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Ce que j'ai dit sur Arte, que vous n'avez pu entendre…

Vous avez été nombreux à m’écrire pour commenter mon intervention dans Thema, et je tiens à vous en remercier bien vivement.
Ce qui revient sous votre plume, c’est votre sentiment que mes propos semblaient parfois incomplets ou tronqués. Vos impressions sont pleinement fondées. L’enregistrement ayant été beaucoup plus long que le format de l’émission, plusieurs de mes interventions ont dû être supprimées. C’est le jeu, et je me plie à ses règles. Il est déjà extraordinaire, après tant d’années de traversée du désert, de rencontrer des journalistes qui me tendent ainsi la main.
Ce qu’il m’apparaît toutefois important de restituer, c’est le fait que mon champ d’analyse était beaucoup plus large que celui auquel vous avez pu avoir accès :
J’ai fait mention du remarquable travail d’étude qu’Élisabeth Badinter avait consigné dans « XY- l’identité masculine », qui mettait bien en évidence le caractère universel et intemporel de la misogynie. D’ailleurs, dans le reportage qu’Arte finira par diffuser, j’en suis convaincue, la réalisatrice a suivi les pas d’un jeune Okito, dont la maman s’appelle Nicole et dont la sœur Andréa est placée sous haute surveillance comme le sont les filles d’origine maghrébine. Les propos que tient ce jeune homme sont d’ailleurs en tous points semblables à ceux des autres jeunes du reportage.
J’ai cité le sort qui était réservé aux veuves indiennes au sein de leur société. Jusque très récemment, elles étaient poussées au suicide sur le bûcher de leur défunt époux. Aujourd’hui, nombre d’entre elles sont chassées de leur familles et errent dans les rues. Les plus jeunes n’ont souvent pas d’autre choix que de se prostituer pour pouvoir manger. C’est un sujet qui est rarement mentionné lorsque l’on évoque la puissance émergente que constitue l’Inde, que beaucoup regardent avec envie !
J’ai également évoqué le retour en force de l’obligation morale de virginité avant le mariage chez les jeunes aux États-Unis d’Amérique. Eh oui, et pourtant ce ne sont pas des musulmans…
J’ai évoqué la nécessité absolue que les féministes françaises réinvestissent le sujet. Je développerai ce point à l’occasion d’un autre billet.
Voilà quelques-uns des éléments que j’ai exposés lors de ce débat et que vous n’avez pas pu entendre. J’ai demandé à Arte s’il était possible de placer l’intégralité du débat sur le site Internet de la chaîne, afin que vous puissiez accéder à l’ensemble de mes propos. J’espère que cela pourra être fait.

Ceux qui m’accompagnent depuis le début et qui ne s’inscrivent pas dans une logique d’instrumentalisation du sujet de l’immigration-insertion-intégration ont déjà compris mon positionnement. Les quelques lignes qui suivent sont donc destinées à tous ceux qui nous rejoignent aujourd’hui :
Je suis née dans la culture française et n’ai commencé à découvrir la culture arabo-musulmane qu’à partir de l’âge de 10 ans, lorsque mes parents sont partis s’établir dans leur pays afin de vivre en accord avec leur propre culture. Mes parents ont en effet toujours été profondément honnêtes avec eux-mêmes et avec les autres. Très jeune, j’ai de mon côté compris que ma place n’était pas là-bas. Je m’y sentais étrangère. J’ai très vite nourri le projet de revenir vivre parmi les miens, les Français. Si je comprends ce que peuvent ressentir les étrangers sur le territoire français, je ne comprends pas, et n’admets pas non plus, que l’État ait pu accepter que les principes de la République, noyau de l’identité française, soient bafoués, allant jusqu’à faire perdre des territoires entiers à la France. Comme l’a très justement exprimé Daniel Leconte, producteur du reportage « la cité des mâles » pour Arte, « Il y avait des zones de non-droit où les policiers ne pénétraient pas, il y a maintenant des zones où l’information ne pénètre pas ».
Je n’établis pas de hiérarchie entre les cultures mais considère, comme je l’ai dit sur le plateau, que chaque peuple doit être respecté sur son territoire. La France a commis l’erreur de coloniser l’Algérie. Elle en a été expulsée. Aujourd’hui c’est le peuple français, et plus généralement les peuples européens, qui sont dépossédés de leur propre destin, par leur propre classe politique, leurs médias et leurs intellectuels. Si je me sens pleinement concernée par le combat de la réconciliation des Français avec eux-mêmes, leur histoire, leur culture, leurs fondamentaux, je ne me sens pas concernée par le combat pour faire évoluer la culture arabo-islamique. L’Histoire nous montre que les évolutions, si elles se produisent, sont très longues et surgissent toujours de l’intérieur.
Je considère par ailleurs que la société française a commis la lourde erreur de se laisser entraîner dans une histoire qui ne la concernait pas. C’est ce qui a permis à l’idéologie des accommodements dits « raisonnables » de planter ses crocs dans la nuque de notre société. Les citoyens français doivent se concentrer de nouveau sur l’obligation du respect inconditionnel, sur leur territoire, des principes et valeurs qui fondent leur identité, et qui font du peuple français un peuple un et indivisible.
Malika Sorel
vu sur http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2010/09/03/ce-que-vous-n-avez-pas-pu-entendre.html




Burqa : enfin ! La République doit être de nouveau chez elle partout !

Il en aura fallu des discussions, pour arriver à ce qu’un accord se dégage autour d’une interdiction générale de la burqa sur le territoire national. Comme toujours, des querelles de pouvoir se sont produites, et elles auraient pu emporter avec elles cet impératif de traduire, dans le monde réel, ce que signifient concrètement les principes républicains.
Pour justifier l’inaction et surtout l’impuissance du politique, nous aurons entendu tous les prétextes : elles ne sont pas si nombreuses que cela à porter la burqa ; il sera impossible de faire appliquer cette loi sur le terrain ; cette loi va stigmatiser ; la burqa, ce n’est finalement qu’un bout de tissu (je l’ai entendu de mes propres oreilles lors d’une réunion)… La France se trouve à un moment de son histoire où elle n’a nul besoin d’impuissants dans le monde politique. Loin d’être neutres, ces derniers sont bien au contraire hautement nuisibles, car ils jouent le rôle d’idiots utiles.
Pourquoi des élus, ou encore des responsables politiques, se permettent-ils de relayer dans les médias l’idée que l’interdiction de comportements contraires à notre socle de principes aboutirait à stigmatiser ? Pourquoi et dans quel but cachent-ils la vérité ? À savoir que ce sont bien ceux qui adoptent des comportements contraires aux normes collectives françaises qui se placent délibérément en marge de notre société, et qui œuvrent à leur propre stigmatisation. Concernant l’interdiction générale de la burqa, Malek Boutih est même allé jusqu’à parler de race. (1) Calmez-vous, Monsieur Boutih, vous semblez perdre un peu les pédales !

