1

Bernard-Henri Lévy, de la haine du peuple français… à la connivence permanente avec l’islam

Suite à un problème technique, la fin de ce texte, publié dans le numéro 238, avait disparu. Nous le reproduisons donc intégralement.

Bernard-Henri Lévy le vibrionique  philosophe, homme d’affaire, diplomate, directeur de revue, écrivain, et également cinéaste, citons « Bosna et le jour et la nuit », film dont Claude Chabrol, dans Le Figaro du 15/01/02 , déclare  « un film très mauvais. Je le connais un peu parce que nous étions ensemble à l’avance sur recettes. Il est loin d’être bête. Il est intelligent et même subtil. Mais il a fait le film le plus con de l’année. Le plus grave c’est que tout le monde le lui a dit mais il refuse de le croire. Il pense qu’il est en avance ». BHL est également l’introducteur en France du grand philosophe Botul, le premier philosophe virtuel de l’histoire, un exploit que le monde entier nous envie.

Notre héros est le Stéphane Hessel des années 2010, l’Augustin Legrand des Philosophes, le Boulganine de la pensée, donc, cet intellectuel français, milliardaire a été un des premiers à se rendre à Benghazi, auprès des insurgés islamistes libyens et saoudiens qui combattaient. les forces restées loyales à Kadhafi. C’est grâce à son implication que la France, puis l’Occident, dans sa presque totalité, a compris et pris faits et causes pour le mouvement islamiste et antioccidental.

L’aventure commence aux éditions Grasset où Il édite chez Grasset de jeunes auteurs dit iconoclastes: Jean-Marie Benoist, Jean-Paul Dollé, Christian Jambet ( converti à l’islam) et Guy Lardreau (décédé qui ira de Mao au catholicisme, la « Nouvelle philosophie », voulait «  la chute des idoles », les nouveaux philosophes voulaient envoyer les grands philosophes à leurs responsabilités dans l’émergence des totalitarismes. Lui-même publie, en 1977, « La Barbarie à visage humain », qui témoigne de son ambition d’aller fouiller plus profond dans les causes de l’abject, de creuser encore, à toucher les xénophobies, les haines de l’autre et de soi, l’aversion antisémite, toutes génitrices des deux totalitarismes alors connus, le « rouge » et le « brun ».

Un livre qui n’est qu’une déclaration de haine au peuple et surtout au peuple français.

D’ailleurs à propos des nouveaux philosophes, Deleuze écrit : « Je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D’abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. Ils peuvent faire ainsi des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d’importance, plus le sujet d’énonciation se donne de l’importance par rapport aux énoncés vides ».

Le 27 mai 1977, Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann inaugurent l’ère des intellectuels médiatiques. En fait, selon eux,  ils ont surtout sonné le glas de malentendus : « Si la gauche doit l’emporter, en 1978, aux élections législatives, puis si François Mitterrand devient président, en 1981, ce sera lestés des crimes du communisme et, plus encore, de ses dérèglements baptismaux. Fin de l’alibi, pour le socialisme tricolore, de ne pas être moscovite».

Et d’anti-communisme en haine du peuple BHL va devenir le chouchou du tout Paris, le « diable » fréquentable, la machine à fabriquer du « sens » avec Glucksmann ils sont les « Bouvard et Pécuchet » de la bien-pensance des notaires de provinces.

En 1979, l’Armée rouge a envahi l’Afghanistan : Bernard-Henri Lévy en mal de cause exotique, décide de s’y rendre en compagnie de ses amis Marek Halter et Renzo Rossellini, fondateur de la radio romaine Radio Cita Futura. Il y retourne en 1981, depuis le Pakistan, à quelques encablures de Peshawar, juste pour remettre aux groupes de résistants l’émetteur d’une Radio libre pour Kaboul, ce qui permis aux talibans et aux services de renseignements de l’armée pakistanaise de suivre en direct le cheminement des troupes afghanes du Général Dosrtom et de sa 53e division d’infanterie et ainsi d’organiser des embuscades, qui coutèrent chers en hommes de la 53e division appelée plus tard milice Jowzjani, , après le retrait des forces soviétiques. Dostom a également supporté les réformes communistes en Afghanistan à l’époque de Mikhaïl Gorbatchev.

Ce fort symbole de solidarité islamiste sera décuplé dans la presse occidentale, à coups de récits, plus héroïque les uns que les autres, récits homériques racontés par BHL et ses amis.

Désormais, Bernard-Henri Lévy, comme il le déclare lui-même « monte la garde au plus près possible du Mur, des murs, policiers et mentaux, du « bloc  et de ses annexes ». Il va « résolument vers l’Est, par les chemins de l’Holocauste, ouvrant, au soleil levant, une route intime, un pèlerinage autobiographique qu’il ne cessera plus de parcourir ». Soutien éditorial, et souvent physique, aux dissidences ; besoin de se rapprocher des syndicalistes polonais, des intellectuels tchèques, des scientifiques russes en rupture de ban, de les rejoindre, de leur parler de vive voix; de nouer des liens personnels avec ses interlocuteurs, comme pour les aider à ne pas désespérer tout à fait. Reportages, grands entretiens clandestins, pour Le Monde, pour les journaux européens puis pour sa revue, La Règle du jeu. Bernard-Henri Lévy s’est mis à parcourir l’arc de cercle totalitaire à grandes enjambées ».

Enfin, la gauche avait trouvé son Lyautey, mais il était en charentaises.

Heureusement en moins exotique que l’Afghanistan mais à une heure et demi d’avion de paris voici la Pologne qui s’annonce ;« Lech Walesa, , ne roule pas pour le Programme commun ». Les évènements de Pologne viennent contredire le « pauvre brouet de laïcisme, de matérialisme, de marxisme mal digéré et de vague philosophie des Lumières qui constitue tout le bagage de nos apparatchiks ». L’Église, à Varsovie, est bien « la seule alternative de civilisation » à pouvoir s’opposer « au bloc soviétique », et aux « idolâtres du Kremlin et d’ailleurs », note-t-il en 1980, à ce prix les Polonais deviennent sympathiques.

Il inaugure en France, l’ère des « droits de l’homme », « droit des victimes civiles, prémisses des associations de SOS Racisme au renouveau de la LICRA de la LDH du MRAP de tous les bien-pensants ceux qui pensent d’abord à leurs portefeuilles puis à l’humanité souffrante à la seule condition que la dite humanité soit musulmane, le « moment » polonais étant un accident dans cette stratégie.

BHL par sa posture, chemise au vent, est la caricature de ce que dénonçait Guy Debord dans la société du spectacle, et rentre dans la cohorte dénoncée par Gilles Chatelet dans « vivre et penser comme des porcs ».

Il s’est indigné quand des intellectuels ont proclamé « la fin de l’histoire » et l’ouverture du grand bal permanent des démocrates, sur l’ancien terreau des charniers communistes. Paradoxalement, il a plutôt, alors, renforcé sa veille de guetteur inquiet autour des murs. Dès la chute du régime, en RDA, puis avec la fin de l’Union soviétique, il a accéléré encore le rythme de ses voyages vers l’est. Reportages, grands entretiens, enquêtes dans les anciennes démocraties populaires, sondant, chez ses interlocuteurs, l’écho de tentations nationalistes et ultra. Voyages aussi dans l’Europe encore dite de l’ouest. Allemagne, Autriche. Même question : quelle couleur fraîche va prendre le fascisme du millénaire ? Parce qu’il va forcément en prendre une…

Alors, Bernard-Henry Lévy attend avec eux. Il sait, il se doute de « ce qui doit venir ». Il l’a écrit par prémonition, dès les années 70. Le retour du monstre originel, débarrassé de ses oripeaux marxistes. Slavismes et autres sauvageries ancestrales revenues en cour. « D’un côté, une Europe identitaire, nationale, tribale, raciste, xénophobe, chauvine, etc (…), explique-il dans une interview. De l’autre coté, une Europe libérale, démocratique, cosmopolite, universaliste, celle dont l’existence m’empêche de désespérer ».

Et là sur son chemin de Damas, enfin une oasis , une cause tout aussi islamiste que les autres, et celle qui pour lui fut son plus fameux combat, la Bosnie, cause dont il fit un film (mauvais), ce combat, il le mena au coté du Président bosniaque, Alija Izetbegović, président dont il n’est pas inutile de rappeler que dés 1943, il devient membre de l’organisation des « Jeunes Musulmans » (Mladi musulmani), liée aux Frères musulmans égyptiens, qui se voulait être un rempart contre les dérives de l’Islam moderne et qui apportent de l’aide aux réfugiés tout en collaborant avec le régime fasciste croate des Oustachis et l’occupant nazi.

Dans le cadre de cette organisation, Alija Izetbegović aurait participé au recrutement pour la 13e division de montagne de la Waffen SS Handschar composé de musulmans, car les Allemands avaient besoin de s’appuyer sur les organisations musulmanes locales pour trouver suffisamment de volontaires.

