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Cher Salem, si tu ne veux pas de Marine, tu nous proposes qui ?

« Mon Cher Salem,

Tu sais l’intérêt que nous avons à lire tes analyses fouillées, construites et parfaitement documentées sur les dangers de l’islam. Je note d’ailleurs qu’elles se font de plus en plus rares, tant tu sembles leur préférer tes incantations contemptrices pour Marine Le Pen. Depuis quelques temps, en effet, on ne compte plus les traits assassins de ton aversion pour elle et nous avons bien compris que, pour avoir tes faveurs – et celles de quelques inconditionnel(le)s qui te suivent la tête baissée, il convient qu’un candidat, une candidate, soit complètement exempt(e) ”d’islamo-compatibilité”. On ne saurait te le reprocher, tant nous sommes toutes et tous convaincus que c’est la juste voie pour avoir enfin une France orientée dans la bonne direction de l’avenir républicain, citoyen et laïque – guérie de ce mal que j’appelle dans l’un de mes article ”Islamophilie ».

Pourtant, je lisais il y a peu dans ton dernier article sur Riposte Laïque, cette profession de foi qui me laissait dubitatif : « Il faut voter pour la personnalité la moins marquée pour ses accointances avec les musulmans, une candidate ou un candidat qui ne pratique pas le double langage et ne mâche pas ses mots et ne louvoyant guère. »

« La moins marquée »… Cela nous laisserait-il entendre que tu acceptes qu’il ou elle soit quand même « un peu marqué(e) » ? Dans ce cas, à quel niveau ? Celui de la Droite et du Centre, de la Gauche, des Écolos ou autres partis qui nous montrent depuis longtemps qu’ils se damneraient pour épouser la culture musulmane (épouser, car en Islam, il n’y a pas d’union « libre ») ? Ou bien au niveau du Front National qui – à bien des égards – s’est positionné sur une ligne bien claire, même si sa présidente a pu, par le passé – (et beaucoup, toi le premier, lui en font grief) -, avoir un entretien avec le Grand Mufti de je ne sais quelle obédience en Égypte ?  Tenter de mieux comprendre les mécanismes troubles de l’Islam en discutant avec l’un de ses représentants fait-il d’elle une traître à sa patrie, à ses convictions et une paria de la politique au sens où tu l’écris à longueur d’incantations depuis quelques mois ?

Eclaire-nous, Mon Cher Salem ! Quelle est la dose acceptable et comment la mesure-t-on ? À partir de quand est-on le ou la « moins marqué(e) » au fer rouge infamant du sang de l’Islam ? 10%, 15 %, plus, moins ?

Qui, alors que tu tires à boulets rouges sur Marine Le Pen, emporte ta faveur ? Quelle est la typologie du parti que tu aimerais voir avancer en tête ? Il faudra bien que tu nous éclaires, nous qui sommes les brebis égarées de la conviction ! Nous sommes impatients de lire une vraie proposition de ta part pour avancer dans le droit chemin… Pour éviter les approximations analogiques, donnes nous vite cette indication numérique qui nous fait cruellement défaut pour devenir des personnes fréquentables : 5-10-15-20 %, quel est le seuil – et à quelle aune le mesure-t-on – Qu’est-ce qui fait d’une femme ou d’un homme politique et de ses électrices et électeurs des « islamo-compatibles » ?

Jean-Louis Chollet




Ma France à Noël, ses villages, ses églises et ses crèches…

Ma France, aujourd’hui, est encore celle où je suis né. « Je suis de mon enfance comme on est d’un pays.» écrivait Saint Exupéry. Pour Zola, être “pays” voulait dire que l’on venait du même village.

Cette enfance, je la sais en moi. Une grande certitude tellement je la revis chaque jour ; c’est elle qui m’a porté jusqu’ici et qui me portera jusqu’à la fin. Je la sais, cette enfance, cette histoire française, ces villages français car ce sont mes parents qui me l’ont offerte, au sortir de la guerre au cours de laquelle ils vécurent, comme beaucoup d’autres, les heures terribles que vous savez…

Une Histoire française, heureuse, vivante et riche.

