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Robert Ménard ou la grande illusion

À l’instar de Saint-Paul sur le chemin de Damas, Robert Ménard aurait eu la révélation sur le chemin de Béziers. Si l’on en croit ses déclarations au Figaro du vendredi 11 mars, il a suffi d’une rencontre avec une famille de réfugiés ukrainiens en sa mairie pour que l’édile retrouve tout à coup son cheminement de pied-noir qui, de son Algérie natale, le conduisit en 1962 en France, laquelle, on le sait, réserva un bien mauvais accueil à ces Français d’outre-Méditerranée.

Et s’il a mille fois raison de dire qu’il n’a pas envie « d’offrir cette même froideur » aux victimes de Poutine, doit-il pour autant récuser toutes ses positions antérieures, tout son discernement d’antan et avoir honte de ce qu’il disait hier encore du danger de l’immigration musulmane incontrôlée que subit notre pays sans vraie résistance du pouvoir ni protection efficace pour nos concitoyens ?

Doit-il confondre ces réfugiés provisoires qui ont fui l’Ukraine bombardée mais qui entendent bien y retourner dès que les combats auront cessé afin d’ y retrouver leur famille, leur mari ou leurs parents qui combattent l’envahisseur russe, doit-il les confondre avec les migrants tant légaux que clandestins majoritairement d’origine musulmane, qui viennent dans notre pays perçu comme une vache à lait offrant des avantages sociaux et médicaux uniques au monde, pour s’y installer à demeure en refusant bien souvent de s’assimiler ; au contraire, ils se communautarisent, constituant des enclaves obéissant plus aux lois de la charia qu’à celles de la République et considèrent comme mécréants tous ceux qui n’appartiennent pas à la “vraie religion” qui, bien souvent, doivent quitter leur habitation quand ils le peuvent.

L’invasion de l’Ukraine aurait-elle brouillé les esprits au point que Robert Ménard voit dans la réticence manifestée par certains Français devant une immigration incontrôlée, les prémisses « d’une guerre de religion » ? Y aurait-il, à ses yeux, un affrontement à craindre entre chrétiens et musulmans ? En l’occurrence, c’est plutôt l’islam qui menace ou qui, à travers ses fidèles radicaux, assassine, ou encore manipule en banalisant le voile dans l’espace public ou en cherchant à imposer l’appel à la prière dans les rues, sous prétexte d’égalitarisme, puisque les cloches, elles, ont le droit de sonner. Sauf que les cloches sont la voix des églises qui ont marqué notre histoire depuis 1500 ans, alors que l’appel à la prière est le marqueur d’une religion importée qui ne fait pas partie de notre civilisation et qui veut s’imposer. Religion ou plutôt idéologie conquérante, elle n’est pas, contrairement à ce que prétendent ses thuriféraires, une religion d’amour et de paix : il suffit d’étudier son histoire passée et présente avec son cortège de meurtres et de destructions, comme on l’a vu en Syrie, en Irak, en Afghanistan, ou en France qui subit depuis une décennie le terrorisme islamique.

Mais, adepte du grand écart, Robert Ménard poursuit : « On peut être ferme sur les sujets de l’immigration, de l’insécurité et de l’identité, tout en étant dans l’optimisme et la bienveillance. » ! Et d’enfoncer le clou : « Dire : ceux-là sont européens et chrétiens, on peut les accueillir, et ceux-là, parce qu’ils sont musulmans et pas européens, il ne faut pas, c’est dégueulasse. C’est une saloperie. » D’où sa condamnation de Zemmour, un idéologue « d’une brutalité excessive », et la confirmation de son ralliement à Marine Le Pen qui apporterait « de meilleures réponses et qui se serait « arrondie » et serait moins prisonnière de postures ». Opportuniste, pourrait-on dire…

Robert Ménard se recentrerait-il ou rejoindrait-il le camp de la bien-pensance, inlassable dénonciatrice d’une prétendue islamophobie ? Il devrait alors se demander pourquoi la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la Moldavie, la Roumanie qui, refusant d’être submergées par les migrants et les clandestins, leur ferment leurs frontières, les ouvrent, au contraire, toutes grandes aux Ukrainiens et dans des proportions sans commune mesure avec les autres pays européens, alors que leur niveau de vie est nettement inférieur. D’une part, parce qu’ils savent que ce sont des réfugiés qui n’ont pas vocation à s’incruster, d’autres part parce que ce sont des Européens avec lesquels ils partagent les mêmes valeurs culturelles, historiques et spirituelles. Rappelons, au passage, que ce sont les Polonais aujourd’hui décriés et sanctionnés par l’Union européenne pour refus de quotas des vagues migratoires, qui, par deux fois, aux XVIe et XVIIe siècles, ont sauvé l’Europe en repoussant les Ottomans qui assiégeaient Vienne, dernier verrou avant la conquête du continent. Ce que, contrairement à nous, ils n’ont pas oublié.

Robert Ménard donne l’impression de réagir aux sentiments, non à la raison, tout le contraire du politique qui ne doit pas se laisser gouverner par l’émotion. D’autant qu’il faut aussi s’interroger sur les tenants et aboutissants de cette guerre barbare déclenchée par Poutine que rien ne saurait excuser ni justifier, mais qui est l’aboutissement du jeu de l’Union européenne qui, sous influence américaine, n’a tenu aucune des promesses faites par Busch à Gorbatchev en 1991, au moment de la chute de l’URSS, de ne pas élargir l’UE et son bras armé, l’OTAN, en direction des pays de l’Est, au lieu d’instaurer un dialogue et de maintenir le dialogue… Les Américains ont continué l’extension de l’OTAN vers l’Est, ce qui a entraîné la colère de Poutine dès 2007, un Poutine déjà président autocrate, nostalgique de la grande Russie et dont le passé de kagébiste aurait dû inciter à la prudence. Prenant prétexte du maintien du projet d’élargissement de l’OTAN à l’Ukraine, il n’a pas hésité à envahir le pays, négligeant l’accord de séparation entre la Russie et l’Ukraine prononcé par les présidents d’alors Kravtchouc et Eltsine, en usant de pseudo-justifications et de mensonges éhontés.

Nous nous devons de saluer l’héroïque résistance du peuple ukrainien, son courage, son sacrifice, un exemple pour nos sociétés défaitistes, autodestructrices, sinon collaborationnistes, mais ne confondons pas les victimes du totalitarisme qui trouvent refuge dans nos pays d’accueil avec les migrants qui s’imposent et représentent une énorme charge financière, outre une insécurité grandissante. Ils n’ont ni la même conception de la liberté ni le même respect de l’autre.

Le 16 mars, à la Matinale de CNews, Robert Ménard, invité par Laurence Ferrari, a renchéri dans son indignation sélective. Si Mélenchon, Zemmour et Marine Le Pen sont coupables d’avoir eu dans le passé des complaisances pour Poutine, Mélenchon par anti-américanisme primaire, Zemmour et Marine parce que Poutine, bien qu’autoritaire et bien peu démocrate, se présentait, en manipulateur consommé, comme le défenseur de la chrétienté et des valeurs occidentales mises à mal par le mondialisme, la décadence et la lâcheté, tous trois ont dénoncé et condamné l’agression. Mais si Marine échappe à la lapidation, car elle aurait changé, si Mélenchon est absous par ses groupies, Zemmour au contraire est ostracisé par son ancien ami : il serait presque aussi mauvais que Mélenchon, à la différence que celui-ci est, en plus, islamo gauchiste et défile avec les islamistes. De fait, Ménard tombe dans le panneau : il faut blanchir Marine pour qu’elle soit présente au 2e tour et battue, et au contraire, enfoncer Zemmour car plus retors et plus dangereux pour le président candidat.

Marion Maréchal qui a rejoint Zemmour, et donc trahi sa tante (objet des toutes les attentions ménardiennes), est, elle aussi, mise à l’index : n’a-t-elle pas demandé ironiquement à Ménard si, parmi les réfugiés syriens et irakiens qui ont déferlé sur la France (et dont beaucoup venaient aussi d’autres pays), ne se cachaient pas des terroristes, comme l’actualité, hélas, l’a prouvé ? Propos inadmissibles aux yeux du nouveau chevalier blanc pour qui tous les réfugiés se valent. Qu’il se rassure : parmi les réfugiés ukrainiens se glisserait un certain nombre de clandestins venus du Maghreb, d’Afrique ou du Moyen-Orient. Signalons que Ménard fait aussi preuve d’angélisme quand il peint l’OTAN en force démocratique chargée de nous protéger du nouveau despote. La réalité n’est pas si simple et mériterait un long développement pour comprendre dans quel guêpier nous nous sommes fourrés qui marque le retour à une nouvelle guerre froide, sans parler d’une crise gravissime pour l’économie mondiale.

Max Chaleil




La France a « l’Europe au cœur »… et le covid aux fesses

Ainsi monsieur Jean veut nous priver de boissons et de nourriture dans les trains que nous allons prendre en cette nouvelle année 2022. Mais c’est pour notre bien, annonce le zélé porte-voix du chouchou des pétochards, des rentiers et des agioteurs. Mourir du covid ou mourir de soif et d’inanition sur les trajets longue distance, voilà une question existentielle que devrait pourtant se poser notre matamore dont la riche expérience comme maire de Prades (6 000 habitants) et comme élu départemental des Pyrénées-Orientales, aurait dû contribuer à forger le caractère et à aiguiser le flair politique.

Natif du Gers, engagé dans une carrière politique sans éclat, Jean Castex fut affublé par ses compatriotes d’un sobriquet renvoyant à un célèbre acteur comique du Midi. Et de fait, dans le rôle du ravi de la crèche, il excellait et nous surprenait à chacune de ses interventions, surtout flanqué de son acolyte, le docteur Véran, chevalier à la triste figure. Manquait toutefois Salomon dont les diagnostics mortifères endeuillaient nos soirées télévisées de 2020. Depuis lors, Diafoirus a laissé pousser sa barbe et se tient coi.

Cependant, Castex, dont l’alarmisme prenait jusqu’ici l’air bonasse d’un vieux politicard blanchi sous le harnais, accent à couper au couteau en prime, durcit le ton, à l’exemple de son maître qui, pour séduire son électorat, ostracise les réfractaires au vaccin et les jette en pâture aux bien-pensants et aux tremblants. Terminées les grandes envolées sur le vivre-ensemble et le respect de l’autre, sur moi, président de tous les Français…

Pour Emmanuel Macron, l’année 2022 semble s’engager sous les meilleurs auspices, avec la présidence par la France du Conseil de l’UE pour six mois (du conseil, pas de l’UE, nuance). Aussi, à peine les douze coups de minuit du 31 décembre avaient-ils sonné que le président de la République faisait déployer tous azimuts les couleurs de l’Europe et retirer le drapeau tricolore de l’Arc de Triomphe. Et malgré la cérémonie au Panthéon où, main dans la main, Von der Leyden (l’Europe) et Emmanuel Macron (la France), voulaient faire croire à l’union sacrée et annonçaient de grands projets plus ou moins flous, Macron, en éliminant notre drapeau, avait montré où allaient son cœur et son idéologie. Pourtant, Ursula n’avait pas lésiné : « La voix de la France porte haut et fort. Et la France a l’Europe au cœur. » Les Français ne furent pas dupes. Du coup, dans la nuit, quelques petites mains macronistes remirent en place les trois couleurs.

Autre aubaine, le covid, car, savamment instrumentalisé, il est devenu la menace suprême, celle qui fait oublier toutes les autres pourtant beaucoup plus dangereuses : attentats, violences insécurité, immigration massive, communautarisme, déconstructionnisme, séparatisme, attaques systématiques contre les forces de police, paupérisation continue des plus pauvres et des plus fragiles, inflation, démantèlement du service public et, en guise de cadeau aux nouvelles générations, un endettement abyssal du pays.

L’épidémie a aussi le mérite d’asphyxier la campagne présidentielle pourtant déterminante pour notre avenir, mais l’essentiel pour le pouvoir n’est-il pas de remporter les élections pour mieux inféoder le pays à l’Europe et à la mondialisation ? Pour cela, une méthode infaillible : effrayer la population âgée qui vote massivement, au détriment des plus jeunes arbitrairement muselés et vaccinés (et qui ne votent pas ou peu), alors que selon de nombreuses études médicales, ils sont les moins en danger et les moins susceptibles de développer le covid. Porteurs du virus, sans doute, mais pas plus que les vaccinés ou ceux qui ont connu la maladie.

Face au danger, face aux irréductibles qui refusent le vaccin et que l’on nous invite à dénoncer, sinon stigmatiser ou punir, notre Président incarne le sauveur suprême pour les seniors et autres nombrilistes dont la petite personne est plus précieuse que le destin du pays. À coup sûr, ces fidèles électeurs ont apprécié la sortie du Président qui, droit dans ses bottes, a lancé à la cantonade: « Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder, et donc on va continuer à le faire jusqu’au bout. » À en croire les aboyeurs macronistes, ce serait eux les responsables de la contamination, ce qui est déraisonnable, vu le nombre de cas. En réalité, les non-vaccinés, surtout âgés, prennent des risques pour eux-mêmes, mais, à ce jour, la vaccination n’est pas obligatoire et ces obstinés ne contreviennent pas à la loi.

