourd’hui, ainsi que de nombreux diplomates canadiens, américains et australiens, commémorer cette bataille dans la magnifique cathédrale d’Amiens.

Je l’avoue, j’ai une fâcheuse tendance à l’exagération. La France, bien sûr, a pris sa part dans cette commémoration et n’a pas lésiné sur les moyens. La cérémonie d’hommage s’est faite en la présence de Geneviève Darrieusecq en personne.  Geneviève qui ? La secrétaire d’Etat aux Armées.  Et pour faire bonne mesure, on a rappelé in extremis, Madame le ministre Florence Parly de son lieu de vacances,  laquelle a pu ainsi honorer la cérémonie de sa présence et nous sauver du déshonneur total.

Le Maire d’Amiens, Brigitte Fouré, a fait part de sa déception. Certains élus picards n’ont pas hésité à parler de « faute diplomatique ». Faute diplomatique sans aucun doute : c’est conforter l’image d’une France oublieuse et ingrate, trop heureuse d’appeler les Anglo-Saxons à la rescousse et qui ne pense même pas à dire merci. Faute historique : c’est une occasion perdue de rappeler – et pas seulement aux plus jeunes – ce que fut cette campagne. Faute humaine surtout car il ne s’agit pas seulement de retirer une facile gloriole d’une victoire fût-elle majeure mais surtout de  rappeler à notre souvenir et notre conscience nationale, ce que nous devons aux soldats tombés sur la plaine picarde, et aussi sur les champs de Flandres, et au fort de Verdun… Et la liste serait longue, elle risquerait de durer quatre ans.

Mais que l’on se rassure. Emmanuel Macron a un mot d’excuse. De la part du directeur de la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, Joseph Zimet, qui explique que le le Président est présent à de nombreuses commémorations de la Première Guerre mondiale et ne saurait être partout.

Florence Labbé




Depuis sa prison, Tommy Robinson écrit à tous les résistants d’Europe

Richard Friand est dans la vie un ami de Tommy Robinson. Il nous a fait parvenir une lettre que notre camarade de combat à fait parvenir à tous ses amis, à sa famille, et aux résistants de toute l’Europe. A lire et à faire connaître partout.

Nous y revoilà donc. C’est dimanche soir 10 juin 2018, les nouvelles des scènes magnifiques qui se sont déroulées à Londres hier soir me parviennent, mais avant que je commente  ces événements, je veux d’abord parler de ce qui va moins bien. Je veux partager avec vous des extraits de la lettre de ma femme :

« L’école m’a téléphoné avant que je ne parte au travail pour me dire que Spencer (le fils de Tommy) n’allait pas bien à l’école, qu’il ne gérait pas du tout et qu’il pleurait à la moindre occasion. Son copain Sam lui a dit : »je vais faire du cross avec mon père » et Spencer lui a répondu:  » moi je peux pas faire ça avec le mien » et il est parti en pleurant. Il a pleuré jusqu’à ce qu’il s’endorme. Il dort avec ton oreiller et me demande à longueur de journée « quand est-ce qu’il rentre Papa ? « . Je ne peux même pas lui donner de date approximative puisque tu n’en as pas non plus ! Je me contente de lui répéter que c’est pour bientôt, que ça ne sert à rien de pleurer et qu’il doit se montrer courageux pour que tu sois fier de lui. Hier soir, il m’a dit : « Je vais faire quelque chose de mal comme ça j’irai en prison et je pourrai voir Papa. »

Je le dis tout net : cette nouvelle m’a brisé le cœur. Il y a une semaine, la prison a enlevé de leurs données le numéro de téléphone de ma femme, je n’ai donc pas pu parler à mes enfants. Ce qui  me bouleverse aussi, c’est de penser que mon fils pense que si je suis en prison, c’est parce que j’ai fait quelque chose de mal. Plutôt que m’apitoyer sur moi-même, je devrais mettre cela en perspective : je ne suis pas chez moi pendant une courte durée. Les enfants de soldats vivent tout le temps de telles situations. C’est pour cela que j’admire leurs sacrifices passés et présents. Je ne m’étends pas trop longtemps sur mon affaire car nous venons d’introduire un recours. Ce dont je veux parler, c’est de ce que vous m’avez apporté.

