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Des Marocains se rebiffent contre la dictature du ramadan

En cette période de ramadan où, même en France, les personnes de culture musulmane qui ne souhaitent pas suivre ce jeûne forcé subissent brimades et agressions, certains ont le courage de revendiquer ce droit au Maroc.
Il faut savoir que le code pénal marocain comporte un article qui stipule : « Celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l’emprisonnement d’un à six mois et d’une amende de 12 à 120 dirhams. »
Ainsi, pour avoir voulu organiser un pique-nique l’année dernière en plein ramadan, les membres du MALI (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles) ont été interpellés par la police, insultés, menacés de mort et autres joyeusetés qui ne surprendront personne ici.

Ces militants se font aussi appeler les « dé-jeûneurs » ; le texte de présentation de la page Facebook des « dé-jeûneurs » est un résumé de la situation que vivent ceux qui ne veulent plus se soumettre à cette privation : « La vie quotidienne est un calvaire en ce mois liberticide, inquisition et pression religieuses, mauvaise humeur, agressivité, violence, mal bouffe, hypocrisie ambiante etc. Une grande majorité de ceux qui en ont les moyens s’en va à l’étranger pour des bonnes ou mauvaises raisons d’ailleurs. Ceux qui n’en ont pas rêvent d’être ailleurs….. c’est donc un constat accablant! En période estivale, combien de dé-jeuneurs résisteront à l’ambiance et combien fuiront? Où en est la liberté de religion et de conscience? Notre liberté de ne pas croire?… »
Voici également un commentaire plein d’humour désabusé trouvé sur leur page : « Merde et c’est parti pour un nouveau round: Ramadan, rien à se mettre sous la dent, un flux de mauvaise haleine abondant et même pas la possibilité de mettre dedans… »
Le MALI a été créé par Ibtissame Betty Lachgar et Zineb el-Rhazoui . Ces deux jeunes femmes et leurs acolytes sont en pointe dans tous les combats progressistes (droit des femmes, des homosexuel(le)s, liberté de la presse…).
Ce mouvement ne se veut pas anti-religieux ; son objet est la défense de la laïcité, des libertés individuelles et des droits humains. Leur page Facebook compte aujourd’hui 2 500 membres.
Voici une vidéo sur le MALI et le ramadan au Maroc :
http://www.youtube.com/watch?v=MtM8Gqc2qao
Laurence Vuillemot




Ces musulmans français qui font peur à l'Egypte

Un phénomène nouveau est en train de voir le jour : des musulmans français en mal de ce qui serait un « islam pur » se tournent vers l’Egypte pour un exil définitif ou temporaire, et certains d’entre eux inquiètent les autorités égyptiennes par leur « fondamentalisme » affiché.
L’Egypte est un pays de choix pour ces zélés de l’islam par la facilité d’obtention des visas, le coût modique de la vie, et la qualité de ses professeurs d’arabe. Car c’est en général la première recherche de ces voyageurs : apprendre l’arabe littéraire afin de comprendre le coran et de le lire sans fautes de prononciation (considérées comme des péchés…).
Ils sont entre 600 et 900 Français (d’origine maghrébine ou convertis) à partir étudier chaque année dans les nombreuses écoles de la banlieue du Caire. Parmi eux, beaucoup de jeunes femmes, et même de très jeunes filles, voire des fillettes : on peut y croiser des petites de 10 ans voilées des pieds à la tête comme leur mère… Dans ces écoles à la discipline très stricte, où bien évidemment les hommes et les femmes sont séparés, inutile de tenter d’apaiser sa soif avec un Coca, cette « compagnie sioniste » y est interdite de cité, tout comme le maquillage. D’ailleurs, le voile intégral s’y répand comme la nouvelle tendance à suivre… Pour les plus jeunes Françaises qui ne sont là que pour l’été, le retour en France sonnera la fin de la récréation islamique ! Elles reprendront à contre-cœur leurs études par correspondance, non seulement pour pouvoir garder leur voile, mais aussi parce que dans les écoles privées où il est autorisé, les cours sont mixtes… Rien n’est laissé au hasard pour s’éviter les foudres de leur dieu et risquer l’enfer…

Une ville 100 % Hallal

Les élèves les plus aisés de ces écoles s’installent, le temps de leur apprentissage ou pour de bon, à El Rehab, une ville nouvelle créée au début des années 90 par un riche homme d’affaires. Cette ville est conçue suivant le modèle des résidences américaines, où tout est formaté et où on ne pénètre qu’en montrant sa carte de résident privilégié…. Tout y est fait pour pouvoir vivre dans la plus pure observation des préceptes islamiques : impossible d’y trouver du porc, de l’alcool ou des jeux d’argent… Par contre, pas question de renoncer à la modernité et au confort « à l’américaine » : les 6 mosquées de la ville sont entourées de villas avec piscine, de petits immeubles proprets, de centres commerciaux, de restaurants et d’écoles de sport. Il y a également un hôpital où les patientes, n’en doutons pas, auront toujours un médecin femme à disposition…
Cette ville, qui, au départ, attirait surtout de riches Egyptiens ou des Arabes du Golfe, compte désormais de plus en plus d’étrangers parmi ses 100 000 habitants. Le bouche à oreille, les sites, blogs et forums sur internet participent à sa renommée et à son attrait grandissant pour les musulmans occidentaux qui décident d’aller vivre leur religion sous des cieux islamiquement plus cléments.
Les Français qui s’y établissent reprochent en général à la France de les empêcher de voiler en rond : ce n’est pas un hasard si l’arrivée massive de Français a eu lieu en 2004 après la loi sur les signes religieux à l’école…