Le Premier ministre a dit que le gouvernement était prêt à prendre des risques juridiques. Oui, il le faut ; et il faut également faire évoluer des lois qui ont certes contribué à émanciper à une époque, mais qui enchaînent aujourd’hui, et jouent surtout le rôle d’un nœud coulant se resserrant chaque jour davantage autour du cou de notre société.
Abdelwahab Meddeb: « En plus, avec la burqa, nous sommes confrontés à une stratégie du grignotage. Au-delà des rares cas d’adhésion religieuse authentique, il ne faut jamais perdre de vue que des islamistes mais aussi de pieux salafistes appliquent les recommandations du Conseil européen de la fatwa. Dans cette instance, les militants sont exhortés à agir dans la légalité afin de gagner, en Europe, des parcelles de visibilité en faveur de la loi islamique. «  Je vous recommande vivement la lecture de l’intégralité de l’article de Monsieur Meddeb. (2)
Dans le discours qu’il a prononcé hier lors de son déplacement en Seine-Saint-Denis, le Président de la République a promis que la République ne reculerait pas. Comme je l’écris dans Le puzzle de l’intégration, ce n’est pas elle qui a fauté, mais l’État, qui lui a fait perdre des territoires entiers. Les citoyens attendent désormais du pouvoir politique que la République soit de nouveau chez elle partout sur le territoire français. Il y faudra du courage, de la persévérance, et une détermination de chaque instant.
Malika Sorel
(1) boutih-accuse-cope.php
(2) la-burqa-et-le-cercle-des-idiots_1285142_3232.html
http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive.html




Vers un régime autoritaire, face à l'impuissance des politiques devant la délinquance ?

Vers un régime autoritaire ?
J’ai assisté aux États généraux de la violence à l’école qui se sont tenus cette semaine. Il y a avait un décalage considérable entre la salle et la tribune. Malgré les interventions très éclairées de professeurs et chefs d’établissements, aucune réflexion n’a pu s’engager autour des sources de cette violence. Il n’a en effet été question que des mesures à prendre pour aider les enseignants à faire face à la violence. À mes yeux, ces états généraux sont une véritable imposture. Ils laissent en effet à penser que le sujet est traité, alors qu’il ne l’est pas.
La sécurité est le premier des besoins primaires. Lorsque le peuple finit par se forger la conviction que l’État n’est plus capable d’assurer la sécurité des individus, alors il est à craindre que le chaos ne survienne, suivi d’une période de sévère reprise en main qui finira par être attendue et espérée par le peuple lui-même. La France s’achemine-t-elle de nouveau vers un régime très autoritaire ? C’est une hypothèse qui ne peut plus être écartée.
Le Parisien : « Martin, un jeune cartographe de 24 ans, a été lynché sans raison, vendredi soir, place Grenette, en plein centre-ville de Grenoble, par un groupe d’une quinzaine de jeunes. Inconscient et saignant abondamment, il a été transporté au CHU de Grenoble où il se trouvait toujours dans un état critique dimanche. »
France24 : « Âgés d’une vingtaine d’années, les agresseurs, qui venaient d’être expulsés du tramway dans lequel la victime et ses amis avaient pris place, ont alors attaqué verbalement puis physiquement ces derniers, arrivés à leur destination et qui tentaient de les ignorer, a-t-on ajouté de même source. La quinzaine d’agresseurs, montés dans le tramway à une station située dans les quartiers sensibles de Grenoble, étaient toujours activement recherchés dimanche. »
Libération : « Comme à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), la semaine dernière, un groupe d’une vingtaine de jeunes armés de bâtons et de pierres ont bloqué le bus, fait descendre le chauffeur et les deux passagers, avant d’y mettre le feu. Puis, ils ont décampé avant l’arrivée de la police. La scène s’est déroulée mercredi soir, vers minuit, dans le quartier de la Grande-Borne, à Viry-Châtillon (Essonne). »
Libération : « Une école des Clayes-sous-Bois (Yvelines) a été en partie détruite par un incendie d’origine criminelle dans la nuit de vendredi à samedi, suscitant la colère des parents d’élèves et la condamnation du ministre de l’Éducation Luc Chatel pour “cet acte inqualifiable”. […] La déléguée des parents d’élèves s’est dite “sonnée, choquée et en colère par cet acte inadmissible”. “Comment peut-on s’en prendre à une école comme celle-ci où le projet pédagogique était important ? C’est incompréhensible”, a-t-elle déclaré à l’AFP. Plus loin Dalila Bragier, la maman de la petite Inès porte une caisse de livres. Elle réagit : “C’est l’état de choc. Depuis un an on signale des incendies dans le quartier. On était attaché à cette école”. Le maire des Clayes-sous-Bois, Véronique Coté-Millard, a exprimé sa vive émotion : “On reste sans voix. L’an dernier un incendie avait détruit un bâtiment qui devait servir de centre de loisirs. S’attaquer à une école, c’est inqualifiable. Tout le monde est en émoi ici. Lundi, nous allons accueillir les parents et les élèves. Une cellule psychologique sera mise en place. Il nous faut accompagner les familles. Les 194 élèves de l’école doivent être répartis dès lundi dans les autres établissements de la commune…” »


