1

La pratique de l'Islam peut-elle être discutée ?

Les tenants de l’islam, religion d’amour et de paix réagissent à l’article d’Abdennour Bidar « la lapidation preuve extrême de la violence de l’islam »
Dans le numéro 160 de Riposte Laïque, Chantal Crabère saluait à juste titre l’article d’Abdennour Bidar paru dans le Monde du 30 août. Dans cet article l’auteur analysait de façon très pertinente les pratiques induites par la religion musulmane et le lien entre lapidation et respect du ramadan. A la lecture de cet article intelligent, je m’étais interrogée sur la capacité pour l’islam à opérer une évolution que beaucoup prétendent souhaiter mais qui se heurte à l’impossibilité de réformer l’islam dans la mesure où pour les croyants en cette religion la parole de Dieu n’est pas susceptible d’être discutée puisqu’elle est la parole de Dieu. Aussi n’est-il pas surprenant que l’article d’Abdennour Bidar ait déclenché de violentes réactions sur le web.
On trouve sur le site « islamdefrance.fr » un article qui condamne l’article de Bidar en ces termes (avec les fautes d’origine).
http://islamenfrance.fr/site/2010/08/31/abdennour-bidar-franchit-le-cap-du-blaspheme-avec-sa-tribune-dans-le-journal-lemonde/
Après avoir repris la partie effectivement la plus intéressante de l’article du Monde:
« Il n’y a peut-être pas de commune mesure entre la pratique ignoble de la lapidation des femmes et celle du ramadan. Mais il y a entre elles ce rapport que le discernement doit savoir établir entre une radicalité générale et l’un de ses excès les plus extrêmes. Ici et là, ce qui se manifeste est une violence infligée à la personne humaine au nom de la religion. L’islam n’a pas commencé de dénouer le rapport qui unit la violence et le sacré.
Chacune de ses pratiques en porte la marque infamante, à des degrés certes très divers mais toujours repérables. Les cinq prières quotidiennes exigées à heure fixe ? Une violence morale faite au jugement personnel d’un être humain qui pourrait prétendre choisir les moments qu’il veut consacrer à sa vie spirituelle. Le pèlerinage à La Mecque ? Une violence symbolique et politique par laquelle l’islam mondial est maintenu inféodé à la tutelle du wahhabisme saoudien.
Il ne s’agit pas de condamner ces pratiques rituelles – jeûne, prière, pèlerinage – en tant que telles. Elles peuvent offrir un support efficace au besoin éprouvé par tel individu de mener une vie spirituelle (étant bien entendu que celle-ci peut aussi se conduire hors de tout champ religieux). »
Ils en font le commentaire suivant :
« Abdennour Bidar prouve une fois de plus son appartenance à cette nouvelle génération se revendiquant musulman si ce n’est que par la culture, la langue, le teint basané, … Comment est-on musulman alors Mr Bidar si ce n’est par des actes de dévotions et d’adorations ? Le sommes nous selon nos propres valeurs ? A en croire cette tribune Mr Bidar vient de créer une nouvelle religion qui ne fixe aucune norme, aucune moral, aucune reconnaissance en faveur du Créateur.
La pression politico-médiatique aux tendances islamophobes en fera tombé d’autres dans la mécréance, priez Dieu Tout Puissant pour ne pas vous retrouvez dans cette situation … »

