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L'armée dans les banlieues ? Pas d'accord avec Roger Heurtebise

Je me réjouis de l’augmentation d’audience de Riposte Laïque. Il faut bien constater que la concurrence dans la dénonciation du danger de l’islam n’est pas un créneau encombré dans les médias ni dans le personnel politique. Dénoncer, encore dénoncer, toujours dénoncer est un acte politique fort mais qui demande beaucoup de temps pour être connu, compris, et susciter l’adhésion.
Mais une notoriété grandissante entraîne une responsabilité croissante. L’article de Roger Heurtebise du 19 juillet (1), qui préconise une solution radicale : la sous-traitance à l’armée du rétablissement de l’ordre dans les banlieues, ne me semble pas une idée appropriée.
Cela rappelle trop de mauvais souvenirs et beaucoup de victimes.
En Algérie, il n’y avait pas de guerre, nous étions dans des départements français, tout juste une opération de maintien de l’ordre pour lutter contre des troubles organisés par des insurgés. Durant huit années, de victoires en victoires sur les rebelles, l’armée termina sa mission dans les conditions que l’on sait et un résultat pour le moins critiquable.
Un gouvernement républicain doit y regarder à deux fois avant de donner les clés à l’armée pour s’occuper des opérations de police.
En France aujourd’hui le contexte est différent de celui de l’Algérie durant la période 1954/1962.
Certains de nos jeunes rebelles de la diversité culturelle, ne sont pas intégrés dans nos pays occidentaux, en échec scolaire puis social certains rejoignent la délinquance, les plus islamisés rallient le jihad dans des pays musulmans en guerre.
D’une façon générale, ils ne demandent qu’une chose, vivre en communauté, avec leurs propres valeurs, comme dans leurs pays d’origine, mais chez nous, dans le respect d’une loi divine qui n’est pas la nôtre et que nous n’aimons pas. Comme nous n’acceptons pas d’échanger nos valeurs laïques et républicaines pour la charia.
Il faudra beaucoup d’efforts de part et d’autre pour trouver un terrain d’entente. Ce sera difficile.
La solution ne peut passer que par les musulmans eux-mêmes. Comment engager un dialogue positif avec eux ? Ou trouver des interlocuteurs crédibles aux yeux de leur communauté ?
Nous n’avons que peu de chance de convaincre, nous-mêmes, les musulmans qu’ils doivent accomplir un effort pour accepter nos lois, ce qui est dans leurs moyens, et qu’ils y gagneraient. Les arguments que nous trouvons justes, ne sont pas compris, nos lois ne pèsent pas lourd opposées à une loi divine. Les croyances qui ne sont pas le fruit de la raison seront difficiles à combattre par le verbe.
Pourtant il serait dommageable que le lecteur de Riposte Laïque, qui bénéficie d’une information privilégiée, finisse par rejoindre le camp de ceux qui pensent que la confrontation nord-sud est inéluctable.
Ceci dit nous n’avons pas le droit de nous résigner au pire, il y a peut-être des informations venant d’ailleurs qui pourraient nous faire réfléchir. Prenons l’exemple de Kemal Killiçdaroglu le chef laïque d’un parti le CHP, en opposition à l’islamiste Erdogan, avec des sondages en hausse arrivant à 30 %, commence à peser sur l’évolution de la Turquie. (2).
On rêve d’une interview de ce brave homme par Riposte Laïque. Buzz assuré.
Guy Beaupin
(1) http://www.ripostelaique.com/Guerilla-a-Grenoble-qu-attend-on.html
(2) Marianne 692 Martine Gozlan.




Riposte Laïque à la MJC de Conflans

Devant environ, 50 auditeurs, après l’introduction du directeur, Claude Pellat, Pierre Cassen, développa, avec une grande facilité oratoire, les thèmes traités par le journal en ligne Riposte Laïque, sur la laïcité et la place de l’islam en France, religion qui n’était pas présente en 1905.
Une équipe de télévision a filmé l’intervention, suivie jusqu’au bout par un journaliste local de « La Gazette du Val d’Oise ».
Pendant 45 minutes, le conférencier expliqua pourquoi RL approuve les travaux de la mission parlementaire sur le voile intégral. Il développa une théorie sur l’identité nationale, la liant à l’intégration, et défendit la votation suisse.
La plupart des auditeurs connaissaient et approuvaient manifestement la position de ce journal.
Le débat qui suivit l’exposé donna lieu à plusieurs échanges :
Un jeune homme qui se présenta comme Français Marocain aimant la France, musulman, croyant, et pratiquant, nous fit part de son parcours.

Ayant échoué à l’entrée des écoles de commerce en France, il fit ses études dans une école en Belgique Flamande.
Il reprocha vivement à Pierre de pratiquer l’amalgame entre islam et islamisme. Il compara cet amalgame à l’image dont les Belges aiment caricaturer les Français, franchouillards avec le béret sur la tête, la baguette sous le bras, litre de vin à la main et mangeant des grenouilles.
Il pouvait témoigner de l’inexactitude de cette image et aimerait bien que nous lui rendions la politesse en évitant la confusion entre Islam et Islamisme.