Quand je me suis retrouvé dans cette prison, j’étais dégoûté. Dégoûté ce que ma famille allait devoir traverser, dégoûté pour ceux avec qui j’étais en contact et qui comptaient sur moi pour raconter leur histoire. J’étais également sûr que je serais tué en prison. Quand j’étais leader de l’English Defence League, j’ai été condamné en 2012 à 10 mois de prison.  Pour ma propre sécurité, j’ai été mis en isolement pendant 22 semaines. Je pense que c’est parce que le Gouvernement craignait des soulèvements dans les rues si j’étais tué en prison.

En 2013, le soldat Lee Rigby a été décapité :  le Gouvernement a pu voir qu’un soldat pouvait être décapité sans que personne ne réagisse. En 2014, j’ai été envoyé en prison pour 18 mois. J’ai été littéralement livré aux chiens.  Roué de coups par des prisonniers musulmans, j’ai eu de la chance de m’en sortir vivant. Le gouvernement savait que je pouvais mourir sans que quiconque n’intervienne. Ce fut un moment terrible pour moi de me rendre compte que si j’étais tué, ma mort passerait inaperçue.  Je me suis rendu également compte que ma famille ne recevrait aucun soutien pour ses besoins ou sa sécurité.

OH MAIS QUELLE DIFFERENCE  EN QUATRE ANS !

Dès les premières 24 heures de mon arrivée ici,  j’ai  appris que des milliers de personnes manifestaient devant le 10 Downing Street, que votre pétition avait récolté 100 000 signatures. Maintenant nous en sommes à 300 000.  Ensuite un demi-million. J’ai entendu dire que des manifestants escaladaient les grilles de la maison du Premier ministre. Je pensais que ceux qui me rapportaient ces nouvelles se trompaient, qu’il s’agissait d’une manifestation pour la liberté en général. Je ne me doutais pas qu’il s’agissait d’un combat pour MA libération.

Incarcéré les premiers jours au milieu de musulmans, j’étais en danger, quand quelque chose a changé. J’ai été soustrait de ma cellule et de mon quartier,  et mis seul, en sécurité. Je pense que c’est lorsque Lord Pearson (homme politique, ancien dirigeant de l’UKIP)  a pris la parole au sujet de ma sécurité. il m’a certainement sauvé la vie.

J’ai ensuite su que des mouvements de protestation se propageaient partout dans le monde. J’ai su que la parole se libérait chez beaucoup de gens qui pendant des années  étaient restés silencieux, hommes politiques, policiers, avocats. Je suis profondément  ému de savoir que 20 000 personnes  ont manifesté ce week-end à Londres leur solidarité. Je suis abasourdi par la réaction du public. Je me sens aimé. Aimé et reconnu.

Je reçois tous les jours des centaines de lettres et mails. Je lis chacun d’eux et vous en suis très reconnaissant. Je tiens à remercier chacun d’entre vous qui m’a soutenu. Je sais combien il est difficile de parler. Je sais que beaucoup, pour m’avoir soutenu, ont dû subir des conséquences, de la part d’amis ou au travail,  et je vous en suis très reconnaissant. Il n’y a plus de liberté d’expression quand on doit subir des conséquences sociales si on parle.

Je suis heureux, heureux que cette peine de prison ait eu des conséquences pour l’establishment,  heureux que le public ait montré les conséquences que ma mort aurait entraînées. Je dis depuis longtemps qu’un jour, on ne sait quand, notre nation changera de cap.

J’y pense beaucoup et je suis sûr que je mourrai à cause de l’islam. Ceci m’effraie, mais pas autant que de savoir que ma mort n’aurait eu aucune conséquence. A présent, je souris, soulagé de savoir que ma mort entraînerait une révolution. Je ris, ce qui peut sembler fou, mais de savoir cela m’apporte une grande satisfaction.

J’ai toujours dit que je donnerais ma vie si cela pouvait arrêter la prise de pouvoir de l’islam sur mon beau pays. Notre bataille n’est pas aussi simple qu’une bataille d’homme à homme car nous nous battons contre un système, un système corrompu. La prison laisse beaucoup de temps pour réfléchir. Nous ne pouvons plus rester chacun dans notre coin, nous devons unir nos voix et nos mouvements dans l’action politique. J’ai beaucoup de projets après ma sortie de prison.  J’ai été très heureux de savoir que Geert Wilders est venu parler à Londres. C’est lui qui m’a inspiré quand j’ai commencé mon action de militant.