Ce site n’est qu’un parmi tant d’autres, pas le plus intégriste, mais cet article démontre une fois de plus la distance qui sépare des musulmans éclairés et les autres pour qui l’islam et ses pratiques ne peuvent se discuter. Dès qu’ils sortent de cette conception, ils ne sont plus musulmans.
Autre réaction celle trouvée sur le site du PIR (parti des Indigènes de la République) intitulée « Self-islam ou la pensée bidon d’Abdennour Bidar »
http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1075
Signé princesse de Clèves, cet article est dans la tonalité violente habituelle de ce site
« Le chantre médiatique du « self-islam » ne donne pourtant, dans ce texte, d’autre preuve « extrême » que celle de sa propre bêtise – elle aussi violente.
« Le texte, incroyablement court et d’une superficialité étonnante, ne comprend pas la moindre référence théologique, ni philosophique, ni même littéraire ; en somme : un crétin fait le procès univoque, sans défense ni témoins, d’une des trois religions abrahamiques révélée au VIIème siècle et pratiquée par plus d’un milliard de personnes. Ce réquisitoire bête est emballé dans une dizaine de paragraphes aussi haineux qu’insensés. La mise en perspective historique, la richesse des traditions de pensée, les contradictions héritées ainsi que les différents courants d’exégèse disparaissent tous – comme par enchantement islamophobe – sous l’effet du self d’Abdennour Bidar qui livre dans Le Monde une interprétation pas si personnelle de l’islam tant cette dernière colle à l’air du temps. Bien sûr, elle est assortie de la collection habituelle des signifiants rebattus mais toujours efficaces : « Iran », « lapidation », « wahhabisme », « violent », « violent » et encore « violent » – il faut noter l’effort de l’auteur pour varier, on trouve quand même d’autres expressions relevant d’un lexique toujours très nuancé : « archaïque », « monstrueux », « catastrophique » et bien sûr « totalitaire » et « Ahmadinejad » – termes incontournables pour qui prétend parler d’islam aujourd’hui.
Peut-être le self d’Abdennour Bidar devrait-il songer à prendre quelques vacances pour effectuer sa révolution copernicienne et ainsi cesser de tourner autour de lui-même comme un insecte détraqué se prétendant « intellectuel musulman ». Le fait qu’au moment précis où il déverse sa bouillie, Abdennour puisse – sans naturellement jamais éprouver la moindre gêne – attribuer à son self l’appellation d’ »intellectuel » devrait susciter l’hilarité générale ou une profonde tristesse, si on se place du point de vue des intellectuels arabes – musulmans ou pas – dont la pensée a été éclipsée en France par Bidar, Benhabib, Meddeb & consorts : autant d’héritiers du docteur Diafoirus qui se tiennent au chevet d’un malade qu’ils croient évidemment tous être l’islam.
Au fond, la vision euro-centrée qu’Abdennour Bidar a du monde musulman est frappée d’une myopie qui abonde (volontairement ou pas) dans le sens des représentations kouchnériennes : c’est une vision plate comme les préjugés islamophobes en vogue qui suintent la haine de l’Iran. L’article servi aux lecteurs du Monde est véritablement une insulte à leur intelligence tant il nourrit l’ignorance de l’islam au lieu de problématiser honnêtement la question de la violence qui n’est pas l’apanage des terroristes dits islamistes. C’est la démocratique modernité américaine qui a rayé l’Iraq de la carte. Mais cette violence-là n’intéresse pas beaucoup le self d’Abdennour Bidar.
Parti de la lapidation, le self d’Abdennour arrive on ne sait comment au jeûne du mois sacré de Ramadan : impossible de saisir la logique de cette pensée bidon où « haut et fort », Bidar « s’insurge ». Braire plutôt qu’expliquer. Au détour donc d’un raisonnement spécieux sur la violence, il s’arroge le droit d’assimiler les Musulmans qui pratiquent le jeûne à des meurtriers (ceux qui lapident = ceux qui jeûnent).
Le jeûne étant en Islam le seul acte de foi qui appartienne entièrement à Dieu et non au croyant qui l’effectue, il n’est pas du tout étonnant que la seule idée de cette pratique révulse le self d’Abdennour Bidar et soit perçue comme une « violence ». En effet, comment un personnage si boursouflé d’orgueil pourrait-il tolérer une pratique qui sacrifie intégralement l’ego à la transcendance ?
Aussi, le self s’indigne : « mais qui soulignera en contrepartie le caractère violent de ce jeûne total exigé de la part de tout pratiquant pubère du matin au soir pendant un mois entier ? »
Calme-toi donc Bidar. Personne n’exige rien de toi. Si tu es musulman, tu sais certainement que Dieu n’a pas imposé aux hommes de charges plus lourdes que celles qu’ils sont capables d’assumer. Détends-toi : va donc boire une grenadine, manger des frites, jouer à la Wii. N’importe. Mais épargne-nous ta pauvre philosophie de nouveau chien de garde islamophobe et laisse les jeûneurs jeûner en paix. Profite, si tu le peux, de la teneur spirituelle intense de ces derniers jours de jeûne, justement, pour évider ton self de sa gravité – essaie d’exercer au moins une seule fois dans ta vie de pseudo-intellectuel médiatique l’attention – cette méthode de purification spirituelle qui conjugue l’appel divin aux combats militants, telle que l’a si superbement enseigné Simone Weil, par exemple (que Dieu ait son âme). Donne-toi enfin cette chance d’être, un instant, saisi par la vérité de ces deux versets du Saint Coran – auxquels, conformément aux principes de « self-islam » qui te sont si chers, tu pourras te reporter toi-même :
Riposte laïque est souvent dénoncée comme islamophobe par ses détracteurs. Ces réactions montrent une fois encore que les défenseurs de l »islam ne peuvent accepter que l’on puisse discuter de la doctrine. Au lieu de dénoncer l’islamophobie, il conviendrait de s’interroger sur la place de citoyens français qui n’acceptent pas qu’un dogme religieux puisse être remis en cause.
Gabrielle Desarbres




Assez de démagogie gauchisante, la nationalité française doit être respectée

Le discours prononcé vendredi 30 juillet à Grenoble par Nicolas Sarkozy alimente cette période estivale en manque d’actualité. Combien de journalistes, combien de commentateurs auront pris la peine d’écouter l’intégralité du discours ? A les entendre, bien peu.
Ils se seront contentés de commenter au mieux une dépêche de l’AFP dont les journalistes dans ce domaine doivent tous être au NPA et n’ont jamais appris ce qu’était l’objectivité. Pour les autres, gageons qu’un article du Monde et des commentaires à la radio ou à la télévision leur suffira pour toute information. On ne s’étonnera pas que la Ligue des droits de l’Homme en tête – même Tubiana est convoqué, lui qui n’a jamais en bouche que le « classe laborieuse classe dangereuse »- nous fassent à nouveau le coup de Vichy ? Depuis le temps que même le PS ressasse cela, on se demande qui peut encore les croire. L’Humanité et le Parti communiste – enfin ce qu’il en reste – se découvrent un attachement à la République.
On passera sur Villepin, Dupont-Aignan et Bayrou qui, pour se démarquer de Sarkozy, enfourchent les déclarations assassines mais sans jamais aucune proposition.
Quand on prend le temps d’écouter le Président, son discours est ferme mais il prend bien soin ni de stigmatiser ni de généraliser, bien au contraire. Maintenant comme le fait Cyrano, on peut être dubitatif sur les paroles et attendre de voir les actes. Personnellement je préfère cette posture que la critique systématique.
Mais je voudrais parler plus particulièrement de la nationalité. De la même manière que personne n’écoute le discours, beaucoup de commentateurs n’ont qu’une idée vague du droit de la nationalité, c’est pourquoi sans entrer dans le détail, il paraît nécessaire de rappeler quelques éléments.
Au début des années 90, à la suite de la commission présidée par Marceau Long, vice-président du Conseil d’Etat, la possibilité pour les jeunes étrangers nés et résidant en France de devenir Français a été soumise à une simple manifestation de volonté dans laquelle les jeunes devaient très simplement remplir un formulaire exprimant qu’ils souhaitaient devenir Français. Tollé ! Drame ! La bienpensance aux abois ! Cette réforme résultait des auditions faites au cours des quelles des jeunes et en particulier les Algériens disaient ne pas vouloir être Français malgré eux. Dont acte.
En 1998, Elisabeth Guigou, ministre de la Justice a non seulement supprimé cette disposition mais a permis que cette déclaration puisse être faite dès 13 ans à l’initiative des parents, dès 16 ans ou automatiquement à 18 ans. Il ne fallait pas traumatiser ces jeunes. Résultat : tous les enseignants sérieux le disent : dans leur classe, tous les jeunes Français d’origine étrangère se déclarent tout sauf Français.

