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Vannes : les policiers qui ont fait des faux PV risquent 15 ans de prison

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En pleine période de dictature sanitaire, avec introduction forcée du passe vaccinal, il nous a paru intéressant d’avoir le regard d’un avocat ami, combattant de toujours au service des libertés, Maître Frédéric Pichon. Il nous fait, sur le droit français, des confidences explosives… 

Avec l’introduction du passe vaccinal, nous avons quitté l’état de droit

Riposte Laïque : Comme avocat, vous avez défendu de nombreux Gilets jaunes, victimes de violences policières et d’arbitraire judiciaire. Depuis deux années, dans un autre registre, assistez-vous à des graves remises en cause des libertés publiques, pour cause sanitaire ? Pouvez-vous citer des exemples marquants ?

Maître Pichon : J’ai effectivement défendu des Gilets jaunes en 2018-2019 tout comme des militants de La Manif Pour Tous en 2013, et suis attaché aux libertés publiques et à la liberté d’expression. Or nous assistons avec l’état d’urgence sanitaire à un recul non seulement des libertés publiques mais à un recul de l’état de droit.

Pour tout dire, avec la décision inédite du Conseil constitutionnel validant le passe vaccinal et par le fait même la discrimination d’une partie de la population. Et ce, quelques jours après les déclarations incroyables du Président de la République, assumant de vouloir « emmerder les non-vaccinés » et de ne plus considérer ces derniers comme des citoyens à part entière, je considère qu’il n’y a plus de contre-pouvoir en France et que  par conséquent, nous avons quitté l’état de droit.

J’ai plaidé à de nombreuses reprises devant le conseil d’État contre les différents décrets relatifs à l’état d’urgence – avec une seule modeste victoire sur l’autotest – et j’ai assisté aux mensonges éhontés des représentants du ministre prétendant qu’il n’y avait pas d’obligation vaccinale implicite. Les dernières déclarations de M. MACRON ainsi que celles du ministre de la Santé ont fini par lever le moindre doute sur ce point, mais le conseil d’État s’est littéralement couché. Le pire est que par une décision rendue suite à un recours engagé en juillet dernier contre le passe sanitaire – décret qui violait pourtant la loi du 1er juin 2021- le conseil d’État a jugé que l’urgence sanitaire justifiait la violation de la loi.
Que dire après cela ?

Riposte Laïque : Pouvez-vous évoquer les démarches juridiques que vous avez entreprises, sur ces questions, et leur résultat ?

Maître Pichon : Comme indiqué plus haut, j’ai fait des recours devant le Conseil d’État et différentes juridictions administratives avec un succès mitigé, hélas, compte tenu d’un contexte politique pesant sur les magistrats.

J’ai également défendu des particuliers, notamment des infirmières ou du personnel médical refusant l’obligation vaccinale. J’ai pu observer que certains établissements faisaient du zèle puisqu’ils refusaient le paiement des indemnités journalières à des salariés – qui étaient pourtant en arrêt bien avant l’entrée de l’obligation vaccinale chez le personnel hospitalier – alors que la loi ne le permettait pas. J’ai obtenu finalement le paiement de ces sommes dues après des mises en demeure. Mais si mes clients n’avaient pas eu recours à un avocat, leurs droits auraient été violés.

À Vannes, les policiers ont commis des faux aggravés : c’est 15 ans de prison et 225 000 euros d’amende ! 

Riposte Laïque : Certains de vos confrères estiment totalement illégal ce qui se passe à Vannes, le samedi, lors des manifestations contre le passe sanitaire. Une vingtaine de manifestants ont déjà reçu des amendes de 135 euros, sans avoir été interpellés par les forces de l’ordre. Le commissaire de police de Vannes, Yannick Le Barre, justifie ces procédures, impulsées par le préfet Joël Mathurin, en expliquant qu’il ne fait que respecter la loi. Quel est votre regard d’avocat ?

Maître Pichon : Non seulement il ne respecte pas la loi mais dans certains cas, ce sont des faux aggravés qui sont commis. En effet, certains manifestants affirment avoir été verbalisés à Vannes alors qu’ils se trouvaient à Rennes ce jour-là. Ils ont donc été verbalisés uniquement parce qu’ils étaient déjà  fichés.

Pour être plus précis « Un faux consiste à altérer de manière frauduleuse la vérité au moyen d’un écrit ou de tout autre support de la pensée de nature à causer un préjudice à autrui ». En l’espèce, la vérité a bien été dénaturée par les agents verbalisateurs. Mais ce faux est dit aggravé lorsqu’il émane d’une personne dépositaire de l’autorité publique ce qui est le cas des agents verbalisateurs. Dans ce cas, il s’agit d’un acte criminel puisque les sanctions pénales sont portées à 15 ans de réclusion criminelle assortis de 225 000 euros d’amende (article 441-5 du Code pénal).

On est en train de mettre en place un fichier politique de manifestants, ciblant de manière arbitraire les protestataires, et autorisant les policiers à verbaliser des citoyens sans avoir besoin de les interpeller

Le problème, et je le comprends, est que la plupart des personnes ne veulent – ou le plus souvent ne peuvent pas (faute de ressources suffisantes) – se battre et prendre un avocat pour contester une amende de 135 euros. Et ce faisant on assiste à un glissement progressif vers une société de contrôle où les opposants politiques sont systématiquement harcelés dans leur quotidien.

Il faut  contester toutes les amendes, et porter plainte contre les faux procès verbaux !

Riposte Laïque : Pensez-vous, dans ce cas, qu’un recours est possible, et si oui, sous quelle forme ?

Maître Pichon : Oui je pense qu’il faut a minima contester les procès verbaux. Mais s’agissant de faux criminels, qu’il faut porter plainte avec constitution de partie civile – puisque s’agissant d’un crime la loi autorise à saisir le doyen des juges d’instruction sans passer par le procureur de la République (qui en général fait barrage) – et signaler à l’IGPN ce dérapage. Il ne faut rien laisser passer. C’est ce que nous avons fait en 2013 lorsque de jeunes manifestants pacifiques de la manif pour tous se faisaient interpeller arbitrairement parce qu’ils portaient un sweat-shirt de La Manif Pour Tous. Je suis moi-même intervenu avec mon confrère Triomphe en direct, devant un commissaire de police qui avait interpellé sans motif des jeunes opposants à la loi Taubira. Je ne dis pas que cela va changer radicalement les choses mais ce petit travail de harcèlement peut freiner les ardeurs totalitaires du pouvoir et de ses cerbères.

À Versailles, des policiers ont interrompu une réunion politique et verbalisé tous les participants

Riposte Laïque : En région parisienne, on a assisté, ce week-end, à Versailles, à une descente de police, lors d’une réunion se tenant dans un cadre privé, au sujet de la défense des libertés. Connaissez-vous cette affaire, et quelles réflexions vous inspire-t-elle ?

Maître Pichon : Oui je connais cette affaire et j’ai pu m’entretenir avec des personnes ayant participé à  cette réunion. Alors que la loi sur le passe sanitaire n’impose pas le passe dans les réunions politiques, des policiers en civil ont interrompu la réunion  dont l’objet – ironie de l’histoire, était consacré aux dérives de l’urgence sanitaire ! – et verbalisé tous les participants à cette réunion. Ce qui est non seulement un moyen de dissuader les éléments les plus frileux, mais est de nature à constituer un fichier des opposants.

Par conséquent, il faut bien mesurer que sous couvert d’urgence sanitaire – et profitant d’une certaine complaisance d’une partie de la population terrorisée par les messages anxiogènes des médias sur le covid-19 – on assiste lentement mais surement vers un système de contrôle social généralisé.

https://jeune-nation.com/actualite/actu-france/stasi-sanitaire-a-versailles-les-flics-interrompent-une-conference-sur-les-libertes

Ils avancent à petits pas vers le contrôle social à la chinoise

Riposte Laïque : Certaines personnes accusent les autorités, dont le préfet Mathurin, de mettre en place les ingrédients d’un contrôle social à la chinoise, par des mesures d’exception qui, petit à petit, deviennent la règle. Croyez-vous que cela soit du complotisme ?

