1

Bayrou, Blanquer, Ferrand : le nouvel aréopage d’Emmanuel Macron

On l’a vu, Emmanuel Macron a décidé de se laisser conseiller. On pourrait croire que c’est une bonne nouvelle. En une certaine manière oui, et je vais vous dire pourquoi. Parce qu’il n’y a pas de femmes… Sinon, on aurait eu la belle Schiappa, la diva de la sexualité impie ou la ministre de la Justice dont nous ne dirons rien, par courtoisie. Nous avons donc un aréopage de conseillers : je ne citerai que les trois plus notoires parce que je n’ai pas eu le temps de retenir le nom des trois autres.

Il y a François Bayrou, Jean Michel Blanquer et Michel Ferrand. Soit c’est d’une habileté diabolique soit c’est totalement crétin. Je penche pour la seconde formule. Désormais, au lieu d’assumer en sa seule personne la fausse raison prudentielle ou si vous préférez la rhétorique d’État, la froideur sans entrailles et l’arrogance inouïe, il a distribué toutes ces merveilleuses qualités en autant de personnalités. On se croirait dans une fable de la Fontaine. Nous avons donc la même chose – rhétorique vicelarde, insolence sans nom, absence d’empathie et de compréhension – mais distribuée sur trois têtes au lieu d’une seule.

En tête du peloton : l’invincible François Bayrou. On a raconté pendant l’émission C à dire que le président a reçu des messages lui disant qu’il était nul. On le lui avait déjà claironné en jaune fluo. Ce n’était donc pas très utile, ça ne fait que manifester l’immense courage de la classe politique. Mais nous ne plaindrons certainement pas E. Macron. On a les textos qu’on mérite. On s’est demandé au cours de cette émission à peu près du niveau de On n’est pas couché, qui avait pu envoyer ce type de message. Apparemment, ils sont plusieurs. On s’en moque un peu non ? Les ragots de la presse, c’est une forme de propagande qui fait pendant à leurs « décryptages » sur BFMTV, ou aux explications pseudo-pédagogiques de M6.  Néanmoins je penche pour François Bayrou. Oh, il n’est pas le pire mais il est sans nul doute le plus malin. Il ménage la chèvre, le chou, le chevrier et le piquet. Il a un peu vieilli, sa diction est toujours aussi embarrassée, il dit des choses qui plairaient à nos évêques, ça a l’air prudentiel. Ça n’en a que l’air. Il est là principalement pour donner un certain ton, celui de la compréhension, de la sagesse, de l’expérience. Il y réussirait presque. Presque !

J.M. Blanquer, « ce monstre froid », le monde enseignant sait parfaitement ce qu’il vaut, même Mme Polin, de SOS éducation, dont le courage n’a d’égal que la courtoisie et qui a espéré jusqu’au bout. Il a liquidé les CRDP, où l’on trouvait encore des manuels, des ouvrages didactiques, une bibliothèque riche et diversifiée pour mettre en place le mégapole éditorial Canopé, autrement dit la propagande didactique de l’État. Il a achevé le processus d’arabisation dans le primaire et laissé la Schiappa imposer toujours dans le primaire une initiation à la sexualité, précoce dangereuse et dégradante qui n’est pas de leur âge et qui relève de la responsabilité parentale.

Michel Ferrand est sans doute le pire. Il est le président de l’Assemblée générale, il suinte l’arrogance par tous les pores de la peau. C’est sans doute là qu’est la faute politique : on a remplacé une arrogance par une autre, et quelle autre. Car celle-ci n’est pas de la même farine comme dirait Rabelais. Il faut l’entendre parler des Gilets jaunes, avec le mépris d’un maître d’école qui attend la fin du chahut, et le moment où l’ordre sera enfin rétabli, pour recommencer.

On a remplacé un jeune homme narcissique et prétentieux par un homme politique maîtrisant la langue de bois, d’un incommensurable mépris pour le mouvement des Gilets jaunes, et bien décidé à montrer que l’État est le maître, rétablissant le débat certes mais sur fond de disqualification de ces événements et des hommes qui se sont mobilisés. La droite dure : le retour. Croit-il donc que les Français seront dupes ?
Croit-il que les Français ont oublié qu’il a dû quitter de hautes fonctions au début du quinquennat pour des affaires de corruption mal élucidées ? Cela aussi faut-il le lui rappeler ?
Voilà donc les nouveaux conseillers du lion : un vieil éléphant fatigué qui n’a jamais barri, pardon gouverné ; un opossum froid comme la banquise à la langue poncée, et un lion se dilatant déjà dans des poses de Président.

Marion Duvauchel
Professeur de lettres et de philosophie




Il faut lire et relire « Le radeau de Mahomet »

« Si un copte oublie qu’il est copte, tout un réseau d’habitudes, d’obligations, d’automatismes est là pour le lui rappeler. […] Naturellement, tout cela se passe imperceptiblement, et invisible pour le non-initié qui, peut-être, se scandalisera seulement de ce que les fellahs coptes en Haute-Égypte appellent quelquefois entre eux les musulmans khaïnin des « traîtres, par allusion à leur lointain abandon du christianisme. Mais si le passé reste tellement proche, si les gens vivent aujourd’hui en Égypte comme si nous vivions en France en constante référence avec les guerres de Religion du XVIe siècle, si, à entendre parler de jeunes coptes, on croirait que la conquête islamique a eu lieu hier, si les plaies n’ont jamais pu cicatriser, c’est que tout un système est là, bien rodé par les siècles, bien intégré aux rouages sociaux. Système qui vient rappeler au copte, selon les périodes historiques, la précarité ou tout simplement les limites de ses droits.

Même les violences antichrétiennes se déroulent depuis des siècles selon un rite dont l’immuabilité finit par atténuer l’odieux. En découvrant tel manuscrit arabe du XVIe siècle relatant une émeute antichrétienne à Qous, j’avais l’impression d’être sous Sadate. Le coptes étaient punis pour leur « insolence » et leurs « complots »  selon un discours islamique inchangé à travers les siècles, comme l’est cette résignation qui veut qu’à chaque excès (insulte, profanation, incendie, assassinat) la famille, la rue, le village ou la communauté copte entière encaissent le coup avec une léger frémissement, comme s’affole un instant puis se reforme et repart le troupeau d’antilopes dans lequel le lion vient de prélever une proie.
Un interlocuteur résumait d’une autre manière le secret de la durée copte : « Les têtes qui se baissent ne sont pas coupées ».

Ce passage est un extrait d’un ouvrage écrit en 1983 par Jean-Pierre Péroncel-Hugoz (lire en particulier le chapitre sur l’énigme copte), Le Radeau de Mahomet.

On y trouve des perles de sociologues d’une perspicacité qui a de quoi laisser rêveur. Ainsi, ce propos de Jean Duvignaud : « Rester soi-même, refuser le siècle aura sans doute été la grandeur de l’islam ». On y trouve des faits, des analyses et des propos d’une grande lucidité : « la réputation de tolérance de la doctrine islamique est, en matière religieuse, carrément infondée ». Et on y trouve aussi quelques illusions culturelles et myopies lentes et difficiles à corriger : « La civilisation arabo-islamique n’est plus aujourd’hui qu’une morte ».

La civilisation arabo-islamique n’a jamais existé. Ce qui a existé, c’est le pillage et la domination organisés tout au long d’une Histoire séculaire, pillage organisé qui a commencé par les 4 grandes régions du monde ancien, élargies ensuite à l’Inde, à l’Égypte, pour le malheur de l’une et de l’autre, et dont la bataille de Poitiers a marqué le coup d’arrêt. Puis les Turcs se sont convertis à l’islam, pour le malheur des pays des Balkans, pour le malheur de l’Arménie et des Arméniens, pour le malheur des enfants roumains qui devenaient des janissaires turcs et tuaient ensuite les leurs. L’Europe de l’Est, sous domination ottomane, a été le rempart de l’Europe de l’Ouest, ce que notre presse éclairée devrait rappeler quand elle se pique d’Histoire de la longue durée.

En 1983, voici ce que relatait l’auteur de ce livre à rééditer d’urgence avec une petite préface éclairante pour tous ceux, et ils sont nombreux, qui auraient encore quelques illusions sur la « grandeur de l’islam » : « Comme je persistais à traiter d’un thème que l’actualité d’alors (1979-1981) ne cessait d’alimenter tragiquement, mes relations se refroidirent avec plusieurs de mes amis musulmans, y compris certains qui se situaient politiquement « à gauche », tandis que dans la haute administration égyptienne, je ne comptais plus les postes qui me furent définitivement fermés, à l’Information, aux Affaires culturelles, à l’Économie et également à la Présidence ».

