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La macronie et l’islamisme: fréquentations, collusions, lâchetés…

Une tribune libre de Jean-Frédéric Poisson, président de VIA, la voie du peuple


Tout comme le totalitarisme soviétique a eu, en son temps, ses idiots utiles, le totalitarisme islamique possède aujourd’hui les siens. Ils passent leur temps à condamner toute forme d’extrémisme, et en même temps cautionnent l’émergence de l’islam conquérant en France et en Europe. Bien sûr, ces faux résistants ne promeuvent pas sincèrement la charia, mais ils collaborent avec l’islam sur de multiples fronts et se discréditent dans des circonstances d’autant plus inacceptables que ces « idiots utiles » sont nos propres gouvernants…

Par une multitude de compromis, de reculades, et de soumissions, ils affaiblissent la France et alimentent la longue et patiente conquête islamique. Leurs renoncements les rendent complices de la balkanisation du pays, de l’émergence de « territoires perdus de la République », de la multiplication des femmes et des fillettes voilées dans l’espace public, des prières de rues massives, des appels de muezzins dans le bus ou le métro quand ce n’est pas directement depuis une mosquée[1] parfois financée par une monarchie pétrolière du Golfe. Ces concessions présentées par nos dirigeants comme de bonnes manières destinées à apaiser les relations entre la République et l’islam sont interprétées au contraire par les musulmans conquérants comme des marques de faiblesses et des présages de leur victoire imminente.

Naïvetés macroniennes

Collusions avec des individus radicalisés, inaugurations de mosquées fréristes, subventions suspectes : les compromissions de la macronie sont trop nombreuses à défaut d’être spectaculaires. D’Olivier Véran qui fréquente l’Association des musulmans Unis (association en connivence avec des extrémistes comme Hassan Iquioussen), à Gérard Collomb inaugurant l’Institut Français de la Civilisation musulmane aux côtés de Mohammed Al-Issa (auteur d’une thèse approuvant le djihad offensif et le meurtre des apostats), jusqu’à Gérald Darmanin qui rend visite à la mosquée de Bussy-Saint-Georges acquise aux Frères musulmans et vendant des ouvrages appelant au djihad armé ; il semble qu’une épidémie de naïveté et d’ignorance ait foudroyé nos responsables politiques qui ne prennent jamais la peine de s’informer du degré de radicalisation des individus qu’ils vont côtoyer, financer ou soutenir. Venant d’un citoyen quelconque, l’ignorance n’est pas un problème. Mais lorsqu’il s’agit de nos gouvernants, cela devient plus grave. Lorsque l’affaire est isolée, on peut penser à un mauvais concours de circonstances. Mais lorsque ces collusions se répètent et remplissent des livres entiers, il ne peut plus être question de malchance. Mon dernier ouvrage, La Macronie et l’islamisme, 5 ans de lâchetés[2] donne un aperçu détaillé et sourcé de cette capitulation permanente.

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Récemment à Cannes, c’est à nouveau notre cher ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin qui a renoncé à fermer la mosquée radicale Al Madina Al Mounawara visée pour des signalements de propos « antisémites » et « anti-français »[3]. Quand bien même il l’aurait fermée d’ailleurs, la mesure n’aurait pas dépassé les six mois, le Conseil constitutionnel censurant régulièrement les délais de fermetures supérieurs, comme l’a révélé, il y a un an, le ministre de l’Intérieur devant le Sénat[4]. Cela doit cesser.

Réapproprions-nous notre héritage

Nos contemporains ont été capables d’imaginer un principe de précaution pour l’écologie ou le Covid. Ne serait-il pas temps d’appliquer enfin un principe de précaution pour l’islam ? Ne devrions-nous pas, pour protéger la France et les Français arrêter les demi-mesures et couper nettement les flux migratoires qui alimentent en permanence le terreau islamique sur notre territoire ? Il est urgent de poser la question des textes sacrés de l’islam : quand sera mise en place une véritable critique de fond de ce système dont la lettre constitue un droit pour les musulmans, superposable sinon supérieure au droit français ? Si les musulmans de France ne sont pas prêts à le faire eux-mêmes, il faudra s’y atteler.

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Enfin, nous devons façonner un modèle qui se réapproprie notre héritage de civilisation et proposer une alternative efficace au modèle islamique et au mondialisme déracinant. À ces conditions seulement, nous pourrons conserver la France et la transmettre aux futures générations.

La macronie et l’islamisme: 5 ans de lâchetés

[1] « Les mosquées « profitent »-elles du confinement pour faire retentir l’appel à la prière ? », La Croix, le 06/04/2020.