S’il est vrai que ces personnes sont en danger, peut-on affirmer sérieusement que, contaminées, elles prennent la place d’autres malades ? En réalité, n’est-ce pas là une façon de se dédouaner et de faire oublier la responsabilité du gouvernement et de ceux qui l’ont précédé) dans les carences hospitalières ? Une façon aussi de menacer ces “irresponsables”, de les traiter en pestiférés, en boucs émissaires. C’est là un langage clientéliste classique, alors que celui qui l’emploie n’est pas encore candidat, mais président de la République ! Et qu’il ne devrait pas, en tant que Président de tous les Français, instaurer la ségrégation. N’a-t-il pas affirmé, parlant des non-vaccinés, qu’ils étaient irresponsables et qu’un irresponsable n’est plus citoyen ? Par contre, les terroristes ne sauraient être déchus de leur nationalité, car « tout le monde est citoyen », avait-il déclaré en 2016.

Ce qui en dit long sur la désinvolture et la morgue de Macron, enfant gâté auquel tout est permis. Un langage de charretier savamment étudié mais qui, faisant suite aux “gens de peu’’, “aux gens de rien”, en dit long sur le regard que notre Président porte sur le pays profond, à ses yeux arriéré et rétrograde et qui constitue un frein à la « mondialisation heureuse » et à la modernité, fussent-elles mortelles pour nos valeurs, notre culture, notre histoire.

Aujourd’hui, notre pays est fracturé, désocialisé, les gens se regardent en chiens de fusils, car chacun est perçu comme un danger pour l’autre, et sont à deux doigts de dénoncer les déviants, les réfractaires. Ils ne se serrent plus la main mais se tendent le poing et se réfugient dans leurs cocons, en acceptant passivement le muselage et le confinement. Tout ce que, à quoi s’oppose, à juste titre, la jeunesse qui refuse d’être enterrée pour cautionner une politique organisée au profit des seuls électeurs macronistes.

Mais quel rôle joue donc notre factotum, sinon celui d’un Monsieur Loyal cherchant à persuader les Français que son maître est la meilleure assurance-vie contre la Camarde, la sauvegarde assurée, en un mot qu’il est le protecteur qui veille sur vous et pour qui il faut voter. À l’Assemblée nationale, après les rodomontades de Véran, Castex bombe le torse, gesticule, vitupère, accable les opposants au passe vaccinal en les rendant responsables de l’aggravation de l’épidémie. Et, se tournant vers ses anciens collègues républicains (qu’il a lâchés pour rejoindre Macron), il les accuse, en usant d’un mélo de pacotille et d’une indignation grand guignol : « Hier, 272 de nos concitoyens sont morts du fait de la maladie. Pendant ce temps… certains s’ingénient à faire des coups politiques ! » Mauvais remake des déclarations de Macron qui, confirmant ses “emmerder”, tirait à vue sur les non-vaccinés, dans un français laborieux : « Non seulement ils mettent en danger la vie des autres mais ils restreignent la liberté des autres, et ça, je ne peux pas l’accepter. » Pâle doublure du Président, le Premier ministre se fait aujourd’hui foudre de guerre. « Le pauvre homme », aurait dit Molière…

Max Chaleil




La gauche et la tentation totalitaire : le fascisme a changé de camp

Antifas, black blocks, ultra gauchistes, woke, fanatiques de la cancel culture, décolonialistes, LGTBQ-Q, multiculturalistes, genrés bi ou tri (sinon plus), néo-féministes et autres MeToo acharnées à traquer l’hétérosexuel blanc, écolos radicaux, antispécistes, déconstructivistes, antiracistes… tous ces islamo-compatibles sont autant de rejetons fourbus de la gauche qui, au nom de l’antifascisme, se font les idéologues d’une dictature progressiste.

Est-ce à l’image de Staline, « le petit père des peuples », ténor des « lendemains qui chantent », qui a martyrisé son peuple, l’a affamé, emprisonné, déporté ? Et ce aux applaudissements des communistes du monde entier. Une politique initiée par Lénine qui, au dire de l’anarchiste Emma Goldman, était « le politicien le plus souple de l’histoire », lequel n’hésita pas, après les élections libres de 1917, à dissoudre la Douma où les bolcheviks étaient minoritaires. Démocrate oui, mais à condition de détenir le pouvoir. N’hésitant pas, après ce coup de force anti-démocratique, pour lequel il avait fait appel aux marins de Kronstadt, à liquider ces derniers, en 1921, quand ceux-ci s’inquiétèrent de la dérive bolchevique. Répression menée par Trotski, chef de l’Armée rouge, qui, durant la guerre civile, combattit plus férocement les anarchistes de Makhno que les blancs de Wrangel et Denikine.

L’utopie sanglante lancée au nom de Marx et de la dictature du prolétariat (sur qui ? le peuple…), ne s’arrêterait plus. Dignes continuateurs de Lénine, Staline, Mao, Pol Pot et quelques autres réussirent à liquider 60 millions de personnes, le nazisme seulement 25 ! Un « terrorisme d’État » permanent qui a exploité ses propres populations au nom d’un « avenir radieux », rappelle Nicolas Lecaussin, essayiste d’origine roumaine qui a vécu sous la férule de Ceausescu. Et qui n’oublie pas de rappeler que les dictatures progressistes ont toujours cours au Laos, au Vietnam, en Erythrée, en Corée du Nord, en Chine, ou encore à Cuba et au Venezuela (qu’affectionne tant notre leader maximo Mélenchon), soit un cinquième de la population mondiale.

Selon Lénine, admirateur de Robespierre le guillotineur, le parti a toujours raison sur le peuple. Faut-il, pour autant, comme le disait ironiquement Brecht, dissoudre le peuple ? Une vision que semblent partager nos progressistes, acharnés à faire table rase de notre civilisation. Tous ces valeureux combattants du fascisme (vaincu en 1945, voilà bientôt 77 ans !) continuent à nous annoncer son retour, se référant sans cesse aux années trente, piètres acteurs d’un mauvais théâtre qu’ils ânonnent depuis quarante ans au lieu de se pencher sur les problèmes d’aujourd’hui.

À l’opposé du consensus démocratique qui permet à chacun d’exprimer ses idées afin de permettre aux électeurs de faire leur choix, les antifas et autres justiciers de série B décident qui peut être toléré, qui doit être empêché. Ce déni a un nom : totalitarisme, lequel est divers. Ce qu’avait montré l’Austro-marxiste Otto Rühle qui, dans les années trente, publia Fascisme brun, Fascisme rouge. En 1939, le pacte germano-soviétique confirma son analyse en montrant la similitude et la connivence des deux dictatures. Quant à nos socialistes et radicaux français, ne votèrent-ils pas, à quelques exceptions près, les pleins pouvoirs à Pétain et n’est-ce pas eux qui fournirent les premiers fonctionnaires de Vichy ? Rappelons aussi que Mitterrand, élu en 1981 premier Président socialiste de la Ve République, fut un jeune homme acquis aux thèses maurassiennes, plus tard Secrétaire d’État de Pétain, décoré de la Francisque par le Maréchal, et qu’il ne renia jamais ses amis de la Collaboration, comme Bousquet qui envoya de nombreux juifs à la mort. Après un passage à vide et bien des intrigues et des discours trompeurs, le grand imposteur enfila l’habit socialiste et s’associa aux communistes (avant de les étouffer) pour accéder au pouvoir. Habile politique, il sut manipuler les foules en lançant le slogan Front républicain rempart contre l’hydre fasciste. Mais, derrière ses professions de foi socialistes, l’homme s’employa à inféoder notre pays à l’Europe. Ce que poursuivirent allègrement ses successeurs de droite, toujours lâches et obtus, toujours en quête de bonne conscience. Pourtant, à force de trahisons et de reniements, le PS a perdu son électorat, plafonnant aujourd’hui à 3% d’intentions de vote pour la candidate Hidalgo.

Côté communiste, Fabien Roussel, candidat crédité de 1%, qui voudrait empêcher Zemmour de se présenter aux élections, devrait se rappeler ses glorieux aînés, Duclos en tête, qui n’hésitèrent pas à demander à l’Occupant allemand l’autorisation de faire reparaître L’Humanité, et qui entrèrent en résistance seulement en 1941 quand le Reich envahit l’URSS. On le voit, les comportements “révolutionnaires” peuvent cacher bien des turpitudes.

Le combat qui avait du sens quand il s’agissait de lutter, au péril de sa vie, contre les nazis et leurs alliés collabos, n’est aujourd’hui qu’une pantalonnade qui désigne un ennemi inexistant, en refusant de voir les islamistes comme l’ennemi principal, islamistes qui ont assassiné plusieurs centaines de Français, en ont blessé des milliers d’autres, ciblant en priorité juifs et chrétiens, qui attaquent les forces de l’ordre, font régner une insécurité généralisée et gangrènent le pays. Mais nos gauchistes se voilent la face, en les cautionnant quand ils vont manifester à leurs côtés, quand ils refusent de condamner le voilement des femmes, leur enfermement, quand ils réclament l’accueil généralisé aux migrants sans se demander comment notre pays pourra les supporter et quelle sera alors la place des “Français de souche” qui, pour nos « pourfendeurs du mal », sentent le moisi et méritent de disparaître.

Une gauche qui a renié les valeurs que hier encore elle défendait, qui a troqué la lutte des classes pour la lutte des races, et a substitué aux ennemis d’hier (le bourgeois, le capitaliste, le réactionnaire) de nouveaux démons : l’homme blanc, forcément colonialiste, forcément prédateur sexuel. Une gauche souvent antisémite qui se camoufle derrière un antisionisme justifié par la défense de l’intouchable cause palestinienne. Une gauche qui encense le multiculturalisme et accable le patriotisme. Qui dénonce en permanence l’islamophobie, une invention des Frères musulmans. Qui voit en ses compatriotes mal-pensants des coupables et dans l’étranger (fût-il un ennemi déclaré de la France, voire un criminel) une victime. Qui veut éradiquer notre histoire, nos racines, nos lois, notre art de vivre, notre culture, notre patrimoine, notre langue, pour y substituer d’autres cultures, d’autres façons de vivre souvent inconciliables avec les nôtres. Mais pour ces gauchistes en manque de révolution, dont les parents “firent 68”, en se jouant le grand frisson quand il s’agissait tout au plus d’un pétard mouillé qui permit aux plus malins (Geismar, Cohn-Bendit,…) d’accéder au pouvoir et de devenir des notables, les choses ont changé.

La gauche, en refusant de voir la réalité, en rejoignant les troupes du libéralisme et du mondialisme, en substituant au social le sociétal branché, en reniant ses idéaux, en accablant ce qu’hier encore elle défendait, est devenue, derrière ses allures de matamore, une alliée du pouvoir macronien. À qui servent-ils ces nervis qui veulent interdire toute parole à qui n’a pas leur assentiment, qui n’hésitent pas, si besoin, à recourir aux injures, aux menaces, aux calomnies, à l’intimidation, à la violence pour imposer leurs idées haineuses. Qui menacent de décapitation Tanguy David, le jeune Noir pro-Zemmour, car pour ces antiracistes autoproclamés, en fait racistes anti-Blancs, un Noir qui cautionne le diable Zemmour ne peut être qu’un collabo. Bonjour le communautarisme obligatoire et la pensée unique. Pourtant, ces militants biberonnés au lait trotskiste, maoïste ou castriste, se gardent bien de rejoindre les pays communistes, notamment la Chine que, hier encore, ils célébraient, laquelle incarne le plus haut point de la dictature technologique, qui musèle et enferme ses contestataires. Une dictature sans limites telle que l’avait imaginée Orwell.

Encagoulés, nos gauchistes anonymes s’achètent une bonne conscience anticapitaliste en attaquant un ennemi imaginaire version grand guignol, et en se drapant dans le drapeau de la radicalité peinturluré aux couleurs de l’écologie, des minorités sexuelles et de l’utopie diversitaire. Dans leur entreprise de mise à sac de leur propre pays, ces nihilistes, disons plutôt ces dhimmis, conjuguent leur esprit de soumission face aux conquérants, à leur violence vis-à-vis de leurs compatriotes. On en a eu un exemple jeudi 16 décembre 2021 dans l’émission de Cyril Hanouna où Zemmour fut interrogé trois heures durant, notamment par les chiens de garde du prêt à penser : Caron l’antispéciste, Corbière l’insoumis, Moreno la ministre chargée de l’Égalité hommes-femmes et de la Diversité. L’invective à la bouche, ils offraient un bel exemple du totalitarisme en marche. N’y aurait-il pas chez eux, comme le dit Bock-Côté, « une étrange fascination pour la tyrannie » ?