Maître Pichon : Non hélas, comme je viens de le dire, je pense même qu’on assiste à la technique du voleur chinois. C’est-à-dire que l’on avance par petits pas. On est passé du passe sanitaire au passe vaccinal et demain, ce passe pourra s’étendre à d’autres motifs que l’urgence sanitaire.

On essaie donc de voir ici ou là si ça marche et on finit par étendre ces méthodes sur tout le territoire et à d’autres sujets.
Je tiens tout de même à rappeler la répression inédite des Gilets jaunes avec l’usage massif de grenades GLI F4 contenant chacune 25 grammes d’explosifs, utilisées de manière pléthorique contre des pauvres bougres de la France périphérique et leur arrachant des mains ou des pieds tout comme l’usage des Flash-Balls au visage défigurant des centaines de compatriotes.

Je pense également – même si cela n’est pas imputable directement au gouvernement – à la censure sur les réseaux sociaux par Facebook, Tweeter ou YouTube de tous les messages alternatifs.

Il y a bien une convergence  qui n’est pas forcément coordonnée de manière méthodique, mais qui correspond à une convergence de vue et d’intérêt.

Surtout ne pas baisser les bras

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Maître ?

Maître Pichon : Surtout ne pas baisser les bras. « Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien” disait  Edmund Burke. Je crois qu’une partie de la population commence à ouvrir les yeux même si cela prend du temps. Il faut donc être à la fois combatifs et patients.

Propos recueillis par Jeanne Bourdillon




Nouvelle victoire : Darmanin débouté, Riposte Laïque relaxé

Notre avocat, maître Frédéric Pichon, vient de nous appeler pour nous annoncer une nouvelle victoire judiciaire, et pas n’importe laquelle ! Gérald Darmanin en personne, ministre de l’Intérieur, attaquait Riposte Laïque devant les tribunaux. Et comme d’autres avant lui, il a mordu la poussière, lui aussi !

Le contexte du procès : RL avait ironisé sur le pleurnicheries clientélistes de Darmanin

Riposte Laïque : Cher Maître, vous plaidiez pour Riposte Laïque, en ce début d’année, dès le 4 janvier, suite à une plainte déposée par Gérald Darmanin, à l’époque maire de Tourcoing, à présent ministre de l’Intérieur, contre Riposte Laïque et le directeur de publication de l’époque. Pouvez-vous nous expliquer les causes de cette plainte ?

Frédéric Pichon : Un petit voyou de Tourcoing prénommé Sofiane et notoirement connu pour des trafics de stupéfiants  avait été victime en Thaïlande d’un accident de scooter. Un montant de 75 000 euros était demandé par les autorités thaïlandaises pour ses soins et son rapatriement, compte tenu de son état. La famille ainsi que les mosquées de Roubaix et Tourcoing  avaient alors lancé une cagnotte et finalement récolté 80 336 euros nets d’impôts. Darmanin, à l’époque maire de Tourcoing et en plein clientélisme électoral auprès de la communauté musulmane, s’était fendu d’un communiqué larmoyant pour soutenir le jeune homme et intervenir auprès du Quai d’Orsay. C’est dans ce contexte que Riposte Laïque avait écrit un article pour ironiser sur les « pleurnicheries » de Darmanin. Cet article a manifestement déplu au futur ministre de l’Intérieur qui a alors, à l’époque, porté plainte pour diffamation.

Gérald Moussa Darmanin veut piquer 9.000 euros à Riposte Laïque !

Une victoire acquise sur des considérations juridiques, qui fait plaisir

Riposte Laïque : Et pouvez-vous nous donner le verdict de ce procès ?

Frédéric Pichon : Après quatre ans d’instruction, le tribunal correctionnel a finalement relaxé le directeur présumé de Riposte Laïque de l’époque. Pour des considérations d’ordre juridique plus que pour des raisons de fond, pour être honnêtes.  Mais, en matière de droit de la presse, la plupart des victoires sont arrachées sur des questions de procédure. Il reste que cela fait toujours plaisir.

Heureusement, il reste des magistrats qui font primer le droit

Riposte Laïque : Cher Maître, sans flagornerie inutile, vous collectionnez les victoires. Vous avez gagné contre la LDH, la Licra, Nicolas Hénin, Caroline Fourest, le CCIF, le préfet socialiste Clavreul, le ministre de l’Intérieur Cazeneuve, devenu Premier ministre, Anne Hidalgo, qui se rêve à l’Élysée, et à présent Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur ! Comment expliquez-vous toutes ces victoires, dans une période où nombre de décisions de justice sont défavorables au camp patriote, voire à un moment où certains mal-pensants se retrouvent en prison ?

Frédéric Pichon : Comme je viens de l’indiquer, en matière de presse, les victoires se remportent sur le terrain juridique, même si notre actuel garde des Sceaux fait tout son possible pour que les infractions prétendument « racistes » sortent du périmètre protecteur du droit de la presse. Mais cela signifie aussi que rien n’est jamais perdu d’avance et qu’il faut se battre quoi qu’il en coûte. Il faut également distinguer les magistrats du parquet, qui sont aux ordres du pouvoir, de ceux du siège. Et même si, idéologiquement, la majorité des magistrats sont hostiles aux idées de Riposte Laïque, il leur reste encore suffisamment d’indépendance – du moins pour certains d’entre eux – et d’honnêteté pour faire primer le droit.

Il reste encore, entre autres, les plaintes de Nicolas Hénin et celle du « mari’ de Pierre Bergé…

Riposte Laïque : Pouvez-vous nous dire si d’autres procès attendent Riposte Laïque, ou bien Résistance Républicaine ?

Frédéric Pichon : Oui, le prochain procès concerne des poursuites engagées initialement par le CCIF – aujourd’hui en instance de dissolution – contre des propos tenus par Christine TASIN. Des procès sont également en cours à l’initiative de Nicolas HÉNIN, qui a perdu en première instance, car RIPOSTE LAÏQUE avait eu l’impertinence, selon lui, d’évoquer le syndrome de Stockholm. Enfin nous devrions plaider en fin d’année contre le « mari »  de Pierre BERGE, venant aux droits de son « époux » décédé, suite à un article qui avait fortement déplu à ce dernier.

Je ne crois pas à la possibilité de dissoudre Génération Identitaire

Riposte Laïque : Quel est votre regard sur les relaxes de Génération Identitaire, que vous défendez également, sur la mosquée de Poitiers et l’opération du col de l’Échelle ? Craignez-vous que Gérald Darmanin, encore lui, puisse dissoudre cette association ?

Frédéric Pichon : Je connais l’affaire de POITIERS puisque je l’ai suivie depuis le départ jusqu’à la plaidoirie finale où nous avons finalement réussi à arracher la relaxe avec mes confrères TRIOMPHE et DASSA LE DEIST, là encore sur des points de droit et de procédure. Je ne suis pas intervenu dans le dossier du col de l’Échelle mais la relaxe s’imposait, les éléments constitutifs de l’infraction n’étaient absolument pas réunis. Mais, dans tous les cas, il a fallu se défendre, engager des frais importants, et aller jusqu’au bout, car les décisions de première instance étaient absolument surréalistes : peines de prison, déchéance des droits civils, civiques et politiques. Concernant une dissolution, je n’y crois pas trop, car je ne vois pas quels fondements juridiques pourraient fonder une dissolution alors que les juridictions ont relaxé Génération Identitaire. Je crois surtout à un effet d’annonce, et à une volonté de prétendue symétrie entre le traitement des islamistes et ce que l’on nomme aujourd’hui « l’ultra droite ».