On voit même se développer un rejet violent de la France et de ses symboles. L’injure « sale Français » au même titre que « fils de ta race » sont devenues monnaie courante. Mais pour la bien-pensance de gauche, très présente au Conseil d’Etat, de toute façon être Français ou pas, n’a guère de sens sous couvert d’une déviation d’un humanisme primaire « nous sommes tous des êtres humains » ; avant la version « nous sommes tous des êtres vivants » reconnaissant des droits pour les animaux. Donc, sous les gouvernements de gauche l’accès à la nationalité française n’a cessé d’être facilité, l’assimilation se réduisant et encore à un niveau très faible, à l’obligation de parler français. Toutes les conditions préalables étant interprétées avec largesse (porter la burka ne gênait pas Madame Aubry) et les conditions de retrait ou de déchéance étant réduites à minima. La déchéance pour terrorisme a été rétablie mais pour les jeunes, alors qu’auparavant nul ne pouvait acquérir la nationalité s’il était condamné à une peine d’emprisonnement de six mois disposition abrogée par la loi Guigou, n’a pas été rétablie.
C’est même une des raisons de déclaration anticipée dès 13 ans, conseillée par les juges pour échapper à une éventuelle expulsion pour comportements délictueux. Alors, quand on entend d’éminents juristes énoncer que les dispositions annoncées seraient anti-constitutionnelles et remettraient en cause la nature de la République, on se demande si le soleil de juillet leur a fait tourner la tête.
Etre Français n’est ni un droit, ni une obligation. Ceux qui ne veulent pas être français n’y sont pas obligés. On nous parle d’apatridie ! Mais ceux dont on parle, disposent toujours d’une autre nationalité et s’en revendiquent ! Quand on nous dit : il n’y a pas deux sortes de Français, c’est absurde. Il n’y a qu’une sorte de Français en terme de droits civiques, d’égalité, en tant que citoyen. Mais il y a des étrangers qui deviennent Français et qui doivent remplir des conditions d’assimilation pour le devenir et peuvent perdre la nationalité, sous certaines conditions, après avis du conseil d’Etat. Certains commentateurs comme l’historien Patrick Weil ont feint de croire que Sarkozy viserait l’ensemble des Français issus de l’immigration depuis des générations, comme pour les Juifs sous Vichy. Il demandait à Sarkozy de préciser mais honnêtement lui-même ne semblait pas croire ce qu’il disait mais sans doute est-ce le fantasme se jouent la LDH et la LICRA pour annoncer le retour de Vichy. On joue à se faire se peur et cela permet de raconter n’importe quoi.
Quand on devient Français pour se jouer de la France comme le polygame de Nantes, n’est-ce pas une provocation, une insulte faite à la France ? Il y a beaucoup d’étrangers fiers et heureux de devenir Français. Il suffit d’assister à une cérémonie de naturalisation pour s’en convaincre. Ceux là doivent être respectés. Il faut séparer le bon grain de l’ivraie ; que l’on cesse d’excuser les délinquants, les criminels qui ternissent ceux qui se comportent loyalement, correctement. Or, de fait, la gauche et toute la bien pensance préfèrent défendre les délinquants au détriment des gens honnêtes, Français et immigrés.
Gabrielle Desarbres




Un jour on regrettera l'Europe

Le Koweït est-il le seul pays où écrivent encore des journalistes clairvoyants ? Dans son numéro 1029 du 22 au 28 juillet, Courrier international reproduit un article d’un certain Ahmed Al-Sarrat, paru dans le journal Al-Qabas du Koweït. Dans cet article remarquable l’auteur s’inquiète que l’Europe disparaisse sous « l’assaut humain et culturel des musulmans ». Cet article n’étant pas dans la version en ligne, contrairement à un article du Guardian qui vilipende la France et le projet de loi sur le niqab, je l’ai recopié intégralement afin de vous en faire profiter.
« L’Europe est parfois appelée le Vieux Continent, mais elle reste la mère de la civilisation moderne, le centre de la culture mondiale et l’incarnation de la conscience internationale. L’Europe, et surtout l’Europe occidentale, joue le rôle humaniste qui a fait sa réputation et combat le sous-développement en ouvrant grand les bras aux miséreux, aux maltraités et aux opposants pourchassés par les dictateurs. Quand elle défend son identité et sa façon d e vivre, nous n’avons pas le droit de nous en offusquer. Elle ne fait que défendre la démocratie et les libertés individuelles contre une pensée religieuse, celle de l’islamisme.
Il faut être objectif pour comprendre les réactions de colère des Européens face à « l’assaut humain et culturel » musulman. Au bout d’une ou deux générations, le monde entier, et le monde arabe en particulier, regrettera l’Europe telle qu’elle avait été jusque-là. Celle-ci aura été transformée sous l’effet de l’immigration musulmane. Les Européens ont donc raison de s’inquiéter. Mettons –nous à leur place : dans les pays du Golfe, ne nous inquiétons –nous pas de l’influence exercée par les immigrés asiatiques sur nos propres modes de vie ?
Les ghettos musulmans prolifèrent autour des grandes villes européennes, le voile s’y est banalisé, le niqab y progresse jour après jour et les mosquées y attirent plus de monde que les églises. Il y aurait quarante-cinq millions de musulmans en Europe, ce qui ne serait pas si grave s’ils voulaient vraiment s’intégrer. Or beaucoup soutiennent le principe des attentats, les crimes d’honneur sont courants et les femmes se voient souvent traitées par leurs familles comme si elles étaient encore dans leur pays d’origine. C’est effrayant de voir que ceux qui ont fui les dictatures politiques, militaires ou religieuses voudraient transformer l’Europe en quelque chose qui ressemblerait à ce à quoi ils cherchent à échapper.
Nous écrivons cela simplement afin de nous élever contre la victimisation qui accompagne la défense du droit des musulmans de vivre conformément à leurs convictions. Cela est d’autant plus inacceptable que nous-mêmes, dans notre propres pays, nous refusons à toutes les minorités, y compris aux Européens, de simplement respirer et ne cessons de vouloir leur imposer nos choix
. »
Qui oserait encore, dans nos démocratie où il paraît que la liberté de penser existe, écrire : « Les ghettos musulmans prolifèrent autour des grandes villes européennes, le voile s’y est banalisé, le niqab y progresse jour après jour, et les mosquées y attirent plus de monde que les églises. Il y aurait quarante-cinq millions de musulmans en Europe, ce qui ne serait pas si grave s’ils voulaient vraiment s’intégrer. Or beaucoup soutiennent le principe des attentats, les crimes d’honneur sont courants, et les femmes se voient souvent traitées par leurs familles comme si elles étaient encore dans leur pays d’origine »? Celui qui écrirait cela ne tomberait-il pas immédiatement sous le coup des censeurs professionnels à qui les magistrats formés à la bien pensance donnent presque toujours raison.
J’écris presque pour être juste, car quand les assertions sont attribuées à tord (il ne l’a pas dit mais il aurait pu) (procès de de Villiers contre la LICRA) tout de même, la justice ne les suit pas. Ouf! Mais on sait bien à Riposte laïque que les censeurs et autres ayatollah de pensée sont à l’affût.
Peut-être un jour nous faudra-t-il nous exiler au Koweit pour pouvoir continuer à parler librement !
Gabrielle Desarbres