On aimerait savoir comment ces nouveaux croisés réagissent au livre que vient de publier William Goldnadel, Manuel de résistance au fascisme d’extrême-gauche, où il affirme que le fascisme a changé de camp. Les groupuscules antifas seraient-ils l’équivalent des milices fascistes d’hier ?… Assertion inacceptable pour la bien-pensance idéologique : il n’est en effet de fascisme que de droite, hier le Front national, aujourd’hui Zemmour, même s’ils ne bafouent pas les lois de la République, même s’ils n’ont pas commis de meurtres. Harceler, traquer, interdire de parole ceux qu’ils stigmatisent devient un devoir pour ces guerriers du néant qu’applaudissent les nostalgiques de la « gauche morale ». Du moins ce qu’il en reste.

Max Chaleil




Élections 2022 : les canassons et l’étalon

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Grande nouvelle : Xavier Bertrand est rentré dans le rang. Le matamore qui devait terrasser Macron se voit distancé par Zemmour. Du coup, Sa Suffisance a besoin de toutes les voies républicaines pour essayer de s’imposer en évinçant Pécresse et Barnier qui, eux aussi, caressent la même illusion.

À six mois des élections, chacun entonne son couplet, énumère les promesses pour séduire la clientèle, une langue de bois aussi généreuse que creuse, et qui se garde bien de parler de financement. Mais comment restaurer une confiance qui a du plomb dans l’aile, comment entourlouper un électorat qui ne croit plus au père Noël macroniste, malgré la propagande des médias, dans leur quasi-totalité au service du pouvoir, notamment le service public, France Télévisions et Radio France, et dont les journalistes brillent par leur souplesse et leur bonne conscience ? Convaincre, s’imposer, rassurer, mais entreprise épineuse tant on a vu de ténors de droite comme de gauche répondre aux appels d’En Marche, ce qui en dit long sur leurs convictions politiques. Carriéristes sans vergogne, ils n’ont d’autre choix, s’ils sont battus, que de faire allégeance au vainqueur. À cet exercice, les politiques excellent, cela fait partie du métier.

Dignes successeurs des chefs d’État qui, depuis Giscard, ont été les artisans sinon les complices du déclin de la France, nos candidats d’aujourd’hui feignent de durcir le ton. On a même vu Bertrand, devant le succès des thèmes défendus par Zemmour, les reprendre, et lui qui, hier encore, ostracisait le polémiste, évoque le spectre de la guerre civile, mais en refusant de faire « l’amalgame entre les musulmans et les islamistes », lesquels se réclament pourtant de l’islam, version salafiste ou Frères musulmans.

La décomposition touche tous les partis et si les Républicains sont à la ramasse, la gauche, elle, est en coma profond. La liste PS, conduite par la passionaria hidalguense bien connue, hélas ! des Parisiens dont, sous prétexte de modernité de pacotille et d’écologie primaire, elle défigure la ville, est dans les choux. Anne ferait pire que Benoit en 2017 et ne franchirait pas la barre des 5 % !

Le camarade Mélenchon, notre Trotski hexagonal, promet aussi à tout va, sauf que ses élucubrations, ses surenchères échevelées, ses flirts sinon ses collages avec l’islamisme, le rendent de moins en moins crédible. Son face-à-face avec Zemmour le 23 septembre sur BFM TV, a souligné son côté tribun de fête foraine qui n’hésite pas à glorifier une France créolisée, à réciter les traditionnelles litanies sur l’islam religion de paix et d’amour, à mettre sur le même plan le voile imposé aux femmes musulmanes et le fichu que nos grands-mères plaçaient sur leur tête pour se rendre à l’église ! Selon lui, toutes les religions se valent, affirmation gratuite mais utile au leader maximo qui, à l’assimilation républicaine, préfère l’arlequinade communautariste. Notre batteur d’estrade a même prétendu que Zemmour voulait supprimer les prénoms musulmans qui aujourd’hui fleurissent partout au détriment des prénoms du calendrier républicain, (obligatoire du début du XIXe aux années 1990 où, sous le règne de Mitterrand, la loi fut abrogée), alors que Zemmour y voit seulement une grille de lecture pour mesurer l’islamisation du pays.

Toujours dans la mouvance gauchiste, EELV qui surfe sur son fonds de commerce écolo en jouant la carte apocalyptique, en se proclamant fer de lance de la lutte contre le dérèglement climatique et la pollution (seuls les écolos patentés seraient-ils conscients des menaces qui pèsent sur la planète ?), épouse bien d’autres causes : « immigration heureuse », remise en cause de la société et de la culture occidentales, mais aussi de l’hétérosexuel blanc prédateur inné, adhésion aux combats des minorités sexuelles et racialistes… autant de combats ayant peu de chose à voir avec l’engagement écologiste. Démagos, les Verts prônent le tout électrique et la suppression du nucléaire sans dire comment répondre à une demande énergétique exponentielle. Quant aux énergies alternatives proposées, éoliennes et panneaux solaires, quid de leur faible rendement ? Quid de la défiguration irrémédiable des paysages et du patrimoine qu’entraînerait la prolifération des éoliennes ? Quid de la pollution engendrée par l’extraction des métaux rares qu’elles réclament ? Quid enfin des bornes de charge pour les voitures électriques qui devraient être les seules autorisées en 2035 ? Actuellement, on en dénombre 41 000 sur l’espace public, il en faudrait 11 millions en 2030 ! De joyeuses files d’attente en perspective…

Avec le choix de Jadot pour porter les couleurs à la présidentielle, on a échappé à deux extrémistes : Éric Piolle, maire de Grenoble dont les habitants dénoncent la dangerosité et Sandrine Rousseau selon laquelle notre système économique, social et sociétal prendrait, utiliserait et jetterait « le corps des femmes, le corps des plus précaires, le corps des racisés ». Encore une fanatique peinte en vert, une féministe extrémiste, woke, qui lance à la cantonade des mots d’ordre compulsifs visant à effacer la « souillure française » et à jeter à bas notre identité et notre culture. À déconstruire l’homme. La jeunesse verte shootée au catastrophisme, et dont la culture politique et la culture tout court ne sont pas la tasse de thé, semble apprécier les outrances et les anathèmes des Khmers verts, surtout quand ils s’attaquent à la France. Un écolo-hybride, Rossignol, maire socialiste de Rouen, qui coiffe une majorité vert-rose-rouge, féminise la ville à marches forcées, débaptisant et rebaptisant à tour de bras. Son adjointe, Laura Slimani, n’y voit que du bien. Rossignol veut aussi déboulonner la statue de Napoléon pour la remplacer par celle de Gisèle Halimi. Dans le monde d’Ubu, c’est à qui sera le plus déjanté et le plus dangereux ? Aux dernières nouvelles, Jadot, pour ne pas s’aliéner les militants écolos-radicaux, nommerait la pétroleuse Rousseau présidente de son conseil politique de campagne…

En Macronie, le Président sortant tente de redorer son blason en distribuant, « quoi qu’il en coûte », un argent qui vient gonfler la dette abyssale du pays. Parallèlement, le champion du « En même temps » demande pardon aux harkis, eux dont les parents avaient choisi la France et qui, en 1962, ont été abandonnés aux mains du FLN qui les a torturés et massacrés ; et, quelques semaines plus tard, il rend hommage aux quelques quarante morts algériens de la manifestation (interdite) du 19 octobre 1961, victimes, selon lui, d’un crime inexcusable. Mais plutôt que de criminaliser l’histoire de France, il faudrait rappeler le climat de guerre qui régnait alors en France, notamment dans la capitale, le FLN ayant étendu à la métropole sa stratégie d’attentats, le même FLN qui avait massacré de nombreux militants du Mouvement Nationaliste Algérien, concurrent du FNL. Rappeler aussi que 22 policiers avaient été tués la même année, ce qui peut expliquer la violence de la répression lors de la manifestation. Pourquoi ne pas saluer leur mémoire et pourquoi passer sous silence le massacre de juillet 1962, à Oran, de plusieurs centaines de pieds-noirs ?

Déjà, en 2017, le même Macron, en campagne électorale, avait, à Alger, accusé la France de crime contre l’humanité. N’était-ce pas une façon de se rappeler au bon souvenir des banlieues qui reçurent le message 7 sur 7 et votèrent Macron à 97 % ? C’était là approuver le pouvoir algérien, corrompu, qui, depuis 60 ans, se fonde sur la haine de notre pays et qui n’en a jamais assez de repentance et de génuflexions. Le Président algérien ne vient-il pas d’inviter les Algériens de France à peser sur la politique française ? Comment interpréter autrement la candidature aux présidentielles d’Anasse Kazib qui se dit syndicaliste communiste et se présente sous l’étiquette Mouvement communiste Révolution permanente mais qui a banni le drapeau tricolore de sa campagne ? Curieuse attitude pour un candidat aux hautes fonctions de la République.

Macron déploie également son « en même temps » dans le domaine énergétique en promettant et les éoliennes et les réacteurs nucléaires. Même tartuferie face à la colère populaire liée à la hausse des carburants impactant les Français modestes auxquels Castex propose une aumône de 100 €, alors que les taxes sont le fait de l’État qui pourrait les diminuer au lieu de jouer les bons samaritains. Malgré tout, son image n’est pas trop dégradée, covid oblige, une aubaine pour infantiliser et anesthésier la population, tant au museau qu’au ciboulot.

Marine a voulu se refaire une vertu en se recentrant dans l’espoir de séduire la droite qui la boude, mais c’est en s’écartant de ses fondamentaux : immigration, islamisation, insécurité, pour se coucher devant Bruxelles et accepter les diktats de la Commission européenne. Mauvaise donne qui laisse le champ libre à Zemmour lequel, dans les sondages, la dépasse.

Trouble-fête, celui-ci crédité de 17 % des suffrages avant même de s’être déclaré candidat, menace les camps aussi bien ennemis que complices. Nul doute que la droite encore sans programme et sans candidat officiel, sera défaite. Qu’en sera-t-il de Marine, opposante idéale pour Macron, car battue d’avance tant par son manque de crédibilité auprès des électeurs que par les ralliements à Macron de la gauche et de la droite soucieuses, diront les ténors, de barrer la route à la peste brune, pendant qu’ils ouvrent les écluses à l’immigration et reculent devant les bandes armées qui incarnent la véritable menace fasciste ?

Quant à Zemmour, il nomme les ennemis de la France, ce qui oblige les candidats à se définir par rapport aux problèmes essentiels et non plus à les esquiver. Zemmour met en garde contre une disparition programmée de notre pays, de notre civilisation. Que l’on soit d’accord ou non avec ses idées et ses propositions, reconnaissons-lui le mérite de troubler le jeu et de mettre au grand jour ce que taisent les politiques, que ce soit par incompétence ou, plus souvent, par lâcheté. D’où leurs attaques imbéciles et leur sempiternelle réduction ad hitlerum. Ainsi le bouddha du Sénat se croit malin quand il identifie Zemmour à Radio-Kaboul, tandis que le président républicain de la région Grand Est identifie ses partisans à la « France moisie ». L’obscur marcheur Morello parle d’un « venin fasciste », Hidalgo se dit « écœurée jusqu’à la nausée » et Schiappa « horrifiée ». Bourlanges, un MoDem macronisé (par ailleurs, excusez du peu, président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, député des Hauts-de-Seine, ancien député européen, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, itinéraire exemplaire d’un politique cumulard) décrète que « Zemmour n’est pas gaulliste mais pétainiste ». Dans son déni de la violence intercommunautaire qui pourtant est partout en augmentation, il prétend que Zemmour veut exclure « de la fraternité républicaine des millions de fidèles d’une grande religion ». Salafistes et terroristes inclus, sans doute…

Ces misérables écrans de fumée sont impuissants à masquer une réalité accablante :

Comment ressusciter une industrie qu’on a liquidée sans état d’âme ?

Comment reconstruire une école qu’on a sciemment détruite ?

Comment récupérer les territoires perdus de la République abandonnés à l’islamisation ?

Comment freiner la libanisation de la France, alors que depuis quarante ans nos six présidents de la République ont ouvert les frontières à une immigration sans cesse grandissante présentée comme une « chance pour la France », en méprisant le refus massif de la majorité silencieuse ?

Comment retrouver notre souveraineté qu’ils ont cédée à la communauté européenne, fossoyeuse des nations et avant-garde de la mondialisation ?

Comment sauver notre indépendance énergétique sacrifiée à des utopies écologistes?

Comment lutter contre l’appauvrissement des classes populaires et des couches défavorisées quand on a, depuis des décennies, tout fait pour enrichir les riches ?

Comment lutter contre la pollution et le dérèglement climatique si l’on ne désigne pas les vrais coupables au lieu d’exercer une écologie punitive contre notre pays ?

Comment éradiquer les vols, violences, crimes, trafics sur lesquels on a longtemps fermé les yeux et qu’une justice partisane encourage ?

Comment lutter contre les courants gauchistes extrémistes acharnés à détruire les valeurs nationales quand on tolère leurs manifestations au sein de l’École et de l’Université, encensées par les intellectuels branchés et les médias courbettes ?

La tâche est immense, résultat de plus de 40 ans de laxisme, de permissivité, de couardise dont la gauche comme la droite sont responsables. Ce n’est pas elles qui pourront faire le ménage, pas plus que les Verts et autres gauchos islamistes. Qui donc osera s’attaquer au sauvetage et à la reconstruction de la France ?