Heureuse des heures passées à lire, à écouter leurs récits et ceux de mes grands parents, à regarder sur la mappemonde la grandeur des océans et les pays lointains. Vivante des heures folles durant lesquelles nous faisions, avec les copains et les copines, des escapades en forêt ou des grimpettes dans les cerisiers au mois de juin pour y grappiller les fruits rouges et brillants. Riche des nombreux voyages, de l’Alsace à l’Aquitaine, des falaises d’Étretat aux plages de la Côte d’Azur, en passant par les campagnes profondes de la Normandie ou de la Corrèze et les forêts de Sologne. C’est au cœur de cette France que j’ai longuement façonné mes plus beaux souvenirs d’enfants, d’adolescent et de jeune homme. Une richesse si grande qu’elle me garde, vivant éternellement en mon cœur vespéral, les belles images de ces villages qui portent le nom de Saint-Vallier-de-Thiey, de Saint-Aubin-le-Guichard ou encore de Saint-Astier. Tous ces “pays” où j’ai partagé de merveilleuses odyssées enfantines, portent un nom de saint, comme tant d’autres… Certainement pour nous rappeler que notre histoire, celle de notre pays, de notre peuple, a puisé une partie de sa richesse, de sa culture et de ses valeurs dans ses racines judéo-chrétiennes.

Même si l’on reste (très) éloigné des croyances « déiques”, cette richesse est l’héritage de nos ancêtres et l’on se doit d’en respecter le symbole, n’en déplaise aux caciques d’une révolution rouge qui a montré ses limites dans la course au bonheur universel des femmes et des hommes. Don Camillo et Peppone se sont réconciliés depuis longtemps et, même s’il reste ici et là des nostalgiques de la faucille et du marteau, il y a et il y aura toujours des clochers dans le paysage français.

Cette France, je voudrais la garder pure.

Cette France, je voudrais, pour mes enfants et mes petits-enfants, la garder pure comme cette neige fraîchement tombée et joyeuse, comme vous lorsque vous serez réunis en famille pour cette belle fête de la Nativité. Pure également comme les plus petits qui s’émerveilleront devant la crèche avant de découvrir, au matin, les cadeaux amenés en catimini et déposés tout autour de l’arbre par ces uns et ces autres qu’ils appellent encore “Père Noël”. Je vous rassure, j’y ai cru, moi aussi !

Depuis, je suis devenu athée, je ne crois pas au Royaume du Ciel, même si je l’évoque parfois dans mes poèmes pour une idée ou une rime. Je cultive néanmoins une sorte de “spiritualité sans Dieu” comme le dit André Comte-Sponville. Pourtant, dans les années soixante, j’ai servi la messe, notamment dans cette église, Notre-Dame de l’Assomption – dessinée pour vous sur ce tableau – avec le Père Voisin (in Memoriam) dont je garde un souvenir ému. Pensez donc, il me payait un nouveau franc chaque messe, chaque jour à sept heures du matin, trois francs pour les mariages et cinq pour les enterrements… plus les pourboires dans les deux derniers cas (sourire) ! Nonobstant, loin des croyances, j’aime encore et toujours les églises, mais aussi les temples ou les synagogues pour m’y recueillir parfois, dans la fraîcheur et le silence. Je déteste le bruit, à part celui des voix aimées, de la musique et de la nature. Enfant, j’aimais aussi revêtir les habits, la soutane rouge, le bonnet rouge et le surplis blanc en France, l’aube blanche avec la capuche et le cordon des Pères Blancs (dont certains sont Noirs, d’ailleurs) en Afrique.

Ces monuments furent bâtis par des hommes –  et des femmes également, je pense à Jacquette de Montbron – connaissant les règles de l’architecture et du bâti bien avant les ordinateurs et le béton. De nombreux siècles après, ils témoignent encore de leur génie et c’est avec respect pour ces anciens que je m’émerveille de la pierre taillée avec précision, des arcs-boutants, des voûtes, piliers cantonnés et autres chapiteaux ouvragés, des sculptures et des vitraux ou simplement d’une arche et d’une charpente romanes… Je les apprécie également car ils témoignent, pour la plupart, de l’intelligence, de la recherche et de la consécration des valeurs de concorde et de paix – même si elles furent longues à s’accomplir -, de la culture, du savoir et du travail partagés.

Mais j’ai peur pour ma France !