Je ne peux pas établir la liste de toutes les personnes que je veux remercier  mais je sais qu’Alex Jones d’Info Wars mènerait la lutte pour ma libération. il me fait rire et je l’adore. Gerard Bitten de UKIP, Lord Pearson, Raheem Kassam, Katie Hopkins, mon cousin Kevin Carroll, Donald Trump junior pour ses tweets. J’aurais fait six mois rien que pour ça.

La liste serait encore longue, je remercierai en bonne et due forme à ma libération.  Enfin, je tiens à remercier par-dessus tout ma femme. Quand j’ai enfin pu lui parler au téléphone, je lui ai demandé, en plaisantant, si elle n’en avait pas assez de tout ça. Je n’ai pas été un mari génial mais elle , en revanche, a été une épouse et une mère parfaites. Je ne pourrais pas survivre à cette épreuve sans ma famille.

Si vous lisez cette lettre en ligne, sachez que JE VOUS AIME et que VOUS ME MANQUEZ. Mes potes vont me chambrer pour cette putain de lettre sentimentale. Beaucoup de gens me disent que je leur donne de l’espoir mais je tiens à vous dire que par vos réactions, que ce soient votre soutien à ma famille, la  prise en charge des frais de justice, ou le partage de vidéos,  c’est vous qui  m’avez donné de l’espoir et un sentiment sans nom.

Veuillez excuser mon écriture, ma main me fait mal parce que je rédige des notes pour mon prochain livre sur lequel je travaillais avant d’être incarcéré.  Le titre provisoire en est : Battle for Britain. il s’agit en gros de mettre à jour l’Ennemi de l’Etat et de présenter une vision de l’avenir. Je remercie donc Sa Majesté de me donner le temps d’y travailler.

C’est formidable de savoir qu’il y a d’autres manifestations prévues, c’est formidable de savoir que je ne suis pas oublié et que leurs tentatives de me faire taire n’ont pas marché.

C’est lundi et je viens de regarder Love Island. On a remis le numéro de téléphone de ma femme dans les données et j’ai pu parler à mes enfants. Je suis moins stressé et plus détendu. Mes enfants vont venir me voir très  bientôt.

Merci à tous de votre soutien. Ce sont  vos protestations et vos réactions qui me garderont en sécurité. Je tiens à ce que vous sachiez combien je suis motivé et reconnaissant. J’espère que Lord Pearson et Gérard Batten m’écriront.  Et, les potes, si vous lisez cette missive, demandez à Gérard de venir avec vous à la prison de Hull. Mes appels ont abouti, appel du verdict, appel des conditions d’emprisonnement et appel concernant la caution. Merci de tout cœur à Pauline Hansen, merci à l’AfD pour leur offre d’asile.

L’establishment pensait clore le livre. Au contraire, le public vient d’en ouvrir un nouveau chapitre.

Du fond du coeur, merci à tous.

Papa, Maman, désolé de ce stress que je vous cause.

Merci au monde libre.

C’est mardi. Je suis transféré dans une autre prison. Mes enfants ne me verront pas ce week-end.

 

Traduction : florence Labbé

 

 

 

 




Harry et Meghan : une cérémonie afro-centrée propagandiste

A part  quelques tranquilles cénobites ou quelques ermites d’un improbable désert, peu de gens ignorent que Harry et Meghan se sont dit oui. Des milliards, nous dit-on, de téléspectateurs, et une foule heureuse en communion, qui pique-nique à l’ombre des murs centenaires de Windsor.

Joli mariage, cela dit. Mariage royal, même pour un cadet, avec toute la pompe, chevaux, trompettes et  oriflammes, de circonstance. Mariage printanier dans un cadre bucolique d’avant la Révolution industrielle, une touche de campagnarde  simplicité dans le bouquet de la mariée, fait de muguets et de myosotis provenant du jardin de Harry, en hommage à sa mère dont ils étaient la fleur préférée.

Tout s’est déroulé selon un protocole réglé comme du papier à musique alliant une tradition certaine et une certaine simplicité.

Seulement voilà, il se trouve que la mariée a du sang noir et même du sang d’esclave. L’un des aïeux de la mariée Meghan travaillait dans les champs de coton de Géorgie. Belle promotion sociale.