Sous haute surveillance

Les Français et autres étrangers qui fréquentent les écoles du Caire ou vivent à El Rehab sont étroitement surveillés par les autorités égyptiennes. Celles-ci ne voient pas d’un très bon œil ces drôles de paroissiens qui, pour la plupart, arborent des tenues salafistes, ne se mélangent pas aux Egyptiens et ne fréquentent pas la mosquée d’Al Azhar, réputée comme étant « le symbole de l’islam modéré ». Même les propriétaires de logements à El Rehab hésitent de plus en plus à louer à des Français, qui leur inspirent bien peu confiance par leur attitude et les réseaux qu’ils semblent avoir mis en place.
Si tout le monde est si méfiant, c’est parce que l’Egypte a connu de nombreux attentats terroristes qui ont chaque fois fait fuir durablement les touristes, alors que le tourisme est la première ressource du pays. Le dernier attentat a eu lieu en février dernier au Caire : parmi les sept personnes arrêtées, on compte deux Britanniques et une Française, venus étudier l’arabe coranique.
Des mises en garde sont désormais affichées dans les écoles, censées être interdites à ceux qui « appartiennent à un groupe terroriste ou une secte religieuse » (et, non, ce n’est pas de l’humour…). Et Big Brother veille à El Rehab : lorsqu’un individu a un comportement suspect, il est immédiatement expulsé par l’administration de la ville.
Après l’attentat de février, une vingtaine d’étudiants français ont été expulsés du pays.
Espérons tout de même qu’ils ne seront pas trop durs avec nos compatriotes à l’avenir : avec la loi contre le voile intégral qui se précise ici, l’Egypte et El Rehab risquent de voir arriver encore un peu plus de ces musulmans français qui préfèrent la charia aux valeurs républicaines.
Ce serait bien dommage qu’ils n’y restent pas.
Laurence Vuillemot
Source « Le courrier de l’Atlas » n° 30 – Octobre 2009




La Libre Pensée fait sa propagande proburqa en Grande-Bretagne

Abonnée à la lettre d’infos hebdomadaire de la NSS (National Secular Society)(1), la plus grande organisation de défense de la « laïcité » britannique qui regroupe environ 6000 membres, quelle ne fut ma stupeur lorsque j’ai découvert, dans leur numéro du vendredi 25 septembre, un article exposant les arguments de la Libre Pensée contre l’interdiction du voile intégral en France.
Il faut savoir que la NSS est très proche de la Libre Pensée (je ne connais pas l’historique de ce rapprochement) mais les lecteurs britanniques n’ont droit qu’à un aspect du débat qui est du coup honteusement déformé.
J’ai réagi immédiatement par un texte argumenté jugé trop long pour être publié. Après quelques échanges courtois mais vifs avec Terry Sanderson, le responsable de la NSS et auteur de tous les articles de leur lettre d’infos, il a accepté de publier ma réponse en version courte dans l’édition du 2 octobre.
Je lui ai aussi proposé de le mettre en rapport avec d’autres organisations défendant un point de vue opposé à celui de la Libre Pensée afin d’offrir à ses lecteurs une vision plus équilibrée du débat… Il n’a pour l’instant pas accepté l’invitation. Toutefois, il y a à nouveau un petit article dans le numéro du 2 octobre sur le sujet, où des maires français de diverses tendances s’expriment sur cette éventuelle interdiction ; on y trouve en particulier le point de vue d’André Gérin, mais malgré tout sans qu’il soit précisé qu’il est communiste – difficile à « avouer » après l’article précédent où la droite était seule « coupable » de cette « proposition farfelue »…
Je vous livre ici les traductions de l’article en question et de ma réponse.
Vous remarquerez que le titre de l’article, les extraits choisis et les omissions volontaires (limitant cette demande d’interdiction à des groupes et politiques de droite…) montrent le parti pris de Terry Sanderson, et sont faits pour amener les lecteurs britanniques à partager la vision de la Libre Pensée…
Je vous précise aussi qu’au sein de cet article, il y avait un lien vers la résolution complète de la Libre Pensée traduite en anglais (avec d’ailleurs quelques erreurs ce qui rend le discours de la Libre Pensée encore plus confus, les pauvres lecteurs anglophones devant être stupéfaits de découvrir la « subtilité » des Français sur la différence entre sphère et espace publiques ou privés…).
Or ce lien amène sur le site de l’IHEU, l’Union éthique et humaniste internationale (rien que ça…) basée à Londres et qui regroupe plus d’une centaine d’associations laïques, rationalistes, humanistes, athées etc de plus de 40 pays.
Je pense qu’il est temps de réagir, de ne pas laisser la Libre Pensée se prendre pour la voix officielle des laïques français, et de faire savoir au reste du monde que les défenseurs de l’interdiction du voile intégral en France ne sont pas tous de sombres fachos… non ?