[2] « La Macronie et l’Islamisme, 5 ans de lâchetés », Editions de Paris, 02/2022.

[3] « Le ministère de l’Intérieur renonce à la fermeture de la mosquée de Cannes », Le Figaro, le 15/03/2022.

[4] « Séance du 8 avril 2021 (compte rendu intégral des débats) », Sénat, le 08/04/2021.

Jean-Frédéric Poisson

https://www.causeur.fr/jean-frederic-poisson-la-macronie-et-islamisme-5-ans-de-lachetes-227642




Désobéir à ce régime qui confisque nos libertés devient légitime

Notre site continue de donner la parole à tous ceux qui incarnent un courant dans la famille des Patriotes. Après avoir interrogé le Général Antoine Martinez, Jean Messiha, Florian Philippot, Nicolas Dupont-Aignan, et bien d’autres, nous avons le plaisir, ce jour, d’échanger avec Jean-Frédéric Poisson, président de « La voie du Peuple ».

J’ai très tôt voulu me consacrer au service des autres

Riposte Laïque : Vous étiez connu pour être le président du Parti chrétien-démocrate, devenu VIA | la voie du Peuple. Vous avez été maire de Rambouillet, et député de la 10e circonscription des Yvelines. Que peut-on dire de plus sur vous, pour que nos lecteurs vous connaissent mieux ?

Jean-Frédéric Poisson : Je suis engagé en politique depuis bientôt 30 ans, mais, en sortant de mes études, je n’avais pas ce projet. J’ai été à dix-neuf ans un très jeune président de Maison des jeunes et de la culture en banlieue nord de Paris, où j’ai vécu dans un des nombreux HLM pendant 12 ans. Je suis issu d’une famille qui a tout fait pour aider l’adolescent turbulent et tourmenté que j’étais, bien qu’elle ait été frappée, comme tant d’autres, par les douleurs du chômage de longue durée et de la séparation. J’ai très tôt voulu me consacrer au service des autres : dans cette Maison des jeunes, puis dans des colonies de vacances pour enfants défavorisés, ensuite comme enseignant, enfin en travaillant dans le secteur des ressources humaines.

J’ai repris depuis maintenant trois ans une activité professionnelle de consultant indépendant. Au fond, mon engagement politique est la suite de ces différents engagements. Ma formation de philosophe et ma conversion au catholicisme alors que j’étais lycéen nourrissent aujourd’hui encore mon action de tous les jours. Mes adversaires disent de moi que je suis loyal, travailleur et courtois. Mes amis me reprochent d’être un retardataire structurel et d’avoir parfois l’air un peu distant. Tous savent que je suis un bon vivant et un taquin inguérissable. Je suis fidèle à mes proches, comme à mes convictions et à mon pays. Et je n’imagine pas l’engagement politique sans le respect de ces différentes fidélités.

La Voie du Peuple est en totale opposition avec La République en Marche

Riposte Laïque : Pourquoi avoir changé le nom de votre parti, l’an passé, et pourquoi « VIA | la voie du peuple » ?

Jean-Frédéric Poisson : Le mot « chrétien » avait fini par être perçu comme une sorte de revendication communautariste, à l’opposé du projet politique que nous portons. Cette distorsion était devenue intraitable. Nous avons choisi « VIA | la voie du peuple » pour marquer par la symbolique du chemin notre totale opposition au projet de LREM. Emmanuel Macron et « En Marche » représentent un mouvement perpétuel, sans origine, sans but, sans racines et sans limite. VIA, le chemin, c’est l’inverse : un espace public partagé, où peuvent se rassembler ceux qui le souhaitent, limité par des fossés où il ne fait pas bon tomber, avec un point de départ et un point d’arrivée, avec la volonté d’enraciner un projet politique dans nos traditions et notre héritage. Nous avons précisé que la voie que nous entendons ainsi désigner est celle du retour au peuple. Dans mon dernier livre, « La Voix du Peuple » (Ed. du Rocher, 2020), je décris dans le détail les réformes institutionnelles nécessaires à ce que le peuple soit de nouveau entendu.

Ces atteintes à nos libertés constituent clairement un régime d’oppression

Riposte Laïque : Vous venez de faire parler de vous en appelant ouvertement, à quelques jours du 1er février, les Français à la désobéissance civile.
https://fr.sputniknews.com/france/202101271045139398-jean-frederic-poisson-appelle-a-la-desobeissance-civile-face-aux-restrictions-sanitaires/
Pourquoi cet appel à la révolte, et que proposez-vous à nos compatriotes, ces prochains jours, pour concrétiser cet appel ?  