Aujourd’hui, j’ai peur pour cette France qui se débat dans les rets d’un filet jeté sur ces richesses convoitées par les démons de l’obscurantisme. Ces sauvages qui voudraient éteindre nos lumières depuis si longtemps brillantes, dépasser la hauteur de nos clochers, démolir nos crèches et brûler nos sapins, si tendrement chantés par les enfants, pour remplacer ce paysage magique de fête et de fraternité par la crasse, la vocifération, la guerre et la mort ! Alors, pour vous souhaiter de merveilleuses Fêtes de Noël cette année et vous offrir mes vœux pour cette nouvelle année qui s’approche, pleine d’espoir, j’ai choisi de dessiner cette église ; la crèche s’y trouve, à l’intérieur. Sur cette place – et vous y verrez peut-être un triple symbole, une forme d’œcuménisme idéologique -à gauche, la statue de Napoléon, au centre l’église et à droite, le drapeau tricolore sur la mairie.

Pour vous, ensemble, petits et grands, visages, sourires et prénoms de toutes celles et ceux que j’ai rencontrés au hasard de la vie – même virtuelle – que je garde en mémoire, vous qui m’avez apporté tant de joies et de connaissances, je forme un vœu, illustré par l’étoile filante qui s’est glissée dans le ciel. Soyez heureux, réunis en famille, avec vos amis, autour d’un sapin, d’une crèche, d’un chandelier ou tout simplement d’une table pour partager quelque bonne chair et bons flacons et – surtout – cet amour sincère et puissant qui unit, sur la Terre,  les femmes et les hommes de bonne volonté… dont je sais vous compter parmi…

Joyeux Noël et belles Fêtes de fin d’année à vous toutes et tous, en attendant les bonnes nouvelles qui ne manqueront pas d’éclairer notre avenir en deux mille dix-sept.

Jean-Louis Chollet

Notre-Dame de l’Assomption, à Saint-Vallier de Thiey. Église fortifiée, elle est très curieuse avec ses deux nefs. La première, du XIIème siècle, est la nef principale. La seconde, latérale, a été rajoutée en 1555. Sur le devant, au bord de la route, le banc de pierre où s’est assis Napoléon Ier, le 2 mars 1815, place de l’Apié et, sur la gauche, la colonne qui lui rend hommage. (Peinture sur Photoshop – Jean-Louis Chollet © 2016)




Chère Marine, on ne gifle pas l’islam avec une rose

jlcmarine« Ne frappez pas l’islam, eut-il fait cent fautes, pas même avec une rose ! »

Revenons sur l’incompréhension et le doute qui grandit partout dans le jardin de France. Ce titre, inspiré par le célèbre aphorisme de Jules Michelet, pourrait résumer à lui seul le sentiment, donné par le parti de Marine Le Pen, de ne pas vouloir affronter de face l’islam, générateur du pourrissement annoncé de notre société. La résolution de ce problème passe bien avant la suppression de trois cents ou cinq cent mille fonctionnaires, de celle des trente-cinq heures, de l’augmentation ou non du taux de TVA du recul de l’âge du départ à la retraite et de la suppression inéluctable de l’ISF et que sais-je encore… Ces constantes, débattues par la caste politique au pouvoir depuis de nombreuses années, pourront être réglées – grâce à de nouveaux équilibres politiques futurs – entre gens de bonne foi, avec intelligence et pragmatisme. Mais pour cela, il convient avant tout de soigner et de guérir des souffrances de notre système politique social et culturel abîmé pour débattre sereinement dans une « France apaisée ». Aujourd’hui, notre pays est malade du cancer de l’idéologie d’un autre temps qui le ronge chaque jour plus et il semble impossible de se concentrer avec efficacité sur les autres problèmes.