S’il fallait une mesure pour commencer, ce serait de couper les subventions à toutes les associations qui ont largement participé à nourrir haine et ressentiment envers la France et les Français, et qui continuent d’ailleurs à le faire. Bien sûr, il faudrait alors bien en expliquer les raisons, afin qu’il n’y ait pas d’incompréhension. Nous le voyons, il est dramatique de les avoir ainsi laissés scinder le corps social entre « victimes » et « bourreaux ». Je l’ai déjà écrit : « Notre société récolte à présent la haine que cette approche a instillée dans le cœur des populations issues de l’immigration ». J’avais également évoqué la stupéfaction et l’incompréhension de Thione Niang, Américain d’origine sénégalaise et Président des affaires internationales des jeunes démocrates américains, devant la haine envers la France que des jeunes de l’immigration avait exprimée devant lui lorsqu’il était allé à leur rencontre.
http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive.html
Il ne sert jamais à rien de nier la réalité des problèmes. Il faut, bien au contraire, les traiter dès leur apparition, surtout lorsqu’ils touchent à la cohésion nationale. Est-il encore temps d’éviter le pire ? Je n’en sais rien, car n’importe quel évènement peut désormais tout faire basculer et aboutir à ce que la situation échappe au contrôle des pouvoirs publics.
Chaque jour me renforce dans ma conviction que ce sont bien toutes les propositions politiques du Puzzle de l’intégration qui doivent être mises en œuvre et ce, de manière urgente. Il faut tourner le dos à l’imbécillité des plans banlieues et autres politiques d’intégration qui se succèdent depuis déjà longtemps, sans fournir les résultats que les Français sont en droit d’attendre au vu des budgets engagés. (Imbécile : « qui est peu capable de raisonner, de comprendre et d’agir judicieusement »)
J’ai écrit tout un ouvrage pour vous permettre d’approcher la complexité du problème de l’immigration-insertion-intégration. Les jeunes de l’immigration et leurs parents sont, comme le peuple français, victimes de l’aveuglement de nos élites. Mais, bien entendu, le statut de victime n’excuse rien à mes yeux. J’ai récemment participé à un débat. L’accueil de la salle a été des plus chaleureux. Parmi ceux qui sont venus discuter avec moi à la fin, et surtout me faire part de leur complète adhésion, des personnes d’origine maghrébine et africaine. Toutes ressentent la gravité de la situation à laquelle l’absence de bons sens a conduit notre société.
En ce qui me concerne, je continuerai d’écrire et de dialoguer pour faire en sorte que ce sujet soit traité dans sa globalité, tout en veillant à ce que la France ne soit jamais brutalisée. Pour cela, il ne faut pas hésiter à recourir à de vraies sanctions contre ceux qui sèment la terreur et le chaos, mus par leur haine de la France et leur inaptitude à respecter les normes collectives de la société française. Une sanction est réputée efficace lorsqu’elle dissuade de passer à l’acte. Dans le cas contraire, elle ne l’est pas. Nous pouvons donc en déduire que celles qui sont actuellement appliquées sont totalement inefficaces.
Malika Sorel
http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2010/04/10/moments-d-espoir.html




Combien l'État consacre-t-il à la politique d'immigration ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, il ne me semble pas que cette question pourtant cruciale, car elle concerne directement la capacité d’accueil, d’insertion et d’intégration de la France, ait jamais été abordée de manière totalement transparente. Pourtant, depuis trente ans, l’État français (qu’il soit incarné par la droite ou par la gauche) est accusé de ne rien faire, ou au mieux de ne pas faire suffisamment. Puisque l’État ne réagit pas aux attaques, son silence tend à accréditer cette thèse aux yeux des citoyens. Mais pour se permettre de porter une telle attaque, ses accusateurs disposent forcément de données chiffrées : il est maintenant nécessaire qu’ils les communiquent à l’opinion publique. Leur responsabilité est en effet pleinement engagée, car la haine que nous voyons se déployer contre notre société, et surtout contre ceux qui l’incarnent (policiers, gendarmes, pompiers, enseignants, médecins…), puise une partie de sa force dans ces accusations que propagent de nombreuses associations, des intellectuels, mais malheureusement aussi des femmes et des hommes politiques.
Des études ont déjà été menées sur cette question budgétaire, et les chiffres avancés par différents chercheurs convergent dans leurs ordres de grandeur. Quels sont-ils ?

Lorsque l’on calcule la différence entre les dépenses consenties par l’État et les recettes qu’il a récoltées au poste « immigrés et populations issues des dernières vagues d’immigration », on obtient un déficit d’environ 24 milliards d’euros par an. À ce chiffre qui constitue un perte nette, il convient d’ajouter 12 milliards d’euros par an pour la politique d’intégration, qui inclut entre autres l’éducation, le logement, la santé, la politique de la ville. Ce dernier montant constitue un investissement dont on espère qu’il produira des résultats en termes d’intégration. Au total, l’État débourse donc en moyenne 36 milliards d’euros par an pour sa politique d’immigration-insertion-intégration. D’aucuns diront que ce n’est rien ; je considère pour ma part que ce chiffre est vertigineux !
Je suis convaincue que l’État, quelle que soit sa couleur politique, gagnerait grandement à rendre publique la réalité de l’ampleur de sa mobilisation sur cette question. Cela contribuerait à dissiper un certain nombre de malentendus, et aiderait à la construction du fameux socle de reconnaissance que j’ai souvent évoqué, et qui marque la nette différence entre les descendants de l’immigration intra-européenne et ceux de l’immigration extra-européenne. Dire la vérité diluerait grandement le poison de la haine que les accusateurs de l’État ont injectée dans le cœur des populations issues de l’immigration maghrébine et africaine.
À ceux qui souhaitent connaître le détail des chiffres, je recommande la lecture de l’ouvrage L’immigration, ça coûte ou ça rapporte ? de l’expert international Jean-Paul Gourévitch, aux éditions Larousse. Quant à ceux qui contesteraient la réalité de ces chiffres, c’est simple, qu’ils fournissent les leurs ! Avec bien entendu, comme le font les chercheurs dignes de confiance, leur ventilation par poste et leurs méthodes de calcul.
Malika Sorel
http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2010/03/31/l-immigration-ca-coute-ou-ca-rapporte.html




Peut-on sauver le peuple français du suicide s'il a décidé de se laisser mourir ?

Abandonner ceux qui s’abandonnent eux-mêmes ?