Jean-Frédéric Poisson : La désobéissance civile n’est ni la révolte ni l’insurrection. Elle est conforme à l’esprit de nos institutions, et même reconnue comme légitime dès lors que l’on se trouve dans une situation d’oppression.  C’est le cas aujourd’hui : la liste de nos libertés qui sont attaquées par le pouvoir en place – que ce soit à l’occasion de la crise sanitaire ou en dehors d’elle – est tellement longue qu’elle en est insupportable. Libertés d’aller et venir, de se réunir, de manifester, de travailler, d’assister aux cultes, sont restreintes et même parfois supprimées par les dispositions sanitaires.

Nos libertés sont garanties en principe par le contrôle du peuple sur l’action du pouvoir exécutif, ce que la manière de gouverner d’Emmanuel Macron et de ses conseils opaques rend aujourd’hui impossible. La liberté d’éducation est remise en cause dans le projet de loi sur le séparatisme. Le fichage des Français sur la base de leurs opinions politiques, religieuses ou syndicales est désormais possible. La censure s’exerce sur les réseaux sociaux, en attendant qu’une nouvelle loi Avia ne restreigne notre liberté d’expression. Vous ne trouvez pas que cela fait beaucoup ? Ces atteintes à nos libertés constituent clairement un régime d’oppression, en face duquel désobéir devient légitime. Non pas entrer dans la violence, ou dans l’illégalité, mais ne pas respecter pacifiquement des contraintes que l’on veut voir changer.

J’ai la conviction qu’on peut ouvrir les restaurants sans danger d’accroître la contamination

Riposte Laïque : Quelle a été votre appréciation devant l’action du restaurateur niçois, Christophe Wilson, qui a ouvert son restaurant, et a servi près d’une centaine de repas, sans qu’aucune distance barrière ne soit respectée, comme si on était avant ? Il a été énormément critiqué sur les médias. Votre regard ?

Jean-Frédéric Poisson : Ouvrir son restaurant est en fait un acte de survie. Et je soutiens cela. Mais les critiques qui ont fusé du fait du manque de précautions prises sur le plan sanitaire sont justifiées. La désobéissance civile ne consiste pas à expliquer qu’il n’y a pas de Covid, ou que cette maladie n’est pas grave, ni que les consignes sanitaires sensées doivent être ignorées. Elle consiste, par exemple, à désobéir pacifiquement et collectivement à la décision injuste et inadaptée de fermer les restaurants, tout en continuant à respecter les consignes sanitaires quand elles sont justifiées.

La désobéissance civile est ciblée. Elle cherche à contraindre le gouvernement à changer sa politique, pas à braver la loi pour le plaisir d’installer le désordre, ni à vouloir le chaos. J’ai la conviction qu’on peut ouvrir les restaurants sans danger d’accroître la contamination – en tous cas pas plus que dans les transports en commun ou dans les files d’attente des supermarchés – en respectant toutefois les consignes sanitaires en vigueur dans les lieux clos. J’imagine que monsieur Wilson a été victime de son succès, et n’a pas été en mesure de contenir les clients qui voulaient déjeuner chez lui. Tous ces convives sont autant de signaux d’un ras-le-bol généralisé, du fait que les Français ne comprennent rien à la politique de Gribouille du Gouvernement, incohérente, absurde, inefficace, et par-dessus le marché, mensongère.

Je ne refuse le dialogue avec personne

Riposte Laïque : Vous faites partie des rares hommes politiques à vous élever contre les mesures du gouvernement : confinement, couvre-feu, masques, fermetures de boutiques « non essentielles », etc. Seriez-vous prêt à des actions communes avec Florian Philippot, Nicolas Dupont-Aignan, François Asselineau et tous ceux qui paraissent sur des positions semblables aux vôtres ? 

Jean-Frédéric Poisson : Nous avons déjà participé à des actions conjointes avec ces responsables politiques, et je ne refuse le dialogue avec personne. Mais tous ne sont pas sur une ligne politique aussi ferme et cohérente que la nôtre. En particulier en ce qui concerne l’analyse de la crise sanitaire.

Ces partis ont de fait abandonné le combat de la défense des libertés

Riposte Laïque : Comment expliquez-vous que l’ensemble des partis politiques traditionnels, Rassemblement National et Insoumis y compris, ne critiquent qu’aux marges la politique sanitaire du régime, approuvant donc de fait le confinement, le couvre-feu, le masque dans la rue, voire le passeport sanitaire ? 