Il faut reconnaître que la distinction à priori n’est pas facile, entre un musulman pacifique qui pratique sa religion à minima pour s’assurer une place convenable dans l’au-delà, et le musulman fanatique qui, à partir d’une même loi divine, cherche dans le texte un moyen de ce distinguer et gagner les faveurs d’halla la différence ne saute pas aux yeux.
Dans le doute l’infidèle qui peut y laisser sa peau se méfie des deux…
Dans sa réponse Pierre Cassen eut la gentillesse de ne pas lui faire observer que le rapprochement entre une caricature humoristique dont les Français s’amusent, et la susceptibilité des musulmans qui se sentent offensés par la moindre allusion critique de leur croyance, il y a un monde.
Il lui dit qu’il ne croyait pas à la fable de l’islam, religion de paix et d’amour pervertie par des méchants islamistes, mais qu’il considérait que les musulmans pouvaient être laïques, à une condition : qu’ils admettent que les lois de la République étaient supérieures à celles du Coran, et qu’ils cessent de réclamer des accommodements raisonnables à la République. Donc, qu’ils pratiquent des accommodements raisonnables… avec le Coran !
Il lui fit également remarquer, quand son contradicteur affirma que la burqa n’avait rien à voir avec l’islam, que seuls des musulmans la portaient, et qu’on n’avait pas encore entendu un dignitaire musulman demander que cela cesse.
Sur l’identité nationale, Pierre Cassen fit un parallèle avec les nombreux immigrés qui ont trouvé en France une offre d’assimilation réussie, tout au long de ce siècle, au point que par les unions mixtes, l’adoption de pronoms français pour leurs enfants, plus rien ne les distinguent aujourd’hui des Français de souche. Selon lui les valeurs républicaines de la France seraient en danger en laissant se développer un islam communautariste qui sépare les individus par croyance, par coutumes sociétales, vestimentaires ou alimentaires.
Un intervenant, d’origine espagnole, alla dans ce sens, en expliquant comment il s’était intégré à la France, en parlant français à la maison, et en lisant les grands auteurs de ce pays.
Une auditrice demanda de préciser la définition du terme musulman, si la définition du mot dans le dictionnaire est simple : adepte de la religion musulmane.
Dans la réalité cette définition est un plus compliquée, il y a un milliard et demi de musulmans dispersés dans le monde, de races et coutumes différentes, le point commun étant l’obéissance au coran qu’ils doivent respecter où qu’ils se trouvent.
Certains musulmans laïques pensent que les préceptes de l’islam dans la lecture qui peut en être faite dans le Coran, comportent des prescriptions incompatibles avec le respect des valeurs laïques et républicaines françaises.
Cette réunion destinée à faire réfléchir chacun d’entre nous sur la meilleure manière de vivre ensemble, dans une république laïque, ne met pas un point final à la discussion, mais permet à chacun de nourrir sa réflexion et de voir venir les pièges que nous allons rencontrer.
Chacun fut reconnaissant à l’intervenant d’avoir parlé sans langue de bois, d’avoir provoqué un vrai débat, sans tabou, et d’avoir essayé de répondre le plus clairement possible aux questions de la salle.
Guy Beaupin




Chassé croisé d'Afghans vivants expulsés et de soldats britanniques morts au combat contre les Talibans

Nous assistons actuellement à un curieux ballet aérien, des allers Angleterre-Afghanistan reconduisant de force des réfugiés afghans ayant fui leur pays, et le retour Afghanistan-Angleterre des cercueils de soldats anglais tombés dans les combats contre les talibans.
Ces jeunes Afghans musulmans cherchent à trouver refuge sur le sol britannique, ils fuient des Talibans musulmans également, mais intraitables sur l’application de la charia.
Cette migration rappelle des souvenirs aux plus âgés d’entre nous.
Il y a 69 ans des Français fuyaient leur pays pour trouver, eux aussi refuge en Angleterre, la comparaison s’arrête là, les Français venaient chercher en Angleterre un moyen de poursuivre la lutte contre l’occupant et libérer leur territoire.
Il ne semble pas que ces jeunes gens en parfaite forme physique, (pour sauter dans un camion en marche il faut du souffle et du muscle), soit animés d’un état d’esprit semblable.
Ils ont laissé aux bons soins des soldats de l’OTAN la tâche de protéger leurs mères, sœurs, parfois épouse et enfants.
Aucun semble-t-il, ne vient chercher à acquérir une formation militaire qui lui permettrait de s’engager au côté de l’armée Afghane, le sentiment patriotique leur ferait-il défaut ?
Pour cela il y a des Occidentaux qui donnent leurs vies, déjà plus de 200 soldats anglais tués dans cette aventure.
Parmi eux combien d’anglais musulmans ?
Les expulsés afghans suscitent la pitié des braves gens, surtout de gauche.
Il n’est pas certain que les épouses, mères et enfants des soldats qui ont donné leurs vies en combattant dans leur pays ressentent la même compassion à leurs égards.
Cela dit, cette remarque gratuite ne tient pas compte des réalités de cette région.
Une comparaison avec notre histoire, pour eux n’a pas beaucoup de sens, pas de nation, un territoire divisé en ethnies, vivant en organisations tribales ne pousse pas aux actions héroïques, mourir pour qui, pour quelle patrie ?
La bonne solution n’existe pas, pourtant l’affaire est engagée, il faut bien la terminer le moins mal possible.
Les accueillir tous n’est pas envisageable, secourir les plus aventureux d’entre eux, ne règle pas le problème, les refouler tous sans offrir une alternative choque nos consciences.
Si comme certains l’affirme ce sont des gens instruits, selon Martine Aubry, pour ainsi dire une élite, n’y aurait-il pas une possibilité de les former à nos valeurs démocratiques républicaines et laïques ? La laïcité ne leur est pas complètement étrangère le régime post soviétique a peut-être laissé des traces.
Remarquons tout de même qu’ils ont éprouvé le besoin de construire, en arrivant à Calais, une mosquée de campagne dans la jungle, un signe qui donne une idée de leur dépendance religieuse. Cela risque de freiner leurs engagements dans la lutte contre les talibans.
Ils les connaissent, ce sont des frères, fanatiques certes, mais de même confession, et quelle confession !
En finançant leur formation dans nos valeurs occidentales, nous ferions un meilleur investissement, qu’en poursuivant la lutte à leur place contre des islamistes.
Nous devrions ensuite leur donner les moyens de regagner l’Afghanistan avec tout le soutien et la protection nécessaire, afin qu’ils puissent participer à la reconstruction de leur pays et le faire évoluer vers une vraie démocratie. Comme dans le petit prince en les éduquant nous prenons un engagement. Une affaire de longue haleine.
Par contre en refusant cette offre ils nous enlèveraient tout scrupule de les raccompagner chez eux, ce serait leur choix.
Guy Beaupin