Cette activité fait qu’il est condamné en 1946 à une peine de trois années d’emprisonnement.

Il publie en 1970 la Déclaration islamique (Islamska deklaracija) dans laquelle il exprime ses vues concernant la relation entre l’État, la religion et la société c’était un appel à l’instauration de la Charia en Bosnie. Cette publication lui vaudra quelques mois de prison en 1972.

Citons une seule phrase de l’ouvrage de l’ami de «  Il n’y a pas de paix, ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales non-islamiques […]. Le mouvement islamique doit et peut prendre le pouvoir dès qu’il est normalement et numériquement fort, à tel point qu’il puisse non seulement détruire le pouvoir non-islamique, mais qu’il soit en mesure d’être le nouveau pouvoir islamique […] »

Une fois de plus, BHL qui désormais devient un « professionnel du judaïsme » et porte en écharpe celui-ci vas être aux cotés des islamistes, alors que ces salauds de Serbes  osaient héberger à Belgrade les membres de la communauté juive qui fuyaient les combats et les troupes musulmanes de Bosnie et auxquels le « Joint Comite » avait cessé tout envoi d’argent et de médicaments.

Fin 2001, BHL soutint fermement l’intervention américaine en Afghanistan alors qu’il avait combattu les soviétiques, et en novembre 2001 proclame à propos de cette intervention : « la victoire éclair d’une stratégie que nous n’étions pas bien nombreux à juger d’une habileté, d’une efficacité militaro-politique insoupçonnées », grave lui soit rendu par les musulmans du monde entier, enfin un juif comprend les nécessités du jihad.

En février 2002, le président de la République Jacques Chirac et le premier ministre Lionel Jospin  lui confient la mission de se rendre en Afghanistan pour contribuer à la reconstruction culturelle d’un Afghanistan libre. À son retour en France au printemps, Lévy présente son Rapport au Président de la République et au Premier Ministre sur la contribution de la France à la reconstruction de l’Afghanistan publié par (La documentation Française et son éditeur  Grasset), rapport qui comporte une seule annexe : un discours de Bernard-Henri Lévy lui-même.

Ami de Alain Minc et de jacques Attali, BHL est de tous les clubs, associations  et conseil d’administration qui compte à Paris.

Il avait d’ailleurs inauguré ses talents d’administrateur de 1995 à 1997, quand il  avait pris les rênes de la Becob, société d’importation de bois précieux africains, une affaire familiale qu’il codirigeait de fait depuis plusieurs années et dont Guy Carlier était le directeur financier de la fin des années 1970 jusqu’à 1982. La Becob opérait en Côte-d’Ivoire, au Gabon, au Cameroun. En mars 1998, le magazine Entrevue décide d’envoyer une équipe enquêter sur la Becob, mais leur reportage ne sera jamais publié, BHL étant intervenu directement auprès d’Arnaud Lagardère, propriétaire du journal, pour faire passer le reportage à la trappe.

Pour savoir comment cette entreprise d’exploitation de bois de plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires a bien pu être gérée par BHL, une équipe de reporters est envoyée en Côte d’Ivoire, pour enquêter sur Sivobois, une filiale locale des Lévy.

Les journalistes d’Entrevue arrivent en plein conflit social! A Sivobois, les travailleurs se plaignent des retards de salaires et, leurs banderoles dénoncent des conditions de travail «esclavagistes».

Mais, ce dont le magazine français n’a pu témoigner, en Côte d’Ivoire, une petite organisation non-gouvernementale de protection de l’environnement va pouvoir le faire, au Gabon.

En juin 2000, le Comité-Inter-Association Jeunesse et Environnement (CIAJE) est mandaté par Forest-Monitor – une grande ONG britannique spécialisée dans la lutte contre la déforestation – pour enquêter sur l’impact des activités des entreprises forestières européennes sur la population et l’environnement local.

L’étude se concentre sur trois sites d’exploitation représentatifs du pays d’Omar Bongo. L’un d’entre eux est le chantier M’Boumi, où opère la Société de la Haute Mondah (SHM). Pendant quatorze ans, de 1983 à 1997, la Becob, le groupe de la famille Lévy, via sa filiale Interwood, a exploité cette concession de 170.000 hectares. Quelque 200 employés, essentiellement, gabonais, y travaillaient.

Pendant plusieurs semaines, les volontaires de cette ONG observent les conditions de travail et discutent avec les travailleurs de cette exploitation forestière. Leur rapport, intégré dans une étude englobant toute l’Afrique centrale, est accablant. Il décrit les conditions sanitaires déplorables ayant cours dans cette concession.

Un rapport extrêmement sévère pour Bernard-Henri Lévy, champion des droits de l’homme et ami autoproclamé de l’Afrique noire, en déshérence. La Becop sera rachetée en 1997, à bon prix par le groupe Pinault-Printemps-Redoute.

Entre autres conseil d’administration ou il siège, il y a celui des Editions Grasset et Fasquelle, et il dirige la société de production de cinéma Les films du lendemain (bénéfice net 2010 : 376.700 €) qu’il a fondé avec François Pinault, et la société immobilière Finatrois.

Il fut d’ailleurs patron du CNC durant quelques temps ce qui lui permis d’avoir l’avance sur recette pour son film « Bosna ».

En 2005, il est nommé au conseil d’administration d’Arte France Cinéma

En 2009 il est réélu pour cinq ans à la présidence du conseil de surveillance d’Arte

Et depuis la mort de Khadafi, Bernard serait donc à l’origine du virage diplomatique de la communauté internationale en faveur du Conseil National de Transition (CNT) islamiste, tout comme le romancier philosophe a été au cœur de la reconnaissance dudit Conseil par Nicolas Sarkozy.

Et le «  philosophe Bernard-Henri Lévy » ose déclaré  que « c’est en tant que juif » qu’il avait « participé à l’aventure politique en Libye », lors de la première Convention nationale organisé par le Conseil représentation des organisations juives de France (CRIF). « J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël », a-t-il déclaré.

Avec de tels amis les juifs n’ont pas besoins d’ennemis.

Notre «  philosophe Bernard-Henri Lévy » est le blason, que dis-je l’emblème des causes justes, des boat people aux islamistes algériens puis afghans et enfin libyens, mais c’est également dans l’épure de l’homme de bien, le conquérant qui lutte pour un monde meilleur, le portrait sommairement déssiné de Bernard l’africain, que nul n’oserait  soupçonné d’être plus intéressé par le pétrole libyen, que par le sort des compatriotes de Khadafi.

Ses thuriféraires louent ses solidarités certes qui quelquefois provoquent une certaine perplexité, comme celle à l’égard de ses amis maoïstes, mais ses admirations demeurent révolutionnaires  ainsi en témoigne l’admiration du kautskyste Louis Althusser, et du descendant d’une grande famille bourgeoise parisienne,  Régis Debray.

Nous ne voulons pas dans ce court portrait, traiter de la vie privée qui doit le rester, sauf à rencontrer « l’histoire » et donc notre héros a pour nouvelle égérie Daphné Guinness, une héritière de la brasserie éponyme.

C’est une oisive fortunée qui est la petite fille de Diana Mosley, Diana Milford de son nom de jeune fille, mariée puis divorcée de Bryan Guiness et enfin mariée avec Oswald Mosley qui fut le chef du parti fasciste britannique British Union of Fascists et durant la guerre membre de la 5ème colonne allemande.

Oswald Mosley et Diana furent de très bons amis d’Hitler et de Goebbels, ce qui leur valu un petit séjour à l’ombre en Angleterre.

Une descendante d’authentiques nazis ! C’est autre chose que la famille Le Pen… Pour terminer ce portrait, évidemment insuffisant, compte tenu de l’ampleur du personnage et du manque de place réunies manque de place, je préfère laisser la parole où plutôt l’écrit à L’historien de la Grèce antique Pierre Vidal-Naquet qui écrivait dans Le Nouvel Observateur en juin 1979, à propos du livre « le Testament de Dieu ».

« Votre publication a eu récemment l’occasion de faire écho de façon favorable au livre de Bernard-Henri Lévy, Le Testament de Dieu, publié aux Éditions Grasset dans la collection « Figures ». Je pense que votre bonne foi a été surprise. [Il suffit, en effet, de jeter un rapide coup d’œil sur ce livre pour s’apercevoir que loin d’être un ouvrage majeur de philosophie politique, il fourmille littéralement d’erreurs grossières, d’à-peu-près, de citations fausses, ou d’affirmations délirantes. Devant l’énorme tapage publicitaire dont bénéficie cet ouvrage, et indépendamment de toute question politique et notamment de la nécessaire lutte contre le totalitarisme, il importe de rétablir, dam les discussions intellectuelles, un minimum de probité.] Je n’entends pas fournir ici une liste complète des erreurs de Bernard-Henri Lévy, cela demanderait un gros volume ; je me contenterai d’une simple anthologie de « perles » dignes d’un médiocre candidat au baccalauréat. [Qu’il s’agisse d’histoire biblique, d’histoire grecque ou d’histoire contemporaine, Monsieur Bernard-Henri Lévy affiche, dans tous les domaines, la même consternante ignorance, la même stupéfiante outrecuidance ».