Le Figaro : « La justice confirme que l’accusation la plus lourde portée contre la tête de liste PS dans le Val-d’Oise par ses adversaires UMP est fausse. » Ce qui tendrait à valider les autres.
Au vu de la difficulté de figurer sur une liste, pour des gens qui n’ont ni casier, ni casserole et qui disposent d’un parcours éducatif exemplaire, je trouve désormais la course aux personnes d’origine étrangère hautement scandaleuse.
La segmentation politique bat son plein : mieux vaut donc à présent être estampillé « d’origine étrangère » avec casier et sans diplôme, qu’identifié comme Français sans casier judiciaire et avec diplômes. Je peux d’ailleurs vous dire que nombre de personnes issues de l’immigration ne sont pas considérées comme Françaises par le monde politique et par les médias, qui ne les considèrent que comme « minorités visibles ». Il y aurait, là aussi, matière à réfléchir sur ce que signifie concrètement être ouvert aux autres et les considérer comme des égaux. Ceux qui apparaissent de prime abord comme ouverts sont parfois très loin de l’être. La politique d’égalité des chances telle que nous la voyons se déployer depuis de nombreuses années cache souvent la pire des exclusions.
Dans les estampillés « d’origine française », j’inclus évidemment les personnes issues de l’immigration qui se sont parfaitement intégrées. D’ailleurs, le comportement des politiques et des médias à leur égard est assez éloquent : ces personnes ne les intéressent pas. Cela constitue, paradoxalement, la meilleure preuve qu’à leurs yeux, ces personnes sont devenues françaises. Une autre qualité également très prisée dans le monde politique est d’être passé par une association de lutte contre le racisme supposé des Français.
Certains parmi vous l’ont déjà évoqué : c’est bien la peur qui guide désormais de nombreux politiques. Ces derniers voient les populations d’origine étrangère comme étant capables de grande violence. Ils pensent donc qu’il leur faut absolument « l’Africain » ou « l’Arabe » qui saura entrer dans « leurs » quartiers et les calmer. Moralité, si les Français souhaitent que les politiques s’intéressent de nouveau aux Français, il faut que ces derniers soient craints ! Elle n’est pas belle, la régression démocratique ?
Dans tous les cas, le silence des Français, et le fait qu’ils avalent toutes les couleuvres, joue contre eux et contre la France, donc en définitive contre tout le monde : Français et non Français. Le peuple pense encore être souverain, quand il a déjà perdu une grande partie de sa souveraineté. De quel véritable choix disposent en effet les électeurs ? Quand ils votent, ils le font bien souvent par défaut, ou encore pour faire barrage à ceux qu’ils jugent pires que leurs concurrents. Peut-on raisonnablement appeler cela un choix ? Mais comme j’ai déjà eu l’occasion de le préciser, ce sont les citoyens qui sont artisans de leur malheur, puisqu’ils ne votent que pour les « vus à la télé », ou « vus dans les magazines people », ou « a ses entrées à Paris ».

« Abandonnez ceux qui s’abandonnent eux-mêmes » (Shakespeare). Peut-on sauver un peuple du suicide s’il a décidé de se laisser mourir ? C’est LA question qui se pose. Je n’ai pas la réponse. Il arrive que l’entreprise me paraisse hors de portée. Il y a en effet tellement de forces qui se conjuguent dans le même sens, opposé aux intérêts de la France et des Français. Dans ces conditions, seul le peuple détient les clés de son propre destin. Mais le peuple ne dit rien et continue de baisser la tête. Si Marc Bloch revenait, il décèlerait probablement de nouveau le goût amer de l’étrange défaite. L’histoire ne serait donc qu’un éternel recommencement ? Espérons que cette fois encore, la France en sorte vivante. C’est le véritable enjeu. Pour cette raison, notre devoir est de continuer à travailler au réveil des consciences, avant qu’il ne soit trop tard. Oui, éviter de se rendre complices d’un crime contre l’humanité : la disparition d’une civilisation.
Mon billet peut sembler pessimiste. Il ne l’est pas. Il est simplement réaliste. Seule la hauteur du défi peut faire que le peuple français sorte de sa léthargie et s’engage politiquement. Les Français ont souvent montré, et leur histoire le prouve, qu’ils savent être au rendez-vous des grandes causes. C’est donc l’Histoire qui nous dira s’ils ont considéré que leur vie méritait d’être érigée en grande cause.
Malika Sorel
http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2010/02/24/abandonner-ceux-s-abandonnet-eux-memes.html




Notre pays glisse vers la folie !