Mohamed Sifaoui ne supporte pas l'audace du discours de Pascal Hilout

J’ai été heureux de retrouver Riposte aujourd’hui 16 septembre.
J’étais vaguement au courant de la polémique R.L.- Sifaoui grâce à l’amabilité de Respublica, bien que je n’y sois plus abonné depuis la création de RL, ils me font profiter quelques fois de leurs bonnes pages.
Ainsi j’ai reçu le n°619 du 01/11/2009, j’y ai découvert l’article instructif de Monsieur Sifaoui.
Les généreux expéditeurs, compatissants, ne voulaient pas laisser un ancien abonné dans l’ignorance des attaques malveillantes que subit son nouveau journal.
Je passe sur les amabilités à l’égard de RL en particulier de Pierre, c’est la réaction d’un homme blessé dans sa foi. C’est un musulman convaincu, personne ne doute de sa sincérité, et pour un musulman on ne plaisante pas avec la religion. Les réactions du monde musulman aux caricatures du journal danois sur Mahomet en témoignent.
M. Sifaoui se présente comme très éclectique, il nous précise qu’il a de très bons amis chez les athées, humanistes, ou agnostiques ce qui est tout à son honneur, il ne cite pas les homosexuels, mais ne lui faisons pas l’injure de penser qu’il leur veut du mal.
Pour l’ignorant des choses de la foi musulmane que je suis, cette religion me semble bien compliquée à déchiffrer. J’ai conscience de n’en voir que l’écume médiatique, mais lorsque les faits sont répétitifs à ce point dans la durée et dans l’espace, comme l’atteinte aux droits de l’homme, il est normal que des interrogations naissent dans un esprit mal préparé.
Monsieur Sifaoui insiste beaucoup sur la différence fondamentale qu’il y a entre l’islam et l’islamisme, il ne faut pas confondre.
À partir d’un même livre, le Coran, il y a deux manière de comprendre, une bonne et une mauvaise.
Les talibans par exemple, dont c’est la mission d’étudier le Coran, comprennent mal.
En plus, ils en appliquent la loi : La charia, une loi divine, dont ils nous offrent en Afghanistan une expérience concrète, en situation.
Selon M. Sifaoui, dans le Coran il y a ce qui est écrit et ce qu’il faut comprendre.
Les talibans probablement nés braves types, après leurs passages dans les madrasas et les universités coraniques n’ont pas développé leurs esprits critiques, ils lisent donc ce livre au premier degré. Ils font du tort involontairement à la cause qu’ils servent avec trop d’ardeur.
Cette belle idée, en l’état, devient quasiment invendable en occident, même en promo.
Ils ne sont pas les seuls, il faut croire que les dirigeants de beaucoup de pays qui se réclament de l’islam n’y comprennent rien non plus.
Si Monsieur Sifaoui fustige les gens qui ont une mauvaise compréhension de l’islam, remarquons qu’il rate une occasion de nous indiquer les bons passages du Coran que nous ignorons. Il aurait fait œuvre pédagogique.
Plus gênant à mon avis est la charge contre notre ami Mohamed Pascal Hilout qu’il nomme aimablement le petit Mohamed de poche.
En somme, nous sommes devant deux comportements qui s’opposent.
Monsieur Sifaoui qui connaît bien les dérivent des extrémistes, leur met tout sur le dos pour dédouaner une religion de paix et d’amour, peut-être même pour le pardon des pêchers, mais là je ne suis pas certain de ne pas emprunter à la concurrence.
Je ne doute pas un seul instant qu’il soit contre la lapidation des femmes, contre la pendaison des homosexuels, contre la discrimination des femmes, favorable à leur accès à la culture et à l’enseignement.
Tarik Ramadan aussi déplore les dérives les plus voyantes, ça la fiche mal en occident, tous les deux acceptent de critiquer les applications de la charia, mais tous les deux sont persuadés qu’on ne peut pas amender une loi divine qui a vocation à devenir universelle.
Les lois dont les hommes de chaque pays se dotent pour organiser leur société, comme la laïcité par exemple, ne sont pas de vraies lois, mais des règlements intérieurs qui doivent rester à usage restreint.
Monsieur Hilout par contre va beaucoup plus loin, il nous dit que le vers est dans le fruit, que cette religion doit être réformée pour en éliminer tout ce qui peut provoquer les dérives fâcheuses dont nous sommes témoins.
Devant l’audace de notre ami, Monsieur Sifaoui, se laisse emporter par l’exécration de ce qu’il pense être une apostasie.
Son réflexe est une condamnation méprisante sans appel : pour qui se prend donc ce donneur de leçon ignorant, comment se permettre une critique envers le prophète, un homme simple certes, chamelier de son état, qui n’a jamais été présenté comme un érudit, mais tout de même, directement inspiré par dieu lui-même, ça compte.
On peut toujours ergoter sur son témoignage qui n’a pas été recueilli à chaud ; nous connaissons aujourd’hui la fragilité des témoignages, la confusion qui se produit quelquefois au bout d’un certain temps entre les songes et la réalité.
Monsieur Sifaoui un homme respectable qui a souffert des tourments que lui ont infligés les extrémistes en Algérie, reprend étonnamment leur intolérance à l’encontre d’un musulman seulement inspiré par ses études et un solide esprit critique.
Lorsque l’on connaît le sort réservé aux apostats dans certain pays, ont ce doute que ce petit Mohamed de poche aurait bien des ennuis si Monsieur Sifaoui exerçait un pouvoir dans un ministère de la vertu pour l’application de la loi divine.
Voyons le bon côté des choses, grâce à ce débat nous pouvons observer un panel de trois hommes de même confession qui me semble assez représentatif.
Un politique musulman Tarik Ramadan, en mission, qui utilise la religion comme outil dans un dessein hégémonique.
Un musulman M. Sifaoui a souffert du fanatisme religieux, il condamne le fanatisme mais pas la religion qui le produit.
Un musulman M. Hilout, pour qui la liberté de conscience, doit s’arrêter à la conscience de chacun, nul besoin d’en faire un étalage ostentatoire dans un dessein prosélyte, ni de s’imposer des contraintes quotidiennes hors d’âge.
Un dernier mot à propos des étiquettes sur la burqa et le voile que R.L. émet, je n’y suis pas favorable, je crains qu’il soit plus ressenti comme une provocation que comme un argument décisif pour renoncer à cette aberration.
Par contre bravo pour « Les dessous du voile » c’est un livre argumenté qui fait réfléchir.
Bravo pour la pétition sur la burqa, je l’ai signé des deux mains, nous sommes dans une république laïque, un état de droit, c’est une nécessité pour nos législateurs de veiller à écarter tout ce qui peut diviser une république une et indivisible. Ils ont le devoir de chercher à nous faire vivre tous en bonne harmonie.
Amicalement,
Guy Beaupin