Monsieur Bernard-Henri Lévy place au « 7e jour » (p. 238) de la création le péché originel. Il faut croire qu’Adam et Ève ont profité du repos du Seigneur ; mais cette précision surprendra les lecteurs de la Genèse ; prenant le Pirée pour un homme, il fait (p. 79) d’Halicarnasse un auteur grec ; de l’Antigone de Sophocle, tragédie représentée à Athènes en 442 av. J.-C. et dont l’action se passe dans la Thèbes du second millénaire, il fait une pièce qui nous informe sur Thèbes à la fin du Ve siècle (p. 87) ; c’est comme si la Phèdre de Racine était utilisée comme document sur la Crète au temps de Louis XIV ; il fait (p. 79) de textes qui s’échelonnent entre le Ier siècle av. J.-C. et le Ier siècle ap. J.-C. des témoignages datant du temps de la « romanité expirante » ; c’est simplement se tromper de trois ou quatre siècles ; Robespierre, qui organisa le culte de l’Être Suprême, est accusé de « mise à mort du Dieu Un et Souverain » (p. 106) ;

Un texte de Benjamin Constant (1818) et un autre de Fustel de Coulanges (1864) sont déclarés (p. 42) « à peu près contemporains » et c’est même le premier qui fait « spectaculairement écho » au second. À ce compte, on pourrait déclarer « à peu près contemporains » le J’accuse de Zola (1898) et l’Appel du 18 juin du général de Gaulle ;

« Le véritable problème n’est donc pas de « critiquer » le livre de Bernard-Henri Lévy, car il est en deçà de toute critique ; il est de se demander : 1) Comment un normalien, agrégé de philosophie selon ce que nous apprend la couverture du livre, peut-il se mépriser lui-même et mépriser ses lecteurs au point de leur infliger une pareille « science » et se comporter, pour utiliser son propre vocabulaire (pp. 78-79), comme un « bateleur analphabète » ? 2) Comment il peut se faire que, sans exercer le moindre contrôle, un éditeur, des journaux, des chaînes de télévision lancent un pareil produit, comme on lance une savonnette, sans prendre les garanties de qualité que l’on exige précisément d’une savonnette ? Est-ce cela la « Barbarie à visage humain » ?

Pourquoi en écrire plus qu’un honnête homme et un véritable intellectuel tel Pierre Vidal-Naquet.

Michel Ciardi




Déjà en 1979, les intellectuels dénonçaient l’imposture de Bernard-Henri Lévy

Nous reproduisons tel quel la lettre du 9 juillet  1979 que le philosophe et psychanalyste Cornélius Castoriadis, adressa au Nouvel Observateur pour critiquer l’éloge que fit l’hebdomadaire de l’ouvrage de Bernard-Henri Lévy : « Le Testament de Dieu » paru quelques temps avant, cette critique nous exonère d’en rajouter sur le personnage  Bernard-Henri Lévy. Cette critique de Cornélius Castoriadis, qui était trotskiste « L’industrie du vide » nous démontre que déjà le Napoléon de la bêtise philosophique et du mélange de la philosophie avec le business perçait sous le Napoléon de la boursouflure intellectuelle.

Quelques faits : Né en 1922, Cornélius Castoriadis mène des études de droit, d’économie et de philosophie à Athènes. Militant dès l’âge de 15 ans dans l’Organisation des Jeunesses Communistes, illégale sous le régime de la dictature, il rompt, quelques années plus tard, avec un parti communiste qu’il découvre chauvin et bureaucratique pour se rallier au parti trotskiste. Se sentant menacé à la fois par les fascistes et les communistes qui, dit-on, veulent sa liquidation physique, il décide, en décembre 1945, de s’installer en France pour faire sa thèse de philosophie. Tenant pour insuffisante la critique du stalinisme proposée par le courant trotskiste, il décide avec Claude Lefort de créer le groupe et la revue  » Socialisme ou barbarie  » qui allie l’engagement à la réflexion politique et philosophique. Sans cesser l’analyse critique du monde capitaliste, il dénonce  » le présent d’une illusion  » dans les régimes qui font dériver de la pensée marxiste des idéologies réactionnaires. Il est un des premiers à démonter la logique des pouvoirs totalitaires.1 Parallèlement à la rédaction de nombreux articles qu’il publie sur la société bureaucratique et l’expérience du mouvement ouvrier il est fonctionnaire international à l’O.C.D.E. en qualité d’expert aux questions économiques. En 1975, il publie  » L’institution imaginaire de la société  » où l’idée politico-sociale d’autogestion s’approfondit dans une pensée de l’autonomie qui conduit Castoriadis à poser l’imaginaire au centre de la création sociale comme surgissement d’une nouveauté radicale. Développement d’une pensée philosophique de l’imaginaire qui induit de nouveaux contenus de connaissance, dans le cadre d’une conception originale du social-historique et du rapport entre psyché et société. En 1977, il fonde une nouvelle revue avec Claude Lefort2, Marcel Gauchet, Miguel Abensour, Pierre Clastres et Maurice Luciani,  » Libre « , qui ne comptera que quelques numéros. Désireux de dégager une intelligibilité des relations, entre logiques de société et mécanismes psychiques, il entreprend une lecture approfondie de la théorie freudienne
La lettre qu’il envoie au Nouvel Observateur, pour critiquer l’ouvrage de Bernard-Henri Lévy prend toute sa force dans l’engagement de Castoriadis , engagement qui pour lui nécessitait une absolue cohérence de sa position critique et donc une absolue honnêteté intellectuelle.
Certes l’article est long mais il n’est pas aride et vaut que l’on s’y arrête, ne serait-ce que pour nous amener à la réflexion, plaisir qui devient de plus en plus rare et surtout nous permettre d’imaginer la pâleur de Monsieur Lévy à la lecture de cette critique, et ce qu’écrit Castoriadis du jeune Bernard-Henri Lévy est malheureusement toujours d’actualité, car selon le bon vieux proverbe « c’est avec les jeunes imbéciles que l’ont fait les vieux c…………

Michel Ciardi

Cornelius Castoriadis, « L’industrie du vide »  paru dans Le Nouvel Observateur, 9 juillet 1979

Il est regrettable que la lettre de Pierre Vidal-Naquet publiée dans Le Nouvel Observateur du 18 juin 1979 (p. 42) ait été amputée de quelques passages importants : « II suffit, en effet, de jeter un rapide coup d’œil sur ce livre pour s’apercevoir que, loin d’être un ouvrage majeur de philosophie politique, il fourmille littéralement d’erreurs grossières, d’à-peu-près, de citations fausses ou d’affirmations délirantes. Devant 1’énorme tapage publicitaire dont bénéficie ce livre, et indépendamment de toute question politique et notamment de la nécessaire lutte contre le totalitarisme, il importe de rétablir, dans les discussions intellectuelles, un minimum de probité […]. Qu’il s’agisse d’histoire biblique, d’histoire grecque ou d’histoire contemporaine, M. Bernard-Henri Lévy affiche, dans tous les domaines, la même consternante ignorance, la même stupéfiante outrecuidance, qu’on en juge : […]. »
Shmuel Trigano avait corroboré d’avance ce jugement, quant à l’histoire et l’exégèse bibliques, dans Le Monde (25 mai 1979). Il est simplement indécent de parler à ce propos de « jeu de la cuistrerie » et de prétendre que l’on veut « censurer toute parole qui n’aurait point d’abord comparu au grand tribunal des agrégés », comme a le front de le faire quelqu’un qui occupe les médias presque autant que la « bande des quatre » et pour y produire un vide de la même qualité. Vidal-Naquet n’a pas demandé aux responsables des publications de « renforcer le contrôle sur la production des idées et leur circulation ». Il s’est dressé contre la honteuse dégradation de la fonction critique dans la France contemporaine. De cette dégradation, il est évident que les directeurs des publications sont aussi responsables – comme ils 1’étaient (et le restent) d’avoir, pendant des décennies, présenté ou laissé présenter comme « socialisme » et « révolution » le pouvoir totalitaire des Staline et des Mao. Mais peut-être que l’auteur, du haut de la nouvelle « éthique » qu’il veut enseigner au monde, nous dira-t-il, comme naguère les « philosophes du désir », que « la responsabilité est un concept de flic » ? Peut-être n’a-t-il qu’une notion carcérale et policière de la responsabilité ?

