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Réflexions sur l’angoisse climatique

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Récemment, je lis un article dans une revue spécialisée, site d’information sur les actualités médicales. D’après cet article, selon une enquête menée auprès de deux mille personnes tirées au hasard, une sur cinq souffrirait d’éco-anxiété de façon courante, et une sur dix au point d’entraver les capacités à vivre normalement. Vous avez bien compris, une personne sur cinq éprouverait de l’inquiétude face à l’ampleur des impacts prévus du changement climatique, et souhaiterait adopter un comportement favorable à l’environnement.

Ceci soulève au moins deux questions.
D’abord, l’anxiété climatique appelée maintenant éco-anxiété, ce dont les médias mainstream nous rebattent en permanence les oreilles, serait-elle un ébranlement sociologique inédit devant les fluctuations climatiques, l’annonce d’un nouvel ordre social dernier cri ? Rien de nouveau sous le soleil, comme disait ma Grand-mère !
Cette expression d’origine religieuse est tirée d’un livre de l’Ancien Testament « L’Ecclésiaste »
« Ce qui fut sera, ce qui s’est fait se refera »
Cette expression a traversé les siècles jusqu’à nos jours en conservant son sens originel, ce qui démontre sa véracité. Tout cela pour dire que l’anxiété climatique, inscrite dans nos gènes, fait partie de l’histoire de l’humanité. Nous allons maintenant en parler.
Revenons à l’aube de l’humanité, il y a quatre cent mille ans. C’est loin ? Pas tant que cela. L’homme de l’époque, appelé plus tard Homo Sapiens, fait une découverte fondamentale, formidable moteur pour son évolution. Je veux évoquer la domestication du feu, autour duquel s’organiseront vie sociale et progrès. Le feu, désormais allumé volontairement, éclaire les grottes, rassemble les tribus, prolonge le jour, raccourcit la nuit, réchauffe l’hiver, permet les migrations. On cuit les aliments, fabrique de solides outils métalliques, invente une nouvelle convivialité préfigurant l’émergence de l’homme moderne.
En quelque sorte, nos ancêtres ont modifié le climat les entourant. Imaginons un seul instant l’angoisse climatique qui devait étreindre l’Homo Erectus lorsqu’il n’avait ni les moyens de s’éclairer, ni les moyens de se chauffer.
D’autre part, la deuxième question soulevée par l’article de la revue médicale est la suivante :
Quel est ce mythe selon lequel nos pratiques habituelles pourraient modifier de façon radicale le climat ? Cette croyance est effectivement ancrée profondément chez la plupart d’entre nous, et notre prétention démesurée se charge du reste. Nous aurions tout pouvoir sur le climat ? Quel aplomb ! Finalement, nous sommes des Dieux ! Là encore, il convient de comprendre l’origine de cette assurance, de cette conviction partagée de toute puissance, de toute autorité sur la nature comme sur l’univers.

Un exemple illustre parfaitement cette interrogation.

Le 31 mai 2013, les habitants de Yutz, petite commune mosellane, pouvaient découvrir l’arrêté municipal que voici :
« Pour le bon déroulé de la Fête de la Musique, il est formellement interdit à la pluie de tomber jusqu’au 23 juin »
Je vous vois rire, c’est une boutade du Maire, cette blague ne mérite nullement qu’on s’y arrête. Dans la réalité, rien n’est moins sûr.
En fait, ce message nous entraîne vers une sorte de croyance d’après laquelle le Maire aurait avec le concours de ses administrés, la faculté de repousser la pluie.
Eh oui ! Cela n’est-il pas sans rappeler les innombrables pratiques collectives auxquelles s’adonnaient nos ancêtres pour solliciter une averse : prières, processions, bénédictions, incantations, sacrifices, et j’en passe. Car l’eau, c’est la vie. Sans elle, pas de culture, pas de bétail, famine assurée. Elle est donc au cœur des préoccupations quotidiennes de chaque civilisation, et de tous temps ont existé des rites pour faire venir la pluie en période de sécheresse.
Il y a donc dans formule du maire de Yutz une forme de religiosité météorologique que l’on retrouve lors des « Danses de la Pluie », pratiques exorcistes conjuratrices, en vogue depuis la nuit des temps.
Chez les Berbères d’Afrique du Nord, héritiers de vieux cultes préhistoriques, existe une tradition musulmane pour amadouer le climat. La pratique comporte une prière avec demande de pardon pour les péchés, suivie d’un jeûne de trois jours et d’une aumône.
Des versions de la « Danse de la Pluie » avaient cours dans l’Ancienne Égypte, y compris dans certaines tribus amérindiennes.
La tribu des Indiens Cherokee dansait avec des plumes, les chamans de l’Inde avec des serpents.
Dans les Balkans, on dansait au rythme du tambour.
Depuis toujours, les anomalies climatiques relevaient de notre responsabilité, de nos comportements fautifs, nous étions dès lors coupables des perturbations atmosphériques. Malheur à qui aurait osé prétendre le contraire.
Or, si prier et battre sa coulpe fait tomber la pluie, c’est qu’on y croit. Par ses danses, l’homme est persuadé d’avoir barre sur le climat, de pouvoir le modifier à sa guise. C’est la magie des activités collectives. Nous avons la foi, cette foi aveugle qui se substitue bien souvent à la connaissance, cette foi qui s’appuie sur des dogmes séculaires au mépris des avancées scientifiques, et sans tolérer la moindre contradiction. Une antienne résonne encore dans nos campagnes, « Les cloches chassent l’orage », l’idolâtrie est sans âge.
Par ces deux exemples, nous venons de montrer que, premièrement l’anxiété climatique a toujours existé, et deuxièmement que de tout temps l’homme est convaincu de son omnipotence sur la régulation du climat.
En réalité, comme l’affirme l’Ecclésiaste, le monde ne change pas, les croyances préhistoriques sont toujours d’actualité.
Faisons un état des lieux climatique
L’angoisse climatique se focalise actuellement sur le réchauffement du globe avec la possible multiplication des cataclysmes météorologiques et l’arrivée de conséquences néfastes et irréversibles sur l’écosystème planétaire.