Il est en effet grand temps d’agir, car partout l’islamisme radical est en marche : en Afrique, au Moyen-Orient, au Liban à nouveau au bord de la guerre civile. On l’a vu en Afghanistan où la fuite d’un Biden froussard et démagogue est une faute politique majeure. Faute stratégique aussi car abandonner ses armes à l’ennemi, c’est encourager partout le radicalisme islamique qui, avec une poignée de talibans, peut se targuer d’avoir vaincu la première puissance mondiale. C’est affaiblir l’Occident tout entier.

Comment ne pas voir dans le destin des femmes afghanes qui, après vingt ans de démocratie où elles s’étaient épanouies, étaient devenues professeurs, juges, médecins, députées… ont été, du jour au lendemain, enfermées, voilées, interdites d’exercer leur métier, molestées, parfois exécutées, une image de ce qui attend les Occidentales : la fin de leur liberté et de leur autonomie, fruit d’un combat de plusieurs siècles pour l’égalité. Pourtant, face au danger qui menace la démocratie et les femmes particulièrement, nos féministes sont réservées : il ne faudrait pas en effet ostraciser l’islam et risquer d’être accusées d’islamophobie, de racisme et de connivence avec l’extrême droite, increvable épouvantail pour museler toute critique, alors qu’aujourd’hui l’extrême droite n’a guère de victimes sur les bras quand le radicalisme islamique est comptable, lui, d’innombrables massacres.

Qu’ont donc à voir pareils aveuglement, pareils reniements avec le courage des femmes afghanes qui, après la prise du pouvoir par les talibans, ont osé manifester pour revendiquer leurs droits ? Avec le sacrifice des femmes kurdes et yézidies dans leur lutte contre Daesh ?… Au moment où l’islam avance inexorablement et annonce son but de domination mondiale, au moment où les pays européens sont submergés par un flux migratoire ininterrompu qui nourrit une cinquième colonne soutenue par les gauchistes collabos, futurs dhimmis, l’Occident se préoccupe de sujets dérisoires (par exemple, comment emmener « la trop mignonne Chouquette » en vacances à travers l’Europe ?) sinon indécents, tel le couturier Balenciaga qui présentait, le 13 septembre, à New-York, un modèle en combinaison-robe noire intégrale, couvrant le visage et le corps, à l’image du niqab que les talibans imposent aux Afghanes.

Un Occident lâche, inconscient, décadent, dont l’atmosphère rappelle celle qui régnait à Constantinople à la veille de sa prise par les Turcs Ottomans le 29 mai 1453, signant la fin de l’empire byzantin qui avait duré 1000 ans.

Max Chaleil




Le fabuliste et l’affabulateur

Pris d’une passion soudaine pour Jean de La Fontaine, le Président s’était rendu à Château-Thierry, ville natale du fabuliste, pour célébrer sa naissance en compagnie de Fabrice Lucchini qui, lui, est un véritable amoureux de la poésie française. En réalité un prétexte pour venir assister le candidat LREM dans les Hauts de France, l’obscur Laurent Pietraszewski qui, entre autres ministres inconnus, avait déjà eu le soutien de Darmalin et celui (mortifère) de l’illustre Moretti-Dupond, ministre de la Justice et qui, après une brillante campagne dans le Pas-de-Calais, obtient un dérisoire 8,2% des voix. Hélas ! la débandade fut mémorable au point que le prétendant LREM ne fut même pas retenu pour le deuxième tour. Qu’il se rassure, toute la Macronie but la tasse du même coup. Même succès en Ile de France où, pourtant, la fringante Martine Schiappa avait fait la danse du ventre au profit de l’anonyme Laurent Sainte-Marie.

Le grand vainqueur, on l’a dit et redit, est le parti des abstentionnistes : deux Français sur trois. Un record historique qui souligne la dégoûtation d’un demi-siècle de magouilles, de clientélisme, de forfaitures, d’alliances contre nature entre ennemis d’hier soudain acoquinés pour garder le pouvoir, toujours plus prompts à se servir qu’à servir le pays. Des politicards coupables d’avoir abandonné le peuple de France, de s’être montrés lâches, menteurs, opportunistes. Comment pareille engeance pourrait-elle encore duper le peuple qui a si souvent été pris pour une piétaille négligeable et corvéable à merci ? Comment pourrait-il souscrire aux promesses, aux bavardages, aux trémolos, aux postures, quand il voit que rien n’est fait, quand il constate que la justice est gangrenée par la bien-pensance, le droits de l’hommisme, le sacro-saint Etat de droit, quand l’insécurité se généralise, se banalise, que les violences, les vols, les viols, les violences (qui sont peu ou pas sanctionnés et qui, quand ils le sont, voient les jugements peu ou pas appliqués) touchent non seulement les banlieues, mais aussi les autres quartiers, l’ensemble des villes et des bourgs. Quand l’islamisme radical a pignon sur rue et que le terrorisme s’installe, quand la pauvreté s’accroît et que, parallèlement, la richesse s’intensifie, quand l’écologie punitive frappe les classes moyennes et populaires pour satisfaire les bobos-trottinettes et les gogos qui confondent le combat pour la protection de la nature, la lutte contre la pollution avec le goût du pouvoir et les avantages qu’il apporte. Décarbonons, décarbonons, pompilisons, éoliennisons, défigurons, sanctionnons (alors que la France est l’un des pays au monde le moins polluant : 0,9% contre 28% pour la Chine ; que fait donc le tandem Bayou/Jadot ?) mais, en même temps, capitalisons.

C’est dire que le peuple ne croit plus à une démocratie qui lui a été confisquée et ce depuis pas mal de temps : que l’on songe au traité de Maastricht auquel les Français avaient dit non mais que Sarkozy, par un coup de Jarnac, fit accepter. Même chose aujourd’hui avec l’immigration incontrôlée qui se poursuit depuis des décennies à raison, aujourd’hui, d’environ 400000 personnes par an, alors que les Français, de droite comme de gauche, sont à 70% contre. Comment dès lors souscrire à la farce électorale même si, en ne votant pas, on fait le jeu des professionnels qui, eux, ont su réunir leurs électeurs obligés ?

Face à la déroute macronienne, la gauche, dit-on, aurait résisté, mais c’est surtout dans ses fiefs historiques où elle est implantée depuis longtemps et où elle a su se faire une clientèle, les électeurs y votant par esprit de famille, sinon par reconnaissance. En revanche, pour La France Islamo-gauchiste du Mélenchon maximo, c’est la déroute ; alors, pour surnager, Clémentine la radicale s’associe au duo PS/EELV pour former, avec l’ectoplasmique Bayou et l’égérie de la gauche racisée Pulvar un trio de dynamiteros. Et ce au grand dam des socialistes historiques, style Manuel Valls.

Quant aux Républicains qui ont surpris tout le monde, il faut relativiser car l’unanimité est loin d’être au rendez-vous : Pécresse roule pour elle et a fondé son propre parti, avec, en perspectives, les présidentielles. Bertrand, lui, est prêt à s’allier avec le diable et s’est pareillement émancipé de LR en se déclarant préventivement candidat pour 2022, histoire de couper l’herbe sous les pieds à ses camarades.

À défaut d’un Macron empêché, il pourrait être, aux présidentielles, un candidat de l’establishment macro-républicain, sauf si l’on ressortait du chapeau le poivre et sel Philippe. Pour lui les régionales sont un galop d’essai et son discours radical le soir des résultats contre le Rassemblement national est une invitation à ressusciter le Front républicain qui lui a été fort utile aux dernières élections régionales, quand la gauche, dans un sacrifice altruiste, s’est sacrifiée sur l’autel de la République.

Ne s’agit-il pas surtout de barrer la route à Wauquiez qui, fort de son succès, pourrait être le candidat d’une droite décomplexée et musclée ? Lui, en tout cas, n’a pas fait de déclaration anti-RN, à la différence de Xavier et de Valérie ou encore de l’inénarrable Muselier qui, champion du double jeu, a joué la carte macroniste dès le début et qui, malgré cela, fut intronisé par les Républicains. Voilà qu’en sus, il va, une fois encore, bénéficier du retrait de la gauche, le but étant de battre Mariani à tout prix, car il est sans doute le seul à avoir une envergure nationale. D’où, entre les deux tours, le pèlerinage à Notre-Dame de Marseille des ténors républicains qui, toute honte bue, viennent adouber l’Arlequin républicain.

Le Rassemblement national, lui, est sanctionné pour avoir renié ses fondamentaux en acceptant l’Europe, l’euro, Schengen, la CEDH, en prônant l’union nationale, en refusant le lien entre islam et islamisme, en quelque sorte en s’embourgeoisant pour séduire un électorat modéré, au risque de perdre son socle radical. Faute tactique, surtout à un moment où le pays vire de plus en plus à droite et affirme son attachement aux valeurs de la République et de la France et réclame des mesures d’urgence.

Certes, on ne s’attendait pas à de grands bouleversements politiques en dépit des sondages de plus en plus fantaisistes, et nul doute que le 2e tour confirmera le 1er.

Une chose est sûre : la macronie est KO. Après un an de muselière, après la mise sous serre des Français, leur infantilisation, le champ politique a changé. Mais que feront les élus après la secousse du 20 juin ? Reverront-ils leur copie ?

La seule question est de savoir ce que sera le vote des abstentionnistes en 2022 et qui sera dans le peloton de tête ? Wait and see.

Max Chaleil




Confinement : protection ou liquidation du peuple de France ?

Après une gestion chaotique, irresponsable de l’épidémie de covid-19 en mars dernier, le gouvernement a abordé la nouvelle vague sans avoir tiré les leçons de la première, sans avoir rien préparé, se contentant de satisfecit et d’enfumage. Ainsi, chaque soir, le tandem Véran croque-morts et Castex, nommé Premier ministre pour sa tête rassurante et son accent bon enfant, sonnent le tocsin, dressent la liste des malades admis à l’hôpital, le nombre de morts et la progression de l’épidémie. La méthode est classique : quand, par incurie, on est responsable de l’engorgement des hôpitaux, on crie au feu, on inverse les rôles, le responsable devenant le sauveur et la victime le nouveau responsable, car, bien entendu, ce sont les Français qui ont failli en ne suivant pas à la lettre les oukases du gouvernement. Ils seront donc reconfinés.

Oubliées les décisions contradictoires (masques décrétés inutiles en mars, obligatoires aujourd’hui), les promesses non tenues (12 000 lits de réanimation annoncés et jamais livrés), l’indifférence à l’égard des nombreuses alertes lancées par plusieurs sommités médicales, les décisions prises dans la panique. Ainsi, après le confinement, le déconfinement suivi du reconfinement, après le premier couvre-feu très vite suspendu, l’annonce d’un nouveau couvre-feu aussitôt démentie.

S’installe ainsi un climat d’angoisse entretenu par les médias, visant à faire croire aux Français qu’on est vigilant, histoire de masquer la gestion lamentable de la crise. En leur demandant, PV à l’appui, de se montrer disciplinés : un pas de plus vers l’inféodation. En réalité, ne s’agit-il pas d’ajouter l’auto-surveillance à la surveillance, de faire entrer Big Brother dans nos esprits et, du coup, accepter la culpabilisation ?

Si l’on devait en croire certains sondages, les Français réclameraient le confinement, y voyant le seul bouclier à l’infection, alors que ce sont là des mesures palliatives puisque les mesures préventives n’ont pas été prises en leur temps, comme si l’on courait après le virus au lieu de le précéder. Et sans qu’aujourd’hui on teste systématiquement toute la population, comme certains pays d’Europe ou du Sud-est asiatique le font, pour isoler les gens contaminés et non confiner indistinctement tout le monde. Mais le bon sens ne semble guère de rigueur chez nos hauts fonctionnaires, énarques et politiciens de tous bords auxquels les citoyens font de moins en moins confiance. Ce que confirment les sondages récents qui mettent en doute la capacité de l’État à gérer la triple crise : sanitaire, économique et sécuritaire.

En effet, de plus en plus de citoyens s’interrogent sur ces décisions prises sans concertation (sinon avec une poignée de courtisans serviles) par des politiques s’affranchissant allègrement de toute procédure démocratique et, sous prétexte d’efficacité, mettant le pays devant le fait accompli. Quant à ceux qui acceptent leur inféodation, ils regroupent les obsédés du principe de précautions qui préfèrent leur placard sécurisé à la liberté, une survie sous cloche à une vie responsable, la frilosité à l’audace, la lâcheté au courage. On a là, ironise Sylvain Tesson, une société qu’on a infantilisée depuis des années et qui « veut être maternée. En retour, elle sera paternée ».