Laurence Vuillemot
Article de la NSS britannique :

Les libres penseurs français défendent le port de la burqa en privé mais confirment qu’elle doit rester interdite dans la vie publique


L’association française de libres penseurs, la Libre Pensée, a décidé, lors de son congrès national, de s’opposer à l’interdiction du port de la burqa dans la vie privée – une proposition récemment faite par des hommes et femmes politiques français.
Même si la Libre Pensée soutient l’interdiction faite par l’état français aux professeurs et agents du service public de porter des vêtements religieux, elle déclare que porter de tels vêtements en privé doit rester une affaire de choix personnel.
L’association réagissait ainsi à une campagne médiatique lancée dans le courant de l’année par des groupes et politiques de droite qui ont appelé à l’interdiction totale de la burqa dans les rues de France. Le President Sarkozy a soutenu cette proposition.
Dans sa résolution, la Libre Pensée a déclaré : « Nous avons été très surpris de voir Nicolas Sarkozy se draper ainsi dans le manteau de la laïcité. Alors que cela fait des années qu’il insiste sur la « place nécessaire » de la religion dans la société et la vie publique. »
Une commission parlementaire a été mise en place et publiera son rapport dans quelque temps.
La Libre Pensée déclare que la laïcité en tant que principe s’applique aux institutions, pas aux individus : « Dans cette acception, il est logiquement républicain et laïque d’interdire tout signe d’appartenance religieuse à l’École publique et pour les agents du service public. En revanche, la loi n’a pas à dicter les modes vestimentaires dans le domaine privé, ou tout autre comportement, tant que ceux-ci ne sont pas une menace pour la vie d’autrui. On ne peut lutter contre une forme de totalitarisme en la remplaçant par une autre. »
Elle poursuit : « Il est indéniable que le port imposé de la burqa ou du niqab est un symbole de l’oppression. Mais en quoi le port de la soutane pour les prêtres, de la robe de bure pour les moines, de la robe et de la cornette pour les religieuses, du schtreimel, du spodik ou du caftan pour certains juifs est-il moins oppressif que le port de la burqa pour certaines musulmanes ? »
Sur Radio 3, le mercredi 30 septembre à 23h, Philip Fox lira l’essai de la journaliste française Agnès Poirier où elle pose la question de ce que Voltaire, le père de la « laïcité » (en français dans le texte) – la version française du sécularisme – dirait sur ce débat qui a lieu dans son pays sur l’éventuelle interdiction de la burqa. Vous pourrez le réécouter sur « Listen Again » sur le site de la BBC pendant 7 jours.
Ma réponse:
En tant que citoyenne française et libre penseur, j’aimerais répondre à votre article intitulé « Les libres penseurs français défendent le port de la burqa en privé mais confirment qu’elle doit rester interdite dans la vie publique » paru dans le Newsline de la semaine dernière.
S’agissant d’un débat interne à la France, je n’entrerai pas dans des détails qui pourraient ne pas intéresser vos lecteurs. Mais je pense qu’il est important qu’ils sachent que, en premier lieu et malgré le nom qu’ils se sont donné (la Libre Pensée) cette organisation à laquelle vous vous reférez n’est en aucune façon la « voix officielle » de tous les libres penseurs, laïques, humanistes et athées français – loin de là.
Pire, ils ont déclaré quelque chose d’entièrement faux : cette interdiction de la burqa et du niqab des rues de France n’est pas uniquement défendue par des hommes et femmes politiques de droite. Au contraire, le débat a été lancé par 58 députés de tous les partis avec à leur tête … un communiste (très à gauche, s’il est besoin de le préciser..) André Gérin.
J’ai été également stupéfaite d’apprendre que les rues de France étaient désormais devenues « domaine privé ». Car l’objet du débat est bien celui-là : interdire les burqas et niqabs des rues de France et autres endroits publics, mais bien évidemment pas (comme une des premières références de votre article « s’opposer à l’interdiction du port de la burqa dans la vie privée » le sous-entend) dans aucune des activités privées des musulmans. Il y a ici une confusion volontairement entretenue, et je trouve cela très dérangeant car cela n’offre pas une présentation neutre du débat.
N’oubliez-pas non plus qu’en France, à l’inverse je crois de la Grande-Bretagne, tout individu doit être en mesure de prouver son identité, même s’il ne fait que se promener dans la rue.
Il y a donc une sorte de tolérance envers quelques personnes pour des raisons religieuses qui n’est, à mon sens, aucunement justifiée puisque la religion a été exclue en 1905 des affaires et de l’espace publics.
Il y a également cette comparaison absurde faite par la Libre Pensée entre la burqa et les vêtements des religieuses ou des moines : mais comment quelqu’un avec un peu de jugeotte peut-il adhérer à cette comparaison entre des gens qui ont choisi de consacrer leur vie à servir leur dieu et en ont fait leur « travail quotidien » (souvent dans des endroits fermés comme des monastères – et sans d’ailleurs jamais avoir à cacher leur visage dans la rue), et des femmes transformées en fantômes passant furtivement dans les rues et cachant leur féminité à cause des diktats d’une quelconque religion ?
Je suis convaincue que cette loi sera adoptée tôt ou tard, malgré l’opposition d’une minorité. Alors les femmes qui se battent dans de nombreux pays, souvent au risque de leur vie, pour le droit de ne PAS porter cette horrible prison de tissue, se sentiront enfin entendues et soutenues, même si ce n’est que par un seul pays, le pays où les Lumières sont nées.
(1)site de la NSS : www.secularism.org.uk