Dans la « République des Lettres », il y a – il y avait avant la montée des imposteurs – des mœurs, des règles et des standards. Si quelqu’un ne les respecte pas, c’est aux autres de le rappeler à l’ordre et de mettre en garde le public. Si cela n’est pas fait, on le sait de longue date, la démagogie incontrôlée conduit à la tyrannie. Elle engendre la destruction – qui progresse devant nos yeux – des normes et des comportements effectifs, publics sociaux que présuppose la recherche en commun de la vérité. Ce dont nous sommes tous responsables, en tant que sujets politiques précisément, ce n’est pas de la vérité intemporelle, transcendantale, des mathématiques ou de la psychanalyse ; si elle existe, celle-ci est soustraite à tout risque. Ce dont nous sommes responsables, c’est de la présence effective de cette vérité dans et pour la société où nous vivons. Et c’est elle que ruinent aussi bien le totalitarisme que l’imposture publicitaire. Ne pas se dresser contre l’imposture, ne pas la dénoncer, c’est se rendre coresponsable de son éventuelle victoire. Plus insidieuse, l’imposture publicitaire n’est pas, à la longue, moins dangereuse que l’imposture totalitaire. Par des moyens différents, l’une et l’autre détruisent l’existence d’un espace public de pensée, de confrontation, de critique réciproque. La distance entre les deux, du reste, n’est pas si grande, et les procédés utilisés sont souvent les mêmes. Dans la réponse de 1’auteur, on retrouve un bon échantillonnage des procédés de la fourberie stalinienne. Pris la main dans le sac, le voleur crie au voleur. Ayant falsifié l’Ancien Testament, il accuse Vidal-Naquet de falsification à ce même propos, et à ce même propos il se refalsifie lui-même (prétendant qu’il n’a pas écrit ce qu’il a écrit et renvoyant à d’autres pages qui n’ont rien à voir). On retrouve aussi les mêmes procédés d’intimidation : voyez-vous, désormais, relever les erreurs et les falsifications d’un auteur relève de la « délation », du « rapport de police », du « caporalisme savant » et des tâches de « procureur ». (Ainsi, Marchais engueule les journalistes : « Messieurs, vous ne savez pas ce qu’est la démocratie. »)

Ce qui importe n’est pas, évidemment, le cas de la personne, mais la question générale que Vidal-Naquet posait à la fin de sa lettre et que je reformulerai ainsi : sous quelles conditions sociologiques et anthropologiques, dans un pays de vieille et grande culture, un « auteur » peut-il se permettre d’écrire n’importe quoi, la « critique » le porter aux nues, le public le suivre docilement – et ceux qui dévoilent l’imposture, sans nullement être réduits au silence ou emprisonnés, n’avoir aucun écho effectif ?
Question qui n’est qu’un aspect d’une autre, beaucoup plus vaste : la décomposition et la crise de la société et de la culture contemporaines. Et, bien entendu aussi, de la crise de la démocratie. Car la démocratie n’est possible que là où il y a un éthos démocratique : responsabilité, pudeur, franchise (parrésia), contrôle réciproque et conscience aiguë de ce que les enjeux publics sont aussi nos enjeux personnels à chacun. Et, sans un tel éthos, il ne peut pas y avoir non plus de « République des Lettres » mais seulement des pseudo-vérités administrées par l’État, par le clergé (monothéiste ou non), par les médias.
Ce processus de destruction accélérée de l’espace public de pensée et de montée de l’imposture exigerait une longue analyse. Ici, je ne peux qu’indiquer et décrire brièvement quelques-unes de ses conditions de possibilité.
La première concerne les « auteurs » eux-mêmes. Il leur faut être privés du sentiment de responsabilité et de pudeur. La pudeur est, évidemment, vertu sociale et politique : sans pudeur, pas de démocratie. (Dans les Lois, Platon voyait très correctement que la démocratie athénienne avait fait des merveilles aussi longtemps que la pudeur, aidôs, y régnait.) En ces matières, l’absence de pudeur est ipso facto mépris d’autrui et du public. Il faut, en effet, un fantastique mépris de son propre métier, de la vérité certes aussi mais tout autant des lecteurs, pour inventer des faits et des citations. Il faut ce mépris du public au carré pour faire mine, lorsque ces bourdes sont relevées, de retourner l’accusation d’ignorance contre celui qui les a signalées. Et il faut une impudeur sans pareille – ou plutôt que les communistes et les fascistes nous avaient déjà exhibée – pour désigner comme « intellectuel probablement antitotalitaire » (souligné par moi ; le style de l’insinuation, qui pourrait être rétractée si les choses tournaient mal, pue L’Humanité à mille kilomètres) Pierre Vidal-Naquet, qui s’est toujours trouvé, depuis plus de vingt ans, à la première ligne des dénonciateurs du totalitarisme et a combattu la guerre d’Algérie et la torture à une époque où cela, loin de rapporter de confortables droits d’auteur, comportait des risques réels.
Mais des individus richement pourvus de ces absences de qualités ont existé de tout temps. Généralement, ils faisaient fortune dans d’autres trafics, non dans celui des « idées ». Une autre évolution a été nécessaire, celle précisément qui a fait des « idées » un objet de trafic, des marchandises consommables une saison et que l’on jette (oublie) avec le prochain changement de mode. Cela n’a rien à voir avec une « démocratisation de la culture » pas plus que l’expansion de la télévision ne signifie « démocratisation de l’information », mais très précisément, une désinformation uniformément orientée et administrée.
Que l’industrie des médias fasse son profit comme elle peut, c’est, dans le système institué, logique : son affaire, c’est les affaires. Qu’elle trouve des scribes sans scrupule pour jouer ce jeu n’est pas étonnant non plus. Mais tout cela a encore une autre condition de possibilité : l’attitude du public. Les « auteurs » et leurs promoteurs fabriquent et vendent de la camelote. Mais le public l’achète – et n’y voit que de la camelote, des fast-foods. Loin de fournir un motif de consolation, cela traduit une dégradation catastrophique, et qui risque de devenir irréversible, de la relation du public à 1’écrit. Plus les gens lisent, moins ils lisent. Ils lisent les livres qu’on leur présente comme « philosophiques » comme ils lisent les romans policiers. En un sens, certes, ils n’ont pas tort. Mais, en un autre sens, ils désapprennent à lire, à réfléchir, à critiquer. Ils se mettent simplement au courant, comme l’écrivait L’Obs il y a quelques semaines, du « débat le plus chic de la saison ».
Derrière cela, des facteurs historiquement lourds. Corruption des mécanismes mentaux par cinquante ans de mystification totalitaire : des gens qui ont si longtemps accepté l’idée que la terreur stalinienne représentait la forme la plus avancée de la démocratie n’ont pas besoin de grandes contorsions intellectuelles pour avaler l’affirmation que la démocratie athénienne (ou l’autogestion) équivaut au totalitarisme. Mais aussi la crise de l’époque, l’esprit du temps. Minable époque, qui, dans son impuissance à créer ou à reconnaître le nouveau, en est déduite à toujours resucer, remastiquer, recracher, revomir une tradition qu’elle n’est même pas capable de vraiment connaître et de vraiment faire vivre.
Il faut enfin aussi – à la fois condition et résultat de cette évolution – l’altération et la dégradation essentielle de la fonction traditionnelle de la critique. Il faut que la critique cesse d’être critique et devienne, plus ou moins, partie de l’industrie promotionnelle et publicitaire.
Il ne s’agit pas ici de la critique de l’art, qui pose d’autres questions ; ni de la critique dans les domaines des sciences exactes, ou des disciplines spécialisées, où jusqu’ici la communauté des chercheurs a su imposer 1’ethos scientifique. Dans ces domaines, du reste, les mystifications sont rares aussi pour une bonne raison : trafiquer les coutumes des Bamilékés ou les décimales de la constante de Planck ne rapporte rien.
Mais trafiquer les idées générales – à l’intersection des « sciences humaines », de la philosophie et de la pensée politique – commence à rapporter beaucoup, notamment en France. Et c’est ici que la fonction de la critique pouvait et devait être importante, non pas parce qu’elle est facile, mais précisément parce qu’elle est difficile. Devant un au-teur qui prétend parler de la totalité de l’histoire humaine et des questions qu’elle soulève, qui et comment peut distinguer s’il s’agit d’un nouveau Platon, Aristote, Montesquieu, Rousseau, Hegel, Marx, Tocqueville – ou d’un faux-monnayeur ?
Que l’on ne vienne pas me dire que c’est aux lecteurs de juger : c’est évident, et futile. Ni que j’invite la critique à fonctionner comme censure, à faire écran entre les auteurs et le public. Ce serait d’une insigne hypocrisie. Car la critique contemporaine accomplit massivement déjà cette fonction de censure : elle enterre sous le silence tout ce qui n’est pas à la mode et tout ce qui est difficile. Parmi ses plus beaux fleurons de honte, par exemple : elle ne mentionne, fugitivement, Lévinas que depuis que celui-ci, pillé-haché menu, a été utilisé dans la macédoine-Lévy. Et elle impose, pour autant que cela dépend d’elle, les « produits ». À croire les critiques français, on n’a produit dans ce pays depuis trente ans que des chefs-d’oeuvre ; et rien qui soit mauvais ou critiquable. Il y a belle lurette que je n’ai vu un critique critiquer vraiment un auteur. (Je ne parle pas des cas où la critique est obligée de se faire 1’écho de polémiques entre auteurs ; ni des critiques « politiquement » orientées.) Tout ce qui est publié – tout ce dont on parle – est merveilleux. Le résultat serait-il différent s’il y avait une censure préalable et si les critiques écrivaient sur ordre ? L’asservissement commercial-publicitaire ne diffère pas tellement, de ce point de vue, de l’asservissement totalitaire.
Il y a des standards formels de rigueur, de métier, dont la critique doit exiger le respect, et informer le lecteur si tel n’est pas le cas. Il y a un compte rendu du contenu des ouvrages, aussi honnête et fidèle que possible, à faire (pourquoi le Times Literary Supplement ou la New York Review of Books peuvent-ils le faire et les critiques français non ?). Et il y a un jugement sur le fond que le critique doit risquer et qu’il risque quoi qu’il fasse. Quoi qu’ils fassent, les critiques français qui ont porté aux nues toutes ces années les vedettes successives de l’idéologie française resteront à jamais devant l’histoire avec leur bonnet d’âne.
Le respect des standards formels de rigueur n’est pas une question « formelle ». Le critique doit me dire si l’auteur invente des faits et des citations, soit gratuitement, ce qui crée une présomption d’ignorance et d’irresponsabilité, soit pour les besoins de sa cause, ce qui crée une présomption de malhonnêteté intellectuelle. Faire cela, ce n’est pas être un cuistre, mais faire son travail. Ne pas le faire, c’est abuser son public et voler son salaire. Le critique est chargé d’une fonction publique, sociale et démocratique, de contrôle et d’éducation. Vous êtes libre d’écrire et de publier n’importe quoi ; mais si vous plagiez Saint-John Perse, sachez que cela sera dit haut et fort. Fonction d’éducation des futurs auteurs et des lecteurs, d’autant plus vitale aujourd’hui que l’éducation scolaire et universitaire se dégrade constamment.
Pour deux raisons, le respect de ces standards est important. D’abord parce qu’il montre si l’auteur est capable ou pas de se soumettre à certaines lois, de s’autodiscipliner, sans contrainte matérielle ou extérieure. Aucune nécessité logique, ici : dans l’abstrait, on peut concevoir qu’un auteur génial maltraite au possible les faits et les citations. Mais, par un de ces mystères de la vie de l’esprit – visiblement impénétrables pour les génies-Darty –, on n’en connaît guère d’exemple. Il se trouve que les grands créateurs ont toujours aussi été des artisans acharnés. Que Michel-Ange allait surveiller lui-même l’extraction de ses marbres dans les carrières. Que, lorsqu’un savant archéologue a voulu dénoncer des « inexactitudes » dans Salammbô – roman, non pas ouvrage historique –, Flaubert a pu lui démontrer qu’il connais¬sait l’archéologie punique et romaine mieux que lui.
Mais aussi parce qu’il n’y a pas d’abîme séparant le « formel » et le « substantiel ». Si les critiques avaient tiqué sur le désormais célèbre auteur Hali-baba-carnasse, ils auraient facilement découvert, de fil en aiguille, que 1’« auteur » tire son « érudition éblouissante » du Bailly (excellent dictionnaire pour les terminales des lycées, mais pas pour une enquête sur la culture grecque) et que les âneries qu’il raconte sur l’absence de « conscience » en Grèce tombent déjà devant cette phrase de Ménandre : « Pour les mortels, la conscience est dieu. » S’ils avaient tiqué devant la « mise à mort du Dieu » par Robespierre, ils auraient peut-être plus facilement vu ce qui est gros comme une maison : que 1’« auteur » falsifie les faits pour lier athéisme et Terreur, et brouiller l’évidence historique massive montrant que les « monothéismes » ont été, infiniment plus que les autres croyances, sources de guerres saintes, d’extermination des allodoxes, complices des pouvoirs les plus oppressifs ; et qu’ils ont, dans deux cas et demi sur trois, explicitement réclamé ou essayé d’imposer la confusion du religieux et du politique.
Si la critique continue à abdiquer sa fonction, les autres intellectuels et écrivains auront le devoir de la remplacer. Cette tâche devient maintenant une tâche éthique et politique. Que cette camelote doive passer de mode, c’est certain : elle est, comme tous les produits contemporains, à obsolescence incorporée. Mais le système dans et par lequel il y a ces camelotes doit être combattu dans chacune de ses manifestations. Nous avons à lutter pour la préservation d’un authentique espace public de pensée contre les pouvoirs de l’État, mais aussi contre le bluff, la démagogie et la prostitution de l’esprit.
Cornelius Castoriadis