Nul n’a cru bon de mentionner à un quelconque moment ce que faisaient les autres arrières-grands-pères néerlandais et irlandais  de la mariée, sa branche paternelle  étant totalement absente de la cérémonie, laquelle était faite pour rappeler la part noire de l’identité génétique et culturelle de Meghan, voire la marteler, afin que nul ne l’ignore. La chroniqueuse du journal britannique The Guardian, Afua Hirsch, ne s’y est pas trompée et titre son article :  Meghan Markle’s wedding was a rousing celebration of blackness. (Le mariage de Meghan Markle était une ode passionnée à l’identité noire) /

En voici les principaux points forts :

Chœur de gospel qui interprète magnifiquement Stand by me, inspiré par le negro spiritual, Lord Stand by me.

Le très prometteur lauréat du concours Young Musician of the Year 2016, le violoncelliste noir de Nottingham, Sheku Kanneh-Mason qui interprète l’Ave maria de Schubert,  Après un Rêve de Fauré et Sicilienne de Maria Teresa von Paradis.

Mais surtout et avant tout, le prêche prononcé par le premier évêque noir de l’Eglise épiscopale américaine  Michael Curry.

Le thème choisi par celui-ci s’inscrit dans la plus pure tradition des prêches de mariages, le thème de  l’amour. Rien de nouveau.

Mais l’homélie est  prononcée, jouée, surjouée même, à la manière exaltée et théâtrale des télévangélistes des chaines religieuses américaines, ce qui ne manque pas de surprendre dans le décor centenaire de Windsor. Les réactions même discrètes de l’auditoire – coup d’œil de Kate à Camilla, ébahissement de Zara, la fille de la princesse Anne, sourires réprimés ça et là ou sourcils interrogateurs de l’assistance – n’échappent pas aux caméras.

Le discours mêle les citations bibliques de l’Ancien et du Nouveau Testaments – Cantique des Cantiques de Salomon et Evangile de Saint Mathieu – et les allusions à la culture afro-américaine : Martin Luther King, negro spiritual, le baume de Gilead, esclavage.

Ce dernier point, l’esclavage, est la partie de l’homélie qui est la plus commentée par nos journalistes qui se réjouissent de cette allusion, y voyant la marque de la modernité de la famille royale et l’entrée de la diversité dans la tradition.

Bof ! Prédicateur noir, Martin Luther King, esclavage, j’aurais plutôt tendance à n’y voir rien de bien nouveau, plutôt du convenu, et à réprimer un bâillement poli comme devant une histoire que le grand-père a raconté cent fois. Jusque-là c’est plutôt la forme  – Harlem dans la Chapelle Saint Georges – qui attire l’attention que le fond.

Enfin, le discours de l’évêque délaisse le thème de l’amour pour filer la métaphore du feu. Feu et amour, après tout, la métaphore est connue, voire usée. Oui, sauf que là, le discours  enchaîne les exemples d’utilisation du feu qui ne semblent plus rien avoir de métaphoriques. Le feu est la mère de toutes les inventions dit en quelque sorte le prédicateur :

Vous êtes venus à cette cérémonie en voiture, interpelle-t-il l’auditoire. C’est grâce au feu.

Je suis venu en avion. C’est grâce au feu.

C’est grâce au feu que nous pouvons envoyer des textos, des e-mails,  twitter et utiliser Instagram et les réseaux sociaux, enchaîne-t-il devant l’auditoire de plus en plus médusé.

Enfin, il conclut en citant Teilhard de Chardin :  le feu a été l’une des plus grandes inventions de l’humanité, et, rattachant l’invention du feu au thème premier de son discours, il poursuit : si l’homme s’approprie l’énergie de l’amour, il aura inventé le feu une seconde fois.

La dernière partie du prêche semble bien  tirée par les cheveux : que viennent faire là l’avion et la voiture, quel rapport entre le feu et les réseaux sociaux ? A la limite même du hors sujet, comme en témoignent les mimiques et le langage gestuel de l’assemblée.

Une manière de minimiser les découvertes essentielles de l’homme blanc dont aucune ne surpasse l’invention originelle ? Un retour aux origines ?  L’auditoire semble avoir renoncé à comprendre.

La presse a salué un discours politique. Est-il permis de penser qu’utiliser l’occasion d’un mariage pour transformer ainsi une homélie de son but premier, est un abus de la situation. Plus encore quand le discours n’est pas tant politique que propagandiste. Aurait-on apprécié qu’en honneur des ancêtres irlandais de la mariée, on danse une gigue ou qu’on rappelle les revendications somme toute légitimes de l’IRA ?