Depuis de nombreuses années, le combat mené contre “le terrorisme islamiste” est timide, voire inexistant. On n’affronte pas des sabres qui décapitent au nom d’une idéologie misogyne et meurtrière (c’est l’image principale présente sur la Chaada, profession de foi de l’islam) avec des roses, sans épines de surcroît et des mots erronés. Le terreau fertile de ce terrorisme que nous connaissons dans le monde aujourd’hui, s’il est “islamiste”, a bien pour origine l’islam, dans son ensemble, sans ambiguïté. Cet islam, adoubé par la gauche au pouvoir, semble toujours intouchable pour la droite qui le ménage qui pense également, comme Alain Juppé, y trouver les ferments d’une société multiculturelle d’avenir et – surtout – des électeurs. Pour preuve, les circonvolutions sémantiques de l’ensemble de la classe politique – avec un doute récurrent sur la position du Front National -, qui tente sans succès de cacher ou de servir les desseins conquérants des adeptes du prophète Mahomet en nous promettant une compatibilité avec le socle républicain et laïque de notre pays.

« Souvenons-nous toujours, Français, que la patrie, chez nous, est née [naîtra ?] du cœur d’une femme, de sa tendresse, de ses larmes, du sang qu’elle a donné pour nous. »

Michelet encore… Nous pouvons, s’agissant du Front National, seul parti supposé nous défendre contre cette idéologie, imaginer que les mots et l’image qui consacrent le futur combat de Marine Le Pen aux présidentielles expriment sans ambiguïté la nature et la force de son combat. Pourtant on peut lire, ici et là sur les réseaux, combien les partisans sont désappointés par les positions de la désormais “Nouvelle Dame à la rose bleue”. Celle dont nous espérons le salut. Celle dont nous pensions qu’elle allait mener un combat courageux, prioritaire et décisif – telle une nouvelle Jeanne d’Arc – contre l’envahisseur musulman. … La patrie pourrait donc renaître de ce cœur, celui de Marine Le Pen, dont on ne doute pas qu’il soit patriote, à l’image de celui de son père qui a combattu – et qui combat encore – la dérive politique, historique et culturelle de notre pays depuis plus de quarante ans…

Revenons sur cette image choisie par la première Dame politique de France. Celle dont nous espérons qu’elle sera – un jour – présidente de la république. Cette rose qui déstabilise les Français, déjà désorientés par le langage des mots qui peinent à nommer l’ennemi qui nous combat et nous ronge de l’intérieur. Était-ce la bonne démarche ? Certes, il semblait judicieux de se démarquer des autres prétendants. Mais fallait-il pour cela abandonner les ferments des couleurs fondatrices de notre république ? François Fillon n’a pas eu cette hésitation et son image, associée à un discours – celui du 22 novembre dernier – qui affichait clairement plusieurs positions claires et directes sur l’islam politique. Ce discours, nous aurions aimé l’entendre de la bouche de Marine Le Pen, même s’il subsistait des doutes sur d’autres sujets, économiques, sociaux et sociétaux dont il sera toujours temps de débattre lorsque la France sera apaisée de ne plus se sentir menacée par les barbares.

« L’Histoire de France commence avec la langue française.

La langue est le signe principal d’une nationalité. »

Ici encore et toujours, Michelet nous parle avec la voix du bon sens (la voie, également !). La langue des mots, bien sûr, mais également celle des images. Ce n’est pas un « terrorisme islamiste” réducteur dans ce qu’il ne montre que sa partie immergée qu’il faut combattre, mais bien l’islam dans son intégrale acception. L’islam et son corpus idéologique à l’origine de toutes les dérives que nous connaissons. Les mots sont essentiels et les images également. Une marque et son logo – de campagne et non du parti – sont les premiers signes de l’identité, comme la photographie sur un passeport. « Le difficile n’est pas de montrer, mais, en montrant, de rester soi. » Encore et encore Michelet ! Marine Le Pen est peut-être encore le seul espoir de cette France battue et défigurée chaque jour par la religion de Médine qui – chacun le sait – a peu d’égards pour la douceur, la tendresse et la beauté. Toutes ces qualités sont comme chacun sait inlassablement combattues par ces musulmans qui – c’est le moins que l’on puisse dire – ne montent pas à l’assaut de nos civilisations et de notre pays avec la fleur au fusil…

De Grâce, Marine Le Pen, ressaisissez-vous. Menez le combat avec une image forte et une profession de foi audible au nom [de votre] peuple, en affichant votre stature de “Femme d’état” situation au plus haut degré dont vous serez la première à inscrire la féminisation dans le dictionnaire de l’Histoire de France contemporaine. Les fleurs, ce sera pour après, quand vous serez élue.

