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L'inévitable prochaine scission du Tchad

Le référendum d’autodétermination du sud Soudan suscite pleines de questions sur la prochaine scission du Tchad, je voudrais à cette occasion faire comprendre que dans tous les pays ou la laïcité de l’Etat n’existe que théoriquement en cédant la place à une influence religieuse, il faut le dire sans aucune complexité que ces pays finiront absolument soit par la séparation du pays, soit à la renonciation de la laïcité ou soit prendre de décisions politiques Républicaines à restaurer les principes de la laïcité pure.
Avant de revenir sur le cas particulier du Tchad il s’avère nécessaire de faire les points sur le pouvoir politique, le pouvoir religieux et de la laïcité.
Le pouvoir politique a pour mandat d’établir des règles de conduite auxquelles tous les citoyens d’un pays doivent obligatoirement se soumettre. Toute infraction à ces règles amène des conséquences pénales pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement. Il s’agit en fait d’un contrat social qui lie le gouvernement démocratiquement élu aux citoyens qui lui donnent le droit d’exercer sur eux ce type de pouvoir. Quant au pouvoir religieux, il diffère beaucoup du pouvoir politique en ce qu’il n’a pas le droit d’imposer ses règles et croyances au peuple. La religion est d’abord et avant tout une affaire de conviction personnelle.
En ce domaine, chacun a le droit d’établir ses propres règles de conduite. Depuis un ou deux siècles, la plupart des pays occidentaux ont complètement réorganisé leurs structures politiques et sociales. Aujourd’hui, nous comprenons l’importance de séparer les pouvoirs politique et religieux. Autrement dit, on ne permet plus à un gouvernement de gérer un État en mélangeant les lois civiles et religieuses dans un même ensemble organisationnel. Nous le savons, les problèmes que suscite ce type d’organisation sont à tous points de vue très chaotiques. L’exemple de pays musulmans tels que l’Afghanistan est fort éloquent. En Afrique, l’exemple de la Somalie et du Soudan doivent servir de leçon aux Etats comme le Tchad et la Mauritanie et leur permettre de prendre des dispositions responsables afin d’éviter aux situations de ces deux Etats frères. Le pouvoir politique et le pouvoir religieux sont deux mondes distincts, car la politique n’appartient pas à la religion ni la religion à la politique. Mais l’histoire de l’humanité nous montre que le principe n’a pas été suivi. Encore aujourd’hui, plusieurs pays sont dominés politiquement par des chefs religieux. Les conséquences sont toujours les mêmes : persécutions contre ceux qui dérogent des dogmes religieux et amoindrissement de la condition féminine. En disant cela, je ne fais pas seulement référence au monde musulman, mais aussi à l’Église qui, autrefois, a malmené de façon outrancière les populations chrétiennes. Qu’on soit chrétien, musulman ou d’une autre religion, le résultat est toujours pareil parce que le cœur de l’homme est partout le même

LAÏCITE

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, sous la 3e République, la laïcité est devenue une conception de l’organisation de la société visant à la neutralité réciproque des pouvoirs spirituels et religieux par rapport aux pouvoirs politiques, civils, administratifs. Le but était de lutter contre le cléricalisme, c’est-à-dire l’influence des clergés et des mouvements ou partis religieux sur les affaires publiques. La laïcité est aussi une éthique basée sur la liberté de conscience visant à l’épanouissement de l’homme en tant qu’individu et citoyen.
Concrètement, la laïcité est fondée sur le principe de séparation juridique des Eglises et de l’Etat (loi de 1905 en France), en particulier en matière d’enseignement.
Cette séparation a pour conséquence :
• la garantie apportée par l’Etat de la liberté de conscience et du droit d’exprimer ses convictions (droit de croire ou pas croire, de changer de religion, d’assister ou pas aux cérémonies religieuses).
• neutralité de l’État en matière religieuse. Aucune religion n’est privilégiée; il n’y a pas de hiérarchie entre les croyances ou entre croyance et non-croyance.
Je crois que qu’il faut mettre un accent particulier sur la question de Laïcité, car pour qu’une société soit authentiquement pluraliste, c’est-à-dire respectueuse de la liberté de conscience, il est nécessaire que l’État et ses institutions s’obligent à une totale neutralité à l’égard des croyances religieuses et de l’incroyance. Cette neutralité signifie que l’État reconnaît et respecte la liberté de tous les citoyens d’adopter et de propager leurs convictions dans la mesure où cet exercice s’accomplit à l’intérieur des limites des lois de l’État.
La laïcité permet de gérer le pluralisme social sans que la majorité, qui en fait aussi partie, ne renonce à ses choix légitimes et sans brimer la liberté de religion de quiconque. Loin d’être une négation du pluralisme, la laïcité en est l’essentielle condition. Elle est la seule voie d’un traitement égal et juste de toutes les convictions parce qu’elle n’en favorise ni n’en accommode aucune, pas plus l’athéisme que la foi religieuse. Le pluralisme ainsi entendu n’est ni celui des minorités, ni celui de la majorité. Elle est aussi une condition essentielle à l’égalité entre hommes et femmes.
Le signe religieux étant un langage non verbal qui exprime la foi, les croyances, l’appartenance religieuse et le code de valeurs de la personne qui le porte, il est normal que l’employé de l’État s’abstienne d’un tel discours puisque l’usager des services publics n’a pas à y être soumis lorsqu’il fréquente des institutions par définition neutres. Sans que le signe religieux ne remette en cause le professionnalisme de l’employé, l’affirmation de ses croyances s’avère incompatible avec la nature de sa fonction. Accepter ces signes risquerait par ailleurs de conduire à une surenchère d’expression de convictions qui n’est certes pas souhaitable dans la sphère publique. Et on ne peut faire abstraction du fait que certains des signes les plus ostentatoires représentent pour plusieurs un rejet de l’égalité des sexes qui est une valeur démocratique fondamentale.