Conférence-signature avec Philippe Esnol, maire socialiste de Conflans

Le jeudi 28 mai 2009 s’est tenue à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, une conférence autour du livre publié par « Riposte Laïque ».
A la tribune étaient présents Philippe Esnol, Maire socialiste de la ville, Pierre Cassen, fondateur de « Riposte Laïque », et Rosa Valentini.
Rendons d’abord hommage au Maire de la commune, un maire de gauche qui accepte de participer à une réunion pour afficher son attachement à la laïcité, ce n’est plus très fréquent.

1) Rosa Valentini : l’offensive de l’Islam dans la Grande-Bretagne multiculturaliste

La première oratrice, Rosa VALENTINI, a expliqué que montée de l’islam et multiculturalisme ne sont pas un paradoxe. Elle a prouvé que le gouvernement britannique refuse d’admettre que le multiculturalisme est synonyme de communautarisme, repli identitaire, dérive vers l’intégrisme et le terrorisme et qu’il s’installe dans un cercle vicieux. Il tombe dans le piège tendu par les islamiques, qui font croire que si certains jeunes musulmans sont tentés par le fondamentalisme et le terrorisme, c’est parce qu’on n’est pas suffisamment à leur écoute. Le gouvernement leur accorde donc de plus en plus de choses qui accentuent la ségrégation entre les communautés et qui garantissent l’islamisation du pays.
Il y a de plus en plus de tribunaux de la charia, de plus en plus d’écoles coraniques et confessionnelles, de plus en plus de salles de prière musulmane dans les lycées, de plus en plus de mosquées et ainsi de suite. Le communautarisme est un échec. Au lieu de favoriser l’intégration des immigrés, il les aliène et les enferme dans leurs communautés avec leurs traditions, leurs langues, leurs coutumes, leurs valeurs. Un sondage a prouvé que les musulmans vivant en Grande-Bretagne se disent musulmans avant tout et non pas britanniques.
Elle nous a rappelé que les attentats de Londres ne furent pas commis par un commando venu de l’étranger, mais par des musulmans nés en Angleterre, issus de familles des classes moyennes, ayant fait des études universitaires et /ou ayant eu des emplois bien rémunérés. Ils avaient subi un lavage de cerveau dans les mosquées contrôlées par des prêcheurs incitant à la haine des non musulmans, à la guerre sainte pour l’instauration de la loi d’Allah sur terre, à l’oppression des femmes et au meurtre des homosexuels.
Nous sommes là, bien loin de pauvres immigrés vivant dans des ghettos, rejetés par des Anglais racistes et xénophobes !
Le souci d’accueillir les musulmans dans le plus profond respect de leurs croyances est poussé jusque dans les détails les plus cocasses. Ainsi à Londres les installations sportives devant recevoir les Jeux Olympiques en 2012 seront équipées de toilettes particulières réservées aux musulmans, qui seront installées de manière à ce qu’au moment de leur utilisation, chaque usager soit toujours orienté dans le bon sens par rapport aux lieux saints.

2) Quelques rappels laïques du maire de Conflans, Philippe Esnol

Il nous confirma qu’il respectait toutes les croyances et religions selon l’esprit de la constitution.
Il nous rappela que la laïcité accordait à chacun la liberté de conscience, et qu’il entendait la respecter et la faire respecter dans sa commune en conformité avec la constitution de notre pays.
La laïcité selon la loi est la séparation de l’Etat et du religieux. L’Etat reconnaît les religions, mais n’en favorise ni subventionne aucune.
Il devient à la mode suivant l’exemple du président de la République d’ajouter au terme laïcité des adjectifs qui en déforment l’esprit, après la laïcité positive, la laïcité ouverte, (gageons que nous aurons bientôt des laïcités différentes suivant les quartiers, pour la banlieue une laïcité minimale, « low cost », pour les beaux quartiers une « laïcité bling bling », pour les quartiers de gauche bobos une « laïcité caviar », etc…)
Le maire nous fait part de son étonnement, quand il visite des quartiers à forte concentration d’immigrés Maghrébins, de ne rencontrer que des jeunes garçons mais aucune jeune fille.