La semaine dernière, j’ai assisté à la remise du prix de l’intégration par le ministre de l’Identité nationale, Éric Besson. J’étais très émue en écoutant les lauréats parler de leur amour de la France. Leurs mots témoignaient du fait que l’intégration se joue bel et bien sur le registre affectif. Qui en doutait encore ? À cette soirée, je n’ai rien découvert que je ne sache déjà, mais rencontrer des personnes qui aiment la France et qui l’expriment, m’émeut à chaque fois.
Changement total de décor : hier, j’ai participé à une réunion où il était question de laïcité. J’y ai vu se déployer les arguments de la liberté au nom de laquelle il est interdit d’interdire. La burqa ? Les femmes ont le droit de la porter sur le sol de France, car notre société s’est fondée sur la liberté. Si nous venions à l’interdire, ce serait seulement parce qu’elle pose la question de la sécurité. Les femmes qui accompagnent voilées nos enfants aux sorties scolaires ? Eh bien, où est le problème ? Là aussi, c’est une question de respect de la liberté de chacun. J’ai fini par leur crier à la face que j’en avais plus qu’assez que l’on évoque la liberté pour tout et n’importe quoi, et qu’il faudrait un jour que les intellectuels et politiques expliquent si dans leur conception de la liberté, celle de la femme est incluse ou pas. Et puis, il faudra également qu’ils expliquent si la liberté peut être atteinte en l’absence d’égalité hommes-femmes. Je ne le crois pas pour ma part. Je suis de plus en plus choquée de voir à quel point des générations de personnes qui sont censées avoir appris à penser, ne pensent en réalité plus vraiment par elles-mêmes.
L’ancien Premier ministre belge a bien raison de dire qu’« il y a quelque chose de pourri en République française », mais certainement pas pour les raisons qu’il invoque ; et je ne vois vraiment pas que la Belgique soit actuellement en position de constituer un quelconque exemple. Il n’y est certainement pas étranger, lui qui a gouverné la Belgique pendant huit ans. La réserve siérait davantage à ses résultats !
Je souhaite à présent partager quelques articles avec vous :
1) Doit-on faire entrer la Turquie en Europe ?
« L’atteinte à l’honneur est encore parfois considérée, par certains juges, comme une circonstance atténuante. En janvier, un père qui avait tué sa fille a ainsi vu sa peine ramenée, en appel, à vingt ans de prison. L’État se montre souvent incapable de protéger les victimes : la jeune Medine, qui n’allait plus à l’école, avait alerté la police à trois reprises, signalant que son grand-père la battait. »
2) De quelle liberté les élites européennes parlent-elles ?
« Elles restent victimes de l’opprobre social […] Cette union lui a permis de se réconcilier avec ses parents, qui ne voulaient plus entendre parler d’elle. Rahmouna, elle, regrette de ne pas avoir pu revoir son frère aîné avant la mort de celui-ci. Il l’accusait d’avoir sali la réputation de la famille. Elle aurait tant voulu lui expliquer… »
Je rappellerai simplement que les flux migratoires ne déplacent pas que des hommes. Ils déplacent également avec eux leurs schémas de pensée et d’organisation sociale. Il suffirait aux gens des beaux quartiers d’aller vivre avec leurs familles dans ceux qui sont pudiquement qualifiés de « sensibles » pour le réaliser. Décrétons « grande cause nationale » la mixité sociale qui serait appliquée à tous les élus et journalistes (avec leurs enfants bien sûr). Je suis sûre qu’ils délaisseraient très vite leurs discours ineptes et qu’ils jetteraient à la poubelle leurs actions irresponsables qui aggravent, chaque jour davantage, la situation de la France.
3) De la solidarité à raison de l’ethnie ou de la race :
« “Trop de points communs existent entre les deux pays pour qu’on ne sente pas concernés. Ce sont des Noirs comme nous. Ils parlent français. Ils vivent dans l’un des pays les plus pauvres du monde. Ils sont obligés d’émigrer dans des conditions épouvantables pour fuir la misère”, m’explique un étudiant sénégalais. »
Dans cette même catégorie, nous retrouvons Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer : « Mon coeur est et restera en Guadeloupe […] Je n’ai envie de servir qu’une population, c’est la population guadeloupéenne. »
Imaginez un seul instant un « Blanc » justifier une aide ou son engagement par un « ce sont des Blancs comme nous ». Il est effrayant de constater que le racisme est devenu acceptable lorsqu’il porte une autre couleur que le blanc ! Le soutien de François Fillon à Marie-Luce Penchard est moralement inacceptable. Il montre à quel point ce sont les intérêts partisans qui dictent leur conduite aux hommes de pouvoir. Pourtant, François Fillon est un républicain. C’est dire à quel point la situation dans laquelle se trouve le peuple français est compliquée : tous les repères sont brouillés !
4) De l’usage de la « diversité » pour permettre aux Français de ne pas être contraints de manger de la viande bénie par un religieux :
Le maire de Roubaix : « Je présume qu’on peut obtenir à l’amiable un retour à la diversité.»
« Le maire de Roubaix estime enfin que la « discrimination » est d’autant plus insupportable que Quick est une « enseigne nationale », propriété de la Caisse des Dépôts et Consignations, le bras financier de l’État. »
Il y a un autre élément qu’il m’apparaît important de souligner : après que l’État a laissé se créer les conditions qui ont abouti à l’exclusion progressive des Français de souche des « quartiers », avec les conséquences que l’on sait sur l’insertion, il laisserait à présent les restaurants se « ghettoïser » ? Où est la cohérence de l’État, s’il laisse peu à peu disparaître les espaces partagés qui ont vocation à constituer des lieux d’apprentissage du bien-vivre ensemble de la société française, alors qu’il se permet par ailleurs d’imposer des quotas « SRU » au motif qu’il faudrait favoriser la mixité, disons, culturelle?
Imaginons à présent un instant que la dîme fasse son retour en France. Cela soulèverait immédiatement un tollé général ; alors, pourquoi le versement d’une taxe au culte islamique, au travers de la consommation de viande, serait-il accepté dans un pays où la laïcité est censée garantir la neutralité et où l’on ne doit pas imposer à autrui ses convictions religieuses ?
Autre élément : les Français accepteraient-ils l’idée que la viande qui leur est servie dans un restaurant soit préalablement bénie par un prêtre ? Je crois que notre pays glisse lentement mais sûrement vers la folie. Il est plus que temps de le ramener à la raison !
Pour mémoire, rappelons que la dîme a été abolie à la Révolution française. Si vous y réfléchissez bien, ce sont toutes les conquêtes de la Révolution française qui se retrouvent menacées, les unes après les autres.
5) Sur la violence à l’école
Sur Europe 1, Jean-François Copé a précisé que ce problème de la violence est « circonscrit dans les quartiers difficiles […] et que le vrai sujet de la violence, c’est une question à poser aussi aux parents ». J’ai déjà tout dit à ce propos dans Le puzzle de l’intégration. Les enseignants se trompent lourdement en pensant que ce n’est qu’une question de moyens. Ils seraient bien avisés d’accepter de regarder en face la réalité de ce problème, avant d’en arriver à le payer un jour eux-mêmes de leur vie. À titre de comparaison, lorsque j’étais au collège en Algérie, nous avions un seul surveillant pour environ 350 élèves. Il n’y a jamais eu de violence au sein du collège. C’est notre société qui fabrique la sauvagerie des enfants issus de l’immigration, une sauvagerie qui finira par l’anéantir si aucune prise de conscience politique n’intervient rapidement. Et ce n’est pas en installant des caméras de surveillance partout que le problème de la violence sera réglé. La Grande Bretagne est championne de la vidéosurveillance, cela n’y a eu aucune incidence sur le niveau de violence. Ceux qui prennent les décisions ne peuvent l’ignorer. Aujourd’hui, c’est le lobby de la vidéosurveillance qui doit se frotter les mains.
Pour voir à terme réglé le problème de la violence, il n’y a pas d’autre issue que de mettre en œuvre, et simultanément, l’ensemble des actions politiques que j’ai listées dans Le puzzle de l’intégration. Il va bien falloir que les Français comprennent, très rapidement, qu’ils doivent s’impliquer bien davantage dans la vie de leur Cité, s’ils ne souhaitent pas voir disparaître à tout jamais le bien-être auquel ils sont si attachés.
Rêvons à présent un peu :
Le Président de la République : Le peuple français est meurtri, le peuple français est épuisé, mais le peuple français est debout ! C’est aux Français et à eux seuls de définir un véritable projet national et ensuite de le conduire. Le rôle de la France est de les aider à reprendre le contrôle de leur destin…
Malika Sorel




Droit de vote des étrangers : irresponsable !