Florence Labbé




Même Mélenchon, qui méprise le foot, crie « Allez l’OM ! »

Souvenez-vous. L’un des  plus avisés de nos hommes politiques, Mélenchon en personne, proclamait, hier encore,  son dédain pour le football,  un sport de milliardaires applaudi par des Rmistes.  L’opium du peuple, en quelque sorte.

C’est scandaleux que Ribéry gagne un SMIC toutes les quarante minutes, s’indignait-il,  ce en quoi beaucoup ici, je gage, lui donneraient  raison.

Pire encore. Pour cet homme de gauche, le foot était l’allié des dictatures portugaise ou sud-américaines. Dictature exclusivement de droite, on l’aura bien compris. Un sport de fachos, pour tout dire.

Mépris du peuple et haine des riches. Cette attitude ambivalente  reflétait le rejet qu’éprouvent assez souvent les gens de gauche pour le football et c’est particulièrement le cas dans le milieu de l’Education nationale : c’est à la fois un sport populaire et un sport  dont les joueurs ont des primes à faire pâlir d’envie les patrons du Medef et tourner en ridicule les prétentions des intellectuels.

Cela explique aussi sans doute que la France, hommes et femmes,  ne se soit mise qu’assez tard  – en 98 pour tout dire  – à la religion du foot, les Français, même de droite, ayant dans l’ensemble, une sensibilité de gauche.

Pelé était peut-être le seul footballeur au-dessus de la critique. La gauche aime l’exotisme.

Ceci n’est pas un jugement. C’est de l’ordre du constat et de ma modeste opinion.

Bref, pour en revenir à Mélenchon, ce dernier affichait  donc pour le foot, le dédain si courant à son pays, à son époque, à son milieu, à sa couleur politique.

Oui, mais ça, c’était avant.

Depuis qu’il est député des Bouches-du-Rhône, conquis par l’OM, le Stade-Vélodrome et son ambiance de feu, Mélenchon est devenu un fervent supporter de l’équipe phocéenne. Certes, il n’est pas allé jeudi jusqu’à faire le déplacement à Salzbourg, mais il était visible dans les tribunes du Vélodrome, sans écharpe ni crécelle, certes mais prenant des photos, entouré de supporters en blanc et bleu.

Bon, on ne va pas en vouloir à ce neo-Marseillais de faire un effort culturel considérable d’intégration.

Comment ? Plaît-il ? Ah bon, il paraît que cette subite conversion à la religion du foot n’est due qu’à un vulgaire calcul électoraliste. Peut-être même songerait-il à la Mairie de Marseille ?

Sans voir si loin, Mourad Boudjellal, qui voit du simple opportunisme dans ce soudain ralliement à la liesse populaire, ne s’est pas privé de ricaner dans l’émission des Grandes Gueules au lendemain de la qualification de l’OM : Mélenchon est supporter de sa réelection.

Après tout, Paris valait bien une messe. Sans doute Marseille vaut-elle bien un match.

Florence Labbé

 




Le racisme anti-blanc s’impose en France

Les manifestations interdites aux Blancs se multiplient en France tandis que rien n’est fait pour les interdire, pas même en informer le grand public. Les intitulés de ces manifestations contournent habilement une formulation ouvertement raciste. On lui préfère la formule en non mixitéouvert aux personnes racisées, c’est-à-dire une personne qui se sent  regardée comme d’une race différente et  faisant l’objet  à ce titre de racisme, voire de « racisme d’Etat, dixit les organisateurs desdites manifestations.

On se souvient du récent scandale qu’avait provoquée la nomination au conseil national du numérique de  Rokhaya Diallo, fondatrice des Indivisibles,  militante anti-raciste, qui n’a de cesse de dénoncer le « racisme d’Etat français ».

De semblables réunions se sont tenues lors des récents blocages, dans les universités et notamment à Tolbiac. On se souvient encore du passage d’une étudiante expliquant et justifiant la notion de personne racisée.

Ces manifestations sont le fait d’associations, telles Mwasi, une association afro-féministe basée, non en Afrique comme  aurait pu le laisser croire son appellation, mais à Paris, qui s’inspirent des mouvements Noirs américains  qui, inversant la politique ségrégationniste des années 50, multiplient les événements Black Only.