3) Des rappels républicains indispensables

Riposte Laïque reçoit régulièrement des messages de toute la France, de personnes qui commencent à trouver que l’apparition des voiles et maintenant des burqas commence à devenir insupportable.
Conflans n’est pas épargnée. Nous déplorons tous de rencontrer dans les rues de cette ville de plus en plus de femmes voilées, voir en burqa. Comme le souligne Pierre, nous ne pensions pas qu’un tel accoutrement imposé par les talibans en Afghanistan pût un jour arriver en France. Nous n’imaginions pas que des enfants d’immigrés vivant dans une République qui accorde les mêmes droits aux femmes et aux hommes puissent choisir de porter sur elles ce symbole de la discrimination, de l’obscurantisme, de l’oppression et de la ségrégation des sexes.
Pierre Cassen a rappelé la lâcheté de certains hommes politiques de gauche, mais aussi d’associations ou de syndicats qui sont prêts à crier haro sur le Vatican mais refusent de critiquer l’Islam pour ne pas s’aliéner des électeurs potentiels. Il n’épargna pas Sarkozy et sa laïcité positive.
La réunion se poursuivit par les questions que les spectateurs présents désiraient poser aux organisateurs.
Nous avons connu un moment d’émotion dans la salle lorsqu’un homme d’un âge respectable nous fit part de son expérience personnelle.
Son père d’origine espagnole installé en Algérie s’est retrouvé avec sa famille rapatrié en France, un pays qu’il ne connaissait pas.
Ce père à chaque repas familial brandissait le pain au-dessus de la table en disant à ses enfants : « N’oubliez pas que c’est la France qui nous a accueillis et qui nous donne ce pain ! »
Chaque jour la famille s’astreignait à lire à voix haute des textes français afin de se débarrasser de l’accent pied noir et de s’intégrer dans le pays d’accueil.
Rapidement rien ne les distinguait des autres : ils étaient français.
Cet homme aujourd’hui parcourt la France et rencontre des jeunes issus de l’immigration. Il leur raconte son histoire, il essaye de les persuader que pour devenir, et être reconnu, comme français, il y a un effort à accomplir.
On ne peut pas vouloir conserver ses particularités d’origine et se réclamer français. Un geste de bonne volonté est de renoncer aux habitudes vestimentaires de son pays d’origine.
Se présenter à un entretien d’embauche avec la capuche ou la casquette sur les yeux n’est pas le meilleur atout. Le choix d’un chef d’entreprise au moment du recrutement, à compétences égales, donnera la préférence à la personne qui à le plus de chances de s’intégrer facilement dans ses équipes.
Ce conseil n’est pas dérisoire, il y a un choix à faire, si on choisit l’intégration, il faut un minimum d’efforts : parler français, s’habiller selon les codes habituels ; restant entendu que ce choix n’est pas obligatoire, la France ne retient personne contre son gré.
Il expliqua pourquoi il ne voit pas la création de mosquées et d’écoles coraniques comme un droit légitime qu’il faut octroyer pour garantir la justice, l’équité et la paix sociale. En effet il fréquente les écoles coraniques et a maintes fois constaté qu’on y apprend aux jeunes à rendre des comptes à Allah seulement, que l’Islam est au-dessus des lois civiles et qu’on ne peut aimer les non-croyants.
Un autre auditeur posa une question pour connaître les raisons qui poussent Riposte Laïque à critiquer la Halde.
Pierre Cassen fit rire la salle en expliquant quelques exploits de Louis Schweitzer et de son équipe, connus aujourd’hui de tous les lecteurs de Riposte Laïque, notamment l’accusation de discrimination envers les homosexuels parce qu’aucun problème de calcul, posé à l’école, ne les évoquait. Il rappela le CV de Louis Schweitzer, aujourd’hui président de Medef International, et administrateur de grandes entreprises.
Le débat fut animé. La très grande majorité des spectateurs fut étonnée en apprenant ce que l’on accorde aux islamiques en Grande-Bretagne, se rendant compte de la supériorité de notre système laïque par rapport au communautarisme. Une spectatrice demanda aux intervenants ce qu’il fallait faire pour contrer la montée de l’Islam en France. On lui rappela qu’il faut soutenir des actions comme celle lancée par le député-maire Jacques Myard, qui a proposé un projet de loi visant à interdire le voile intégral dans tous les lieux publics, y compris la rue.
La conclusion fut que ce qui était à l’ordre du jour, pour la gauche, mais aussi pour l’ensemble de la société française, était une reconquête républicaine et laïque, face à l’emprise de la culture bobo communautariste qui, aujourd’hui, dominait dans les médias, mais aussi à gauche.
18 livres furent vendus, et les deux orateurs furent sollicités, lors du vin d’honneur, pour animer d’autres réunions dans les Yvelines, et intervenir à la MJC de Conflans.
Guy Beaupin




Séparation des couples, obsèques civiles… quelques réflexions

Les prochaines générations d’historiens suivront dans ce livre, la progression de l’Islam dans la conquête de l’occident au jour le jour.
Nous y trouvons également avec Madame Anne Zelensky qui prend sa part dans ce remarquable livre, l’évocation de problèmes sociétaux : le mariage/ démariage, la religion, la mort.
Ces thèmes sont revisités en tenant compte de l’évolution de notre société.
Pour la séparation des couples, elle préconise une rupture dans la joie et la bonne humeur.
Une pratique est en train de se mettre en place ; le divorce civil, ou cérémonie de démariage;
C’est l’occasion d’une fête entre ami(e)s pour entériner la séparation. Elle n’est plus vécue comme la faillite du couple, mais comme le début d’une nouvelle vie.
L’idée est révolutionnaire et amusante à la fois, pour un vieil homme qui en est resté au mariage à l’ancienne il y a de quoi être déboussolé.
Imaginer après la fête de séparation, une dernière danse endiablée, le coup de l’étrier avant le départ, et en route pour de nouvelles aventures, c’est sympa, mais ça surprend.
Il reste à peaufiner le projet pour le rendre opérationnel.
On observe souvent des couples qui se bouffent le nez au moment de la séparation, les sujets de chamailleries ne manquent pas ; les enfants en premier lieu, les actifs du ménage à se partager, etc.
Si l’on ne veut pas choisir l’amour libre, formaliser son union et faire la fête, il faudra réfléchir à un accommodement raisonnable. (C’est à la mode)
Pourquoi ne pas emprunter des formules qui on fait leurs preuves dans le vie professionnelle ?
Des pacs à durée déterminée (PDD) par exemple.
La date est fixée dès le départ, avec possibilités en cours d’exécution du contrat d’établir des avenants signés par les deux parties, pour en allonger ou réduire la durée d’origine.
Il est rare que l’idée de séparation mûrisse simultanément chez les deux partenaires, ce qui entraîne parfois du ressentiment chez celui des deux compagnons qui n’a rien vu venir.
Avec une échéance fixée à l’avance, pas de surprise, chacun a le temps de s’y préparer, et comme on dit à la campagne : c’est dit, c’est dit, cochon qui s’en dédit.
En somme en revenir au bon vieux contrat de mariage des familles bourgeoise, ils se méfiaient de la volatilité des sentiments.
Cela permettait à chacun de reprendre ses billes à tout moment sans affecter le patrimoine.
Ils sauvaient ainsi le principal à leurs yeux: les sous.
Je crains, qu’il faille encore effectuer un travail dans les esprits pour arriver à des vies de couples et des séparations harmonieuses.