Pour Erdogan, l'assimilation est un crime contre l'humanité !

Vous croyez que Recep Tayyip Erdogan reconnaît enfin les massacres perpétués par la Turquie contre les Arméniens ! Détrompez- vous ! Ce qui est aux yeux d’Erdogan un crime contre l’humanité c’est l’assimilation ! En visite officielle à Paris, le Premier ministre turc a fait cette incroyable déclaration lors d’un grand meeting au Zénith devant cinq mille compatriotes. Tout en les incitant à demander la nationalité française dans un pays qui contrairement à l’Allemagne n’oblige pas à renoncer à la nationalité turque, il a dénoncé l’assimilation comme un crime contre l’humanité ! N’en déplaise au premier ministre de la Turquie, le code civil prévoit dans son article 21-24 que nul ne peut être naturalisé s’il n’est assimilé. « Nul ne peut être naturalisé s’il ne justifie de son assimilation à la communauté française, notamment par sa connaissance suffisante selon sa condition, de la langue française et des droits et devoirs conférés par la nationalité française. »
Même si les critères d’assimilation sont devenus depuis trente ans de moins en moins exigeants, il n’empêche que jusqu’à preuve du contraire ce n’est pas le chef du parti AKP qui détermine le droit de la nationalité français.
Ces propos rapportés par l’AFP, n’ont quasiment pas été repris par les médias qui ne connaissent rien au droit de la nationalité. Seul Ivan Rioufol dans son block note du Figaro du vendredi 9 avril a relevé ses propos et Eric Besson mais omettant de signaler la qualification de l’assimilation comme crime contre l’humanité.
De deux choses l’une, soit tout le monde se moque éperdument de la Turquie et de son Premier Ministre, soit les journalistes et les politiques considèrent que qualifier l’assimilation de crime contre l’humanité est sans intérêt et ne mérite aucune réaction.
N’est pas Zemmour qui veut !
Gabrielle Desarbres




La journée sans immigrés : le grand flop !

Inspirée d’une initiative similaire aux Etats-Unis »the Great american boycott » organisée en 2006, cette journée intitulée « 24 heures sans nous »était annoncée depuis des mois sur les médias bien pensants. La semaine dernière, nombre de médias annonçaient complaisamment cette journée, forme moderne de la politique citoyenne mobilisée sur face book. Le collectif dispose d’un bien joli site internet(1) et du soutien du Parti socialiste On allait voir ce qu’on allait voir, la France sans immigrés, c’était la France en panne économique, ni plus ni moins. On en tremblait d’avance ou en frémissait d’aise, c’est selon.
Samedi, une maigre manifestation appelée pourtant par une centaine d’organisations avec évidemment le MPRA, le NPA et les sans papiers a recueilli 1600 manifestants demandant la suppression du ministère de l’immigration. Un bide habituel, où l’on compte autant d’appelants que de présents dans la rue.
Lundi, 1er mars l’espoir était permis. Las ! Personne ne se sera aperçu de rien et on ne comptait que quelques centaines (moins de 500 personnes) place de l’Hôtel de ville à Paris ; une poignée de sans papiers comme quoi même dans la France de la répression permanente on peut être en situation irrégulière et manifester publiquement, ostensiblement sans aucun problème. Mais que fait la police ? Sur la place également une centaine d’artistes « du vivant » c’est comme cela qu’on appelle paraît-il des gens hirsutes, habillés en noir généralement et qui s’apitoient sur la situation « trop injustes » des sans papiers.
Les médias ont tiré un bilan très discret, quelques lignes en brève, pas de quoi pavoiser en effet. Il est vrai que l’actualité était bien remplie par les suites de la tempête Xinthia qui aura eu au moins le mérite de cacher ce lamentable fiasco.
On ne cherchera pas à tirer de leçons définitives d’un non évènement mais au minimum montre-il premièrement qu’il ne suffit pas d’imiter les Etats-Unis pour que ça marche en France. Deuxièmement, que les immigrés ne constituent pas un groupe social et qu’ils n’éprouvent pas le besoin ni la nécessité de se manifester en tant que tel ce qui est plutôt bon signe. Troisièmement que les immigrés clandestins ou non ont sans doute une situation plus enviable en France qu’aux Etats-Unis et que l’appel qui leur étaient lancé ne les a pas fait bouger. Espérons que les initiateurs en tireront la leçon et nous épargneront pour l’année prochaine une telle initiative.
Gabrielle Desarbres
(1) http://www.la-journee-sans-immigres.org/