Dupont-Moretti Garde des Sceaux : un bilan calamiteux pour le droit

Riposte Laïque : Cela fait plusieurs mois qu’Éric Dupond-Moretti est le nouveau garde des Sceaux. Quel est votre premier regard sur son action ?

Frédéric Pichon : Calamiteux. Pour être franc et honnête, j’admirais l’avocat d’assises qui envoyait bouler les magistrats. Mais le taureau des prétoires semble avoir oublié tous les principes des droits de la défense qui faisaient et font toujours la grandeur de la profession d’avocat. Au contraire, nous avons un gros nounours aseptisé. Ses seules saillies sont contre l’extrême droite aux membres de laquelle il semble dénier la dignité d’êtres humains. Le taureau des prétoires était déjà devenu un bobo des plateaux télés. C’est maintenant un avocat à la retraite, dans tous les sens du terme.

Notre combat est fondé sur l’histoire et l’enracinement

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, cher Maître ?

Frédéric Pichon : Nous vivons une situation compliquée compte tenu des restrictions sanitaires qui rognent considérablement les libertés publiques et nous assistons également à une censure devenue systématique des GAFA (Facebook, Twitter, YouTube). Il y a une accélération de l’Histoire et les partisans du gouvernement mondial profitent allégrement de la crise sanitaire et de la peur générée par elle pour conditionner les citoyens à une surveillance toujours plus stricte de nos libertés. Cependant, je suis croyant et j’ai la certitude que le système mondialiste et financier s’effondrera un jour, comme cela s’est passé pour le communisme il y a trente ans. Notre combat est fondé sur l’histoire et l’enracinement. Le leur est fondé sur le virtuel.

Propos recueillis par Pierre Cassen




Aucune confiance en Darmanin pour combattre les islamistes

Dans un contexte particulier, marqué par la décapitation de l’enseignant Samuel Paty, et par le couvre-feu de 46 millions de Français, il paraît intéressant de solliciter les réactions de l’avocat Frédéric Pichon, par ailleurs souvent notre défenseur dans les prétoires. 

Riposte Laïque : Vous avez souvent plaidé, dans les prétoires, en face du CCIF, que vous aviez régulièrement qualifié de relais des Frères musulmans en France. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, paraît décidé à demander la dissolution de cette organisation. Vous devez être satisfait, non ?

Maître Pichon : Je me méfie des effets d’annonce effectués sous le coup de l’émotion. J’attends des actes. Je n’oublie pas non plus les déclarations de ce même Darmanin il n’y a pas si longtemps : l’islam est la religion avec laquelle la République a eu le moins de problèmes dans l’Histoire. Donc attendons et voyons.

Riposte Laïque : Pensez-vous qu’on doive être inquiet du possible retour de la loi Avia, pourtant retoquée par le Conseil constitutionnel ?

Maître Pichon : Je crains que cela se retourne contre les patriotes et qu’en fait de lutter contre la haine, c’est évidemment les sites de la résistance nationale qui seront visés, c’est-à- dire les donneurs d’alerte.

D’ailleurs les déclarations de M. Darmanin sur un parallèle entre l’islam et les suprémacistes blancs me semblent faire craindre cette intuition. Cette nouvelle expression qui ne correspond pourtant à aucune réalité en France me semble être créée à cet effet. Je pense que le système craint en réalité plus les Gaulois réfractaires que les islamistes, même si tous les services de renseignement et l’armée ont des scénarios de guerre civile en cas d’émeutes fomentées par les islamistes.

Riposte Laïque : Pensez-vous que cet acte sordide, la décapitation d’un enseignant par un islamiste, va changer les choses, et que suite à cela, la justice cessera de persécuter ceux qui dénoncent l’islamisation de notre pays ?

Maître Pichon : J’ai le sentiment que la réaction de nos concitoyens est un cran au-dessus même si l’attentat du Bataclan et avant lui l’affaire Mohamed Merah auraient déjà dû permettre aux Français de se réveiller. Mais je crains aussi que la psychose engendrée par le Covid-19 n’efface cette émotion. La bonne nouvelle, c’est toutefois que le CCIF est pointé du doigt et que les courageux enseignants qui pointaient les problèmes avec les jeunes musulmans dans les classes seront un peu moins persécutés pour avoir tenter d’essayer de faire leur travail. l’Omerta sera plus difficile à imposer.

Riposte Laïque : Comment avez-vous réagi à la manifestation de la place de la République, ce dimanche ?

Maître Pichon : Je n’y apporte aucun intérêt. C’est du vent.

Riposte Laïque : Vous avez, d’autre part, déposé un recours au Conseil d’État contre la mise en place du couvre-feu par ce gouvernement. Pourquoi cette procédure, et à quel titre l’avez-vous mise en place ?

Maître Pichon : je l’ai fait au nom du parti chrétien démocrate rebaptisé depuis VIA LA VOIE DU PEUPLE.

Son président, Jean-Frédéric Poisson, est très attaché à la défense des libertés et considère que ces règles de confinement et de couvre-feu constituent des atteintes graves aux libertés publiques et que sous couvert d’urgence sanitaire, on est en train de domestiquer les Français et de les préparer à des régressions progressives de nos libertés.

Riposte Laïque : D’autres Français peuvent-ils faire de même, dans des départements touchés par des atteintes aux libertés fondamentales des citoyens ? Est-ce gratuit ? Comment faut-il procéder ?

Maître Pichon : Tout citoyen, toute association peuvent engager un référé liberté contre un arrêté rendu dans son ressort géographique dès lors qu’il porte atteinte à une liberté fondamentale et ce, avec ou sans avocat. Dans le cas d’un référé devant le tribunal administratif, le juge doit statuer dans un délai de 48 heures.

Riposte Laïque : Comment expliquez-vous l’attitude d’un gouvernement qui est en train de ruiner son pays, et de mettre sur la paille des centaines de millions de Français ?

Maître Pichon : Je crois qu’il y a là une incroyable incompétence doublée d’une trouille noire d’avoir à engager leur responsabilité pénale du fait de leur incurie. On a tout entendu : que les masques ne servaient à rien – quant on en avait pas, à un port obligatoire – avant de l’imposer sous peine d’amende… Sans compter l’incroyable arrogance des citadelles professionnelles et bureaucratiques que sont les Ordres de médecins et Conseils scientifiques, qui, en interdisant la prescription de chloroquine, par idéologie, jalousie ou corruption, portent une part de responsabilité dans ce drame. Concernant le drame économique, je le vois hélas venir avec de très nombreux licenciement économiques déguisés. Le pire est devant nous.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Maître ?

Maître Pichon : Plus que jamais, serrons les coudes. Je crois que la réalité nous rattrape et fait éclater au grand jour le bien-fondé de ce que nous disions il y a près de trente ans. Nous avions eu tort d’avoir eu raison trop tôt. Mais je crois que oui, ce système s’effondrera de lui- même. À nous de préparer une alternative basée sur le bien commun et sur l’héritage qui nous a été transmis. La France a connu des heures terribles. Je veux croire qu’elle se relèvera.

Propos recueillis par Pierre Cassen




Poitiers : Génération Identitaire a commis un crime de lèse-babouche

À la veille du procès en cour d’appel de cinq militants de Génération Identitaire, lourdement condamnés en première instance, nous avons rencontré l’avocat de l’un d’eux, maître Frédéric Pichon, bien connu des lecteurs de notre journal.

Le gouvernement a profité du climat sanitaire angoissant pour imposer des lois liberticides

Riposte Laïque : La loi Avia a donc été votée, montrant  de curieuses priorités du gouvernement, trois jours après le déconfinement ! Qu’est-ce qui vous scandalise le plus dans cette nouvelle atteinte à la parole libre qu’elle va provoquer ?