L’éthique laïque

La réflexion personnelle et le libre arbitre sont à la base de l’éthique laïque. C’est une affaire entre lui et sa conscience. L’éthique laïque fait confiance à l’homme, qu’elle croit capable de faire face à l’angoisse existentielle sans les adjuvants simplistes des fables religieuses.
De la difficulté à s’échapper de la croyance en Dieu, DARWIN écrivait :
Ne sous-estimons-nous pas la probabilité que l’éducation, inculquant aux enfants la croyance en Dieu, puisse produire un effet puissant et peut-être héréditaire sur le cerveau encore malléable, et que se débarrasser de la croyance en Dieu leur serait aussi difficile que, pour un singe, se débarrasser de la peur instinctive du serpent ?
L’éthique laïque trouve devant elle des millénaires de croyance qu’il ne sera pas aisé d’apaiser.
L’enjeu n’est rien moins que le développement de la société, de la connaissance, et de la conquête de la liberté.
Promouvoir les obsèques civiles : l’entreprise est à portée de main.
L’idée de rendre dignité et honneurs à ceux qui souhaitent des obsèques civiles dépend exclusivement de notre volonté de l’obtenir.
On peut s’étonner que dans une république laïque cette disposition de simple égalité entre concitoyens soit encore à conquérir.
Grâce aux animateurs de R.L. dès maintenant des démarches ont débuté dans quelques départements où elles étaient inexistantes.
Ces thèmes passionnants nécessiteront encore beaucoup de réflexions, merci de les proposer aux lecteurs de « Riposte Laïque », la seule voix laïque de gauche.
Guy Beaupin




Quelques réflexions d'un spectateur du procès

Hier 3 septembre à Nancy se déroula le procès en appel de Fanny Truchelut.
Bien qu’habitant en région parisienne, et n’étant plus de la première jeunesse (77 ans), j’avais tenu à faire le voyage, le sort de cette femme m’ayant bouleversé dès que j’ai eu connaissance de cette affaire.
Le président, et le procureur général déclarèrent l’un et l’autre que ce procès dépassait de loin le cadre régional, ils semblaient en être surpris et quasiment impressionnés.
Ils menèrent les débats avec beaucoup de professionnalisme, tous les deux étaient conscients du retentissement de cette malheureuse affaire et de l’importance de la décision qu’ils auraient à prendre.
Les avocats des parties civiles quand à eux n’avaient aucun état d’âme, ils étaient venus réclamer leurs dûs, avec la même détermination il fallait punir cette impie.
On peut supposer que la connaissance qu’ils avaient de l’état des finances de la malheureuse Fanny, qui est ruinée, les freina pour demander un petit supplément, toutefois si le service était compris, on sentait bien qu’un petit pourboire serait le bienvenu.
L’avocat du MRAP le socialiste Gérard Wetzel se surpassa dans l’émotionnel, on sentait que cet homme avait travaillé son dossier qu’il avait gratté jusqu’à l’os. Voilà l’histoire telle qu’il la raconta à la Cour.
En gros, voilà une tenancière de gîte rural sans cœur, qui chassait cette pauvre famille, en reniant ses obligations contractuelles, n’hésitant pas à faire prendre des risques majeurs à ces pauvres gens ; car il faut bien se rendre compte, et là cet avocat a tenter de nous faire partager son émotion que l’on voyait grande.
Cette famille avait dans les bras un bébé, et sur les bras un enfant malade, trisomique.
Avec la magie du verbe, cet homme, qui se veut de cœur, mais à sens unique, nous a fait imaginer ces malheureux errant dans la campagne vosgienne à la recherche d’un toit, qui plus est un week-end du 15 août, un jour où les chambres dans cette campagne à cette époque sont introuvables. Nous savons tous, que même en août les nuits sont fraîches dans la région, et ça Fanny est du coin, le savait, il y a derrière cette attitude un fond de perversité pour le moins.
Avec un doigt de talent supplémentaire qui lui a fait défaut, nous sortions tous les mouchoirs.
Rassurons-nous, toute la famille Demiati a survécu et se porte bien, sans aucune séquelle.
Mais poussons le raisonnement de ce brave homme, supposons que comme il le craignait lui-même, toute cette famille ait été obligée de se réfugier dans la forêt sous un arbre et que cette situation ait été fatale à l’enfant, les données de cette affaire dramatique changeaient du tout au tout, nous étions dans un cas de non-assistance à personne en danger.
Comme l’a démontré sereinement et brillamment l’avocat de Fanny, Maître Chabert, en se contentant de lire les pièces du dossier : en refusant d’enlever son voile dans les parties communes et réclamant la restitution de ses arrhees, la plaignante refusait le toit qui lui avait été réservé.
Qui dans ce cas extrême aurait porté la responsabilité du drame ?
La plaignante qui choisissait de respecter ses croyances, en gardant son voile et quittant le gîte ? Ou Fanny qui assistait à un départ qu’elle n’avait pas demandé ?
Nous aurions été dans le cas d’un témoin de Jéhovah qui refuse une transfusion sanguine pour son enfant malade, ou d’un papa qui refuse que sa femme soit accouchée par un médecin homme, quelles qu’en soit conséquences.
Pour Michel Tubiana représentant la LDH les arguments développés furent les mêmes que son confrère, peut-être avec un peu moins d’émotion, il ne faut pas abuser de la sensibilité des juges, ça peut les rendrent méfiants.
Il tint à nous préciser qu’il n’était pas un ignorant, il savait que les pays ou le port du voile est obligatoire n’ont pas toujours bonne réputation, ou les femmes qui dérogent à cette loi divine s’exposent à passer un mauvais moment.
Mais que diable nous sommes en France pays des libertés, alors il faut bien accepter des accommodements raisonnables, et si un jour nous arrivons à ces extrémités il sera bien temps de légiférer, même bercés par le chant du muézine.
Pour la Licra j’étais un peu loin, je suis un peu dur d’oreilles et l’avocat ne parlait vraiment pas fort, je ne voudrais pas trahir sa pensée…
Guy Beaupin