Si cela ne s’appelle pas de la persécution… Terme que, dans une note de bas de page, l’auteur, décidément bien indulgent, précise n’avoir jamais employé pour décrire le sort des chrétiens orientaux, terme qu’il jugeait « impropre », les choses étant plus « subtiles, plus sournoises ».
Eh bien, sur ce point au moins, les choses ont changé. Aujourd’hui, les choses ne sont plus ni subtiles, ni sournoises, on peut parler clairement de persécution. Et même, en Syrie, de génocide.
Que croyons-nous ? Que les territoires islamisés grâce à la lâcheté, à la sottise, à l’ignorance religieuse de nos dirigeants vont s’organiser gentiment en nouant d’aimables liens avec leur environnement culturel ? Comme le disait avec ironie un guide hongrois à un touriste allemand, épris de tolérance et pétri d’œcuménisme, à qui il faisait visiter je ne sais plus quel lieu touristique alors que j’apprenais la langue à Debrecen avec une bourse d’été : « Ils ne sont pas venus avec des bouquets de roses à la main pour échanger des baisers et des recettes de cuisine ».

Nos associations en sont là : et de tricoter avec des Maghrébines voilées expliquant comment rouler le couscous, dans le ravissement et la conviction que le vivre-ensemble, mot d’ordre de toutes les pastorales, aussi indigentes que pleines de l’optimisme nourri de chimères et d’ignorance en matière religieuse, culturelle et historique qui sert de viatique aux brave gens des diocèses, allait aplanir toutes les difficultés de communication. Que croit-on, qu’en répétant des slogans éculés sur la charité et la tolérance, la toute-puissance magico-religieuse du Verbe va opérer sur les esprits et les conduire à la danse des canards autour des mairies et des écoles ? On récite la prière de malédiction dans nos églises avec la bénédiction de notre clergé gauchiste éclairé.
On se moque de qui ?

Il ne s’agit pas de ne plus manger de couscous ni de cesser d’échanger des recettes de cornes de gazelle. Tricotons ensemble, il en restera bien quelque chose, ne serait-ce que du lien social, qui n’a pas l’importance que les sociologues lui accordent mais qui a ses vertus. Mais tricotons en toute connaissance de cause. Car il y va de l’avenir, tout simplement. Que voulons-nous pour nos enfants ? Le régime « sournois et subtil » que subissent les coptes depuis des millénaires ?
Oh si, ils sauront le mettre en place. Ils n’aspirent qu’à cela…

Il y a quelques années, j’ai enseigné au Qatar pendant trois ans. Ça éduque un peu sur la question du vivre-ensemble. Les Occidentaux y ont une place encore privilégiée (tant que nous n’aurons pas donné notre savoir-faire technique, ça tiendra). N’empêche. Quand je me rendais à la banque, que je prenais un ticket et que j’allais au guichet pour régler la question qui m’amenait là, il y avait toujours un Qatarien en costume d’époque pour me passer devant, sans ticket, sans même un regard. Mais moi, je ne suis pas copte, je n’ai pas douze siècles de dur apprentissage à courber la tête, je suis européenne, et une Française qui ne tremble pas. Alors je faisais un scandale. En français, parce que je suis plus efficace dans cette langue et qu’une femme hystérique ou qui fait semblant de l’être est plus crédible quand elle joue Shakespeare dans sa langue. Et là, on ouvrait pour moi un autre guichet. Parce que le Qatarien passe d’abord.

Et je veux pouvoir continuer à faire un drame quand on me passe devant avec l’arrogance musulmane que tout homme ayant les yeux ouverts ne peut que constater, en ayant quelque chance, non seulement de voir mes droits respectés, mais de ne pas finir en taule ou en garde à vue. Ou qu’on me demande subtilement et sournoisement de courber la tête devant l’infinie dignité des femmes en toge noire.

Pas vous ?

Marion Duvauchel – professeur de lettres et de philosophie




Les questions de race : ce que disaient nos experts en 1950

Nous sommes en effet très mal informés.  Le 20 juillet 1950 à Paris, l’UNESCO avait réuni un ensemble d’experts dont la collaboration fraternelle avait abouti à la rédaction d’un texte officiel au titre évocateur :  « Déclaration d’experts sur les questions de race ». On le trouve sur la toile.

Il s’agit d’un texte qui se présente sous la forme de quinze articles, quinze articles édifiants dont le premier stipule que « les savants s’accordent à reconnaître que l’humanité est une et que les hommes appartiennent à la même espèce ».

Très exactement ce que dit l’Eglise dans sa langue théologique lorsqu’elle postule l’unité du genre humain. En bons philosophes, les experts s’attachèrent alors d’abord à définir le mot. Une « race » (biologiquement parlant) peut donc se définir comme un groupe parmi ceux qui constituent l’Homo sapiens (souligné dans le texte original). L’article 7 admet que même si les races humaines sont classées différemment selon les anthropologues, ceux-ci s’accordent pour admettre trois grands groupes : mongoloïde, caucasoïde et négroïde.

En gros et à la louche, les blancs, les noirs et les jaunes. Ce sont nos grands savants eux-mêmes qui le disent. L’article 8 évoque la question de la sous-classification, pour ajouter que les experts ne sont pas d’accord et que rien n’est établi nettement. On peut donc déduire légitimement qu’il y a toujours trois grands « groupes ethniques » repérables, que la variable dominante semble la couleur, mais que pour des sous classifications, l’affaire est plus délicate.

Suit un certain nombre de considérations générales qui disent dans la langue pédante de nos savants jurisconsultes ce que nous savons tous, du moins lorsque les neurones sont correctement connectés, que ni le caractère ni la personnalité ne dépendent de la race.

Fort de toutes ces certitudes, l’article 13 affirme que rien n’interdit « l’hybridation ». C’est le mot utilisé. Aujourd’hui on dit plutôt « métissage », plus poli, plus élégant, moins désuet.

Or l’hybridation, selon nos grands savants, c’est « l’un des principaux mécanismes de la formation, de la fusion ou de l’extinction des races » mais ça n’entraîne pas de dégénérescence. Rien n’empêche donc d’imaginer que, à plus ou moins long terme, à force d’hybridation, il n’y aura plus que des blancs, ou des noirs, ou des chinois. Pardon, des mongoloïdes, des caucasoïdes ou des négroïdes.

Moi franchement, pourvu qu’on apprenne encore le violoncelle, qu’on prie Jésus Christ et qu’on chante l’Ave Maria de Gounod ou de Schubert, si l’une ou l’autre de ces couleurs disparaissait, je m’en remettrais sans dommages psychologiques lourds, même si je trouve qu’un monde café au lait perdrait en contraste. Nos savants préconisent par ailleurs de dire désormais : « groupes ethniques ». Je suis d’accord. J’avais moi-même proposé autrefois, « grands peuplements ». Mais personne ne m’a écoutée. J’avais 23 ans, et j’étais étudiante en anthropologie religieuse. Oui, cela existait. Mais on n’était pas très nombreux. Il y avait le fils du Premier ministre du Togo.

L’article 14 est admirable, il affirme que l’homme aurait un « instinct inné de coopération », une « tendance naturelle plus forte que la tendance égocentrique ». C’est très exactement ce que dit saint Augustin. Il y aurait même, et nos savant l’expriment clairement, « une éthique de la fraternité universelle et là, il faut citer in extenso : « c’est en ce sens que l’homme est le gardien de son frère ». C’est beau non ?

Le problème, comme le soulignent avec justesse nos grands savants, ce n’est pas le fait physique de la « race » ou plus exactement de la « variabilité qui se produit dans un groupe donné ». C’est l’interprétation qu’on en fait, le « mythe de la race ». Nous sommes d’accord.

Marion Duvauchel
Historienne des religions – professeur de lettres et de philosophie

Nota bene :
Signalons ce passage édifiant (article 15). « Il faut affirmer, et de manière la plus catégorique, que l’égalité en tant que principe moral ne repose nullement sur la thèse que tous les êtres humains sont également doués. Il est bien évident qu’au sein de tout groupes ethniques, les individus diffèrent considérablement par leurs aptitudes ». Il faudrait peut-être en informer d’urgence les membres de notre gouvernement ?
Oserais-je signaler que parmi les signataires, on trouve le nom de M. le professeur Claude Levi Strauss, auteur de Race et histoire et de Race et culture.
Deux ouvrages, que, question brûlante, il conviendrait peut-être désormais d’interdire, car ils posent un certain nombre de problèmes qui ne sont pas politiquement très corrects, comme par exemple la cohabitation de membres de groupes sociaux aux habitus incompatibles. M. Lévi Strauss souligne ailleurs qu’il lui serait difficile de vivre dans une société privilégiant le bruit, parce que son « ethos » d’homme d’étude demande le silence. Parfois nos experts ont tout de même du bon sens.
Je crois qu’aujourd’hui, on musellerait toutes ces éminences grises. Le texte est encore sur la toile. Profitons-en pour aller le lire tant qu’on le peut encore.