Si la réalité du réchauffement est désormais avérée, ce dont personne ne doute, les causes donnent encore matière à débat ; cycle naturel de l’évolution planétaire ou effet direct des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines.

Or, à ce jour, aucun large consensus ne s’est vraiment dégagé quant aux principaux ressorts des changements climatiques à l’œuvre, tant au sein de la communauté scientifique que parmi l’opinion publique.
Cependant, il y a pire.

Depuis l’entrée en vigueur d’une doxa climatique, comment l’appeler autrement, un nouvel obscurantisme distille son venin mortifère dans toutes les couches de la société. Une religion neuve impose ses diktats et persécute les athées de l’écologie. Dorénavant, la mort sociale guette ceux qu’on appelle avec mépris les climato-septiques, c’est à dire ceux qui pensent comme l’avait fait en son temps Claude Allègre, géophysicien et homme politique, que la cause des modifications climatiques contemporaines reste incertaine et n’est pas forcément due aux activités humaines. Pour lui, prévoir le climat qu’il ferait un siècle plus tard relevait tout bonnement de l’imposture. Par cette prise de position, il se plaça sous les fourches caudines de l’opinion hégémonique des adeptes d’un ordre social de type religieux. Ostracisé par la communauté scientifique, il perdit rapidement tout crédit auprès de ses pairs.