Maître Pichon : Je note qu’on profite d’un climat sanitaire anxiogène pour faire passer des lois intrinsèquement liberticides. Ce qui me choque, c’est d’une part le fait que l’on ne peut exercer notre droit de manifester pour exprimer notre désaccord, s’agissant d’un texte qui porte précisément atteinte à la liberté d’expression.

D’autre part, c’est que finalement on confie à des opérateurs privés le soin de procéder à une censure, laquelle censure n’est soumise à aucun débat contradictoire, ce qui me semble essentiel.

Le Conseil constitutionnel devrait censurer cette loi !

Riposte Laïque : Pensez-vous que le Conseil constitutionnel puisse retoquer cette loi ?

Il le devrait car cette loi, à mon avis, porte atteinte à la liberté d’expression. Or celle-ci était régie par une loi très ancienne, la loi de 1881, qui rappelait le principe de la liberté, la restriction étant l’exception. Seul un juge judiciaire pouvait le cas échéant sanctionner des propos mais au terme d’un débat contradictoire dans lequel les parties avaient accès au dossier et pouvaient librement s’exprimer. Avec cette loi, on confie aux Gafa qui sont des multinationales mondialistes le soin de censurer de manière arbitraire toute pensée non conforme sans le moindre recours.

À Poitiers, nos clients ont commis un crime de lèse-babouche

Riposte Laïque : Vous serez ce mercredi, avec d’autres collègues, à Poitiers, pour défendre en appel cinq militants de Génération Identitaire, lourdement condamnés lors du premier procès. Vous y étiez, pouvez-vous nous rappeler comment les choses s’étaient passées ?

Maître Pichon : Nos clients avaient commis le crime de lèse-babouche de monter sur le toit d’une mosquée, en construction à l’époque des faits. Ils avaient ensuite déployé une banderole sur laquelle ils avaient inscrit des mentions sollicitant un référendum sur l’immigration et faisant référence à Charles Martel. Cette affaire avait fait grand bruit et nos clients avaient été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de sortir du département. Nous avions réussi à faire lever cette interdiction incroyable. Puis ils ont été lourdement condamnés en première instance à du sursis, à de fortes amendes ainsi qu’à l’interdiction de droits civiques pendant 5 ans, pour provocation à la haine en raison de l’appartenance à la religion musulmane.

Je suis plutôt confiant, mais tout est possible, même l’illégalité la plus totale !

Riposte Laïque : Craignez-vous que la cour d’appel de Poitiers, sous la pression des islamistes et du pouvoir, maintienne, voire aggrave les peines déjà incroyablement lourdes, du premier procès ?

Maître Pichon : Nous avons soulevé une exception de prescription puisque le parquet a oublié, pendant plus d’un an, d’accomplir des actes interruptifs de prescription ce qui, en matière de délit de presse est le b.a.-ba. Ce serait une incroyable violation du droit si la cour d’appel passait outre cette règle qui est d’ordre public. Je suis donc plutôt confiant même si le pire est parfois possible, y compris l’illégalité la plus totale.

Le droit recule de plus en plus, au profit d’une justice idéologique

Riposte Laïque : Quelle est votre réaction, une semaine après la relaxe de Cédric Herrou, qui semble aux antipodes de vos clients, et aide, lui, les clandestins à entrer illégalement en France ?

Maître Pichon : Nous sommes dans une justice idéologique marquée par un recul du droit. Or la justice ne doit être ni de droite ni de gauche mais au-dessus. Elle doit être transcendante, au-delà des passions des hommes et là, nous sommes en plein dans l’idéologie, l’arbitraire, la négation du droit.

Plaider avec un masque, pour un avocat, relève de la muselière 

Riposte Laïque : Vous êtes également l’avocat, entre autres, de Riposte Laïque et du président Guy Sebag, et de Christine Tasin. Après les deux mois d’interruption des procès, due au confinement, y aura-t-il, à votre connaissance, de nouvelles échéances judiciaires avant les vacances ? 

Maître Pichon : la justice a marché au ralenti à cause de la crise sanitaire et nous avons navigué à vue la plupart du temps, sans la moindre visibilité sur les dates de report. J’ai pour ma part hâte de rejoindre le prétoire, même si dans certains cas, nous sommes contraints de porter un masque, y compris pendant les plaidoiries, ce qui pour un avocat relève de la camisole et de la muselière !

En jouant sur la peur, on conditionne les citoyens à accepter leur chaîne

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Maître ?

Maître Pichon : Nous vivons une période très grave marquée par un recul des libertés. Je crains que la crise sanitaire ne soit le prétexte et le moyen pour que les partisans d’un gouvernement mondial en profitent pour restreindre les libertés. En jouant sur la peur, on conditionne les citoyens à accepter leur chaîne. Certaines réactions m’inquiètent. Nous ne devons pas être dupes de cette instrumentalisation par le pouvoir de la peur.

Propos recueillis par Pierre Cassen




Par la peur, on veut habituer les Français à restreindre leur liberté

Poursuivant notre tour de France, ce jour, nous avons rencontré, en plein confinement, l’avocat Frédéric Pichon, avec lequel nous avons abordé, entre autres, la question des libertés publiques.

Riposte Laïque : Avant d’évoquer la situation du pays, une question plus personnelle, cher Maître : comment se passe ce confinement, pour vous, depuis à présent un mois et demi ? Et subissez-vous, professionnellement, de sérieuses retombées, comme l’ensemble de votre profession, je pense ?

Frédéric Pichon : C’est très compliqué. Faisant du judiciaire –  90 % de mes dossiers se plaident –toutes les audiences sont renvoyées sine die. Compte tenu de la crise sanitaire, hormis certains cas d’urgence pénale – comparutions immédiates, contentieux de la détention – tout est point mort. Nos instances ont fait un sondage dont il ressort que 40% des avocats ne perçoivent plus d’honoraires et 80% moins de la moitié de leur chiffre d’affaire. On estime à environ 20% le nombre d’avocats qui devront arrêter la profession.

Riposte Laïque : Comment a fonctionné la Justice, depuis le 17 mars ?

Frédéric Pichon : Un grand désert sans visibilité. Les audiences civiles sont renvoyées sans même que nous ayons la moindre date de reprise. Mais le pire, c’est que les greffiers, chargés de la rédaction des jugements et actes de procédure ne sont pas équipés pour télé-travailler. La grande misère de la justice montre aussi son vrai visage dans ces moments

Riposte Laïque : Certains s’inquiètent, depuis un confinement jugé totalitaire, par les risques de graves remises en cause des libertés fondamentales qui menacent les Français. Selon vous, la situation sanitaire justifiait-elle de telles mesures ?

Frédéric Pichon : On peut comprendre au nom du bien commun que des mesures sanitaires de protection soient prises. Mais le drame, c’est que nous payons l’impréparation et l’amateurisme de notre gouvernement qui aurait pu éviter ou à tout le moins circonscrire des mesures aussi drastiques que la liberté d’aller et venir ou de  à travailler.  Or nous avons assisté à des abus – contrôle des caddies pour vérifier si les produits relèvent de l’alimentaire- mais aussi et surtout des personnes qui n’ont pu voir leurs proches agonisants, sanctionnés par des contrôles arbitraires. Je crains que cela ne suscite des précédents et habitue les Français à des restrictions des libertés. On joue évidemment sur la peur et les Français se soumettent somme toute assez facilement à ces restrictions. Certaines mesures d’internement sont même prévues en cas de résistance aux mesures de confinement sans recours immédiat du juge.

Riposte Laïque : Qu’est-ce qui vous a le plus choqué, voire indigné, dans la situation que nous vivons, depuis un mois et demi ?