 




M. Duhamel, les laïcards de RL me donnent la parole, à moi la chrétienne…

Liberté d’expression à géométrie variable


Lettre ouverte d’une contributrice de Riposte laïque à M. Duhamel

Cher monsieur,

Il est difficile de vous contredire sur le caractère assez tranché de ce site « roi de la fachosphère » qu’est Riposte laïque, comme sur les défaillances de son sens des nuances Néanmoins, il me semble que vous n’avez pas suffisamment exploré ce site, sinon, il ne vous aurait pas échappé qu’un certain nombre de contributions traduisent un peu plus de diversité stylistique que ce que vous semblez admettre. Je vous conseille «  l’histoire de la science arabe », ou « le mythe de l’islam berceau de civilisation », ou sur les ELCO, article soigneusement documenté (beaucoup plus que le récent reportage sur France 2 qui avait pour principal objectif de montrer à quel point cet enseignement est totalement inoffensif, ce qui est faux). Si, dans cette prose, je ne mets pas les références en note de bas de page, c’est que le type de communication ne le permet pas, mais je tiens mes sources à la disposition de tous ceux que cela intéresse.

J’étais récemment à un colloque à Pobierowo en Pologne, et en dehors des communications codifiées propres à ce type de rencontres (c’était sur l’homme révolutionnaire), nous avons eu quelques moments plus diserts. Le premier regard sur notre société que portent ces universitaires éminents, – parlant admirablement notre langue – est lié à l’islam et à la question migratoire. C’est donc que c’est une affaire un peu centrale. Pour eux, l’islam tolérant est un mirage, et quant à la question de la migration, ils disent que » les Allemands procéderont à un tri soigneux, intégreront tous les migrants qualifiés et leur enverront le reste ». Autrement dit, eux aussi voit notre société à travers le filtre de l’islam et ils ne sont pas très optimistes pour nous.

Je suis professeur certifiée en lettres et docteure en philosophie. Mon entourage, assez bourgeois pour tout dire, puisque je suis femme d’amiral, ne manque pas de me mettre en garde sur cette activité journalistique compromettante et de me signaler les commentaires parfois « brut de décoffrage ». Je réponds simplement qu’on ne s’adresse pas seulement à ceux qui sont nos pairs, entre gens de bonnes manières, qui parlent le même niveau de langue – courant ou soutenu surtout pas grossier et toujours modéré. Ceux là, on ne les convaincra pas. Ils sont à l’abri dans leurs villas, leurs enfants ont réussi, leurs petits enfants aussi. Et ils se gardent bien de tenir des propos compromettants qui risqueraient de les mettre au ban de leur bonne société. On s’adresse à ceux qui veulent bien nous lire quel que soit leur degré de compétence linguistique. Il y a dans le peuple de France des hommes et des femmes selon toute apparence incapable de couler leur colère et leur exaspération dans les dures lois de la langue et d’une expression un peu policée. Ils n’ont pas appris. J’espère ainsi contribuer à leur éducation, c’est le rôle des enseignants.

La génération qui vient ne sait pas écrire, pas lire et encore moins s’exprimer selon des codes contraints. Comment allons nous expliquer le monde à ceux qui ne savent dire que « ta gueule et dégage pauv’con ? », fruit de cinquante ans d’idées folles en matière pédagogique.

Les gars de RL ont quelques obsessions, et leur style n’est pas toujours des plus châtiés. Bah. Cela fait partie du journalisme. Ils n’abattent personne à la kalachnikov, ne posent pas de bombes, ils ne sont pas très respectueux des hautes fonctions politiques… On peut le regretter, mais on vit dans le monde réel, pas dans le monde rêvé.

Riposte laïque m’offre une tribune pour exposer ce que je crois nécessaire de voir connu. Le Var Matin que je suis allée rencontrer lorsqu’on a mis en place la théorie du genre dans les écoles, a refusé de me recevoir. J’en suis à six refus au moins des journalistes de « Boulevard Voltaire » ; TV liberté n’a jamais répondu à mon courriel. L’observatoire sociologique de mon diocèse m’offre généreusement 1200 signes, – dire quelque chose avec si peu est une performance et prend beaucoup de temps – et une fois sur deux, l’article n’est pas publié. Ils ont quatre rubriques. Pas de rubrique « Education », bien que je les ai invités à en créer une et proposé de la nourrir.

Notre société est évidemment responsable du désastre qui est le sien. Et le premier de ces désastres n’est pas l’islam, mais le refus de la vie comme de la mort, le désir forcené de jouissance, le refus de l’histoire chrétienne de l’Europe et l’amnésie morale, intellectuelle et spirituelle qui la frappe. La folie commémorative n’est que le corollaire d’une société frappée d’un début d’Alzheimer. Pour bien des familles musulmanes, l’islam est le seul rempart contre une société vue comme une offre de sexualité sans frein, de drogues et de beuveries. C’est très certainement un prétexte pour justifier leur religion et leur coutumes, mais enfin, ils ont des enfants, eux, et ils veulent les protéger du sida et de la coke. Et ils pensent qu’un code de conduite sexuelle, c’est plus sûr que le préservatif.

L’ignorance abyssale de nos contemporains en matière d’histoire, l’affligeante pauvreté des réponses de nos Eglises, leur refus et leur peur d’une parole vraiment libre, nous laissent, nous, chrétiens, sans tribune où expliquer, publier, exposer, convaincre, et éventuellement témoigner.
En attendant le réveil de nos évêques et de tous ceux qui chantent les merveilles et l’efficience du dialogue interreligieux, il y a des sites comme RL pour les chrétiens comme moi, dont, selon toute apparence, la parole dérange dans les milieux à la parole et à la pensée modérée.

Cher monsieur Duhamel, vous en connaissez beaucoup vous, des « laïcards » qui donnent la parole à une chrétienne et qui lui permettent de signer de la croix copte ?

Marion Duvauchel




Ecole Belkacem : le français dévasté mais on apprend l’arabe classique…

C’est le blog de Lucie Martin, professeur de lettres qui nous informe et finit de nous désespérer : la réforme de l’orthographe est en marche. Les professeurs sont atterrés, dit-elle à l’issue de la formation qu’elle a suivie. Les inspecteurs ne sont que dépités, et en dignes fonctionnaires, ils se comportent comme tels, avec la lâcheté à laquelle ils ne nous ont que trop habitués.

En l’an 2000, dans un entretien accordé au journal le Monde, Claude Allègre signait la condamnation de l’école : «Il y a dans l’enseignement une tendance archaïque, ils n’ont qu’à m’écouter, c’est moi qui sait, sauf que c’est fini. Les jeunes n’en veulent plus».

Il y a aussi dans la langue une tendance archaïque, la langue est normative. L’écart à la norme, cela s’appelait la «licence poétique», pas seulement la «faute». Il y avait aussi différents statuts de la langue… Qu’on se rassure, bientôt nous n’aurons plus besoin d’école car il n’y aura plus grand-chose à enseigner…

L’affaire est grave car la langue obéit à des lois et ces lois ont conditionné des disciplines : la phonétique historique, la phonologie, la linguistique. L’ignorance dont témoigne les ministres en charge de l’éducation, et jusque l’Elysée, qui a entériné cette ultime destruction (avec les vœux du président écrit dans la nouvelle orthographe), est proprement abyssale. Inutile de dire que la plupart des disciplines liées à la linguistique française sont à terme condamnées. Qui sait encore qu’il existe un Capes de grammaire ?

Mais je voudrai insister sur un autre fait et le mettre en lien avec la nouvelle réforme.

On a vu récemment un reportage sur France 2 qui insistait lourdement sur le fait que l’arabe appris dans le cadre des ELCO est l’arabe classique, littéraire. Dans les articles que j’ai écrits pour dénoncer ces ELCO, j’avais posé la question. Quel arabe va-t-on enseigner ? Selon toute apparence, l’éducation nationale en a tenu compte. Cela signifie au moins une chose : on nous lit en haut lieu.

Or, l’arabe classique ou littéraire qu’on fait apprendre aux chères têtes brunes islamisées, est une langue difficile, qui obéit à des règles, qui n’ont guère varié depuis quelques siècles. C’est l’arabe écrit. Dans le monde indien, on appelle les langues qui ont des littératures écrites des «prakrits». Le monde musulman a une unité linguistique obtenue avec cet arabe littéraire, et accessoirement beaucoup de violence.