L'immigration par escroquerie sentimentale, de Marie-Annick Delaunay

Riposte Laïque publie régulièrement des analyses (en particulier celles de Robert Albarèdes) sur la situation et les risques de l’immigration dans notre pays. Son importance en quantité de flux est non seulement injustifiée, mais produit au contraire des effets aussi pervers sur la situation des salariés en faisant le jeu du capitalisme outrancier, que dévastateurs sur la cohésion nationale.
Mais il est tout un pan de la façon dont cette immigration se met en place qui est moins souvent mis en avant, c’est celui de l’utilisation sans scrupules des sentiments sincères de certains (souvent certaines d’ailleurs) dans le cadre de mariages « intéressés » et, de plus en plus, de la conception d’enfants « fabriqués » comme on fabrique de faux papiers…
C’est cette face cachée et honteuse que Marie-Annick Delaunay nous propose de découvrir dans son ouvrage « L’immigration par escroquerie sentimentale », et on sort de cette lecture encore un peu plus dégoûté par l’aveuglement de nos gouvernants qui finit par ressembler à de l’inconscience, voire de la perversité…

Ce livre est constitué de trois parties : tout d’abord, le constat, avec chiffres et témoignages ; ensuite l’analyse de l’auteur sur ce qui a amené et fait perdurer cette situation ; et enfin plusieurs pages d’annexes avec les diverses lois sur l’immigration en France et à l’étranger, les accords bilatéraux entre certains pays et la France qui aggravent encore le problème, et des courriers types pour aider les victimes de ces « escroqueries » à porter plainte.
En effet, ce livre est plus qu’un cri de colère de M.A. Delaunay, qui a été sensibilisée à ce problème par une expérience personnelle, mais c’est aussi un ouvrage ancré dans le concret, qui souhaite éveiller les consciences, encourager les victimes potentielles à la méfiance, et aider les victimes lorsqu’elles se sont fait piéger et qui vivent souvent un véritable cauchemar à agir. M.A. Delaunay a créé une association en 2004 à cette fin « Non aux mariages et paternités de papier »(1) Cette association est apolitique, d’ailleurs ni la droite ni la gauche ne trouvent grâce à ses yeux et on la comprend à la lecture du livre.
Toutefois, les « dégâts » ont sérieusement commencé en 1998 sous le gouvernement Jospin, qui a les honneurs d’être caricaturé en couverture du livre – avec en dessous la caricature d’une femme qui porte un bébé et pleure ; cette femme ressemble étrangement à Ségolène Royal qui elle aussi figure en bonne place dans les politiques dénoncés par M.A. Delaunay pour leur refus de voir le problème en face. M.A. Delaunay porte donc une rancune particulière à la « gauche plurielle » dont les deux règles de base sont pour elle : « niveler par le bas et persévérer dans l’erreur »…
C’est donc la loi RESEDA de 1998 du gouvernement Jospin qui a permis à la « filière enfant » de devenir un mode opératoire pour l’immigration au même titre que la « filière mariage », ajoutant ainsi un degré de lâcheté à l’exploitation de l’innocence. Comme le dit M.A. Delaunay, « la longue chaîne du dévoiement de la loi s’est déplacée le long du curseur de la cellule familiale vers le maillon le plus faible, l’enfant ».
En effet tout le monde connaît les « mariages blancs », par contre la « paternité blanche » est, elle, bien moins connue alors que les dégâts qu’elle occasionne sont de plus en plus considérables et particulièrement dramatiques.
M.A. Delaunay nous informe d’ailleurs sur les diverses catégories de ces « escroqueries sentimentales » :
• le mariage gris, où le conjoint français est de bonne foi et est manipulé et utilisé par le conjoint étranger qui lui ne s’intéresse qu’aux papiers. C’est le cas le plus fréquent car le plus difficile à détecter, ces personnages étant dénués de tout scrupule et prêts à jouer la comédie de l’amour le temps nécessaire.
• la paternité blanche : les mères viennent accoucher sur le territoire français (souvent dans les Dom-Tom) et rémunèrent un homme qui servira de « père de papier » afin que l’enfant acquière la nationalité française.
• la paternité grise : comme dans le mariage gris, il y a tromperie sur les véritables intentions du père étranger qui fait un enfant à une femme française uniquement pour en tirer les avantages qui y sont liés, car « reconnaître un enfant rend pratiquement inexpulsable ». (le cas de mères étrangères est plus rare mais existe). Humainement l’escroquerie la plus honteuse…
• le mariage et le PACS blancs : ils représentent un véritable « business ». Le plus souvent les deux conjoints sont d’accord car ils en tirent chacun des avantages, mais il arrive aussi que soient exploitées des situations de détresse ou de précarité voire même de fragilité psychologique ou de handicap. Les mariages blancs représentent de 40 à 70% dans certaines communes en France. Et désormais le PACS a lui aussi droit aux « honneurs » des réseaux, et il y a le risque que les homosexuels soient instrumentalisés avec la complicité d’associations comme Act Up.
• le mariage forcé : où la jeune fille (car plus rare pour les garçons) représente un « visa vivant » pour le conjoint auquel elle sera mariée sans son consentement mais en échange de substantielles sommes d’argent pour la famille. Il est à noter que les cas de mariages forcés sont devenus rares sur le sol français depuis que la loi a porté l’âge légal du mariage à 18 ans, mais que ces unions forcées continuent d’avoir lieu à l’étranger, en particulier dans les pays ayant des accords bilatéraux avec la France.
Toutes ces « escroqueries sentimentales » se font donc avec la complicité de la justice, de nombreux élus et parfois leur soutien, de celle des médias qui donnent la parole aux « rentiers de la bien-pensance » et aux « humanistes catégoriels » comme les appellent M.A. Delaunay, et toujours avec l’appui des associations qu’elle surnomme les associations « touche pas à mon immigration » ; on aura reconnu la LDH, le Mrap et autres collectifs de soutien aux sans-papiers… Ces associations ont réussi à effectuer une inversion des notions fondamentales de la justice : « celui qui transgresse les lois est la victime et sa victime à lui devient le coupable ». Il s’agit d’ailleurs ici de profiter d’un état d’esprit assez français de « complaisance et d’accoutumance envers tout ce qui est répréhensible, voire illégal ».
La France est aussi un pays de choix pour les « abuseurs » car ils exploitent le passé colonial et la culture de la culpabilité qui est toujours sous-jacente ici, à laquelle il faut ajouter la culture de « l’excuse généralisée » véhiculée par la gauche plurielle. Sans oublier l’argument ultime du « racisme » qui vient couronner le tout…
Pour M.A. Delaunay, « la France est devenue un Droit au nom Des droits de l’homme ». Et tant que l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme ne sera pas encadré par un texte du parlement français, « les lois françaises cherchant à réguler les flux migratoires resteront sans effet ».
Le constat que dresse M.A. Delaunay est amer et dénué de toute illusion, au point qu’elle conseille en conclusion aux Français de quitter la France ! En tout cas, il est à craindre que si rien n’est fait pour enrayer cet état de fait, tout cela constitue une véritable bombe à retardement qui éclatera à la figure de ceux qui nous ont vendu du vent – et hélas aussi à la figure de ceux qui n’ont rien demandé et ne font que subir l’inconscience de leurs gouvernants…
Laurence Vuillemot
Editions Tatamis
16 euros
(1) http://2jong.free.fr/associationnon/informations.php