AMALGAME POLITICO-RELIGIEUX

Au Tchad, l’amalgame politique qui entraine de prendre une ampleur inquiétante tire son origine depuis le régime de François Ngarta Tombalbaye. Le régime de Tombalbaye s’était farouchement heurté à la résistance du FLORINAT soutenu par la Lybie et Soudan, après plusieurs années de guerre sans succès, ce régime était obligé de changer de stratégie. Cette stratégie consistait à faire appel aux pays voisins qui soutiennent que le FLORINAT à trouver solution avec cette rébellion. Ces pays voisins qui sous l’égide de l’Arabie Saoudite avec un plan bien tracé ont conseillé Tombalbaye à faire adhérer leTchad en 1969 à l’Organisation de la Conférence Islamique(OCI). Se trouvant dans un état complètement naïf, ces deux pays avec le poids de l’OCI et particulièrement de L’Arabie Saoudite ont poussé le régime à rompre ses relations avec Israël tout en promettant à ce régime de trouver une solution définitive au problème du FLORINAT. Voilà les contextes dans lesquels, le Tchad est entré dans la zone de sable mouvant ou sa sortie dans cette zone ne sera pas chose facile mais pas impossible. Je cois que ce sont des erreurs politique qu’il faut éviter pour ne pas arriver à la situation du Soudan ou de la somalisation du Tchad. Certes la recherche de la paix peut conduire à des erreurs, d’ailleurs l’erreur est humaine donc elle est présente dans toutes les œuvres et sociétés humaines. Seulement il faut être courageux à reconnaitre ses erreurs avant de les corrigées. La laïcité au Tchad soufre d’une maladie chronique, car l’appartenance du Tchad en Etat laïque jugé normale par les milieux politique et intellectuels tchadiens. Alors il reste à savoir est ce qu’il est normal que le Tchad en tant qu’Etat et laïc peut adhérer dans une Organisation chrétienne ou Juive telle que le Conseil œcuménique des Églises ou le Congrès juif ? Si certains donnent une réponse affirmative, je crois que c’est sur une base des erreurs d’hier qu’on pourra justifier une telle affirmation. Il n’ya aucune justification pour dire qu’il est normal qu’un Etat laïc peut adhérer à une organisation à caractère religieux ou racial.
Je crois que si la situation du Tchad va le conduire à celle du Soudan, cela est dû à l’hypocrisie d’abord de la classe politique et aux dirigeants du Tchad. Je parle de l’hypocrisie car l’occasion offerte par la Conférence Nationale Souveraine (CNS), la question de la laïcité n’était pas inscrite à l’ordre du jour. C’est l’occasion qu’on devrait saisir pour débattre au même titre que les autres problèmes qui minent le pays et décider du retrait ou non du Tchad de toutes Organisations à caractère religieux et racial. Omettre ou négliger ce problème laisse à croire qu’il est normal que l’adhésion du Tchad en tant que Etat laïc à une organisation religieuse ou raciale est jugée logique. Pourtant l’origine des causes de tous les problèmes du Tchad tels que : la cohabitation, le conflit religieux et la xénophobie Nord-Sud sont d’origines politiques et non religieuse. En effet, on ne peut pas nier l’existence de l’amalgame politico-religieux qui risque de jouer à fond et pourra glisser certainement le pays vers la solution soudanaise. En 2010, les deux communautés religieuses (Chrétienne et Musulmanes) du Tchad ont organisé un dialogue interculturel sur la problématique de cohabitation dont le Président IDI lui-même a fait l’ouverture dudit dialogue. Il faut saluer l’initiative de ce dialogue, car souvent on rejette la responsabilité de certains conflits à ces deux communautés. Admettons que certains conflits proviennent de ces communautés religieuses. Alors il appartient à qui d’établir des règles de conduite auxquelles ces deux communautés vivant dans un même pays doivent obligatoirement se soumettre conformément aux principes de la laïcité. Et enfin qui doit rappeler l’autre à l’ordre si les règles de laïcité ne sont pas respectées ?

A QUI LA FAUTE SI LE TCHAD ARRIVE A LA SCISION ?

A cette question, sans risque de me tromper, je crois que la faute reviendra à tous ceux qui se rejettent la responsabilité c’est à dire les sudistes et les nordistes (Chrétiens et Musulmans) même si le degré de responsabilité n’est pas le même. Le Tchad a été et est dirigé par le Sud et le Nord et s’il y à une situation qui peut conduire le Tchad vers la scission, ce sont justement les différents régimes qui créent et entretiennent le germe de cette division.

LE REGIME SUDISTE (1960-1979)

De 1960-1979, deux régimes sudistes ce sont succédés. Le premier était celui de François Ngarta Tombalbaye, le pays vivra une période relativement calme sous ce régime, même ses dérives autoritaires qui ont finis par entraîner sa mort au cours d’un coup d’état militaire ne sont pas à négliger. C’est à ce régime que l’idée de l’exclusion est née, en toute sincérité cette affirmation n’est pas à nier surtout avec les jeunes Etats qui sont nés juste quelques années après l’indépendance. Les nordistes se sentaient complètement écarter de la gestion du pays et massacrés.
Les 5 voir même 10 ans après les indépendances le pays a connu une période de carences notoires d’abord en expérience dans le domaine de la gestion de l’Etat et surtout le manque des cadres intellectuels. Je me rappelle et me suis rendu compte de la carence des cadres à cette époque quant un des premiers cadres de cette période me racontait quand-il rentrait au Tchad après ses études en Frances. Selon son explication, il a décidé rentrer justement dans le souci de servir son pays mais pas penser à un poste ministériel, et sa grande surprise, le gouvernement discutait déjà du portefeuille ministériel qu’il peut le confier. Donc à une carence de telle envergure, les dérapages politiques et l’amalgame politique ne sont pas a écartées. Le non respect de la laïcité a vu le jour sous le régime Tombalbaye par sa politique de «YONDO» et en faisant adhérer le pays à une organisation islamique. Ce régime a oublié ou a ignoré que dans un Etat laïc il y’a la Communauté musulmane, la Communauté chrétienne et la Communauté des non-croyants et l’Etat doit être neutre entre ces trois communautés. Ce sont des erreurs politiques qui sont récupérées et exploitées aujourd’hui comme une base logique qu’il sera difficile de les corriger.

LE REGIME NORDISTE (1979 à 2011OU)

À l’intervalle de 30 ans du pouvoir au Nord, même les quelques usines de transformation de matières premières par leurs positions géographiques sont complètement mises en faillite. Sur 25 usines d’engrenage de la Cotontchad, il n’y a que 5 qui fonctionnent, la STT (Société Textile du Tchad) a fermé ses portes justes après le départ d’Hissein Habré. Il ne reste que la Sonasut (Société Nationale Sucrière du Tchad), la Brasserie du Logone, l’Huilerie et la Savonnerie qui vont bientôt fermer leurs portes avec l’aide du régime actuel. Ces usines ont heureusement la vie sauve par la mise en exploitation du gisement pétrolier du sud. Le marché de travail et d’emploi deviennent de plus en plus inaccessible aux sudistes surtout les postes importants. La nomination aux postes de responsabilité se fait sur un critère strictement régionaliste ou apparenté à la famille du Président.
L’exclusion, le massacre et tout ce qui ne contribue pas à la cohabitation et l’unité Nationale ne sont pas à nier dans les régimes sudistes et nordistes. Seulement, il n’est pas du tout admissible que la situation s’aggrave avec une puissance exponentielle. Car du moment où la situation arrive au niveau de la population civile par des attaques avec les armes à feux dont une partie de la population (seulement nordiste) en fait souvent l’usage de ces armes et à chaque fois que l’occasion se présente. Phénomène étrange même s’il existait avant, le conflit éleveurs et agriculteurs prouve bien que les sudistes ne sont pas chez eux. Et ces éleveurs font aussi usage des armes de guerre lors de conflits et souvent ils bénéficient de la faveur des autorités en tenues et administratives au cas où le problème doit être tranché par ces autorités. Ce phénomène crée un malaise chez les sudistes qui se sentent en situation de non-citoyens, bien qu’ils soient chez eux dans leurs villages bien avant les éleveurs. Je crois que c’est la plus dramatique, car la vie et la dignité du sud réside au niveau de l’agriculture même si une partie des sudistes font le travail de Laoukoura pour profiter de la manne pétrolière et assurer leurs suivies sans dignité, une grande partie de ces sudistes survivent sur la base de l’agriculture. Donc du haut sommet de l’Etat aux éleveurs et cultivateurs, il existe un clivage entretenu et qui a atteint son paroxysme. Ce qui est vraiment équerrant, un problème qui est né depuis les années 60 par manque des cadres intellectuels et aussi par manque d’expériences politiques, ce problème avec le nombre non négligeable des cades intellectuels et politiques capables de formuler une équation avec des paramètre sur des bases conjoncturelles de ce problème pour le résoudre.
C’est plutôt le contraire, ce problème prend une ampleur dramatique de telle sorte que si ce problème persiste le pays emboîtera certainement le pas de son voisin le Soudan. Car même l’union entre homme et femme dont le serment étant pour la vie, le divorce reste la seule solution si le couple ne se supporte pas et à combien plus forte raison les communautés ne peuvent pas se séparer. La politique de l’Autriche ne doit pas être au rendez vous, car en lisant certaines réactions on a l’impression que le sens de débat est loin d’être saisit car le langage déplacé de certains intervenant sur la question de la scission est à juste titre d’étouffer le débat et non parce qu’ils refusent la scission du Tchad. Je crois qu’il n’y a aucun intérêt d’envisager la division de ce pays entouré par certains pays en conquête de leadership dans la zone et en Afrique, pour mieux faire face à cette conquête, le Tchad doit être un pays uni et non divisé. Mais seulement, on ne s‘aime pas et c’est comme ça qu’on nous avons été façonnés par nos dirigeants. Alors éviter la scission se veut qu’il faut d’abord reconnaître ce problème et trouver un cadre sur des bases d’un débat des adultes et de ceux qui sont soucieux de l’unité du Tchad afin de forcer les mains des politiciens et surtout les dirigeants du Tchad de mettre l’accent sur ces virus de division, dans le cas contraire, la séparation ne va pas et ne sera pas évitée et c’est pour la paix de nos âmes et non un défaut en soi.