Mes collègues d’arabe (au Qatar et au Maroc où j’ai enseigné) ne m’ont jamais caché qu’il était particulièrement difficile et n’intéressait guère les élèves.

Peut-on m’expliquer pour quelles raisons les enfants musulmans ont droit à un état de la langue arabe qui correspond toutes proportions gardées à notre français du Grand siècle (avec l’admirable usage de l’imparfait du subjonctif et l’art des phrases complexes qu’on appelle des «périodes») tandis que désormais les enfants de France devront se contenter d’une langue au rabais ?

Poser la question, c’est déjà y répondre. Il y a depuis environ cinquante ans, mais accélérée depuis une vingtaine d’années, une extraordinaire et farouche volonté de détruire la culture française, la langue française, l’Histoire de France, et tout ce qui appartient au socle culturel antérieur à la nouvelle idéologie dont on nous bassine ad nauseam. Vous savez le métissage culturel et toutes ces fadaises dont Arte nous vante les charmes et les mérites aux heures de grande écoute.

Il y a quelques temps, je participais à un colloque en Pologne. J’y ai rencontré un jeune maghrébin qui terminait une thèse sur la littérature du printemps arabe en Egypte. Il avait un corpus de quatre ou cinq ouvrages dont il admettait par ailleurs qu’ils n’avaient aucune qualité littéraire. Mieux, il ne lisait pas couramment le français, et n’a pas su nous dire le sens du prénom Fatima. Il enseigne l’arabe à l’université de Paris (j’ai oublié laquelle) : «à un niveau basique», a-t-il ajouté. Mais il y a beaucoup d’étudiants et même on embauche…

Je n’ai pas eu le courage de lui demander quel arabe il enseignait. Mes amis polonais ont pris congé de moi avec une profonde compassion et en me disant en aparté «on vous plaint»…

Marion Duvauchel




Les projets innovants de Belkacem, c’est de la corruption

Le 13 octobre 2016, dans un communiqué de presse tout à fait officiel, paru sur le site de l’Education nationale, la ministre, Mme Belkacem lançait « un appel à manifestation d’intérêt pour créer les espaces éducatifs de demain ».

Cet appel à projets conduit dans le cadre du Lab cdc, l’incubateur de projets innovants du groupe Caisse des Dépôts, mais ils sont nombreux quand même. Il y a aussi le ministère de l’Éducation nationale, l’Enseignement supérieur et de la Recherche, l’association des Maires et des présidents d’intercommunalités de France, l’association des Départements de France et l’association des Régions de France qui ont lancé un appel à manifestation d’intérêt dédié à la transformation d’espaces dans les écoles, collèges et lycées. Il a pour objectif d’expérimenter de nouveaux usages au travers de nouvelles visions des espaces et du mobilier scolaires.

Les raisons sont plus que légitimes : le patrimoine immobilier éducatif public fait aujourd’hui face à la nécessité de s’adapter aux besoins actuels et de demain, il doit répondre aux enjeux de vieillissement du parc, d’adaptation aux évolutions démographiques et énergétiques (performances du bâti et usages), de nouveaux besoins d’apprentissage d’une société devenue numérique.

La conception de lieux adaptés est une condition majeure de la bonne diffusion de ces nouveaux usages.

L’appel s’adresse à des collectivités territoriales et des écoles/collèges/lycées qui sont intéressés à expérimenter de nouveaux aménagements et nouveaux usages et à des entreprises innovantes qui proposent des solutions de transformation – aménagement – rénovation d’espaces éducatifs (PME, start-ups, ingénieristes, architectes, industriels, etc) et il va permettre de réunir dans une dynamique commune l’ensemble des acteurs, d’expérimenter des aménagements innovants d’espaces éducatifs adaptés aux pratiques pédagogiques et au monde d’aujourd’hui et de demain, d’en tirer des bonnes pratiques à diffuser

Il y a eu une phase de présélection. Si ! On le dit sur le site gouvernemental.

Tant et si bien que le 19 décembre 2016, on annonçait les cinq projets sélectionnés : l’école maternelle Montferré/La Cotonne de Saint-Etienne – Académie de Lyon ; le collège Compère Morel de Breteuil – Académie d’Amiens ; le collège Henri Barbusse de Saint-Denis – Académie de Créteil ; le collège Roumanille d’Avignon – Académie d’Aix-Marseille ; le lycée Eugène Freyssinet de St-Brieuc – Académie de Rennes.

Vous croyez vraiment qu’en un mois, on a informé les lycées, collèges et écoles de France, les mairies, et tutti quanti ; qu’on a étudié les projets, examiné leur qualité et choisi les meilleurs ; que les proviseurs ont eu le temps de mettre par écrit un projet qui entre dans ces critères et qui soit fait avec les partenaires engagés, bref qui entre dans les clous?

Vous croyez vraiment qu’en un mois on a pu faire tout cela ?

Voici la suite.

« Ces cinq projets présentent des problématiques différentes qui questionnent les usages des espaces éducatifs. Ils seront accompagnés sur une durée de huit mois ».

Par qui, on ne le dit pas…

Les solutions innovantes réunissent des collectivités territoriales, des écoles ou des établissements scolaires et des entreprises innovantes, qui co-contruisent les espaces éducatifs de demain. Elles seront testées in situ dès le mois de février 2017, en lien étroit avec les usagers et la communauté éducative.

Qui sont-ils ces « usagers de la communauté éducative ? »

Sont-ce les enseignant, ou sont-ce les élèves ? Les usagers, ce sont plutôt les élèves – et les familles. Mais la communauté qui éduque, ce sont les enseignants.

Autrement dit, les enseignants n’ont pas été associés à ces projets, et ils se confondent avec les élèves et les familles…

C’est beau non ?

L’approche méthodologique conjuguera approche par le design et méthodes agiles afin de tester dans un temps court les solutions innovantes. Il s’agira ensuite de rendre accessibles en open source les cahiers des charges et guides de mise en œuvre des solutions imaginées.

 Autrement dit, on a déjà les idées, on va faire semblant de les tester, mais on ne fera pas semblant par contre de les imposer.

Je résume, on a contacté quelques lycées, on leur a donné de l’argent pour être des espaces pilotes, on teste un mois des espaces éducatifs nouveaux, et ensuite on va imposer aux « usagers de la communauté éducative », autrement dit aux enseignants des méthodes agiles, des espaces nouveaux, et on va sans nul doute financer tous ceux qui mettront en œuvre ces nouvelles pédagogies dans de nouveaux espaces.

La première des choses à entreprendre dans nos écoles et lycées, c’est tout simplement de rajeunir le parc éducatif : de repeindre, de mettre des chauffages corrects, surtout dans les régions froides (j’ai fait cours il y a quinze ans dans une classe où on portait nos manteaux, peinte en vert pomme), de planter des arbres dans les cours de récréation, et même éventuellement d’y mettre quelques jardins, d’avoir des bureaux pour les enseignants qui voudraient recevoir les parents, et s’occuper vraiment des élèves, des salles, des bureaux dont ils auraient les clés, où il y aurait le téléphone (avec l’ADSL, ça résout depuis longtemps les problèmes de coûts), bref de traiter la « communauté éducative » comme des cadres, ce qu’ils sont, des cadres du publics, et non des employés de base interchangeables et qui sous peu, en imitant le modèle allemand si merveilleux, repeindre aussi les écoles.

Allez donc visiter les rectorats. Les salles sont claires, bien chauffées, l’informatique est à jour, on y a partout des cafetières.

Vous avez dit « corruption » ? Non, vous ne l’avez pas dit. Moi, je le dis.

Marion Duvauchel




Poutine sur France2 : le pire avec Delahousse, le meilleur avec Carré

Le jeudi 15 décembre 2016, France 2 proposait une soirée « Vladimir Poutine » en deux volets : « le mystère Poutine », un reportage signé Laurent Delahousse, à l’heure de la plus grande écoute et « le nouvel empire », celui-là signé Jean-Michel Carré (à 23 h 30).  Se voulant biographique, le premier  n’était que prétentieux, ambigu, empêtré de psychologisme de bas étage. Il prétendait percer le pseudo mystère d’un homme terne et insignifiant, à la vie terne et frustrante, un « pion devenu roi», un « pantin » devenu président par la volonté du clan Eltsine. Tout cela expliquerait les guerres organisées et planifiées par ce nouveau dictateur.

En bref, la propagande médiatique habituelle.