Ces discours irresponsables qui légitiment la violence scolaire

Depuis le début de l’année 2010, les violences se succèdent dans les établissements scolaires.
Souvent mineures, elles peuvent aussi conduire à la mort comme au Kremlin Bicêtre, dans les établissements scolaires ou en dehors comme celui d’Adrien à Sannois en janvier dont on a bien peu parlé, sa mère se demandant si ce garçon ordinaire, sage ne méritait aucune compassion.
C’est le « marronnier du moment », chaque quotidien, chaque hebdo sort son dossier et accumule les témoignages, les pistes, les déclarations au sujet de ces violences dites ordinaires que les chefs d’établissements essayent comme toujours de camoufler. Il y aussi, comme toujours, ses déclarations d’experts qui doctement expliquent que tout ceci est bien normal, que cette violence a toujours existé.
Quand j’étais jeune dans un lycée qui drainait la banlieue sud de Paris, Draveil, Vigneux, Yerres, Montgeron, jamais de telles violences ne se sont produites. Parions qu’il y aura bien un porte-parole du PS pour nous dire que c’est par pur électoralisme qu’avant les régionales on parle de violence et que tout ça c’est la faute à Sarkozy.
D’ailleurs, c’est à peu de choses près ce que dit Jean Paul Huchon, candidat PS pour la troisième fois à la tête de la région Ile de France, « la sécurité, c’est la responsabilité de l’Etat ». Certes, mais les lycées sont sous la responsabilité de la région. Tout ça n’est pas grave, on peut se renvoyer la balle et laisser les voyous régler leur compte en toute impunité à l’intérieur ou à l’extérieur des établissements scolaires, sortir leur couteau pour un oui ou pour un non . Mais personne ne réclamera sur des statistiques ethniques sur ceux qui se comportent ainsi.
Quant aux enseignants qui subissent quotidiennement cette violence verbale ou physique, la remise en cause permanente des enseignements, les crachats, les insultes, ils peuvent continuer à réclamer des surveillants, des postes supplémentaires tout en continuant à refuser l’autorité du ministre, de l’Etat car la police, les flics, c’est « caca ».
Individuellement, ils sont nombreux à subir cette violence. Mais, collectivement ils portent une réelle responsabilité. Tant qu’ils accepteront que Roland Hubert, secrétaire général du SNES déclare dans Marianne (13 au 19 février) « Pour endiguer la violence scolaire, il faut s’attaquer aux problèmes sociaux que subissent les élèves à l’extérieur de l’école. C’est la violence de la société qui génère de la violence en milieu scolaire : quand on ne se sent pas à sa place dans la société, on devient agressif. Tant que certains élèves auront le sentiment de ne pas avoir d’avenir, d’être condamnés à la discrimination et au mépris social, ils seront dans le rejet de l’école et développeront des comportements violents vis-à-vis de leurs professeurs mais aussi vis-à-vis de leurs camarades qui en sont les premières victimes. »

Ce qui signifie clairement : « allez y les ptits gars vous avez raison ».
Soit les profs sont masos, soit que font-ils encore dans ce syndicat ? A leur place cela ferait longtemps que j’aurai renvoyé ma carte syndicale ! Parce que non seulement, il faut que ces chers enfants ne soient pas discriminés mais en plus il faut qu’ils soient certains d’avoir un avenir, une place dans la société. Il me semble pourtant qu’il y a pas mal de pays ou l’avenir n’est guère plus joyeux qu’en France. Il y a eu aussi pas mal de situations dans l’histoire ou l’avenir n’était pas radieux, est ce que cela justifiait une telle violence ?
Dans Libération du 16 février, titre en page, une en grand : « le ras le bol des profs : Quand je pars au collège, j’ai une boule au ventre », Didier Lapeyronnie, professeur de sociologie à l’université ParisIV Sorbonne écrit : « Il y a une violence très directement liée au fonctionnement de l’école. Des jeunes veulent casser un jeu auquel ils ne peuvent participer et auquel ils sont sûrs de perdre et disent-ils, de se faire humilier… La violence traduit un ressentiment des enfants et des familles vis-à-vis d’une institution qui, pensent-ils les discrimine pour des raisons sociales et raciales…. Pour eux, malgré les efforts, l’école reste un monde de classes moyennes dans lesquelles les gens des cités se sentent étrangers. Et pour des gens des quartiers issus de l’immigration, l’école reste un monde de Blancs ».
Vous avez bien lu : Pour ce chercheur, la violence est légitimée par le seul fait que « les gens des cités » se sentent humiliés et rejetés du seul fait que la classe moyenne est blanche.
Je ne sais pas si Monsieur Lapeyronnie a participé au débat sur l’identité nationale et l’avenir du vivre ensemble. A vrai dire, j’en doute un peu. Mais j’aimerais connaitre ce qu’il propose. Que tous les Blancs deviennent noirs ou colorés pour ne pas humilier ces jeunes ou que l’on se dépêche d’arrêter toute immigration puisque les jeunes issus de l’immigration loin de s’intégrer se sentent irrémédiablement étrangers ?
Heureusement, ce constat n’est pas aussi noir si l’on se reporte au récent ouvrage de Madame Attias Donfut(1) « le destin des enfants d’immigrés » surtout quand les parents font le choix de s’intégrer et de soutenir leur enfants dans leur scolarité.
En attendant, les profs peuvent continuer d’aller au lycée la peur au ventre.
Gabrielle Desarbres
Le destin des enfants d’immigrés, Claudine Attias-Donfut et François-Charles Wolf, édition Stock, 2009,315 p.
http://www.youtube.com/watch?v=PQtdlynhHRI