Frédéric Pichon : L’euthanasie à peine cachée des personnes âgées ou comportant déjà des pathologies, atteintes du virus à qui l’on a administré des sédatifs faute de places disponibles en réanimation. Evidemment, aucune enquête décès, aucune autopsie ne sera réalisée compte tenu du nombre de décès.

Riposte Laïque : Le Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a libéré de manière anticipée 11.500 prisonniers, et elle annonce de prochaines autres libérations, pour éviter, dans la période de confinement, que nos prisons soient surpeuplées. Cette décision vous paraît-elle légitime ?

Frédéric Pichon : Le garde des Sceaux craint probablement une contamination massive compte tenu de la surpopulation carcérale et par la même occasion une exposition du personnel pénitentiaire. Mais c’est  non seulement est un très mauvais signal créant un sentiment d’impunité chez les voyous en liberté,  c’est aussi un énorme risque pour la sécurité de nos citoyens exposés à la dangerosité de certains profils ce que l’on a d’ailleurs pu vérifier immédiatement après leur sortie.

Riposte Laïque : Après le discours du Premier ministre, avez-vous l’impression qu’on se dirige vers la sortie de la crise ?

Frédéric Pichon : Je l’espère mais je crains que cela ne dure au moins jusqu’au mois de septembre et que comme l’état d’urgence, nous ayons à vivre avec cet environnement restrictif et anxiogène, en grande partie en raison de l’incompétence de nos  gouvernements ( dépistages massifs, masques, gel, vaccins).

Riposte Laïque : Le président de la République évoque un gouvernement d’Union nationale, pour repartir sur de nouvelles bases. Vous paraît-il toujours légitime pour diriger le pays, et pensez-vous cette perspective crédible ?

Frédéric Pichon : C’est une tarte à la crème à laquelle je n’accorde aucun crédit. Si c’est pour voir le retour d’un Manuel VALLS, dont  les flatteries envers le pouvoir relèvent des  fables de La Fontaine,  ou encore des antiquités comme RAFFARIN, cela ne changera évidemment rien

Riposte Laïque : La loi Avia devait être débattue en mars et en avril. Pensez-vous qu’elle subira le sort de la réforme des retraites (dont le retrait doit réjouir nombre d’avocat mobilisés contre le projet) ou bien craignez-vous que le gouvernement ne relance des dispositions toujours plus répressives contre la parole libre ?

Frédéric Pichon : Je pense que le gouvernement aura au moins le bon sens d’envoyer la réforme des retraites aux oubliettes. Je suis malheureusement plus sceptique sur la Loi AVIA. Les dernières déclarations de Sibeth NDAYE sur les fake news relatives au covid19 ne sont pas de bon augure. Quant aux républicains en voie de macronisaton, ils jouent la carte suicidaire du parti de l’ordre.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, cher Maître ?

Frédéric Pichon : Essayons garder l’espérance. Cette terrible crise aura eu au moins le mérite de montrer les limites de la prétendue mondialisation heureuse. A moins que l’oligarchie ne passe à la vitesse supérieure pour sauver les meubles. Mais le roi est nu désormais.

Propos recueillis par Pierre Cassen




Il demeure des magistrats courageux, même s'ils sont peu nombreux


En ce début d’année, il nous a paru intéressant de connaître le point de vue de maître Pichon, par ailleurs avocat de Riposte Laïque, sur la situation judiciaire de notre pays, dans une période quelque peu agitée.
Riposte Laïque : Les tribunaux paraissent quelque peu agités par le mouvement des avocats, qui, depuis à présent deux semaines, en bloquent le fonctionnement normal. Êtes-vous partie prenante de ce mouvement, et pouvez-vous nous en expliquer les raisons ?

La réforme de Macron sur les retraites va entraîner la mort des petits cabinets d’avocats

Frédéric Pichon : Oui, comme tous les avocats je me sens concerné par ce mouvement. La réforme des retraites risque d’affecter très gravement les avocats, en particulier ceux dont les revenus sont inférieurs à 40 000 euros, c’est-à-dire une très grande partie des avocats. Alors que notre caisse était une caisse autonome excédentaire qui reversait une partie de ses gains aux autres, non seulement elle va être supprimée, mais nos cotisations vont doubler, ce qui va entraîner la mort de petits cabinets.

Il faut juger les djihadistes en Syrie et en Irak, et les déchoir de la nationalité française

Riposte Laïque : De nombreux Français ont mal compris la remise en liberté de Flavien Moreau, djihadiste parti en Syrie en 2012, et celle, annoncée, de plus de 40 autres combattants islamistes, au cours de l’année 2020. Pourtant, Nicole Belloubet s’appuie sur l’état de droit pour justifier ces décisions. Quel est votre avis ?
Frédéric Pichon : Je suis d’avis qu’il faudrait prononcer la déchéance de la nationalité de ces personnes qui ont renié leur pays et sont parties combattre – ce qui est leur choix – pour l’instauration d’un califat islamique. Dans ces conditions, il faut les mettre devant leur responsabilité afin qu’ils assument jusqu’au bout leur choix. Ils sont allés combattre des États légitimes, l’Irak et la Syrie. Je suis donc partisan qu’on laisse la justice de ces pays conformément à leurs lois.

Il y a trop souvent un deux poids deux mesures de la part de certains juges

Riposte Laïque : Vous êtes l’avocat de nombreux militants patriotes qui, justement, se retrouvent devant les tribunaux pour alerter l’opinion sur ce qu’ils pensent de la réalité de l’islam. Avez-vous l’impression que les juges sont indulgents avec les islamistes, et impitoyables avec ceux qui les dénoncent ?
Frédéric Pichon : Il ne faut pas généraliser. J’ai vu certains juges assez sévères avec les islamistes. D’une manière générale les juges anti-terroristes sont assez lucides. Mais il est vrai que dans certains cas on cherche à minimiser. C’est le cas lorsqu’on évoque l’irresponsabilité pénale pour ne pas évoquer le lien entre radicalisation et islamisme.
Concernant les militants patriotes, je ne veux pas non plus généraliser mais il est vrai que lorsque l’affaire prend une tournure politique, la loi et la raison sont souvent bafouées compte tenu de la pression énorme directe et indirecte qui pèse sur les magistrats du siège. C’est le cas dans le dossier des Identitaires qui ont été condamnés à des peines incroyablement sévères dans le dossier du col de l’Échelle.

Il y a des magistrats courageux, même s’ils sont peu nombreux

Riposte Laïque : Vous êtes l’avocat de Riposte Laïque, et, en 2019, vous n’avez remporté que des victoires, devant la 17e chambre, la cour d’appel de Paris, les tribunaux de Versailles ou la Cour de cassation. Et pourtant, dans notre mouvance, de nombreux militants disent qu’on ne peut avoir confiance dans la justice de notre pays, et que les magistrats sont souvent imprégnés d’une culture gauchiste de type « Mur des Cons ». Comment expliquez-vous ce qui apparaît comme une contradiction ?
Frédéric Pichon : Il convient en premier lieu de distinguer les magistrats du siège (qui jugent les affaires) de ceux du parquet (qui engagent les poursuites au nom de la société). Les magistrats du parquet sont incontestablement aux ordres du pouvoir.
Concernant les magistrats du siège, cela est plus subtil. Il y a d’abord une grande partie d’entre eux, comme de l’élite française, qui respire l’air du temps et qui par conséquent est sensible à l’idéologie dominante. Et puis il y a ceux qui pensent à leur carrière et qui, sans subir de pression directe, se disent que ne pas suivre ce fameux sens de l’histoire n’est pas bon pour leur carrière. Enfin il y a les magistrats courageux. Il y en a peu mais ils existent. C’est dans ce petit espace que je me bats.