Des journalistes éclairés des deux sexes, dotés dans l’un et l’autre cas d’une rare pénétration psychologique se posaient la question qui était le fond du reportage : « comment cet ancien petit fonctionnaire du KGB s’est-il érigé en président ? » Sauf que ce « petit fonctionnaire » dirigeait alors les renseignements généraux d’un pays comme l’URSS. V. Poutine était ainsi présenté comme un homme qui « avait semblé dénué d’intérêt à tout point de vue », « un gars du KGB faible et insignifiant », un « parfait subordonné », « rigide et déterminé, tranché dans ses convictions, et qui était comme ça il y a 25 ans ». On était allé chercher des intimes qui le décrivaient comme « un homme replié mais qui ne trahit pas » (un bon chien fidèle quoi …) et jusqu’à une ancienne institutrice à qui il avait rendu visite et qui lui donnait des conseils de bonne tenue politique… Qu’il semblait accueillir avec beaucoup de bonne grâce. Bref, un voyou rescapé par une brave dame russe qui l’avait sauvé d’un avenir dans la pègre. Des archives rares, commente la presse, toujours d’une rare pénétration…

Le bellâtre à la courte vue qui a signé ce reportage aurait mieux fait de mettre sa plastique avantageuse au service d’une marque de barre chocolatée, de lessive ou d’un quelconque shampoing pour homme.

Le second reportage corrigeait cette vision pitoyable. Monsieur Jean-Michel Carré est déjà un vieux monsieur, (on trouve sur internet une interview de lui, au cours de laquelle il évoque ce reportage). L’âge n’explique pas tout, il y a beaucoup d’intelligence dans ce « grand journalisme ». Suffisamment rare pour être signalé comme tel.

Le reportage s’ouvre sur une excellente leçon d’histoire moderne et contemporaine, et surtout une leçon de géopolitique. Elle commence avec l’OTAN et sa réponse russe, le Pacte de Varsovie ; avec le rappel de l’effondrement de l’URSS en 1989 et en 1991, fin du mur et du rideau de fer ; avec la dissolution du Pacte de Varsovie. Et l’humiliation du peuple russe : politique mais aussi économique. Que Vladimir Poutine va recueillir à son arrivée au pouvoir.

L’OTAN, par contre, n’a pas été dissous : il est devenu un instrument mis au service des intérêts stratégiques des EU et de l’Europe, enveloppé sous les oripeaux des droits de l’homme et des peuples. Lorsque Poutine devient président, ce « pion » commence par mettre au pas les oligarques russes – qui se sont emparés des richesses lors de l’effondrement – et se partagent un pays qui a perdu la moitié de sa population, et dont le peuple a perdu 40% du pouvoir d’achat.

En matière de politique extérieure, sa politique est celle de la main tendue.

La réponse européenne ? Elle est éclatante d’arrogance à courte vue : lors des festivités organisées pour la commémoration de la victoire sur Hitler, aucun homme d’Etat des pays européens ne répond à l’invitation. Pire, lors de la commémoration de la libération d’Auschwitz dont les Russes sont les artisans, la Russie n’est pas invitée. Ce sont les Russes qui ont libéré le camp de funeste mémoire. Notre monomaniaquerie de la commémoration s’arrête là où commencent les affaires un peu sérieuses.

Le mépris des Etats Unis précède l’arrivée au pouvoir de Poutine : le fou rire de Clinton qui inaugure en public l’attitude de mépris ouvert qui sera celui des Etats Unis désormais (il se moque en direct du président Eltsine, venu un peu ivre, il est vrai). Il le précède mais il sera redoublé sous la première présidence : en témoignent les visages et les sourires railleurs des hommes politiques américains lors du discours de Munich ; jusqu’à Mme Hillary Clinton, crevant de suffisance, singeant publiquement les élections russes et tournant en dérision la personne même de Poutine.

Du côté de l’attitude russe que voyons-nous ? Un homme qui semble faire corps avec sa parole, qui parle une langue claire, sans jargon : apparemment ému, il propose l’aide la Russie lors des événements du 11 septembre ; en présence de personnalité politiques chinoises, il demande : « mais qui voudrait être humilié » ? Et l’attitude de ces hommes le plus souvent impénétrables en dit long sur ce que cette phrase évoque en eux. Les discours de ce chef d’Etat peuvent apparaître nationalistes, décidés, exprimer une excessive fierté envers la Russie, on est en droit de les désapprouver, mais on chercherait en vain un discours de dénigrement de l’adversaire. Interrogé par un journaliste qui rapporte en les déformant les propos qu’il a tenus sur Donald Trump, il répond simplement qu’il a dit que Donald Trump « était très intelligent et haut en couleur ». Mais cet homme peu expressif a alors une expression amusée, que le cameraman a su capter. Non, Vladimir Poutine est sans aucun doute un homme peu démonstratif et policé, mais ce n’est pas un homme sans entrailles.

Nous pourrions en tirer quelques leçons de dignité et de correction politique.

Signe de la qualité de ce reportage, des personnalités majeures comme Mme Carrère d’Encausse ou Hubert Védrine ont pu s’y exprimer un peu longuement et le moins qu’on puisse dire c’est que ni l’un ni l’autre ne parle la langue de bois.

Ce qui nous est révélé, c’est un chef d’Etat qui, à peine élu, tend la main à l’Europe, et aux Etats Unis et ne reçoit que mépris et suffisance ; qui fait face à la réalité et s’y adapte avec pragmatisme sans rien renier de sa vision du monde ; un homme capable de délaisser la rhétorique habituelle et de dire ce qu’il croit vrai..

Hubert Védrine, l’une des personnalités majeures s’exprime clairement sur l’attitude de l’Europe:

« Les occidentaux ont cru qu’ils étaient les maîtres du monde, qu’ils allaient pouvoir imposer au monde entier, les droits de l’homme, la démocratie, l’économie de marché, Clinton qui a donné à tout ça un rayonnement particulièrement sympathique, on pensait qu’il y aurait quelques pays récalcitrants qu’on réduirait à coups de sermons, voire de bombardements ». « L’occident était convaincu qu’il pouvait gouverner le monde avec l’idéologie de l’universalisme ».

Or, c’est un monde multipolaire que veut Poutine, qui refuse de se voir imposer les normes de conduites qui ne sont pas les siennes ; c’est un monde dans lequel la Russie prendrait la place qui lui revient, de par son histoire et sa géographie qu’il veut. Tout simplement parce qu’elle est un grand pays. Mais ce rôle, cette place, l’Europe comme les EU la lui dénient.

Où est la marionnette décrite dans le précédent reportage ? Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un homme qui accède à la présidence pour la première fois n’ait pas la même assurance que celle d’un chef d’Etat chevronné, confirmé. L’homme qui s’avance pour accueillir le chef d’Etat chinois n’est évidemment pas le tout jeune président soutenu par le « clan Eltsine ». Quant à sa seconde élection, comme les hommes politiques d’Europe qui ont leur primaire, il se fait élire par son parti. Il conviendrait de le signaler à Mme Clinton.

L’OTAN s’élargit en direction de la Russie ce que celle-ci ne peut pas ne pas percevoir comme un danger, d’autant que, comme le souligne avec pertinence Mme Carrère d’Encausse, l’élargissement à l’Europe signifie l’élargissement à un bloc violemment antirusse.

C’est dans ce cadre et ce contexte que sont exposés les différents conflits dans lesquels la Russie a été engagée, depuis la Tchétchénie (200 000 morts), la Géorgie, puis l’Ukraine et la Syrie. Ils ne sont pas de même nature et ne sont pas le fait d’un dictateur assoiffé de sang, mais les choix politiques et militaires d’un chef d’Etat dont la vision a progressivement pris forme, dans un contexte où ceux qu’il appelle « les tenants de la force brute », veulent « un seul centre de décision, une seule force ».

La guerre avec la Tchétchénie est sans aucun doute destinée à asseoir la puissance russe. Mais c’est la Géorgie qui bombarde une province russe. Et si Poutine, alors Premier ministre considère l’inaction du président Medvedev comme une faute, rien de si étonnant. Poutine assume le rôle de chef de guerre et reprend le manche.

Puis c’est la crise libyenne, avec une coalition présentée comme humanitaire mais qui a pour objectif de déstabiliser la Russie. C’est le moment du retour de Poutine à la présidence. L’homme a changé, sa vision aussi. A la politique de la main tendue, refusée, il a substitué une nouvelle conception des relations internationales, que l’Europe, commente Mme Carrère d’Encausse, interprète comme un nouvel impérialisme. Mais c’est en réalité une nouvelle conception des relations internationales.

Poutine va déplacer le centre de gravité économique de son immense pays et rechercher un nouvel allié : la Chine. Il s’intègre au groupe de Shanghai, inventé par la Chine. Il s’est déjà inséré dans tout le système d’alliance des pays non européens. Elle est aujourd’hui le premier partenaire commercial. Des réalisations ? La construction de la route de la soie, et des projets : faire tomber l’hégémonie du dollar. La Russie a elle aussi des intérêts stratégiques, et pour elle les intérêts sécuritaires passent avant les intérêts économiques.