Les Français le constatent chaque jour, la France n’est plus une terre d’intégration. Elle n’est d’ailleurs même plus une terre d’insertion, puisque ses lois et ses règles de bien-vivre ensemble sont régulièrement contestées sur son propre territoire. Alors que la situation de notre pays est devenue plus que préoccupante, la seule idée que le PS, parti de gouvernement, trouve à proposer aux Français, c’est l’attribution du droit de vote aux étrangers !!!
Le droit de vote est attaché au statut de citoyen, c’est-à-dire d’architecte du projet politique collectif. Ce projet trouve ensuite sa traduction dans toutes les règles du bien-vivre ensemble qui seront déclinées au niveau local. Pour pérenniser notre modèle de société basé sur les valeurs que le peuple français s’est choisi, l’échelon local joue un rôle déterminant. Souvenons-nous de l’abolition, par Martine Aubry maire de Lille, de la mixité à la piscine durant certaines plages horaires… Nous savons tous, par ailleurs, ce qui est advenu du fonctionnement des écoles et de leurs cantines, qui sont gérées au niveau local. Le local s’est mis à enfreindre les lois de la République.

Extrait du Puzzle de l’intégration : « Il est totalement absurde de penser que donner le droit de vote aux étrangers les aidera à mieux s’insérer dans la société française. Les première, deuxième et troisième générations de l’immigration détiennent le droit de vote. Ce dernier a-t-il eu une influence positive perceptible sur leur insertion ou leur intégration ? Dans les conditions de flux migratoires actuels, dont la pression sera vraisemblablement amenée à s’accentuer vu les difficultés des pays du Sud à nourrir leurs peuples, ce droit de vote introduira une source potentielle d’instabilité au niveau local, et par ricochet au niveau national. Le vote de populations qui ne fonctionnent pas selon les mêmes fondamentaux, et qui de ce fait, ne défendent pas le même projet politique de société que la population du pays d’accueil, est un vote qui introduit des sources de conflits supplémentaires. Cela, d’autant plus que les problèmes identitaires les poussent à se regrouper dans les mêmes périmètres géographiques. La France réalise que l’insertion est des plus difficiles ; il serait irresponsable qu’elle se permette de se créer une nouvelle source de fragilisation. »
Je n’imagine pas un dirigeant de parti politique maghrébin, chinois ou africain suggérer l’idée que des étrangers puissent participer, par le vote, à dessiner leur projet politique collectif.
Jouer avec la France est toujours irresponsable ; mais dans la situation actuelle, et sur un sujet qui concerne notre cohésion nationale déjà fort mal en point, le comportement du PS est hautement condamnable !
Observons de nouveau à quel point le temps, l’esprit et l’énergie de notre classe politique sont accaparés par des questions qui touchent à l’immigration et à ses conséquences. Songez aux progrès que la France aurait pu accomplir si tout ce temps et cette énergie avaient été consacrés à des sujets tels que l’économie, la recherche, l’innovation…
Malika Sorel
vu sur http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2010/01/12/le-ps-a-trouve-la-solution.html




L'immigration actuelle, une réelle chance pour la France ?

Soutien total à la Conférence des Grandes Écoles

On l’aura bien compris, la tentative actuelle d’introduction du critère « boursier » pour l’accès aux grandes écoles vise en réalité les enfants de l’immigration. Le critère « boursier » n’est en effet qu’un subterfuge pour masquer le recours à l’ethnie ou la race. Souvenons-nous que la Commission Veil avait refusé d’inscrire la « diversité » dans le Préambule de la Constitution…
J’ai déjà eu l’occasion d’aborder la question des examens et des concours dans Le puzzle de l’intégration ainsi que sur ce blog. Je ne reviendrai donc pas ici sur les tenants et les aboutissants des passe-droits : la suspicion qui s’abat sur les bénéficiaires de mesures dérogatoires ; l’indispensable légitimité qui aide à la construction d’un sentiment de confiance en soi ; les ressentiments que peuvent éprouver ceux qui ont été écartés, bien que disposant d’un meilleur niveau, au profit d’une personne moins douée ; l’illégalité de la discrimination positive ; l’abandon des classes moyennes ; la rigueur nécessaire dans la formation des ingénieurs appelés à construire des avions, des trains…
Le système des grandes écoles est l’un des rares pans de notre système éducatif qui fonctionne encore, et il faudrait que nos élites le torpillent aussi ? Je rappelle que les copies des concours sont anonymes. Pourquoi imposer un critère qui n’a strictement aucun rapport avec les savoirs ? Au lieu de vouloir abaisser les exigences, nous devons, bien au contraire, les maintenir et sensibiliser les étudiants au fait qu’ils doivent être encore plus investis dans leurs apprentissages que ne l’étaient leurs aînés, car pèse à présent fortement sur eux l’avenir de notre économie, donc de notre modèle social du fait de la mondialisation. Nous devons exiger le meilleur pour la France. Je suis sidérée par la mauvaise foi et l’inconséquence de ceux qui veulent absolument abonder dans le sens du nivellement par le bas de notre système éducatif. J’apporte mon total soutien à la Conférence des Grandes Écoles !