Dîner du CRIF : les Français juifs ne veulent plus du communautarisme de Prasquier et des siens

Le Comte de Clermont-Tonnerre déclarait, le 24 décembre 1789, à la tribune de la Constituante, qu’«Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus. Il faut qu’ils ne fassent dans l’État ni un corps politique ni un ordre. Il faut qu’ils soient individuellement citoyens».

Le Président du CRIF, Richard Prasquier, devrait graver cette déclaration dans sa mémoire.

Le diner du CRIF, qui s’est tenu le 8 février n’a pas échappé à la règle habituelle, une réunion communautariste qui permet aux acteurs de la vie politique française de venir déclarer leur amour aux juifs de France.

Et tel un ballet réglé d’avance, le Président de la République et le candidat socialiste à l’élection présidentielle se sont salués très civilement.

Nous observons que cet exercice hypocrite (après les noms d’oiseaux entendus à l’Assemblée Nationale) se déroule sous une ordonnance commune au CRIF et aux candidats à la Présidence : tous unis contre Marine Le Pen, la bête immonde, etc…

Rappelons à Richard Prasquier que les anathèmes proférés à l’encontre de Marine le Pen s’adressent à travers elle aux millions de Français qui se reconnaissent dans sa politique. Rappelons lui également qu’affirmer sur un ton patelin qu’il n’y a pas de vote juif, puis dans la même phrase demander aux Français juifs de ne pas voter Marine Le Pen est assez incohérent.

En réalité Richard Prasquier sait que des dizaines de milliers de Français juifs vont voter pour Marine Le Pen, car elle seule représente une alternative crédible capable de lutter réellement contre l’immigration, vecteur de l’islamisation de notre pays.

Mais Richard Prasquier préfère se préoccuper de l’apparition du populisme en Europe, de ce qu’il appelle la montée des nationalismes, associé selon lui à la xénophobie et à la persistance d’un antisémitisme important. “Si en 2011 le nombre d’actes antisémites a diminué de 16%, 466 à 389, les atteintes aux personnes, les plus graves, sont restées stables” a-t-il souligné. Si nous nous réjouissons de cette baisse, nous aurions aimé connaître les circonstances dans lesquelles ces actes ont été commis.

Nous sommes également attristés de la cécité de Richard Prasquier qui ne voit pas que ce qu’il appelle les « mouvements populistes en Europe », sont en grande majorité philosémites et pro-sionistes.

Il confond le patriotisme et notamment le nôtre, qui se réfère à Marc Bloch, et le nationalisme, probablement sur les conseils de M. Lévy (celui qui souhaite par ailleurs promouvoir une idée par jour contre Marine Le Pen).

Comme tout ceux qui l’ont précédé, ce 26e diner du CRIF apparaît comme une anomalie dans le destin des Français juifs, car les installant de fait dans un communautarisme insupportable, qui permet de servir de justification à ceux qui organisent le communautarisme arabo-musulman.

La France, comme la République, est une et indivisible. Avec ce diner «bling-bling» le CRIF ne fait que servir de marche-pied à tous ceux qui découpent la République en tranches, pour mieux la manger.

C’est là que s’ancre notre affirmation que l’assimilation renforce la capacité à exister en tant qu’individu, raison pour laquelle nous nous déclarons Français avant d’être juifs.

Nous dénonçons cet emprise du communautarisme sur les juifs de France les éloignant ainsi de l’assimilation qui fut une chance pour leurs aïeux.

Au moment où la candidate du Front National à la présidentielle n’est pas assurée de participer à l’élection pour cause de signatures insuffisantes, nous comprenons mieux le bal des candidats au repas du CRIF, petits caporaux du système caressant le rêve de voir Marine Le Pen absente de l’élection, tout en feignant d’ignorer que ce déni de démocratie risque de porter un coup dramatique à notre République.

Le CRIF, qui emploie la réductio ad hitlerum à tout bout de champ, participe ainsi à éloigner les juifs des idéaux républicains garants de son unité, instituant ainsi le communautarisme en vérité intangible et indiscutable.

Ce dont nous ne voulons plus.

Michel Ciardi

Président de l’Union des Français juifs

http://u-f-j.org/




La sénatrice verte Esther Benbassa, militante juive de la dhimmitude

D’origine turque comme son lointain ancêtre madame Benbassa prétend comme lui être le nouveau messie qui doit amener les juifs à la conversion à l’Islam car tout comme le messie smyrniote elle constate un « regain de ferveur musulmane dans la France laïque qui suscite fascination et rejet. Comme si l’islam rappelait aux catholiques de moins en moins catholiques une pratique et une foi oubliée, celles d’avant la laïcité ». (Le Monde 27/1/2012).