LE SIDA POLITIQUE

Le sida politique est une maladie d’un Etat qui utilise la religion comme cheval de batail politique, c’est un Etat qui n’a pas l’immunité politique. Le virus est introduit au Tchad par le FLORINAT dont les leaders se font les défenseurs des musulmans et l’islam au Tchad. L’objectif de ces leaders vise le soutien de l’Arabie Saoudite qui est une grande nation défenseuse de l’islam et aussi le soutien de la Lybie et du Soudan adeptes de l’islam de la zone frontalière entre l’Afrique noire et arabo-musulmane. Ce virus qui a diminué sérieusement l’immunité de la politique nationale du Tchad en agrandissant d’avantage le fossé entre le nord et le sud. Le signe clinique de cette maladie prédatrice de l’unité nationale est la persécution de ceux qui dérogent des dogmes religieux de la religion considérée comme celle de l’Etat. En disant cela, on ne doit pas seulement faire référence à l’Islam, mais aussi à l’Église qui en Occident, a malmenée de façon outrancière les populations chrétiennes .Donc qu’on soit chrétien, musulman ou d’une autre religion, la prime reste toujours la même parce que le cœur de l’homme est partout le même. La solution thérapeutique de cette maladie était et est la Laïcité. Seulement, l’islam ne se sent pas concerner par la laïcité, c’est ce qui fait que même si l’égalité des citoyens est affirmée dans toutes les Constitutions, dans les États à majorité musulmane, à part quelques exceptions, l’islam est la religion d’État, et la sharia est la source principale de la législation. Il faut forcement qu’on se rappelle que l’islam politique voulait et cherche toujours à imposer un mode de vie islamique à tous les citoyens, quelquefois par la violence. Il constitue donc une menace pour tous, et nous devons ensemble affronter cet amalgame politique et cela ne doit pas arriver au Tchad si nous voulons vraiment l’unité et la cohabitation dans ce pays. Les pays touchés par le SIDA politique sont loin du bout de tunnel pour sortir de crises liées à l’islam. On ne peut pas dire que le Tchad peut mieux gérer la crise liée à l’islam que le Liban, l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak… dont de gigantesques moyens ont été déployés par les Organisations internationales et les grandes puissances mais la solution attendue ne sera pas pour demain. Les chiites et les sunnites ne sont-ils pas des musulmans pour que la cohabitation puisse paraître aussi difficile? N’est-ce pas l’islam politique qui est la source de la xénophobie au sein d’un seul peuple appartenant à une même religion ?
Les difficultés dans les relations entre chrétiens et musulmans du Tchad viennent du fait que les musulmans ne distinguent pas religion et politique et surtout l’idée inculquée par le FROLINAT comme quoi les sudiste sont Chrétiens donc esclaves par conséquent ne doivent pas nous diriger. Nous pouvons espérer qu’avec la révolution tunisienne, le Tchad pourra emboîter le pas pour pouvoir éviter la solution à la soudanaise.
Aussi plus étrange que cela puisse paraître au Tchad que 700 fidèles du Cheikh Ahmet Ismael Bichara qui ont attaqué la localité de Kouno (300 km sud-est de N’Djamena) “brûlant 158 cases, quatre églises, un dispensaire.
La vraie thérapie de cette maladie vient d’être trouvée par la révolution tunisienne, je crois que c’est une occasion en Or pour faire tomber les mythes en Afrique. La dévotion est une force redouble au changement politique dans un continent et ça se passe toujours a partir d’un pays qui va servir de référence , le cas de la France 1789 et celle de Tunisie d’hier qui commence apporter des résultats salutaires en Égypte, en Algérie et en Yémen. Bref la dictature entretenue, le pouvoir à vie(modification de la constitution), le pouvoir de l’Etat entre les mains d’une famille ou d’un clan et amalgame politique ne sont que des œuvres humaines et si l’Homme n’est pas éternel aucune œuvre de l’Homme ne sera pas éternelle si elle n’est pas saine. Hosni Moubarak d’Egypte se proclame réélu à environ 80% de voix aujourd’hui, c’est presque le même pourcentage de voix qui de demandent son départ. Il ne faudrait pas que cela puisse être une surprise pour la RCA, la Lybie, le Cameroun, le Soudant et le Tchad.
Lucien Assalbaye




L’inévitable prochaine scission du Tchad

Le référendum d’autodétermination du sud Soudan suscite pleines de questions sur la prochaine scission du Tchad, je voudrais à cette occasion faire comprendre que dans tous les pays ou la laïcité de l’Etat n’existe que théoriquement en cédant la place à une influence religieuse, il faut le dire sans aucune complexité que ces pays finiront absolument soit par la séparation du pays, soit à la renonciation de la laïcité ou soit prendre de décisions politiques Républicaines à restaurer les principes de la laïcité pure.
Avant de revenir sur le cas particulier du Tchad il s’avère nécessaire de faire les points sur le pouvoir politique, le pouvoir religieux et de la laïcité.

Le pouvoir politique a pour mandat d’établir des règles de conduite auxquelles tous les citoyens d’un pays doivent obligatoirement se soumettre. Toute infraction à ces règles amène des conséquences pénales pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement. Il s’agit en fait d’un contrat social qui lie le gouvernement démocratiquement élu aux citoyens qui lui donnent le droit d’exercer sur eux ce type de pouvoir. Quant au pouvoir religieux, il diffère beaucoup du pouvoir politique en ce qu’il n’a pas le droit d’imposer ses règles et croyances au peuple. La religion est d’abord et avant tout une affaire de conviction personnelle.

En ce domaine, chacun a le droit d’établir ses propres règles de conduite. Depuis un ou deux siècles, la plupart des pays occidentaux ont complètement réorganisé leurs structures politiques et sociales. Aujourd’hui, nous comprenons l’importance de séparer les pouvoirs politique et religieux. Autrement dit, on ne permet plus à un gouvernement de gérer un État en mélangeant les lois civiles et religieuses dans un même ensemble organisationnel. Nous le savons, les problèmes que suscite ce type d’organisation sont à tous points de vue très chaotiques. L’exemple de pays musulmans tels que l’Afghanistan est fort éloquent. En Afrique, l’exemple de la Somalie et du Soudan doivent servir de leçon aux Etats comme le Tchad et la Mauritanie et leur permettre de prendre des dispositions responsables afin d’éviter aux situations de ces deux Etats frères. Le pouvoir politique et le pouvoir religieux sont deux mondes distincts, car la politique n’appartient pas à la religion ni la religion à la politique. Mais l’histoire de l’humanité nous montre que le principe n’a pas été suivi. Encore aujourd’hui, plusieurs pays sont dominés politiquement par des chefs religieux. Les conséquences sont toujours les mêmes : persécutions contre ceux qui dérogent des dogmes religieux et amoindrissement de la condition féminine. En disant cela, je ne fais pas seulement référence au monde musulman, mais aussi à l’Église qui, autrefois, a malmené de façon outrancière les populations chrétiennes. Qu’on soit chrétien, musulman ou d’une autre religion, le résultat est toujours pareil parce que le cœur de l’homme est partout le même

LAÏCITE

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, sous la 3e République, la laïcité est devenue une conception de l’organisation de la société visant à la neutralité réciproque des pouvoirs spirituels et religieux par rapport aux pouvoirs politiques, civils, administratifs. Le but était de lutter contre le cléricalisme, c’est-à-dire l’influence des clergés et des mouvements ou partis religieux sur les affaires publiques. La laïcité est aussi une éthique basée sur la liberté de conscience visant à l’épanouissement de l’homme en tant qu’individu et citoyen.