Notre pays n’a aucune chance de s’en sortir dans la mondialisation, s’il n’ancre pas notre société dans l’innovation. Avoir en permanence un train d’avance dans la conception des nouveaux produits devient vital pour la France et pour l’Europe. C’est la seule voie qui nous permettra de créer de nouveaux emplois ainsi que de la richesse. Pour cela, nous devons veiller à ce que la démocratisation de l’enseignement soit réelle, et non factice. Les grandes écoles ont pour mission de former des têtes aussi bien faites que possible, et non de pallier les déficiences de l’État qui aura été incapable d’aider les enfants des familles défavorisées quand il était encore temps, à savoir dans les premières années de leur cursus scolaire.
Bien sûr, nous ne pouvons le nier, il existe un différentiel énorme entre les élèves qui ont eu la chance de naître dans une famille où les parents sont conscients de leurs responsabilités et les assument, et ceux qui ont vu le jour dans une famille où les enfants sont livrés à eux-mêmes et doivent pousser, seuls, tels des champignons dans la forêt. Pour réduire ce différentiel, c’est très tôt que l’État doit intervenir pour pallier les négligences et déficiences des parents, et non à l’entrée dans l’enseignement supérieur.
Environ 190 000 jeunes sortent chaque année de notre système éducatif sans aucun diplôme, et l’urgence serait de faire entrer 30% de boursiers dans les grandes écoles ? C’est cela qui empêcherait le paquebot France de continuer de sombrer ?
Depuis des années, une grande partie de l’énergie de notre pays est accaparée par les questions qui tournent de près ou de loin autour de l’échec de l’intégration des dernières vagues d’immigration : école, emplois des jeunes, sécurité, aides sociales… Pas un jour ne passe sans que les médias n’évoquent ce sujet, directement ou indirectement. Combien de milliards ont-ils déjà été dépensés, et pour quels résultats ? Les Français ont le droit de savoir.
Comment faire accepter à l’opinion publique des flux migratoires au nom desquels une grande partie de notre classe politique s’évertue, depuis des années, à vouloir tirer la France vers le bas ? L’immigration, une réelle chance pour la France ?
Si les flux migratoires avaient entraîné notre classe politique à proposer, pour faciliter leur intégration, des solutions qui tirent la France vers le haut, la situation serait profondément différente, et dans le bon sens. Nos politiques seraient bien avisés de réfléchir avant d’émettre des propositions qui ne font que dégrader l’image de l’immigration extra-européenne ; car jamais les flux d’immigration intra-européens n’avaient conduit l’État à imposer à la France des mesures de régression dont chaque jour apporte son lot : aujourd’hui la volonté de faire disparaître l’excellence dans notre système éducatif, hier la dégradation des conditions de transmission des savoirs dans certains territoires de la République, l’abdication sur le respect des principes républicains… Jusqu’où iront-ils ?
Malika Sorel
http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2010/01/07/soutien-total-a-la-conference-des-grandes-ecoles.html




Préservons notre cohésion nationale !

Ce n’est pas tant le contenu de notre identité nationale qui préoccupe les Français ; ils savent en effet très bien ce qu’« être Français » signifie, et ce que « nation française » signifie. Ce qui les angoisse au plus haut point, c’est le devenir de cette identité quand leur socle de valeurs fondamentales se trouve de plus en plus contesté. Un peuple peut-il continuer d’exister si ses fondations sont démantelées ? L’identité nationale est un sujet majeur pour notre pays.
Puisque Goethe nous enseigne que tout ce qui est sage a déjà été pensé et que l’important est d’y penser à nouveau, faisons appel à Ernest Renan pour éclairer notre réflexion sur cette question qui concerne la nation française. Ernest Renan a identifié un certain nombre de conditions essentielles pour continuer d’exister en tant que nation : la fusion des populations ; le nécessaire oubli des pages sombres de l’histoire ; la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; le désir de vivre ensemble ; la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis ; le partage d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements ; le culte des ancêtres, de tous le plus légitime…
Quelle conduite avons-nous adoptée au long de ces trente dernières années, pour que chacune de ces conditions finisse par poser question ? Nous avons agi à l’exact inverse de ce qu’il convenait de faire pour préserver notre cohésion nationale. En prendre conscience nous permettra d’élaborer des politiques plus respectueuses de cette cohésion.