Fanny Truchelut ni intellectuelle, ni juriste, a eu raison

Cette affaire des Vosges décidément n’en fini pas de faire des vagues chez les laïques.
J’observe dans Respublica N° 574 que la partie de ping-pong entre intellectuels bat toujours son plein. C’est un vrai régal, dommage que ça tourne au crêpage de chignons. Les trois philosophes signataires demandent que leurs actions passées en faveur de R. Redeker et Charlie Hebdo soient portées à leurs crédits, le présent n’efface pas le passé, personne ne leur refuserait la carte d’anciens combattants laïques.
Pourtant ça ne va pas, l’affaire des Vosges c’est aussi autre chose. La philosophie est un art majeur pour comprendre les rapports entre les hommes, disséquer, interpréter et expliquer le fonctionnement de la société. Mais ce n’est pas le seul outil disponible, les artistes : peintres, sculpteurs, savent exprimer leurs émotions sans fournir d’explications, le caricaturiste parvient à traduire sa pensée sans légende. Oserai-je, moi qui ne me suis jamais frotté à la philosophie, donner mon avis ? Oui ! parce que je suis un citoyen républicain, laïque, et que je vote.
S’il est nécessaire de me légitimer j’ajoute que je retrouve des traces dans les comptes rendus du conseil municipal de mon village en date du 29 mai 1887 le nom d’un de mes ancêtres qui avec 4 autres conseillés, tous culs terreux fonctionnant au bon sens, proposa au conseil d’exprimer le voeu suivant. Le conseil émet le voeu suivant : 1° Dénonciation du concordat. 2° Suppression du budget des cultes. 3° Séparation de l’église et de l’état. Le conseil adopta à la majorité le voeu déposé. Le conseil de préfecture annula cette délibération. Ce voeu ne respectait pas la loi. En 1905 la loi fut modifiée, elle réalisait leur voeu.
Fanny non plus ne respecte pas la loi. Elle est en avance sur son temps. Je ne suis bien sûr pour rien dans cette affaire, je n’ai aucun mérite, mais j’en suis tout de même fier, la laïcité laisserait-elle des traces dans les gènes ? Si dans 120 ans les descendants de Fanny prennent connaissance de cet épisode de la vie de leur aïeule je serais heureux qu’ils en soient fiers.
Ce qui me gêne à la lecture du bel article de Respublica, c’est le regard exclusivement juridique, donc partiel, des signataires. Les islamistes ont revisité leurs dogmes et ont fait évoluer cette croyance plus vite que la loi, dans un sens qui s’éloigne de nos valeurs humanistes.
Pense-t-on, en encourageant le choix de Madame Demiati faire évoluer l’islam vers une forme démocratique compatible avec notre république laïque ? Rendons-nous service aux nombreux musulmans qui acceptent de vivre avec nos valeurs ?
Les choses ont changé rapidement. En 1905 l’islam n’était pas présent en France. En 2005 un premier contre feu a été institué pour freiner le prosélytisme de cette croyance à l’école, depuis, cette loi incomplète fait toujours l’objet d’attaques de la part des plus engagés dans l’islamisation de l’occident. C’est un objectif clairement revendiqué.
Comment ne pas faire le rapprochement avec la montée pernicieuse de l’hitlérisme ? Nous aussi nous tournons la tête. La démocratie rigoureusement légaliste encourage les fanatiques sans scrupules à sans cesse revendiquer d’avantage, ce sont des combattants ; il faut bien prendre en compte les armes de l’adversaire, si nous livrons un combat de boxe avec un bras attaché dans le dos, de renoncements en accommodements, toujours dans le même sens, nous irons tout droit à la défaite, le communautarisme aura vaincu.
Que deviendrons nos valeurs si elles ne sont pas partagées par tous. Aujourd’hui la progression de l’islamisme dans la communauté arabe progresse, les mamans ne portaient pas le voile, leurs enfants s’y soumettent. Nous constatons que de plus en plus de femme sont voilées et les pionnières carrément en burka.
Faut-il attendre que des Kamikazes prennent notre pays comme terrain de jeux pour faire respecter nos valeurs. Comment ne pas constater que notre république laïque joue petit bras, devant l’offensive islamiste. J’ai en mémoire une anecdote vécue par un ami en mission au Maroc dans les années 80, le premier jour du ramadan il sortait de son hôtel et comme à son habitude allumait une cigarette avant de pénétrer dans sa voiture, aussitôt il fut entouré de gens qui l’interpellaient en l’invectivant, il tenta en vain d’expliquer qu’il n’était pas musulman ; dans un pays musulman on ne fume pas durant le ramadan, il offensait dieu et son prophète. Un argument de ce calibre vous cloue le bec. Il ne voulait offenser personne surtout pas ses interlocuteurs. Il ne lui vint même pas à l’idée de porter plainte.
En France l’adepte d’une religion obscurantiste qui manifeste sa croyance chez vous, sous votre nez, porte plainte si vous trouvez à redire. (Provocation qui ne se faisait pas non plus dans les années 80.) Et ainsi grâce à notre grande tolérance démocratique Fanny a été condamnée, c’est une leçon pour qui ?
Dans le différend de l’affaire des Vosges, Laïque Athée / Islamiste, aucune des parties n’a cherché un compromis, la cliente a couru porter plainte trop heureuse de tenir une belle affaire pour sa cause. Fanny est une résistante elle se sentait offensée elle a réagi instinctivement. Nous sommes certains que si cette femme de caractère avait subi l’occupation durant la dernière guerre elle n’aurait pas hésité à choisir le camp des résistants. Le compromis entre elles était exclu.
Un arsenal juridique inadapté, habilement exploité, fit condamner Fanny. Selon la loi l’arrivée de madame Demiati en burka aurait eu le même dénouement. Ce sera pour la prochaine fois, le problème demeure.
Dans cette affaire que penser des parties civiles venues au coude-à -coude à la curée ; que du lourd, (la licra, le Mrap, LDH) ? Fanny a fait passer ses convictions avant son intérêt, c’est assez rare pour être remarqué. Nous lui souhaitons que le passage de cette affaire en appel aboutisse à une conclusion de bons sens, que les laïques se retrouvent pour lui apporter un soutien efficace, que les parties civiles repartent la queue basse et quelle trouve désormais une occupation où elle ne sera plus confrontée à une semblable situation.
Est-ce que les laïques, détracteurs de Fanny qui est des nôtres, sont vraiment fiers d’eux ? Grâce à Riposte Laïque je me suis retrouvé à soutenir cette brave femme. Pour moi c’est le bon choix.
Guy Beaupin




Pourquoi Madame Fanny TRUCHELUT n’a rien vu venir ?