Concrètement, la laïcité est fondée sur le principe de séparation juridique des Eglises et de l’Etat (loi de 1905 en France), en particulier en matière d’enseignement.

Cette séparation a pour conséquence :

• la garantie apportée par l’Etat de la liberté de conscience et du droit d’exprimer ses convictions (droit de croire ou pas croire, de changer de religion, d’assister ou pas aux cérémonies religieuses).

• neutralité de l’État en matière religieuse. Aucune religion n’est privilégiée; il n’y a pas de hiérarchie entre les croyances ou entre croyance et non-croyance.

Je crois que qu’il faut mettre un accent particulier sur la question de Laïcité, car pour qu’une société soit authentiquement pluraliste, c’est-à-dire respectueuse de la liberté de conscience, il est nécessaire que l’État et ses institutions s’obligent à une totale neutralité à l’égard des croyances religieuses et de l’incroyance. Cette neutralité signifie que l’État reconnaît et respecte la liberté de tous les citoyens d’adopter et de propager leurs convictions dans la mesure où cet exercice s’accomplit à l’intérieur des limites des lois de l’État.

La laïcité permet de gérer le pluralisme social sans que la majorité, qui en fait aussi partie, ne renonce à ses choix légitimes et sans brimer la liberté de religion de quiconque. Loin d’être une négation du pluralisme, la laïcité en est l’essentielle condition. Elle est la seule voie d’un traitement égal et juste de toutes les convictions parce qu’elle n’en favorise ni n’en accommode aucune, pas plus l’athéisme que la foi religieuse. Le pluralisme ainsi entendu n’est ni celui des minorités, ni celui de la majorité. Elle est aussi une condition essentielle à l’égalité entre hommes et femmes.

Le signe religieux étant un langage non verbal qui exprime la foi, les croyances, l’appartenance religieuse et le code de valeurs de la personne qui le porte, il est normal que l’employé de l’État s’abstienne d’un tel discours puisque l’usager des services publics n’a pas à y être soumis lorsqu’il fréquente des institutions par définition neutres. Sans que le signe religieux ne remette en cause le professionnalisme de l’employé, l’affirmation de ses croyances s’avère incompatible avec la nature de sa fonction. Accepter ces signes risquerait par ailleurs de conduire à une surenchère d’expression de convictions qui n’est certes pas souhaitable dans la sphère publique. Et on ne peut faire abstraction du fait que certains des signes les plus ostentatoires représentent pour plusieurs un rejet de l’égalité des sexes qui est une valeur démocratique fondamentale.

AMALGAME POLITICO-RELIGIEUX

Au Tchad, l’amalgame politique qui entraine de prendre une ampleur inquiétante tire son origine depuis le régime de François Ngarta Tombalbaye. Le régime de Tombalbaye s’était farouchement heurté à la résistance du FLORINAT soutenu par la Lybie et Soudan, après plusieurs années de guerre sans succès, ce régime était obligé de changer de stratégie. Cette stratégie consistait à faire appel aux pays voisins qui soutiennent que le FLORINAT à trouver solution avec cette rébellion. Ces pays voisins qui sous l’égide de l’Arabie Saoudite avec un plan bien tracé ont conseillé Tombalbaye à faire adhérer leTchad en 1969 à l’Organisation de la Conférence Islamique(OCI). Se trouvant dans un état complètement naïf, ces deux pays avec le poids de l’OCI et particulièrement de L’Arabie Saoudite ont poussé le régime à rompre ses relations avec Israël tout en promettant à ce régime de trouver une solution définitive au problème du FLORINAT. Voilà les contextes dans lesquels, le Tchad est entré dans la zone de sable mouvant ou sa sortie dans cette zone ne sera pas chose facile mais pas impossible. Je cois que ce sont des erreurs politique qu’il faut éviter pour ne pas arriver à la situation du Soudan ou de la somalisation du Tchad. Certes la recherche de la paix peut conduire à des erreurs, d’ailleurs l’erreur est humaine donc elle est présente dans toutes les œuvres et sociétés humaines. Seulement il faut être courageux à reconnaitre ses erreurs avant de les corrigées. La laïcité au Tchad soufre d’une maladie chronique, car l’appartenance du Tchad en Etat laïque jugé normale par les milieux politique et intellectuels tchadiens. Alors il reste à savoir est ce qu’il est normal que le Tchad en tant qu’Etat et laïc peut adhérer dans une Organisation chrétienne ou Juive telle que le Conseil œcuménique des Églises ou le Congrès juif ? Si certains donnent une réponse affirmative, je crois que c’est sur une base des erreurs d’hier qu’on pourra justifier une telle affirmation. Il n’ya aucune justification pour dire qu’il est normal qu’un Etat laïc peut adhérer à une organisation à caractère religieux ou racial.

Je crois que si la situation du Tchad va le conduire à celle du Soudan, cela est dû à l’hypocrisie d’abord de la classe politique et aux dirigeants du Tchad. Je parle de l’hypocrisie car l’occasion offerte par la Conférence Nationale Souveraine (CNS), la question de la laïcité n’était pas inscrite à l’ordre du jour. C’est l’occasion qu’on devrait saisir pour débattre au même titre que les autres problèmes qui minent le pays et décider du retrait ou non du Tchad de toutes Organisations à caractère religieux et racial. Omettre ou négliger ce problème laisse à croire qu’il est normal que l’adhésion du Tchad en tant que Etat laïc à une organisation religieuse ou raciale est jugée logique. Pourtant l’origine des causes de tous les problèmes du Tchad tels que : la cohabitation, le conflit religieux et la xénophobie Nord-Sud sont d’origines politiques et non religieuse. En effet, on ne peut pas nier l’existence de l’amalgame politico-religieux qui risque de jouer à fond et pourra glisser certainement le pays vers la solution soudanaise. En 2010, les deux communautés religieuses (Chrétienne et Musulmanes) du Tchad ont organisé un dialogue interculturel sur la problématique de cohabitation dont le Président IDI lui-même a fait l’ouverture dudit dialogue. Il faut saluer l’initiative de ce dialogue, car souvent on rejette la responsabilité de certains conflits à ces deux communautés. Admettons que certains conflits proviennent de ces communautés religieuses. Alors il appartient à qui d’établir des règles de conduite auxquelles ces deux communautés vivant dans un même pays doivent obligatoirement se soumettre conformément aux principes de la laïcité. Et enfin qui doit rappeler l’autre à l’ordre si les règles de laïcité ne sont pas respectées ?

A QUI LA FAUTE SI LE TCHAD ARRIVE A LA SCISION ?