Un monde multipolaire. Et une nouvelle vision fondée sur l’Eurasisme, voilà le projet – visionnaire – de Vladimir Poutine.

C’est pourquoi, lorsque les Etats-Unis mettent l’Ukraine en situation de choisir entre l’Europe et la Russie, cela équivaut à une déclaration de guerre. Cela va à l’encontre des accords secrets, oraux, qui imposaient que les pays ayant une frontière commune avec la Russie ne devaient en aucun cas intégrer l’OTAN. C’est comme si le Mexique annonçait qu’il rejoignait le pacte de Varsovie commente le linguiste (et politologue) Noam Chomski. Les Etats Unis ne se cachent même plus, et on peut voir une femme politique américaine distribuer des sandwiches sur la place Maidan. Ne pas réagir c’est compromettre le projet eurasiatique. Poutine est acculé à intervenir.

L’Europe affirme « ces événements inacceptables sur le continent européen » avec la suffisance à laquelle elle nous a habitués. On sanctionne la Russie. C’est le moment où la France a refusé de livrer les deux bâtiments de commandement type Mistral commandés, faisant preuve de sa prescience politique habituelle. C’est le seul moment où l’on voit Poutine affecté, mais avec toujours le même contrôle de lui-même. Obama va à la tribune prononcer l’habituel discours sur la défense des droits et la liberté des peuples, avec l’arrogance à laquelle il nous a, lui aussi, habitués.

Quant à la Syrie, nous savons aujourd’hui que sans l’intervention russe, des groupes d’opposition, tous musulmans, auraient pris le pouvoir, armés par l’Europe toujours prophétique et les Etats Unis, qui ont sur les mains, le sang d’un million d’Irakiens (une guerre apparemment oubliée à laquelle la Russie s’était opposée, avec la France, ce qui n’a pas empêché les Etats Unis de la faire). Une Syrie sous un gouvernement musulman, même modéré, c’est la mort des chrétiens d’Orient, et la mort de la démocratie. C’est aussi une guerre prévisible avec Israël.

Concernant la place de la religion, il a fait les choix qu’il croit justes. Il a restitué à l’Eglise orthodoxe sa splendeur passée, et la place qui lui revient – historiquement – dans l’héritage national. Mais il a opté pour une Russie qui par tradition et vocation est multiethnique et multiconfessionnelle. Il a compris que l’islam est une puissance émergente, et qu’il peut être un pont entre elle et nous.

Poutine n’a rien d’un dictateur, c’est un chef d’état, dur comme la fonction l’impose, avisé, habile, qui a libéralisé la Russie comme en témoignent ces jeunes dansant et sautant ; qui a compris que le monde ancien s’effondrait quand le communisme disparut ; et qui a compris que la sottise européenne était « stérile, à courte vue », (les termes sont de M. Hubert Védrine) et que d’autres alliances évolutives étaient possibles. C’est une nouvelle donne internationale, voulue, souhaitée, et on aurait tout intérêt à écouter le conseil donné par l’ancien ministre des affaires étrangères, d’abandonner la « vision stérile et à courte vue » et de construire des « partenariats évolutifs ».

Ce qui est retracé, c’est la manière dont un chef d’état ouvert vers l’Europe, va se détourner progressivement du bloc des Etats Unis et de l’OTAN, de cette Europe dont pourtant il fait partie, pour se tourner vers l’ouest, et les grands état émergents la Chine, l’Inde, et l’Asie centrale, pour progressivement faire émerger une nouvelle donne : l’Eurasie.

Cela nous édifie sur la Russie, mais cela nous édifie aussi sur l’Europe, qui comme le dit Mme Carrère d’Encausse, est responsable des malheurs qui lui arrivent avec le brexit, « qui tiennent à ça, à son ignorance abyssale des peuples ».

Depuis trente ans, l’URSS n’existe plus, la Russie, quant à elle, renaît de ses cendres. Elle a fait de nouveaux choix politiques, elle s’est libéralisée.

Oserais-je ajouter que non seulement des liens économiques étroits nous lient (elle fournit l’Europe en hydrocarbure) mais toute sa littérature est née sous le double manteau de Pouchkine et de la littérature française. Il est donc temps que nos deux pays redeviennent des amis.

Nous y avons intérêt, car le terrible constat, formulé par l’historienne de la Russie, est hélas vrai : « L’Europe n’est plus décisive dans le monde ».

La Russie, oui.

Il faudrait prévenir le bellâtre d’urgence : le pantin, c’est chez nous qu’il se trouve, pas chez eux…

Marion Duvauchel




La Manif Pour Tous privée du peuple de Paris par Hollande et sa clique

lmpt16-102Récemment, les opposants aux lois récentes qui encadrent l’anthropologie nouvelle du socialisme à la François Hollande et ses sbires, ont voulu manifester. Tout le monde manifeste, même les Turcs l’ont fait il n’y pas si longtemps pour soutenir leur président.

Que s’est-il passé ? On a encadré cette manifestation de telle sorte que soit rendu difficile pour une partie des manifestants parisiens de rejoindre le cortège en marche. La manifestation était ouverte à mi-parcours (la mairie du sixième). Mais on avait fermé les bouches de métro proches et les accès par les rues. Impossible dans ce cas pour bien des parisiens de regagner le cortège, sauf à marcher hors manifestation.

Dans tous les cas, seuls les provinciaux pouvaient prendre la manifestation au début, à partir de leur car. Les Parisiens quant à eux devaient aller à un point de rendez-vous peu accessible, sauf au terminal : Trocadéro (mais la bouche de métro était fermée). Ce fut donc une manif hors peuple de Paris.

Toutes les manifestations Bastille-Nation ou Républiqe sont aisément accessibles en général par des stations de métro. Pourquoi a-t-on fermé les bouches de métro pour celle-ci ?
Il ne restait aux Parisiens que l’issue de venir sans enfants (les enfants sont vite fatigués de marcher) par de multiples chemins impossibles à encadrer par la police.
La presse officielle ne fait donc que relayer le mensonge de nos hommes politiques. Nous le savions déjà. Mais cela va mieux en fournissant l’explication.

L’information m’a été communiquée par un Parisien versaillais qui comptait rejoindre le cortège et le prendre à mi-parcours et qui en a été empêché.

M. Hollande en ce moment donne dans le ton confident. Il n’est pas le seul. Nous avons droit également aux lettres torrides de feu François Mitterrand à la femme avec laquelle il a vécu en parfaite bigamie. La question de l’exemplarité de nos présidents et hommes politiques revient sans cesse dans les bavardages des émissions diverses qui allient journalisme, politique, littérature et recettes de cuisine. Désormais, nous pouvons être tranquille, avec cette nouvelle donne anthropologique et morale, dans le domaine de la vie privée, l’exemplarité n’est plus un problème. Nos présidents pourront vivre bigames, homosexuels, (ils pourront cumuler, comme pour les mandats). Nous allons vivre une époque formidable. Surtout les femmes.

Car il convient de rappeler qu’il n’est pas sûr du tout que cela ait beaucoup plu à Mme Danièle Mitterrand cet improbable partage. Comme il est notoire que cela a vivement déplu à Mme Trierweiler de devoir partager le cœur de son François avec une actrice – dont le talent de comédienne n’apparaît pas éclatant.

M. Sarkozy, en son temps, n’a rien dissimulé aux Français des joies qu’il a éprouvées en convolant avec sa guitariste à la voix sucrée ; nous ne savons pas grand-chose pour ce qui concerne M. Juppé, qui est moulé à l’ancienne et reste discret sur ces questions, ce dont nous lui savons gré ; M. Fillon, en bon catholique a une vie de famille dans une gentilhommière je ne sais plus où mais n’en parle pas, comme il se garde bien de parler de la question de cette nouvelle anthropologie qui s’impose aussi dans nos écoles ; la seule dame parmi le lot de candidats ne parle que d’économie, elle a bien appris la leçon dans la cour des hommes et les questions de l’éducation nationale la laisse de marbre ; seul M. J.F. Poisson a la simplicité de dire ce qu’il est : un mari et un père. C’est affreusement ringard, mais il n’est pas certain que les Français, qui ont goûté aux toutes récentes nouveautés de la modernité socialiste n’aspirent pas à retrouver le bon sens de leur culture pré-islamique.

C’était une culture chrétienne, avec son lot de vertus chrétiennes : le courage, la tempérance, la force, la prudence. L’humilité aussi, et last but not least, la charité, terme qui vient du grec « charis », don gracieux, gratuit, élégant, généreux. C’est Jean Guitton qui le rappelait joliment. Cette charité-là, nourrie de solide raison prudentielle, de bon sens incarné, n’a pas grand-chose à voir avec la solidarité hypostasiée et élevée à la dignité d’une mythologie pour démocratie populaire.