Il y a des instructions du parquet pour faire taire la mouvance Riposte Laïque

Riposte Laïque : Vous êtes également l’avocat de Résistance républicaine, et de Christine Tasin. Il y a quelques semaines, un procureur a demandé 6 mois de prison contre elle, dont 4 mois fermes, pour apologie du terrorisme. Le verdict sera rendu le 4 février prochain. Êtes-vous inquiet pour votre cliente, et comment expliquez-vous une telle requête ?
Frédéric Pichon : Les réquisitoires ne sont pas toujours suivi d’effet. Je garde donc bon espoir que les magistrats soient plus raisonnables. Je m’explique une telle sévérité par le fait qu’il y a, à mon sens, clairement des instructions du parquet pour faire taire la mouvance « Riposte Laïque » au sens large dans la mesure où on veut faire taire ceux qui estiment, à tort ou raison, que islamisme et islam ne font qu’un.

Je serai à Poitiers pour défendre ces jeunes Identitaires, qu’il faut aider

Riposte Laïque : Quelles sont les prochaines affaires médiatisées que vous allez plaider ?
Frédéric Pichon : Je défends des jeunes Identitaires mercredi prochain en appel, suite à la condamnation de certains d’entre eux en première instance pour  leur action sur le toit de la mosquée de Poitiers alors en construction. Ils avaient été notamment condamnés à des peines de privation des droits civiques.
Dans ce dossier, d’ailleurs, l’imam de Poitiers avait plaidé être un apôtre de la tolérance. Puis une fois la peine prononcée, il avait concédé que la mosquée avait été construite en signe de revanche suite à la bataille de Poitiers. Face aux patriotes, certains juges et procureurs ont des relents de Saint-Just et font application de l’adage « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». J’appelle d’ailleurs à les soutenir.
Il est possible d’indiquer aux lecteurs de se rendre sur la page « soutien » de leur  site où différents moyens de paiements sont proposés (chèques, cryptomonnaie et CB via une nouvelle plateforme de paiement que nous testons, malheureusement disponible qu’en version anglophone) : https://generationidentitaire.org/soutenir/

Depuis l’arrivée de Macron, les libertés démocratiques diminuent

Riposte Laïque : Sentez-vous, depuis l’arrivée de Macron et de ses équipes, un durcissement de la répression pour délit d’opinion, et un rétrécissement de la liberté d’expression ?
Frédéric Pichon : Oui, incontestablement, surtout depuis le mouvement des Gilets jaunes. Je crois que le pouvoir a été tétanisé en décembre 2018 face à cette contestation inédite et qu’il a décidé de jouer la carte de la terreur, notamment par l’usage massif de LBD, grenades de désencerclement etc. et usage des BAC comme de véritables milices.
Il en va de même avec la loi Avia qui va permettre aux principaux acteurs du web (Facebook, Twitter etc.) de censurer a priori les propos jugés prétendument haineux et ce sans recours au juge. Ce régime me fait un peu penser à celui de Louis-Philippe ou de M. Thiers. L’alliance de la bourgeoisie d’affaires et du prétendu parti de l’ordre qui est en réalité le parti de la division, du désordre et du chaos.
Propos recueillis par Pierre Cassen




De mémoire d’avocat, je n’ai jamais vu une répression policière et judiciaire aussi violente

Alors que chaque samedi, des Gilets jaunes sont arrêtés par les forces de l’ordre, et jugés en comparution immédiate 48 heures après, avec souvent des peines très lourdes, il nous a paru intéressant d’avoir l’avis de Maître Pichon, notre avocat, qui défend par ailleurs quelques Gilets jaunes…

Riposte Laïque : Vous êtes avocat, mais aussi militant politique. Quel est, à ce titre, votre regard sur le mouvement des Gilets jaunes, ses revendications et ses modes d’action ?

Frédéric Pichon : Le mouvement des Gilets jaunes démontre en premier lieu que l’Histoire est imprévisible. L’arrivée au pouvoir de l’OVNI Macron tout comme la contestation des Gilets jaunes d’ailleurs. Je regarde ce mouvement avec beaucoup de sympathie. Il correspond initialement à ce que Christophe Guilluy décrivait dans son ouvrage « fractures françaises » à propose de la France périphérique. Celle qui souffre en silence mais qui ne casse pas. On note cependant une tentative de récupération de Mélenchon et de l’extrême gauche, qui, pour le moment ne prend pas, mais il conviendra d’être vigilants notamment en étant présent sur le terrain et rappeler la nécessaire transversalité du mouvement.

Riposte Laïque : La répression policière qui frappe les Gilets jaunes, avec de nombreux blessés, certains très gravement, a marqué les esprits, et paraît diviser le camp patriote. Certains, plus légitimistes, refusent qu’on divise les Français. D’autres estiment que ces forces de l’ordre se comportent davantage en milice de Macron qu’en police républicaine. Quel est votre regard ?

Frédéric Pichon : J’avais déjà mon opinion sur la question depuis longtemps le jour où j’ai vu la police française taper sur des anciens combattants il y a plus de trente ans. J’étais également intervenu au moment de La Manif Pour Tous (LMPT). Bien entendu, n’étant pas anarchiste, je ne critique pas la fonction mais les ordres reçus. En l’espèce, on note une montée en puissance de la répression aussi bien s’agissant des moyens utilisés (recours massifs aux Flash-Balls et grenades de désencerclement) le plus souvent sans discernement, que s’agissant de l’incroyable détournement de la loi en appliquant des textes de loi notamment l’article L 122-14-2 du code pénal qui permet d’arrêter les gens avant même qu’ils ne commettent la moindre infraction et l’incroyable impunité judiciaire de ces violences policières et leur justification par la presse. L’argument de la prétendue légitimité n’est pas recevable à mon sens. Il ne faut pas confondre légalité et légitimité. En l’espèce, non seulement les forces de l’ordre obéissent à des ordres souvent parfaitement illégaux mais ce gouvernement a perdu toute légitimité.

La doctrine sociale de l’Église rappelle qu’il est légitime de résister à l’autorité dans les cas ou celle-ci viole gravement les principes du droit naturel. Notre constitution prévoit elle-même la résistance à l’oppression. Quant aux forces de l’ordre, elles devraient méditer sur la théorie des baïonnettes intelligentes qui considère qu’il est légitime de désobéir à des ordres injustes.

Riposte Laïque : On évoque aussi une répression judiciaire sans équivalent dans un mouvement social. On parle de plus de deux cents Gilets jaunes incarcérés. Vous êtes l’avocat de quelques Gilets jaunes qui ont été jugés en comparution immédiate. Quelle est la réalité, et comment les choses se passent-elles vraiment ?

Frédéric Pichon : Je confirme que cette répression est sans précédent. Entre le 16 novembre et le 16 décembre, 216 Gilets jaunes ont été incarcérés avec mandat de dépôt, plus de 5 000 gardes à vues ont été effectuées. De mémoire d’avocat, c’est du jamais vu. Heureusement certains magistrats du siège font preuve de bon sens mais ils ne sont pas majoritaires. Quant aux magistrats du parquet, ils font preuve d’un zèle incroyable. En revanche aucune poursuite n’est engagée contre les incroyables violences policières commises. À ce jour, 93 manifestants ont été gravement blessés (certains mutilés à vie) dont la plupart suite à des tirs de Flash-Balls au visage, ce qui est contraire au code de la sécurité intérieure.

Riposte Laïque : Le gouvernement, notamment par Castaner et Griveaux, mais aussi Macron, ont longtemps ciblé l’ultra-droite, ou l’extrême droite, pour dénoncer les violences des premières manifestations. Et pourtant, dans les faits, il ne s’est guère trouvé beaucoup de militants de ce camp parmi les casseurs arrêtés. Comment expliquez-vous un tel acharnement, et surtout un tel déni des réalités ?