A cette question, sans risque de me tromper, je crois que la faute reviendra à tous ceux qui se rejettent la responsabilité c’est à dire les sudistes et les nordistes (Chrétiens et Musulmans) même si le degré de responsabilité n’est pas le même. Le Tchad a été et est dirigé par le Sud et le Nord et s’il y à une situation qui peut conduire le Tchad vers la scission, ce sont justement les différents régimes qui créent et entretiennent le germe de cette division.

LE REGIME SUDISTE (1960-1979)

De 1960-1979, deux régimes sudistes ce sont succédés. Le premier était celui de François Ngarta Tombalbaye, le pays vivra une période relativement calme sous ce régime, même ses dérives autoritaires qui ont finis par entraîner sa mort au cours d’un coup d’état militaire ne sont pas à négliger. C’est à ce régime que l’idée de l’exclusion est née, en toute sincérité cette affirmation n’est pas à nier surtout avec les jeunes Etats qui sont nés juste quelques années après l’indépendance. Les nordistes se sentaient complètement écarter de la gestion du pays et massacrés.

Les 5 voir même 10 ans après les indépendances le pays a connu une période de carences notoires d’abord en expérience dans le domaine de la gestion de l’Etat et surtout le manque des cadres intellectuels. Je me rappelle et me suis rendu compte de la carence des cadres à cette époque quant un des premiers cadres de cette période me racontait quand-il rentrait au Tchad après ses études en Frances. Selon son explication, il a décidé rentrer justement dans le souci de servir son pays mais pas penser à un poste ministériel, et sa grande surprise, le gouvernement discutait déjà du portefeuille ministériel qu’il peut le confier. Donc à une carence de telle envergure, les dérapages politiques et l’amalgame politique ne sont pas a écartées. Le non respect de la laïcité a vu le jour sous le régime Tombalbaye par sa politique de «YONDO» et en faisant adhérer le pays à une organisation islamique. Ce régime a oublié ou a ignoré que dans un Etat laïc il y’a la Communauté musulmane, la Communauté chrétienne et la Communauté des non-croyants et l’Etat doit être neutre entre ces trois communautés. Ce sont des erreurs politiques qui sont récupérées et exploitées aujourd’hui comme une base logique qu’il sera difficile de les corriger.

LE REGIME NORDISTE (1979 à 2011OU)

À l’intervalle de 30 ans du pouvoir au Nord, même les quelques usines de transformation de matières premières par leurs positions géographiques sont complètement mises en faillite. Sur 25 usines d’engrenage de la Cotontchad, il n’y a que 5 qui fonctionnent, la STT (Société Textile du Tchad) a fermé ses portes justes après le départ d’Hissein Habré. Il ne reste que la Sonasut (Société Nationale Sucrière du Tchad), la Brasserie du Logone, l’Huilerie et la Savonnerie qui vont bientôt fermer leurs portes avec l’aide du régime actuel. Ces usines ont heureusement la vie sauve par la mise en exploitation du gisement pétrolier du sud. Le marché de travail et d’emploi deviennent de plus en plus inaccessible aux sudistes surtout les postes importants. La nomination aux postes de responsabilité se fait sur un critère strictement régionaliste ou apparenté à la famille du Président.

L’exclusion, le massacre et tout ce qui ne contribue pas à la cohabitation et l’unité Nationale ne sont pas à nier dans les régimes sudistes et nordistes. Seulement, il n’est pas du tout admissible que la situation s’aggrave avec une puissance exponentielle. Car du moment où la situation arrive au niveau de la population civile par des attaques avec les armes à feux dont une partie de la population (seulement nordiste) en fait souvent l’usage de ces armes et à chaque fois que l’occasion se présente. Phénomène étrange même s’il existait avant, le conflit éleveurs et agriculteurs prouve bien que les sudistes ne sont pas chez eux. Et ces éleveurs font aussi usage des armes de guerre lors de conflits et souvent ils bénéficient de la faveur des autorités en tenues et administratives au cas où le problème doit être tranché par ces autorités. Ce phénomène crée un malaise chez les sudistes qui se sentent en situation de non-citoyens, bien qu’ils soient chez eux dans leurs villages bien avant les éleveurs. Je crois que c’est la plus dramatique, car la vie et la dignité du sud réside au niveau de l’agriculture même si une partie des sudistes font le travail de Laoukoura pour profiter de la manne pétrolière et assurer leurs suivies sans dignité, une grande partie de ces sudistes survivent sur la base de l’agriculture. Donc du haut sommet de l’Etat aux éleveurs et cultivateurs, il existe un clivage entretenu et qui a atteint son paroxysme. Ce qui est vraiment équerrant, un problème qui est né depuis les années 60 par manque des cadres intellectuels et aussi par manque d’expériences politiques, ce problème avec le nombre non négligeable des cades intellectuels et politiques capables de formuler une équation avec des paramètre sur des bases conjoncturelles de ce problème pour le résoudre.

C’est plutôt le contraire, ce problème prend une ampleur dramatique de telle sorte que si ce problème persiste le pays emboîtera certainement le pas de son voisin le Soudan. Car même l’union entre homme et femme dont le serment étant pour la vie, le divorce reste la seule solution si le couple ne se supporte pas et à combien plus forte raison les communautés ne peuvent pas se séparer. La politique de l’Autriche ne doit pas être au rendez vous, car en lisant certaines réactions on a l’impression que le sens de débat est loin d’être saisit car le langage déplacé de certains intervenant sur la question de la scission est à juste titre d’étouffer le débat et non parce qu’ils refusent la scission du Tchad. Je crois qu’il n’y a aucun intérêt d’envisager la division de ce pays entouré par certains pays en conquête de leadership dans la zone et en Afrique, pour mieux faire face à cette conquête, le Tchad doit être un pays uni et non divisé. Mais seulement, on ne s‘aime pas et c’est comme ça qu’on nous avons été façonnés par nos dirigeants. Alors éviter la scission se veut qu’il faut d’abord reconnaître ce problème et trouver un cadre sur des bases d’un débat des adultes et de ceux qui sont soucieux de l’unité du Tchad afin de forcer les mains des politiciens et surtout les dirigeants du Tchad de mettre l’accent sur ces virus de division, dans le cas contraire, la séparation ne va pas et ne sera pas évitée et c’est pour la paix de nos âmes et non un défaut en soi.

LE SIDA POLITIQUE

Le sida politique est une maladie d’un Etat qui utilise la religion comme cheval de batail politique, c’est un Etat qui n’a pas l’immunité politique. Le virus est introduit au Tchad par le FLORINAT dont les leaders se font les défenseurs des musulmans et l’islam au Tchad. L’objectif de ces leaders vise le soutien de l’Arabie Saoudite qui est une grande nation défenseuse de l’islam et aussi le soutien de la Lybie et du Soudan adeptes de l’islam de la zone frontalière entre l’Afrique noire et arabo-musulmane. Ce virus qui a diminué sérieusement l’immunité de la politique nationale du Tchad en agrandissant d’avantage le fossé entre le nord et le sud. Le signe clinique de cette maladie prédatrice de l’unité nationale est la persécution de ceux qui dérogent des dogmes religieux de la religion considérée comme celle de l’Etat. En disant cela, on ne doit pas seulement faire référence à l’Islam, mais aussi à l’Église qui en Occident, a malmenée de façon outrancière les populations chrétiennes .Donc qu’on soit chrétien, musulman ou d’une autre religion, la prime reste toujours la même parce que le cœur de l’homme est partout le même. La solution thérapeutique de cette maladie était et est la Laïcité. Seulement, l’islam ne se sent pas concerner par la laïcité, c’est ce qui fait que même si l’égalité des citoyens est affirmée dans toutes les Constitutions, dans les États à majorité musulmane, à part quelques exceptions, l’islam est la religion d’État, et la sharia est la source principale de la législation. Il faut forcement qu’on se rappelle que l’islam politique voulait et cherche toujours à imposer un mode de vie islamique à tous les citoyens, quelquefois par la violence. Il constitue donc une menace pour tous, et nous devons ensemble affronter cet amalgame politique et cela ne doit pas arriver au Tchad si nous voulons vraiment l’unité et la cohabitation dans ce pays. Les pays touchés par le SIDA politique sont loin du bout de tunnel pour sortir de crises liées à l’islam. On ne peut pas dire que le Tchad peut mieux gérer la crise liée à l’islam que le Liban, l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak… dont de gigantesques moyens ont été déployés par les Organisations internationales et les grandes puissances mais la solution attendue ne sera pas pour demain. Les chiites et les sunnites ne sont-ils pas des musulmans pour que la cohabitation puisse paraître aussi difficile? N’est-ce pas l’islam politique qui est la source de la xénophobie au sein d’un seul peuple appartenant à une même religion ?