Incivilités quotidiennes dans un bus, place Clichy, dans le Paris de 2010…

Par ce froid vendredi de février, j’emprunte le bus 80 qui traverse Paris du sud au nord, de la mairie du XVème à celle du XVIII. Il est une heure moins le quart. A l’arrêt situé avant la place Clichy, montent quatre jeunes filles, âgées de 16 à 18 ans, plutôt mignonnes, pas voilées, des jeunes filles banales d’aujourd’hui.
L’une sort un portable rose bonbon et lit à haute voix un mail « menu de Saint Valentin, (je n’entends pas tout) le menu, 100 euros, au dessert, elle m’annonce qu’elle a ses règles, ça vaut une sodomie ». Et de bien rigoler. J’avoue que je suis scotchée comme disent les jeunes ou abasourdie comme disent les vieux. Commence, toujours à haute voix, une discussion pour savoir qui a été sodomisée, seule celle qui a le portable, si j’ai bien compris, et dans une cave ! Les autres non, elles ont peur, c’est tellement cru que j’essaye de ne pas entendre, les autres passagers n’ont pas l’air choqué…
Ils sont peut-être sourds. Ces jeunes filles continuent leur conversation, je me demande si avant d’être voilées celles qui portent la burqa ont tenues aussi ce genre de propos, putes ou soumises sont mes réflexions tandis que je m’apprête à descendre du bus trop tôt. De l’autre côté de la place Clichy, monte une horde de jeunes, bruyants, rotant ostensiblement, toutes origines et peu amènes. Deux jeunes restent devant la porte et un jeune genre titi parisien bloque la porte pour attendre une copine. Une fois, deux fois, trois fois. Arrive le chauffeur du bus qui vient l’engueuler, repart, le jeune recommence et j’interviens. « Pourriez vous s’il vous plait laisser repartir le bus, merci »

Dans ces circonstances, on n’est jamais assez poli. Ma politesse ne suffit pas à calmer ces excités dont une fille métis, aux yeux bleus, qui aurait pu être jolie si sa grossièreté et sa violence ne gâchait pas le reste. Un monsieur âgé s’énerve, s’emporte, elle le traite de tous les noms, prête à se jeter sur lui. A côté, un homme noir, débonnaire, rigole. Je l’interpelle : « Monsieur, ne croyez vous pas que face à ces jeunes agressifs, vous devriez prendre la partie de cet homme âgé ? J’ai lu qu’en Afrique, dont semble originaire cet homme, on traite avec respect pour les personnes âgées ». Mais il me répond « c’est lui qui a agressé les jeunes ». Sans commentaires
Le jeune qui bloquait le bus a calmé sa copine qui ne s’est pas jeté sur le vieux monsieur, la bande est descendue à l’arrêt suivant, en même temps que moi. Il m’a dit en sortant : « faut pas nous prendre pour des délinquants.» Des délinquants, peut-être pas mais comme le disait Jean Pierre Chevènement des sauvageons, certainement.
Je plains les chauffeurs qui doivent tous les jours se payer ces jeunes abrutis pour un seul arrêt. J’imagine que ni les parents, ni les autorités du lycée Jacques Delcourt, d’où sortent apparemment ces jeunes, ne se sentent ni responsables ni coupables. Je pense à ce pauvre vieux monsieur qui, courageusement, a osé réagir dans l’indifférence générale. Je pense à Isabelle Adjani qui a reçu un globe de cristal pour son interprétation pour le film « la journée de la jupe » et dont on a peu parlé car la bienpensance préfère la burqa à la jupe…
Ainsi va la vie, place Clichy.
Gabrielle Desarbres
ces-bus-ou-l-on-ne-se-sent-plus-en-securite-26-02-2010-829115.php




Pour qui roule Laurence Méhaignerie et ses curieux sondages ?

Alors qu’était programmée la tenue d’un séminaire gouvernemental consacré au débat sur l’identité nationale, tous les médias commentaient abondamment lundi matin 8 février, le quotidien gratuit Métro publiait un sondage sous le titre « le triomphe de la diversité »(1) vantant l’adhésion des Français à la diversité et à la société multiculturelle, Il faisait ainsi habilement passer à la trappe le sondage publié le vendredi précédant sur l’identité nationale.
Cette guéguerre des sondages n’est pas nouvelle mais cette insistance à défendre ce sondage publié très opportunément au matin même du séminaire gouvernemental sur l’identité nationale, a chatouillé ma curiosité. Ce sondage a été réalisé en partenariat avec Métro et BFM TV et un organisme inconnu : Equity lab ,. Le site « [www.equitylab.fr->www.equitylab.fr ] » ne contient pratiquement aucun autre dossier que ce sondage réalisé par TNS / SOFRES. A croire qu’il a été créé uniquement à cette fin. On peut néanmoins y apprendre qu’ Equity lab est une association présidée par Laurence Méhaignerie « travaillant à l’émergence de nouvelles problématiques de diversité et de discrimination positive ». Dans le communiqué de presse en première page du site, il est explicitement écrit que « ce sondage vise à diminuer considérablement la portée du sondage lancé par Eric Besson »… la démarche d’Equity Lab a été de comprendre dans quelle mesure les Français sont prêts à vivre dans une société de plus en plus multiculturelle ».Quel objectif !
De fait, ce sondage démontre surtout que les Français, loin d’être de méchants racistes et xénophobes, sont plutôt tolérants et s’accommodent des immigrés présents en France. Plus inquiétante cependant est l’affirmation avancée « d’un décalage entre le discours politique et l’opinion publique, qui, elle, trouverait que les politiques dramatisent toujours les questions de religion » puisque 54 %des Français n’auraient aucune objection à côtoyer une musulmane portant le foulard.