Fanny se déclare athée, et laïque.

Athée ce n’est pas une secte nouvelle, l’athéisme était déjà présent en Grèce et en Inde au 1er millénaire avant J-C.

Curieusement on observe à la même époque le port obligatoire du voile (lois assyriennes attribuées au roi Téglat-Phalazar.)

L’athée d’aujourd’hui est un bon bougre, laïque et plutôt de gauche.

Il ne demande rien, pas de lieu de culte évidemment, pas d’écoles spéciales.

À la cantine ses enfants mangent ce que des diététiciens ont conseillé, il n’a pas d’exigence particulière, pas de produits estampillés halal ou cascher.

Il ne réclame pas de piscines réservées, quand il va à l’hôpital il ne demande pas le sexe du médecin.

Il ne demande pas d’heures d’antenne à la télévision ou alors si poliment que personne ne l’écoute, ce n’est pas un militant fanatique il ne lance pas des fatwas, il ne veut tuer personne. C’est ça faiblesse.

Bien sûr il déplore, et trouve ça pas très juste, q’une partie de plus en plus importante de ses impôts soit destinée aux lieux de cultes, aux salaires des animateurs cultuels ou à leurs retraites, ainsi qu’aux enseignants des écoles confessionnelles.

Il n’a pas été assez vigilent pour préserver l’héritage légué par ses anciens qui obtinrent la séparation de l’état et de l’église.

Il commence à s’en mordre les doigts.

Mais bon, on ne peut pas toujours être suspicieux, c’est venu lentement, humblement, un petit grignotage en douceur, parfois grâce à des gens de gauche, des politiques, des intellectuels, des gens qui forment les opinions.

Ça inspirait confiance.

Et puis pour son malheur l’athée est taquin, les bonnes histoires sur les curés ou les juifs l’amusaient, une sorte de compensation, l’humour aux dépens des croyants le dédommageait des petites érosions de la laïcité.

En se moquant des croyants il se croyait le plus fort, le plus malin.

Les juifs qui sont les plus finauds se prirent au jeu les premiers et ils en rajoutèrent avec beaucoup d’humour. Puis les curés se firent une raison, après tout il vaut mieux rire que s’insulter.

L’athée baissa sa garde.

Il pensait ce n’est pas bien grave, avec le temps et les progrès de la science les croyances finiront bien par se démoder.

Ce qui n’était pas faux la fréquentation des églises diminue.

Mais voilà que l’arrivée d’une nouvelle religion, l’islam, dans notre pays change la donne, et là plus question de rigoler, retour à la case départ.

L’islam, ne remet rien en question, la société a été organisée une fois pour toute par le prophète il y a 14 siècles, pas question de revenir là-dessus.

Contrairement à la science qui se remet en cause régulièrement et qui n’hésite pas à renier les certitudes périmées, la croyance n’est pas le fruit d’un raisonnement, ça se reçoit en héritage de ses parents, de ses ancêtres, il n’y a pas à réfléchir. Il faut croire sans se poser de question et c’est tout.

Seule une antériorité de six siècles de la religion catholique explique sa relative modernité.

La majorité des musulmans a accepté nos modes de vie mais l’intégration se fait mal.

On constate une méfiance réciproque qui alimente le racisme dans les deux sens.

La religion porte sa part de responsabilité dans cette incompréhension, la laïcité n’est pas comprise, les musulmans ne viennent pas chez nous pour ça.

Une religion qui réglemente à ce point les détails de la vie quotidienne ne peut que ce heurter à la liberté d’une société laïque.

Fanny, a observé comme nous tous en regardant la télévision, que dans certain pays on risque sa peau en se découvrant les cheveux. Les images des talibans, (ce qui se fait de plus abouti dans le genre), restent dans les mémoires, comment oublier ces horreurs, cela donne une image désastreuse de cette religion.

Rendons hommage aux musulmans courageux, qui dénoncent ces dérives, pour eux ce n’est pas leur conception de l’islam, il faut les croire et les soutenir, si un avenir serein est possible il passera par eux.

(Pascal Hilout, musulman, a témoigné en faveur de Madame Truchelut.)

Fanny ne voulait pas de ce symbole chez elle, sa cliente pouvait se détendre elle ne risquait rien, elle se portait garante de sa sécurité, elle se sentait solidaire de celles qui luttent dans les pays musulmans pour sa suppression. Sans se foutu foulard gageons que Fanny se serait mis en quatre pour rendre agréable le séjour de cette famille sous son toit.

À quoi ça tient !

L’athée n’est pas raciste, il a parfaitement accepté en une génération les immigrés précédents, Italiens, Espagnols, Polonais, Portugais, les mariages inter-origines le prouvent.Mais voilà une nouvelle religion qui bloque les rapprochements avec des croyances concurrentes ou absence de croyance.

Comment Fanny dans ses Vosges natales pouvait imaginer que son objection la conduirait tout droit sur les bancs d’un tribunal ?

Et pourtant c’est le cas, condamnée par un tribunal républicain, sous les bravos des intellectuels gauchistes, et des laïques partisans d’une laïcité «soft ».

Le coup d’après n’est pas encore écrit mais nous le voyons venir, le barrage a cédé, si ce jugement capitulard est confirmé en appel, nous allons assister à une déferlante d’exigences communautaires.

Nous souhaitons bien sûr à madame Demiati une heureuse descendance, elle va nous faire de bonnes petites musulmanes qui voudront porter le foulard comme maman, ce sera leurs choix, il faudra bien reparler de l’école, et de toutes les revendications qui s’y rattachent.

Après la débandade des laïques patentés plus verbeux que convaincus on peut tout craindre.

Reste à espérer que les islamistes se fixeront eux-mêmes une limite à leurs réclamations.Ne soyons pas trop pessimistes, il reste heureusement encore beaucoup de laïques de base déterminés pour leur fixer des limites.

Guy Beaupin