Et tel Nathan de Gaza qui composa odes et prières pour le nouveau messie, les webmasters du site islamiste ouma.com entonne des chants de gloire et donne la parole à cette « juive fréquentable » qui, directrice d’études à l’ École Pratique des Hautes Études, dirigea avec Jean-Christophe Attias son compagnon, l’ouvrage collectif intitulé « Juifs et musulmans : une histoire partagée, un dialogue à construire ».
A l’image de son lointain ancêtre, qui décréta et mis en pratique sa logorrhée délirante » Oui, peuple aimé, peuple élu, je l’affirme, je vous le dis, toute frénésie est salutaire, tout excès mène à la sanctification, le péché même que j’autorise et recommande qui est révélation, n’hésitez plus, les temps sont mûrs, donnez vous corps et âme, chantez, célébrez la gloire ».
Joignant le geste symbolique à la parole, Sabbataï Tsevi faisant à Jérusalem la démonstration de sa force peu commune, démolit sous les acclamations les portes de la synagogue à coup de hache et ce un jour de chabbat, brisant ainsi tous les interdits.
Et « cherry on the cake » par ce viol initiatique justifie son alliance récente avec une jeune juive aux mœurs légères, à la vie déréglée indépendante et belle se donnant sans compter à ses admirateurs dont il fit sa favorite, car prétendait-il il devait je me dois comme Osée le prophète épouser une prostituée.
Certes Madame Benbassa n’est pas oint par les fortunes répandues sur sa tête comme le fut Sabbataï Tsevi, quoique EHESS et le Sénat, bien employés, revenons à Sabbataï  qui devenu messie entouré d’une cour, d’un clergé, de ministres,  se déclara « oint du seigneur », c’est à dire messie un grade au-dessus de prophète.
Le problème pour Sabbataï Tsevi, c’est qu’il se met à signer des proclamations qui se terminai ainsi ; en foi de quoi, je signe, moi l’éternel votre dieu ».
Trop c’est trop et le sultan de Constantinople le fait venir et mettre aux fers.
Mais refusant d’être empalé, Sabbataï Tsevi, se soumet au sultan et se convertit sous le nom de Mehemet Effendi.
Madame Esther Benbassa, semble prendre le même chemin en faisant le détour par sa conception de la laïcité, ouverte, tolérante, faisant vertu de la dhimmitude.
Sénatrice EELV elle est en bonne compagnie pour exhorter les juifs et Israël à, comme elle le fit lors de l’affaire du maavi Marmara,  s’excusez auprès de ses amis turques. Mais bien sur jamais elle ne demanda à ses amis palestiniens de s’excuser auprès des israéliens pour tous les morts causés par le terrorisme du fatah, du Hamas et du Hezbollah.
Mais ce n’est rien à coté de ce que cette nouvelle prophète écrivit après l’offensive israélienne contre les terroristes à Gaza, d’abord un livre « être juive après Gaza puis des déclarations telle que ; « cette offensive contre Gaza s’apparente bien davantage à une guerre coloniale qu’à une guerre de défense. Comment justifier l’utilisation de bombes au phosphore, qui provoquent sur les corps des dégâts irréparables, en violation du droit humanitaire ?

«  Gaza, c’est un nouveau mur qui s’élève en diaspora, celui de l’impossible communication entre les Juifs et leur entourage, qui ne peut plus comprendre leur excessive tolérance à l’endroit d’Israël », lance Esther Benbassa, qui ne veut pas « être juive et rejeter Israël. Je ne veux pas non plus être juive et approuver cette guerre immorale que mène Israël ».
Ainsi, désormais stipendiés de la République Madame Benbassa pourra donner à son antisionisme primaire et à sa haine d’Israël un habillage pseudo-politique, puis tel Sabbataï Tsevi  nouvellement nommé, Mehmet Effendi, l’apostat juif turc qui d’ailleurs épousa une esclave turque, elle s’en ira dans les terres du sultan entre les Balkans et la mer noire.
Tout comme Érostrate l’athénien qui cherchait à tout prix la gloire et la trouva en détruisant le temple d’Artémis à Éphèse, madame Benbassa trouvera la gloire entre la rue de Vaugirard et la rue Garancière.

Michel Ciardi




Résumé du programme de gauche : union avec les islamistes pour combattre le peuple de France

Ainsi, le 8 décembre 2011, le sénat à voter en faveur du droit de vote et d’éligibilité aux étrangers non communautaires. Le rapporteur en était Madame Esther Benbassa, qui se déclare juive quand cela l’arrange, chargée de recherche à l’école des hautes études en sciences sociales quand cela peut lui servir, déclamant sa naissance à Istanbul lorsque’il en est de son intérêt, se déclarant antisioniste et anti-Israélienne tous les matins, seule qualité qui lui permis d’être en dernière minute, candidate aux élections sénatoriales sur les liste EELV du val-de Marne et ainsi être élue.
Jetons un coup d’œil sur quelques échanges du débat.
M. François Fillon, Premier ministre : Allons plus loin dans l’absurde. Les étrangers payent à l’État la TVA et, souvent, l’impôt sur le revenu. Faut-il leur donner le droit de vote aux élections législatives pour qu’ils puissent décider de l’usage qui en sera fait ? De proche en proche, avec un tel raisonnement, c’est la citoyenneté française qui disparaîtrait.
Mme Nicole Borvo (front de gauche) : Elle a déjà disparu !
M. François Fillon : Certains en appellent aux exemples étrangers pour justifier leur proposition. Que nous montrent de telles comparaisons ? Qu’il n’y a pas de modèle unique et que chaque État se détermine en fonction de son histoire…
M. Roland Courteau (Front de gauche) : La France est lanterne rouge !
M. François Fillon : …Mais surtout de sa propre conception de la citoyenneté, celle qu’il croit la mieux à même de garantir la cohésion nationale ! Les Allemands, les Autrichiens ou les Italiens ont fait le même choix que nous. Les Britanniques n’ont ouvert ce droit qu’aux ressortissants du Commonwealth, en raison de leur histoire commune.
Mme Nicole Borvo : (Front de gauche) : Parce que, nous, nous n’avons pas d’histoire commune avec les autres pays ? C’est incroyable ! Honteux !
(Applaudissements sur certaines travées du groupe CRC et du groupe socialiste-EELV.)
Mme Éliane Assassi (groupe socialiste-EELV) : N’en déplaise à certains, nous avons autant de liens, si ce n’est plus, avec nos anciennes colonies qu’avec les pays de l’Union européenne. Je rappelle que la plupart des pays membres de l’Union européenne ont déjà accordé, totalement ou partiellement, le droit de vote à leurs résidents étrangers. La France, comme l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie, reste à la traîne sur cette question fondamentale, dont la mise en œuvre apparaît de plus en plus incontournable.
La population est acquise à ce principe. Les sondages montrent en effet qu’une majorité des personnes interrogées, entre 59 % et 61 % d’entre elles, sont favorables au droit de vote et d’éligibilité des étrangers non communautaires en France. La société française a aujourd’hui l’occasion de franchir une étape importante vers un renforcement de la démocratie et de permettre ainsi au plus grand nombre d’accéder à la citoyenneté.
Certains élus locaux y sont également favorables. J’en veux pour preuve les votations citoyennes organisées par des municipalités un peu partout en France, notamment dans mon département, la Seine-Saint-Denis, et qui ont fait l’objet d’un large débat public. Des milliers de personnes se sont ainsi prononcées majoritairement en faveur de l’octroi du droit de vote aux étrangers non communautaires.
De nombreuses associations et mouvements prônent également depuis de longues années l’égalité des droits en la matière.
Malgré toutes ces initiatives, malgré l’évolution positive de la société, le pouvoir en place reste sourd à ce qui constituerait pourtant une réelle avancée en matière de démocratie et de citoyenneté.
Monsieur le Premier ministre, messieurs les ministres, une telle reconnaissance serait un signal fort adressé à toute une partie de nos concitoyens qui restent mis à l’écart d’un droit aussi fondamental que celui de voter, fût-ce pour désigner des représentants locaux.
En outre, monsieur le Premier ministre, votre présence vise à adresser un signal à la droite populaire et à lancer un appel du pied à l’attention des électeurs du Front national.
L’ensemble des arguments qui motivent votre refus relèvent avant tout, et au choix, du mensonge, de la mauvaise foi, de la démagogie, voire de la xénophobie. Tout y est !
Et voilà tout est dit en ces quelques échanges.
Le droit de vote définitivement déconnecté de la nationalité, soyons en route vers le progrès puisque d’autres pays plus avancé que la France en matière de démocratie l’on fait, et les sondages montre que les français le souhaitent.
Tout l’arsenal des arguments viciés de la gauche est présent. En réalité nous savons que derrière cette initiative, présentée dans un emballage pseudo généreux est en réalité criminelle, c’est un coup de boutoir supplémentaire contre la France et la République.
Il s’agit de conforter les territoires « allogènes » de la République afin de peser encore plus sur les craintes des populations françaises, et à court terme de donner des voix aux maires de gauche des villes ou prédominent une grande population allogène.
Quand à la gauche, je reprendrais une phrase du dernier livre de Jean-Claude Michéa, le complexe d’Orphée.
« C’est pourquoi il devait inévitablement venir un temps et nous y sommes, de toute évidence, arrivés où derrière la conviction émancipatrice qu’on arrête pas le progrès, il deviendrait de plus en plus difficile d’entendre autre chose que l’idée à présent dominante, selon laquelle on n’arrête pas le capitalisme et la mondialisation. En revanche une fois la gauche définitivement recentrée sur sa seule fonction « avant-gardiste » plus rien n’interdira aux intellectuels et aux artistes qui s’en réclament de se vivre à présent comme les représentants héroïques d’une « minorité éclairée » (ou d’un parti de l’intelligence), œuvrant par définition dans le « sens de l’histoire » (c’est-à-dire dans celui de la mondialisation) et profondément convaincus que les insupportables penchant populistes des classes inférieures cet univers grouillant et nauséabond de beaufs, de groseille et autres bidochon- constitue le seul danger susceptible de menacer les équilibres subtils et délicats de la société ouverte (et par la même occasion, les privilèges si légitimes de cette minorité éclairée).Comme Georges Orwell le constatait déjà en 1937, la plupart des intellectuels de gauche en sont désormais venus à penser que « la révolution n’est pas un mouvement de masse auquel ils souhaiteraient s’associer, mais un ensemble de réformes que nous, les gens intelligents, allons opposer aux classes populaires.»
La messe est dite en 2011 comme en 1937, les artistes du cirque de gauche du Sénat et les « intellectuels organiques » de gauche dans les municipalités ou ailleurs réalisent le vieux rêve de Walter Ulbricht et de la direction du parti communiste allemand de 1932 : union avec les groupes des SA pour combattre les ennemis du peuple. Aujourd’hui’hui c’est union avec les islamistes pour combattre le peuple français.
Michel Ciardi
Jean-Claude Michéa, Le complexe d’Orphée, la gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès.
Editions Climats-Paris 2011