Les hommes et les femmes de La Manif Pour Tous ont bien compris que si on ne revient pas en arrière, peu importe l’homme ou la femme qui sera président. Les lois nouvelles sont là, les structures nouvelles sont désormais en place. On reconnaît l’arbre à ses fruits. Nous les voyons déjà : l’arrogance et l’insolence d’hommes et de femmes qui sont des « clients » – à la rigueur des usagers, l’indécence et l’impudeur justifiées, la cupidité glorifiée dans toute notre publicité qui chante et promotionne en anglais, la bêtise qui éclate partout ad nauseam. Le mépris de ce qui a fait la grandeur de la France : sa culture, sa langue, sa poésie, sa formidable créativité dans les domaines scientifiques comme littéraires et même sa « chanson française ». Elle survit dans une émission qui s’appelle « Acoustique ». Le reste est anglais ou rap.

Selon toute apparence, cela ne préoccupe pas beaucoup nos hommes politiques. C’est vrai qu’il y a beaucoup de chômage… A qui la faute ?

Marion Duvauchel




Dans nombre de pays, un ministre se comportant comme Cazeneuve serait pendu

Cazeneuvecollabo40
Le 28 septembre dernier, Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque melkite d’Alep, a fait parvenir une lettre de Syrie, par la journaliste Charlotte d’Ornellas. Ce document a été publié sur « Riposte catholique », et il est relayé sur le site » l’Observatoire de la christianophobie ».

L’archevêque y évoque évidemment la situation tragique que la ville d’Alep et les Alépins traversent. Nos médias le font aussi. Mais il est rare de les entendre évoquer la situation de ces chrétiens, qui ne franchissent pas les frontières par milliers, mais au contraire font des demandes de visas, – accordés au compte-gouttes par nos fonctionnaires zélés- ou émigrent vers les pays frontaliers.

Depuis cinq années, les habitants d’Alep n’ont pas connu de répit, harcelés par des groupes armés venue des quatre coins du monde pour mener « une soi-disant guerre sainte, dans un pays gouverné par des impies et des infidèles ». Ces terroristes font la loi partout où les autorités civiles ne parviennent plus à être présentes.
Ce que décrit l’Archevêque, nous le savons tous : « Ils ont semé la terreur, tué des dizaines de milliers d’innocents, détruits par milliers les usines, les commerces et les institutions de services public, saccagé les habitations et pillé les biens du pays et des citoyens. Ils ont enlevé et sauvagement assassiné d’innombrables personnes pacifiques, y compris des religieuses, des prêtres et même des évêques ».
Et cela continue. Ils ont commencé en France.

Aujourd’hui, les rebelles du Front Al-Nosra essaient de reprendre position dans des zones considérées comme stratégiques, occupées jusqu’en juin dernier dans la périphérie de la ville et aujourd’hui quasi totalement dépeuplées et presque entièrement détruites.
L’archevêque appelle à ce que les frappes cessent…
Mais il appelle bien plus.

Bien sûr que les Chrétiens ont peur des bombes, de la mort qui les entoure, et qui entoure leurs enfants, mais ce qu’ils redoutent par-dessus tout, c’est qu’un jour, un Etat fondamentaliste leur soit imposé.
Alors, les Chrétiens de l’Orient, en la personne de leur Archevêque, « se tournent vers leurs frères de France et d’Occident et les supplient de les aider à faire en sorte que ce cauchemar ne voit pas le jour ».
Ils ne demandent pas à ce qu’on fasse la guerre pour eux.

C’est pourtant ce que nous devrions faire si nous avions un petit peu d’honneur et aussi un petit peu de mémoire : les grandes puissances, Allemagne en tête ont laissé assassiner les Arméniens il n’y a pas si longtemps. Mme Merkel peut bien se prévaloir de son immense charité protestante, elle qui ne semble guère se soucier du sort des Chrétiens que l’on veut mettre sous le joug de l’islam, alors que sous le régime de Bachar el Hassad, ils pouvaient vivre, enseigner, prier le Dieu qu’ils adorent et vénèrent, et qui est pour encore quelques-uns d’entre nous, le même.

Alors, non, l’Archevêque d’Alep ne demande pas à ce qu’on fasse la guerre pour eux, il demande simplement de mettre un terme aux prétentions injustes de nos alliés. Oui, de nos alliés. Car ce sont précisément ces alliés, qui veulent « leur imposer des lois vétustes, insupportables pour un homme du XXIe siècle qui veut être libre de choisir sa culture, son mode de vie et sa foi ».

Nos hommes politiques se sont faits les alliés d’une bande de loups enragés qui représentent un régime d’une violence sans nom, un régime d’obscurantisme et de domination. Nos hommes politiques se sont associés à des criminels sans honneur, des voleurs, des crapules, des violeurs et des assassins.

L’archevêque d’Alep en appelle aux « frères de France », pour prier avec eux, pour que nous nous portions à leur secours pour sortir ce pays tant aimé de l’horreur du régime fondamentaliste dans lequel on cherche à les plonger. Il en appelle aux « frères de France pour les aider à continuer de vivre dignement sur le terre qui les a vue naître et grandir », et qui a vu naître et grandir la foi chrétienne, bien avant l’Hégire de funeste mémoire, et pour laquelle nos frères d’Orient ont déjà donné tant de martyrs.

Il est temps que les « frères de France » entendent cet appel. Peut-être que le martyre des chrétiens de l’Orient leur importe assez peu, mais il se pourrait bien que ce régime fondamentaliste que nos frères aimés de là-bas redoutent tant, un jour peut-être pas si lointain, ce soit aussi le nôtre.

Tout est fait pour les y inviter. On peut aujourd’hui mettre le feu à une voiture, y enfermer quatre hommes pour qu’ils brûlent vif, sans que ce soit considéré comme une infamie, un acte de barbarie perpétré par des criminels, mais par des « sauvageons ».

Dans nombre de pays, en temps de guerre, un ministre se comportant comme Cazeneuve serait destitué immédiatement. Il serait pendu haut et court pour haute trahison, comme tous ceux qui sont en train de livrer leur pays à une puissance ennemie, les Etats-Unis ; comme tous ceux qui sont en train de le vendre aux plus offrant (Qatar en tête) ; comme tous ceux qui sont en train d’islamiser les écoles primaires, et sous peu les collèges et lycée, sous la bannière d’une ministre de l’Education qui est d’abord marocaine, musulmane et ensuite française.

Les guerres actuelles sont perpétrées délibérément par les Etats-Unis, à des fins de domination mondiale. Les djihadistes sont instrumentalisés à ces fins de domination.

Avec la complicité de nos gouvernants et dans le silence coupable de la plupart des Evêques de France ; dans celui, tout aussi coupable, de la majorité catholique principalement affairée à montrer – en particulier devant les caméras de télévisions – les excellentes relations qu’elle entretient avec les musulmans de France.

Eux, ils se frottent les mains. Le Califat, ils le savent, c’est pour bientôt. Beaucoup ne savent pas très bien ce qui les attend, ils ne connaissent pas grand-chose à l’islam, hormis le ramadan et quelques vagues sourates. Il est urgent de les en informer.

Marion Duvauchel
Professeur de lettres et de philosophie-historienne des religions
(quatre ans d’enseignement en terre arabe, au Qatar et au Maroc)




Education et intégration : Des LCO aux ELCO

http://eduscol.education.fr/cid52131/enseignements-de-langue-et-de-culture-d-origine-elco.html

belkacemLe 13 février 2016, la ministre de l’Education annonçait le retrait des ELCO. Ce serait une décision raisonnable.
Depuis plus de trente ans, ces enseignements « sont mis en œuvre sur la base d’accords bilatéraux prenant appui sur une directive européenne du 25 juillet 1977 visant à la scolarisation des enfants des travailleurs migrants ». Ils ont pour objectif, « entre autres (?), de valoriser les langues étrangères à l’école ». Neuf pays sont concernés : trois pays méditerranéens de culture chrétienne, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, et deux pays d’Europe de l’Est, la Croatie et la Serbie, n’ont posé à ce jour aucun problème d’intégration ou pour le dire en termes plus modernes : de communautarisme.
Ce sont évidemment les quatre pays musulmans : l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et la Turquie qui mettent en émoi.
Ce n’est pas nouveau. En 1995, voici ce qu’écrivait Mme Françoise Lorcerie : « Les cours de langue et culture d’origine (LCO) dispensés à des enfants d’immigrés sont un dispositif à la fois peu répandu (il ne touche qu’une minorité des enfants potentiellement intéressés) et peu connu.
Ils sont si peu connus en effet que la plupart des enseignants n’en ont jamais entendu parler. Ils ne concernent en effet que quelques milliers d’élèves. En 1989-90, les statistiques faisaient état de 112 147 élèves au total (pour les huit pays d’origine concernés), et 1 429 enseignants ». Le ministère recense alors dans l’enseignement élémentaire public (CP-CM2) ainsi qu’en classe d’initiation ou d’adaptation 340 920 élèves des nationalités concernées.
Pourtant, dés les années 1985, les ELCO étaient périodiquement évoqués comme source de problèmes : les cours de LCO relevant de pays du « monde musulman » passaient pour être le lieu d’une dérive anti-laïque.
On leur reprochait de se transformer « en cours de morale religieuse, dérogeant au principe de base qu’est la non-confessionnalité de l’enseignement. Ce serait un cas d’enseignement religieux rendu obligatoire dans l’enseignement public ».