Et – si je puis me permettre – n’ayez pas crainte d’être vilipendée par la presse félonne qui s’arroge le droit de vous conspuer à chaque occasion pour servir son idéologie décadente. Elle se trompe toujours et les derniers événements, en Angleterre, aux Etats-Unis et en France nous l’ont montré. Sur ce point et pour finir, toujours avec Michelet : « Les femmes ! quelle puissance ! Avec de tels auxiliaires, qu’est-il besoin de la presse ? »

Jean-Louis Chollet

Note : toutes les citations présentes dans cet article ont été extraites des différentes œuvres de Jules Michelet, historien qui a, par ailleurs, joué un rôle important dans la popularisation du personnage de Jeanne d’Arc.




Pourquoi le logo de campagne de Marine est un terrible gâchis…

logomarineVoilà des mois que nous l’attendions et le chemin s’ouvrait, soudain, entre le Brexit et l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche. Enfin, le peuple reprenait le pouvoir, dans sa démocratie essentielle et l’espoir se cristallisait autour de Marine, l’alter ego français. Comme si Donald nous renvoyait l’ascenseur une seconde fois avec un tonitruant « Lafayette, nous voilà de nouveau ! »

Las ! Dans le brouhaha convenu des primaires de la droite et du centre – mauvais moment dans la stratégie de communication du Front National -, Marine Le Pen nous invite, avec son équipe, à découvrir son nouveau QG de campagne (ici pas de polémique stérile quant à sa position géographique) et sa nouvelle marque “Marine Présidente” assortie d’un logo représentant une rose bleu “vespérale” fanée et couchée. Fanée au point de ressembler à un papier froissé et couchée au point d’avoir été jetée par terre.

Le signification, croit-on, est de trois ordres. La rose est féminine, le mouvement de la gauche vers la droite illustrerait le large spectre des électeurs futurs de notre Égérie. La tige, quant à elle, ressemblerait à une épée, dixit Gilbert Collard, certainement inspiré par la journaliste Titiou Lecoq qui avance qu’il s’agit d’une allusion chrétienne, à travers la rose et la couleur bleue (traditionnellement associée à la Vierge Marie), mais également à Jeanne d’Arc à travers la forme de la tige de la rose qui évoque une épée.

Pourtant, selon un conte chinois, une rose bleue, cela n’existe pas ! Chacun sait que c’est une rose blanche qui a été teintée avec une substance chimique. « Traditionnellement, la rose bleue évoque le mystère, l’atteinte de l’impossible, la patience, l’espoir éternel ou la pureté d’un amour impossible. On croit qu’elle est capable d’apporter la jeunesse à celui [ou celle] qui la détient ou de réaliser ses vœux. » Et puis enfin, un conte populaire russe, (Contes grand-russes -1862), nous indique que le rosier bleu, qui se trouve au fond d’un lac, recèle la mort de la magicienne. Tout un programme !

Soit. Mais rien qu’en tentant d’explorer les fondements sémiologiques de cette marque et de son logo, je me suis endormi ! C’est vous dire sa puissance… soporifique !

Disparus les signes patriotes, les couleurs de notre république, celles du Peuple de France si souvent appelé comme référent dans les discours de notre Droite Nationale. Les couleurs portées tant de fois par ce peuple dont nous sommes les composants, nourris de ses gènes culturels et historiques judéo-chrétiens, celui que l’on veut servir par nos engagements divers, celui que certains de nos soldats  de toutes armes servent au péril et au coût de leur vie. Ce peuple que l’on veut éloigner avec force et détermination de tous les dangers d’une disparition avérée de son identité et de son image.

Ces couleurs – le bleu, le blanc et le rouge – portent en elles la signification complexe de l’Histoire de notre pays. Ses origines sont anciennes et remontent aux trois couleurs de la liberté (14 juillet), à la Révolution américaine et à celles du drapeau des Etats-Unis (clin d’œil à Donald Trump). Le bleu et le rouge auraient également pour origine les couleurs de la ville de Paris, celles aussi de la Garde nationale entourant le blanc de la royauté… patrimoine complexe, mais historique, sorte d’“étymologie” nationale qu’il serait bon de garder vive en mémoire.

Le langage des couleurs nous offre d’y voir aujourd’hui une signification plus étendue.