Ainsi poursuit-on l’entreprise de “décervelage sanitaire”, afin de former les citoyens à leur destin d’individus mondialisés, un monde où l’élite seule décide de ce qui est bon pour le peuple. Le tout enrobé des considérations humanitaires habituelles. Pourtant la pandémie montre au grand jour que le mondialisme tous azimuts, cheval de bataille de l’Union européenne, a dépouillé notre pays de son autonomie. Alors que, voilà encore peu temps, nous produisions masques, tests, médicaments, les grandes entreprises ont choisi de se délocaliser en Chine pour accroître leurs bénéfices (privés). Au bout du compte, ne sommes-nous pas semblables à cette plèbe romaine que l’Empire tenait en laisse en lui offrant des jeux et du cirque ? La domestication contre un assistanat sirupeux payé par un accroissement vertigineux de la dette (publique).

Dans le cadre de ce deuxième confinement, le gouvernement a décidé de fermer la plupart des magasins jugés « non essentiels » ; et, dans ceux qui restent ouverts, il a interdit l’accès aux rayons non alimentaires. Curieusement, ce sont les petits commerces de centre-ville, dits de proximité (ou du moins ce qu’il en reste), qui ont dû baisser le rideau alors que les grandes surfaces, souvent situées en périphérie des villes, restaient ouvertes. Mais pourquoi un salon de coiffure où le port du masque et les distances de sécurité sont respectés serait-il plus dangereux qu’un grand magasin où se presse une clientèle bien plus importante ? Et comment croire une seconde aux promesses de revalorisation des centres-villes et de résurrection du petit commerce, alors que les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, ont, durant des décennies, favorisé à leurs dépens le développement des super et hypermarchés, dont pourtant les bénéfices n’irriguent guère l’économie locale. Le confinement est, pour ces enseignes, l’occasion de tirer les marrons du feu et de développer leur chiffre d’affaires. Aubaine aussi pour les plateformes géantes, comme Amazon, qui offrent tous les produits devenus inaccessibles en magasins « essentiels » et dont les ventes en ligne ont explosé.

Même déraison gouvernementale avec les restaurants qui pourtant appliquaient strictement les règles de sécurité et qui, du jour au lendemain, ont dû cesser leur activité et risquent de perdre leur clientèle et de sombrer. Avec la fermeture des cafés, des théâtres, des cinémas, des musées, des salles de concerts, des librairies… nos villes sont devenues des déserts. Où se rencontrer, se restaurer, où prendre un verre, discuter, échanger, rester dans la convivialité ?… Beaucoup de ces lieux de vie, indispensables à notre équilibre, sont en péril…

Certes, l’épidémie fait des ravages et de nombreuses victimes, mais il faut la mettre en parallèle avec d’autres pandémies et fléaux coûteux en vies humaines. De plus, les ‘‘solutions” mises en avant ont-elles quelque efficacité ? D’autant que la plupart des contaminations se font plutôt dans les transports, à l’école et au lycée où les élèves sont souvent serrés, notamment à la cantine. Très peu dans les rue et les commerces qui ont toujours été stricts en matière de sécurité. Mais les écoles restent ouvertes afin de permettre aux parents de travailler, les transports fonctionnent, notamment aux heures de pointe (moment de la plus forte densité), pour que chacun rejoigne son lieu de travail. Aussi, malgré l’inquiétude légitime, monte un sentiment de défiance, sinon de rejet, « un risque qui n’est pas sans rappeler les Gilets jaunes », selon Le Parisien du 31 octobre.

La mise à mort des librairies est venue clore le tableau des mesures absurdes, surtout dans le cadre du confinement où la lecture est plus nécessaire que jamais, où l’individu a besoin de nourritures spirituelles pour échapper à l’enfermement. Car le livre, c’est l’évasion, l’imaginaire, la liberté, le tête à tête avec un auteur, vivant ou disparu. Comme l’écrit Sylvain Tesson : « Les livres sont les seuls à savoir vivre ensemble », à l’opposé des idéologies et des religions totalitaires où il sont l’ennemi public n°1, ce que soulignent de façon éloquente les autodafés, hier des nazis ou des communistes, maintenant des barbus mais aussi, en gestation, des extrémistes du politiquement correct rêvant de détruire tout ce qu’ils jugent non conforme à leur idéologie simpliste et totalitaire. Dans une librairie, au contraire, cohabitent toutes les pensées, complices ou contradictoires, d’hier, d’aujourd’hui, de demain… Une librairie, c’est le dialogue, non l’exclusion ou la négation de celui qui pense autrement.

La France, « fille aînée de la librairie », selon la belle formule de Sylvain Tesson, reste profondément attachée au livre, miroir de notre histoire et de celle de l’humanité. L’exception culturelle française, c’est le nombre de ses librairies qui font partie du décor et de la vie des villes grandes et moyennes, mais aussi de bourgs qui ne veulent pas mourir. Une densité culturelle sans commune mesure avec celle de bien des pays occidentaux, comme les États-Unis où certaines villes importantes n’ont même plus une seule librairie…

Aujourd’hui, plus de flânerie littéraire, plus d’échange… À la place, une tablette anonyme, image de la perte d’un humanisme au profit d’une technologie sans âme. Comment retrouver à l’écran le toucher, l’odeur du papier, la sensualité… en un mot l’amour insatiable qui, une vie durant, vous nourrit et jamais ne vous déçoit ?

De plus en plus de libraires, d’auteurs, d’éditeurs réclament la réouverture des librairies déjà en situation difficile. Mais la dictature sanitaire commande et si le pouvoir, arc-bouté sur sa stratégie punitive, ne change pas de cap, la fermeture aura un effet dévastateur sur l’ensemble du secteur, entraînant la disparition d’un grand nombre de petits et moyens libraires et éditeurs. Ici, comme dans d’autres secteurs menacés, le confinement sent le cercueil.

Si la situation devait se prolonger, d’innombrables faillites sont à craindre, aggravant le chômage, la précarité, la marginalisation d’une partie de la population, pouvant ruiner notre économie et engendrer de possibles débordements. Et ce alors que les islamo-fascistes et les terroristes sont en guerre contre notre civilisation, et qui, profitant de notre affaiblissement, pourraient intensifier leurs attaques. Le gouvernement aurait-il plus de courage pour fermer les petits commerces que pour lutter réellement contre notre ennemi mortel ? Comment la France, recrue de crises et de menaces, résistera-t-elle au séisme, résultat de 40 ans de lâcheté et d’immobilisme des gouvernements successifs ?

Max Chaleil




Les architectes Godart et Roussel : les croque-morts de Notre-Dame

L’incendie qui a ravagé la cathédrale de Nantes, dont l’auteur, un réfugié rwandais que les autorités ecclésiastiques avaient chargé de fermer les portes de l’édifice ! et qui ne donne aucune explication à son acte criminel, tout en exprimant de vifs regrets ! ravive la polémique : il est clair que nos édifices religieux les plus significatifs de la spiritualité occidentale sont dans le collimateur des intégristes et autres excités si l’on songe au nombre d’églises chaque jour vandalisées. Mais que fait-on pour les protéger et pour punir sévèrement les coupables ? Rien, sinon les lacrymo-déplorations, les sempiternelles promesses et autres effets de torse.

Dommage pour les « rénovateurs » des édifices religieux incendiés ou vandalisés que la cathédrale de Nantes n’ait pas subi les mêmes dommages que Notre-Dame, même si, excusez du peu, un précieux vitrail du XVe siècle ait explosé et que les orgues historiques aient été réduites en cendres.

Car il existe nombre d’architectes croque-morts à tourner autour des bâtiments sinistrés pour proposer leur « vision futuriste » bien qu’esthétiquement poussive. Un exemple en était donné dans un article du JDD  du 19 juillet, nous offrant les « états d’âme » de deux architectes associés, Paul Godart et Pierre Roussel, sous le titre : « Notre-Dame méritait plus d’audace », tout en s’agenouillant par deux fois devant la décision du Président de reconstruire la flèche de Notre-Dame à l’identique et non, comme il l’avait annoncé après l’incendie, en proposant un concours international d’architectes pour une reconstruction contemporaine, ils déplorent pareille décision, précisant que leur intention « relevait moins de la mégalomanie que l’on prête à notre profession [seraient-ils donc lucides ?] que d’une véritable envie de faire renaître l’architecture sacrée de ses cendres ». Rien que ça !

Mais, que je sache, Notre-Dame n’est pas réduite en cendres, seulement la flèche érigée en 1859 par Viollet-le-Duc, copie de celle détruite à la Révolution. La prétention des deux architectes associés en dit long sur leur vision du patrimoine de la France. Pour eux, l’important c’est un patrimoine ruiné sur lequel les gens dits « de progrès » pourraient greffer leurs élucubrations architecturales. « Nous avions, poursuivent-ils, jeté les bases d’une réflexion consistant à accepter la disparition d’une œuvre d’art magnifique et la nécessité d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la cathédrale. » Définir Notre-Dame qui, rappelons-le, n’a pas disparu, comme une œuvre d’art magnifique est un peu plat : ils auraient pu parler d’un chef-d’œuvre de l’art gothique, d’un sommet de la civilisation occidentale, de l’âme d’un pays, d’un haut lieu spirituel, d’un miracle architectural où la foi d’un peuple et d’une époque s’incarne dans le travail d’artisans de génie : charpentiers, maçons, tailleurs de pierres, sculpteurs, peintres, verriers… souvent anonymes.

À défaut d’œuvrer pour la sauvegarde du patrimoine auquel les Français sont tellement attachés (76 % selon un récent sondage) et dans lesquels se reconnaissent nombre d’étrangers admiratifs de la richesse et de la beauté de notre pays, nos deux compères préfèreraient le réinventer, le mettre au goût du jour. On retrouve ici la dévotion systématique au Progrès, tarte à la crème (rassie) où l’on joue la nouveauté contre la tradition, l’innovation contre l’obscurantisme, l’avenir radieux contre un passé poussiéreux. Une fois encore, on veut enterrer hier au bénéfice d’aujourd’hui et faire table rase de ce qui a fait notre histoire et de notre culture pour y substituer des utopies branchées.

Nos deux théoriciens déplorent que Notre-Dame leur soit passée sous le nez, occasion qui leur aurait permis de donner la mesure de leur talent ; qui en aurait fini avec ces monuments fossilisés, symbole de la France réac, pour y substituer un caca nerveux paré des plumes de la modernité.

Et nos visionnaires de déplorer que Macron, qui avait promis une cathédrale « plus belle encore » (il ne s’agissait pourtant que de la flèche !) ait cédé face au « large consensus » mis en avant par Roselyne Bachelot pour une réfection à l’identique. Ils regrettent que le Président à la « vision progressiste de l’histoire de la France » (il fut pourtant une époque où le candidat-Président déclarait qu’il n’y a pas de culture française) n’ait pas su résister à « la vox populi et à quelques conservateurs psalmodiant la charte de Venise ». À nouveau resurgit le mépris du peuple et des conservateurs, individus jugés bornés et incapables d’apprécier l’architecture contemporaine, l’art contemporain, la musique contemporaine, tout ce que l’élite branchée se doit d’admirer, sous peine d’excommunication. Au passage, nos architectes associés fustigent « la cohérence architecturale » célébrée par l’archiprêtre de la cathédrale, concept à leurs yeux désuet et ridicule. Et nos Trissotins de l’inviter à prendre conscience « des époques et des styles qui se sont superposés pendant des siècles sur cette bâtisse ».

Manque de pot, Notre-Dame fut construite à l’initiative de Maurice de Sully mort en 1196, entre 1163 et le milieu du XIIIe siècle, ce qui lui donne sa cohérence et sa grandeur. Les autres ajouts furent mineurs, jusqu’à Viollet-le-Duc qui répara les dégradations des XVIIe et XVIIIe siècles. Il semble échapper à nos deux visionnaires que Notre-Dame, cette « bâtisse » comme ils disent, a marqué l’histoire de France, a vu passer les rois et les grands hommes, de Saint-Louis à Charles VI, d’Henri IV à Louis XIII, de Napoléon à de Gaulle ; qu’elle fut le cœur battant de Paris, comme l’a si bien montré Victor Hugo. Le cœur de la France.

Pour les deux larrons arc-boutés sur leurs certitudes progressistes, « L’architecture, premier des arts, a-t-elle pour vocation de n’être qu’un instant figé dans le temps et l’espace jusqu’à ce que les flammes le détruisent ? » (Y aurait-il donc une fatalité incendiaire ?) Car pour eux, en reconstruisant à l’identique, « nous ne faisons que conforter l’opinion publique dans sa certitude que tout est éternel ». Pour cette prétendue élite, l’art est ludique, éphémère, alors que l’art nourri du passé mais sans cesse renouvelé, imprègne et façonne les générations successives. Leur art iconoclaste, quand il prétend faire acte de création, use de matériaux périssables sous leur déguisement révolutionnaire, art qui n’est, le plus souvent, que ridicule et affligeant. Art totalitaire car, dans sa volonté hégémonique, il invite à jeter aux oubliettes tout ce qui ne souscrit pas à son impérialisme.