Frédéric Pichon : L’argument de la diabolisation est l’arme de destruction massive de la caste qui se défend. Les Gilets jaunes seraient racistes, antisémites et homophobes. Heureusement cette vision caricaturale ne prend plus que dans les grands médias. Sinon comment expliquer que 70 % des Français continuent encore de les soutenir. Ce gouvernement me fait penser à Louis Philippe ou à Thiers réprimant sévèrement les émeutiers avec le soutien du centre gauche et du centre droit.

Riposte Laïque : Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, paraît rechercher délibérément l’affrontement avec les manifestants. Craignez-vous une escalade, voulue par le pouvoir, à l’occasion des prochains actes ?

Frédéric Pichon : Je le crains. Sinon comment expliquer l’absence de discernement dans la répression. Le gazage gratuit et le tir de Flash-Balls sur des personnes ne représentant aucune menace sont à la fois une méthode de terreur et d’intimidation mais aussi une façon de provoquer des personnes initialement pacifiques. Mais je crois aussi que tôt ou tard tout se paiera d’une façon ou d’une autre. Macron aura laissé l’image d’un président des banques qui envoient les blindés contre son peuple.

Riposte Laïque : Voyez-vous une sortie de crise possible, et si oui, laquelle ?

Frédéric Pichon : La solution est évidemment politique et non judiciaire. La sagesse devrait conduire le président à dissoudre l’Assemblée nationale en organisant de nouvelles élections instaurant la proportionnelle de manière à faire élire des représentants en phase avec la situation actuelle du pays.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Maître ?

Frédéric Pichon : Ce n’est pas le moment de lâcher. Le gouvernement croit pouvoir l’emporter à l’usure. Je constate que la popularité des Gilets jaunes ne faiblit pas. La victoire appartient à ceux qui tiennent le dernier quart d’heure, disait Clausewitz.

Propos recueillis par Pierre Cassen




5 ans après, les Identitaires traînés au tribunal par le Parquet et l’UOIF !

A la veille du procès des cinq militants de Génération Identitaire, à Poitiers, Maître Frédéric Pichon, qui défend l’un d’eux, a accepté, avant de sauter dans un TGV, de répondre à nos questions.

Riposte Laïque : Vous serez donc, ce vendredi 20 octobre, à Poitiers, l’avocat d’un des cinq jeunes militants de Génération Identitaire, jugé pour une action qui s’est déroulée il y a 5 ans. Pouvez-vous rappeler les faits ?

Maître Frédéric Pichon : Il y a 5 ans environ 70 militants du mouvement Génération identitaire ont organisé une action sur le toit d’une mosquée en construction à Poitiers pour attirer l’attention des Français sur les méfaits d’une immigration incontrôlée.

Riposte Laïque : Qui a déposé plainte, et que vous inspire le sort de votre client, et des autres militants de Génération Identitaire, suite à cette action ?

Maître Frédéric Pichon : C’est le Parquet qui a lancé l’action publique suivi par l’UOIF (association liée aux Frères musulmans, catalogués terroristes en Egypte et en Arabie saoudite) qui a participé au financement de ce projet. Le contrôle judiciaire qui leur a été imposé en début de procédure – interdiction de sortir du département et de participer à une action en lien avec la mouvance identitaire – était absolument surréaliste et visait à empêcher la continuation de toute action politique. Nous avons réussi à faire « sauter » pour partie ce contrôle mais on voit bien qu’à travers ce détournement de procédure on cherche en réalité à intimider ces jeunes gens intrépides et courageux.

Riposte Laïque : Que risque votre client, et quand le verdict sera-t-il rendu ?

Maître Frédéric Pichon : La date du délibéré sera fixée le jour de l’audience. La peine encourue est de 5 ans de prison et 45.000 euros d’amende. Je n’imagine pas un seul instant qu’une peine de prison fût-ce avec sursis soit prononcée et en toute hypothèse, je plaiderai évidemment la relaxe.

Riposte Laïque : Vous êtes également l’avocat de Riposte Laïque, nos lecteurs le savent. Faites-vous un parallèle entre ce procès, et ceux qui se multiplient contre Christine Tasin ou des contributeurs de notre site, et contre son fondateur ?

Maître Frédéric Pichon : Oui. Les Identitaires tout comme RL sont des donneurs d’alerte et on veut précisément faire taire ces empêcheurs de tourner en rond. Ils ne sombrent pas dans le sempiternel et larmoyant « pas d’amalgame » car ils osent nommer les choses. Dans l’ambiance de lâcheté généralisée, ils sont le poil à gratter de notre société léthargique et suicidaire.

Riposte Laïque : Et vous avez toujours confiance en la justice de votre pays, après tout cela ?

Maître Frédéric Pichon : Peu avant ma prestation de serment il y a près de 20 ans un vieux maître du barreau – ancien résistant d’origine corse -aujourd’hui décédé me disait : « On reconnaît un imbécile à ce qu’il dit faire confiance en la justice de son pays ». Ai-je besoin d’ajouter quelque chose ?

Propos recueillis par Pierre Cassen

http://www.bvoltaire.fr/proces-de-generation-identitaire-atteinte-a-liberte-dexpression/




Philippot a vidé le FN de fidèles militants en les poussant vers la sortie

Après les présidentielles, et avant les législatives, nous avons eu le plaisir de rencontrer Frédéric Pichon, vice-président du Siel. Son regard sur l’élection qui vient de se dérouler, et les accusations sévères qu’il profère contre le numéro 2 du FN, Florian Philippot, feront sans doute réagir nombre de nos lecteurs. Bien évidemment, elle n’engage que Maître Pichon, et absolument pas notre site. Comme d’autre part, il est l’avocat de Riposte Laïque, il y a de quoi évoquer nombre de sujets…

L’élément fédérateur c’est la défense de l’identité et le refus de l’immigration et de l’islamisation, pas la sortie de l’euro

Riposte Laïque : Comment le Siel, dont vous êtes le vice-président, analyse-t-il le résultat de ces élections présidentielles, sachant que vous souteniez Marine Le Pen ?

Frédéric Pichon : Le SIEL a soutenu Marine le Pen jusqu’au bout. Cependant nous ne pouvons cacher notre déception du score du deuxième tour. Le débat raté y est certainement pour beaucoup puisque j’ai  constaté autour de moi beaucoup d’indécis de droite qui comptaient voter Marine et qui finalement sont allés à la pêche. L’élément fédérateur de l’immense majorité des sympathisants c’est la défense de l’identité et le refus de l’immigration et de l’islamisation, pas la sortie de l’euro. Nous n’avons cessé de le répéter en vain. Malheureusement Marine s’est embourbée dans un débat confus sur l’économie alors qu’elle aurait pu faire la différence sur l’identité.

Philippot a vidé le FN de ses militants les plus fidèles en les poussant vers la sortie

Riposte Laïque : Vous avez écrit un article très sévère, sur Boulevard Voltaire, appelant à en finir avec la ligne Philippot. Pourquoi le vice-président du FN est-il à ce point votre bête noire ?

http://www.bvoltaire.fr/temps-den-finir-ligne-philippot/

Frédéric Pichon : Cela rejoint ce que je viens de dire. Qu’ils viennent de la droite ou de la gauche, qu’ils soient libéraux ou étatistes, l’immense majorité des électeurs du FN votent avant tout pour des motifs identitaires.

Pour Philippot qui est souverainiste chevènementiste, le clivage est entre les partisans et opposants  à l’euro et à l’union européenne. Il pense pouvoir fédérer les 55% de Français qui ont voté non en 2005. Seulement un vote de rejet contre un projet de traité ne se traduit pas automatiquement en vote d’adhésion pour un parti politique.  Donc même si cette question est importante, elle ne doit pas constituer le point phare du programme.

De plus, si nous ne sommes pas sectaires et nous souhaitons l’union de tous les patriotes  qu’ils viennent de gauche comme de droite, la ligne de Philippot est minoritaire parmi les militants du Front et même les électeurs. Marion avait obtenu plus de 80% au congrès en 2014.