On sait pourtant que de nombreux autres sondages montrent de manière continue une forte hostilité au port de la burka et du voile intégral (74 % des Français favorables à une loi interdisant la burka (1) mais une forte adhésion à la laïcité (70 %pour le maintien de la loi de 1905 sondage IFOP la croix mars 2008). De toute façon, nul n’ignore que les réponses aux sondages varient souvent en fonction de ce que l’on veut leur faire dire sauf quand les taux de réponse sont massifs et continus comme ces derniers.
Mais le fond de la question n’est pas là :
Pourquoi aucun journaliste ne s’est interrogé sur les motivations et les moyens mis en œuvre par cette dame et son association pour aller à l’encontre d’un sondage commandité par un ministre, fut-il le détesté Eric Besson ?
Laurence Méhaignerie, n’est pas une inconnue et son parcours ne manque pas d’étonner. Fille de Pierre Méhaignerie, ancien ministre de la Justice, ayant une maîtrise en sociologie, elle se présente le plus souvent comme journaliste d’abord au Moniteur puis au Courrier des maires. En 2004, elle rédige avec Yazid Sabeg pour l’Institut Montaigne, think tank libéral de Claude Bébéar, une étude(3) visant à promouvoir la diversité, notion qui, on le sait, signifie la diversité des origines et non la diversité des classes sociales ou des opinions.
Elle est nommé ensuite de juin 2005 à septembre 2006 conseiller au Cabinet d’Azouz Begag dans le gouvernement de Villepin pour promouvoir la diversité. Elle mène la bataille pour convaincre le futur Président de la République de modifier l’article 1 de la Constitution de 1958 qui affirme « la France est une et indivisible » pour y inscrire la diversité comme principe constitutionnel. On sait que c’est sur cet article que se sont fondés la CNIL et le Conseil Constitutionnel pour retoquer les statistiques ethniques que Brice Hortefeux avait introduites à la demande des tenants de la diversité dans la loi sur l’immigration de novembre 2007.
Quittant le Cabinet de Begag, Laurence Méhaignerie fonde une entreprise Citizen Capital qu’elle préside avec Pierre-Olivier Barennes, ancien directeur du fonds d’investissement Bridgepoint Capital. Selon le supplément Enjeux les Echos(4),cette entreprise qui est censée financer des entreprises issues de la diversité s’adresse aux entreprises ayant des besoins conséquents de l’ordre de 0,3 à 2,2 millions d’euros. Or, pour financer ces investissements Citizen Capital a été dotée de fonds substantiels principalement par la Caisse des dépôts et la Banque Postale à hauteur de 9 millions d’euros, sans oublier la Brioche dorée…
Le dossier des Echos nous apprend également que pour l’instant, Citizen Capital n’a à son actif qu’une seule participation alors même que son champs « a un spectre plus large que les banlieues sensibles : entrepreneurs autodidactes issus de la diversité ou venant de zones rurales ou désindustrialisées.. » Sans doute le petit « plus » demandé par les investisseurs publics pour qu’ils acceptent ou justifient leur participation dans cette entreprise atypique. On s’interroge cependant sur les compétences professionnelles de Laurence Méhaignerie pour occuper ce poste ? Les journalistes des Echos ne sont pas bien curieux. On aimerait que d’autres journalistes spécialistes de l’investigation creusent un peu plus les sujets ou que les experts chargés du contrôle des dépenses de l’argent public mettent un peu leur nez sur cet organisme financés essentiellement par l’argent public.
En tous les cas, on comprend qu’avec une seule aide financière apportée en deux ans, Laurence Méhaignerie ait trouvé le temps de se consacrer à quelques autres activités et ait pu créer « Equity lab » et bien d’autres petites choses pour promouvoir la diversité chère à son cœur. En attendant, ce sondage faisant l’apologie de la société multiculturelle et de la diversité est venu à point nommé pour relancer ce sujet après le succès assez limité du lancement pourtant très médiatisé de l’appel pour « Une République multiculturelle et multiraciale » par Lilian Thuram ou encore pour camoufler le flop de la remise du rapport du COMEDD (comité pour la mesure de la diversité et l’évaluation des discriminations) présidé par M. François Héran à Yazid Sabeg qui enterre officiellement l’idée de statistiques ethniques pour se ranger dans le cadre fixé par la CNIL et le Conseil Constitutionnel.
Alors, on aimerait bien connaître la réponse à la question posée en titre de cet article. Pour l’instant il faut continuer à chercher et essayer de trouver.
Gabrielle Desarbres
(1) [http://www.metrofrance.com/info/le-triomphe-de-la-diversite/pjbg!6pz2Ns6K@tWbNd7GexN78w/->http://www.metrofrance.com/info/le-triomphe-de-la-diversite/pjbg!6pz2Ns6K@tWbNd7GexN78w/]
(2) Sondage Ipsos réalisé les 15 et 16 janvier par téléphone auprès d’un échantillon de 960 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus
(3) « Les oubliés de l’égalité des chances », rapport de l’Institut Montaigne, Yazid Sabeg et Laurence Méhaignerie, 01/2004 (136 pages)Consulter en format PDF et visiter le site de l’Institut Montaigne ainsi que la page dédiée au groupe de travail « Egalité des chances »
(4) « Le capital se risque en banlieues, Enjeux les Echos, supplément au n] 20609 du Quotidien Les Echos des 5 et 6 février 2010




Identité nationale, un débat capital, qui illustre la dégénérescence de cette gauche