La reconstruction à l’identique, définie comme « le pastiche d’un vestige déjà anachronique », est pour eux une injure à l’art contemporain. Pourtant, quand on voit ce qui a été proposé comme projets de flèche new look, on peut s’interroger sur la santé mentale de certains artistes ou concepteurs d’avant-garde. L’ego boursouflé d’artistes autoproclamés débouche rarement sur une grande œuvre capable de traverser les siècles, car ici l’individu, ivre de vanité, porté par la mode et la reconnaissance de la tribu, prime sur l’œuvre et prétend lui donner un sens qu’elle n’a pas.

Il est d’autres architectes qui ont entonné la même rengaine. Dans Le Parisien du 10 juillet, la question était posée : fallait-il reconstruire la flèche à l’identique ? Roland Castro que l’on a connu moins consensuel, se range, après avoir beaucoup hésité, dans le camp des traditionalistes, même si c’est avec des arguments puérils : le XXIe siècle n’étant pas religieux, Notre-Dame est devenue un bâtiment républicain qui fait partie de notre mémoire collective ! En revanche, le tant célébré Jean-Michel Wilmotte est violemment contre, y voyant « l’éternel clivage entre les traditionalistes et ceux qui se tournent vers le futur » À preuve, avance-t-il, on aurait pu installer la fibre optique sur la flèche avec un éclairage ad hoc, ou créer une troisième flèche symbole de notre époque ! D’autres avaient proposé des réalisations tout aussi absurdes, dont les gens de bon sens (le peuple inculte bien sûr) se sont gaussés à juste titre.

En désespoir de cause, ces bobos suffisants en appellent à l’esprit rebelle de la France qu’une construction radicalement provocatrice aurait pu mettre en avant. L’esprit rebelle ne serait-il pas plutôt de juger librement sans s’inféoder à une pensée formatée et ringarde ?

Max Chaleil




Macron et sa clique : chronique d’une trahison annoncée depuis 2012

À la suite de mon texte sur Riposte Laïque du 23 mars (Sommes-nous dirigés par des sauveurs ou des fossoyeurs ?), j’en avais un nouveau pour essayer d’y voir clair dans l’embrouillamini qui témoigne du désarroi d’un gouvernement naviguant à vue. Mais je voulais entendre l’allocution présidentielle du 13 avril 2020 pour savoir si la barre était à présent solidement tenue. Hélas non…

https://ripostelaique.com/sommes-nous-diriges-par-des-sauveurs-ou-des-fossoyeurs.html

L’habituelle tisane s’est faite bouillon de poule en surfant sur les registres de l’empathie, de la solidarité avec les petits, de l’humilité (nouveau style de Macron), le tout en exaltant les valeurs de la France que, hier encore, on méprisait. Il n’y a plus l’élite et les ploucs, mais une France rassemblée autour de l’épreuve. Au passage, on prétend que la pénurie médicale a frappé tous les pays, ce qui est faux (cf. l’exemple du Sud-Est asiatique), et que c’est grâce aux inlassables efforts engagés par le gouvernement, et qui commenceraient à porter leurs fruits, qu’Emmanuel Macron nous invite, une fois l’épidémie jugulée, à la refondation de la France, variante de l’union sacrée. Avec qui ? Serait-ce en reconduisant nos politiciens et en confiant, une fois encore, nos destinées à ceux qui ont failli ? Ne s’agit-il pas là d’un discours pré-électoral plus que d’un bilan, une adresse aux Français qui relève du bavardage non de l’art oratoire ? Il n’est qu’à comparer les 29 minutes du Président aux 4 minutes de la reine d’Angleterre et aux 10 minutes de Boris Johnson.

Paroles, paroles paroles… chantait Dalida. Promesses promesses, promesses… pourrait être le nouveau refrain. Certes, des mesures ont été engagées mais – je l’explique plus loin – restreintes du fait de la pénurie et de l’imprévoyance. En attendant, le confinement est prolongé jusqu’au 11 mai. Serait-ce à cause du pont du 8 mai ?… Mais Castaner, le barbu de l’Intérieur, laisse planer le doute : OK si tout va bien. Belle harmonie que voilà…

Et en mai, sinon plus tard, dans quel état se trouvera le pays ? Pour rassurer, le Président parle de rouvrir les écoles le 11 mai, peut-être pour libérer les parents et leur permettre de reprendre le travail. Mais l’on se contentera de tester les personnes présentant des symptômes (quid des porteurs sains ?), alors que la seule solution serait de tester tout le monde et de mettre en quarantaine les individus contaminés, ce qu’a fait l’Asie du Sud-Est. Une fois encore, ce pouvoir aux mâles accents marche sur la tête. Refondation, une perspective dont se gargarise d’Artagnan, mais ne risque-t-on pas, au contraire, de devoir gérer la faillite économique et sanitaire ?

La politique de démantèlement du système médical et hospitalier ne date pas d’aujourd’hui, et ceux qui ont succédé à Bertrand des Hauts de France se sont révélés pire encore. Sous le règne de François le Joufflu, histrion devenu roitelet, les « réformateurs » en tout genre fleurirent et purent déployer leurs talents destructeurs. Valls, Taubira, Belkacem, Hamon, Fabius, Touraine : issue d’une famille de médecins, fille du sociologue socialo Alain Touraine, elle fut ministre des Affaires sociales et de la Santé, de 2012 à 2014, puis simple ministre des Affaires sociales. Pour la première fois depuis des années, le gouvernement Hollande remanié ne comptait aucun ministre de la Santé ! Mais l’entourage de Marisol assurait que « la santé restait bien dans son périmètre » !

Quant à Macron, fils d’un couple de médecins, il fut ministre de l’Économie de 2014 à 2016, après avoir été, à partir de 2012, secrétaire adjoint de Hollande qu’il dupera en se faisant élire Président en 2017. Ce sont eux qui disloquèrent à qui mieux mieux l’économie et la société françaises, privilégiant les intérêts de la finance mondialiste au détriment du pays, sans oublier leurs propres intérêts comme Cahuzac, ministre délégué au Budget de 2012 à 2013, pris la main dans le sac pour fraude fiscale et condamné en 2018.

Comme paravent à l’enterrement du social et de l’industrie nationale (Alstom vendu par Macron à General Electric, par exemple), ils se focalisèrent sur le sociétal dans ses expressions les plus délirantes présentées comme le plus haut point de la modernité et du progressisme : minorités sexuelles et ethniques, féminisme et lobby LGTB pourfendeurs de l’hétérosexuel blanc (symbole du machisme), écolos/radicaux/bobos portant sur la poitrine la médaille de sainte Greta, mais aussi leurs excroissances véganes et species ; indigénistes, décolonisateurs, racialistes œuvrant pour la réécriture de l’histoire et la repentance occidentales ; pédagogistes allumés du ciboulard et cautionnés par Belkacem, puis Hamon, revendiquant l’abaissement de la langue française au profit des langues de diverses ethnies installées en France, refusant bien souvent de s’assimiler ; obsédé(e)s de l’égalitarisme préconisant la féminisation systématique des noms, l’écriture inclusive et autres infantilismes ; culte de la bien-pensance et de la haine de soi, de son identité, de son pays forcément mauvais, forcément raciste, forcément colonialiste, ouverture inconditionnelle aux migrants perçus comme le sel de la Terre… Taubira, la passionaria de l’anticolonialisme et de l’antiracisme alla jusqu’à réclamer des compensations pour les descendants d’esclaves, oubliant d’évoquer la traite interafricaine et la traite négrière menée par les musulmans durant dix siècles (du VIIIe au XVIIIe siècle, voire au-delà). Mais il est vrai que c’est là un sujet tabou. aux yeux de cette gauche moraline qui se prend pour la gardienne du temple progressiste.

Le progressisme et ses corollaires : modernité, anticonformisme militant, culte du futur contre un passé jugé mauvais parce que passé, autant de « vérités établies » qui constituent le prêt-à-porter d’une gauche qui a changé son fusil d’épaule et craint par-dessus tout de passer pour ringarde. C’est également le profil d’une commère socialiste qui, sans appartenir au gouvernement Hollande bien que proche du Président, se fit élire maire de Paris à la suite de Bertrand Delanoë. Au nom de la sacro-sainte modernité, dame Hidalgo a durement sévi, enlaidissant et défigurant la capitale qu’elle a infestée de prétendues œuvres d’art : plug anal de la place Vendôme, ballon-citrouille crevé sitôt installé, tulipes-nouilles de Jeff Koons, projet d’emballage de l’Arc de Triomphe par Cristo que l’épidémie a contrecarré, entre autres « chefs-d’œuvre » à la décrochez-moi-ça. Pour Mme le maire, dont la culture artistique n’est sans doute pas la tasse de thé, le contemporain c’est la modernité, et la modernité est forcément bonne. Il est donc urgent d’initier les Parisiens, fussent-ils sceptiques ou rigolards. C’est ainsi que la Ville Lumière, la ville aux mille tours que célébrait Hugo, s’est enrichie de cochoncetés décrétées géniales puisque hors de prix. L’argent toujours…

En tournant le dos au social, sinon en le liquidant, indifférents aux valeurs de la France, épousant les modes les plus aberrantes pourvu qu’elles fussent dites d’avant-garde, les « socialistes hollandais » rompaient avec leurs prédécesseurs qui, depuis le XIXe siècle, avaient célébré le pays et ses valeurs, l’avaient défendu, exalté. Le parti de la rose, soi-disant défenseur du faible et de l’opprimé, était devenu mondialiste, acquis désormais à la religion du profit.

S’ensuivit la dislocation de l’économie, conséquence des délocalisations en quête de main-d’œuvre bon marché et de profits accrus, abandon des pans entiers de notre industrie, ouverture aux produits douteux mais bon marché, mettant en péril notre agriculture, concentration des richesses dans les mains d’une « élite » toujours à la recherche de profits exponentiels, tel fut le projet méthodiquement mené par les renégats.

Touraine Marisol en est un bon exemple : socialiste pur sucre nantie d’une solide fortune, elle est à l’image de cette gauche caviar qui, tout en feignant de réclamer l’égalité sociale et la dignité pour tous, veille d’abord sur ses intérêts et ses privilèges d’un autre temps. Marisol brèche-dents, tout en surfant sur les sujets à la mode (parmi ses combats majeurs, notons le projet de loi en faveur du paquet de cigarettes neutre !), achevait en sous-main, avec l’approbation de Hollande, le travail de sape déjà engagé : liquidation systématique des stocks de masques (un milliard de masques chirurgicaux et 600 millions de masques FFP2) qu’avait constitués Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Santé, laquelle fut moquée pour ses précautions jugées rétrogrades, et accusée de dilapidation des fonds publics. Parallèlement, on supprimait d’innombrables emplois dans le secteur de la santé, on réduisait les budgets, on fermait des hôpitaux comme l’Hôtel-Dieu vendu semble-t-il à un groupe immobilier, ou, mieux encore, l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, pourtant l’un des fleurons du système hospitalier français. Ce dégraissage permettait de financer l’aide sociale toujours plus dispendieuse et souvent détournée par les fraudeurs, mais conforme à l’humanitarisme qu’on ne saurait mettre en question. En clair, on dépouillait le collectif pour le particulier en laminant le système hospitalier pour accroître les aides pour tous et à tout va.

Il importait aussi de mettre en compétition les salaires nationaux jugés trop élevés par rapport à ceux, misérables, de la main-d’œuvre servile du tiers-monde, pour se recentrer sur des domaines politiquement plus porteurs et économiquement plus juteux, tout en soutenant les combats à la mode et en cédant aux groupuscules rugissants. Cela était bon pour la communication alors que s’intéresser aux difficultés de millions de Français marginalisés, clochardisés par la mondialisation dite heureuse, faisait vieux jeu. Et puis qu’ils crèvent, ces pauvres, ces « sans-dents » moqués par Hollande, et laissent les riches s’enrichir. Car, au final, les gens de la périphérie, « gens de peu » étaient moins bien traités que les migrants et les populations des banlieues où les aides étaient de règle, comme l’a montré Christophe Guilly.

Peut-on rappeler qu’à l’époque, parmi les collaborateurs de la frétillante Marisol, on comptait un certain nombre de compères socialistes, tel le sautillant petit Griveaux (confiné pour raisons extramédicales), ou encore Jérôme Salomon, aujourd’hui prêcheur macroniste qui nous délivre chaque soir sa potion lénifiante : « Le port du masque est inutile. » Bien sûr, puisqu’il n’y en a toujours pas pour les simples quidams. Et régulièrement, de répéter que les commandes sont faites, que les masques vont arriver et que l’industrie textile (du moins ce qu’il en reste) se recycle dans leur fabrication. Mêmes promesses pour les tests et les appareils respiratoires. On annonce enfin, foi d’animal, que l’on va procéder prochainement au dépistage systématique. Il serait temps ! Mais comment, vu la pénurie ? La Corée du Sud et d’autres pays du Sud-Est asiatique l’ont réalisé voilà un bout de temps en ne lésinant pas sur les moyens médicaux et en prenant le problème à l’endroit : tests massifs pour tous afin de dépister les personnes positives et les mettre en quarantaine, et non en confinant de façon préventive les individus indemnes et les individus possiblement contaminés. Le beau programme gouvernemental cache en fait un amateurisme et une incroyable impréparation qui ont entraîné une dramatique pénurie dont nos prêcheurs sont, quoi qu’ils en disent, les premiers responsables.