Accord Verts-PS et droit de veto : l'anti-impérialisme des imbéciles

La proposition du Parti socialiste et des Verts de «supprimer le droit de veto» à l’ONU ne traduit pas seulement une méconnaissance profonde de la marche du monde et de l’ONU, c’est un symptôme inquiétant de cette haine « bobocratique » pour tous ce qui n’entre pas dans ses choix idéologiques.
D’ailleurs cet élargissement de la fonction onusienne nous l’avons vu à l’œuvre quand prenant acte de la déclaration politique et stratégique de renforcer la paix et la sécurité internationales, adoptée lors de la conférence des ministres des Affaires étrangères des pays non-alignés. Elle s’est tenue à Lima, du 25 au 30 août 1975, a très sévèrement condamné le sionisme comme une menace pour la paix et la sécurité du monde, et a appelé tous les pays à s’opposer à cette idéologie raciste et impérialiste, décrétant que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Cela, au nom de sa résolution 1904 du 20 novembre 1963, promulguant la Déclaration des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, et en particulier son affirmation que « toute doctrine de différenciation ou de supériorité raciales est toujours scientifiquement fausse, moralement condamnable, socialement injuste et dangereuse ». Ajoutons son cri d’alarme face aux « manifestations de discrimination raciale qui ont encore lieu dans quelques régions du monde, et dont certaines sont imposées par des gouvernements par le biais de mesures législatives, administratives ou autres ». Elle fut certes révoquée le 16 décembre 1991, mais le mal était fait, les pays arabes et les mouvements terroristes du monde entier avaient enfin un règlement sur lequel s’appuyer afin de justifier leur seul ciment idéologique ; l’antisémitisme et de faire croire aux peuples du monde entier que l’ONU avait mis Israël au ban de l’humanité.
Dans cette résolution Israël était en bonne compagnie, car la même résolution 3379, prenant acte en outre de la résolution 77, adoptée par l’assemblée des chefs d’États et de gouvernements des organisations de l’unité africaine, lors de sa douzième session ordinaire, tenue à Kampala, du 28 juillet au 1er août 1975, qui a estimé « que le régime raciste en Palestine occupée et le régime raciste au Zimbabwe et en Afrique du Sud ont une origine impérialiste commune, qu’ils forment un tout et ont la même structure raciste, et qu’ils sont organiquement liés dans leur politique destinée à opprimer la dignité et l’intégrité de l’être d’humain »,
Et la même résolution, prenant au sérieux les divers comités « Théodule » issue de l’imagination débordante de la structure du NKVD attachée au ministère des affaires étrangères de l’union des républiques socialistes dite union soviétique, acte la Déclaration de Mexico sur l’égalité des femmes et leur contribution au développement et à la paix, en 1975, proclamée par la conférence mondiale de l’année internationale des femmes, qui s’est tenue à Mexico du 19 juin au 2 juillet 1975, et qui a promulgué le principe selon lequel « la coopération et la paix internationales requièrent la réalisation de la libération et de l’indépendance nationale, l’élimination du colonialisme et du néo-colonialisme, de l’occupation étrangère, du sionisme, de la ségrégation et de la discrimination raciale sous toutes ses formes, ainsi que la reconnaissance de la dignité des peuples et de leur droit à l’autodétermination « .
En réalité, ce que veulent les Verts et le Parti socialiste, c’est arriver à la dictature des ONG, en supprimant toute légitimité au conseil de sécurité qui freine les ardeurs des dictatures pour imposer leur ordre en remettant à l’assemblée générale le rôle dévolue au conseil de sécurité.
Une assemblée générale de 193 pays dont la majorité est composée de pays du tiers monde serait évidemment plus perméable à « l’anti-impérialisme des imbéciles » que les 15 membres du conseil de sécurité qui ont le droit de véto dont les 5 membres permanents dont il faut rappeler qu’il s’agit des 5 pays ayant vaincu le nazisme.
D’ailleurs le système du veto a été établi pour protéger les intérêts des membres fondateurs des Nations unies qui étaient sortis victorieux de la Seconde Guerre mondiale. A la Conférence de Dumbarton Oaks en 1944, il a été décidé que les représentants de la République de Chine, des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Union soviétique, et de la France seraient des membres permanents de l’ONU.
Même battue et occupée par l’Allemagne nazie, la France avait joué un rôle primordial en tant que membre permanent de la Société des Nations, et gagné sa place par les activités militaires des Forces françaises libres aux côtés des Alliés (avec bien sur la politique étrangère du Général De Gaulle) qui lui avait donner le droit de s’assoir à la même table que les Quatre Grands
En réalité, droit de véto du conseil de sécurité est, selon l’expression d’un diplomate, une «assurance tous risques » permettant à l’un de ces États de bloquer toute décision qu’il jugerait contraire à ses intérêts. Madame Cécile Duflot le juge «anachronique», mais elle trouve normale de défiler avec les pro-palestiniens qui hurlent, mort à Israël et morts aux juifs.
Ainsi apparaissent les véritables intentions de cette « gauche verte», créer des dizaines de conférence de Durban chaque année, sous l’autorité et payé par l’ONU, afin de peser sur la marche du monde en commençant par justifier « juridiquement » avec les sois disant non-alignés de l’ONU, la fin d’Israël et l’élimination de toute présence juive en commençant par le Moyen-Orient et en finissant peut-être à Berlin avec les amis de nos amis les verts ; les verts allemands.
Ainsi la parenthèse de la Shoah sera refermée, par l’élimination juridique de la question juive qui sera suivi par une élimination moins juridique mais plus efficace.
Les imbéciles et idiots utiles de l’islamisme n’ont même plus besoin des conseils avisés des organes de sécurité de l’union soviétique, désormais ils font le travail tout seul.
C’est « la conjuration des imbéciles » unis pour le pire, pour le meilleur, nous verrons avec Allah.
Michel Ciardi