Dès l’annonce par Eric Besson du lancement d’un débat sur ce qui fait l’identité nationale, les réactions n’ont pas tardé. Une fois de plus la gauche n’a pas failli dans sa préférence pour les insultes primaires, caricaturales qualifiant ce débat de manipulateur, nauséabond, pétainiste, vichyste, maurassien.Tout y passe !
Au lieu de s’en saisir pour affirmer sa manière de voir l’avenir pour la France, elle préfère s’en tenir à l’invective pour cacher son incapacité à offrir une alternative crédible aux Français. Dans cet exercice, la palme revient assurément à l’Humanité et au parti communiste
Plus maligne, Marine Le Pen dit chiche ! Ce débat intéresse tous les Français et ne doit pas se dérouler dans l’enceinte fermée des préfectures ou réservée à quelques associations ou personnalité triées sur le volet, contredisant les propos fort surprenant du député Vallini qui affirme que l’identité de la France doit être discutée par les experts, les historiens et non laissée aux politiciens. Singulière conception de la politique pour un élu du peuple !
Or, la question de l’identité nationale concerne tous les Français. Confrontée à la mondialisation débridée, à la crise financière, aux délocalisations et au chômage, aux directives européennes qui n’ont d’autres ambitions que de détruire les Etats nations aux profits des particularismes régionaux et de flatter les minorités ethniques habillées sous le vocable diversité au détriment de citoyens égaux, oui les Français se sentent fragilisés et menacés. Ils l’ont déjà signifié aux pouvoirs publics à deux reprises. En mettant le Front national au deuxième tour lors des élections présidentielles de 2002 et en rejetant clairement le référendum sur le traité européen en juin 2005.
Cette incertitude sur l’avenir de la France est également illustrée par certaines populations immigrées qui n’ont pas voulu s’intégrer et qui, parfois, bien qu’ayant acquis la nationalité française et revendiquant le fait d’être Français, s’en servent pour contester les valeurs de la République. Qu’il s’agisse de siffler la Marseillaise contre l’équipe de France, qu’il s’agisse de porter le voile, la burqua ou les kamis, une fraction de cette population immigrée ou d’origine immigrée veut remettre en cause les valeurs fondamentales de la République et en particulier la laïcité. Plus subtilement mais aussi fortement certains, en avançant les concepts de diversité et son corolaire les statistiques ethniques, en se revendiquant comme une communauté sur la base de l’origine ethnique, d’une couleur, d’une religion, cherchent ni plus ni moins à mettre en cause le principe constitutionnel d’une France une et indivisible.

On peut très honnêtement s’interroger pour savoir dans quelle bulle vivent tous ceux qui s’étranglent à l’idée que l’on ose mettre en relation l’identité nationale et l’immigration !
Que l’on ne se méprenne pas : tout immigré n’est évidemment pas une menace ! En revanche, des dizaines, voire des centaines de milliers d’immigrés mal intégrés, ne connaissant pas les valeurs de la République ou choisissant délibérément de les manipuler – réduisant ainsi le principe de laïcité à la seule liberté de pratiquer sa religion sans autre contrainte – finissent par miner les fondements de la France telle qu’elle s’est construite parfois douloureusement au travers des luttes, des combats des défaites et des victoires. Cette attitude est d’autant plus facile qu’ils ne trouvent face à eux que des dirigeants politiques trop souvent prêts aux accommodements raisonnables pour préserver leurs places.
La France est un pays du mélange. Les Français n’ont cessé de se renouveler mais autour de valeurs communes et en faisant leur une histoire. Malheureusement, cette histoire, cette culture n’est plus guère enseignée et ce socle, ce ciment qui fonde le vivre en France a tendance à tomber en poussière. De nombreux jeunes se mobiliseront plus facilement pour saluer la mémoire de Mickael Jackson, défendre le droit de pirater, musique DVD, le droit de s’habiller comme bon lui semble que pour défendre la laïcité. C’est souvent assez affligeant.
Il n’empêche. Il est encore temps d’affirmer que l’avenir de la France ne se réduit pas à la concurrence libre et non faussée, à la loi du marché, du profit de quelques uns dont les valeurs seraient le métissage, le multiculturalisme, le confessionnalisme, une société à la libanaise, divisée qui débouche sur la guerre civile ou religieuse.
Mais il va falloir faire très vite, et surtout opérer un virage spectaculaire par rapport à ce qui s’est fait depuis trente ans, car la situation actuelle, illustrée par les violences de Marseille et de Fréjus, est extrêmement grave.
Gabrielle Desarbres




Looking for Eric, de Ken Loach

Ce dernier film de Ken Loach s’inscrit dans la lignée de ses précédents films au coeur de la classe ouvrière anglaise. Mais le sujet qu’il aborde cette fois-ci est plus intime même s’il se déroule sur un fonds de préoccupations sociales puisqu’il pose la question de la place des hommes et de leur positionnement dans la société. Pour avoir partagée la lutte des femmes pour l’égalité avec les hommes, je suis sensible néanmoins- comme Eric Zemmour dans son livre le Premier sexe dont je n’approuve pas tout- au sort des hommes et à leur effacement, à leur perte de confiance, à leur incapacité à trouver leur place. Dépossédés du tout le pouvoir, combien désertent leur responsabilité, incapables de le partager et d’exister sans dominer mais sans être non plus dominés. Combien de fois sommes nous (suis- je) amenées désormais à faire l’amère constatation sous cette forme crue et peu convenable mais qui dit bien ce qu’elle veut dire : « mais il leur manque une paire de couilles ! »
Ce film est celle d’un postier brisé par une histoire sentimentale faute de s’être exprimé, hébergeant sous son toit des fils qui font la loi et qui se retrouvent embarqués dans une histoire de délinquance et de mafia. Humilié, cassé, notre homme trouve dans Eric Cantona, un ange gardien tutélaire, qui va lui montrer la voie, lui redonner confiance, faire à nouveau de lui un homme.. C’est souvent drôle, parfois émouvant, toujours d’un réalisme poignant.
Ce film ne semble pas parti pour avoir le succès de bienvenue chez les Cht’is, et pourtant il le mérite. Il n’est pas dans le même registre mais il s’adresse au peuple, il parle du peuple, des vrais gens.
Quand à la fin, Cantona joue les premières notes de la Marseillaise, -rappelons que cela se passe en Grande Bretagne et pas en France- c’est tout un symbole qui montre ce que ce chant représente bien au delà de nos frontières comme hymne à l’égalité, à la fierté retrouvée.
Un film à voir absolument.
Gabrielle Desarbres