Ce qui n’empêche pas nos trois mousquetaires, Salomon, Véran, vieux briscard socialiste devenu marcheur, bombardé ministre par défaut après le départ de Buzyn, Philippe le raseur sentencieux, de saluer le dévouement du personnel soignant, lequel n’a que faire de cette récupération. Ces femmes et ces hommes sont tout simplement héroïques et s’engagent sans compter, ce dont leur sont reconnaissants les Français qui, tous les soirs, à 20 heures, les ovationnent. Que dit, en effet, une aide-soignante : « On n’est pas des héros, on est des soldats sans armes » ? Ou encore Marion, infirmière à Alès : « Nous ne sommes pas des héros, on fait ce métier car on aime les gens. » Et ce médecin qui a dû acheter des masques au marché noir. Et ce responsable policier qui s’indigne que les forces de l’ordre opèrent sans protection… Quelle abnégation aussi chez ces médecins à la retraite qui se portent volontaires, chez ces aides-soignantes qui, résistant aux pressions de leur entourage et parfois de leur famille, assument leur devoir ; chez tous ces travailleurs médicaux qui ne comptent pas leurs heures, souvent pour des salaires ridicules ! Chez tous les acteurs du corps médical et hospitalier dont subitement, en haut lieu, on découvre l’importance vitale pour le pays.

Pourtant les autorités avaient été prévenues depuis longtemps, ce que rappellent patrons d’hôpitaux, responsables de service de virologie, de réanimation, d’épistémologie, médecins spécialisés et généralistes, urgentistes, infirmiers, ambulanciers, pompiers… Mais les rapports alarmistes envoyés à Buzyn, ancienne socialiste ralliée, restèrent sans réponse.

Pour les turlupins qui, chaque soir, célèbrent la messe, l’essentiel est de communiquer, de rassurer, fût-ce en biaisant pour masquer la vérité alors que notre pays est plongé aujourd’hui dans une situation sans précédent : crise sanitaire, crise économique, risque de crise financière, crise migratoire enfin que l’on occulte sinon minimise sciemment ou justifie au nom des droits de l’homme et de l’intouchable droit d’asile, nouvelles vaches sacrées.

C’est à ce moment que Daesch demande à ses tueurs masqués d’attaquer tous azimuts l’Occident affaibli par la pandémie. Message reçu cinq sur cinq par le Soudanais qui, à Romans, a blessé plusieurs personnes et en a tué deux autres, au nom d’Allah Le Miséricordieux. Le tueur, qui avait bénéficié du droit d’asile, était en France depuis 2017 en tant que réfugié, sans même que le maire de Romans fût au courant de sa présence. Il semblerait que cette taupe islamiste ait bénéficié de l’appui de la Cimade, association protestante bien-pensante jamais en retard pour aider les migrants de tous bords à entrer sur notre territoire. Ainsi gagne-t-on son salut.

Espérons que l’égorgeur, prétendument dérangé, ne sera pas décrété irresponsable comme l’assassin de Sarah Halimi (torturée et défenestrée sur l’air de « Allahu akbar » !), qui en tant que grand fumeur de haschich, relèverait de la psychiatrie, non de la justice ! Combien d’autres « pauvres réfugiés », « pauvres migrants » « pauvres demandeurs d’asile », devant lesquels nos bonnes âmes tombent en pâmoison, sont-ils des tueurs prêts à passer à l’acte ? Le laxisme généralisé d’un pouvoir dont la réélection est la seule véritable préoccupation et qui compte pour cela sur les bobos, les minorités sexuelles et ethniques ainsi que les banlieues, a favorisé une situation explosive. Mais soigneusement occultée et généralement passée sous silence par les médias : qu’est devenu l’assassin soudanais de Romans dont personne ne parle plus ?… Où en est-on de la pression migratoire en Grèce ?… Bouche cousue.

Cette démission est aveuglante dans les « territoires perdus de la République » où la racaille attaque impunément les policiers, les ambulances, tend des pièges aux pompiers, pille les magasins. Mais le pouvoir invite la police à se montrer tolérante alors que le confinement n’est pas respecté, que les cafés restent ouverts, que les frères font la fête mais du coup tombent malades (la contamination dans le 93 est l’une des plus élevées de France), submergeant les hôpitaux franciliens dont ils découvrent soudain l’utilité Et quand les syndicats de police s’insurgent contre le laxisme de la Justice, quand, face à la situation explosive, ils réclament l’intervention de l’armée, ils ne sont pas écoutés.

Aucune réponse alors que la situation dégénère et que les scènes de violence et de pillage font boule de neige. Ainsi à Grigny dans les nuits de vendredi et samedi derniers. Ces violences, dit-on, seraient l’œuvre, non de la majorité de la population mais d’une poignée de délinquants et de dealers tous connus depuis des années. Pourquoi ne les arrête-t-on pas ? Faudra-t-il attendre que la racaille descende sur les beaux quartiers pour que Sa Suffisance se décide à intervenir ? Cerise sur le gâteau, Belloubet, ministre de la Justice, vient de libérer 8 000 prisonniers parmi lesquels des radicalisés et des terroristes, cela pour leur éviter la contamination. La belle âme… Voilà quelques pillards de plus lancés sur un marché qui n’en avait pas besoin. Mais Carabosse avait déjà montré son incompétence crasse dans l’affaire Mila.

Notre pays aujourd’hui accablé, frappé au cœur, déjà pillé par plusieurs générations de politiciens prédateurs sinon corrompus, s’en remettra-t-il ? Car pendant la crise, la dette gonfle à toute vitesse : chaque seconde, elle augmenterait de 2 650 €, alors que nous remboursons déjà chaque année 40 milliards d’intérêts. Notre civilisation n’est-elle pas en danger ? Une chose est sûre : à force de tout délocaliser et, par appétit du lucre, de s’inféoder à la Chine à laquelle nous avons cédé nos usines, nos technologies, ouvert nos marchés sans nous interroger sur la qualité des produits importés et sur les conditions dans lesquelles cette dictature les a fait fabriquer, que nous avons introduite dans les instances internationales où, avec l’appui des pays musulmans et africains, elle a la majorité sans partage, l’Occident ayant perdu le leadership. Ayant jugulé l’épidémie par des mesures coercitives en minimisant les pertes humaines, et remis en marche son économie, l’impérialisme chinois a recommencé à exporter massivement vers l’Occident confiné, à l’économie en récession. Ainsi, le pays d’où est partie la pandémie qui a paralysé l’Occident va intensifier son emprise sur le monde. L’Allemagne qui, elle, n’a pas délocalisé, résistera peut-être. Il faut dire aussi qu’elle a fermé ses frontières comme l’Autriche, la Hongrie, la Bulgarie. Nous aussi, dit-on, aurions fermé nos frontières ; en réalité ce sont les autres pays qui l’ont fait : Italie, Espagne, Allemagne… Macron, l’un des derniers défenseurs inconditionnels de l’Europe de Schengen, nous ayant dit dans son allocution qu’il n’en était pas question. Nous récoltons ce que nous avons créé de toutes pièces. La bourgeoisie, disait le cynique Lénine, est toujours prête à donner la corde avec laquelle elle sera pendue. Les idiots utiles et les spéculateurs jamais rassasiés ont pris le même chemin en pactisant avec  Xi Jinping.

Une chose est sûre : après le retour espéré à l’équilibre, il sera urgent de faire le ménage, car la caste politique cherchera à se maintenir au pouvoir et, au fil des élections, à continuer à duper les citoyens. Habitués à tirer les marrons du feu, ils affirmeront n’être en rien responsables du grand embrasement et prétendront avoir été à la hauteur. Car cette oligarchie, qui brille moins par son courage que par son opportunisme, s’accroche du bec et de l’ongle quand il s’agit de défendre ses privilèges. La droite, couarde mais avide, fait ici cause commune avec la gauche donneuse de leçons mais tout aussi avide. D’où leur ralliement massif à Emmanuel Macron. Oui, il sera vital de se débarrasser des larbins de la mondialisation et des adorateurs du veau d’or pour que les sacrifices de tout un peuple ne soient pas vains et que la France redevienne la France.

Max Chaleil




Sommes-nous dirigés par des sauveurs ou des fossoyeurs ?

Dupés par le grand show macronien aux postures gaulliennes, aux effets de style cataclysmique : « Nous sommes en guerre… Nous sommes en guerre… », les Français plébisciteraient le Président. Réaction à laquelle on pouvait s’attendre de la part d’un peuple apeuré, désemparé, qui, face à une situation dramatique, a besoin d’un sauveur.

Certes, il s’agit aujourd’hui de faire face, de prendre des mesures draconiennes et de rassembler toutes nos ressources et toute notre énergie pour enrayer, sinon contenir l’épidémie. Ainsi a-t-on fermé cafés, restaurants, commerces, crèches, écoles, lycées, universités, théâtres, cinémas, salles de concerts, musées, entreprises diverses… mettant la France à genoux. Paris, aujourd’hui ville morte, offre le même aspect désolé que sous l’Occupation. Pourtant, la fréquentation indispensable des pharmacies, cabinets médicaux, magasins d’alimentation, marchés…, ne comporte-t-elle pas elle aussi des risques de contamination ? On a parallèlement raréfié les transports en commun sans toutefois les arrêter complètement sous peine de paralyser complètement la vie de Paris et du pays.

Véran, le nouveau ministre de la Santé (Agnès Buzyn qui, en service commandé, lui avait, avec réticence, cédé sa place pour une poignée de figues électorales, révèle aujourd’hui avoir alerté Macron en vain le 10 février) a déclaré que le confinement « durera autant qu’il faudra », voire qu’il allait se durcir. Alors, pourquoi le même Véran affirmait-il, le 24 février, « qu’il n’y a pas ce soir de circulation de virus sur le territoire national » !

Que va-t-il rester de l’économie française déjà mal en point après les délocalisations sauvages qui, mondialisme oblige, ont détruit notre industrie et bien d’autres secteurs économiques, et nous a soumis à la Chine qui produisait, à bas prix, nos masques et nos médicaments génériques ? Mais, du fait de l’épidémie en Chine, les exportations ont cessé durant des mois. D’où notre cruelle carence en matière de protection. Une précarité que le gouvernement tente de faire oublier en ranimant quelques entreprises subsistant en France, en raclant de vieux stocks, et en commandant des masques à l’étranger qui devraient arriver incessamment sous peu.

Face au confinement, des voix discordantes se font entendre : ainsi Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, invitait récemment les libraires à rouvrir, sans doute pour obéir à son maître qui, dans son discours guerrier, évoquait « le caractère essentiel du livre et de la culture », alors qu’en 2017, il affirmait qu’il n’y avait pas de culture française. Mais la culture n’étant pas forcément leur tasse de thé, nos piètres politiques pourraient s’interroger sur ces lecteurs que, tout à coup, ils adulent. Alors, sont-ils capables d’imaginer que ceux-ci attendent la réouverture des librairies pour découvrir les livres ou pour en posséder ? La réponse des libraires fut cinglante : comment rouvrir alors que la pénurie de masques les obligerait à travailler sans protection ? Exit de la posture culturelle.

Le 20 mars, Bruno Le Maire, assisté de Macron, sonne le rappel des troupes dans les entreprises, et le chef de l’État, qui avait demandé aux Français de rester chez eux, exhorte maintenant les entrepreneurs et leurs salariés à poursuivre leur activité. C’est clair, le pouvoir veut remettre la France au travail et éviter un arrêt de l’économie déjà bien malade. De plus, le confinement de tout un pays ne saurait se prolonger au-delà de quelques semaines.

Le lendemain, dans un entretien remarquable au Figaro, Henri Guaino qui, lors de la crise de 2008, avait joué un rôle important dans le sauvetage des économies européennes, souligne l’extrême fragilité de nos sociétés où, comme en 2008, « la peur et la panique, la violence qu’elles peuvent engendrer sont un risque épidémique tout aussi dangereux que celui de la maladie ». Il rappelle qu’à la différence de « l’économie de guerre qui mobilise toutes les ressources qui peuvent produire, l’économie du confinement [où nous sommes désormais] qui retire de plus en plus de ressources à la production » risque de conduire à « l’effondrement de l’économie [qui] ajouterait la catastrophe à la catastrophe ». Et, conclut-il, « quelque chose comme La Peste de Camus qui aurait quitté l’imaginaire romanesque pour s’installer dans notre vie quotidienne ». Une situation pouvant déboucher sur des affrontements barbares, impitoyables.

Combien de temps, en effet, l’État pourra-t-il maintenir la France en perfusion : aides aux innombrables PME en difficulté, aux agriculteurs, aux éleveurs, aux pêcheurs (encore que certaines mesures restrictives laissent de côté nombre d’entreprises, ou se contentent de reporter les échéances), aux salariés mis en chômage technique, sans parler du budget Santé en explosion… ? Sans doute en s’endettant un peu plus et franchir sous peu la barre de 3 000 milliards d’euros. Parallèlement, l’UE annonce un plan d’urgence de 750 milliards d’euros pour soutenir l’économie face au Coronavirus. La planche à billets fonctionne mais risque à terme de dévaluer l’euro.