Forte de cet exemple, l’association Mwasi a organisé des camps décoloniaux. Elle est à l’origine du festival NYANSAPO dont certains ateliers étaient « en non mixité femmes et personnes assignées Femmes noires et métisses afro-descendantes », « non mixtes femmes racisées », ou encore réservés aux « femmes noires ». Elle a également l’initiative d’une séance du film Black Panther « en non mixité pour les personnes noires quel que soit leur genre »  autrement dit, interdite aux Blancs.

Plus consternant mais sans surprise : le  syndicat SUD de l’Education nationale se fait complice de cette pratique avec la tenue d’un stage organisé sur le temps scolaire et dans les locaux de l’Education nationale.

Voilà que ce type de manifestation n’est plus réservée à des événements semi-privés. Elle envahit aujourd’hui  l’espace public.

Sœurs, frères, la rue est à nous, peut-on lire sur le site des Assiégées.

Ainsi, à l’occasion du 1er mai,  l’association Mwasi organise un défilé du 1er mai, avec deux autres associations, le Collectif Asiatique Décolonial et Riposte Antiraciste Populaire.

Autant pour la gauche qui voit en tout travailleur étranger un travailleur et non un étranger. Eux se voient comme des étrangers au sens de racisés bien évidemment.

Autant pour les inconditionnels de l’immigration asiatique  qui serait un modèle d’intégration. Au tour des  Asiatiques d’être aspirés dans la mouvance décoloniale.

Autant pour les féministes des années 80 qui voyaient dans les immigrées des sœurs victimes de l’oppression du mâle blanc. Celles-ci se voient comme des non-Blanches avant de se voir comme femmes. Le mot « sœur » ne s’applique pas à elles.  Le féminisme blanc est l’exemple type du faux allié mais vrai oppresseur, peut-on lire sur le site des Assiégées.

Voilà qui a le mérite d’être dit. On a clairement et ouvertement là une volonté décomplexée d’apartheid.

Florence Labbé




Etudiant de Tolbiac victime de la BAC : les témoins avaient menti

Eh bien, au final, on apprend que c’était une fake news. Une intox, quoi. Un bobard, si vous préférez. Une bête rumeur.

Quoi donc ?

L’info de l’étudiant, ou migrant, selon les sources, sauvagement blessé par les forces de l’ordre, gisant dans le coma sur son lit d’hôpital.

C’est un journal écolo en ligne qui s’en fait d’abord l’écho indigné. Sur la foi de deux témoins directs,  le 21 avril, Reporterre, écrit donc :

Les faits se déroulent aux alentours de 5h vendredi 20 avril, à la faculté de Tolbiac, occupée par le mouvement étudiant.

 Un petit groupe d’occupants – dont les témoins, des SDF qui participaient activement à l’occupation depuis une dizaine de jours – tente de fuir la police en s’échappant par l’arrière du bâtiment, via les terrasses, qu’une échelle relie à une rue adjacente, la rue Baudricourt. Des policiers de la Brigade anti criminalité (BAC) leur donnent la chasse. Tous les occupants parviennent à descendre dans la rue, sauf un. Au moment où ce dernier allait descendre, un agent de la BAC lui agrippe une jambe. L’occupant, déséquilibré, bascule tête en avant et s’écrase au moins trois mètres plus bas.

Des témoins affirment avoir vu le corps à terre. Un autre décrit le corps  avec du sang qui sort par le nez, la bouche et les oreilles.

Pourtant, les hôpitaux affirment qu’ils n’ont eu aucun blessé venant de Tolbiac, sauf un étudiant souffrant du coude et sorti dans la journée. L’enquête de voisinage ne confirme pas l’information : aucun riverain n’a vu ou entendu quoi que ce soit. Peine perdue ! La rumeur enfle !

Aucune trace de sang n’est visible sur le trottoir. Qu’à cela ne tienne! Les témoins ont une bonne explication volontiers complotiste à cela, que la presse relaie :

Toujours dans Reporterre :  Peu après, la police barre l’accès à la rue Baudricourt, lieu de la chute. À sept heures, les agents du nettoyage entrent dans la rue. Un des deux témoins directs les voit effacer les traces de sang au sol.

La police a nettoyé les traces de sang de la personne gravement blessée. Or, le Code pénal interdit « de modifier l’état des lieux d’un crime ou d’un délit soit par l’altération, la falsification ou l’effacement des traces ou indices »

https://reporterre.net/14605 

La Fédération CGT des services publics demande dans un tweet des éclaircissements sur l’éventuel nettoyage.