Les difficultés dans les relations entre chrétiens et musulmans du Tchad viennent du fait que les musulmans ne distinguent pas religion et politique et surtout l’idée inculquée par le FROLINAT comme quoi les sudiste sont Chrétiens donc esclaves par conséquent ne doivent pas nous diriger. Nous pouvons espérer qu’avec la révolution tunisienne, le Tchad pourra emboîter le pas pour pouvoir éviter la solution à la soudanaise.
Aussi plus étrange que cela puisse paraître au Tchad que 700 fidèles du Cheikh Ahmet Ismael Bichara qui ont attaqué la localité de Kouno (300 km sud-est de N’Djamena) “brûlant 158 cases, quatre églises, un dispensaire.

La vraie thérapie de cette maladie vient d’être trouvée par la révolution tunisienne, je crois que c’est une occasion en Or pour faire tomber les mythes en Afrique. La dévotion est une force redouble au changement politique dans un continent et ça se passe toujours a partir d’un pays qui va servir de référence , le cas de la France 1789 et celle de Tunisie d’hier qui commence apporter des résultats salutaires en Égypte, en Algérie et en Yémen. Bref la dictature entretenue, le pouvoir à vie(modification de la constitution), le pouvoir de l’Etat entre les mains d’une famille ou d’un clan et amalgame politique ne sont que des œuvres humaines et si l’Homme n’est pas éternel aucune œuvre de l’Homme ne sera pas éternelle si elle n’est pas saine. Hosni Moubarak d’Egypte se proclame réélu à environ 80% de voix aujourd’hui, c’est presque le même pourcentage de voix qui de demandent son départ. Il ne faudrait pas que cela puisse être une surprise pour la RCA, la Lybie, le Cameroun, le Soudant et le Tchad.

Lucien Assalbaye




L'islamisation du Tchad

Analyse sur la situation socio-politique du Tchad

De la pénetration de l’islam à celle de la colonisation, le Tchad, l’un des pays entièrement enclavés de l’Afrique, se situe parmis les pays les pauvres du monde. L’histoire politique et institutionnelle marquée par l’héritage d’un système d’organisation administrative essentiellement basé sur le modèle français. Le pays vit depuis son indépendance une situation socio-politique chaotique due à la confiscation du pouvoir et la mauvaise foi politique de ses dirigeants.
Ces problèmes qui pourraient aussi tirer leurs origines dans les différentes structures sociales tchadiennes sont principalement dûs à la géographie du Tchad et aux natures des régimes qui se sont succédés au pouvoir depuis l’accesion du pays à l’indépendance, mais surtout à La pénetration de l’islam, l’héritage du passé de l’islam et à la conquête colonial.
Mis à part le régime du premier Président Francois Tombalbaye, tous les autres régimes qui se succédent sont arrivés au pouvoir par la voie des armes, et souvent avec l’appui logistique et materiel de certains des pays voisins et d’autres puissances extérieures. Même s’il est difficile de connaître les causes de l’implication de ces pays voisins dans les différentes crises au Tchad, il y a lieu de s’interroger pourquoi l’aide de ces voisins ne s’adressent seulement qu’à des rébellions issues du nord du pays ? Qu’il s’agisse de soutiens sélectifs cachant des visées expansionistes de certains pays et des pays voisins ou d’un conflit stratégique autour des richesses naturelles du Tchad, la question de la crise actuelle interpelle directement les tchadiens sur leur volonté de vivre en tant que nation dans toute ses diversités culturelles et leur mode de direction du pouvoir.

A. La pénetration de l’islam et de la colonisation

1. La pénetration de l’islam

A l’instar des autres pays africains au sud du sahara, le premier contact du Tchad avec l’islam a eu lieu vers le sixième siècle. Cependant la pratique de la réligion musulmane en tant que telle n’interviendra que vers le Xeme avec l’islamisation du royaume du Kanem. Cette islamisation sera suivi par la traite des esclaves, remettant ainsi en cause la cordiale cohabitation qui existait entre les royaumes. C’est ainsi que des razzias furent fréquemment organisés dans le royaume Mbang Gaourang au sud du pays hostile à l’islamisation.
En ce début de la pénetration de l’islam, on pourrait qualifier le Tchad comme le lieu d’un rapport de forces entre la poussée de l’islam et les résistances de l’Afrique équatoriale où certains pays musulmans contesteront la constitution laïque et où les pouvoirs musulmans en place en profiterons pour massacrer de nombreux civils chrétiens comme il en est le cas dans les régions sud du Tchad et du Soudan.
L’islam sera donc le fallacieux prétexte sous lequel les prédicateurs de la parole sainte de l’Islam venus du Moyen-Orient armeront et financeront les différents royaumes du nord du Tchad, leur donnant ainsi les moyens d’exprimer leur superiorité sur les populations du Sud, hostiles à la conversion. C’est cette pratique qui continuera de nos jours où toutes les oppositions militaires tchadiennes d’origines nordiste trouveront facilement les soutiens finanaciers et mareriels auprès des pays adeptes de l’islam, alors que les resortisants du Sud seront considérés comme des atheistes et appélés « kirdis ». Ce phénomène se poursuit de nos jours où le nord du Tchad considère le sud comme le berceau des esclaves, et les ressortissant du sud sont appelés «el-abid» en arabe tchadien qui veut dire les esclaves. Il en resulte que certains nordistes n’acceptent pas de partager le repas dans une même assiètte avec un sudiste ; car pour eux, l’esclave ne doit pas s’assoire à la même table avec son maître. Cette suprématie exprimée par nordiste sur le sudiste se refletera sur le plan politique, ce qui explique le refus du nordiste de se faire diriger par le sudiste.