Un sondage avait été fait en janvier dernier par Le Figaro et il en ressortait que 52% des électeurs du FN se sentaient en effet plus proches de Marion Maréchal que du vice-président du parti (29%).

Or Philippot n’a eu de cesse, en se livrant un chantage permanent à la démission auprès de Marine Le Pen, de s’assurer une position hégémonique au sein de l’appareil en éliminant par des procédures d’exclusion et de mise à l’écart systématique  tous les militants identifiés comme proches de Marion ou encore trop identitaires ou trop catholiques. A l’inverse, les proches de Philippot malgré des comportements parfois injurieux à l’encontre d’autres cadres du FN ont toujours bénéficié d’une incroyable mansuétude, Philippot prenant systématiquement leur défense, voire menaçant la présidente de démission.

Cela en s’appuyant sur des méthodes de flicage systématiques de la part de ses proches qu’il a fait embaucher notamment dans le pôle communication : identification des comptes hostiles à sa ligne, dénonciations et finalement mise à l’écart.

Sans compter de faux comptes facebook ou twitter pour tacler en interne Marion Maréchal.

Cela serait long à développer mais je peux prouver tout ce que j’avance. Il a donc littéralement vidé le parti de ses militants les plus fidèles en les poussant vers  la sortie. Le départ de Marion qui est toujours restée loyale à sa tante, bien qu’ayant ses convictions propres, n’y est pas totalement étranger.

La dernière entreprise en date étant la création de son parti « Les Patriotes » au sein du parti et ce alors que l’article 6 des statuts interdit la double appartenance. Il s’agit là d’un énième chantage à Marine Le Pen. Soit elle accepte, et il obtient gain de cause avant même que le congrès n’ait eu lieu – l’appellation les patriotes a été déposée à l’INPI par un de ses intimes, Joffrey Bollée, ce qui veut dire que si le FN adopte ce nouveau nom, il sera juridiquement prisonnier par le clan Philippot, un de ses proches  étant propriétaire de l’appellation.

Soit elle refuse et il menace de quitter le Front pour fonder son propre parti soit il rejoint le cas échéant Dupont-Aignan. La dernière étape du projet Philippot c’est l’éviction de Marine Le Pen. D’ailleurs ses militants ne s’en cachent pas sur les réseaux sociaux.

Nous n’avons cessé d’alerter Marine…

Riposte Laïque : Vous avez même été plus loin, dans cet article, évoquant les limites apparues de Marine Le Pen, lors de ce fameux débat. Vous paraissez donc contester le fait qu’elle puisse continuer à être le phare des patriotes ?

Frédéric Pichon : errare humanum est. Perseverare diabolicum. Ce n’est pas faute d’avoir alerté Marine que la plus grande marge de manœuvre était à droite et que c’était autour de thématiques identitaires qu’elle progresserait. Sarkozy l’avait compris en 2012 et avait fait 48%. Il avait également torpillé Le Pen en 2007 lorsque ce dernier s’était aventuré, sous l’influence de Soral, dans un discours incompréhensible pour ses sympathisants sur la dalle d’Argenteuil. Karim Ouchikh et Robert Ménard et avec eux Marion Maréchal  avaient encore attiré son attention à ce sujet au séminaire d’Etiolles en 2016 avant d’être éconduits. Les militants patriotes ne peuvent éternellement crier dans le désert auprès d’une direction autiste. Je crois que l’implosion souhaitable des républicains et celle plausible du Front national au moment du congrès sont inéluctables. Il faut donc préparer le coup d’après.

A propos du départ de Marion…

Riposte Laïque : Vous ne cachiez pas une certaine proximité avec Marion Maréchal Le Pen. Son départ doit donc vous catastropher ? Comment l’expliquez-vous ?

Frédéric Pichon : Les raisons personnelles de son départ sont parfaitement louables. La vie politique est chronophage pour une femme qui a sacrifié une partie de sa jeunesse. Je ne suis pas catastrophé car nulle, aussi brillante soit elle, n’est irremplaçable, même si Marion Maréchal est une figure fédératrice. Cependant j’ose espérer que cette absence sera de courte durée et j’ai la conviction que lorsqu’on a la politique dans le sang, on a du mal à s’en passer.

Le Siel présent dans 70 circonscriptions

Riposte Laïque : Quelle est la stratégie du Siel pour les élections législatives ? Vous serez présents dans combien de circonscriptions ?

Frédéric Pichon : Nous devrions être présents dans environ 70 circonscriptions. Notre stratégie est précisément d’occuper le terrain en avançant sous nos couleurs et nos idées. La défense de la civilisation et de l’identité nationale face au Grand Remplacement et à l’islamisation, la défense de la famille et du socle anthropologique chrétien face au nihilisme culturel et sociétal, la défense des libertés et de la subsidiarité contre l’ultralibéralisme marchand et le socialisme étatique.

La victoire de Macron, c’est le fruit d’un coup d’Etat de l’oligarchie mondialiste

Riposte Laïque : Avec la victoire de Macron, et la nomination de Bayrou à la Justice, pensez-vous que l’avocat que vous êtes va avoir encore davantage de travail, donc que nous allons vers un durcissement des lois Pleven, Gayssot et autres ?

Frédéric Pichon : L’arrivée au pouvoir de Macron est, ni plus ni moins, un coup d’état de l’oligarchie mondialiste. Nous avons un candidat comme le disait le pape François dont nous ne savons pas d’où il vient, imposé à l’issue d’un incroyable matraquage médiatique comme l’incarnation d’une nouvelle façon de faire la politique, mais également d’un incroyable concours des services judiciaires et policiers comme nous l’avons vu dans l’affaire Fillon. Cela laisse augurer les méthodes totalitaires pour intimider les opposants. Il y a donc des raisons d’être inquiets.

Il faut que la Cour d’Appel relaxe Alain Jean-Mairet, c’est capital pour la liberté d’expression

Riposte Laïque : L’avocat de Riposte Laïque peut-il expliquer à nos lecteurs vos dernières plaidoiries, et vos dernières actions, au service de notre journal ?

Frédéric Pichon : La dernière plaidoirie remonte à hier où j’ai défendu en appel aux côtés de mon confrère M° Stéphane Haddad, Alain Jean-Mairet Directeur de Publication de RL pour un article publié en 2015 par Salem BENAMMAR un Tunisien apostat de l’Islam qui disait tout le mal qu’il pensait de l’Islam.

Cet article émane donc d’un auteur tunisien a été publié en Suisse par un directeur de publication suisse.

Cependant le Parquet de Paris suite à une dénonciation de La LICRA s’est estimé compétent.

Cela est très grave : cela signifie que la France s’arroge une compétence universelle en matière de publication sur internet sous prétexte que le site est accessible en France.  Je ne vois donc pas ce qui empêcherait demain en vertu du même principe le Qatar ou l’Arabie saoudite de poursuivre un citoyen Français pour des propos tenus en France contre l’Islam et considérés comme blasphématoires dans les pays musulmans. La dictature c’est maintenant.

Riposte Laïque : Quelque chose à ajouter, Maître ?

Frédéric Pichon : N’ayez pas peur. On ne lâche rien.

Propos recueillis par Pierre Cassen




Si Christine est condamnée, un nouveau cap inquiétant sera franchi

Interrogé par Charlotte d’Ornellas, sur Boulevard Voltaire, Maître Pichon revient sur le procès de Christine Tasin, et explique les enjeux du verdict. Il annonce la couleur : l’affaire est trop grave pour que sa cliente et lui n’aillent pas jusqu’au bout, en cas de condamnation.

http://www.bvoltaire.fr/fredericpichon/christine-tasin-condamnee-nouveau-cap-inquietant-sera-franchi,316864?mc_cid=ddae63277c&mc_eid=3580e33982