Le bleu, c’est le ciel ou la mer qui ouvrent les horizons. C’est également une couleur liée au rêve, à la sagesse et à la sérénité et au respect des valeurs. C’est l’une des couleurs préférées des Occidentaux…

Le rouge est une couleur qui remue les sentiments. Elle s’impose comme une couleur chaleureuse, énergique, pénétrante et d’une certaine manière rassurante et enveloppante. C’est également la couleur de la sensualité, de l’amour.

Quant au blanc, on lui accorde, en Occident, la signification de l’unité et de l’équilibre parfait, de la perfection et du divin ; il se marie à la perfection avec toutes les couleurs, et il est difficile de s’en lasser.

Voilà qui aurait dû alerter les conseils en stratégie de marque du Front National ! Si l’on ajoute que le “bleu-Marine” utilisé dans leur création se retrouve en fond de scène dans tous les réunions de la droite molle, on peut dire que ce nouveau design risque fort de faire, dans la tempête qui s’annonce pour la présidentielle, une vague plus proche d’un coup d’épée dans l’eau que d’un véritable raz-de-marée électoral !

S’agissant maintenant de la forme du dessin. Même si nous sommes-là dans le contexte de préparation de la campagne présidentielle, il eut été plus judicieux de capitaliser sur l’existant, longuement mûri au fil des années, et de le faire évoluer dans un univers plus moderne et plus dynamique ; en gardant en mémoire, également, que Marine Le Pen est une femme et que cela doit être, bien sûr, suggéré par l’image dans la mesure où elle sera la seule dans la course à l’Elysée. S’agissant du nom de la marque « Marine Présidente” l’incantation un peu “collégienne” devrait laisser la place à une message plus ferme et plus direct, “Marine 2017” – et pourquoi pas “Marine Le Pen 2017” – par exemple, avec une typographie plus douce et plus moderne, pour s’éloigner des classiques austères de la droite molle mais se mettre à leur niveau de communication (voir l’image de François Fillon).

Exemple d’une évolution du capital de la marque qui peut être clairement expliqué.

« On sait où l’on va quand on sait d’où l’on vient ! »

L’évolution d’une marque n’est pas une rupture brutale avec l’existant. C’est une évolution et une adaptation du message qu’elle véhicule. Prenons deux exemples que vous connaissez. Les logos de la marque Zodiac, existant depuis le début du siècle dernier, et rajeunie plusieurs fois au cours du temps, une première fois en 2001 et une seconde en 2008 et celui de la marque Renault, existant également depuis plus de cent ans, dont l’évolution actuelle a été programmée en 1992. Voyez comment les nouveaux dessins ont permis de conserver les trace d’un passé de plus d’un siècle en évoluant vers la modernité…

Il en est de même pour le logo du Front National, dessiné en 1972. Composé de deux flammes un peu “guerrières” qui, aujourd’hui, pouvaient paraître trop agressives et garder trop de proximité avec un passé que les nouveaux dirigeants veulent, semble-t-il, balayer d’un revers de pinceau. Ce logo avait, certes, besoin d’être amélioré, rajeuni, voire changé drastiquement (que disent à ce sujet les stratèges et conseils du Front National ?). Mais passer de cette oriflamme bleu-blanc-rouge à un dessin – malhabile et brouillon de surcroît -, une “rose” fanée qui ressemble plus à un bulletin de papier froissé qu’à une fleur éclose, en belle santé, c’est prendre un risque énorme. Suggérer la filiation au parti qui a permis à Marine Le Pen d’être aujourd’hui en position de leader dans le jeu politique français eut été plus porteur que de s’en affranchir.

Entre le “Rassemblement Bleu Marine”, “Marine Présidente”, “Au nom du Peuple” et la marque “Front National” – qu’il semblerait que l’on veuille estomper sans vraiment s’en cacher -, est née une vraie confusion. Elle commence d’ailleurs à semer le doute chez celles et ceux de nos compatriotes sincères qui s’interrogent sur le positionnement clair, la stratégie et le vrai dessein du Parti mené par Marine Le Pen. Il ne faudrait pas gâcher le capital de quarante années de combat, fût-il mené, bataille après bataille, par Jean-Marie Le Pen.

Jean-Louis Chollet

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