La préférence nationale vient de la gauche : hommage à Christian Jelen

Journaliste et écrivain Christian Jelen, mort le 25 octobre 1998, fut un homme droit, un homme d’honneur, un français, un républicain. Il venait de terminer son livre, « la guerre des rues ». Ecrivain, journaliste au Point, il était spécialiste des problèmes de société et de l’immigration. Il publia plusieurs ouvrages dont L’Aveuglement chez Flammarion en 1984, La France éclatée ou les reculades de la République en 1996, Les Casseurs de la République en 1997 et La guerre des rues en 1998.
Cet article de celui qui écrivit sur l’immigration et ses risques, sur la tendance des « intellectuels français » à décrire une France « moisie » « pétainiste », revêt aujourd’hui une importance qu’à l’époque seule quelques personnes comprirent. Fort de l’intégration réussie en France de ses parents, juifs immigrés de Pologne avant guerre, il méprisait ceux qui tentait de donner de la France l’image d’un pays où en 1942 tous les habitants collaboraient avec les allemands en dénonçant les juifs.
Avec Christian je fus un samedi après-midi en 1993 à l’origine de ce que l’on appela « l’autre pétition » et qui figura dans le journal « Marianne ». Cette pétition se voulait un soutien aux lois Pasqua sur l’immigration et une réponse de ceux qui de la gauche républicaine à la droite que j’appellerai « patriote et pasquaienne » furent écœurés par ceux qui non seulement défilèrent contre la loi Pasqua mais le firent sous le mot d’ordre « l’appel de ceux qui ont un nom difficile à prononcer ».
Christian et moi-même furent horrifiés par cette mascarade boboïsante, d’autant que parmi les clowns habituels (Jack Lang n’ayant plus honte de son judaïsme ) se glissèrent des hommes honorables comme Henri Krasucki, déporté à 14 ans mais qui ne pouvait concevoir que le parti fut en dehors de cette manifestation et que beaucoup de signataires et participants à cette manifestation, excipèrent de leurs qualité de juif, pour donner (selon eux) plus de force à leurs clameurs.
Moi dont la mère, Zysla Zylberglajt, était dans ce cas de figure des noms particulièrement difficiles à prononcer, j’étais d’autant plus triste et amère que je connaissais depuis longtemps les amitiés maréchalistes de François Mitterand et que cette manifestation dont le Parti socialiste, la gauche et l’extrême gauche étaient à l’origine, marqua le début du processus qui m’amena à la rupture avec la gauche.
C’est après cette pétition qu’avec quelques personnes dont Philippe Cohen, alors responsable des pages économie de « Marianne » nous créâmes la fondation Marc Bloch.
Cet article est un hommage à un homme, dont je ne sais si aujourd’hui, il soutiendrait « Riposte Laïque », je me refuse à enrôler les morts, mais dont je sais pour en avoir longuement discuter avec lui, que l’amitié et le respect qu’il portait à Jean-François Revel, venait non seulement de la pensée de ce dernier mais de celui qui à 17 ans s’engagea dans la résistance et tua son premier « boche » l’on dirait aujourd’hui « soldat allemand ».
Ce modeste hommage à Christian Jelen est pour moi un moyen pour payer la dette que nous avons envers un tel homme.
Michel Ciardi
LA PREFERENCE NATIONALE VIENT DE LA GAUCHE
Il suffit de parler de préférence nationale pour déclencher l’hystérie des prêcheurs du conformisme pluriel, le Monde, Les Verts, les trotskistes, les gauchistes de FO et de la CFDT, les communistes, certains socialistes, des chefs du RPR et de l’UDF, etc. «La préférence nationale, martèlent-ils, c’est Le Pen, c’est l’extrême droite.» Désolé de les contredire: la préférence nationale n’a pas été inventée par Le Pen. Elle ne date pas non plus de Vichy. Elle plonge ses racines dans l’histoire du mouvement ouvrier. D’où sa résonance dans l’électorat populaire.
La protection des travailleurs nationaux est au coeur des débats de la 1re Internationale, créée en 1864 à Londres. Ses fondateurs, dont Karl Marx, veulent contrôler les mouvements de main-d’oeuvre afin que les patrons ne puissent recourir aussi facilement aux travailleurs étrangers pour briser une grève ou faire baisser les salaires. Vers la fin du XIXe siècle, tant qu’il y a de l’embauche, les ouvriers parisiens ne songent pas à demander l’expulsion des étrangers, d’autant que ceux-ci, déjà, se chargent des besognes les plus dangereuses ou les plus viles. Mais, dès que la crise économique éclate, la présence des étrangers est remise en question. Faut-il s’étonner que les premiers décrets restreignant le travail des étrangers en France aient été signés en août 1899 par Alexandre Millerand, premier socialiste membre d’un gouvernement ?
La préférence nationale est au centre des débats du syndicalisme ouvrier, aussi bien avant 1895, année de naissance de la CGT, qu’après. Pour les syndicalistes, des immigrés trop nombreux forment la réserve du capitalisme dont parlait Marx. Les patrons s’en servent pour diminuer les salaires. Pour ne pas en arriver à une situation conflictuelle, la CGT préconise un strict contrôle des flux migratoires.
En 1915, en pleine guerre, la CGT pose la question des ouvriers étrangers: « On ne peut pas les faire venir là où la main-d’oeuvre locale est suffisante… Il faut ensuite assurer aux immigrants un salaire égal à celui des ouvriers nationaux employés dans la même profession.» La création d’un Conseil supérieur de l’importation de la main-d’oeuvre étrangère est exigée. Après 1920, la CGT non communiste, majoritaire, proteste contre l’immigration clandestine et les faux réfugiés politiques, surtout à partir de 1931, quand la France subit la crise économique. La SFIO, par la voix de Léon Blum dans le Populaire, admet qu’«en temps de crise, toute immigration supplémentaire doit être suspendue. […] Pour prévenir les conflits possibles entre chômeurs français et travailleurs étrangers.» Et leur prévention exige un contrôle des flux migratoires.
La crise s’aggravant, la gauche vote ou fait voter des lois de préférence nationale (loi Herriot de 1932 et décrets-lois Daladier de 1938), d’une grande brutalité. Lors de son congrès de Royan, en 1938, la SFIO admet que «la France ne peut pas supporter à elle seule la plus grosse part des charges découlant du droit d’asile» des réfugiés allemands, autrichiens, juifs, espagnols… Cinquante ans avant Rocard, Blum et ses amis reconnaissent que la France ne peut pas «accueillir toute la misère du monde».
Après la Libération, ainsi que François de Closets le rappelle dans le Compte à rebours (Fayard), la gauche a largement contribué à faire bénéficier le secteur public de la préférence nationale. Des artistes ont aussi accès à ce privilège. Ainsi, la France statutaire bénéficie de la préférence nationale, mais la refuse à la France précaire. C’est une situation aberrante, malsaine. Que nos dirigeants, de gauche ou de droite, devraient aborder avec courage. Sans sombrer dans les petites lâchetés ou l’hystérie.
Christian Jelen
Lundi 22 Juin 1998, paru dans Marianne




Qui est vraiment Maurice Maschino, du Monde Diplomatique ?

Suite à l’article de Jean Pavée sur « l’obscur Maurice. T. Maschino, paru dans le numéro 181 de « Riposte Laïque » je me permet de vous joindre la fiche wikipédia de Maurice T. Maschino.
Maurice Maschino, qui se fait également appeler Maurice Tarik Maschino ou Maurice T. Maschino, né à Paris, est un journaliste français au Monde diplomatique1. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages depuis 1960, un de ses thèmes de prédilection, à partir de 1982, a été l’école.
Alors qu’il occupe son premier poste d’enseignant de philosophie au lycée d’Azrou au Maroc à partir de 1956, il découvre la guerre d’Algérie et s’engage comme militant de l’indépendance aux côtés du FLN. Il s’exprime en ce sens dans la presse marocaine et algérienne, ce qui lui vaut de la part de la France une inculpation pour atteinte à la sûreté de l’État et une annulation de son sursis de service militaire. Mais, refusant d’honorer ces obligations militaires, il se réfugie en Tunisie. Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, il épouse une algérienne, Fadéla M’rabet, prend la nationalité algérienne, enseigne en Algérie et anime avec son épouse une émission à la radio nationale. C’est en raison de cet attachement à ce pays qu’il s’est choisi ce deuxième prénom, Tarik. Mais du fait des positions féministes de son épouse, ils sont interdits d’antenne et de presse après le coup d’État du 19 juin 1965, et finissent par quitter l’Algérie et s’installer en France en 1971.
J’ajoute en note plus personnelles que monsieur Maschino fut ce que l’on appelait « un porteur de valises » c’est à dire un français transportant des armes et de l’argent pour le F.L.N et que son épouse (qui depuis ne l’est plus) Fadéla M’Rabet appartint au groupe des poseuses de bombes de Djamila Bouhired.
Dans son article du monde du 10 janvier 2011 monsieur Maschino écrit entre autre « Hypocondriaque, ou réellement malade, et même gravement ? Régulièrement, la France a la fièvre et gémit : si elle souffre, c’est la faute aux étrangers. Plus précisément, aux musulmans – qui, paraît-il, ne s' »intègrent » pas et, pis, menacent l' »identité nationale ».
Mais que signifie ce diagnostic ? Qu’est-ce qu’un musulman « intégré » ? Un musulman qui parle le français ? C’est le cas de la majorité, qui le parle fort bien, et bien mieux que le président de la République. Un musulman qui boit l’apéro ? Il y en a, comme il y a des Français qui n’en boivent pas. Un musulman qui mange du porc ? Mais bien des Français préfèrent le poulet ou le poisson. Un musulman monogame ? Mais quasiment tous le sont, et de nombreux Français sont officieusement bi- ou trigames, sinon plus… »

Et ce monsieur a fait normale sup’ il est vrai que Marcel Déat aussi.
Michel Ciardi