Ode à la laïcité sous les ors de la République

Samedi 24 janvier avait lieu la remise des 4ème Prix de la Laïcité décernés par le Comité Laïcité République, à l’Hôtel de Ville de Paris. Le nom de Bertrand Delanoë figurait en haut du carton d’invitation et il était, disons, curieux, de le voir associé à une telle manifestation car nous n’oublierons pas l’inauguration de la place Jean-Paul II où les manifestants laïques ont été violemment refoulés, ou encore les généreux subsides que le maire de Paris offre à des crèches confessionnelles ou autres associations cultuelles…
Mais oublions un peu le double-jeu de la plupart des élus français (ils sont régulièrement cités dans les colonnes de Riposte Laïque) pour apprécier à leur juste valeur les interventions de qualité qui vont se succéder tout au long de cet après-midi entièrement dédié à la laïcité.

C’est Philippe Foussier, le président du Comité Laïcité République, qui prend la parole en premier sur le thème « Laïcité : actualité et enjeux ».
Il commencera son intervention par le rappel des origines du Comité Laïcité République et de ses objectifs. Sur le sujet, je renvoie les lecteurs à l’interview de Patrick Kessel, président d’honneur du Comité, qui figure dans le dernier numéro de Riposte Laïque (1).
Philippe Foussier réaffirme avec force l’importance de la science, du savoir, et de l’analyse de la raison : il faut ainsi accepter que certaines questions n’ont pas de réponses, et ne pas en chercher dans les dogmes. Il constate que les ecclésiastiques n’ont jamais accepté les Lumières, et que la nostalgie de « l’ordre ancien » est bien vivace. Le premier domaine hérité des Lumières qui subit leurs attaques est celui de la science, et en particulier les travaux de Darwin par le biais du créationnisme ou autre dessein intelligent.
Le second acquis des Lumières qui est remis en cause est l’universalisme des Droits de l’Homme, sous prétexte que ces valeurs viendraient d’ex-pays colonisateurs. Ce qui se passe en ce moment à l’ONU et la perspective de Durban 2 où la liberté d’expression sera remise en question pour renouer avec la notion de blasphème en est l’inquiétant révélateur. Les tenants du différentialisme portent une responsabilité énorme dans cette triste « évolution » car le « droit à la différence » amène tôt au tard à une « différence des droits ». Monsieur Foussier salue ainsi Madame Simone Veil et le travail du comité qu’elle présidait : ils ont refusé que le préambule de la Constitution française soit modifié pour y inscrire la notion de diversité, qui aurait inévitablement amené à un glissement vers la discrimination positive chère à notre Président, et donc donné ses lettres de noblesse à cette « différence des droits » totalement intolérable dans une République laïque et indivisible. Monsieur Foussier ajoute que la conception communautariste est collectiviste et réactionnaire, car elle enferme l’humain dans une communauté (raciale, ethnique ou religieuse) qu’il a rarement choisie puisque due le plus souvent au hasard de sa naissance. Il dénonce aussi fermement le dévoiement des principes républicains opéré par nos responsables politiques ainsi que l’instrumentalisation de l’élection de Barack Obama et « l’obsession raciale » qui l’accompagne.
Les Nations-Unis et la remise en cause de l’universalisme des Droits de l’Homme sera justement le sujet de l’intervention suivante. Malka Marcovich est historienne, engagée dans la lutte pour les droits des femmes et travaille comme consultante au sein de diverses organisations internationales. Le sujet de son dernier livre « Les Nations Désunies: comment l’ONU enterre les droits de l’homme » servira de trame à son intervention. Madame Marcovich retrace comment, depuis la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui faisait consensus à l’époque (seule l’Arabie Saoudite faisait « bande à part »), la petite voix jihadiste, portée par Khomeiny, a commencé à se faire entendre en 1979, pour arriver, en 1981, à l’adoption d’une résolution proposée par l’Iran reconnaissant la « discrimination religieuse ». L’ Organisation de la Conférence Islamique mise en place en 1990 a permis en 1993 l’introduction de la notion de « relativisme culturel ». Aux voix de pays ouvertement théocratiques comme l’Arabie Saoudite pour qui les lois religieuse sont au-dessus de toutes les autres, se sont ajoutées celles des pays qui, suite à la chute du mur de Berlin, sont sortis du giron socialiste, ainsi que celle de la Chine : en effet, ces pays ont tous en commun le refus de toute ingérence dans leurs « affaires intérieures ».
La communauté internationale n’a semble-t-il pas vu le danger car aveuglée par l’idée que les idéaux démocratiques ne pouvaient que continuer à progresser à travers le monde. Et en 1998, pour le cinquantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme et pour se positionner ostensiblement contre la thèse du « choc des civilisations » défendue par Samuel Huntington, l’ONU, menée par son secrétaire général Kofi Annan, propose d’ouvrir « le dialogue des civilisations » ; ce sera en 2001 le thème de Durban I de sinistre mémoire car lieu, entre autres, de violences anti-sémites. C’est en septembre 2001 que, pour la première fois, le terme « islamophobie » sera introduit dans un texte onusien. 3 jours après avait lieu l’attentat du 11 septembre.