Au lieu de rassembler les citoyens autour d’un idéal commun qui puise sa source dans l’identité du peuple français, nous avons érigé le différentialisme au rang de politique publique et l’avons mis en œuvre en tous lieux, à commencer par l’école. Ainsi, l’école a cessé d’être un lieu privilégié d’intégration et d’adhésion au projet collectif. À un moment de notre histoire où il devenait indispensable de semer, au plus vite, les graines de l’unité en transmettant, à tous, les règles du bien-vivre ensemble de notre société, nous avons opté pour le culte de la différence. Or, les normes collectives ne sont que la traduction de la culture du peuple français. C’est pourquoi nous assistons désormais, impuissants, à un choc de normes.
Au lieu de veiller à l’indivisibilité du peuple français, nous avons glorifié l’avènement d’un peuple qui serait multiculturel, célébrant ainsi, sans même en mesurer les conséquences, l’avènement de plusieurs peuples sur un même territoire. Nous avons vu les « accommodements déraisonnables » gagner toujours plus de terrain, à l’école, dans l’entreprise, dans l’armée et dans tous les lieux qui avaient pourtant vocation à constituer des espaces de socialisation. Beaucoup, ignorant la réalité du bien-vivre ensemble de la société française, se sont alors présentés portant en bandoulière leurs propres revendications pour s’affranchir des règles (parfois tacites) de notre société. La satisfaction de ces demandes de contournement de nos règles entraînera leur prolifération jusqu’à ce que la cohabitation harmonieuse ne soit plus possible.
Au lieu de maintenir le cap de l’égalité républicaine et du respect du mérite (principes conquis dans la fureur de la révolution française), on a introduit, sans même en référer au peuple français, la prise en compte de l’ethnie et de la race pour accéder à des emplois et des formations.
C’est faire preuve d’une bien courte vue que d’instaurer un avantage concurrentiel à se rattacher psychologiquement et moralement à une communauté particulière, au moment même où il apparaît clairement que c’est justement ce réadossement à certains systèmes de valeurs que la communauté française ne reconnaît pas comme partie intégrante de son patrimoine culturel, qui empêche l’intégration et donc la fusion des populations. Si j’évoque la nécessité d’en référer aux Français, c’est parce que les difficultés rencontrées par l’État à défendre nos principes fondamentaux ont largement contribué à la crispation que nous observons actuellement. Nous avons là aussi, sans réfléchir aux conséquences, envoyé le signal que ces principes fondamentaux pouvaient être contournés, voire abandonnés. Comment s’étonner ensuite que la République soit sans cesse testée, et qu’il devienne ainsi de plus en plus difficile de se rassembler ?
S’il ne s’agit pas de nier l’existence de pages sombres de l’histoire, il est toutefois indispensable de comprendre qu’il nous faut nous concentrer sur l’avenir, si nous voulons construire un destin collectif. Or, qu’avons-nous laissé faire ? Nous avons laissé le passé se déverser tel un torrent de boue dans les espaces publics. Chaque page sombre a été instrumentalisée pour être érigée en mur de séparation. Ces manipulations de l’histoire n’avaient qu’un seul but : culpabiliser les Français, pour exiger ensuite la repentance de la France. Non seulement ces procès ont terriblement meurtri les français, qui se sont trouvés privés de droit de réponse, mais ils ont dans le même temps profondément marqué les enfants issus de l’immigration, dont un grand nombre sont désormais convaincus que la société française leur est hostile et les exclut. Cela a conduit une partie d’entre eux à refuser, de façon désormais ouvertement assumée, de s’intégrer au projet collectif.
Jean-François Copé a évoqué une « nation qui se fissure en silence ». La nation ne se fissure pas en silence. Elle se fissure à grand bruit, et ce bruit résonne déjà depuis de longues années. Alors, que faire pour permettre l’éclosion d’une conscience collective, prélude à l’émergence d’une volonté de destin partagé ? Que faire pour que la France redevienne la terre d’intégration qu’elle a cessé d’être ? Pour avoir une chance de réussir, nous devrons veiller en tout premier lieu à ce que le contrat moral et social qui lie les Français entre eux soit non seulement connu de tous, mais aussi respecté de tous. Il n’y a pas d’exemption possible. C’est la seule voie qui conduira à ce que les principes et valeurs de la société française – qui sont, faut-il le rappeler, des valeurs de tolérance et d’ouverture : Liberté-Égalité-Fraternité-Laïcité – soient peu à peu intériorisés par tous, et perçus par chacun comme l’héritage qu’on a reçu indivis, l’héritage que l’on transmet à sa propre descendance.
Il est d’autant plus important de rappeler cette obligation de respect des principes de notre société, que cela aidera de très nombreux enfants à se construire de façon à ne pas s’en exclure. Je pense notamment aux élèves qui, selon la sociologue Nicole Mosconi, rencontrent sur leur chemin des « conflits identificatoires » qui les amènent à échouer à l’école car « l’enfant qu’ils sont dans sa famille s’oppose à l’élève qu’ils doivent être à l’école ». Nous sommes ici bien loin d’un échec dont la responsabilité serait imputable à l’école ou à nos enseignants. C’est là que se trouve la clé de la difficulté d’intégration, et certainement pas dans la question économique ou sociale, qui n’est en vérité que la plus petite pièce du puzzle de l’intégration. Lionel Jospin a payé un lourd tribut à cette erreur d’appréciation. Avons-nous, depuis, tiré quelque enseignement de son échec ?
C’est dès l’école maternelle que nous devons venir en aide aux élèves qui rencontrent ces problèmes identificatoires, problèmes qui les conduisent à s’enfermer dans la spirale de l’échec puis de l’exclusion. Cela requiert une véritable intensification des moyens dans les premières classes (maternelle-CP-CE1), dont les effectifs doivent nécessairement être réduits. C’est dans ces classes que la plus grande attention doit être accordée à la transmission de la langue française et du référentiel culturel de notre société. Car c’est bien dans les premières classes que l’effet de levier est le plus important, et c’est donc là que les graines de l’ouverture à d’autres possibles doivent être semées afin d’en maximiser les chances de germination. Venir s’inquiéter du sort de ces élèves à leur entrée en 6ème dénote d’une grande ignorance de la réalité des difficultés auxquelles ils doivent faire face et des défis qu’ils sont, très jeunes, amenés à affronter. Au collège, c’est souvent trop tard. Leur personnalité, leur vision d’eux-mêmes, leur vision des autres sont en grande partie édifiées et parfois déjà figées.
Les évolutions apportées à partir de ce stade ne pourront être que dérisoires. La grande majorité ne sera en effet plus réceptive au pacte qui leur sera proposé. Ainsi, on comprendra aisément qu’il ne faut s’attendre à aucun miracle de la part du service civil, qui intervient à l’âge adulte. De même, la focalisation des moyens et de l’attention publique sur l’élite (classes préparatoires aux grandes écoles) est surréaliste. Si nous souhaitons vraiment apporter des solutions pérennes aux problèmes qui se posent à notre société, et qui menacent de faire volet en éclat notre cohésion nationale, c’est aux élèves les plus en difficulté que nous devons venir en aide. Gardons-nous donc des politiques élitistes qui ne sont en réalité que des miroirs aux alouettes.

L’examen de notre identité, qui est dans le même temps un examen de notre projet de société, est douloureux mais essentiel. Nous n’avons d’autre choix que de réussir à maintenir notre nation vivante en renouvelant notre volonté de vivre ensemble. Si nous avons la fortune d’avoir reçu la France en héritage, elle ne nous appartient pas ; elle appartient à nos enfants.
Je forme le vœu que ce débat sur notre identité soit sincère, et ne se révèle pas au contraire une simple mise en scène, prélude à exiger du peuple français qu’il prenne acte du fait que la France serait devenue plusieurs « Frances » ; que la France serait devenue porteuse de plusieurs socles de valeurs fondamentales qui concourraient à la définition du projet collectif. Si tel était le cas, il est fort à craindre que l’immense espoir suscité par ce débat, et dans lequel les Français se sont engagés avec grande passion, ne se transforme, tôt ou tard, en « raisins de la colère ». J’espère vivement que nos hommes et femmes politiques en ont pleine conscience.
Malika Sorel
Membre du Haut Conseil à l’Intégration et auteur du « Puzzle de l’intégration »
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