LCO : les premières mises en garde

L’article de Mme Lorcerie est tout à fait instructif. En 1995, personne n’était satisfait du dispositif, ni d’un côté ni de l’autre de la Méditerranée. Les critiques fusaient de toutes part (c’est-à-dire des experts et responsables des questions de l’immigration) et ce depuis le lancement de la formule (en 1980). Le premier répertoire de ces critiques se trouvait dans le rapport de Jacques Berque en 1985, reprises et accentuées lors des polémiques qui avaient entouré l’« affaire des foulards » à l’automne 1989. Des aménagements techniques avaient été préconisés, que l’on retrouve pour une part dans le « rapport Hussenet » en 1990, ainsi que chez les partenaires étrangers du dispositif.
Déjà, des personnalités du monde universitaire avaient mis en garde et même récusé ces enseignements. Jacques le Goff défendait le pragmatisme du Conseil d’Etat et plaidait pour un aggiornamento de la laïcité. En revanche, il appelait à des « mesures drastiques contre d’autres violations de la charte scolaire », et citait : « des faits sans doute limités mais à /ses/ yeux inadmissibles : dans certaines écoles de la région lyonnaise, les élèves musulmans ne participaient pas à certains cours pour suivre aux mêmes heures des cours d’éducation religieuse ». Informée que cette situation résultait de traités en bonne et due forme, la Commission avait alors demandé l’ouverture d’une renégociation à ce sujet, mais sans suite. Le silence du ministère de l’Education nationale en 1985, et l’absence d’information ou de démenti ultérieur, lui laissaient penser qu’il s’agissait bien d’un arrangement honteux, résultant de la pression de la partie étrangère ».
Olivier Roy, spécialiste des mouvements islamistes de l’Asie centrale et plus largement de la politisation de l’Islam, s’exprimait déjà sur « les risques d’une « communautarisation » des musulmans en France et assurait que des acteurs disparates y concouraient, entre autres des « prédicateurs islamistes, souvent étrangers », agents d’un « néo-fondamentalisme » qui posaient des demandes telles que de la nourriture hallal dans les cantines, des dispenses pour les filles dans certaines activités scolaires si elles étaient mixtes, des rythmes quotidiens aménagés pour rendre possibles les prières, etc. Appartenaient à cette catégorie les enseignants de LCO » (le sigle d’alors).
Il y a donc plus de trente ans que les signaux étaient là. Fort peu les ont entendu. Pierre Chaunu le répétait à l’envi : il faut trois générations pour intégrer un musulman, là où il suffit d’une génération pour un enfant européen de culture et de tradition chrétiennes.

Des objectifs politiques, pas linguistiques

En réalité, les « LCO » constituent depuis plus de trente ans, un des modes du partenariat avec les pays musulmans de la ceinture méditerranéenne. Traduisons : cela signifie que les questions pédagogiques et linguistiques sont strictement ordonnées au politique. Les pays musulmans concernés engagent, au moins en apparence, leur capacité d’action culturelle à l’étranger, et plus largement leur crédibilité de partenaires politiques et économiques pour l’Europe. Mais leur perspective stratégique est d’obtenir de l’émigration une contribution au développement national, depuis son lieu d’implantation qui est l’Europe. Les pays du Maghreb en particulier sont à la recherche de nouvelles formes d’action leur permettant de « garder le contact » avec des populations qui se sont diversifiées aux plans économique et culturel.
Pour comprendre cette inféodation du pédagogique au politique, il suffit de réfléchir. Le texte officiel informe qu’« un programme commun de langue arabe a été élaboré ». On ne le trouve nulle part. Quelle « langue arabe » va-t-on enseigner  en effet ? Et quelle langue arabe enseigne t-on depuis plus de trente ans dans le cadre de ces ELCO ?
L’arabe classique est au Maroc la première langue « étrangère » enseignée à l’école. Personne ne le parle chez soi, ce qui rend les discours du roi, les débats au Parlement, les audiences dans les tribunaux, les informations à la télévision incompréhensibles pour les analphabètes, ou tout simplement ceux qui ne parlent que le dialecte local. Enseigner l’arabe classique ce serait comme faire en France du latin la langue officielle. Les Marocains des villes parlent la darija, le dialecte national, avec ses multiples variantes locales, assemblages rudimentaires d’arabe, de français, d’amazigh et d’espagnol qui fait qu’un Marocain est si rarement compris lorsqu’il parle la langue « arabe » au Moyen-Orient. Dans ce contexte, l’arabe classique est un instrument de domination sur le peuple marocain et il est probable que la situation soit comparable en Algérie comme en Tunisie (avec la présence plus massive de l’amazigh des Berbères). Qui trouve urgent d’apprendre la langue pour lire Al-Ta’âlibi ou Al-Fârâbî ? Et faut-il des ELCO pour enseigner un arabe dialectal le plus souvent parlé à la maison ?

La réactualisation d’un dispositif semi-dormant

Comment expliquer ce besoin fervent de réactualiser un dispositif « dormant » ? Difficile de croire que tout ceci vient du désir éperdu de susciter une grande vague polyglotte dans notre pays.
La question à se poser, c’est « qu’est ce qui est nouveau » dans ce dispositif ?
Le public auquel il s’adresse. Voici le texte : « Aujourd’hui, ce sont des enfants qui ne sont pas locuteurs natifs de la langue concernée et s’intègrent progressivement dans l’offre d’enseignement linguistique ».
Faut-il comprendre, puisque la phrase parle d’aujourd’hui, que demain les enfants de France auront à choisir entre l’offre d’enseignement du serbe, de l’arabe ou du français ?
On est en droit de penser que l’objectif est en réalité de promouvoir l’enseignement de la langue et la culture « arabe ».
Voici la suite :
« Les enseignements de langue et de culture d’origine concernent principalement le premier degré. Ils sont organisés, dans la mesure du possible, dans les écoles, les établissements où une demande des familles existe. Ils sont ouverts à tout enfant dont la famille souhaite l’inscription, dans la limite des places disponibles ».
En effet, ils concernent aujourd’hui, le premier degré, le collège. Dans ce cadre, un brevet des collèges est déjà mis en place, avec un enseignement de culture arabe qu’il conviendrait d’analyser avec soin. Face à ce brevet auquel on a conféré un cachet prestigieux par la magie d’une appellation « brevet international », le brevet français fera pâle figure.
Si l’on n’a pas encore compris, voici toutes les précisions nécessaires :
« Une évolution est actuellement engagée pour permettre une transformation des cours d’ELCO en cours de langue vivante étrangère dispensés aux élèves sur le temps scolaire. Cette évolution permettra de valoriser, par une plus-value pédagogique, l’apprentissage des langues concernées, tout en s’inscrivant pleinement dans le cadre d’une politique linguistique cohérente et diversifiée mise en oeuvre dans les cartes académiques des langues ».
Nous le savons, la culture arabe ne se dissocie pas de la religion musulmane. Les ELCO qui visaient essentiellement à soutenir le vœu des pays musulmans de garder le contrôle de leurs populations immigrées, et de les soustraire au libéralisme de l’Occident, visent en réalité à promouvoir une arabisation et une islamisation des enfants maghrébins, destinés à s’ouvrir aux enfants français?
Les ELCO sont une réponse aux exigences des pays musulmans à maintenir un encadrement idéologique et religieux des enfants de l’immigration.
Et à terme, ces ELCO sont destinés aussi à l’encadrement idéologique des locuteurs natifs. Autrement dit, des enfants qui ne sont pas issus de l’immigration. La destruction de la culture et de la tradition de notre culture d’origine – la culture chrétienne comme la langue française qui la soutient – est très clairement programmée.

Marion Duvauchel
Professeur de lettres et de philosophie