Si les libraires soulignent l’absence de protection due à la pénurie de masques, que dire des récriminations du personnel soignant, admirable de courage et de dévouement, dont les questions sont restées longtemps sans réponse, des policiers, des pompiers, des militaires, du personnel des magasins d’alimentation, des ouvriers d’entreprises encore en marche ?… Bravo la prévoyance car, pour gagner une guerre, encore faut-il la préparer.

Certes, Emmanuel Macron n’est responsable qu’en partie de cette pénurie. En effet, en 2005, après la grippe aviaire et l’épidémie grippale, avait été constitué un stock d’un milliard de masques chirurgicaux et de 600 millions de masques FFP2. Mais le gouvernement Sarkozy a sans doute estimé que ces stocks ne s’imposaient plus, la production, notamment chinoise, étant jugée suffisante. En 2011 il fut décidé que l’État n’avait pas à renouveler les stocks, mais plutôt à les réduire, mission confiée au ministre de la Santé de l’époque, Xavier Bertrand, aujourd’hui satrape des Hauts-de-France (avec la complicité de la gauche), politicien parfaitement représentatif des combinazione pour garder le pouvoir et ses privilèges. Ce même Xavier Bertrand, qui a sonné le glas de la prévention, n’hésite pas, dans Le Figaro du 21 mars, à se dédouaner sur ses successeurs en prophétisant que « les moments les plus difficiles sont devant nous ». Ne les aurait-il pas quelque peu préparés ?… Mais ni Hollande ni le Macron de 2017 n’ont eu un instant l’idée de renouveler ces stocks, si bien qu’Olivier Véran avouait n’avoir trouvé, en 2020, que 145 millions de masques chirurgicaux (sur un milliard) et des stocks nuls de FFP2 (sur 600 millions).

Quant au traitement de la crise, il est lui aussi ubuesque : dans un premier temps, le pouvoir laisse faire et maintient les vols et les entrées sur le territoire (il est vrai que le Président est un fervent défenseur de l’Europe de Schengen et un fourrier de la mondialisation), alors que d’autres pays européens ont fermé leur territoire.

Le docteur Véran ironise sur le fait que le virus se rit des frontières ; sans doute, mais quid des entrants – migrants compris – qui peuvent être contaminés et contaminer, ce qu’il oublie de dire. Il n’est qu’à voir la façon dont la Corée du Sud, le Japon, Singapour, Taïwan ont fait face : 1/ en fermant les frontières, 2/ en généralisant le port du masque, 3/ en pratiquant systématiquement le test de dépistage pour écarter les personnes positives et les placer en quarantaine. Bilan : ces pays ont enrayé l’épidémie. Nous, en revanche, manquons cruellement de masques, de matériel de dépistage, de gel hydroalcoolique, sans parler du matériel d’assistance respiratoire… et laissons nos frontières ouvertes. On attend que les Français soient massivement infectés et malades pour faire le tri, alors qu’il fallait le faire avant. Résultat : une contamination vertigineuse alors que seul l’endiguement eût été efficace et eût évité la mise en quarantaine de tout un pays pour seulement quelques milliers de cas. Ce qui semble une mesure de bon sens, mais nos politiques savent-ils seulement ce que c’est ?

Pourtant les systèmes d’alarme n’ont pas manqué, ce que rappelait Le Figaro du 20 mars :

– En 2008, le Centre d’analyses prospectives de la CIA et de la Communauté de renseignement américain alertait sur « l’émergence d’une maladie respiratoire humaine hautement transmissible et pour laquelle il n’y aurait pas de contre-mesure adéquate [et qui] pourrait déclencher une « pandémie mondiale » […] Elle apparaîtra probablement dans une zone densément peuplée, où les animaux et les hommes vivent à proximité les uns des autres, comme en Chine ou en Asie du Sud-Est. […] Dans un tel scénario, une capacité de surveillance sanitaire insuffisante au sein de la nation d’origine empêcherait probablement l’identification précoce de la maladie. La lenteur de la réaction de la santé publique retarderait la prise de conscience de l’émergence d’un agent pathogène hautement transmissible. […] Malgré les limites imposées aux voyages internationaux, des voyageurs présentant des symptômes bénins ou asymptomatiques pourraient transporter la maladie vers d’autres continents. »

– La même année, en France, le Livre blanc de la Défense évoque « les désorganisations sociales que peuvent provoquer de nouveaux types d’épidémies où les accidents climatiques violents font partie des risques d’ampleur nouvelle qui pèsent sur la collectivité nationale et peuvent provoquer de nouveaux types d’épidémie ».

– Le Livre blanc de 2013 enfonçait le clou, le risque s’étant amplifié : « En matière sanitaire en raison de « la circulation des personnes et des marchandises, la concentration des populations dans les mégapoles et les défaillances des systèmes de santé dans certaines zones [qui] favorisent la survenue de crises majeures. Le risque existe d’une nouvelle pandémie fortement pathogène et à forte létalité, résultant par exemple de l’émergence d’un nouveau virus franchissant la barrière des espèces ou d’un virus échappé d’un laboratoire de confinement. »

– La revue stratégique en 2017 reprendra ces analyses. Et la même année, Bill Gates, milliardaire recyclé en militant humanitaire, lançait un cri d’alarme à la Conférence sur la sécurité de Munich : « Une chose est à peu près certaine, une pandémie mondiale fortement mortelle arrivera durant notre vie. » Et il importe de s’y préparer « comme les militaires se préparent à la guerre ».

Mais, bien sûr, les différents pouvoirs n’ont rien vu, rien entendu, préférant donner la priorité aux porte-parole du lobby LGTB, du mariage pour tous, de la PMA, de la GPA, aux adorateurs du transgenre, de l’écriture inclusive, à l’écolo-potiche Greta, aux militants bien-pensants EELV, aux féministes radicales, aux multiculturalistes, aux racialistes, aux Indigènes de la République, tout en s’acharnant sur l’école, la famille, l’histoire et la culture nationales, les retraites, en menant la guerre aux Gilets jaunes, en endormant, en intoxiquant…

Il faut dire que ces prévisions alarmistes remettaient en cause le mythe de la « mondialisation heureuse » révérée par Son Excellence élyséenne et vénérée par la Communauté européenne dont l’action dans la crise sanitaire est pourtant d’une exceptionnelle inefficacité. Ce qui montre une fois encore (cf. la crise migratoire et les pressions d’Erdogan) que « l’Europe qui protège » est plutôt une Europe de profiteurs et de prédateurs, un « machin » bureaucratique qui ne sert à rien sinon à détruire les États qu’il emprisonne dans ses dogmes absurdes. Prévisions inacceptables visant la vache sacrée mondialiste, bien plus grave à leurs yeux que les risques d’épidémies ou d’attaques bactériologiques, l’augmentation vertigineuse de la délinquance, du deal et de la violence, l’islamisation de la société…

L’argent et la paix sociale d’abord, la nation et les Français ensuite. Ce faisant, notre pays comme d’autres pays européens s’est offert en pâture à la pandémie, comme il s’offre aujourd’hui, dans les quartiers sensibles (désignation politiquement correcte des territoires perdus de la République), aux attaques des voyous et dealers qui profitent de l’épidémie pour affirmer leur domination et exercer leur business en toute impunité.

Alors, sauveurs ou fossoyeurs ?…

Les Algériens, eux aussi frappés par le virus, ont gardé le sens de l’humour, du moins les citoyens lucides, attachés à la laïcité et à la liberté de conscience, à des années-lumière des bigots de l’islam et autres fanatiques arriérés avec lesquels, pourtant, ils doivent cohabiter. Algériens qui font preuve d’un étonnant courage : peut-on comparer un seul instant les positions des écrivains Samsal et Daoud, de la journaliste Zineb El Rhazoui, tous menacés de mort, avec nos collabos thuriféraires de l’islam : Plenel, Badiou, Ben Bassa et autres ennemis de la République et de la laïcité ? Comme me le confiait au téléphone un ami algérien pince-sans-rire, l’épidémie du Coronavirus ne doit pas faire oublier celle du Coran-à-virus qui elle aussi progresse, contamine et risque de profiter du grand chambardement pour poursuivre sa conquête de l’Occident.

Max Chaleil




Entre Greta et Griveaux, l’écologie dans tous ses états


Ainsi donc la poupine Suédoise au sourcil ombrageux, au regard courroucé, a fait son one woman show à Davos et sonne le tocsin. Après l’Assemblée nationale à Paris, l’Onu à New York, les manifs pour le sauvetage de la planète, les marches pour le climat, les courses contre la faim, la réduction des déchets, les sit-in, les pétitions, les boycottages…, la voilà enfin dans le camp des saints du capitalisme mondialisé qui réunit chefs d’États, PDG de multinationales, banquiers d’affaires, milliardaires de toutes obédiences, plus quelques personnalités censées apporter la touche morale et culturelle. Précisons que pour les rares invités, le droit d’entrée se compte en milliers de dollars.
Greta y a joué son rôle de passionaria inoxydable, de lanceuse d’alerte, cette adolescente cornaquée et financièrement soutenue, connaissant bien sa partition. Sinon, comment porter la bonne nouvelle au quatre coins de la planète, fût-ce en voilier écologique ? Mais confier la lutte pour le climat et contre la pollution à une adolescente révoltée est payant, surtout que celle-ci n’hésite pas à apostropher les grands de ce monde alors que les jeunes de son âge pensent plutôt à la fête.
La cause écolo se voit ainsi boostée tant au plan national qu’international, avec des retombées politiques considérables. En France EELV progresse, comme si Greta, en alliant engagement et jeunesse, rendait l’écologie plus humaine, innocente en quelque sorte. L’infantilisait. Une sorte de fourre-tout où s’engouffrent les électeurs en mal de bonne conscience, et qui, désorientés, ne savent plus pour qui voter.
Surfant sur la vague, EELV reproche aux hommes politiques leur lâcheté, leur égoïsme face à la situation car les problèmes sont bien réels, et à continuer ainsi à polluer et à piller, le monde court à sa perte. Mais Jadot, Le Grand Timonier d’EELV, a-t-il l’envergure pour redresser la barre et diriger le navire dans le bon sens si, d’aventure, il devenait à Paris maître du jeu ? Car on a l’impression que les écolos sont plus doués pour les luttes intestines et les combats chimériques que pour la gouvernance ; quelle stratégie face aux groupes mondialisés, aux requins de la finance, aux lobbys du trafic maritime et aérien, aux maîtres pollueurs ? Il est sans doute plus facile de s’attaquer aux cotons-tiges en plastique que de réduire le pillage organisé.
La mode aujourd’hui est au bio, à l’écoresponsable, à l’empreinte carbone, au développement durable, à l’écoparticipation, à la gastronomie équitable… Du coup, voilà nos politiques convertis à la sainte écologie. Le greenwashing recouvre tout et, des Républicains aux macronistes, des socialistes au Rassemblement national, de Villani aux centristes mous…, c’est à qui prônera le plus fort la défense de l’environnement et rivalisera de promesses. Face à la montée en puissance d’EELV qui sonne le glas des marcheurs parisiens, la jeune secrétaire d’État à la Transition écologique dénonce le « populisme vert ». Macron, lui, avait exorcisé la lèpre populiste. Dans la famille, on aime l’anathème. Et tandis que la socialiste Hidalgo, versus Jeannie Longo, multiplie les trottinettes et les bicyclettes, Griveaux, l’ex-mousquetaire socialiste macronisé, propose de déplacer la gare de l’Est à La Villette afin de créer un parc sur le site ferroviaire ainsi libéré, sans chiffrer bien sûr l’opération. L’intérêt du chemin de fer n’est-il pas d’arriver au centre de la capitale, non à sa périphérie ?
Entretemps, notre petite écolo, persuadée que Davos – rendez-vous des pollueurs et des exploiteurs –, entendrait ses pieuses injonctions pour un monde pacifié et humanisé, découvre que ces gens-là s’en foutent royalement, même s’ils feignent de partager son inquiétude. À Davos se discutent les stratégies de conquête du monde, se négocient des enjeux économiques colossaux, les  marchés de demain. S’y presse le nec plus ultra de la grande finance internationale (selon certaines estimations, les dix personnes les plus riches du monde auraient un pouvoir d’achat équivalent à celui de la moitié de l’humanité !). À Davos, les puissants de la terre échafaudent de nouvelles stratégies pour accroître leurs bénéfices. Alors, la défense de l’environnement, le commerce équitable, l’écoparticipation, la gastronomie durable ?… Sauf si l’affaire s’avère rentable, permettant de récupérer de nouvelles clientèles, de nouveaux marchés, d’investir dans le bio, le végan, les produits équitables, les énergies renouvelables, les voitures propres, le recyclage des déchets…, autant de secteurs en plein développement et porteurs d’avenir et de profits. Il n’y a que les naïfs pour croire que le loup va devenir berger et protéger son troupeau.
Max Chaleil