Depuis, ces dérives se sont amplifiées pour arriver désormais à ce que Madame Marcovich nomme une « plongée abyssale ». Derrière une diplomatie qui n’est désormais que « de façade », nous assistons à une remise en question dramatique de l’égalité homme/femme, de la laïcité, et de l’universalisme des Droits de l’Homme.
Ces « réformes » continuent dans le but avoué de « redonner aux religions un rôle politique » car elles seules seraient à même de « régler les conflits ». De plus, le « religieux » est instrumentalisé par les états autoritaires pour leur propagande totalitaire : en effet, des états comme Cuba, le Vénézuela, la Chine, la fédération de Russie et la Corée du Nord sont aux côtés des pays islamiques car ils trouvent ainsi un moyen de « dénoncer » les démocraties par leur supposée « islamophobie ».
En 2006 a été créé le Conseil des Droits de l’Homme, où l’ Organisation de la Conférence Islamique est majoritaire. Dans les résolutions qui en émanent, la « haine des religions « est désormais vue comme le « racisme absolu ». La liberté d’expression y devient « discrimination raciale » ou « religieuse », et on y justifie les actes de terrorisme qui seraient finalement de justes réponse au « blasphème ».
Dans cette dérive qualifiée par Madame Marcovich de « plongée abyssale », les médias ont leur part de responsabilité. Il n’est en effet jamais ouvertement fait mention de « censure » mais de « responsabilisation des médias ». Exemple significatif : il a été mis en place au Qatar un « centre pour la liberté des médias » dirigé par… Robert Ménard ; on se doute que le rôle de ce « centre » sera des plus ambigus.
Mais alors, comment en est-on arrivé là ? L’ONU est financée à 90% par les pays « démocratiques », c’est ainsi que nous finançons la propagande qui remet en question nos valeurs… Pour Madame Marcovich, le fond du problème vient de la définition de la démocratie qui figure dans les textes originels, car le suffrage y est le seul critère. Il faudrait que la démocratie soit clairement définie comme l’héritage direct des Lumières et de ses valeurs.
Madame Marcovich regrette également la faiblesse de la France dans la diplomatie mondiale ; elle la voit comme peu attentive aux dérives « onusiennes », car pensant sans doute bénéficier d’une espèce de « protection magique » qui la mettrait à l’abri de tout cela… Les lecteurs de Riposte Laïque savent qu’il n’en est rien…
C’est à la suite de cette description inquiétante de la situation internationale qu’interviendra l’hommage à Malalaï Kakar. Madame Kakar était une des rares femmes à travailler au sein de la police afghane. C’était une « icône » du civisme et de la laïcité. Elle avait 40 ans et six enfants. Elle a été abattue par des talibans devant chez elle le 28 septembre 2008.
Cet hommage est effectué par Alain Morvan, courageux ancien recteur de l’académie de Lyon qui s’était élevé contre l’ouverture d’un lycée musulman et contre les propos négationnistes de Bruno Gollnisch, professeur d’université à Lyon 3.
Un petit échange entre participants et intervenants eut ensuite lieu sur des questions diverses.
Je retiendrai l’anecdote relatée par un habitant du 19ème arrondissement à qui, lorsqu’il faisait une remarque à une personne ne respectant pas le code de la route, il a été répondu que « le code de la route ne figurait pas dans le coran », ce qui illustre le fait que les lois communautaires et religieuses semblent de plus en plus se substituer dans certains esprits aux lois républicaines…
La réponse de Philippe Foussier à une question portant sur l’importance de l’ « affirmative action », (improprement traduit par discrimination positive en France) dans la réussite des « minorités visibles » aux USA fut également du plus grand intérêt. Monsieur Foussier a constaté que la situation est désormais plus diffuse qu’au début du 20ème siècle, car, en France, « l’espace public est désormais envahi par un ordre clérical ». Monsieur Foussier réaffirme que seul le choix de l’universalisme républicain peut participer au combat émancipateur de l’être humain, combat qui ne peut en aucun cas passer une discrimination positive, quel que soit le terme qu’on lui donne. A son sens, une « lecture raciale » qui remplacerait une « lecture sociale » serait dangereuse, car ce serait en quelque sorte le retour du « droit du sang ».
Après le rappel de l’origine de ces prix de la laïcité par Patrick Kessel, les lauréats ont été désignés par Jean-Pierre Changeux, le président du jury de ce 4ème prix : le prix international a été attribué à Nadine Abou Zaki, journaliste, artiste et philosophe libanaise, et le prix national à Guillaume Lecointre, zoologiste et systématicien.
Avant de donner la parole aux lauréats et d’en savoir ainsi plus sur leurs travaux, Jean-Pierre Changeux est revenu sur son parcours personnel et nous a fait part de ses réflexions sur la laïcité. Ce scientifique de haut niveau, professeur au Collège de France et à l’Institut Pasteur, neurobiologiste et auteur de plusieurs ouvrages, affirme sa confiance en la science, qui a été faite « par les hommes et pour les hommes ».