L’exemple le plus illustratif est celui que nous soulignons. En effet, afin de croitre l’influence de l’islam au Tchad, l’Arabie Saoudite décide en 2005 de multiplier les mosquées au Sud en financant leurs construction. Interrogé sur cette poussée des mosqués dans la zone septemtrionale par la presse francaise, le Président Idriss Déby donnera une reponse affirmative qui n’a pas plu à l’Arabie Saoudite parceque étant trahison à l’islam. C’est ainsi que l’ex-Ambassadeur du Tchad en Arabie Saoudite, Mahamat Nouri obtient l’aide financière de l’Arabie Saoudite en vue de constituer une rebellion militaire au régime de Déby.
Le lecteur pourra cliqué sur les liens ci-dessous pour se rendre compte des rélités qui se cachent derrières ces mosqués, liens qui constituent en même temps les pièces à conviction sur la problèmatique de l’Islamisation au Tchad.
http://www.dailymotion.com/video/k2yop5qeoRJwvz14hhF
http://www.dailymotion.com/video/k3dHnC9AyPyGuj14hp1

2. La Conquête Coloniale

L’histoire de la conquête coloniale quant à elle ne commencera qu’à la fin du XIXe siècle, où des explorateurs tels Casimir Maistre, Vincent Monteil et Emile Gentil trouvèrent un pays affaibli, divisé en petits sultanats rivaux. Cependant, l’aventurier esclavagiste d’origine soudanaise, Rabah, entrava un moment la conquête coloniale française, avant de succomber en 1900 au cours de la bataille de Kousseri. De même, les deux empires du Kanem et du Ouaddaï ne se soumirent qu’après des combats acharnés.
L’État du Tchad dans ses frontières actuelles est une création du colonialisme européen. Ses frontières sont la résultante de négociations entre Français, Anglais et Allemands dans les années 1880. En 1915, l ‘ensemble du territoire tchadien était occupé en 1920 le Tchad reçut le statut de colonie française et en 1936 les frontières furent définitivement délimitées. C’est le début de la période coloniale durant laquelle les français privilégièront la mise en valeur du Sud, très fertile à la culture du coton. Cette mise en valeur est rapidement récupérée par le bloc Islamique du Moyen Orient et d’Afrique en manipulant les Nordistes que la culture du coton était une politique partisane qu’envisage la France contre le Nord à majorité musulmne.
En 1940, Félix Eboué, Gouverneur du Tchad, décide le ralliement du Tchad à la France libre; et c’est du Tchad que va partir le Général Leclerc et les soldats tchadiens pour libérer la France. Le pays deviendra indépendant le 11 août 1960.

B- De l’indépendance à nos jours

Après son indépendance, le pays vivra une periode relativement calme sous le régime du permier Président Francois Tombalbaye, même ses dérives autoritaires ont finis par entraîner sa mort au cours d’un coup d’etat militaire. C’est le début de la periode d’incertitude. Car, les auteurs du coup d’etat militaire du 15 avril 1975 qui a mis fin au régime de Tombalbaye, n’avaient sûrement pas mesurer la portée de situation politique à cette époque en adoptant une politique de large ouverture, et donneront ainsi l’occasion à l’opposition nordiste d’assouvir ses intentions d’arabisation et d’islamisation du pays. Ainsi, pendant la période de trouble qui s’étendra de 1975 à 1980, le premier ministre Hissène Habré reussira à introduire l’arabe comme langue nationale et deuxième langue officielle après le francais. Malloum quittera le pouvoir suite aux accords de paix de Kanon 2 et Goukouni Wedeye, président du Frolinat deviendra le Président de la République. Mais Goukouni ne restera que deux ans au pouvoir.
Hissène Habré un des cerveaux du FROLINAT (Front de Libération National du Tchad, plus rusé que les autres a pris le pouvoir le 7 Juin 1982. Ses huit années de règne furent la periode la plus sombre de l’histoire du Tchad. Il aura le seul mérité d’avoir réalisé le plan le plus maccabre du Frolinat en massacrant plus de quarante mille tchadaiens. Il faut noter que c’est sous son règne que l’actuel Président Idriss Déby alors Chef d’etat major de l’armée elliminera des centaines des cadres sudistes au cours d’une opération nommée « septembre noir » tout en brullant villages et églises dans le sud du Tchad . Profitant d’une part des divergences entre son parrain Habré et les régimes islamiques de la libye et du Soudan, d’autre part du désaveu francais du régime Habré, Deby a pu obtenir les soutiens francais et soudano-libyens pour entre en rébellion au Soudan en avril 1989 avant de recconquerir le pouvoir en décembre 1990.

C- De Hissène Habré à Idriss Déby Itno: deux methodes visant un même plan de conservation du pouvoir.

Arrivés tous les deux au pouvoir par les armes, les régimes de Habré et Déby qui avaient pour seul objectif , la prise du pouvoir et sa conservation au nord aux fins de permettre l’arabisation et l’islamisation du pays conformément au plan du FROLINAT et ses parains des pays islamiques. Mais tous deux n’ont pas fait usage d’une même methode.

1. Sur le plan de conservation du pouvoir

Il n’est pas surprenant que le Tchad, situé à l’intersection des civilisations arabo-musulmane et judéo-chrétienne, deux cultures diamètralement opposées, puisse souffrir de ce conflit de civilisations. Mais le fait le plus curieux dans le cas du drame tchadien est le manque total d’un principe de séparation du pouvoir. Tant et si bien que tous les régimes qui se sont succédés depuis la crise se sont toujours servis de la réligion, musulman surtout, comme arme de la conquête du pouvour. Cela nous ramène à la question du soutien apportés par les pays voisins en son temps au Frolinat et récemment au MPS. Si les objectifs réligeux n’étaient pas les causes de ces soutiens, aucune autre justification n’est à trouver. La preuve en est que ces pays sources principales des rébellions au Tchad arment et hebergent plus d’une dizaine de mouvements armés tchadiens dont aucun mouvement d’opposition issu du sud du Tchad. Le constat est très clair. Le soutien des pays islamistes voisins Tchad n’a qu’un seul objectif: créer une certaine solidrité musulmane afin d’élargir à long terme la population islamique dans cette sous-région. C’est ce plan resté jusqu’ici secret que Déby, pour bénécier du soutien du monde occidental et de la communauté internationale, a lors de son discours du 5 Janvier 2008 trahit en accusant son homologue soudanais Omar el-Béchir de vouloir « instaurer au Tchad et dans toute la sous-région une doctrine basée sur le terrorisme et l’islam militant », tout en assurant que « le plan de déstabilisation du Tchad » ne réussira pas ». Il n’ y a pas de doute possible, c’est une nouvelle bombe regionale qui en gestation, et seul le sud du Tchad jusqu’à présent bouclier contre l’avancé de l’islam risque d’en pâtir.

2. Methodes et strategies de conservation du pouvoir

De la dictature habreiste 1982-1990 à la pseudo-démocratie avec le MPS
Si l’unicité du plan des différents pouvoirs nordistes ne fait pas de doute, les methodes politiques restent quant à elles différentes selon qu’il s’agisse H. Habré ou I. Déby et les stratégies de conservation, bien très variantes ont pour seules convergences l’anéantissement ou l’extermination tant physique, politique, économique et intellectuelle d’une partie de la population tchadienne.
Tuer physiquement, économiquement, intellectuellement et politiquement le sud d’abord, et puis les régions qui y sont apprentée, telle a été la stratégie de de régimes depuis 1982.
Après s’être servi de l’islam comme cheval de baitaille, Hissène Habré a pu conquérir le pouvoir et se forgera une image de nationaliste en profitant du conflit qu’avait le pays avec la Libye sur la bande d’Aouzou tout en règnant d’une main de fer sur le Tchad. C’est ainsi que deux ans après sa prise du pouvoir, celui que l’on surnomme aujourd’hui le Pinochet d’Afrique, organisera en 1984 le massacre sans précèdent au Sud. Des cadres sudistes formés dans des hautes écoles et universités européennes sont enlévés et froidement tués. Cette periode massacres et turies qui ne sont pas loin de génocide, connu sous le nom de « Septembre Noir de 84 » est le plus gros chapitre des règne les plus sombres de l’histoire africaine. Elle est même la derive autoritaire du FROLINAT dont le seul leitmotiv sera de tuer massivement les cadres du Sud pour les faire disparaitre ou anéantir politiquement, intellectuellement et économiquement.

Pourquoi Idriss Déby doit partir ?