Marianne publie les déclarations de la représentante de l’UNEF.

Le Media, journal dirigé par Gérard Miller, aussi.

Juliette, l’étudiante de Tolbiac qu’on ne présente plus, soutient  l’info de la manière péremptoire  qu’on lui connaît maintenant, sur le plateau d’une chaîne d’information continue, sans que personne ne la remette en cause.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1405&v=f9SB8pkdTAs

Les démentis de la police ne viennent que renforcer la suspicion des étudiants.

La foi est aveugle, sourde et inébranlable. Tout le contraire du savoir. Fâcheux pour des étudiants. Et fâcheux pour la presse qui se voit aujourd’hui tenue de démentir. En effet, le principal témoin à l’origine de la rumeur, avoue avoir menti. Et c’est Libération qui le dit : Leïla, l’une des trois témoins principaux cités par les medias ayant accrédité cette rumeur, nous a avoué avoir menti. Elle n’a jamais été un témoin oculaire direct de la prétendue scène.

Allez, ne jetons pas trop vite la pierre. Faute avouée est à moitié pardonnée. C’est si bon, si gratifiant, si valorisant, d’être l’annonceur d’une telle nouvelle, qu’il est difficile de résister. Souvenez-vous : au moment de l’affaire Clément Méric, des témoins affirmaient sur les plateaux télé en émoi qu’ils avaient vu Estebàn s’acharner sur sa victime. Il semble que ces témoins, eux aussi, n’aient vu que ce qu’ils voulaient voir.

Moralité : la  chasse aux intox a du bon, et il y a fort à parier qu’elle se retourne souvent contre leurs initiateurs, car si ma mémoire ne me trahit pas, il me semble qu’elle avait été lancée pour contrer les fausses rumeurs dont serait coutumière la fachosphère.

Eh bien voilà, le mensonge, puisque c’est bien de cela qu’il s’agissait, ne vient pas de la fachosphère mais de ces  petits  coquins de gauchos. On leur pardonne. Gérard Miller, d’ailleurs, a vite fait de s’absoudre. Dénonçant les « cris d’orfraie » des défenseurs de « l‘exactitude », il maintient contre vents et marées, que l’important est de « donner la parole aux étudiants traumatisés ». 

Même pour faire des faux témoignages ?

Chasse aux fake news, oui, mais pas aux fake news de gauche..

Florence Labbé




Candidat à Barcelone : que vaut la loyauté de Valls envers la France ?

 

Il est difficile après les feux de la rampe de retomber dans l’anonymat, aussi bien pour les hommes politiques que les comédiens. Manuel Valls en fait l’amère expérience. Devoir quitter un parti en voie de naufrage est sans doute une précaution élémentaire, mais rejoindre les rangs du parti d’un petit jeunot qui n’était à l’époque que l’un de ses ministres, voilà une couleuvre qu’il ne doit pas être facile à avaler. Et siéger sur les bancs de députés d’une circonscription difficilement gagnée, dans la majorité d’un ex-subordonné, ne touche-t-on pas là le fond ?  Ce n’est sûrement pas le destin dont Manuel avait rêvé.

Il y a fort à parier que, toute honte bue,  l’ex-Premier ministre  s’ennuie, pour le moins,  sur les bancs de l’Assemblée et rêve d’un autre destin. Au moins, dans l’opposition, peut-on faire entendre ses coups de gueule, des envolées lyriques, jouer la grande scène du III.  Etre député godillot assure certes votre ordinaire mais ne sert pas votre gloire.

« Je préfère être le premier dans un village que le second dans Rome » aurait dit Jules César. Reprenant ce précepte à son compte,  Manuel Valls envisagerait donc d’aller dans sa ville natale reconquérir une première place, la Mairie de Barcelone,  sous la bannière du parti des Ciudadanos dont le président Rivera  lui aurait fait une proposition :  « Un maire comme Manuel Valls sera meilleur pour Barcelone que  (Ada) Calau »,  l’actuelle élue, déclare-t-il.  Son titre d’ex-Premier ministre de la République française serait apparemment un atout de poids. Rivera salue son « talent » et son « niveau ».