Plutôt que de se protéger derrière d’arbitraires principes de précaution qui favorisent l’inaction, il insiste sur le fait que les scientifiques doivent se responsabiliser et coopérer autour de la planète pour travailler ensemble au bien de l’humanité. Dans cette perspective, le séquençage récent du génome humain est un outil fondamental qui doit aider au rapprochement des êtres humains : l’unité de ce génome à travers la planète atteste en effet des dispositions communes du cerveau de tous (capacité au langage et à la conscience). Mais alors, se demande-t-il, pourquoi est-ce si difficile d’arriver à une « éthique universelle » ? Il introduit ici la notion de contraintes « épi-génétiques » qui, elles, sont dues à l’environnement culturel. En effet, le nouveau-né incorporera dans son cerveau sa propre histoire et celle de son environnement socio-culturel. Des « circuits culturels » s’inscrivent ainsi dans le cerveau du nouveau-né à son insu, dont les systèmes de croyances diverses qui divisent l’humanité. A ces « circuits culturels » s’ajoutera un espace « conscient » qui lui permettra de d’effectuer la distanciation entre ce qui est « privé » et ce qui est « public ». C’est là le rôle fondamental que joue la laïcité en aidant à faire cet effort de distanciation. Une éducation à la laïcité permettra de faire prendre conscience aux humains à travers le monde que la diversité épi-génétique, la diversité des cultures, n’est en fait due qu’au hasard de la naissance.
Ainsi, la laïcité est un outil qui permet de faire face à l’intégrisme en relativisant les différentes croyances et en unifiant la connaissance héritée des Lumières. Pour Monsieur Changeux, la science et la laïcité sont les fondements nécessaires à « une vie en harmonie et fraternité » au delà de toutes les différences culturelles. Pour lutter contre l’irrationnel et l’intégrisme, Monsieur Changeux affirme qu’il faut « ouvrir le dialogue », et surtout « ne pas combattre l’intolérance par l’intolérance ».
Je me permettrai un commentaire personnel : après l’intervention de Madame Marcovich sur ce qui se passe à l’ONU, les limites du « dialogue » et l’impasse dans laquelle se trouvent les démocraties qui font preuve de tolérance à l’égard des « intolérants », ce discours certes humaniste semble désormais totalement utopique…
La remise des prix fut ensuite effectuée par Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris.
Ce fut à Nadine Abou Zaki, la lauréate du prix international, de prendre la parole en premier, devant l’ambassadeur du Liban et le Secrétaire de La Ligue Arabe, assis au premier rang du public.
Nadine Abou Zaki est une jeune femme libanaise, philosophe, journaliste et artiste (sculptrice et poète). Elle est éditrice en chef du premier magazine social féminin panarabe « Al Hasnaa », et également présidente du Forum de la Nouvelle Femme Arabe. La première édition de ce forum a eu lieu à Dubaï en 2007, et celui de 2008 a Beyrouth.
Je ne reviendrai pas en détails sur le contenu de son intervention: le son trop faible de la sonorisation pour sa « petite voix », l’ensemble un peu confus de son discours (philosophie oblige ?) et certaines « ambiguïtés » que j’ai cru entendre m’empêcheraient de le faire de façon neutre et objective. Notons toutefois son affirmation de « la dimension publique du religieux » et son analyse un peu alambiquée de la sphère privée et publique en opposition à l’espace public que n’aurait sans doute pas reniée certains laïques de notre connaissance…
Ce fut ensuite à Guillaume Lecointre, lauréat du prix national de s’exprimer. Guillaume Lecointre est professeur au Museum d’histoire naturelle, zoologiste et chercheur en systématique (la science des classifications). Il est engagé dans le combat contre l’instrumentalisation des sciences par les pouvoirs religieux, et regrette l’absence de mobilisation massive des scientifiques contre ces dérives. (voir son passionnant article « Evolution et créationnismes »(2).
Pour Monsieur Lecointre, la science est laïque par son universalisme. Elle exige que ceux qui se prétendent scientifiques expriment des connaissances objectives en laissant leurs « options métaphysiques au vestiaire », et Monsieur Lecointre regrette que ce ne soit pas toujours le cas de certains scientifiques qui s’expriment dans les médias. Il dit aussi à quel point la science dépouillée de tout argument religieux est l’alliée des femmes ; la volonté de donner un statut « sacré » à l’embryon est un exemple de ce qui peut remettre en cause le droit à l’avortement.
Et finalement, il rappelle (« enfin », j’aurais envie de dire…) qu’en science, il n’y a pas de séparation entre l’homme et l’animal…
Pour finir cet après-midi riche en réflexion et sujets de débat, quelques personnalités présentes ont pu prendre la parole quelques minutes.
Je retiendrai personnellement les interventions de Michèle Vianès, présidente de « Regards de Femmes » et de Sihem Habchi, présidente de « Ni Putes Ni Soumises » qui sont des petits bouts de femme pleines d’énergie, de courage et qui sont en prise directe avec la souffrance des femmes « sur le terrain » et au quotidien. J’en profite pour leur exprimer ma plus grande admiration…
Le « mot de la fin » a été laissé à un grand homme politique, athée et rationaliste, Henri Caillavet. À 95 ans, ce précurseur a été de tous les combats pour l’émancipation des femmes, avec le droit à l’avortement, la mise en place du divorce par consentement mutuel ; il a également lutté en faveur de l’euthanasie ou encore du droit des homosexuels.
Ce grand monsieur a conservé toutes ses qualités d’orateur ; il nous a fait vibrer par sa passion et son humanisme. C’est avec émotion que nous avons reçu son appel « Ne baissons pas les bras ! ».
Nous n’avons pas le droit de le décevoir.
Laurence Vuillemot
1. http://www.ripostelaique.com/Patrick-Kessel-president-d-honneur.html
2. http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosevol/decouv/articles/chap1/lecointre1.html