Grace au climat de terreur généralisée laissé par la dictature habréiste sur la population, profitant contexte politique africains des années 1989-1990 (discours du Président francais Mitterand de la Baule) et de l’aide du Soudan, Déby prendra quant à lui le pouvoir en adhérant aux principes du multipartisme, de la démocratie et de la liberté, tout en promettant à ses parrains de continuer l’oeuvre du FROLINAT.
Nonobstant les multiples dérapages (massacres des Hadjaraï en 1991 à Ndjaména et au centre, suivis de Gniguilim en 1993 et Abéché en 1994 à l’Est, de Khou et Goré en 1993, Moundou en 1997 au sud) observés dès l’accession au pouvoir d’Idriss Déby, les tchadiens ont consenti d’énormes sacrifices pour parvenir à contraindre le régime de Déby à organiser la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Ce grand mess qui a réuni les pouvoirs publics, les partis politiques, la société civile et les personnes ressources en présence des représentants des organisations internationales et pays amis du Tchad, a permis de définir un consensus politique national permettant de jeter les bases d’un véritable jeu démocratique.

Aussitôt après la clôture des assises de la CNS, le Président Déby opte pour la violation systématique de ses recommandations. Il recentre l’Armée Nationale Tchadienne (ANT) essentiellement sur son groupe ethnique et met en place les conditions de l’organisation des simulacres d’élections présidentielles et législatives. En faisant succéder alternativement dans tous les coins du pays, la répression, l’intimidation et la corruption, Déby parvient ainsi à réinstaurer la dictature au Tchad mais sous une époque dite de démocratie.
En ce qui concerne l’armée et la sécurité, le régime de Déby a transformé les forces publiques en milices privées. Malgré le soutien technique et financier des partenaires du Tchad dont du gouvernement français et de la Banque Mondiale, Déby a fait échouer par des manœuvres occultes le projet de réforme de l’armée et des forces de sécurité ainsi que sa composante dite démobilisation et réinsertion. Tant et si bien que l’on peut affirmer aujourd’hui que le Tchad n’a pas d’armée nationale basée sur la représentation démographyque nationale.
Pour ce qui est de la réconciliation nationale, les opposants rentrés au pays dans le cadre de ce processus, et suite à des accords de paix signés sous l’égide des partenaires extérieurs, ont été purement et simplement assassinés. Ce sont notamment, les cas d’Abbas Koty, Bichara Digui, Laoukein Bardé, Bisso Mamadou, Kété Moise, Kaffine Chadellah, Ngarboubou, entre autres.
Quant au plan administratif, l’administration tchadienne a été déstructurée dans un laboratoire nébuleux mis sur pied et placé sous l’autorité du secrétaire général du MPS chargé de l’administration, pour torpiller les études et les propositions faites par les techniciens concernant le dossier de la réforme de l’administration territoriale. Des découpages territoriaux fantaisistes sont opérés, favorisant la démultiplication des unités administratives. Les amis et proches du pouvoir, sans aucune compétence et étrangers au corps des agents de l’Etat, sont nommés à la tête des circonscriptions administratives et services déconcentrés. Leur mission consiste à se servir et prélever sur les ressources publiques au profit des dignitaires du régime.
Le régime de Déby a profité de la politique de privatisation, surtout conseillée et encouragée par les experts des institutions de Breeton Wood dans les années 1990. Il a cédé des entreprises publiques à ses proches, sans aucune contrepartie pour le trésor public.
Ce régime a réussi à gruger même la Banque mondiale au sujet du dossier pétrole tchadien. Malgré les protestations des ONG de Défense des Droits de l’Homme, de Protection Environnementale ainsi que de l’opposition politique, la Banque Mondiale a accepté de financer l’exploitation du projet pétrole. Le premier versement de bonus a servi à acheter les armes pour combattre les opposants du pays et de l’extérieur. Les ressources du pétrole ne servent plus à la réduction de la pauvreté comme elles étaient prévues dans les accords signés par l’institution financière et le gouvernement.
Cette vaste compagne de prédation et de détournement de ressources de l’Etat savamment orchestrée va ériger le Tchad au meilleur palmarès des Etats les plus corrompus de la planète, conformément au rapport annuel 2005 de l’organisation « International Transparency ». Le pays est plongé dans un état de misère et de désolation sans précédent. Son recul en matière de développement s’est gravement empiré. Seulement pour les années 2004 et 2005, les indicateurs du développement humain font passer le Tchad du 167ème rang au 173ème, selon les rapports de PNUD des deux dernières années.
Sur le plan international, Idriss Déby et son régime se sont attelés dès 1990 à rabaisser le Tchad à un niveau d’une insignifiance misérable. Un réseau nébuleux chargé d’activités criminelles, de trafic de drogue et de fausse monnaie placé sous la tutelle de la Présidence de la République a été créé. A la tête de ce réseau se trouve un conseiller spécial du chef de l’Etat. Les membres du réseau sont dotés de passeports diplomatiques pour l’accomplissement de cette salle besoigne. Ces pratiques qui humilient le Tchad aux yeux de la communauté internationale et déshonorent le peuple tchadien et l’Afrique toute entière.
Non satisfait de ses macabres exploits contre les populations et de ses attentats contre la démocratie au Tchad, le régime de Déby s’est permis de porter atteinte à l’intégrité territoriale des pays africains. Les régimes démocratiquement élus de Lissouba au Congo Brazzaville et de Patassé en République Centrafricaine ont été renversés par ses milices tribales. De plus, ce régime est le principal artisan de la crise du Darfour qui fait l’objet de la préoccupation majeure de la communauté internationale. Son implication a été établie par de nombreuses missions des Nations Unies et d’autres organisations internationales ou sous régionales.
La goûte d’eau qui a débordé le vase est notamment la modification de la constitution pour se baliser la voie pour une présidence à vie. Cette constitution qui est le fruit d’un consensus laborieux trouvé à la CNS, a été frauduleusement manipulée pour l’instauration définitive d’un pouvoir sans partage et d’une succession dynastique au Tchad.
Comme on peut aisément le constater, la liste des douleurs que le peuple tchadien endure pendant près d’un demi siècle est très longue. Tout est organisé pour maintenir le pays et ces populations dans une situation de non progrès et d’oppression.
Quelque soit les raisons que d’aucun évoquent pour faire croire à l’opinion national et international que Déby reste le seul maître de la crise du Tchad, il serait totalement erroné que la communauté internationale laisse un seul homme et son clan s’appropriés la destinée d’une nation tout en oeuvrant activement à destabiliser certains pays voisins. Car tout le monde le sait, Idriss Déby au même titre que El Bechir jouent un rôle destabilisateur dans la sous-région d’Afrique Central et constituent un réel danger pour la stabilité en Afrique. Mais aussi parceque en prénant le pouvoir en 1989, Déby a beneficié de l’aide du clan zakawa du soudan, ceux-ci demandent en récompense l’appui de Déby pour prendre le pouvoir au Soudan. D’où la réaction du Soudan d’heberger de son côté des rebelles hostilles à Déby.
La paix dans cette partie de l’Afrique passe incontournblement par le départ d’un des deux chefs d’Etats tchadien ou soudanais.
C’est cette nécessité que nombres d’activistes et opposants tchadiens s’accordent de croire, et oeuvrent activement pour rendre effectif le départ d’Idriss Déby du pouvoir en fin d’envisger un avenir pour Tchad.
Ce document d’analyse qui se veut d’essayer d’ellucider les faces cachés des pouvoirs nordistes qui ont dirigé le Tchad jusqu’à ce jour se place donc dans cette logique des personnes soucieux du retour de la paix au Tchad.
Lucien Assalbaye