Jean-Frédéric Poisson : Sans parler de l’approbation de la politique du « tout vaccin », dont on voit bien aujourd’hui qu’elle est à la racine de nombreuses souffrances et de très grandes difficultés. Ces partis ont de fait abandonné le combat de la défense des libertés. Ils s’alignent peu à peu sur les autres. Pour ne prendre que cet exemple, VIA | la voie du peuple est le seul parti à avoir attaqué régulièrement et sur de nombreux sujets devant le Conseil d’État les décisions liberticides d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. Le RN et LFI sont entrés dans un concours de respectabilité, pour ne pas froisser leur image de « parti politique capable de gouverner ». Ces jours-ci, le RN a annoncé par la voix de sa présidente qu’il renonçait à sortir des accords de Schengen, après avoir abandonné il y a quelque temps le Frexit et la sortie de l’euro. Je comprends que ces sujets soient difficiles à porter, et qu’il faille de longues explications pour faire comprendre les enjeux. Je comprends même qu’on n’en fasse pas un préalable. Mais ce n’est pas en assouplissant sans cesse son discours qu’on se rend crédible pour réformer le pays en profondeur.

La bataille de la bioéthique ne relève pas seulement de convictions religieuses

Riposte Laïque : Vous ne cachez pas votre foi et votre engagement catholique. Vous avez donc multiplié les protestations et les manifestations contre le projet de loi bioéthique du gouvernement. Pouvez-vous en expliquer les enjeux à nos lecteurs, et nous dire comment vous voyez la suite de cette mobilisation ?

Jean-Frédéric Poisson : Je ne cache rien de tout cela, c’est vrai. Mais le « donc » dans votre question est en trop. Les mères porteuses sont des esclaves modernes : elles sont des instruments pour satisfaire les désirs d’autrui. Faut-il être croyant pour se battre contre cette nouvelle forme d’esclavage ? Faut-il être croyant pour refuser le fait que l’on puisse acheter des enfants sur internet, pour quelques milliers d’euros ? Faut-il être croyant pour refuser que l’on organise peu à peu un vrai marché de la vie humaine, comme on est en train de marchandiser toute chose ? Non, bien sûr. Alors, je ne cache ni mes convictions personnelles, ni ma foi. Mais je regrette que dans la perception de beaucoup de Français la bataille de la bioéthique relève seulement de convictions religieuses : il n’en est rien. En ce qui concerne la suite, je crains que la loi soit adoptée.  Mais la protestation ne doit pas cesser pour autant : nous continuerons à dire que nous ne voulons pas dissoudre l’humanité dans l’argent du marché de la vie. Un très grand nombre de Français devraient se retrouver sur ces combats, quelles que soient leur spiritualité et leur position politique. Le camouflage des enjeux réels sur ces sujets ne facilite pas cette prise de conscience : c’est pourquoi aussi nous continuerons de protester.

Un programme commun de gouvernement pour redresser la France

Riposte Laïque : Vous avez annoncé votre candidature aux présidentielles de 2022. Vous n’ignorez pas que Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, François Asselineau et le général Martinez ont également annoncé la leur, et que la division du camp patriote n’aiderait pas la cause pour laquelle vous combattez. Croyez-vous à l’existence d’un homme providentiel, capable de rassembler derrière lui l’ensemble de la famille souverainiste, patriote, identitaire, et d’offrir une alternative aux Français, contre le candidat des mondialistes, qu’il s’appelle Macron ou autre ? 

Jean-Frédéric Poisson : Rassembler le camp des « patriotes » ou des « souverainistes » est indispensable, mais pas suffisant. Certes, beaucoup de nos compatriotes expriment un besoin immédiat de protection et d’oxygène, sans comprendre en quoi le souverainisme y répondrait, ou sans pour autant vouloir être catalogués comme souverainiste. L’indépendance de la France, la maîtrise de son destin diplomatique, de sa sécurité, de sa culture et de son modèle social ne sont pas liés dans tous les esprits à ce besoin conjugué de protection et de liberté. Pour cette raison, la composition d’un programme commun de gouvernement est indispensable. C’est ce pourquoi je milite depuis des années maintenant, avec quelques revers ou rejets, il faut bien le reconnaître. Trop de « meneurs » sont persuadés qu’ils gagneront seuls et sur leur seule ligne politique : c’est une double erreur.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, M. Poisson ?

Jean-Frédéric Poisson : Oui, vous remercier de votre invitation à prendre la parole dans vos colonnes. Et également souhaiter, avec quelques jours de retard, la meilleure année possible à tous vos lecteurs. Il faut souhaiter le redressement de la France. Il est possible. Avec de la constance, de l’écoute, et du courage. Et surtout avec le peuple qui demande à être mieux considéré qu’il ne l’est actuellement.

Propos recueillis par Pierre Cassen