Ayaan Hirsi Ali : l’errance d’une femme qui a osé parler

Les lecteurs de Riposte Laïque connaissent Ayaan Hirsi Ali, cette femme d’origine somalienne qui avait trouvé refuge aux Pays-Bas en 1992 pour pouvoir apostasier sa religion, l’islam, en toute sérénité sur le vieux continent des droits de l’homme (et de la femme…) Ou du moins le croyait-elle…

C’était sans compter l’hypocrisie et la lâcheté de nos gouvernements et partis politiques qui tiennent de beaux discours de fermeté sur l’intégrisme (islamique en particulier) mais qui, au bout du compte, tolèrent sur notre sol de se faire mener par le bout du vote par des intégristes qui agitent leur petit drapeau vert du  » respect des croyances  » pour se poser en martyrs ou faire croire qu’ils sont insultés à longueur de liberté d’expression…

Comme tous leurs homologues en Europe, le parti socialiste hollandais est tombé dans l’ignoble lâcheté de la  » tolérance à l’intolérance « , et le racisme inversé du  » relativisme culturel « , et n’a jamais soutenu Ayaan Hirsi Ali dans son combat.

Celle-ci avait donc rejoint le parti libéral et était devenue députée en 2002.

Mais elle a eu le malheur d’écrire un film,  » Soumission « , pour dénoncer les souffrances que vit la femme musulmane sous le joug du sexisme coranique ; ce film a été réalisé en 2004 par Théo Van Gogh, qui fut assassiné par un fou d’Allah (c’était bien sur le sol hollandais, rappelons-le…) et qui avait laissé, planté sur le corps de Van Gogh avec un couteau de boucher (hallal bien sûr), une note indiquant qu’Ayaan Hirsi Ali allait rapidement subir le même sort.

En tant que députée, il était alors  » normal  » (il est terrible de parler ici de quelque chose de normal d’ailleurs ; réalise-t-on où nous en sommes arrivés ? ?) que le gouvernement hollandais assure alors sa protection.

Mais ce ne fut que le début de l’enfer que vit depuis cette femme admirable.

Elle fut obligée de déménager à de multiples reprises, pour des raisons de sécurité bien sûr, et souvent aussi parce que les voisins ne supportaient pas cette voisine, encombrante par sa protection rapprochée, et sans doute tellement  » dérangeante « … Une bombe est si vite arrivée désormais…

Jusqu’à ce que jour de 2006 où Rita Verdonk, la ministre de l’immigration de l’époque, a fait du zèle et a tenté de retirer à Ayaan Hirsi Ali sa nationalité hollandaise pour des mensonges que cette dernière a effectivement été tenue de faire (elle l’avait admis depuis longtemps) pour obtenir l’asile politique en 1992.

Ayaan Hirsi Ali a alors quitté ce pays où elle était rejetée de toute part pour rejoindre l’AEI, un groupe de réflexion conservateur aux Etats-Unis. (Rappelons qu’elle y avait déjà trouvé refuge en 2002 après s’être fait harceler aux Pays-Bas pour ses déclarations anti-islam et ce, alors qu’elle n’était pas encore députée mais investie dans la défense des musulmanes réfugiées sur le sol hollandais, après avoir été des années femme de ménage pour payer ses études).

Mais nous ne savions pas forcément que c’était le gouvernement hollandais qui continuait à financer sa protection rapprochée sur le sol américain.

Et la semaine dernière, celui-ci a indiqué qu’un an ayant passé, il ne continuerait plus à le faire (on parle de 6 millions de dollars pour une année).

Ayaan Hirsi Ali a donc fait une nouvelle fois le voyage en sens inverse et est retournée le 3 octobre aux Pays-Bas, où le parlement doit débattre cette semaine de son sort…

Une pétition a été initiée aux Etats-Unis pour demander qu’Ayaan Hirsi Ali reste sur le sol américain et que le gouvernement américain y assure sa protection :

[http://www.petitiononline.com/hirsiali/->http://www.petitiononline.com/hirsiali/]
(pétition en anglais, me contacter si besoin d’aide avec la langue du grand satan…)

Que pouvons-nous souhaiter pour cette femme si ce n’est qu’un jour elle trouve enfin la paix en un lieu où elle pourra mener son combat en toute sérénité ?

Hélas il semble désormais utopique de croire que cela pourrait être sur le sol européen, où on préfère dérouler le tapis rouge pour les frères Ramadan et défendre les voilées de toute sorte que de soutenir cette femme qui est la preuve pour encore vivante (humour très noir j’en conviens) à quel point les religions sèment l’amour et la paix autour d’elles…

Laurence Vuillemot