En fait, durant sa carrière, ne sachant trancher sur les causes réelles du réchauffement, en désaccord avec les consignes du GIEC « Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat », maintes fois Claude Allègre louvoya dans ses explications. Incapable de trouver une réponse ad hoc, il finit par perdre la foi, la foi qui dicte la pensée dominante, doctrine selon laquelle les modifications climatiques passent désormais sous notre contrôle. Ce fut son péché mortel.
Tombé en disgrâce alors qu’il était ministre de l’Éducation nationale, parti chasser le Mammouth, il se heurta aux puissances syndicales et dut démissionner. Pour le GIEC, groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, la vengeance est un plat qui se mange froid !
Au fait, ces gaz à effet de serre, enjeux majeur du développement durable, ça fonctionne comment ?
Par gaz à effet de serre, on entend un gaz présent dans l’atmosphère.
– Soit d’origine naturelle, vapeurs d’eau ou dioxyde de carbone, tous deux équilibrés par la pluie, encore elle.
– Soit issu des activités humaines. Les deux principaux étant alors :
  1. Le gaz carbonique, lié à la combustion des énergies fossiles ainsi que la déforestation.
  2. Le méthane, lié au charbon, à la transformation des combustibles fossiles, à la digestion des ruminants, aux décharges.
De son côté, l’effet de serre est un mécanisme par lequel la terre absorbe une partie de l’énergie solaire puis renvoie le reste vers l’espace, cette dernière fluctuation étant ralentie par les fameux gaz, et plus il y en a, plus la serre, c’est à dire la terre se réchauffe.
Alors, pour refroidir la serre, deux solutions s’offrent à nous, l’une n’excluant l’autre : réduire les émissions de ces gaz et/ou les emprisonner.
On peut toujours essayer de réduire notre empreinte carbone. Le jeu en vaut la chandelle.
Par exemple, diminuer la dépense énergétique.
Préférer une alimentation moins carnée.
Isoler les bâtiments.
Encourager le télétravail.
Organiser la mobilité douce.
Limiter toute forme de gaspillage.
Creuser des puits carbone.
L’important, c’est d’y croire, car dans ce domaine, le challenge ouvre la porte aux projets les plus fous. Scopex Climat envisage même d’injecter des particules en altitude pour atténuer la luminosité du soleil et ainsi rafraîchir le climat. Dans un appel non moins pathétique, GIEC et COP 21, conférence des partis sur le climat qui s’est tenue à Paris en 2015, gesticulent en pointant nos erreurs, façon Danse de la Pluie. Étrangement, rien ne change ! Si ! Si ! Si ! Le maire de Yutz veut empêcher la pluie de tomber, demande à l’opposé des implorations immémoriales. Tout simplement, il suit le mantra en vigueur qui appelle à la décroissance pour sauver la planète, parole sacrée, laquelle ne pardonne aucun bémol, aucune nuance.
L’exemple suivant le démontre à l’envi.
David Malpass, président de la Banque Mondiale, est actuellement sous le feu des critiques pour ne pas avoir reconnu le rôle des énergies fossiles dans le réchauffement climatique. Que n’avait-il laissé entendre ! Accablé de toutes parts, conscient des risques d’une position intenable, il fit amende honorable devant les médias du monde entier, reconnaissant s’être trompé car il n’était pas un scientiste. Peine perdu, on lui demande maintenant de faire ses valises. Ses convictions valent excommunication, il doit partir, et s’il décide de s’accrocher à son poste, la foudre le frappera. On saura bien lui trouver quelque malversation financière voire un comportement sexuel inapproprié envers la gent féminine.
Ainsi va la vie sous les dogmes écologistes, religion révélée façon Greta Thunberg, la Jeanne d’Arc des guerres climatiques. Sauf qu’elle n’ira pas au bûcher. Elle est croyante, appuie son combat sur des données scientifiques, s’inscrit dans l’air du temps et, privilégiant l’économie circulaire, bénéficie de la bienveillance du GIEC. On lui pardonnera donc ses reproches à l’encontre des responsables politiques nordiques, accusés de vantardise et de vaines paroles jamais mises en œuvre pour lutter contre le réchauffement climatique.

Par contre, mieux vaut taire certaines thèses hors du champ des vérités d’une époque. Dans ce cas, aucune clémence. Rappelez-vous, Galilée. La censure des pouvoirs alors en cours avait contredit le résultat de ses travaux scientifiques, car ils affirmaient que la terre tournait autour du soleil, chose incongrue pour les préceptes en vigueur. Lourdement condamné, il prononcera, lors de son procès, cette phrase que les écologistes de tout poil ont malheureusement oubliée :

«  Et pourtant elle tourne »
Curieux quand même de voir à travers les âges, les croyances s’emparer des mouvements de rotation de notre planète, faisant fi de toutes les données scientifiques. Qui s’est un jour intéressé aux travaux ou découvertes du chercheur serbe Milutin Milancovic, lequel a parfaitement théorisé les variations climatiques depuis la nuit des temps selon la position elliptique de la terre par rapport au soleil ?
À vrai dire pas grand monde. Selon ce géophysicien, les paramètres astronomiques influent principalement sur les cycles réchauffement refroidissement, les activités humaines ne jouant qu’un rôle secondaire dans ces alternances, n’en déplaise à certains prêcheurs fanatiques.
Récemment, certains ingénieurs de la NASA ont remis les pendules à l’heure. En matière de position orbitale, ils s’y connaissent, on pourrait leur faire confiance, néanmoins personne ne les écoute car il leur manque tout simplement la foi, cette foi dévote, laquelle dicte une nouvelle vision du monde, et malheur aux non croyants.
En conclusion :
L’homme préhistorique a maîtrisé le feu. Sinon, aurait-il survécu ? Qui peut le savoir ? L’homme moderne sera-t-il un jour en mesure de gérer la pluie, c’est-à-dire le climat ? Seul l’avenir le dira. En tout cas, comme le souligne l’article de la revue médicale, le sujet alarme beaucoup d’entre nous, victimes d’éco-anxiété.
Lutter contre le réchauffement climatique est désormais devenu une croisade pour sauver l’humanité.
Jean-Jacques Fourest