Ma foi, ce n’est pas mal vu. Avec la fuite de leur leader, errant d’une résidence plus ou moins surveillée à l’autre dans de lointains pays européens, les indépendantistes ne sont pas en position de force. La place est gagnable.

Pour Manuel Valls, se présenter comme celui qui réussirait à réconcilier Barcelone et Madrid, voilà qui redonne un destin à notre ministre déchu. Et puis, le diable se cachant dans les détails, ce serait quand même plus pratique pour ce fervent supporter du Barça qui n’aurait pas besoin d’affréter un avion.

Que Manuel Valls veuille se redonner un destin politique est certes son droit. Que, bénéficiant d’une double nationalité, il aille  tenter sa chance à l’étranger est légal, certes,  mais est-il permis de trouver cela  dérangeant ?

Certains se réjouissent du départ de ce ministre impopulaire et souhaitent qu’il emmène Anne Hidalgo dans ses valises. Certes. Mais le cas de Valls me paraît avant tout poser la question des problèmes liés à la double nationalité : problème d’inégalité entre les citoyens  dans un premier temps, problème de loyauté et de conflits d’intérêt. Barça ou Paris Saint-Germain ? That is the question.

Mais le problème est encore  plus aigu lorsque le simple citoyen est un élu ou un membre du gouvernement. Est-il souhaitable que ceux qui nous gouvernent aient une double allégeance et puissent, éventuellement, pratiquer une sorte de nomadisme citoyen ?

En tout cas, la presse espagnole ne s’y était pas trompée quand, aux lendemains de la nomination de Manuel Valls au poste de Premier ministre et de l’élection d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, elle titrait fièrement sur la présence d’Espagnols à des postes clés en France.

Florence Labbé




Elle n’a pas vu de voiles en France : de Fontenay travaille du chapeau !

Il n’y a pas de voiles en France.

Qui donc tient de tels propos ? Quand ça ? Où ça ?

Un malvoyant, peut-être.Un expatrié de longue date en Terre de Feu ? Un adepte à temps plein du naturisme ? Un ermite ? Un cénobite ?

Rien de tout cela. C’est une spécialiste qui nous le dit. La dame au chapeau en personne. J’ai nommé Geneviève de Fontenay, dans l’Heure des Pros, l’émission de Pascal Praud du 20 avril sur CNews.

Nul n’envisagerait de remettre en question les compétences de cette dame dans le domaine de l’élégance et de la féminité, sans rien céder à l’impudeur ou à la vulgarité ; Geneviève de Fontenay n’avait pas apprécié qu’une Miss France ait, dans le passé posé pour des photos à connotation pornographique, et cela pouvait se concevoir. Plus récemment, elle a critiqué le bikini très échancré des candidates qui frôlait l’exhibitionnisme. C’est un point de vue défendable.

Mais s’agissant du voile ou plutôt de son absence dans l’espace public, on est en droit de s’interroger.

Que sont donc ces tissus  qui fleurissent dans nos rues et indiquent aux passants, qui n’en demandent pas tant, que la personne est musulmane ?

Eh bien, ce ne sont pas des voiles.  Ce sont des foulards ou encore des turbans.  Nuance ! Un sacré distinguo que Geneviève s’empresse de nous apprendre à discerner.

Le foulard, assure-t-elle, est un accessoire de mode, un ornement, un signe de coquetterie, destiné à mettre l’ovale du visage en valeur. Le turban est une coiffe élégante, portée même par des prêtresses de la haute couture. Tout comme la jeune fille, si belle, …là.  Geneviève de Fontenay veut certainement parler de Mennel, la candidate enturbannée de The Voice.

Le voile, lui, cache le visage. Et Geneviève d’accompagner ses dires d’un geste de la main passant devant le visage comme pour évoquer le voile intégral que l’on peut voir dans certains pays musulmans ou comme en portaient nos aïeules mais exclusivement aux enterrements des membres les plus  proches de leur  famille… En signe de deuil, justement.

A ce compte-là, notez bien, Simone de Beauvoir portait le voile sans le savoir. Et pourtant, n’est-elle pas un des piliers fondateurs du féminisme ! Comme quoi, cella n’empêche pas.

Ouf ! Nous sommes soulagés. Nous voyons s’éloigner définitivement la menace d’un choc – pire, d’un conflit – inter-civilisationnel.

Nous nous étions inquiétés pour rien. Ce n’était qu’un malentendu sémantique.

Florence Labbé